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S’abandonner à vivre

Credit Photo@mariekleber37

Le monde restera toujours cette gigantesque énigme. Le monde du business, de l’argent, des idéologies, un monde à tant de vitesses que parfois rien ne sert d’y prendre part.
Le monde restera un mystérieux hémisphère duquel je m’approche un peu trop parfois, au risque de perdre de vue ce qui compte, là, maintenant.

Le soleil a des airs de trop peu. Alors je savoure chacun de ses rayons. La sensation du chaud sur ma peau me donne envie de rester encore un peu, assise là, sous le feu des projecteurs du ciel.
Le soleil et ta peau.
Et les sourires partagés.
Et les confidences.
Ta peau et les microsecondes d’un contact qui remplit mon être d’une force incomparable.
Et la vie qui bat.
Et les rires d’enfant à la surface.
Et le souffle du vent qui soulève le voile de ma robe.
Les sourires comme autant de « merci » partagés.
Et la passion d’un baiser.
Et la douceur d’un câlin.
Et la saveur d’un pat inventé.
Les confidences, comme autant de chance d’oser dire, d’oser être, de ne plus garder pour soi ce qui pèse, ce que l’on voudrait que la terre entière sache, que l’on cache par pudeur.
Et les souvenirs accrochés au dôme céleste.
Et les nuits d’étoiles filantes à émettre des souhaits, le cœur plein d’un rêve sans tâche.
Et les jours riches d’une vie sans âge.

Les rires, étouffés, fous à lier, dégringolant la falaise, les rues des villes, les routes de campagne, secousses improbables, joie qui fleurit derrière les visages fermés.
Le souffle comme un battement d’aile, un frôlement imperceptible.
Les sourires à en avoir les yeux qui pétillent et la bouche privée de mots.
La passion colorée, éphémère, spontanée, circulaire, inventive, espiègle, mémoire des sens en quête de beau.
La douceur, la saveur, concentré de tendresse, épure des gestes.
Les souvenirs, albums intemporels d’un temps qui nous garde pour toujours, insouciants, amoureux, sensibles, généreux.
Les nuits pour contempler, admirer, rêver sans s’arrêter et retenir le jour entre le coton joyeux du dimanche matin, sage les jours de classe ou imprégné d’un désir sans cesse réinventé

Le monde peut bien s’écrouler, il reste ce cortège d’espérances, toutes ces chances, opportunités saisies, mains tendues, amitiés sincères, liens qui nous hissent au sommet. Demeure la vie dans tout ce qu’elle a de plus surprenant et de plus évanescent. Tout est fragile et solide à la fois, tout passe et tout tient. Rien n’est écrit et tout est là pourtant, déjà.

Face à la folie, à la cruauté, à l’insensé, je voudrai retenir tout cela, tout ce qui a de la valeur, tout ce qui a du caractère, tout ce qui chaque jour nous enveloppe de chaleur et de la conscience que nous ne pouvons pas échapper au monde mais nous pouvons y faire face sereinement et en paix.

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Here comes the sun…

Le soleil revient. Il chasse les nuages et nous invite à profiter d’un nouveau jour qui commence. L’angoisse est encore palpable mais comme on le dit, la vie reprend doucement ses droits.

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Au début, on n’arrive pas à trouver ni l’envie de sortir du lit, ni celle de s’habiller, de se maquiller. Et puis ce matin, j’ai mis un point d’honneur à enfiler une jolie robe, sans manches. J’ai pris le temps de mettre du parfum, de souligner mes yeux d’un trait de crayon noir. J’ai pris le temps de regarder l’escargot, de lui sourire, de le laisser faire même quand ça n’allait pas assez vite à mon goût.

Sur le chemin du bureau, je suis passée allumer une bougie pour les enfants du monde, pour leurs rêves, leur avenir, pour leur insouciance et leur joie de vivre contagieuse.

En en parlant autour de moi, je me suis souvenue qu’à travers le monde, à travers les âges, les hommes et les femmes ont toujours fait face, qu’ils se sont toujours révoltés contre la barbarie, qu’ils ont tenus tête à l’oppression, qu’ils se sont toujours relevés. Nous nous relevons. Le monde se relève.

Le soleil revient. Laissons-le apaiser nos cœurs et nos esprits. Laissons-le-nous transformer. Laissons-le-nous montrer la voie vers encore plus de lumière dans le cœur de chacun.

Pour tous ceux qui ont perdu la vie et qui l’aimaient, la célébraient avec passion en ce soir de novembre. Pour tous les indisciplinés, les rêveurs, les solidaires, les généreux, les tolérants, les intellectuels, les rockeurs, les amoureux.

Qu’ils reposent en paix et nous donnent à chaque minute de notre vie le courage de nous battre pour ce en quoi ils croyaient, un monde dans lequel ni la couleur de notre peau, ni notre religion, ni nos croyances ou nos origines, ni notre niveau d’étude ou notre compte en banque, ni notre façon de vivre ou d’aimer ne nous définissent, dans lequel seule notre humanité a de la valeur. Un nouveau monde.

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L’horreur. Et après?

Il faudrait vivre ailleurs pour ne pas tomber sur cette photo, en couverture de tous les quotidiens, en Une sur Internet. Il faudrait vivre loin de tout, du monde, pour ne pas tomber dessus par hasard, pour ne pas vouloir voir.

Voir. Poser son regard sur le petit corps immobile sur la plage. Vendre du cauchemar. Les journalistes sont forts pour nous envoyer une bombe en pleine figure et nous forcer à regarder en face ce que nous tentons parfois de tenir à l’écart. Une manière de nous protéger, de fuir une réalité trop douloureuse à supporter.

Opération coup de poing. Qu’est-ce qu’ils veulent nous faire croire ? Qui condamne ? Qui condamner ?

Images choquantes sur fond de musique stridente. Vertige. Nausée. Nous en sommes tous là. Nos yeux s’accommodent mal de la mort qui saisit par hasard un jeune enfant, à l’aube d’une vie peuplée de promesses que personne ne tiendra.

Contraindre les gouvernements à agir.

Tout le monde a de grandes idées. Il faudrait. On devrait. Il est temps. Rien ne se passe. Demain a déjà tout effacé.

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A travers le monde, combien sont-ils à crever ? Oui, crever. Mourir implique un minimum de respect, de préserver une certaine dignité.

Se révolter.

Mais arrivons-nous déjà à tendre la main à celui qui souffre en bas de chez nous ? Prenons-nous le temps d’un sourire, d’un soupçon de générosité ?

Nous avons la critique facile. C’est si simple.

Mais somme nous prêts à les intégrer ces milliers de réfugiés qui fuient l’horreur, ces réfugiés au cœur mutilé ? Sommes-nous prêts à leur offrir un cadre de vie sécurisant, sécurisé ?

Sommes-nous prêts à accepter l’autre, ses idées, qui ne sont pas toujours conformes aux nôtres ?

La vie d’un enfant secoue forcément les consciences. C’est peut-être le but. Pourtant cet enfant n’avait rien demandé. Exhiber son corps, c’est presque lui ôter sa dignité. Et placarder sa vie sur les murs de notre inconscience collective ne bousculera pas nos vies bien rangées. Demain nous n’y penserons plus, trop absorbés par les futilités de nos existences, que nous érigeons jour après jour, années après années, pour nous protéger de l’inéluctable, notre fin programmée.

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Réseaux sociaux mania, et moi, et moi, et moi !

Il y a quelques mois j’écrivais que les réseaux sociaux et moi, ça faisait deux et que vous ne me verriez jamais, au grand jamais, ni sur Facebook, ni sur Twitter ou encore Instagram.

Ne jamais dire jamais. On me l’avait pourtant dit. Et j’ai cru que je serai assez forte pour faire mentir le dicton.

A une époque où ma vie était bien vide, sans âme presque, il faut le dire, je m’étais lancée comme une lionne dans l’arène des réseaux sociaux. De Facebook à Tumblr, de Twitter à Pinterest, en passant par Hellocoton et sans oublier mes 2 ou 3 blogs de l’époque. J’étais à la page comme on dit. Mais à force d’être connecté en live 7 jours sur 7, j’ai fini par faire une overdose.

On ne m’y reprendrait donc pas de sitôt.

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Mais de l’eau a coulé sous les ponts. Et j’ai sauté le pas, j’ai abandonné ma grotte, j’ai arrêté de faire la rebelle adolescente, qui ne veut surtout pas faire comme tout le monde, quitte à passer à côté de quelque chose d’intéressant (je suis allée voir Titanic contrainte et forcée, c’est pour vous dire, et ai eu un mal fou à avouer que oui, j’étais juste folle de ce film !)

A part Hellocoton et Pinterest, que je n’ai jamais vraiment laissé sur le bord de la route, j’ai fini par ouvrir un compte privé (ne m’en demandez pas trop non plus) sur Instagram. J’avoue que j’ai plaisir à découvrir les photos des personnes que je suis, personnes qui vivent souvent loin, et de qui je découvre petit à petit l’univers ou d’autres avec qui je reste en contact plus facilement. Et puis j’aime prendre des photos, partager mes coups de cœur.

J’ai aussi succombé à la folie Facebook, non sans mal, non sans m’être posé des centaines de questions avant d’aller à l’encore de mon aversion pour ce réseau social. Bon allez, je vous dis pourquoi quand même.

Au lendemain des attentats qui ont secoué la France et embrasé le monde, j’ai eu du mal à gérer mes émotions et mes insomnies. Il fallait que je fasse quelque chose. J’avais des grandes idées, mais pas assez de temps pour les concrétiser. Parce que des projets, j’en ai. J’en ai trop même et je ne peux pas tout faire en même temps. Mais il fallait que quelque chose voit le jour, là maintenant. Il fallait que j’agisse à ma façon, sans chercher à faire quelque chose de compliquer, juste agir et agir vite. Parce que chez moi, les projets, quand ils ne sont pas suivis d’action immédiate, finissent par se désintégrer et s’éteignent, me laissant avec mes regrets.

J’avais besoin d’écrire sur la Paix, Paix entre les peuples, entre les religions. J’avais besoin de dire « il est temps d’apprendre, de vous éduquer sur l’autre qui est différent, il est temps d’arrêter le cycle de haine, pour faire naître à la place un cycle d’amour, de respect, de tolérance». Et lors de notre dernier meeting bloggeuses, de fil en aiguille, les filles m’ont aidé à prendre ma décision. Une page Facebook avant de me lancer dans quelque chose de plus précis, de plus structuré.

Au fond les réseaux sociaux, utilisés à bon escient, nous ouvrent sur le monde, nous donnent de partager le beau, nous permettent de nous regrouper, de nous unir, de nous connaître et d’avancer ensemble dans la même direction. Moi, qui étais assez sceptique face à ce nouveau mode de communication, j’arrive désormais à en tirer le meilleur, sans pour autant délaisser mes carnets, mes cartes et mes crayons.

Et vous, quel est votre rapport avec les réseaux sociaux en général ? Un que vous préférez ? Comment les voyez-vous, plate-formes d’échange ou de promotion ?

Crédit Image – Roxecom