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Celui qui…(ou ma brève expérience des sites de rencontre)

Samedi, en me rendant à l’anniversaire surprise d’une amie, je suis passée place du Palais-Royal. J’aime cet endroit, chargé de souvenirs. J’ai toujours une émotion particulière quand je m’arrête, je glane un sourire et je souris en retour, le cœur heureux et conquis.

En continuant mon chemin, en longeant le ministère de la culture, d’autres images ont surgi. On dit toujours que chaque rencontre nous apporte quelque chose. Et je dois avouer, avec le recul, que c’est bel et bien vrai (même si sur le coup la pilule passe un peu difficilement).

Juillet 2017, je me lance. Je ne sais pas trop où ça va me mener mais qui ne tente rien n’a rien. Cela fait 5 ans que je suis partie, 5 ans que je suis célibataire, choix pleinement assumé. Et à tous ceux qui me demandent comment je fais, sexuellement parlant, j’ai envie de reprendre les propos de Mathilde Seigner dans Tout Pour Plaire “moins je pratique, moins j’en ai envie, quand ça me démange, je me caresse, c’est bien fait et je n’ai pas à gérer le premier crétin venu qui confond mon clitoris avec une game-boy” (MERCI MATHILDE, tu as tout dit).

Donc en juillet 2017, je me suis inscrite sur un site de rencontres. Attention, pour moi c’était pire qu’un saut à l’élastique. Je m’étais jurée que jamais ça ne m’arriverait (oui je sais les « jamais » et moi !). Et puis, il a fallu se rendre à l’évidence, les hommes ne tombent pas du ciel donc entre le boulot, la maison, l’école et le parc de jeux, mes chances étaient faibles. Le but premier était surtout de reprendre ma place de femme que j’avais laissé sur le bas-côté depuis belle lurette et de tester mon potentiel pouvoir de séduction. Je n’avais aucune velléité de rencontrer la perle rare ni de me taper le premier mec venu, comme me l’avaient suggéré mes amies à plusieurs reprises me vantant les mérites d’un « one night stand ». Je n’étais pas convaincue.

Le site de rencontre, c’est un peu comme chercher une aiguille dans une motte de foin. Tu passes un temps fou à creuser pour trouver un éventuel spécimen sortant du lot. Entre temps, tu discutes (le terme est mal choisi parce que le style du dialogue est très télégraphique, tu te demandes si les mecs en face savent écrire en fait), tu échanges des bribes d’informations sur ta vie passionnante (ou pas), tu réalises encore une fois que beaucoup d’hommes ont vraiment un problème avec le « non », tu te rends compte au bout de quatre phrases que tu n’as déjà plus rien à partager ou que certains s’arrêtent à ta photo sans regarder ton profil, quand tu leur dis que tu as un enfant, ils t’accusent limite d’être la pire menteuse du siècle et de leur avoir fait perdre leur temps – précieux forcément, ou pire d’avoir trahi leur confiance (on ne s’emballe pas, ça fait juste deux jours qu’on se parle!)

Au milieu de ce joyeux bordel, il y en a quelques-uns avec qui le dialogue ressemble à autre chose qu’une suite de questions-réponses, sans autre but que passer le temps. Après quelques échanges, il y a la rencontre. Et là, c’est une autre histoire. Parfois, c’est sympa. Parfois, c’est juste catastrophique, dès les premières secondes tu es prête à trouver n’importe quelle excuse pour te barrer en courant. Parfois c’est glauque. Parfois c’est déjà très compliqué (quand c’est compliqué au démarrage c’est rarement simple à l’atterrissage – courage fuyons). C’est comme pour tout, parfois la mayonnaise prend et parfois pas.

A ce moment du récit, vous vous demandez sûrement le lien avec le ministère de la culture. Attendez, j’y arrive.

Mi-aout 2017, je reviens de trois semaines de vacances, je rencontre Y. J’aurais dû me douter qu’un homme qui se moque de mes goûts musicaux n’était clairement pas fait pour moi. Il faut dix fois mieux un homme qui sourit parce que tu confonds ta droite et ta gauche ! Ça c’est vraiment drôle. Tourner JJG en ridicule, non (chacun ses priorités).

Vous me lisez depuis assez de temps pour savoir que ma plus grande hantise ce n’était pas tant de renouer le contact avec les hommes que d’avoir à gérer l’intimité. Tout le monde avait beau m’encourager, l’amour c’est comme le vélo, j’avais du mal à me projeter. L’idée de mon corps nu et d’un autre corps, étranger, j’évitais d’y penser. Et puis tout s’est bousculé, au bout du deuxième rendez-vous, je savais que c’était l’occasion, presque inespérée, d’enclencher la vitesse supérieure. J’avais posé carte sur table dès le départ. C’était important qu’il sache les grandes lignes de ce par quoi j’étais passée. Il n’y avait clairement des choses pour lesquelles je n’étais pas prête. Il manquait clairement de tact à plein d’égards, mais il est certain qu’il m’a permis de franchir un cap important. A l’issue de la soirée, je suis rentrée chez moi débarrassée d’une gêne que j’avais longtemps portée comme un fardeau. Je ne l’ai jamais revu.

Mais quand je passe devant le ministère de la culture, je me souviens que grâce à lui, j’ai repris contact avec mon corps, ses envies, ses besoins, son plaisir (même si on est très loin de ce que je vis aujourd’hui) j’ai pu dire « non » sans crainte et m’engager dans une autre histoire, libérée de certains tourments.

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Dans le bonheur des retrouvailles il y a…

Ce qui ne se dit qu’en gestes, dans un souffle, un murmure ou un regard arrêté sur le temps suspendu entre ciel et terre.

Les liens tissés de souvenirs, gorgés de sourires et de manque que ni les cauchemars ni les nuits morcelées ne peuvent distendre.

L’abandon, les corps plongés dans une euphorie dense, qui se découvrent en silence et dont la chaleur se fait plus dense à mesure que les corps ôtent les fibres qui les éloignent de ce peau contre peau attendu, espéré.

Les barrages qui éclatent, les prisons dont les portes de verre se brisent, les chaines qui cèdent sous le poids de l’envie de liberté, d’authenticité, sous le joug du plaisir, qui se déverse jusqu’à ce que les corps s’épousent, se complètent, jouissent.

Le feu, la passion, la tendresse, la magie, la douceur, la férocité, l’amour, la vie.

L’indéfinissable…

Ps: je n’ai pu résister!

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Fantaisie(s) ou comment se rêver plus audacieuse

Dans la catégorie fantaisies,

Il y a les fantasmes. Nous en avons tous, nous les assumons ou pas. Ils participent à notre éveil, notre sensualité, notre épanouissement personnel. Nous les gardons pour nous ou nous les partageons. Nous en créons ensemble. Je considère pour ma part que tous les fantasmes ne sont pas réalisables ou du moins ne  sont pas exprimés dans le but ultime de devenir réalité. Ils existent en tant que tels, agissent sur nous. Ils s’inscrivent dans une démarche érotique qui laisse libre cours à un imaginaire dans lequel il n’y a pas de codes, pas de limites. Ils sont simples, variés. On les satisfait si le cœur nous en dit ou on les garde bien au chaud pour nos séances de plaisir seul(e) ou à deux .

Puis il y a tous les scénarios qui prennent forme dans notre esprit, dans lesquels on se sent capable de tout. Je vous l’ai répété, j’ai une imagination débordante, et ce n’est pas toujours négatif – il parait que rêver éveillé est très bon pour la santé – l’ordonnance n’est pas à prendre à la légère !

Mes nuits sont loin d’être parsemées de rêves exquis. Je nage plutôt entre le loufoque, limite glauque et le cauchemar. Du coup, quand j’ouvre les yeux, je me réveille en douceur. Et quoi de mieux, qu’une scène idyllique pour bien commencer la journée. Qui plus est quand on a la maison à soi. Ça peut carrément valoir le coup de sortir le grand jeu – mettre une musique qu’on aime et danser nue dans son salon (c’est juste une idée – n’allez pas croire que c’est ce que je fais !).

Mais il faut savoir que tous mes scénarios bien huilés, dans lesquels je me sens confiante, sûre de moi, à l’écoute de mes envies, fondent comme neige au soleil dès qu’il est question de passer à l’action. Dans l’action, je me laisse porter par le courant. Et généralement il dévie beaucoup de l’idée de départ.

Bien entendu je ne passe pas ma vie à me faire des films – j’ai d’autres envies aussi comme manger de la glace avec les doigts par exemple – mais quand je me laisse aller, je peux devenir tout ce que je voudrais être, le temps de quelques minutes, je suis une femme qui ose. Qui sait, peut-être qu’un jour mes rêves deviendront réalité!

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La fièvre d’écrire

Je ressens cette fièvre d’écrire. Encore et toujours. Comme un appel.
Je ressens cette envie de l’écrire. Encore et encore. De saisir l’essentiel du vécu, partagé. Comme pour immortaliser ce qui se compose, les mélodies qui s’imposent.
A l’instant où un baiser nous sépare juste le temps de nos vies respectives, j’ai envie de l’écrire qui me brûle le bout des doigts.

La soirée se dit en douceur dans le cocon du petit Prince. Je m’imprègne de sa gaieté, de ses histoires farfelues. Je suis dans le moment que l’on partage. Si peu de temps sur une journée. Autant être présent à lui, à moi.

Puis seule face a la nuit, l’évidence me saisit. Le bonheur est extrême. L’envie s’intensifie, prend toute la place. L’urgence impose que je pose les mots d’amour. L’écrire devient alors ce plaisir intime que je m’offre avant que le sommeil m’enveloppe.

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Quand les masques tombent…la liberté!

Dans la vie de tous les jours, nous nous adaptons souvent. Nous sommes différents en fonction des personnes, des situations, des lieux.

Avec mes amies, je suis souvent assez à l’aise. Certaines me connaissent depuis longtemps. D’autres sont entrées dans ma vie plus récemment. Parfois je m’adapte à certains caractères, je sais rester en retrait. Je ne sur-joue pas pour autant.

En famille, je me suis souvent rebellée contre l’ordre établi. J’ai longtemps cherché ma place. Puis j’ai voulu être acceptée alors je suis rentrée dans un moule. Parce que c’était rassurant pour mes proches. Je pouvais être plus authentique ailleurs, alors pourquoi ne pas faire semblant, un peu, de temps en temps.

Au travail, il est clair qu’on joue plus facilement un rôle. Il n’y a que Bridget Jones pour être 100% naturelle au boulot ! On est plus ou moins obligé de savoir se tenir, de contrôler ses états d’âme. On ne se travestit pas non plus, on trouve son équilibre. On renvoie une image (qui n’a pas toujours grand-chose à voir avec qui nous sommes dans la vie de tous les jours).

Dans l’intimité du couple (il va de soi que je parle d’une relation saine), les masques tombent complètement. Peut-être pas tout de suite, mais progressivement c’est certain. C’est le seul espace qui nous permet d’exprimer tout ce que nous sommes, de révéler ce qui se cache à l’intérieur et que nous n’osons pas toujours laisser sortir. Nus face à face (autant physiquement qu’émotionnellement) nous nous exposons, nous lâchons prise, nous nous abandonnons mutuellement. Il n’y a plus de codes, de règles à respecter, de tenue à avoir. Il n’y a rien à prouver ni à soi, ni à l’autre. C’est un espace de liberté totale, où les mots, les gestes, les envies ne passent par aucun filtre. Le contrôle n’est pas de mise. Même si parfois il nous rassure. La complicité qui s’installe devient le terrain de tant de possibles, qui nous font sentir pleinement vivants. Les barrières tombent, les tabous disparaissent (avec le temps). Les corps se fondent, se confondent, s’extasient. L’intimité offre à l’esprit une trêve. Nos sens prennent le relais et donnent à nos corps l’occasion d’expérimenter une large palette de sensations. Nous nous découvrons chaque fois davantage. Nous-mêmes. L’autre. L’intimité nous nourrit de l’intérieur, nous remplit d’énergie, de force, de confiance.

Et vous l’intimité, vous la vivez comment ? Elle vous apporte quoi?

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Insoumise

Les mots glissent, se parlent entre eux. Ils touchent, se touchent. Ils s’entrechoquent, choquent puis s’évanouissent.

Tant qu’ils ne sont pas posés, ils continuent leur manège, ils cognent contre mes tempes, ils s’immiscent dans mes cauchemars, ils jouent avec  mes absences, mon silence. Ils se muent en doutes, en incertitude. Le reste du monde se demande bien pourquoi ça tourne sans cesse à l’intérieur. Les mots attendent leur heure.

Les mots frappent à la porte. J’aimerais les faire taire mais ils s’obstinent. Alors peut-être que je dois les laisser sortir. C’est cela aussi écrire : lever le voile, accoucher de soi-même.

Les mots ont tissé au fil des conversations, des lectures un malaise qui grandit. Puisque les autres semblent adhérer à certaines idées, pourquoi moi je m’y refuse ? Pourquoi je me tiens à distance de certains choix qui semblent naturels pour d’autres, aberrants, insensés pour moi ? Pourquoi ce mot “soumission” me glace le sang ?

Au début c’était intriguant, troublant. Puis angoissant. Le mot est devenu une muraille, une forteresse. Le mot s’est mué en une longue plainte, un cri sourd. L’esprit a fait barrage avant que le corps ne prenne le relais. C’est devenu physique, terrifiant.

Comment ?

Comment adhérer ?

D’autres mots se sont greffés. Des mots qui ne parlent pas la même langue. Quel respect ? Quelle confiance ? Et l’amour dans tout ça ?

Quand les mots se sentent limités, le pire reste à venir. Les images ont pris la place des mots et les souvenirs ont refait surface. Les blessures se sont ouvertes sur un dégoût dense. La peur palpable a pris d’assaut mes sens.

Rien ne pouvait venir à bout du traumatisme. Pas même toutes les discussions du monde. Pas même tous les mots du monde, pas même la délicatesse, pas même l’attention, l’échange, l’écoute. Pas même les sentiments.Plus les mots se pressaient, plus je perdais pied. Rendre des comptes. Recevoir des ordres. Demander pour. Baisser les yeux. Cela revenait à se perdre dans les méandres d’un passé qui a laissé des traces. Quand est-ce que c’est tacite ? Quand est-ce que c’est forcé ? Quand est-ce que c’est pour soi? Quand est-ce que c’est pour l’autre?

Non, décidément je ne peux pas y associer les mots respect et confiance. Encore moins amour. C’est plus fort que moi. C’est viscéral. Je ne peux pas y adhérer.

Doucement les mots qui me font mal font silence. Ils perdent en intensité. Ils acceptent mon choix. Chacun le sien.

PS – je tiens à conclure cet article en précisant que je ne porte aucun jugement et respecte le choix de chacun/chacune.

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Fragile

Quand je pense à tous ces mots, ces interrogations, pourtant sans arrière-pensée, qui n’ont vocation qu’à m’aider à vaincre les blessures les plus tenaces, à mon rythme, mais qui viennent néanmoins ébranler les fondations de tous ces pas en avant, de tout ce que j’apprends à être loin des cases qui ne sont plus moi. Je me sens à nouveau fragile, le cœur au bord d’un gouffre dont il m’est impossible d’estimer la profondeur. Les larmes au bord des yeux je me demande si je ne serais jamais assez…

Et pourtant, pour une fois, je n’ai rien à prouver.

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Pendant 4 ans, j’ai simulé…

C’est monnaie courante, beaucoup de femmes en sont réduites à ça, détailler le papier peint de la chambre à coucher pendant que l’autre s’active à la tâche, avec un objectif unique: son plaisir. C’est bien là que la bât blesse. Quand on parle du plaisir de l’autre, il y a ceux que ça indiffère, ceux qui n’y pensent même pas, les égoïstes purs et durs, ceux qui te balancent des histoires à la con de soumission, de religion et plein d’autres…Et puis il y a ceux pour qui ça compte. Heureusement!

Entre nous, tout avait mal commencé. Il ne fallait pas être devin pour imaginer que sexuellement ce serait un fiasco. Pourtant on pouvait espérer. Ça ne fait de mal à personne, encore que!

C’est dans une petite chambre, humide et moche que j’ai pris conscience, non sans m’être forcée à voir le côté positif des choses, que le Nirvana ce n’était pas une partie gagnée. De bon matin, après une soirée où j’avais tenu bon sur mes positions – avec préservatif ou rien – je me suis réveillée seule dans le lit froid aux draps à la propreté douteuse. Il était sorti, pour quoi faire? M’acheter des croissants sûrement. Il avait un corps de rêve et il était délicat. Si ça se trouve c’était un Dieu au lit. Je rêvais déjà. Quand il a passé la porte, le regard pétillant, en tenant à la main une boite de préservatifs, j’ai déchanté. Pas de croissants. J’allais passé à la casserole sans préambule. Sans préliminaire non plus – pourquoi faire long quand on peut faire court!

Au départ, je me disais que c’était peut-être à moi de lui montrer le chemin. Sauf qu’entre lui et moi il y avait tout le vacarme de la religion et son inaptitude à penser à quelqu’un d’autre qu’à lui-même. A chaque fois que nous nous retrouvions dans un lit, j’avais ni plus ni moins l’impression d’être une pute – l’argent en moins sur la table de nuit. Au départ, je mettais un peu d’ardeur à la tâche quand même, histoire de dire qu’on était deux à  vivre l’expérience.

Au fil du temps, j’ai appris. A faire semblant. C’est pas si compliqué, croyez moi. Et ça passe inaperçu puisque l’autre n’en a strictement rien à ciré. J’ai eu le temps en quatre ans d’étudier dans les moindres détails les murs, le plafond, la moquette, le carrelage de la salle de bains, un coin de ciel bleu, la couleur de la pluie, les vitres, les tâches, la peinture qui s’écaille, la qualité du coton des housses de couette, de refaire dans ma tête la décoration de l’appartement, d’établir la liste des courses, les recettes à tester absolument, les cartes à envoyer. Je me suis parfois demandé pourquoi ça prenait tant de temps, alors que certains jours, c’était emballé en moins de deux et qu’il filait sous la douche, avant même que j’ai mis un pied hors du lit. Je me suis souvent parlé à moi-même, me demandant quand il allait me demander de changer de position, si ça allait être mieux ou pire. Entre deux, je le regardais le sourire aux lèvres, histoire de lui faire croire qu’il était le meilleur amant de la terre – je crois qu’il n’a jamais douté. J’ai joué la comédie le matin, le soir, à midi, en pleine nuit, en plein jour, volés tirés, portes closes. J’ai crié, pleuré, espéré surtout que le déclic arrive, que je sente quelque chose, un début de quelque chose. Rien, le calme plat, un vide abyssal. La seule chose que je retiens c’est cette brulure au fond de moi qui n’a fait qu’enfler à mesure du temps qui passe. C’était nul et en plus ça faisait mal. Que du bonheur!

Puis je me suis avouée vaincue. Il fallait se rendre à l’évidence, le sexe avec lui c’était une perte de temps et d’énergie. Je devenais fade, je me dégoutais aussi, j’avais l’impression d’être un corps à disposition. Moi ou une autre, je crois que ça n’aurait pas fait grande différence.

Si au début l’envie l’emportait sur le reste – je me disais que ça viendrait, patience, patience – au bout d’un certain temps l’envie s’est évaporée, je m’offrais à lui dans l’espoir d’un ressenti quelconque qui aurait pu me redonner vie et surtout nous aurait permis de rétablir une communication chaotique, abolir un silence destructeur. Puis vers la fin, je désertais le lit conjugal le plus souvent possible. Sentir son corps contre le mien me donnait la nausée. Je ne pouvais plus voir mon corps offert en pâture à un animal en manque.

Quatre ans sans un vertige, sans une once de plaisir, sans une once de tact aussi, sans même avoir touché du bout des doigts un hypothétique orgasme, aucune sensation agréable. Quatre ans sans partage, sans respect. Quatre ans d’un jeu que j’ai joué jusqu’à l’épuisement, jusqu’à m’avouer que nous n’avions fait que nous croiser. Du sexe pour du sexe, sans émotion. Pour l’épanouissement, tu repasseras!

Alors pour ceux qui se disent que nous aurions dû en discuter, que ça aurait peut-être changer le cours des évènements, et bien je réponds que j’ai essayé, une fois, deux fois. A la troisième tentative, il m’a presque supplié de ne pas lui parler de ça, que ça lui faisait trop mal. Déjà je n’étais plus vierge, il ne fallait pas trop lui en demander!

Et pour ceux qui se demandent comment on reconnait une femme qui simule. Et bien là non plus ce n’est pas compliqué, il suffit juste de la regarder être, vivre, vibrer, de la respecter, de communiquer. Une femme qui simule n’est ni heureuse, ni épanouie. Ou alors ce soir, elle n’avait juste pas envie – ça arrive!

 

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Rouge carmin

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Elle avait mis les petits plats dans les grands, l’attendait d’une minute à l’autre. Elle portait un déshabillé noir, soie et dentelles, décolleté plongeant, bas couture couleur chair – elle trouvait sexy l’idée de cette ligne en contraste soulignant les courbes du haut de ses cuisses fermes à l’arrondi inoffensif du talon – une paire d’escarpins à talons qui lui donnaient l’assurance dont elle avait besoin, un soupçon de parfum au creux des poignets, les lèvres mises en valeur par un rouge carmin. Oui ce soir elle se sentait prête à inverser les rôles, pas totalement, juste le temps d’être cette femme sûre d’elle, moins sage que d’habitude, plus entreprenante.

Un peu anxieuse, elle se dit que le risque était minime. Ils se désiraient suffisamment pour que cette prise d’initiative soit une réussite. Ou du moins une première tentative appréciée. Et si au pire elle se plantait en beauté, elle pourrait toujours se féliciter d’avoir osé. Elle était gagnante sur tous les tableaux.

Quand il passa la porte, elle lui laissa quelques instants pour souffler – tout de même – juste le temps pour lui de la regarder, la désirer – tout se lisait dans la profondeur de son regard, il ne pouvait cacher ni son trouble, ni son envie d’elle – pas de la toucher. Ça viendrait après. Après ses mains à elle sur son corps à lui. Le dîner, fin prêt, attendrait bien encore un peu. Si elle ne se lançait pas maintenant, elle savait qu’elle retomberait dans ses travers avant d’avoir pu tenter un pas hors de la zone confortable de ses habitudes.

Elle déboutonna délicatement, lentement, les boutons de sa chemise. Puis glissa ses mains sur son torse, les laissa dessiner des arcs de cercles, des formes improvisées, avant de sentir ses mains se rapprocher de sa peau. Pas encore. Elle repoussa ses mains, fixa ses yeux, approcha sa bouche de sa bouche, effleura ses lèvres, juste de quoi faire monter le désir d’un cran, posa sa main au niveau de son cœur, le poussant vers le lit, sur lequel son dos se plaqua instantanément, épousant le coton frais des draps blancs. Elle mit de l’intensité dans son regard avant de se caler en position d’amazone. Il y avait des parties de son anatomie qu’elle ne connaissait pas, elle en était certaine, en découvrant l’étendue du champ des possibles qui s’offrait à elle. Sa bouche parcourut chaque parcelle de vie, sa langue se délecta du goût, de l’odeur, des plis, des cicatrices dévoilées pour la première fois. Elle avait l’impression de participer à une chasse aux trésors, ses sens en éveil, son corps à lui détendu, offert à l’instant. Il y avait de l’élégance, de la volupté dans l’air fiévreux de ce corps à corps lent et indiscipliné.

Elle déposa quelques gouttes d’huile de massage dans ses paumes, frotta ses mains l’une contre l’autre, juste le minimum, de quoi leur permettre de glisser plus facilement sur la toile de leurs pensées respectives, une large palette d’émotions à inventer.

Elle défit avec la même attention sa ceinture, le déshabilla complètement. La tentation était grande de sentir leurs intimités se confondre, leurs membres se fondre, comme une urgence à laquelle il faut pallier sans attendre. Elle préféra faire durer le plaisir, encore quelques minutes, il semblait prêt à la laisser continuer sa découverte. Ses caresses se furent plus intimes, ses gestes non pas calculés, mais plus précis. Sa bouche succomba à l’intensité de son érection.

L’excitation était à son comble. Il n’aspirait plus qu’à une chose – la toucher enfin. Elle le sentit. D’un mouvement du bassin, elle le laissa plonger en elle. Le prologue s’arrêtait là, la prochaine fois elle irait plus loin!

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Des heures de toi

[:fr]

Crédit – Marie Kléber Copyright

Je pourrai parler des heures de toi, écrire des heures sur toi. Immortaliser tous ces instants passés à tes côtés. Noter toutes ces émotions qui me traversent, toutes ces émotions qui transparaissent à travers le souffle d’un baiser, la chaleur de ta voix, la sécurité de tes pas accordés à mes pas.

J’écris des heures de toi, ici, ailleurs, sur un carnet. Juste quelques mots qui tentent de saisir les sentiments, la chance offerte, comme un cadeau que j’ouvrirai tous les jours et qui se dévoilerait davantage à chaque fois.

Je t’aime dans le calme des étreintes apaisantes. Dans la passion de nos corps enveloppés de sueur. Dans l’urgence et au ralenti. Dans la fraîcheur de la nuit et la clarté du jour qui s’éteint. Au creux de ce que je saisis et au cœur de l’insaisissable.

Si l’amour m’avait été conté, si l’on m’avait parlé de ce qui se crée, se vit, aurais-je imaginé, aurais-je pu savoir que l’amour avait ce goût si particulier, qu’il allait me transporter sur des routes que je n’avais fait que rêver, les yeux ouverts pour ne pas laisser le rêve s’échapper?

Je crois bien que je ne m’en remets toujours pas!

[:]

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Plaisir estival

C’est un soir d’été. Le fond de l’air est chaud, le soleil descend sur la ville agitée, riche de l’expérience des beaux jours retrouvés. Elle porte une robe légère, fleurie, resserrée à la taille, un modèle vintage trouvée dans une solderie lors d’un voyage à Avignon. Une robe qui sent bon la vie, l’insouciance. Et ce soir elle en est pleine de cet océan de possibles qui s’étend devant elle. Elle ne porte rien sous sa robe, c’est peut-être aussi cette liberté soudaine qu’elle chérit, après des mois à l’étroit dans des pulls, collants, robes en laine, après ce froid qui gèle les extrémités du corps, après la grisaille et la pluie.

Le fait de savoir ce que nul ne devine lui donne l’impression d’être la détentrice d’un magnifique secret. Elle en joue, juchée sur ses escarpins à talons ocre, ondulant du bassin comme une sirène sortant de l’eau.

Son rendez-vous l’attend. Elle sait qu’il lui suffira de la serrer contre lui pour percer son secret. Il ne dira rien ou il sourira, de ce sourire espiègle qui murmure « j’ai envie de toi ». Elle aussi a terriblement envie de lui, comme à chaque fois qu’il entre dans son champ de vision, que ses yeux croisent les siens, que son corps s’approche de son périmètre, qu’il la prend dans ses bras, que son sourire la fait chavirer. Elle en a envie le soir quand elle s’allonge nue sous sa couette et l’imagine faire de même, le matin au saut du lit quand elle aimerait qu’il la réveille en laissant courir ses doigts sur son corps. Et la nuit aussi quand elle rêve de lui. Ou quand l’insomnie la surprend et que les scénarios les plus torrides envahissent son esprit et l’entrainent dans un dédale de fantasmes fous.

Elle ferme les yeux au contact de leurs peaux qui se touchent. A travers les tissus souples des vêtements de saison, elle perçoit son trouble. La place grouille de monde. Elle la voudrait plus déserte. Elle regarde autour, cherche un endroit à l’abri des regards. Elle imagine à quel point cela doit être excitant de faire l’amour dans un lieu public, en se pressant un peu ou sans se presser d’ailleurs. Prendre le temps de se toucher, faire courir leurs langues sur chaque parcelle de peau, exposée ou cachée. Faire durer le plaisir ou le saisir sur l’instant, prendre ce qui se livre en quelques minutes seulement, sans s’abandonner totalement. Commencer par se dire en gestes, en émotions. Ou attendre la fin de la soirée, laissant planer au-dessus du rendez-vous l’envie latente de se rencontrer plus intimement.

Elle se sent soudain portée, transportée, entourée d’un parfum qui l’hypnotise. Elle se dit qu’il a peut-être les mêmes pensées qu’elle, les mêmes fantasmes tus. Osera-t-elle énoncer à haute voix son ressenti ? Ou se contentera-t-elle de lui prendre la main, de le suivre, muette, en attendant la prochaine occasion ?

Elle ouvre les yeux. La place, l’été, son amoureux se sont envolés. Le jour la cueille, le soleil l’invite à profiter d’une nouvelle journée, son rêve bien vivant dans son esprit.

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Réveil sensuel

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Le jour se lève, frais et dépose des couleurs sur la ville endormie. Rose poudré, violet, bleu nuit. Ici et là les lumières s’allument, étincelles de vie, pépites dorées qui se dissipent dans la brume d’un nouveau matin.

Il se réveille, s’étire en silence, sent ses muscles se détendre. A ses côtés, Boucles d’or dort encore. Ou fait semblant. Sous les draps, son corps enveloppé dans un voile de satin semble attendre ses caresses.

Il effleure ses cheveux longs, fait glisser ses doigts le long de la cambrure de son cou. La peau, à cet endroit, est douce et voluptueuse. Ses doigts s’attardent, légère pression à la base, il sait qu’elle apprécie, avant de continuer leur course sur ses seins, ronds, appétissants, auréolés du plaisir qu’il a à les regarder, les toucher. Il approche sa bouche, enroule sa langue autour du fruit sacré au goût sucré, tout en continuant d’explorer les contours de la féminité offerte à ses mains habiles. Il la sent frémir, pourtant elle choisit de garder les yeux fermés, peut-être pour profiter de cet instant sacré.

Il pose ensuite ses yeux sur ses courbes, les vallées qui se dessinent au gré des mouvements qu’elle fait, lents, aériens. Il aime la souplesse de son bassin, la fièvre qui s’empare d’elle quand elle sent son corps attiré par le sien, comme un aimant au pouvoir saisissant. Il apprécie la générosité de ses envies, tantôt pressantes, tantôt insaisissables. Il se déplace sur son corps, frôle avec sa langue son nombril, territoire neutre, le bas de son ventre, tendu, l’intérieur de ses cuisses, légèrement entrouvertes, comme une invitation. Qu’il accepte avec la candeur d’un jeune premier prêt à savourer les délices à sa portée. La toison d’or exposée à son regard amoureux lui promet un voyage au pays des sens. Il se sent prêt à être englouti tout entier dans l’intimité scandaleuse, dégageant un parfum capiteux auquel son corps entier aspire. Il s’avance lentement, paumes ouvertes, prêtes à donner.

Il n’en a pas le temps. Boucles d’or s’est réveillée. Elle le toise de son regard de braise, saisi sa bouche, couvre ses lèvres de baisers fiévreux et dans un souffle, les fait basculer tous les deux dans une danse lascive inattendue.

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“J’ai envie de toi”! Et toi, t’en dis quoi?

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Il y a un mois j’écrivais ce texte-là: cette envie de toi

Est-ce quelque chose que l’on dit facilement ?

Ou bien est-ce quelque chose que l’on tait ?

On prétend aujourd’hui que les tabous d’hier n’ont plus lieu d’être. Et pourtant, je n’en donnerais pas ma main à couper.

La sexualité reste un sujet très intime. Alors même qu’elle nous concerne tous, à tout âge d’ailleurs.

Est-ce que nous en parlons entre amis ? En famille? Entre amants ?

Ou bien nous n’en parlons pas parce que nous pensons que certaines choses ne se disent pas ?

Parce que nous nous sentons gênés, que cela touche à une partie de nous-mêmes que nous souhaitons préserver ? Protéger ?

Si oui, pourquoi ?

Parce que nous n’avons pas appris ? Soi, l’autre, le corps, l’envie ?

Est-ce de la pudeur ? Ou bien la pudeur est-elle une excuse de plus pour éviter le sujet ?

Beaucoup de questions. Peut-être que vous avez quelques réponses ou un avis à partager. Allez, libérez-vous, dites-moi tout !

Posted in Tout un poème

L’infinité des possibles

Un rayon de soleil se glisse
Mon cœur s’éclipse<
A travers les nuages gris

Se dessine l’histoire de
Nos destins qui se croisent
Nos corps qui s’embrasent

L’essentiel s’imprime
Dans l’intime, indéfinissable
L’infinité des possibles

Gravée
Dans un « je t’aime »
Que le vent emmène
Jusqu’à toi…