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Imagine…

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Il n’y aurait plus de doute
Il n’y aurait qu’aujourd’hui
Il n’y aurait que nos mains qui se frôlent
Il n’y aurait que nos regards discrets

Pas de fanfreluches entre les notes de la symphonie

Personne pour nous dire qu’il faudrait être comme ceci ou bien penser comme cela
Personne pour nous vanter les mérites d’un programme extraordinaire, d’une méthode révolutionnaire

Il n’y aurait que nos pas sur le sable mouillé
Par la marée descendante
Il n’y aura que le souffle de nos respirations accordées

Nous aurions alors la vie devant nous
Sans projet autre que de vivre le meilleur !

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Dans le Paris des années 20

Elle porte des souliers vernis, sur un collant ocre, à talons fins. Elle monte les marches du métro avec sa vilaine valise à roulette. Elle traîne sa peine dans les rues de Paris, telle une égérie des années 20. On dirait qu’elle s’est perdue dans la course folle du temps. Elle s’est trompée de saison. Elle regarde autour d’elle, mi- émerveillée, mi- apeurée. Elle ne sait pas où elle se trouve, ni où elle va.

Elle semble attendre quelqu’un. Je la regarde de loin. J’étudie ses gestes et la souplesse de sa jupe, une jupe marron aux reflets bruns. J’aime la forme mais la couleur me déplait, trop sombre à mon goût. J’admire la facilité avec laquelle elle attend sans broncher, le regard perdu dans le vide, la main sur son sac, les jambes droites. Elle jette un coup d’œil à sa montre. Je souris. L’étranger qu’elle attend n’est toujours pas là. Elle fixe maintenant un point au loin.

La nuit tombe et le froid s’engouffre sous son manteau. Elle referme les pans sur ses doutes. Je voudrai la saisir par le bras et l’emmener loin de cette place qui se vide, l’entraîner dans une course folle vers les rues animées de Montmartre, coin de Paris dans lequel elle se plairait bien.

Dans quelques instants il me faudra partir, m’engouffrer dans le bus et la laisser derrière moi, ombre surnaturelle dans un univers en papier glacé. Le ciel se teinte de nuages sombres. Je ne voudrai pas que la pluie la surprenne. Si j’avais été peintre, j’aurai dessiné cette belle étrangère aux joues creuses et au regard d’ange, avant de m’éclipser sur la pointe des pieds. Mais je n’ai que mes yeux pour retenir son image de beauté éphémère.

Elle regarde à nouveau sa montre.

Clap.

Son visage change d’expression, elle retire ses talons. Elle se déleste de son sac en cuir, qu’elle pose avec nonchalance sur le bitume mouillé. Elle allume une cigarette.

Clap.

La scène est terminée. Chacun rentre chez soi. Le nez collé à la fenêtre du bus, je cherche désespérément des yeux l’image de la femme admirée quelques minutes auparavant. Elle n’est plus. Les années 20 appartiennent bel et bien au passé.

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Sur un fil

Elle pose son linge sur le balcon. Elle ajuste son foulard sur sa tête. Les enfants jouent déjà dans la rue en contrebas. Leurs cris la rassurent, même si parfois son cœur se serre à l’idée que la route leur arrache leur joie de vivre.

Elle suspend son linge sur un fil. Des robes de couleurs et des pyjamas. Elle regarde au loin le fleuve qui navigue et embarque avec lui quelques pêcheurs solitaires. La chaleur arrive. Elle attend un peu, juste quelques secondes encore.

Elle profite du jour. Dans quelques heures il fera trop chaud pour sortir.

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Donnons le temps au temps

Le passé ne compte plus, laisse le se taire, devenir inconnu.

Libère toi de tout, des mémoires qui te hantent, des projets avortés, des envies absentes, des désirs refoulés.

Hier n’est plus qu’à l’imparfait.

Le présent se prélasse au soleil. L’été se réveille d’un profond sommeil.

L’instant t’offre tout ce qu’il te faut pour avancer, te construire, t’émerveiller, approfondir.

Aujourd’hui s’écrit maintenant, ici.

Le futur s’interroge, dessine des mirages sur le ciel d’octobre.

Des projets verront le jour, tes désirs vibreront d’amour.

Demain attend son heure, rêveur.

 

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Moment de solitude

La foule. Un regard circulaire. Posé. Tenter de repérer une couleur, un sourire, une coupe de cheveux. Rien. Refaire le chemin en arrière. Toujours de loin. Doucement la panique s’installe. Les secondes prennent des allures d’éternité. Une douleur sourde monte, grignote doucement l’intérieur de nos entrailles. Les pulsations de notre cœur s’accélèrent. La peur gagne chaque parcelle de notre être. Rester calme, maître de soi quand tout tourne autour comme un manège sans frein. Nos yeux ne voient plus. Ou réalisent. L’enfant n’est pas là. Pas dans la foule compacte. Il n’est plus là. Le pire se bouscule à la porte de nos émotions. Tenter de maintenir le cap, de ne pas faillir. Puis au milieu de la foule, comme une lumière jaillie de nulle part, l’enfant tenu par d’autres mains se fraye un chemin. On s’entend bafouiller un « merci » qui dit pourtant toute la reconnaissance qu’on ressent face à la personne qui nous tend le fruit de nos entrailles, le visage baigné de larmes. On se serre fort. On ne dit rien. On remercie le ciel pour ce dénouement heureux, ces minutes suspendues face à un drame impensable. Et puis on prend sur soi. Ne pas laisser l’enfant prisonnier de nos craintes. Le rendre à la foule qui l’attire, à l’enfance insouciante.

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Le chemin parcouru

On liste souvent ce qu’il nous reste à faire (ou devenir). On se dit souvent que se construire c’est un long processus, se reconstruire un chemin rempli de petits pas qui s’additionnent, un chemin en pente qui nous parait souvent sans fin.

Et si nous regardions juste quelques minutes en arrière, juste le temps de voir le chemin parcouru, le temps de lister justement tout ce dont nous pouvons être fiers, les victoires gagnées au prix d’incroyables efforts sur soi, les nuits d’insomnie consommées pour trouver notre voie, les souffles comptés nécessaires, les marches gravies à la force de nos poignets, les reconquêtes de notre corps, de nos cœurs, de nos pensées, mille fois meilleures qu’hier.

Et si nous pouvions apprécier, avec bienveillance, d’où nous venons. Et prendre le temps de nous poser avant la prochaine ascension. D’ici quelques mois le sommet nous paraitra plus accessible, notre équilibre ne sera plus si fragile.

 

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Un rendez-vous hors du temps à Marseille (avec P’tite Delph)

On s’est donné rendez-vous sur le vieux port. J’arrive en avance, je griffonne quelques mots assise face à la mer et aux voiliers, une invitation à prendre le large, à tout donner, tout oser.

Je me lève, je te vois. C’est étrange. Toi et moi, là, dans ta ville, loin de l’écran qui nous protège très souvent, loin de nos mots qui ne disent bien que ce que nous souhaitons dévoiler. Tombé l’anonymat. Nos visages se font face. C’est étrange et délicieux à la fois.

Tu es bien là Delphine, en chair et en os devant moi. Quand j’ai vu que le dernier bus quittait Marseille à 20h40, j’ai pensé à toi. Te voir. Non pas mettre un visage puisque je le connaissais déjà. Juste passer ce temps, loin de nos écrans, échanger sur tout ce qui nous lie, depuis quelques années, sur tout ce qu’on partage, mots échangés, secours de tous les instants, cartes envoyées, petits colis appréciés, soutien inestimable quand la vie prend l’eau de partout.

Nous allons nous asseoir pour papoter, au soleil, avant qu’il ne se cache. C’est bon d’être là avec toi. Tu ressembles à tes mots. Tu es ce courage qui transpire à chaque article écrit à la force de ton amour pour la vie. Tu es naturelle, authentique. Pas de masque. Tu as raison, le rire des enfants nous entraine à leur suite. Ton sourire aussi, baume apaisant pour les jours de pluie. Je le garde près de moi.

Le temps passe trop vite, déjà l’heure de partir. Tu m’accompagnes jusqu’à la gare. Prolonger au maximum ce rendez-vous que nous attendions depuis longtemps. On se dit au-revoir, une photo et je monte dans le car. Un dernier signe, il faut savoir. Je t’imagine attendre le signal, avant que tu ne regagnes ton chez toi, que tu retrouves Happy!

Merci d’être toi et de m’avoir accueillie dans ta vie. Merci aussi pour mon petit escargot, fan comme toi d’Arlo, que tu gâtes si souvent. J’aimerais pouvoir être là plus souvent, te passer un coup de fil, pour qu’on aille ensemble partager un moment. Nous avons fait le premier pas vers une nouvelle histoire. C’est certain, on se reverra!

 

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Et si…

Je me sens un peu là, un peu ailleurs. Je me sens partir ou du moins m’éloigner. D’ici. De cet endroit tant aimé qui m’appelle de moins en moins. Je me sens poussée vers l’extérieur, vers la vie qui bat ailleurs. Parfois je me dis – et si?

Et si je partais, si je laissais les choses telles qu’elles, les meubles en place?

Et si je claquais la porte d’un coup franc?

Et si je partais découvrir d’autres espaces?

Et si…