Posted in Variations Littéraires

Variations personnelles…

Crédit Kaboompics

Le manque ne se dit pas. Jusqu’à ce qu’il soit là. Qu’on ne voit que lui. Presque. On voit autre chose, le monde, la vie. Mais il est quand même là. On ne s’arrête pas toujours pour le regarder. On le sait, on le laisse passer. Il sait se faire discret.

Je ne me verrais pas vivre à deux. Toujours, tous les jours. C’est juste comme ça, que je suis faite, que je sens, ressens les choses. Même pas une question de routine. Juste ce besoin d’être avec moi, d’être à moi, avant d’être avec, aux autres.

Et pourtant parfois je me plais à dessiner quelque chose qui ressemblerait à plus que quelques heures par ci, par là, des heures qui mises bout à bout sur un an, représentent à peine un mois.

Parfois je voudrais plus, sans savoir ce qu’il y a à l’intérieur de ce mot, sans savoir vraiment, précisément, ce qu’il contient. Juste plus de toi. Encore une fois, sans ce tic tac invraisemblable qui se moque de nous. Sans la variation des minutes, leur danse aphrodisiaque et puis la chute, celle d’une mélodie qui n’aurait pas trouvé une partition assez longue pour s’écrire complètement.

Je ressens le manque quand les heures pleines débouchent sur le soir, les lumières tamisées, la fraicheur des draps, quand je voudrais dire quelque chose, que ça vient et que le mur est seul à entendre ma voix. Quand le silence est si profond que j’entends mon cœur faire des bonds dans ma poitrine. Quand la journée a été longue, qu’un mot a touché quelque chose, quand je voudrais ne plus avoir tout à porter à la force de mes bras.

Dans ces moments là, j’ai comme des larmes, pas graves, des larmes de grande. J’ai comme le sentiment, diffus, confus, que je ne sais pas, ce que je veux, ce que je ne veux pas. J’ai comme la sensation qu’il me manque les mots pour exprimer ce qui s’invite comme ça, sans préambule. J’ai comme l’envie du bruit de tes pas dans l’escalier, à l’improviste.

J’ai comme le sentiment, certain, que rien ne pourra apaiser ce manque, juste le temps et moi, la confiance que ce qui est, est juste. Je n’y changerais rien. Et pourtant, parfois…

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C’est quoi le manque (de l’autre)?

C’est la question philosophique du jour! Comme quoi le confinement ne détruit pas nos neurones. Même si il teste grandement notre patience.

En fait c’est une question que je me pose depuis très longtemps. Il y a le manque vital, celui que l’on ressent quand nos besoins primaires ne sont pas remplis. Il y a le manque lié à notre autres besoins, mais pour ceux-là nous avons souvent les solutions en nous. Et puis il y a le manque de l’autre, des autres.

En général, les gens ne me manquent pas. On associe souvent le manque à l’amour. Mais pour moi, ça n’a rien à voir. On peut aimer les autres et réussir à  vivre sans eux. C’est profondément libérateur, pour soi, pour l’autre. C’est même plutôt sain je trouve. Parce que personne ne nous appartient, jamais.

Le manque pour moi c’est comme si, sans l’autre, nous n’existions pas ou nous existions moins. Alors que ce n’est pas le cas. Dans la vie, nous ne sommes pas toujours proches, physiquement, de ceux qui comptent, nos amis, nos enfants, nos parents, nos conjoints. Est-ce pour autant que nous arrêtons de respirer? Est-ce pour autant que notre cœur arrête de battre?

Bien sûr, j’aimerais voir plus souvent mes amies, pouvoir m’arrêter chez l’une, chez l’autre sans avoir à prévoir un voyage, j’aimerais voir leurs enfants grandir, pouvoir échanger autrement que par téléphone, j’aimerais ne pas avoir à compter le nombre de jours qui séparent, ni devoir jongler avec les obligations familiales des uns et des autres, j’aimerais parfois que les choses soient plus simples, que nos rendez-vous soient plus spontanés, que nos agendas soient plus souples, que les parenthèses ne s’achèvent pas un peu abruptement au lever du soleil.

J’aimerais, je rêverais mais la réalité est ce qu’elle est et je dois composer avec. Le manque ne crée rien, il prend tout. Je vois le manque un peu comme un vide. Et j’ai horreur du vide! Le manque me renvoie aussi beaucoup à la dépendance affective, un mal que je connais bien.

Nous sommes créateurs de notre vie à chaque instant. Nous faisons nos choix en conscience. Ils impliquent certains schémas avec lesquels nous devons composer. Et si ceux là ne nous conviennent pas, nous pouvons toujours les modifier. Ou choisir de ne pas le faire, cela nous appartient.

Quand à ceux qui ont quitté ce monde, ils vivent en moi. Ils me rappellent l’essence de la vie, ils me disent de tout donner ici et maintenant. Ils sont dans mes souvenirs, dans mon cœur, éternellement.

Et vous le manque ça vous dit quoi? C’est quelque chose que vous ressentez? Ou pas? Comment?