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Vivre sans projet, j’adore!

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En ce moment, ce que la plupart des gens trouve difficile, c’est la difficulté à se projeter. Demain déjà. Dans les semaines et les mois à venir.

Pour moi, c’est une aubaine! Je suis tombée dans le grand bain des projets comme beaucoup, à l’aube de l’âge adulte. L’enfant vit l’instant, il ne se préoccupe pas de ce qui adviendra, il est pleinement dans ce qui est. Et quand il est dans autre chose, c’est qu’une partie de son insouciance a fichu le camp.

Les projets m’ont toujours fait l’effet d’un engagement, ont toujours été plus ou moins doublés d’une attente, ont été déçus parfois et source de motivation aussi. Les projets m’ont tenue à flot quand je perdais pied, ont été une bouée de secours dans la tempête, un phare dans la nuit, un guide les jours de pluie.

Je n’ai jamais été en manque d’idées, d’envies, et pourtant au fur et à mesure du temps, je m’en suis lassée. Comme si au fond, mes projets venaient combler un vide et m’éloignaient de la vie d’ici et maintenant. Comme si je cherchais à tous prix à échapper à ce face à face avec moi-même!

Si je prends le temps de regarder les projets dans les yeux, je me rends compte que je n’ai jamais été vraiment à l’aise avec eux. J’ai fait comme si, parce que les autres en faisaient et que je me disais que ça devait être important d’en faire, en gros que c’était ça, devenir grand, adulte, responsable!

Alors je m’y suis collée. Pourtant toutes les grandes décisions que j’ai prises dans ma vie n’ont été le fruit que de mon intuition. Je n’ai rien planifié, rien envisagé, tout s’est dessiné après un pas en avant. Le reste à suivi.

Les projets s’inscrivent dans un temps que je ne maitrise pas. Ils me perturbent pour être tout à fait honnête! Ils demandent de prévoir sur le long terme quand je ne sais pas encore ce que je souhaite faire pour le weekend!

Alors je dois dire que depuis quelques mois, je savoure de n’en avoir aucun. Je savoure d’être là et de vivre ce qui se présente. Je me saoule de présent, un présent qui prend des allures de grand et qui m’offre le meilleur. Je pense moins à demain ou au jour d’après. Je laisse mes idées prendre leur place sans les bousculer.

Je ne sais pas où je vais, où je veux être, ce que je veux avec une précision d’orfèvre. Je n’ai jamais su, j’ai juste essayé, pour appartenir à une identité. Je ne sais pas et je me sens bien, parce que je ne fais plus semblant. Demain est un autre jour, page blanche aux reflets mystérieux! Tout est possible et c’est ce qui fait pour moi le charme de la vie!

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Écriture, idées, doutes et motivation!

Crédit Pixabay

Je suis admirative de ces gens qui tiennent une idée de A à Z et qui nous embarquent à travers leurs histoires et personnages dans une aventure formidable. Je perds vite, très vite le fil des miennes. Elles ne manquent pas pourtant, elles investissent mon univers à une vitesse incroyable. Les gérer reste un véritable défi. Que je tente de mener au quotidien, puis vient un jour où tous ces brouillons de 3, 10, 15, 30 pages pèsent si lourds que j’ai du mal à y voir clair.

Les doutes s’accumulent. Des envies de tout liquider m’assaillent – je suis assez forte pour ça mais je le regrette souvent après. Faire table rase n’est peut-être pas la solution. Classer dans un dossier sans suite me parait plus raisonnable.

Les questions reviennent. Les mêmes. Pas sur ma capacité à écrire mais plutôt sur mon aptitude à trouver ma voix, au milieu de toutes les autres, qui finissent pas prendre plein de place, trop et m’embrouillent l’esprit.

Je sais que les idées qui nous traversent n’ont pas toutes à être exploitées. Certaines vont et viennent. Il faudrait juste que j’arrête de les attraper, que j’arrête de penser en les voyant que je tiens là un sujet qui m’emmènera loin. A chaque fois que je pense ça, je m’essouffle vite.

Je me vois piétiner et je vois aussi tous mes projets qui m’attendent et s’impatientent. A force de procrastiner je n’ai plus le courage de revenir dans mes histoires. Ni le goût. Je laisse mes personnages en suspens. Comme si ils allaient se réinventer tous seuls.

Je crois surtout que je suis admirative des gens qui vont au bout des choses, qui n’abandonnent pas à la première contrariété. Et puis peut-être bien que je suis fascinée par les gens qui écoutent ce qui bat à l’intérieur d’eux, sans se soucier de savoir si ça plaira ou pas. Ceux qui ont trouvé leur voie. Je sais aussi que c’est principalement une question de temps, de volonté, de persévérance, d’essais, d’échecs, de refus et de confiance en soi.

Alors au travail!