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Un bruit mystérieux

 Toc Toc

Un bruit léger. Je ne bouge pas. Je tends l’oreille. Plus rien. Juste le silence de la nuit et les gargouillis de mon ventre.

Toc Toc

Le bruit se fait plus lourd. Mon corps tremble. Je déteste ces coups dans la nuit, qui viennent disperser mes rêves aux quatre coins du lit. Je laisse le soin à Guillaume d’aller voir ce qu’il se passe.

Toc Toc

Guillaume n’a pas dû se lever. Peut-être bien qu’il n’a rien entendu. Il dort en effet comme une souche à côté de moi. Le bruit est maintenant tout doux, comme une caresse.

Toc Toc

Je m’y colle. Je n’arrive pas à dormir avec cette musique qui n’en finit plus. Et puis je veux savoir d’où elle vient. Peut-être une porte mal fermée ou le robinet qui goutte.

Toc Toc

L’examen minutieux n’a rien donné. Je m’allonge soucieuse avant de secouer Guillaume, histoire de partager avec lui cet instant mystérieux. Peut-être qu’il aura une idée.

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Toc Toc

Il n’entend rien. Etrange.

Toc Toc

Toc Toc

Je laisse mes doigts dessiner des ronds sur mon ventre. Deux petits pieds se calent contre mes paumes de mains. Je tends l’oreille. Je comprends.

L’enfant m’attend.

Ceci est ma participation à l’atelier des Jolies Plumes de Fabienne et Célie – sur le thème suivant: Toc Toc. Est-ce le facteur avec un colis, un ancien amour, un nouveau voisin qui vient d’arriver, un autre qui souhaiterait des œufs, un admirateur secret qui a laissé quelque chose sur le palier ? Que se passe-t-il sur le pas de votre porte?”
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Toi & Moi

Tes premières minutes

Mes yeux sur toi

Et nos battements de cœur

A l’unisson

Ton premier souffle

Tout contre moi

Et nos peaux qui se touchent

Pour la première fois

Tes premiers cris

Me tirent du lit

Je te contemple

Interdite

Même épuisée

Je te regarde t’agiter

Puis t’apaiser

Au son de ma voix

Je te prends dans mes bras

Ces premières heures

Rien que toi

Et moi.

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Crédit – Nouvelles Images

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Regards d’une mère, les pieds dans le bac à sable

Nous, les mères, nous sommes partout, tout le temps. Nous accomplissons plusieurs tâches en même temps, si bien que nos enfants sont les premiers à dire que nous avons trois mains. Nous courons d’un point A à un point B en permanence, jonglons à la perfection avec les rendez-vous médicaux, les cours de sport ou de musique, les journées jeux, le travail, les tâches administratives sans oublier la gestion quasi-permanente de notre maison et de nos relations amoureuses, amicales et familiales.

Parfois, il est bon de s’octroyer du temps pour souffler. Ne serait-ce que d’un point de vue purement biologique. Nous ne sommes pas les super-héros dont nos enfants nous rabattent les oreilles à longueur de journée. D’ailleurs, nous ne savons toujours pas voler et n’avons aucune vocation à sauver le monde (même si nous y songeons parfois, histoire de satisfaire notre égo qui nous en demande sans cesse davantage).

Dimanche dernier, le soleil nous invitait à prendre le temps de vivre, à sortir au grand air. Nous l’avons suivi jusqu’au parc. L’escargot, qui d’habitude aime jouer avec moi, a décidé de faire du « radinage » (il roule les j !) comme un grand. Assise en tailleur au bac à sable, j’en ai profité pour regarder les enfants jouer. Et voilà ce que j’ai vu :

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Leurs rires en cascade, leurs larmes vite séchées, leurs jeux inventées autour d’une cabane et de morceaux de bois, leurs yeux pétillants, leurs mains qui s’accrochent puis décrochent, un peu de timidité vite oubliée, leurs petits pieds plein de sable, leurs courses folles entre parties de cache-cache et course de fond, leurs rêves qui se dessinent à coups de « quand je serais grand(e) », leur imagination débordante, leur joie communicative, la tendresse des grands à l’égard des plus jeunes, l’enthousiasme des petits qui déborde et nous touche en plein cœur.

Quelques instants volés au  temps, instants de vie, instants sacrés, qui viennent nous rappeler qu’en chacun de nous il y a un peu, beaucoup de cette enfance pleine de promesse, enfance qui ne demande qu’à être écoutée, entendue, chouchoutée, rêves qui ne demandent qu’à revenir dans les hémisphères surchargés de nos cerveaux bousculés, pour se frayer un passage et enfin exister.

Crédit Image – Ooreka