Posted in Carnets de route

Le sujet qui fait débat

Le sujet fait débat depuis plusieurs jours, vous ne pouvez pas l’avoir raté, même si comme moi vous ne regardez pas la télévision: la cérémonie des Césars a récompensé le film J’accuse de Roman Polanski. La polémique enfle et chacun y va de son avis sur ce prix très controversé.

Pourquoi j’écris ce billet aujourd’hui, tout simplement parce que je n’ai pas une opinion – tranchée – sur le sujet et qu’elle s’étoffe en fonction des personnes avec lesquelles j’en discute.

J’ai toujours choisi de distinguer entre l’homme (et la femme) et son art. Je pense que l’humanité est pleine de ces exemples d’hommes et de femmes dont les œuvres sont en contradiction totale avec ce qu’ils passent comme message en tant qu’êtres humains. Est-ce bien? Est-ce mal? C’est, tout simplement.

Personne ne trouvera à redire, Roman Polanski est un grand réalisateur. Les multiples prix reçus durant sa carrière en sont la preuve. Sur l’homme (que je trouve par ailleurs antipathique à souhait), je ne m’étendrais pas, les multiples déclarations des femmes humiliées, blessées, torturées dans leur corps suffisent à se faire une idée.

Toutefois, je me demande pourquoi d’un seul coup tout éclate, alors même que depuis 2003 les accusations pour pédophilie, viol se multiplient à son encontre, et que depuis cette date il a réalisé d’autres films qui, pour certains, ont reçu des prix.

La question qui m’interpelle ce n’est pas comment “J’accuse”, qui soit dit en passant traite d’un sujet qui n’a rien à voir avec les faits en question, a pu être récompensé, mais comment cet homme a réussi à passer entre les mailles du filet, comment cet homme peut se promener aujourd’hui, en toute liberté? Que fait la justice? Que sont devenus les témoignages des femmes qui l’ont accusé? Comment un pays peut-il refuser d’extrader un homme condamné pour viol?

Si, au nom du féminisme, on sort d’une salle parce qu’on considère une remise de prix scandaleuse (ce que je peux concevoir), pourquoi se rend-on à cette même cérémonie, en sachant que le film est nominé, et qu’il a de grandes chances de gagner (il ne fallait pas être devin).

Mon problème avec le féminisme d’aujourd’hui, c’est qu’il est rempli de clichés et d’amalgames, tous ceux qu’il tente à tous prix de faire tomber, pourtant. Pour moi, le débat est ailleurs, il est dans l’écoute, la libération de la parole et non dans le lynchage des bourreaux. Rendre la violence à la violence n’a jamais changer le monde.

Une libération pour faire avancer les choses et non, pour encore une fois, relancer le débat du patriarcat. Ce n’est pas en “luttant contre” que les lignes peuvent bouger. Je ne pense pas qu’à l’heure actuelle il soit plus facile d’être un homme, contrairement à ce que l’on pourrait penser.

Nous, les femmes, arrêtons de nous positionner comme les uniques victimes de cette emprise. Que faisons nous des petits garçons concernés par la pédophilie? Combien d’hommes sont aujourd’hui pris dans les rouages de la violence conjugale? On se bat pour eux aussi ou on considère que “chacun ses combats”? Où sont-ils, par qui sont-ils représentés?

Le politiquement correct voudrait que nous soyons toutes dans la rue suite à cet évènement. Je préfère m’interroger, plutôt que de rejoindre la majorité, juste par esprit de solidarité.

Tous vos avis sont les bienvenus. Merci de les partager, avec bienveillance bien entendu!

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Posted in Tout un poème

Insoumises!

On les pose là, parfois
Comme un bibelot sur une cheminée
Qu’on utilise quand on en a envie
Elles sont pratiques
Tant qu’elles ne disent rien

On les veut dociles
Jamais libres
On les attend soumises
Rarement conquises

On les veut invisibles
On les voile
Ou leur intime l’ordre
De ne pas montrer
Ce qui attire le regard

A leurs risques et périls
Le viol est presque un acte justifié
Quand elles osent leur féminité

On les tient là, parfois
Un plaisir de fin de soirée
Juste avant le sommeil du juste
Elles ont plutôt intérêt à apprécier
Sans trop le montrer

On s’approprie leur virginité
Comme un trophée
On les met en garde contre le vol
D’un bien qui n’appartient qu’à elles
Mais dont tout le monde se mêle

Ou alors juste pour les écraser
Un peu plus
Pour les obliger
Pour faire d’elles des assistées

On les accuse du pire
On maudit leur nudité
Leur naissance parfois
Est jugée démoniaque
On leur vole leur vie
Et leur liberté
Sous couvert de les protéger

On les pose là
Pour épater la galerie
On leur attribue des noms
On les répudie
On les assassine
On les juge
On les condamne

Pour un crime sans visage
Pour sauver leurs âmes
D’un éventuel pillage

On annihile leur pouvoir
Au nom d’un Dieu
D’une religion
D’une politique d’avilissement
On les pose dans des cases

Elles seront mères
Ou elles ne seront rien

Elles seront vertueuses
Ou bien catins

On fait d’elles des animaux de foire
Des troubadours grotesques
Nimbés de noir

Elles seront bonnes
Ou elles seront folles

Qu’importe…
Chaque jour
Il ne tient qu’à elles

Qu’à nous
De choisir

Abdiquer
Ou Vivre!

Posted in Tout un poème

La femme qui danse

Pexels for Pixabay

Je me suis souvenue de la femme qui danse.

Son corps vibrant au rythme de la musique et du chant des hommes. Le mouvement de ses mains, décrivant des arabesques, embrassant l’air de leur souplesse.

Son corps qui s’offre sous sa jupe aérienne. On devine juste le mouvement de ses pas sous le tissu lourd de promesses. Des pas sûrs et précis.

Je me suis souvenue de la femme qui danse.

Son corps né pour le plaisir. Plaisir de donner et de recevoir. Plaisir des sens déployés dans ce ballet solitaire qui lie le tempo à la terre.

Son corps nimbé d’or – un trésor. Rien n’est à elle et tout lui appartient, dans cet instant de communion sublime. Un corps à corps avec elle même.

Nul ne saurait troubler la danse de la femme qui s’éveille…

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Pseudo et Liberté d’expression

Crédit Pixabay

On dit toujours que derrière un pseudo on se sent libre.

Cela fait six ans que je suis sur cet espace, que je suis Marie Kléber. Six ans c’est presque un record pour moi. Mes blogs (et j’en ai eu) ont rarement duré dans le temps. Soit je ne m’y retrouvais plus. Que ce soit au niveau de mes articles ou de mes lecteurs. Soit j’avais envie de changement. Alors je bazardais tout et je recommençais sur du neuf, ailleurs. Tout ou rien.

Ici, j’ai créé quelque chose qui me ressemble. Je ne me restreins pas ou peu. Je suis comblée par tous les échanges quotidiens avec vous. J’ai eu des « crises existentielles » mais je n’ai jamais remis complètement en question ma présence ici.

On dit toujours que derrière un pseudo on se sent libre.  

Et bien pas toujours. J’en ai fait l’expérience récemment. J’ai écrit ailleurs. J’ai pris un nouveau nom et je me suis lancée. Comme ça. Pour voir. Et j’ai senti, petit à petit, quelque chose enfler, comme un malaise. J’ai effacé – impulsivité quand tu nous tiens – puis j’ai essayé à nouveau. Mais le malaise est toujours là, bien ancré. Cette sensation de me cacher, d’œuvrer en souterrain. Pourtant personne ne me connait. Je suis sur cet espace incognito. J’ai beau y mettre mes mots, j’ai beau aimer les mots que j’y mets, il y a toujours quelque chose qui me dérange.

Je ne me sens pas libre.

Alors changer ? Tout réinventer ? Ou garder cela pour moi ? Certains mots n’existent que par et pour eux-mêmes. Ceux à qui ils sont destinés évoluent dans un espace très limité. Nos audaces se confrontent parfois à d’autres audaces, qui loin de nous nourrir, nous font perdre notre équilibre.

Dites-moi, vous, vous sentez vous libres  sur votre blog? Totalement libres ? Ou bien vous vous limitez ? Un peu, beaucoup ? Jamais ?

Posted in Extraits Livres Publiés, Tout un poème

L’espoir d’un avenir meilleur

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On parle de ceux qui meurent
Des héros mutilés
On parle de ceux qui se battent
Des héros massacrés
On parle de ces haines ancestrales
Ces rancœurs infondées

On se délecte de tonnes d’images
De ces villes assiégées
On brandit des drapeaux
Des slogans scandés
On attise les haines
Des peuples opprimés
On dénonce un pouvoir
Une société gangrenée
On en appelle à l’humanité des hommes
Des hommes sans pitié

Mais est-ce qu’on se demande combien ils sont
A attendre demain
A attendre qu’une bombe choisisse leur maison
Un coin de leur jardin
A attendre que les hommes ai cessé de se haïr
A attendre que le monde ai cessé de les trahir

Combien sont-ils, à se demander
S’il existe encore quelque part
Un espoir
Pour les hommes
De s’aimer?

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Extrait de mon premier recueil de poésie L’essence de l’être (disponible en Papier et PDF sur The Book Edition)

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Peut-on tout se permettre?

On parle souvent de politiquement correct. Il y a donc des limites. Mais cela ne veut pas dire que l’on ne peut plus parler ou exprimer ses opinions.

Je ne suis pas partisane de la langue de bois. Je considère qu’il y a des choses que l’on doit dire. D’autres, par contre, méritent bien qu’on y réfléchisse à deux fois avant d’envoyer la charge.

Il y a des mots qui blessent. Et il y a des propos dégradants. Il y a une différence entre énoncer une idée, pas forcément partagée par l’auditoire et manquer de respect à l’égard de son interlocuteur.

Samedi, j’étais chez le coiffeur. Et dans la rue, défilaient les partisans « pour » le maintien du droit à l’avortement. Si j’avais eu vent de cette manifestation, j’aurai pu moi aussi défiler à leurs côtés. Mais après avoir entendu le slogan scandé par des centaines de personnes, j’ai compris que je n’aurai pas validé leurs propos. Je vous les livre tels quels : « Si Marie avait avorté, nous n’en serions pas là aujourd’hui ». Au début je n’ai rien compris. J’ai pensé qu’ils avaient pris le prénom au hasard. C’est ma mère qui m’a expliqué. La connotation religieuse avait l’air évidente pour beaucoup. J’ai trouvé ces propos déplacés, pas du tout en accord avec le ton de cette manifestation.

L’amalgame est vite fait. Et pourtant l’identité religieuse de chacun n’a rien à voir avec tout ça. La foi n’empêche pas d’avoir ses propres idées, ni de prêter sa voix aux causes que chacun croit juste.

Aujourd’hui, on se permet tout, au nom de la sacro-sainte liberté d’expression. Tout est permis, même ce qui vient porter préjudice à ceux qui ne partagent pas notre opinion. On critique, on accuse, avant d’essayer de comprendre d’où vient l’autre et comment il perçoit les choses.

Il fut un temps où les débats d’idées avaient leur place. C’est obsolète aujourd’hui. Celui qui est contre ce que l’on pense, est forcément un abruti de première. Et pour lui faire comprendre le fond de notre pensée, tous les moyens sont permis.

Je trouve cela bien dommage. Et si nous tentions de nous mettre une seconde à la place de celui qui reçoit notre message, peut-être corrigerions nous notre attitude ou du moins prendrions nous quelque distance avec ces mots qui font mouche mais qui font mal trop souvent.

 

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S’autocensurer, par crainte de déplaire

Dire haut et fort ce que l’on pense, ce n’est pas toujours bien vu. Et dans la vie de tous les jours, on prend souvent quelques pincettes pour faire passer nos idées. Nous sommes toujours un peu sur la défensive, car nous savons que nos propos pourraient choquer, agacer telle ou telle personne. Quelques fois même, nous nous taisons, ne souhaitant pas entrer dans un débat qui nous mettra dans l’embarras.

Sur les blogs, les langues se délient plus facilement. On n’ose peut-être un peu plus de choses, puisqu’un écran nous sépare de nos interlocuteurs.

Par contre, en lisant un commentaire d’article hier, j’ai compris que ce n’était pas forcement le cas pour beaucoup. Certaines personnes ont peur d’afficher leurs idées, peur de ne pas se faire que des amis.

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Et je trouve cela dommage. Je ne critique pas, car bien souvent quand un sujet me dépasse, je l’évite. Quand je lis certains articles qui me chiffonnent, je ne commente pas. Je m’autocensure, par envie de plaire ou crainte de déplaire à des lecteurs que j’ai finalement réussi à charmer par mon style, mes propos, mes coups de cœur. Je reste sur la défensive. Je ne me dévoile pas entièrement. Je mens un peu en quelque sorte. Je n’affiche que l’image qui plait. Mon coté sombre reste dans l’ombre.

C’est triste. Parce qu’au fond ce sont nos différents avis qui nous aident à grandir, à faire évoluer nos idées. Il y a quelques années, j’avais des avis bien arrêtés sur tout. Aujourd’hui, je pèse mes mots, mes idéaux ont changé et mes engagements aussi. Je suis devenue plus tolérante, moins fermée au changement.

Et puis je constate aussi qu’avec bon nombre de mes amies proches, nous ne partageons pas les mêmes idées politiques, religieuses, les mêmes idéaux ou rêves.  J’ai fini par dépasser mon désir de plaire. Elles m’acceptent comme je suis. Et moi aussi. Nos débats et différends, nos choix de vie ne nous empêchent pas de nous apprécier, de nous aimer profondément. C’est ce qui fait la richesse de notre amitié.

Pour conclure, l’important n’est pas tant de plaire que d’être en accord avec soi-même. Je crois que c’est l’ultime nécessité pour rendre nos vies encore plus vraies. Et si certains se sentent attaqués ou ne souhaitent plus nous parler, après avoir lu des mots qui ne leur plaisent pas, c’est que ces personnes n’ont rien à faire sur notre chemin.