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Attirance / Répulsion

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Crédit Pixabay

Les mots me choquent
Ils attirent mon attention
Avant que mon attention ne les rejette
Ils s’imposent
Imposent leurs limites
Ils exposent les blessures
Explosent
Je pourrais les éviter
Je me confronte à eux
Comme pour exorciser mes démons
Souffrance
Dépendance
Désir de plaire
Obéissance
Contrat
Punitions
Tout est entrave à une liberté
Ma liberté
Maltraitée
Perdue
Retrouvée
Les images imaginaires
Percutent ma réalité
Je rejette la souffrance comme unique moyen
D’un plaisir à faire germer au creux de mes reins
Dans chaque mot
C’est la peur qui m’étreint
Le passé qui revient
La blesure qui renait des cendres du pardon
Je me perds à essayer de comprendre quelque chose qui relève du domaine de l’l’incompréhensible.
Je me noie dans les méandres de ma peine incompressible.

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Quand les masques tombent…la liberté!

Dans la vie de tous les jours, nous nous adaptons souvent. Nous sommes différents en fonction des personnes, des situations, des lieux.

Avec mes amies, je suis souvent assez à l’aise. Certaines me connaissent depuis longtemps. D’autres sont entrées dans ma vie plus récemment. Parfois je m’adapte à certains caractères, je sais rester en retrait. Je ne sur-joue pas pour autant.

En famille, je me suis souvent rebellée contre l’ordre établi. J’ai longtemps cherché ma place. Puis j’ai voulu être acceptée alors je suis rentrée dans un moule. Parce que c’était rassurant pour mes proches. Je pouvais être plus authentique ailleurs, alors pourquoi ne pas faire semblant, un peu, de temps en temps.

Au travail, il est clair qu’on joue plus facilement un rôle. Il n’y a que Bridget Jones pour être 100% naturelle au boulot ! On est plus ou moins obligé de savoir se tenir, de contrôler ses états d’âme. On ne se travestit pas non plus, on trouve son équilibre. On renvoie une image (qui n’a pas toujours grand-chose à voir avec qui nous sommes dans la vie de tous les jours).

Dans l’intimité du couple (il va de soi que je parle d’une relation saine), les masques tombent complètement. Peut-être pas tout de suite, mais progressivement c’est certain. C’est le seul espace qui nous permet d’exprimer tout ce que nous sommes, de révéler ce qui se cache à l’intérieur et que nous n’osons pas toujours laisser sortir. Nus face à face (autant physiquement qu’émotionnellement) nous nous exposons, nous lâchons prise, nous nous abandonnons mutuellement. Il n’y a plus de codes, de règles à respecter, de tenue à avoir. Il n’y a rien à prouver ni à soi, ni à l’autre. C’est un espace de liberté totale, où les mots, les gestes, les envies ne passent par aucun filtre. Le contrôle n’est pas de mise. Même si parfois il nous rassure. La complicité qui s’installe devient le terrain de tant de possibles, qui nous font sentir pleinement vivants. Les barrières tombent, les tabous disparaissent (avec le temps). Les corps se fondent, se confondent, s’extasient. L’intimité offre à l’esprit une trêve. Nos sens prennent le relais et donnent à nos corps l’occasion d’expérimenter une large palette de sensations. Nous nous découvrons chaque fois davantage. Nous-mêmes. L’autre. L’intimité nous nourrit de l’intérieur, nous remplit d’énergie, de force, de confiance.

Et vous l’intimité, vous la vivez comment ? Elle vous apporte quoi?

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Les mémoires du corps

Le corps se souvient du tout. Il expérimente, retient. Tout ce que l’on vit s’imprime, de manière inconsciente. Entre les milliers de terminaisons qui le parcourent, chacun réagit différemment à tel ou tel stimulus, tel ou tel évènement.

Notre corps nous dit beaucoup de choses sur nous-mêmes, pour peu que nous osions l’écouter et intégrer ses messages. Il est le siège privilégié de nos plaisirs. Il doit aussi composer avec les traumatismes vécus. Et pas seulement les nôtres d’ailleurs. Le corps est le premier témoin de ce que nous vivons, dans notre individualité, dans la société. Il est le premier point de contact avec l’autre.

Notre corps porte en lui les tabous, les non-dits, les secrets. Il garde la trace d’un vécu qui ne nous appartient pas. Nous portons en nous le passé des générations qui nous ont précédé. Plus tous les moments qui nous ont fragilisées, nous ont fait perdre nos repères, les cicatrices qui nous rappellent à chaque instant les blessures intimes, passées sous silence.

Dans une relation à deux, il s’offre avec cette farandole de peurs à taire, de hontes à cacher, de dégoût parfois, de fausses idées. Il s’offre, incertain de pouvoir dire, faire, se sentir libre. Incertain d’arriver à s’abandonner, lâcher-prise, s’autoriser à éprouver du plaisir, à le vivre, à l’exprimer. Il faudra alors toute l’écoute, l’attention, l’amour de l’autre pour que doucement les barrières tombent, la patience, le respect pour que le corps prenne ses aises. Il nous faudra à nous aussi dire les maux, même si ils sont douloureux, il nous faudra aller vers l’autre, exposer notre vulnérabilité, nous respecter aussi, oser l’intimité, dire nos besoins, nos envies.

Si le chemin se fait à deux, il y a aussi beaucoup de travail à faire en soi, pour se reconnecter à soi, apprendre son corps, ses sens, les développer, les autoriser à exister, en ôtant pas à pas les couches de mémoire, en acceptant les blessures, pour s’approprier une nouvelle identité, celle qui fera de nous des femmes épanouies, confiantes, vivantes, riches d’un désir qui pourra s’exprimer sans crainte, d’un plaisir qui pourra être vécu sans contrainte.

Cette liberté retrouvée sera bénéfique à la femme, au couple, au monde. Car une femme qui se fait confiance, s’abandonne, se ré-jouit est une force créative puissante, une ode à la vie!

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Mon bout du Monde

◊♦

On s’y rend en voiture, en train ou en car. Au détour d’un virage on aperçoit la mer, pas celle bleue ou verte de la Méditerranée, ni la transparente dans laquelle on plonge pour regarder les poissons. Ma mer est foncée, gorgée de boue et d’eau salée. Elle monte et descend, nous offrant soit de belles matinées ou de belles après-midi à la plage, rarement les deux, ou alors il faut se lever tôt et se coucher tard.

C’est un endroit tout simple, sans transat ni restaurants face à la mer. C’est une maison, celle de mon enfance, des vacances, des weekends qui s’allongent jusqu’au dimanche soir, celle de mes souvenirs, des cousines.

C’est une plage, des heures de dériveur, des brioches partagées, des baignades nocturnes, des drapeaux « orange » qui nous font courir sur la plage déserte en criant à tue-tête « qui m’aime me suive » avant le grand plongeon dans les vagues déchainées.

◊♦

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C’est un jardin rempli de rires, rires de l’enfance insouciante, de l’adolescence passionnée. Un jardin dans lequel j’aime marcher pieds nus et au fond duquel je prends plaisir à étendre le linge. Les draps blancs volent au vent et emportent avec eux, au creux de mes nuits, des parfums savoureux.

C’est une histoire, celle de mes grands-parents, de mes parents, la mienne et celle de mon enfant. C’est une plaque grise au cimetière, un vieux garage, une coque de bateau abîmée.

◊♦

◊♦

Certains parcourent la terre entière pour trouver cet endroit de paix dans lequel ils se sentent en sécurité, apaisés, libres et heureux. Mon bonheur à moi, il est là. Dans cet endroit, mon bout du Monde, mon éternel lieu de quiétude et d’harmonie, dans lequel je puise chaque été un nouveau souffle, loin du chaos et des heures vides. Il est dans la mer qui danse sur les rochers et balaye la plage avec douceur. Il est dans ces heures passées au frais à refaire le monde autour d’un thé ou sur la terrasse le soir, le mieux au réveil, les yeux sur l’horizon, avec en bruit de fond le chant des oiseaux. Il est entre ces murs qui connaissent tout de moi, qui ont mon âge et qui me manquent souvent quand les deux pieds ancrés dans mon quotidien, je me sens lourde et épuisée.

◊♦

Cet endroit-là, c’est ma vérité.

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Je ne veux pas me protéger…

Ni les yeux. Ni le cœur.

Nous sommes dans une ère où nous refusons de nous faire polluer par l’extérieur, où nous disons « non » aux médias, aux informations qui passent, tristes, dramatiques, aux images qui heurtent nos sensibilités plus ou moins prononcées. Nous sommes avides de bonheur. Nous cherchons de belles images, de tendres clichés. Nous parlons bienveillance, amour, respect, unité, humanité.

Je n’ai rien contre ça. Je suis même la première à désirer faire le plein de sourires, de rires, de tendresse, de douceur, d’harmonie et de sérénité.

Mais je refuse d’oublier le reste, d’oublier les maux du quotidien, de fermer les yeux devant la pauvreté, la violence qui gangrène la société et la sphère familiale. Je ne veux pas avoir peur de regarder en face ce qui bouscule, ce qui fait mal. Je refuse de me retrancher derrière un silence absurde parce que « c’est dur ».

Je n’oublie pas que c’est le choc d’un évènement, d’une photo, d’un discours qui nous fait réagir, qui nous donne l’impulsion pour faire bouger les choses. Je ne veux pas passer sous silence la vieillesse, la mort, ignorer l’injustice, la maladie. Je ne veux pas oublier qu’à travers le monde des hommes et des femmes luttent sans cesse pour la dignité humaine.

Si j’ai longtemps porté ma sensibilité comme un fardeau, je sais qu’aujourd’hui elle m’offre cette chance de mieux comprendre le monde dans lequel je vis, la vie de chacun. Ma sensibilité me guide là où est la vie, même blessée, même torturée.

Je refuse de trembler devant les villes, tombeaux à ciel ouvert, devant la terreur, devant la haine farouche, devant les conflits, devant la violence qui s’acharne, devant les yeux pétris de peur des victimes qui survivent, devant la misère qui s’incruste ou la famine qui s’abat sur des peuples entiers, peuples décimés.

Je suis à fleur de peau souvent. Mais je suis vivante, mon cœur bat et mes pieds me portent. Je ne fermerais pas les yeux sur l’indicible. Ni aujourd’hui. Ni demain. J’ai besoin de sentir le monde vibrer pour dépasser tout ce qui me limite.

Je ne sauverais pas le monde. Je n’en ai ni le désir, ni l’envergure. Ma résistance à moi c’est de garder les yeux ouverts, de lutter pour la paix. A ma manière. Et de laisser passer la lumière…

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Le doux goût des vacances

Laisser passer le temps et les heures, sans regard sur la montre, déposée sur la table de chevet.

Laisser les heures défiler, sans n’en retenir aucune, les remplir de vie, de jeux, de rires, d’échanges, de câlins, de parties de foot pieds nus dans le jardin.

Prendre le vélo et partir à la redécouverte des routes si souvent empruntées, seule ou à plusieurs, encore pleines de nos rêves d’adolescentes, de nos palabres entre deux fous rires.

Hisser petit loup derrière soi et s’évader au rythme de mélodies qui se chantent à deux.

Longer la mer, la regarder aller et venir, sentir les embruns nous fouetter le visage, par temps de grand vent et son odeur nous chatouiller les narines, écouter sans se lasser les vagues caresser le sable fin.

Regarder petit loup s’amuser avec un rien, des jeux dénichés au grenier, des poupées bien habillées, ramasser des coquillages, tremper ses petits pieds dans l’eau, avoir peur, puis s’avancer davantage, foncer dans mes bras et déposer au cœur de mon cou des baisers gorgés d’eau salée.

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Partager des moments en famille, déjeuners qui s’éternisent, dîners pris au grand air, les yeux tournés vers la mer.

Echanger avec des amis, retrouver cousins et cousines autour d’un pique-nique sur la plage, regarder nos enfants s’essayer à la vie, se regarder de loin, avant de jouer ensemble à construire des châteaux, des barrages.

Marcher pieds nus sur l’herbe fraîche ou sur le tapis ensoleillé. Eviter le sable en fin de journée, brûlant.

Etendre le linge au fond du jardin, un instant volé au tumulte de la maison, qui grouille de monde, d’envies, de doutes, de déceptions aussi parfois. Moment solitaire rempli de chansons inventées, de prières livrées au vent, de remerciements.

Partir à l’aventure, prendre un car, un train, découvrir un autre univers, revoir des amis chers, partager un bon repas, regarder petit loup se sentir plus à l’aise et apprécier ces moments passés ensemble loin de tout ce qui parfois bloque notre respiration, la joie qui vibre à l’intérieur de nous.

Contempler la nature, belle, resplendissante.

Passer au cimetière déposer une fleur, à l’église allumer un cierge, au marché pour retrouver le goût de la brioche bien dorée de notre enfance.

Revoir des visages, échanger des nouvelles, évoquer « avant » les yeux pétillants, se souvenir, créer de nouvelles images pour demain, se sentir bien, en harmonie.

Souffler. Et vivre.

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Et faire briller la lumière

Quand les temps sont troubles, que la vie s’effrite, qu’elle se gorge d’angoisse, de nuits sans sommeil, de matins fiévreux, d’agonie, de corps brisés. Quand les villes deviennent des fantômes en papier mâché. Quand la peur s’immisce dans nos cœurs fragiles, tout vacille, le fil de la vie tissé par les années se distend, nos projets fichent le camp, nos âmes se sentent vides.

La colère s’empare de nous, nous bouscule, nous donne des ordres. Et face à la folie humaine, les cieux s’embrasent. Le monde n’a plus de couleur. Le monde n’est que douleur.

Sentiment d’impuissance. Notre vision des choses devient terne. La lumière se brise sur les ténèbres. Tout est noir. La violence telle la gangrène s’empare de nous et ronge l’intérieur de nos êtres, accablés, perdus, paralysés, obnubilés, terrassés, terrorisés.

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Certains disent qu’il n’existe qu’un remède pour faire sombrer les ténèbres. L’Amour. J’ajouterais la Lumière. Qu’il est simple d’en offrir à ceux qui souffrent, ceux qui pansent leurs plaies, ceux qui regardent la vie les quitter. Qu’il est simple de prier pour les victimes de ces actes odieux.

Et si nous envoyions de l’amour à leurs bourreaux, à ceux qui font régner terreur et chaos. Et si nos prières allaient aux assassins de nos libertés, à ceux qui pillent notre vérité. Et si nous tentions de laisser de côté la colère, qui nous inonde et nous mange à petit feu pour laisser à la lumière la force de toucher le cœur de ceux qui ont perdu contact avec la réalité.

Juste une fois pour voir. Juste faire briller la Lumière un peu plus fort. Juste envoyer l’Amour plus loin encore. En silence. Chacun à sa manière. Essayer puis se taire. Laisser le silence faire le reste. Et l’Amour briller plus fort et la Lumière faire des étincelles sous la voûte étoilée du ciel.

Crédit Image – Le Jardin de l’Il d’Elle Tumblr

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Etre ou ne pas être Charlie !

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Après les attentats qui ont vivement secoués et endeuillés la France, on dirait qu’aujourd’hui l’information essentielle est de savoir qui est ou qui n’est pas « Charlie ».

Est-ce si important ?

Certains défendent leur appartenance à Charlie, face à la liberté d’expression bafouée. D’autres défendent leur attachement au journal.       D’autres encore ne veulent en aucun cas que leur condamnation du terrorisme n’implique qu’ils soutiennent le journal et ses caricatures. Sans même évoquer ceux qui considèrent que les journalistes l’ont bien cherché (avis que je ne partage pas et qui me dégoute assez).

Derrière Charlie, il y a pour moi aussi les noms de chacune des victimes innocentes tuées en France et à travers le monde par tous ces terroristes, ces fanatiques sans âme.

Je n’ai aucun goût particulier pour les dessins de Charlie Hebdo. Certains sont drôles quand d’autres sont exagérés. Je comprends d’ailleurs qu’ils peuvent choquer. Mais c’est aussi un peu le but de la caricature. Réveiller les consciences. Le journal Charlie Hebdo n’épargne aucune religion, aucun pouvoir politique non plus. A chacun d’en faire la lecture qu’il lui convient. Et d’ailleurs si cette lecture ne lui sied pas, à chacun de ne pas lire ce journal. Nous en avons le droit.

Derrière Charlie, il y a tous les hommes et toutes les femmes, qui en tous temps, ont été jugés, forcés à l’exil, assassinés, tués, emprisonnés. Parce que leurs idées faisaient débat. Parce que leurs idées n’étaient pas acceptées. Aucun n’a jamais cessé de livrer son combat. Ils ont tous continué d’écrire, de dessiner, de chanter, quitte à choquer, à se mettre hors la loi. On ne brise jamais vraiment la liberté des hommes.

Enfin derrière Charlie, il y a la défense de toutes nos libertés, de notre laïcité. C’est la chance que nous avions en France, même si nombreux sont ceux qui ne le reconnaissent pas, de pouvoir avoir des idées sur tout et pouvoir le dire (un Saoudien lui vient d’être condamné à des coups de fouets pour avoir écrit un article de blog), de pouvoir choisir notre religion, de ne pas avoir de religion aussi.

Arrêtons de nous déchirer pour savoir qui est ou qui n’est pas Charlie. Ne laissons pas les autres nous dicter notre manière de vivre et misons tout sur les valeurs que d’autres ont défendu, armes à la main, pour que notre avenir soit plus clément que le leur.

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Pour des papiers

Le jour où elle a annoncé son mariage à son père, il lui a dit une phrase très juste mais qui lui a fait très mal : « il achète sa liberté en te volant la tienne. »

Il était arrivé comme tant d’autres, par bateau. Sans papier sur une terre étrangère, dont il ne parlait pas la langue.

Comme tant d’autres, il avait un passeport, un passeport sans visa.

Comme tant d’autres, il n’avait pas la liberté ni de voyager, ni de rentrer chez lui.

Il l’a rencontrée dans une soirée. Le coup de foudre. Ou du moins c’est le motif qu’il a évoqué pour la revoir, pour intégrer sa vie, pour déranger ses pensées, encore un peu naïves.

Une histoire un peu bancale. Et l’envie d’un mariage un peu précipité. Il en trouverait facilement une autre, qui pour 200€ consentirait à devenir sa femme, rien que sur les papiers.

Mais c’est elle qu’il voulait. Elle, rien qu’elle. Pour autre chose que ces fichus papiers. C’est ce qu’il lui disait. Et c’est ce qu’elle a cru.

Après des mois de harcèlements, plus ou moins intenses, elle a dit oui. Elle avait presque finit par oublier les papiers.

Un beau mariage. De beaux sourires. N’était ce qu’une image ? L’envie d’éblouir, de montrer aux autres ce qu’il trouvait ridicule de lui dire à elle. « Je t’aime ».

Un beau mariage. Et le retour à la réalité. Les papiers.

Courir à droite, à gauche. Réunir des dizaines, des centaines de documents administratifs. Faire des dossiers. Prendre des rendez-vous. Annuler des rendez-vous. Elle a tout géré. Lui, il donnait les ordres.

Un long chemin pour un tampon sur un passeport et une carte de résident lui offrant la liberté de circuler dans un espace jusqu’alors interdit. La possibilité aussi de partir en visite, là-bas, dans son pays.

La longue attente au bureau d’immigration. Le seul matin où il a réussi à se lever tôt. Les autres matins, il n’a pas fait l’effort. Ni pour une fête. Ni pour l’échographie du premier trimestre. Ni pour une visite chez le docteur quand des douleurs atroces dans le bas-ventre lui faisaient craindre le pire. Jamais. Sauf ce jour-là.

Et puis le départ pour 2, 3, 4 mois. Ces papiers, c’est son cadeau de mariage à elle. Une légitimité dans son milieu. La liberté de circuler, de vivre comme il l’entendait.

Lui. Il n’était question que de lui. Sa famille. Ses amis. Ses rêves. Ses envies. Sa liberté. Sa fichue liberté.

Il lui a pourtant dit qu’il la protégerait, qu’il serait là en cas de coup dur. Mais il n’était jamais là. Sa famille, elle était ailleurs. Le quotidien avec elle, c’était un peu son sacrifice à lui. Et il le fuyait autant que possible. Il avait toujours un prétexte pour se tenir à l’écart d’elle, ne revenant dans son lit que pour assouvir ses besoins, ne revenant dans sa vie que pour la contrarier, lui donner des ordres, lui demander d’être forte et de sourire.

Des vies gâchées.

Pour des papiers.

Elle n’a pas de regrets. C’est comme ça. C’est la vie.

Elle aurait juste voulu qu’il ait le courage de lui dire qu’il ne l’avait épousée que pour ces foutus papiers.

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Retour aux sources

Faire le voyage à l’envers. C’était un pari risqué pour certains. Une manière pour moi de renouer avec un passé chéri. Un retour aux sources aussi un peu.

Quand l’avion a décollé, j’ai presque ressenti la même chose que la première fois, une sensation de liberté intense.

Le vol a été calme. Je me faisais déjà des films un peu tordus quand l’atterrissage m’a forcée à me recentrer sur le moment présent. J’étais à nouveau en Irlande. Dublin m’attendait avec impatience. J’ai traversé les couloirs qui me séparaient de la sortie et j’ai attendu un bus que j’avais pris des dizaines de fois par le passé. Je me suis installée en hauteur, pour mieux voir le paysage et me ré-approprier l’environnement. Des tonnes de souvenirs sont revenues me chatouiller les yeux. Ca faisait du bien. Rien n’avait changé et tout était pourtant différent.

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Après 1h de bus, j’ai fini par retrouver mon amie. Sur le siège arrière, une petite princesse métisse de deux mois et demi était assoupie. Elle faisait des drôles de mimiques avec sa bouche.

J’étais de retour au pays.

La suite, c’est une succession de rendez-vous tous plus aussi émouvants les uns que les autres. Des amies quittées les larmes aux yeux, à deux petites filles devenues adolescentes. Des collègues de travail aux partenaires d’écriture. Ils ont tous répondu présent avec leur sourire légendaire et leurs maisons grandes ouvertes.

J’ai compris au cours de ces 3 jours que je n’avais pas à choisir. Ces personnes-là, ce pays-là, c’était ma vie. Je n’avais au fond rien laissé derrière moi. Leur amitié, leur tendresse, leur vérité faisaient partie de moi. Je ne voulais pas ranger les périodes de mon existence dans des cases. Tout ce que j’avais vécu avait contribué à faire de moi celle que je suis aujourd’hui. Si je vis en France, je n’en reste pas moi citoyenne du monde. Et ceux qui m’entourent, qu’ils soient d’ici, de là-bas ou d’ailleurs, ont toute leur place à mes côtés.

J’ai flâné dans les rues, laissant les angoisses de ma mère de côté. J’ai retrouvé quelques habitudes, quelques émotions à entrer dans un endroit familier. Beaucoup ont trouvé mon anglais plus abouti, plus sûr. Je crois que l’absence de confiance en moi me faisait redouter les échanges. Je restais sans cesse sur la défensive, pensant certainement que je n’étais pas à la hauteur, me sous-estimant sans arrêt. J’ai pu donc constater qu’il restait peu de ce « moi aux aguets », de ce « moi instable et perdu », de ce « moi apeuré et triste » dans la personne que je suis aujourd’hui.

Le bilan est positif, splendide. J’ai retrouvé Paris le sourire aux lèvres, prête à croquer la vie à pleines dents et bien entendu très heureuse de retrouver mon petit escargot, qui a eu l’air de faire tourner ses grands-parents en bourrique tout le weekend. Je suis heureuse d’avoir osé faire le voyage et d’avoir été moi-même, sans me poser de questions inutiles.

Certains vont me demander si l’Irlande me manque. Je dirais sûrement oui. Comme la France me manquerait si je vivais en Irlande. Mais au fond rien ni personne ne me manque, car chacun a une place dans mon cœur et ni l’éloignement, ni les longues périodes sans se voir n’y changent quelque chose. C’était presque comme si je les avais tous quittés la veille…

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Une fille comme ça

Je suis une fille ordinaire,

Une fille qui dit bonjour quand il faudrait dire bonsoir,

Ou bon weekend le mardi soir

Qui dit monter pour descendre,

Ou encore perd l’équilibre sur terrain plat.

Je suis une fille un peu rêveuse,

Qui se parle à elle-même

Et si ça fait rire les passants, et bien tant mieux pour eux.

Je suis une fille simple, qui aime la vie,

Une fille qui exquise quelques pas de danse entre deux métros

Une fille qui dit bonjour aux gens qui font la manche,

Et tant pis si ça en gêne certains, ils ne savent pas ce qu’ils perdent

Un sourire offert peut vous mettre le cœur en vrille.

Je suis une fille secrète, un peu discrète,

Une fille qui aime le couscous et les paninis aux trois fromages.

Je suis une fille sensible, paisible

Une fille qui se cherche.

Je suis une fille qui aime la pluie, l’orage,

Une fille qui saute dans les flaques comme le font les petits

Juste par envie.

Je suis une fille sans style,

Une fille qui pique ici et là des goûts, des idées qui ne lui appartiennent pas.

Je suis une fille fragile,

Une fille qui souffre quand la vie se montre un peu injuste avec elle ou avec ceux qu’elle aime.

Je suis une fille éprise de liberté, une fille pleine d’espérance,

Une fille qui place l’amour tout en haut de l’échelle.

Je suis une fille généreuse et très curieuse,

Une fille qui commence à s’accepter comme elle est,

A voir ses qualités prendre le dessus sur des défauts qu’elle tente peu à peu de maîtriser.

Je suis une fille comme ça,

Une fille humaine,

Une fille à la recherche de son équilibre.

 Et vous, vous êtes quel genre de fille ? (ps – si vous commentez, écrivez au minimum 3 choses positives sur cette fille que vous êtes)

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Source – Ego AlterEgo Tzviatko Kinchev Peinture

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La fabrique à souvenirs

Il y a des jours où j’aimerai pouvoir rattraper les souvenirs, faire un bond dans le passé, revivre certains moments heureux, attraper les gens au vol, les faire exister dans le présent, juste un petit moment encore, retrouver les sensations, les odeurs, les musiques, le frôlement des corps, les rires partagés, les fous rires même.

Quand j’étais petite fille, les vacances étaient synonymes de liberté. Les premières années mes, parents faisaient l’effort de nous emmener, ma sœur et moi, un peu partout en France. Et puis les bouchons dès la sortie de la ville ont eu raison de mon père. Et puis il y avait cette maison au bord de la mer, la maison de mes grands-parents, mes grands-parents qui désertaient Paris l’été et étaient heureux de nous retrouver. Nous avons investi cette maison. La route des vacances a pris une autre dimension. Nous laissions derrière nous les barres d’immeubles, le grondement de la ville. Nous avancions vers la mer, le calme, les retrouvailles entre cousines, la LIBERTE. Et cette liberté, je la touchais dès mon arrivée. A peine les bagages posés dans la maison, que j’enfourchais mon vélo et là où la route se divise, juste sur la gauche, elle m’attendait, chaude et vibrante, tantôt calme, tantôt agitée, elle était l’amie de mon enfance, l’amie fidèle qui accueillait mon corps, ma peau hâlée et faisait fuir toutes les peines qui m’avaient tiraillées pendant l’année écoulée.

Le dernier jour de classe, l’air était chargé de sourires, d’impatience, de rêves un peu fous, d’envies mitigées, envie d’accélérer le temps et envie de le suspendre encore quelque minutes pour profiter de ces derniers moments ensemble avant la rentrée de Septembre. Deux mois sans se voir. Deux mois de découvertes et d’aventures aussi. Deux mois pour grandir. Le dernier cours semblait s’éterniser. Nous n’étions déjà plus là, notre esprit vagabondait par-delà le mur d’enceinte de l’école, par-delà les nombreuses routes que nous allions emprunter, par-delà les heures de voyage. Nous connaissions alors les premiers papillons dans le ventre, ceux qui, avec le temps, allaient prendre de l’ampleur, au premier regard croisé, au premier baiser échangé, au premier coucher de soleil main dans la main. Excitation et crainte. C’est de loin le meilleur mélange que nous ayons connu.

Avec le temps, les études, les rencontres, les mariages, les départs, le travail, nous nous sommes un peu perdus de vue. Sur la plage, il n’y a aucune tête connue. Quelque chose s’est froissé. Nous n’avons plus la même innocence, la même insouciance en nous. Notre cœur est un peu cassé. Mais la route des vacances, que nous empruntons désormais avec notre moitié, nos enfants, nos parents parfois aussi, reste la même. La ville se fige derrière nous, les soucis aussi, juste le temps que nous fassions le vide, que nous reprenions nos esprits.

Pour moi, ce soir, dans quelques heures seulement, les vacances vont commencer. Je retourne à la source, je vais retrouver mon petit prince et la mer, mes cousines. Deux semaines et une rencontre, quelque part en Provence. Je pars me fabriquer de nouveaux souvenirs, des souvenirs que nous revisiterons plus tard, avec un petit pincement au cœur et une immense joie.

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Crédit Photo – Larisa Charnakal Flickr

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Personne ne peut vous rabaisser sans votre consentement

La première fois que j’ai entendu cette phrase d’Eleanor Roosevelt, elle m’a fait le même effet que « tout ce qui ne nous tue pas, nous rend plus fort ». Je l’ai détestée.

Non mais qui sincèrement consentirait librement à ce qu’une autre personne lui fasse du mal. Personne n’a envie de souffrir. La vie est déjà bien assez compliquée comme ça. Pourquoi voudrions-nous nous en rajouter une couche ?

L’autre est capable du meilleur. Comme du pire. Et quand il est capable du pire, il est très fort pour nous ridiculiser, nous placer plus bas que terre, nous faire perdre nos moyens, nous infantiliser, nous opprimer.

Nous vivons tous ces moments douloureux, toutes ces aliénations. Et nous en serions en partie responsables. Non, mais c’est le comble !

Au premier coup d’œil, je me suis dit, encore une ineptie. J’ai abandonné l’idée de comprendre. Je n’y pensais même plus, pour vous dire.

Et grâce à Roger (il faut bien qu’il serve à quelque chose), j’ai compris. L’étincelle. Ce n’est pas une ineptie. C’est la vérité. Vérité pure, constante. Une Vérité difficile à intégrer mais une vérité libératrice.

Libératrice car elle nous permet de passer à autre chose, de nous en sortir. Si l’autre ne peut pas nous rabaisser, nous réduire à néant sans notre accord, c’est que nous avons une marge de manoeuvre. Une marge de manoeuvre calibrée, j’en conviens. Une marge de manoeuvre limitée aussi. Mais NOUS pouvons faite quelque chose. Nous n’avons pas à subir et acquiescer.

Mais bien entendu, tout ça ne se fait pas d’un claquement de doigts, ce serait trop facile.

Il faut dans un premier temps intégrer que l’autre nous rabaisse. Quand on est pris dans un cycle pervers ou manipulateur, quand on est sous emprise, c’est un concept avec lequel nous avons du mal à composer. Il n’est pas toujours évident d’intégrer que l’autre nous diminue, alors même qu’il dit nous aimer.

La deuxième étape, c’est prendre du recul face à la situation et sortir de l’emprise. Là encore, il faut prendre en compte le facteur temps. Et beaucoup de soutien est nécessaire, pour ne pas replonger.

Ensuite, il faut se reconstruire, travailler sur l’estime de soi, se pardonner, se faire confiance, s’autoriser à s’effondrer et reprendre des forces pour l’étape suivante. C’est un travail de longue haleine.

Puis un jour, on se retrouve en face d’un Roger, un ex-mari, un ex-amant, une ex-épouse, une ex-ami, une personne qui nous a fait du mal, qui nous a laissé nous faire du mal aussi sans riposter, quelqu’un qui a abusé de notre confiance, de notre amour, de notre amitié, qui a bafoué nos rêves et nos espoirs, qui a joué avec nos vies, notre présent.

On se retrouve en face d’un visage, en face de deux yeux remplis de haine et de rancoeur. Un jour, ce regard, qui nous a fait plier bien des fois, n’a plus d’impact sur nous. Ce regard ne nous renvoi plus à nos faiblesses. Ce regard nous dit juste que l’autre nous déteste. Très bien, c’est son choix. Nous, nous avons fait un autre choix, le choix d’une vie meilleure. Et ce regard chargé de colère ne nous fait plus rien. Nous valons mieux. Nous sommes conscients que ce regard ne s’adresse pas à nous. C’est un regard perdu, un regard qui accuse. Mais nous ne sommes ni coupables, ni responsables de ce regard.

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Un jour, l’autre ne peut plus nous faire de mal. Parce que nous l’avons décidé. Parce que nous sommes sortis de l’asservissement. Parce que nous sommes fiers de nous, nous avons appris à nous connaître et personne d’autre que nous-même ne peut plus nous dire ce qui est bien ou mal, ne peut plus décider de ce qui est bon pour nous. Nous sommes désormais les seuls maîtres à bord.

 Et vous, une citation à partager qui vous trouble mais qui finalement vous colle bien à la peau ?

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J’écris comme je respire

Je fais le constat que j’écris beaucoup ici et ailleurs depuis quelques semaines. Je n’ai pas plus d’heures qu’avant. Mais je trouve le temps, voilà tout.

J’écris un peu avant ma journée de travail. Un peu à l’heure du déjeuner et le soir. J’écris parce qu’au fond j’aime profondément ça. Ce n’est pas une drogue, comme certains pourraient le penser. Ecrire fait partie de ma vie, comme manger, boire, dormir et respirer.

Je me suis mise assez tard à l’écriture. Je devais avoir 14 ou 15 ans. Ma mère s’est longtemps battue pour que je lise. Elle pensait que lire, c’était la liberté. Elle avait raison. Lire m’a ouvert des portes et le jour où j’ai voulu moi aussi raconter une histoire, où j’ai voulu faire vivre les mots qui passaient en coup de vent dans mon cerveau, je suis passée de l’autre côté, j’ai laissé mon stylo me guider.

Quand je remets le nez dans d’anciens textes, je ne suis jamais pleinement satisfaite de moi. Je voudrai en retravailler certains. Mais bien souvent, je les laisse comme ils sont. Car c’est aussi ça que j’aime quand je fais un voyage dans mes anciens carnets, me rendre compte du chemin parcouru, voir en quel sens j’ai évolué, comment mon écriture s’est transformée pour être plus simple, plus vraie aussi, moins conforme à un style particulier, plus libre.

J’ai toujours un carnet sur moi. J’y inscris des mots, des idées, des envies. Mes articles de blog quant à eux sont écrits d’une traite. Je reviens rarement dessus ou si c’est le cas, je les publie rarement. On pourrait penser que je passe des heures à blogger, alors même que tout est souvent emballé en 15 ou 20 minutes. L’inspiration est là et je tente de la capturer avant qu’elle ne disparaisse. Si je rate cette étape, tout s’envole en fumée. Et demain me ramène rarement les mêmes idées sous la même forme. Le charme est rompu en quelque sorte.

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J’écris comme je respire. J’écris avec mes tripes. Je vais au plus profond de moi pour sortir le meilleur ou bien ce qui fait mal, ce qui m’empêche d’avancer sans trébucher. Les mots me fascinent et me transportent. Et quand mes mains sont fatiguées de taper, de tenir le stylo, je regarde en silence les mots danser sur vos écrans, sur le papier blanc de vos rêves en devenir.

Parlons de vous maintenant !

Dites-moi ce que l’écriture représente pour vous ?

Dites-moi comment vous écrivez vos articles, vos nouvelles?

Dites-moi ce que vous ressentez quand vous prenez la plume ?

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Le pouvoir des mots

Ce texte fait écho à un bel article lu sur le blog Journal d’un Tournesol

Ecrire ses émotions. Noter ce qui nous fait vibrer ou ce qui nous fait souffrir. Lancer les mots sur le papier pour nous faire avancer.

Ecrire est une thérapie pour beaucoup. Quelques fois il faut aller au bout de la feuille, il faut laisser les mots tomber, même ceux qu’on préfèrerait garder secrets. Il faut oser pour se libérer. Cela fait un bien fou. Cela permet aussi de prendre conscience de nos limites, de nos peurs, de nos failles. Et de rebondir.

Ecrire donne des ailes à certains. Au bout de la longue lettre à un être parti trop tôt ou à la personne qui nous a quitté, il y à la paix. Les erreurs des autres ne nous appartiennent pas. Il faut un jour les laisser de côté et se concentrer sur nous.

Ecrire nous apparaît souvent comme un acte délicat, surtout quand dans notre tête c’est le chaos total. Les idées se cognent les unes dans les autres. La lumière se fait faiblarde. On se sent mal sans vraiment savoir pourquoi. Tout va bien autour de nous, mais il y a quelque chose qui nous empêche d’avancer, quelque chose d’invisible qui nous fait douter de tout.

Ecrire est courageux, surtout quand il faut avouer des blessures personnelles ou dévoiler une partie de nous dont l’image ne nous plaît pas. Mais pour avancer, il faut savoir se regarder tels que nous sommes. Imparfaits mais parfaits dans notre imperfection. Tout est toujours possible, rien n’est jamais figé. Nous possédons des énergies et la capacité de recréer.

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Ecrire peut nous aider à lâcher prise. Nos témoignages peuvent aussi permettre à d’autres de s’en sortir. Le monde est fait de liens invisibles. Nous sommes tous liés d’une manière ou d’une autre. Et un être humain sauvé du chaos de l’existence entraîne souvent d’autres vies dans son cheminement de renaissance.

Je finirai sur cette phrase de Nietzsche que j’ai découvert récemment mais qui me parle profondément : ” Il faut porter du chaos en soi pour accoucher d’un étoile qui danse”.

Qu’en pensez-vous ?