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Brèves d’enfance

Les mots sont là mais le temps pour les poser me fait défaut. Ou je l’utilise pour faire d’autres choses, créer différemment.

Et puis parfois quelques photos en disent plus long que tous les mots du monde. Alors, je les dépose là, ces photos de l’enfance, ces instants capturés, pour le plaisir de saisir le beau, l’éphémère toujours, l’audacieuse liberté et l’émerveillement instantané!

Devant l’objectif, la vie se déroule et ce sont les instants surpris qui donnent les meilleures photos. Sur le vif, l’essentiel se glisse et la quête de perfection se défile. Aucun faux semblant dans l’expression du moment.

Derrière l’objectif, j’ai pris un réel plaisir à saisir leurs meilleurs moments, leurs fous rires et les expressions de leurs visages, les yeux dans le vague et le coeur plein, ivre de ces minutes comme accrochées à un autre temps.

Belle journée à tous et à toutes!

Posted in Atelier écriture, Variations Littéraires

A partir de ses mains

Crédit Pixabay

Ses mains l’ont séduites avant que son regard ou son cœur ne se posent ailleurs. Des mains rugueuses de travailleur, métier manuel ou bricoleur. Des ongles courts, très courts, rongés probablement. Des veines qui tracent l’histoire d’une vie dans un alignement chaotique. Posées, déposées, elles lâchent prise ou se crispent. Elles traduisent ce qui se vit de l’intérieur. Elle n’a qu’à les regarder pour savoir, tempête ou grand soleil, mer calme ou agitée. Elles saisissent fermement les choses, les autres mains. Chargées d’une énergie réparatrice, elles sont gage de sérénité, sécurité.

Elle les imagine douces et tendres quand elles se tendent vers l’enfant, inventent une mélodie apaisante, quand elles aident, accompagnent, calment les tourments des plus grands.

A l’arrêt, elles lui susurrent des secrets. Elle ne sait pas si il le sait. Ses mains créent des envies. Puis glissent sur sa peau, fiévreuses, prêtes à donner. Dans les paumes rondes, les lignes s’entrechoquent, sa peau est d’une douceur insoupçonnée.

Elle aimerait parfois être la pâte à crêpes malaxée, les touches du piano caressées, la porte qui claque retenue fermement, les gants qui l’hiver l’enveloppent de chaleur. Au plus près de lui.

Ses mains suivent l’alignement de son corps, elles sont le prolongement de son être. Fortes. Sensibles. Passionnées. Passionnantes.

Ce texte a été écrit dans le cadre d’un atelier d’écriture – décrire une personne à partir de ses mains (20 minutes – 26.06.2018)