Nos choix incohérents

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Crédit Pixabay

On se crée des maux sans en avoir l’air
Imaginaire trompeur qui balaie les heures de plein
A coup d’incertitudes malsaines
De vulgaires grains de poussières qui
Comme dans nos maisons, deviennent moutons
Jusqu’à engloutir nos plus belles espérances

La confiance s’effrite et s’en vont les pensées
Dans un hémisphère où le pire est à portée

On s’invente des histoires à partir d’incohérences
On dessine des futurs aux allures
De cauchemars, on remet une couche de noir
On ajoute des peines aux jours de pluie
On se croit tout permis

On ne croit plus en rien
On se sent comme un naufragé
Un prisonnier, un condamné

Un travail de sape bien orchestré
Au millimètre, rien ne nous arrête
Il faut saigner pour exister

Sur l’horizon, pourtant, tout est si doux
L’existant, à envelopper de beau
L’azur et son parfum d’éternité
Tout ce qui n’est pas encore écrit
Tout ce qu’il reste à rêver

Alors pourquoi laissons-nous si facilement
Le négatif nous mener sur des routes obscures?
Pourquoi cédons nous à l’appel des profondeurs
Quand tout autour n’est que lumière?
Pourquoi lâchons nous notre coeur
Quand il ne demande qu’à vibrer?

Challenge Écriture #20 (26.05.2020)

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Des lignes et des courbes. Les enfants n’ont pas vraiment écouté la consigne. Mais ils se sont amusés. Et voilà que de la gribouille, j’en ai tiré un chant. Celui de l’oiseau (aquarelle) au réveil, qui envoûte le jardin, celui de la nature encore belle qui enveloppe l’espérance du matin.

Les rires éclatent contre les carreaux et laissent des traces. J’y vois des rêves, comme ceux dessinés par les nuages. Il suffit de saisir le fil et se laisser emporter. Alors, tout est possible. Même ce qui, hier, paraissait hors de portée. Il suffit d’ouvrir son coeur à l’inconnu, d’ouvrir les bras pour embrasser le silence, de poser un pied près du vide pour appréhender le saut.

C’est un bouleversement que les mots ne peuvent saisir. Il faut autre chose pour exprimer cette vibration, cette sensation d’avoir trouvé, de savoir enfin. Il faut lâcher prise et se laisser guider par ses sens, suivre l’intuition, faire confiance.

Je n’ai pas exactement respecté les consignes de l’exercice puisque je suis partie d’un collage personnel. J’ai tenu à écrire ces lignes pour commenter en quelque sorte cette page créative!

Vous retrouverez les participations ici: L’oiseau bleu chez Marie – Etat d’urgence chez Nina – Genèse chez Mébul – Le dessin chez Erby – Chez Josée – Chez Sweet Things

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Pour la semaine prochaine, on va revenir à quelque chose de plus classique avec une photo. Bonne écriture!

Crédit MK

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Crédit Pixabay

On oubliera vite
Ce qui hier encore nous paraissait
Insensé
On se fondera dans un décor
La foule des grands jours
Destins frôlés
Baisers volés

On oubliera vite
Les premiers pas dans le vide
Immense

On oubliera
Jusqu’au souffle déposé
Tout deviendra presque habitude

Et alors la magie s’envolera
Sans un bruit
Elle glissera sur nos corps
Désormais endormis

On ne prendra plus le temps
De s’apprêter
De se découvrir
De se regarder jusqu’à tout deviner
Tout ira vite comme une urgence
Comme si demain allait nous voler
Ce que nous n’avons pas su vivre

Le désir sera une performance de fin de soirée
L’orgasme, l’unique aboutissement d’ébats
Vite emballés

On se sera perdus de vue
Au milieu de la foule des grands jours
Nus dans nos habits communs

Plus rien d’extraordinaire
Que du banal
Plus de tremblements
Que du déjà vu
Plus que du sexe pour le “fun”
C’est ce qu’ils disent
Plus de grandes déclarations
Qui font des nœuds au ventre
Et nous laissent, haletants,
Imprégnés d’un bonheur que nous savons fragile
Que nous chérissons comme un cadeau

On oubliera un jour
Les perles de pluie
Sur nos peaux transies
Les marques satinées
L’abandon
Le don

Il n’y aura plus que des cris
Pour dire le plaisir
Plus que des paroles
Quant il y avait des émotions
Plus que des hypothèses cruelles
Quand il y avait des étreintes
Qui valaient tous les mots de la terre

On oubliera le goût de nos peaux
La saveur des baisers
La fougue
L’audace
La complicité dans un regard
La séduction
Dentelles et bas de soie
La suggestion
Les mains qui caressent
Le temps suspendu
La passion
Les surprises
L’envie pressante
Qui ne se contient pas

Le temps se bloquera
Sur ce qu’on n’aura pas su retenir
A force de vouloir plus

Suspendus dans le vide
Nous aurons encore le choix
De revenir à ce qui compte
Plus que tout
Aux sens et à l’essentiel
A ce qui nous ressemble
A nous.

Notre chance

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@MarieKléber

Au début on écrit tout
Puis on écrit moins

On ne suit plus le rythme des palpitations
Du coeur serré sur le chemin
Aller ou retour, c’est la même sensation
De ne plus très bien savoir
Qui l’on est, où l’on va
Un déséquilibre qui pourrait durer
Jusqu’à ce que le monde s’embrase

Sans que l’on sache pourquoi ni comment
La vie n’est plus cette course folle
A l’heure où le jour s’effondre
Je sortirais pieds nus et poserais mes mains
Sur les promesses du vent
Qui sur ta peau dessine mille et un voyages
Dans lesquels le monde n’existe plus

Je veux garder le tout, ces instants mélangés
Même ceux dans lesquels mes sentiments
Ne savent plus très bien où ils en sont
Surtout ceux qui font comme un tapis
Sur lequel j’évolue tel un oiseau
Prêt pour le grand saut, un oiseau aux ailes d’or
Qui lentement s’élève dans le noir de la nuit

Je ferais l’amour à l’aurore
Et ses perles de pluie comme des caresses
Avec en fond sonore le murmure d’un baiser
Un soupir échangé, quelques bribes de souvenirs
Que la mer aura ramené sur le rivage
Des jours si loin de toi

Je ne veux rien oublier
Alors je grave, je noircis des pages
J’imprime à l’encre indélébile
Ce temps partagé, tourments et joies mêlés
Le parfum que tu laisses en partant
Et sur ma peau le tatouage invisible
D’un temps qui ne finira jamais de nous échapper
Si nous oublions de saisir notre chance
D’aimer…