Vivre chaque jour à sa valeur

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Vivre. Chaque jour. A sa valeur.
Vivre tous les deux. Juste nous. Apprendre, s’apprendre.
Et rire.
Prendre doucement les choses avec détachement.
S’énerver un peu.
Reprendre le dessus.
Apprendre l’effort.

Vivre. Chaque jour.
Et trouver qu’autour il y a un peu trop de mots.
Encore un peu trop de bruit, de sollicitations.
De “il faut”.
Ou “il faudrait”.
Un peu trop d’injonctions à profiter de cette période pour…
Un peu trop de “il y a pire”.

Vivre. Vivre chaque jour.
Peu de pauses.
Beaucoup de temps plein.
De mouvements.
Beaucoup de vie.

Vivre. Instant après instant.
Savourer.
Lâcher prise.
S’essayer à la patience.
Rater. Plein de choses. Et s’en moquer.

Vivre. Le manque.
Appréhender la solitude.
Accueillir le silence.
Apprécier les quelques minutes d’échanges journaliers.
Couper le reste.
Ce qui ne nous nourrit pas.

Vivre. Déconnecter.
Retrouver sa voix.
A l’intérieur.
Se ressourcer en soi.
Loin des informations anxiogènes
Loin du trafic des réseaux

Vivre. Avoir envie…
D’un bain bon…
De mettre les pieds sous la table…
De pouvoir déléguer…
De passe le relais pour quelques heures…

Vivre différemment.
Vivre chaque jour. A sa valeur.

Et vous, elle ressemble à quoi votre vie en ce moment? 

Écouter l’autre, oui mais l’écouter vraiment

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Il y aura toujours pire, il y aura toujours mieux. Selon nos propres critères. Aucune situation n’est idéale. Aucune souffrance n’est moins importante qu’une autre. Puisque tout part de nous, de notre ressenti. Ce qui est banal pour moi sera terrible pour quelqu’un d’autre. Et ce qui est dramatique pour quelqu’un passera peut-être comme une lettre à la poste pour moi.

C’est pourquoi quand quelqu’un nous parle, évitons de lui sortir des banalités comme “oui mais toi tu as de la chance” ou “tu es dans une position plus confortable que la mienne”. Quand qu’une personne nous parle, elle a besoin d’écoute tout simplement, pas de savoir que la vie de l’autre est plus compliquée que la sienne – il y a fort à parier qu’elle le sait déjà. Elle a juste besoin de vider son sac, de dire ce qui pèse, ce qu’elle supporte mal, ce qui la touche, ce qui la fait vaciller.

Dans mon quotidien de maman solo, j’entends souvent “tu as de la chance tu as tes parents”, “tu as de la chance tu n’en as qu’un” ou encore “oui mais toi tu gagnes bien ta vie”. Donc en gros “ferme là”.
Comme si moi je disais à un autre parent “oui mais toi tu t’entends bien avec la mère/le père de tes enfants”, “oui mais toi tu as un weekend, voir une semaine de libre et tu peux te reposer un peu” ou encore “oui mais toi tu as tout une tribu autour de toi”.

Qu’est-ce que j’en sais après tout si c’est une chance pour cette personne de si bien s’entendre avec son ex, d’avoir une semaine sans ses enfants, d’en avoir plusieurs parce que, à ce qu’il parait, ils peuvent jouer ensemble!

J’ai certes plus de billes que d’autres, mais pas toutes. Et personne ne les a toutes d’ailleurs. Notre seul point commun, c’est d’élever seul(e)s nos enfants et rien que ça, ça devrait nous unir, non, au lieu de nous séparer, comme si il y avait un podium, une première place pour celle ou celui qui en souffre le plus.

Je l’ai déjà dit ici et je ne m’en cache pas, la maternité est ma plus grand joie et ma plus grande souffrance. Je n’ai pas besoin d’entendre que j’ai de la chance à tout bout de champ. Primo, parce que je le sais et secundo parce que ça ne fait pas tout. Comme tous les parents qui élèvent leurs enfants seuls, une fois la porte fermée, je n’ai pas de relais, je gère tout en essayant de garder le sourire, je me sens seule, nulle face à moi même, je craque, je fais le zouave, je tente de mettre de l’ambiance avec pour seule arme un lecteur de CD!

Quand je lâche les vannes, ce n’est pas pour entendre que j’ai de la chance. Ce n’est pas pour entendre que des femmes vivent avec un salaire deux fois moins important que le mien ou galèrent avec un ex qui leur bouffe toute leur énergie. Si je lâche les vannes c’est parce que j’ai besoin d’une oreille attentive, quelqu’un qui va me dire “je te comprends” même si ça dépasse son stade de compréhension, quelqu’un qui va me dire “je sais que c’est dur”. Ou même qui va juste écouter, rien que ça. Juste être là. Parce qu’à cet instant là je n’ai pas besoin de solution, pas besoin d’avis, pas besoin qu’on me dise qu’il faut être fort ou qu’il faut penser qu’il y a pire. Je le sais, je ne vis pas sur ma planète, je vois la misère, je vois les drames, je vois le chaos, je vois les gens qui luttent, je vois ceux qui se battent. Je vois tout ça, je sais. Mais ça ne change rien à ce que je ressens à l’instant où je déverse mes maux sur la toile du monde.

Allez, promettez moi une chose, la prochaine fois que quelqu’un vous livrera ce qui le trouble, ne pensez pas à vous, ne pensez pas que son chagrin, comparé au votre, comparé au reste, ne vaut rien. Ouvrez votre cœur, vos oreilles et ainsi dites lui que vous êtes là, attentif et qu’auprès de vous, juste le temps d’une confidence, il ne lui arrivera rien!

La mère que je rêvais d’être, celle que je suis et que j’accueille

Copyright Marie Kléber

Si je n’ai jamais rêvé l’enfant que tu serais, j’ai souvent rêvé la mère que je souhaitais être. Bien sûr c’était avant. Avant la maternité. Avant le quotidien et tout ce qui va avec. Avant toi et moi. Bien sûr ce n’était qu’un rêve et parfois je rêve encore.

Accepter qui l’on est n’empêche pas de vouloir s’améliorer. Et si il y a une chose que la maternité m’a apprise c’est bien celle-ci, qu’à chaque instant, en quelque sorte, je renais. A moi-même et à ce qui compose mon univers. A chaque instant, il m’est donné de choisir entre la manière dont je réagis et la manière dont je pourrais le faire si…je lâchais prise, j’acceptais ce qui se présente et surtout j’abandonnais mes idées de « perfection ».

Je sais le poids des mots et pourtant, encore, souvent, je me fais avoir. Je dis ce qui me passe par la tête. La fatigue, la colère, le ras le bol, la charge mentale d’une femme, d’une mère. Et tout fout le camp, bonnes résolutions et tout le toutim. Avant que je ne prenne du recul.

Je suis en perpétuelle évolution depuis toi, en perpétuel chemin. Je sais que rien n’est linéaire, que tout se construit jour après jour et que ce qui fonctionne une fois ne fonctionnera peut-être pas dans deux semaines. Tout est question d’ajustement, d’adaptation.

Parfois je me surprends à lâcher du lest. Parfois je suis dure et ça ne sert à rien. Je ne sais pas toujours poser les limites et parfois j’en pose qui n’ont pas lieu d’être. Parfois je me fais confiance et parfois seule dans cette tâche, je perds pied. Pourtant je chéris mes choix, mes pas, chacun  de ceux qui font de nous une famille, même si nous ne sommes que deux.

Certains jours sont plus compliqués, ma patience mise à rude épreuve – elle n’est déjà pas bien  développée ! – mes nerfs à cran, j’enverrai tout balader. Et puis tu me regardes et je reviens sur terre. J’arrête de rêver à ce que je pourrais être si j’étais différente et j’accueille qui je suis, avec mon lot de vulnérabilité, de force, avec mes doutes et ma capacité à transcender ce qui me bloque, avec ma colère et mon envie d’une vie équilibrée et heureuse. Pour toi et moi.

Maman solo (mais pas que!)

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Hier j’avais un dîner – phénomène exceptionnel – avec un homme – phénomène encore plus exceptionnel -étant donné que ma vie sentimentale est à l’arrêt depuis plus de quatre ans (même si à mon avis je pourrais rajouter quatre ans de plus, tellement ma dernière relation n’avait rien de sentimental mais bon on va faire simple). Oui je sais on peut aussi avoir des dîners aves des hommes en « ami » mais moi j’ai jamais vraiment eu d’ami sans e. Si, un,  qui j’ai déclaré ma flamme cet été – fiasco complet (normal il était déjà marié !). Ca m’a au moins permis de passer à autre chose.  A toute chose malheur est bon c’est bien connu !

J’arrête de blablater et je reviens au dîner d’hier. Et au pourquoi de cet article surtout – si tant est que cet article ait un but particulier – je me disperse encore. C’est l’effet que ça fait quand on ne parle qu’avec des petits hommes de moins de quatre ans depuis trop longtemps…

Hier soir, je me suis rendue compte de trois choses :

  • Un divorce ça fait de sacrés dégâts et ça se voit au premier coup d’oeil. On se croit à l’abri puis un jour c’est la guerre. Je sais pour certains ça se passe bien. Pas souvent quand même. C’est la débâcle en nous et à défaut de vivre, on survit. On tient le coup pour les enfants, ils donnent un sens à tout le reste. Un divorce c’est une lente descente aux enfers. Il faut faire son deuil et ça prend du temps.
  • J’ai dépassé ce stade. Je suis loin de la fille désemparée et paumée que j’étais à l’époque, pleine de doutes, de peurs, la tête remplie de mauvais films, le cœur complètement broyé, l’énergie à plat. J’ai retrouvé mon sourire, ma joie de vivre. J’ai fait mon deuil. Et s’en rendre compte, ça file la pêche.
  • J’ai davantage confiance en moi et en l’avenir. Et j’ai bien envie de partager ça avec quelqu’un. Je me sens prête – c’est assez relatif tant que tu n’as pas sauté le pas – à faire de nouvelles rencontres « comment ? » – That is the question ! J’ai envie dire « on verra ».

Hier j’avais un dîner et ce dîner m’a ouvert les yeux sur la vie que j’ai quittée, la page que j’ai tournée et m’a orienté vers l’avenir, un avenir lumineux, joyeux, serein et apaisé.

Et comme le disait ma prof d’histoire-géo de Terminal : “Y a qu’à, y a qu’à. Mais faut qu’on !”

Sur ces bonnes paroles, je vous souhaite une très douce soirée !

Ps : Si il y a parmi vous des mamans (ou papas) solos qui ont des tuyaux à partager, n’hésitez pas!