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Retour d’été

L’été est passé. Ou est-il seulement arrivé? La question est sur toutes les lèvres, à l’heure où des milliers d’hommes et de femmes se battent pour survivre, vivre un jour de plus au milieu des décombres de leurs vies.

N’avons-nous donc aucune honte à scander haut et fort un droit quelconque à une liberté qui en laisse tant sur le carreau à chaque souffle posé par nos corps en bonne santé?

Je ne vais pas rentrer dans des débats. Ils sont souvent improductifs. Et puis il y a bien assez de voix comme ça autour, toutes ces voix que j’ai laissé derrière moi pour trois semaines de vacances. J’ai laissé celles d’ici et celles d’ailleurs pour revenir à l’essentiel, toujours. En souhaitant que cet essentiel ne soit pas perdu de vue, une fois de retour au quotidien.

Le soleil a joué les discrets cet été. Nous avons composé de nouvelles partitions, tristes parfois de nous réveiller sous le brouillard, nostalgiques des journées à la plage, satisfaits d’être là, ensemble, de nous retrouver après des mois d’errances, riches d’un lien qui semble parfois fragile, qui est bien plus fort que tout ce que nous pouvons imaginer. Confidences partagées et petits déjeuners briochés. Nuits d’étoiles filantes à souhaiter d’autres étés pour contempler le ciel, l’horizon et ses promesses.

Retrouvés aussi les embruns et l’eau salée, les galops à en avoir le souffle coupé, l’alliance subtile de la fraise et du basilic, les parties de pétanque jusqu’au coucher du soleil, Pagnol sous l’oreiller, les rires qui caracolent sur les chemins, vivre aujourd’hui sans penser à demain.

Un été d’amitié, celle qui, contre vents et marées, résiste. Celle des secrets murmurés et des souvenirs en pagaille, celle qui gagne toujours, rassure, celle qui accueille et ne juge pas, celle des premiers pas et des déchirures, celle qui sans cesse nous colle à la peau, celle qui embrasse tout ce qui se dit et ne se dit pas.

Je reviens d’un été qui ne ressemble pas beaucoup aux autres, un été comme un passage. J’ai laissé mon manuscrit, ses maux en prose. Je reviens avec d’autres envies.

Et vous votre été? Il avait quelle couleur? Quelle odeur?

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Ce lien invisible qui nous lie

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Je marche dans la ville, côtoie au jour le jour tant de personnes différentes. Sur chaque visage je lis quelques bribes de vie. Certaines se laissent découvrir, quand d’autres cachent si bien les larmes qui les surprennent en pleine nuit ou les appels au secours.

J’admire ceux et celles qui s’offrent à vif, sans secret, celles qui parlent de tout sans chichi. J’ai toujours voulu garder au fond de moi un peu de ce quelque chose d’intime, une part de mystère. Pour ne me révéler entièrement qu’à celles et ceux qui auraient le courage de s’aventurer davantage dans le sillage de mon parfum.

Je les admire car c’est en étant vulnérable qu’on se donne vraiment, sans fausse vérité, sans jugement. C’est aussi une manière de s’aimer sans voile pour cacher nos silences, une façon d’offrir une chance aux autres de nous venir en aide, de tendre une main, sûre et pleine d’amour. Puisque nous sommes les premiers à partager notre amitié, pourquoi nous fermons-nous aux autres dès lors que vient leur tour de nous soutenir, de nous protéger.

J’ai appris au fil du temps à lâcher prise, à ne plus être cette jeune femme énigmatique, qu’on regarde de loin, en se demandant ce qu’elle cache si bien en son sein. J’offre davantage d’opportunités à ceux qui m’entourent, de m’entourer d’affection, de panser mes plaies, avec moi, à l’unisson.

Se dire, s’écrire sans tabou c’est aussi une manière de rencontrer l’autre dans sa vérité profonde, sans faux-semblant. Et au creux de nos angoisses, de nos cicatrices partagées, de nos maux ou de nos doutes exposés, retrouver le lien invisible qui nous lie.

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L’heure de se dire au revoir

Tu pars. Un billet de blog anodin dans la masse compacte de la blogosphère. Un billet qui pourtant nous a toutes touchés en plein cœur. Tu pars. Pour te consacrer à ceux qui te sont chers. Nous ne lirons plus tes états d’âme, billets chargés d’humour ou vibrants d’amour. Tu pars. D’ici pour mieux te retrouver là-bas. Je ne t’en veux pas. Je l’ai fait moi aussi. Avant de revenir.

Depuis l’ouverture de mon petit espace de vie, sur la toile, il m’a fallu dire aurevoir. Je déteste ça. Je déteste ce moment vide où tout ce qui est passé se délite. Le présent prend toute la place et l’annonce me donne le vertige. Pourtant ainsi va la vie. Ici et là.

Tu n’écriras plus, tes mots ne feront plus écho aux miens. Tu seras toujours là mais ailleurs, dans un univers que nous ne partagerons pas. Pas de la même façon en tout cas.

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Au fil de nos billets, des commentaires partagés, de tes apéros cosmiques (au succès phénoménal), au fil du temps, des coups de blues, de nos doutes sur la vie, des moments de terreur et des effusions de joie partagées, quelque chose s’est dessiné, quelque chose qui ressemble étrangement à de l’amitié. Derrière un écran, ça parait sans importance.

Et pourtant, aujourd’hui nous sommes nombreux (ses) à essuyer une petite larme au coin de l’œil. Nous ne nous attendions pas à ton départ. Il nous faudra un peu de temps pour nous y habituer. Je crois que nous comprenons tes motivations, nous acceptons ta décision. Mais quelque part quelque chose refuse cette évidence.

Nous te laissons partir à regret. Avec l’espoir (chevillé au corps) que tu reviennes un jour, ici ou ailleurs.

Bon vent Aileza ! Profite de la vie, des heures cosmiques, de chaque instant ! Et sache que nous garderons chacun(e) au fond de notre cœur un mot de toi, un chaleureux souvenir de ces deux ans passés à tes côtés.

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J’ai testé: Le stage de Pole Dance

Quand mon amie Laurie m’a proposé de l’accompagner à un stage de Pole Dance, je n’ai pas réfléchi plus de deux secondes avant de dire « oui ». C’était l’occasion de la voir à l’œuvre (puisque cela fait un an qu’elle pratique) et de tenter quelque chose de nouveau. Bon, il faut bien avouer que si elle m’avait proposé du saut à l’élastique ou du canyoning, j’aurais très certainement moins fait la fière et je me serais certainement torturé la cervelle pendant des nuits sur la meilleure façon de lui dire « non », sans la vexer !

Dimanche 14h nous y voilà. En short et débardeur (c’est une histoire de peau qui accroche la barre – moins tu as de matière sur le dos, mieux c’est). C’est à cet instant précis que tes complexes merdiques (tous les complexes le sont – ils existent en comparaison aux autres et tout ce qui est comparaison ne sert à rien. Voilà c’était la minute de vérité, on revient au sujet) se font la malle. Les filles assument et assurent, pas de jugement, c’est si rare que ça fait un bien fou.

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On commence par 10 minutes d’échauffement. Je m’attendais au pire. Laurie m’avait dit « tu vas en chier et tu vas me détester dans les 5 premières minutes ». J’ai beau être une sportive du dimanche, j’ai réussi à tenir le choc. C’est en passant au gainage, que j’ai commencé à prendre conscience de ce qui m’attendait.

Et puis la prof nous a montré la première figure à pratiquer. Il n’y a pas à dire, c’est trop beau. Je vous assure, c’est de l’art à l’état brut. C’est joli à regarder et en l’espace de quelques secondes, tu rêves de toi, de ton corps souple embrassant la barre, de tes mouvements amples et légers. Quel beau rêve ! A votre tour les filles…Retour brutal à la réalité.

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On s’y colle donc, sans appréhension. Au premier tour (raté) on se dit qu’on aurait peut-être dû réfléchir à deux fois avant de dire « oui ». Laurie nous a dit qu’elle ressemblait à une sauterelle sur sa tige, nous, ça relève du cachalot échoué sur le mât d’un bateau perdu en haute mer. Je ne m’avoue pas vaincue pour autant, je persiste et signe. Et c’est pas mal du tout, je suis assez fière de moi.

Deuxième pose. Plus compliquée et avec la barre en spinning (ce qui signifie qu’elle n’est plus fixe, elle tourne – et nous avec !). On tente de reproduire la sublime figure proposée par la prof et on se rend compte (on nous avait prévenu) que la Pole c’est hyper physique. Les points d’accroche sont les chevilles, l’intérieur des genoux, l’intérieur de cuisses, des endroits qu’on fait rarement travaillé et dont on ignore jusqu’à l’existence dans la vie de tous les jours. Et puis les bras, les abdos aussi. Et là, on en chie. Ca tire de partout, sans compter qu’on se cogne souvent contre la barre, qu’on se casse la figure, qu’on fait des nœuds avec ses pieds (autour de la barre tant qu’à faire – il n’y a que moi qui ai réussi cet exploit ! Je n’en menais pas large, incapable de me décoincer, je me voyais déjà terminer ma vie là, j’étais à deux doigts de fondre en larmes…).

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Mais la Pole Dance, c’est aussi quelques figures qu’on arrive à maîtriser dès le début. Et ça donne des ailes, ça donne envie d’aller plus loin, d’essayer encore et encore. Le meilleur moment pour moi à quand même été de voir mon amie Laurie en action, d’avoir pu constater qu’elle ne ressemblait pas à une sauterelle en perdition, mais à une fille confiante, maîtrisant les inversés et le « Butterfly » à la perfection ! Au bout d’une heure, les mains râpées et les bras en compote, j’ai lâché prise (c’est le cas de le dire).

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Les étirements m’ont achevée. C’est pourtant le sourire aux lèvres que je suis sortie de cet essai, avec l’envie de signer de suite pour un nouveau stage. C’est le problème majeur avec la Pole Dance, c’est qu’une fois que tu as essayé, tu ne peux plus t’en passer !

Sinon, j’ai eu des courbatures pendant trois jours plein. Je me suis même demandée si j’allais un jour pouvoir à nouveau tendre mes bras complètement (c’est à ce point-là). C’est pas du sport de midinette je peux vous le dire !

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Et sans en savoir davantage sur la Pole, je pense que c’est un art qui développe les muscles et notre mental, qui invite à prendre confiance en soi, à accepter son corps, qui développe l’esprit d’équipe et d’entraide.

Et vous, vous avez déjà essayé ? Votre ressenti ? Ou vous en avez envie – Qu’est-ce qui vous retient ?

Sources: Photo 1Photo 2Photo 4

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Il faut que je vous raconte..

Il faut que je vous raconte un weekend, sous le soleil, une autre ville, le temps qui se suspend, les minutes éphémères, les heures qui s’accélèrent, le cœur qui bat, l’amitié qui déploie ses ailes, des sourires au bord des lèvres.

Il faut que je vous raconte le charme fou des enfants, les pas de danse qu’on esquisse, une soirée en plein air, des notes de musique, un voyage, des notes de liberté dans la fraîcheur du soir.

Il faut que je vous raconte le soleil qui fait des étincelles, qui se lève puis se couche en douceur, les yeux fermés et les nuits courtes, la pluie au bord de la rivière, le charme d’un village du sud et le claquement sec des boules de pétanque sur le sol poussiéreux de la place vide.

Il faut que je vous parle de nos mots, qui s’envolent, se font, se défont, nous enivrent, nous intiment l’ordre de ne jamais cesser de croire que nous pouvons tout, que nous pouvons plus, que nous sommes talentueux, de ces mots qui portent loin, qu’il faut saisir avant qu’ils ne disparaissent, qu’on note à la va vite, sur un coin de table, complètement ailleurs.

Il faut que je vous raconte nos questions sur la vie, sur nos choix, nos certitudes, nos passions communes, nos partitions à deux, quatre, six mains, nos blessures, nos failles discrètes, nos victoires secrètes, notre manque de confiance en nous, pour nous, nos encouragements authentiques pour les autres.

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Il faut que je vous raconte l’envol, la danse, les mains moites, la barre qui semble indomptable, l’échauffement intensif (elle m’avait dit que je la détesterais au bout de cinq minutes – je lui disais « je t’adore » au bout de dix), la grâce de certaines, l’absence de la mienne (on s’en fiche), le premier tour inattendu, magique et l’amie à côté qui esquisse de belles poses, me surprend, certaines maîtrisées depuis peu, d’autres tentées et tout juste domptées. Et puis le corps qui ose, qui se lâche, qui libère la tension, qui tourne, glisse, se hisse, dégringole, se tord, s’effondre sur le sol, reprend vie.

Il faut que je vous montre…

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Il faut que je vous raconte l’entre-aide, les fous rires, les essais manqués, les courbatures, le corps qui tire, la découverte de muscles à des endroits inconnus de mon squelette, la satisfaction d’avoir essayé, d’être sortie de ma zone de confort, l’envie de recommencer.

Il faut que je vous raconte le matin et le soir, les grillades et les salades, les moments à deux et les moments plus nombreux, les yeux pétillants, les cailloux en forme de cœur, le vent qui soulève les jupes, l’amitié qui profite de chaque seconde, qui respire l’air pur de cette parenthèse arrachée à un quotidien à cent à l’heure.

Il faut que je vous raconte la fin, une journée à Avignon, des tapas partagées, un troisième cœur qui s’invite à la danse, le Palais des Papes sous un soleil de plomb. Il faut que je vous raconte, nous trois, notre amour des mots, nos initiales notées sur le papier, des anagrammes tentés, des drôles de nom trouvés et assumés, des histoires apprivoisées, des photos prises en rafale, des vidéos complètement loufoques, des idées à travailler, des vœux et des dédicaces qui laissent des papillons au creux du ventre, au bout des doigts.

Il faut que je vous dise l’envie de stopper l’horloge, de retenir les minutes, de prolonger à l’infini ce moment de grâce, si rare, cet instant magique.

Il faut que je vous dise que moi aussi, comme elle ou elle, je suis nostalgique de ce souvenir gravé sur les photos et le papier, entre les lignes de nos vies. Il faut que je vous raconte nos rêves qui se complètent, nos envies qui prennent vie, le chemin qui se dessine dans l’ombre et nous promet de belles découvertes, des rencontres divines. Il faut que je vous raconte comment chacune y croit pour l’autre, à défaut d’y croire pour soi, à quel point chacune donne, avec amour, tendresse, à quel point c’est bon de se sentir sur la même longueur d’ondes, de se savoir si bien entourée, appréciée, aimée pour ce que nous sommes.

Il faut que je vous dise un secret…

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“Love is our resistance”

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Les états d’esprit du vendredi 08.07.2016

Je n’ai pas vu la semaine passée. Il faut dire qu’elle a débuté dans le sud, avec deux nanas extra. Mais ne vous inquiétez pas, on en reparle vite. Parce qu’aujourd’hui, c’est vendredi et vendredi, c’est l’heure du rendez-vous « les états d’esprit » avec Fedora et The Postman. Pour participer c’est simple: copier le formulaire – noter l’heure de début et de fin – laisser un commentaire sur leurs blogs respectifs pour la mise à jour des participations et le tour est joué. C’est parti:

Vendredi [13h59]

Fatigue : se fait de moins en moins sentir

Humeur : au zénith

Estomac : plein (tomates, pesto, salade, huile d’olive et aubergine)

Cond. phys. : me remet tout juste des 1h30 de Pole Dance de dimanche dernier

Esprit : n’arrive pas à faire des choix (trop de choix tue la capacité que l’on a à en faire !)

Boulot : matinée bien remplie (j’aime ça)

Culture : l’art des listes et commande d’un livre de Delphine de Vigan

Penser à : arrêter de remettre l’écriture à demain

Avis perso : c’est dingue de voir des milliers de personnes sur les Champs Elysées après une victoire de foot et de constater que pour les grands problèmes de notre monde, chacun préfère rester scotché à BFM TV.

Loulou : a mis les pieds dans l’eau, est allé cueillir des fraises, entretient son jardin, me manque un peu.

Msg pers : (1) c’était beau ce weekend et cette journée à Avignon (2) je pense fort à toi (3) les 3 raies ça sonne pas mal !

Amitiés : Au beau fixe

Love : Est-ce que je cherche vraiment ? Ou bien j’ai peur ?

Sorties : demain chez mémé, dimanche en solo

Divers : faire un grand tri par le vide (une bonne fois pour toutes)

Courses: de la salade et le marché demain matin

Envie de : me lever aux aurores pour profiter pleinement de Paris désert

‘zic : L’instant X de Mylène Farmer

Vendredi [14h08]

Bon et Beau weekend et pour les chanceux de juillet, Bonnes Vacances!

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Les meilleures, ce sont mes amies!

Elles sont rares et précieuses.

Elles sont vraies et essentielles.

Elles sont présentes et aimantes.

Elles sont dans l’air que je respire.

Elles sont vivantes et vibrantes

Elles sont des étoiles qui brillent passionnément.

Elles sont généreuses et rebelles.

Elles sont belles et chacune d’elle à sa manière change ma vie au quotidien.

Elles sont proches ou elles vivent loin.

Elles écrivent ou elles appellent.

Elles sont mes amies, mes rayons de soleil.

Je leur dis souvent que je les aime.

Je leur dis surtout MERCI d’être ce qu’elles sont.

Et d’être là pour moi, d’écrire une belle histoire avec moi.

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Quand la bienveillance envers autrui est mal perçue…

Il n’est jamais évident de faire face au chagrin ou à la peine d’autrui. Pas plus qu’il n’est simple de faire passer le message de notre total soutien face au drame vécu, sans que l’autre ne prenne notre soudaine attention pour de la pitié ou une forme de dédouanement face au vide qui se fait en elle / en lui.

Je suis de celle qui saute sur l’ordinateur, qui écrit quelques mots, qui envoie une carte postale et quelques pensées. Je n’attends pas c’est vrai, ni de savoir si l’autre a besoin de soutien, ni si il/elle souhaite que j’évoque le temps d’un message ce mal qui le/la terrasse soudain. Trop impulsive.

Je suis aussi de celle pour qui un mot, un sourire, une main tendue compte énormément. Au creux de la vague, ce sont tous les messages d’amitié reçus qui m’ont aidée à maintenir le cap, à avancer contre le courant, à espérer, à ne pas sombrer complètement. Oui, je peux le dire, chaque geste a fait la différence, même le plus insignifiant aux yeux du reste du monde. Tant de proches me confiaient leur sentiment d’impuissance face à ce mal qui me terrassait – pourtant chacun d’entre eux a œuvré à ma renaissance.

Je suis de celle qui comprend le silence, parfois moi aussi j’ai envie de couper toute communication – je l’ai fait par le passé – besoin de reprendre contact avec soi, de faire de la place en soi.

J’ai conscience que nous sommes tous différents et gérons chacun à notre manière les tempêtes de la vie : séparation – deuil – maladie – handicap – abus – chômage – dépression et la liste est encore longue. Mais que notre humanité fait qu’à chaque étape, nous avons aussi besoin des autres pour sortir la tête de l’eau. Seul, on avance. A deux, on avance déjà beaucoup mieux. A plusieurs, je ne vous en parle même pas.

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Si je prends de vos nouvelles, ce n’est pas pour apaiser ma propre peine, mais bien pour vous dire que je suis là, que je pense à vous, que la distance, on s’en fout, que vous êtes dans mes pensées, mes prières, mon cœur.

Si je vous dis “je suis là”, c’est parce que vous comptez pour moi. Je souhaite juste alléger votre fardeau. Et que vous sachiez qu’en cas de coups de blues / coup dur vous pouvez compter sur moi. Ce n’est pas pour vous faire la morale ou vous dire que demain ça ira mieux (même si je sais qu’un jour, tout ira mieux, c’est la vie).

Si je reste silencieuse (jamais longtemps), c’est que j’accepte votre souhait de ne pas m’en dire davantage, je prends de la distance en attendant que ce soit vous qui me donniez le signal du départ.

Alors si vous doutez de mes intentions, si vous pensez que tout est calculé, si vous croyez que je veux ramenez l’attention vers moi (penser aux autres c’est douteux par les temps qui courent), que ce que je fais, c’est pour la gloire, pour accrocher une énième bonne action à mon tableau de chasse, laissez-moi vous dire que c’est dommage !

Et vous, vous êtes plutôt pour demander / recevoir de l’aide, vous appréciez une main tendue quand les vagues se font plus amples? Ou bien vous recherchez le silence, la coupure avec le monde? Comment gérez-vous les messages d’amitié reçus (même maladroits) ? 

Crédit photo – Tumblr

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Chères Vacances,

Chères Vacances,

Je vous attendais depuis longtemps. Et pourtant aujourd’hui je pourrais presque dire que vous m’avez prise par surprise. J’avais tout préparé. Appareil photo, livres, crayons et cahiers. Je n’ai touché à rien, trop absorbée par les charmes du bord de mer, de la campagne, de la nature qui a su me subjuguer. Je peux enfin le dire : j’ai pris le temps de vivre, d’apprécier chaque instant. J’ai cuisiné. Je suis partie, à vélo, à la redécouverte des chemins de mon enfance, le petit escargot bien installé dans son siège derrière moi. J’ai regardé, pour de vrai, sans faire semblant, sans passer comme ça et ne rien retenir, la mer glisser sur le sable, assise sur la plage, alors que le vent frais du soir venait caresser nos genoux, ma joue posée contre la joue de mon petit prince. Magique. J’ai regardé la pluie tomber, l’herbe frissonner, les nuages filer sur l’horizon. J’ai regardé mes rêves au microscope et je les ai trouvés beaux.

J’ai refait le monde avec des amies que je n’avais pas vues depuis trop longtemps. Rires en cascade. Et souvenirs à la pelle. J’ai profité de chaque instant d’elles, sans chercher à immortaliser l’instant avec des mots ou des clichés, qui finiront sûrement par prendre la poussière sur une étagère.

Entre deux tours de manège, nous avons regardé les tracteurs débarquer les barges et les bateaux des pêcheurs d’huitres, avant que la marée ne baisse, nous avons déposé quelques prières en passant, nous avons couru dans la mer et réalisé des dizaines de châteaux de sable.

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Et puis chères vacances, vous m’avez offert la chance de faire du tri, de me délester de tout ce qui n’est plus moi. Des cartons au grenier, il y en avait des dizaines. Tout ce qu’on garde, les souvenirs, plus ou moins bons, des « au cas où » ou des « pour plus tard » et puis que l’on n’ouvre jamais car le grenier, cela fait longtemps qu’on n’y voir plus rien, tellement il y en a. Tous ceux de l’enfance, de l’adolescence, de l’âge adulte que l’on ne peut pas garder chez soi, qu’on dépose à ses parents à chaque fois qu’on change d’appartement. Des cartons remplis de livres qu’on ne lira plus et qui ont finalement fait le bonheur d’une bibliothèque de village.

Au milieu de tout ce fatras, on a bien retrouvé une poussette, une poupée dont l’escargot a décidé de s’occuper, quelques jeux un peu vieillis mais qu’il a adoptés. Le reste, on l’a bazardé ou vendu, l’occasion pour moi de participer à mes premiers vide-greniers et pas les derniers, c’est certain.

Il ne reste plus que cinq cartons dans le grenier. L’essentiel. Le reste prenait trop de place, toute la place. Et ne servait à rien. Les souvenirs sont à l’intérieur de nous, pas dans des biens matériels que nous tentons par tous moyens de tenir à l’abri du temps. Le temps passe inexorablement. Aujourd’hui le grenier respire et moi aussi. Si bien que de retour à Paris, les vacances cherchent encore un peu de place. Je vide. Je trie. Je donne. Je vends. Je prends soin de moi. On y voit plus clair. C’est apaisant.

Chères vacances, vous avez pris fin sous le soleil du Sud. J’avais fait une promesse à un petit garçon, devenu grand. Je l’ai tenue. J’en suis heureuse. L’heure est au bilan. Il est très positif. La vie me paraît plus simple. Hier, je me suis arrêtée sur un banc, à l’abri de la ville et j’ai regardé la nature différemment. J’ai repris mon appareil photo, mes livres, mes carnets et mon clavier. Il faut se remettre au travail. Avec bonheur !

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Dans ma boîte aux lettres…

Les mots passent et circulent.

Il y a longtemps les nouvelles mettaient des semaines à arriver. Les lettres traversaient le monde entier, se perdaient parfois en chemin et amenaient les femmes et les hommes à faire des choix, parfois insensés.

Tout va plus vite aujourd’hui. On est au courant des choses importantes, presque au moment où elles se passent. Un mail est si vite envoyé.

Il y a quelques années, comme beaucoup d’entre vous, j’attendais le facteur, postée à l’entrée de la maison. Où j’attendais l’heure de son passage, prête à descendre les étages et à être la première à ouvrir la boîte aux lettres.

Aujourd’hui, je me connecte à ma boîte mail presque tous les jours. Sans émotion particulière.

Les mots passent et circulent.

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Et pour les bonnes comme les mauvaises nouvelles, je ne reviendrai pas en arrière. Il est bon de savoir vite ce qu’il se passe dans nos vies, d’être là pour les coups durs et de se réjouir pour les grandes joies.

Pour le reste, la correspondance de tous les jours, les mots qu’on s’envoie, juste pour partager quelques pensées, je préfère de loin le papier, la carte postale dédiée, les enveloppes et les beaux timbres.

Aller à la poste est un plaisir dont j’abuse, sans culpabilité aucune. Et quand ma lettre ou ma carte postale glisse dans la boîte, j’imagine déjà le voyage qu’elle s’apprête à faire, les kilomètres qu’elle s’apprête à parcourir. J’espère qu’elle arrivera vite.

Quand j’ouvre ma boîte aux lettres le soir, je suis souvent heureuse de découvrir, au milieu des factures, des magazines, de la publicité, une enveloppe avec mon nom écrit dessus. Je jubile. Je suis aux anges. J’attends avec impatience d’être chez moi, de me poser sur mon canapé pour découvrir les mots qu’une autre a écrit en pensant à moi. C’est un moment que je savoure.

Alors c’est vrai que parfois les SMS, les Mails ou les Likes sur un profil quelconque prennent le pas. C’est plus rapide. Mais ça ne remplacera jamais les mots écrits que l’on envoie, que l’on reçoit. Ca ne remplacera jamais les jolies cartes, le papier à lettres, l’encre bleue et tout l’amour contenu dans une enveloppe qui traverse les fleuves et les continents. C’est sûrement pourquoi s’il y a une habitude que je ne souhaite jamais perdre, c’est bien celle-là !

Et vous, quel lien entretenez-vous avec la correspondance écrite ?

Posted in Emprise et Renaissance

Le coeur au bord du vide

J’aimerais t’écrire un billet doux, à toi, là, toi qui es assis sur le banc, qui regarde le monde tourner, les yeux ailleurs et le cœur, en équilibre dans le vide. Tu tiens tout contre toi un foulard, un reste de l’autre, de celui ou de celle qui a disparu, qui a quitté ton univers, pour un autre ailleurs, pour un autre bonheur, qu’il ou qu’elle espère. Les souvenirs passent devant tes yeux embués de larmes. Ils sont troubles, vertigineux. Je les imagine, tentant de percer ton secret, les doutes qui t’habitent, les rêves que tu tais.

J’aimerais te dire des choses, ces choses entendues entre deux chagrins, deux espoirs vaincus. Ces choses qu’on dit sans les penser ou qu’on pense sans oser les dire. Ces choses qui parlent d’un éventuel soleil qui se lève quelque part, d’un arc-en-ciel qui éclaire le brouillard, d’un tunnel qui prend fin, un jour, comme ça, par hasard. Ces choses que l’on se passe de mère en fille, de corps à corps, de cœur à cœur quand on est un homme.

J’aimerais m’approcher de toi et te prendre dans mes bras, te caresser les cheveux ou exercer une pression un peu plus forte sur ton épaule, comme pour te dire que tu peux te laisser aller, que tu peux avoir confiance en moi et me dire, entre deux sanglots, ce qui te hante, ce que tu caches, ce qui entache ta vie, la rend tiède et cruelle, la rend monotone et triste.

J’aimerais ne pas hésiter, ne pas te regarder de loin, ne pas me demander que faire, comment t’aborder, ou quoi te dire si encore j’ose un pas vers toi, comment te le dire que je suis là, sans voix, sans idée de ce que tu traverses, sans solution miracle à te proposer, pour apaiser ton chagrin, pour soulager ta peine.

Ce soir, je rentre, un autre est à ta place. Lui aussi, comme d’autres, demain et les jours prochains, il pose les yeux sur le monde, le cœur broyé, l’esprit ailleurs. Je le regarde de loin, comme je te regardais hier, paralysée par la peur de mal faire, de me prendre sa douleur en pleine figure et au fond de ne pas être en mesure de porter quelques grammes de sa blessure.

Mais ce soir, en rentrant chez moi, j’ai pris un crayon, sorti mon papier à lettres de son étui et j’ai écrit quelques mots à une amie, pour lui dire que dans sa nuit, sa traversée du désert, j’étais là. Sans mots apaisants. Sans voix rassurante. Juste là pour que quand elle pose sa tête sur l’oreiller et qu’elle ferme les yeux, elle sache qu’elle n’est pas seule.

Marie Kléber

Posted in Variations Littéraires

Quelques mots pour ELLE (Hommage à Ptite Delph)

La solitude nous pousse parfois dans nos retranchements. Par crainte de ne pas savoir comment se comporter, comment être. Par envie d’envoyer tout balayer, ou d’en finir.

Parfois la vie nous joue des sales tours. Nous avons beau nous persuader que ça ira mieux demain, ou que ça n’ira pas mieux mais qu’on arrivera à surmonter, à survivre, qu’on se perd dans nos maux.

La souffrance morale nous épuise. Mais à coups de mots, nous arrivons plus ou moins à sortir la tête de l’eau. A force d’en parler, d’accueillir la main qui se tend, on se sent moins seul, une force nous pousse doucement vers l’avant.

La douleur physique est toute autre. Les médicaments ne sont parfois pas assez puissants pour nous soulager. Nous nous sommes tous, un jour ou l’autre, sentis patraque, obligés de garder le lit pendant quelques jours. Nous avons tous un jour ou l’autre subi une opération qui nous a laissé par terre, même une opération toute simple qui nous a fait prendre conscience que notre corps pouvait nous lâcher, qu’il était un bien précieux, qu’il fallait le bichonner.

A côté de ça, il y a des personnes pour qui la vie est une perpétuelle souffrance. Les médicaments font effet mais jamais assez longtemps. La vie est lourde à porter. Chaque jour, il faut gérer spasmes et incapacité à faire face aux obligations du quotidien. Il faut accepter qu’il y ait des choses que nous ne pourrons jamais faire. Il faut faire un trait sur l’idéal qui ne verra jamais le jour. Il faut composer avec ce corps qui nous maintient prisonnier.

Et chaque jour ces personnes se lèvent et donnent le meilleur d’eux-mêmes. De l’extérieur on ne le voit pas toujours. Et pourtant, les exploits sont là. Les petites victoires viennent redonner confiance, avant que tout ne lâche à nouveau et que les larmes de joie se transforment en cris de douleur.

A toi, derrière ton écran, qui a le courage de parler de ce mal qui te ronge, (en notre nom à toutes) je voudrai que tu saches que nous sommes là, à tes côtés, que nous avons confiance en toi, que nous ne lâcherons pas ta main, que nous savons que demain tu te relèveras, la tête haute, que tu auras un joli sourire au coin des lèvres. S’il y a une chose que tu ne dois jamais oublier, c’est que nous t’aimons très fort et que quand la vie nous joue des sales coups, c’est ton courage et ta persévérance, qui nous poussent vers l’avant.

Ce texte est dédié à Delphine, auteur de Une vie, entre tourbillons et bonheurs

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La Grenouille et l’Escargot

Il était une fois…

Deux jeunes femmes qui ne se connaissaient pas. Une du sud, attachée à la chaleur, au ciel sans nuages et à l’odeur enivrante de la lavande. L’autre du nord, côté ouest, passionnée de musique celtique et de galettes au blé de seigle.

Leur chance de se rencontrer était infime. Pourtant, la vie en a décidé autrement. Au détour d’un blog, elles ont fait connaissance. Leurs interactions étaient bien timides au début. Elles échangeaient quelques mots autour d’un article. Elles ont commencé, doucement, à se montrer plus volubiles. Puis, les mails ont vite remplacé les petits messages laissés ici et là.

Le courant passait. La vie continuait, pas toujours sereine. Elles ont appris la nouvelle d’un heureux évènement dans leur vie au même moment.

La fille du nord a accouché en premier, un 14 février, d’un petit escargot.

La fille du sud a accouché le 12 avril, d’une belle petite grenouille.

Les coups de téléphone ont fini par remplacer les mails. Et quand elles trouvaient du temps pour se parler, entre deux siestes, elles n’arrivaient pas à s’arrêter.

Une amitié était née. Une amitié bien réelle, même si certains persistaient dans l’idée que c’était un pari risqué, un lien trop virtuel.

Pour elles, il s’agissait de quelque chose de bien plus fort, quelque chose qui ne s’explique pas.

C’est comme ça que le 08 août, la fille du nord a pris son sac à dos et son petit escargot sous le bras, pour faire les quelques 600km qui la séparaient de la fille du sud, qui l’attendait, elle avec son mari, les bras grands ouverts, dans sa jolie maison, peuplée des mille sourires d’une jolie grenouille.

Trois jours qui sont passés à une vitesse folle, mais elles ont tout de même eu le temps de profiter l’une de l’autre, de prendre le temps de vivre, de regarder leurs petits loups s’amuser, côte à côte, de rire, de refaire le monde, de rattraper le fil de leurs vies.

Pendant ce temps-là, l’escargot prenait ses marques. La grenouille faisait sa star. Et les deux ensembles, c’était très rock rock’n’roll.

Et le tout donne des souvenirs qui pétillent de bonheur et de bonne humeur !

Il était une fois…

Une belle rencontre. Une rencontre pétillante et infiniment riche en émotions. Une rencontre permise par les mots, dont le pouvoir est sans limite.

Il était une fois…

Le premier « baiser-plaqué » de l’histoire du cinéma, dont seul l’escargot a le secret, mais qui n’a pas tant plut que ça à la jolie grenouille!

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A mes fidèles lectrices…

Au fil de mes mots, leurs yeux scrutent mes textes, leurs doigts tappent des commentaires sur le clavier. Tantôt encourageants. Tantôt apaisants. Elles ne reculent devant aucun sentiment, devant aucun témoignage douloureux, devant aucun mot tremblant de rage ou de désespoir.

Elles me suivent pour la plupart depuis 1 an, jour pour jour. Ou elles ont rejoint l’aventure entre temps et font déjà partie des régulières.

Elles continuent à me lire, entre deux passages de leur vie, leur vie que je ne connais pas vraiment, que j’imagine juste à travers leurs mots, les billets qu’elles écrivent, ce qu’elles veulent bien partager.

Elles sont silencieuses parfois. Elles ne laissent aucune trace de leur passage. Peut-être qu’elles n’ont rien à ajouter. Peut-être qu’elles ne savent pas avec quels mots s’éclipser.

Elles ne me jugent pas et m’invitent à me pardonner.

Elles ne se lassent pas de lire, même mes pensées les plus intimes, même mes peurs les plus profondes.

Elles sont là, si lointaines et si présentes. Elles m’accompagnent sur le chemin vers la lumière éblouissante.

Elles sont femmes, mères, épouses, amies, sœurs. Elles sont là sans que l’on se voie.

Elles quittent le temps d’un clic ce qu’elles sont en train de faire, pour passer un peu de temps avec moi, derrière l’écran.

Elles et moi, nous ne nous connaissons pas. Mais c’est comme si nos vies étaient liées par un fil invisible, une pensée particulière.

J’ai voulu écrire ces mots pour les remercier du fond du cœur, pour leur dire que leur présence est loin d’être banale, que je leur souhaite le meilleur, que leurs mots me soignent et m’aident à aller de l’avant et qu’un jour peut-être je pourrai leur dire de vive voix tout ce qu’elles représentent pour moi.

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Crédit image Pinterest