Posted in O bonheur des sens, Variations Littéraires

Pile ou Face

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Du fauteuil où je suis assis, par-dessus la couverture de mon livre – un pavé de quelques mille pages relatant les exploits d’un héros dans la fulgurance d’une guerre impitoyable, elles le sont toutes – je la regarde. D’un œil discret, distrait. Elle me fait l’effet d’un océan de fraicheur au milieu du carnage dans lequel mon imagination se perd à mesure des pages qui défilent.

Elle donne l’impression de s’ennuyer dans sa peau sage. Quelques gouttes se promènent sur le froissé de son déshabillé. L’eau chaude vient de couler sur son corps à l’abandon sous le jet, le savon vient d’épouser chaque centimètre de son être. Et j’ai préféré rester perché sur mon toit du monde aux allure d’apocalypse plutôt que de voyager avec elle.

Elle délaisse son déshabillé. Il échoue par terre, il s’étale. J’aperçois son grain satin, sa cambrure fragile avant qu’elle ne traverse la pièce, sans un regard vers moi. On dirait qu’elle le fait exprès. Elle enfile une de mes chemises et c’est comme si je m’enroulais autour d’elle, telle un serpent fou de désir. Je trace d’hypothétiques fantasmes sur l’écran de ses pensées. Elle n’attend qu’une chose, que je pose l’ouvrage, enfin. Que je délaisse ma guerre pour conquérir son territoire. Mais je reste là, à contempler la vie qui la traverse, enfermé dans mon silence de mort.

Elle prend place dans le fauteuil en face de moi, cheveux lâchés, pouls calme, visage dégagé, jambes délicatement croisées. Ses yeux sont deux billes de Sodalite qui me fixent et ne me laissent aucune chance de m’échapper. Elle se penche pour attraper une revue sur la table basse et la vision de sa poitrine, ronde, joliment dessinée, me rattrape. Le livre pèse lourd dans mes mains, je tente de revenir à ma lecture, mais les lignes s’entrechoquent.
Tout en elle respire la vie, l’envie, de moi, de nous, de ces ondulations réciproques qui nous promettent des acensions vertigineuses.

***

Je sors tout juste de la douche et avance vers le salon, nue, quelques gouttes perlent au bout de ma chevelure. Et s’échouent sur ma peau brulante. Je le trouve assis au même endroit que toute à l’heure, sur son fauteuil vieilli, les yeux rivés sur le manuscrit qu’il doit finir de lire pour demain, une histoire sordide – la guerre l’est toujours. Il lève les yeux vers moi, j’y décèle un fragment de peut-être, une hésitation, un brin de prudence.

Ma peau se languit de lui. La texture de mon déshabillé apaise légèrement la fièvre qui pointe. En guise de réponse à ma proposition pour la douche, il a esquissé un geste de la main. Il savait qu’en m’accompagnant il pouvait dire adieu à son roman jusqu’à une heure avancée de la journée.

J’enfile une de ses chemises, à défaut de pouvoir avoir ses bras dans lesquels me lover. Un magazine pour patienter, un regard indifférent, un soupir inoffensif, un croisement furtif, un déplacement subtil. Combien de manœuvres pour qu’il cède? Dans combien de temps délaissera t-il son bouquin pour venir s’enivrer avec moi des parfums de l’aventure?

La mort ne l’intéresse pas, il lui préfère la gourmandise de la vie. Je perçois son combat intérieur à sa façon de tourner les pages, à ses sourcils interrogateurs, à son regard horizontal, ses pieds qui bougent au rythme d’une musique pétrie d’impatience. Il n’accroche plus avec les lignes, il a perdu le fil de sa lecture. Il résiste pourtant à l’envie de poser l’ouvrage et de me rejoindre.

C’en est presque jouissif de le voir autant hésiter.

Texte original de 2019 – revisité

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Pour toi

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Je ne sais pas toujours te dire. Je me cache souvent derrière mes peines, mes angoisses. Je déteste les silences et pourtant je les laisse parler pour moi. Je me dis que tu comprendras et si tu ne le fais pas, tu partiras. Et alors j’aurai eu tort de croire que l’amour a tous les pouvoirs. Ca viendra ouvrir la blessure une nouvelle fois, celle qui depuis le début joue avec moi, celle de la cour d’école, celle des bruits des vacances, celle des rires en cascade dans la classe, celle de la salade de tomate, celle des clins d’oeil en douce, celle des mots qui cognent et des murs qui cachent, celle qui menace de révéler au monde ce que je suis et ce que je ne suis pas.

Je ne m’excuse pas, ou peut-être que si, d’être comme je suis avec ma quantité de points d’interrogation, mon besoin d’être rassurée, de me sentir en sécurité, avec mes chocs et mes bleus à l’âme qui se font moins troublants mais qui restent comme autant de lames prêtes à danser sur ma peau nue, quand ma bulle se fendille, quand tes pas se font lointains.

Mes blessures ne disparaitront pas, j’ai cru à tort que je pouvais, par le seul pouvoir de ma pensée les reléguer dans un coin éloigné du temps. J’ai perdu de précieuses années à tenter de les étouffer. Je dois juste accepter qu’elles font partie de moi. Un peu comme la peur ou la nostalgie. Lutter contre ne fait que leur donner plus de force.

Je voudrais ne te dire que l’amour, ce qu’il creuse en moi, ce qu’il desserre de nœuds, ce qu’il insuffle de vie, ce qu’il m’offre de confiance, de joie. Je n’y arrive pas tout le temps. Alors je me replie comme pour étouffer mes maux. Je redeviens une enfant fragile qui dans le sommeil tente de se cacher, pour fuir la folie qui fait son lit dans le creux des jours.

J’écris, j’écris pour venir à bout de ce qui me retient, pour oublier les destins liés et le coeur trouble. J’écris pour me souvenir de la douceur de tes mains et la chaleur de ton sourire, pour ne pas oublier que c’est ce qui dans la balance pèse plus lourd que ce qui m’oppresse. J’écris pour comprendre pourquoi cette liesse puis pourquoi ce vide soudain.

J’écris pour les mots que je ne sais plus dire, pour ce qui reste un mystère, pour graver quelque part le bonheur, pour ne pas le laisser partir. J’écris pour garder de la substance quand tout s’évanouit. Et qu’il ne reste plus que des yeux humides pour dire les émotions, ma main qui cherche la tienne pour m’assurer que tout cela est bien réel.

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Dictée

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Nos soirées s’écoulent au rythme des mots à apprendre. Loulou ne manque pas d’imagination. Il réinvente, revisite avec délectation la langue française.

Les mots changent de forme et les verbes de terminaison. Les Majuscules manquent à l’appel et les minuscules font des courbettes. Les fautes se déguisent sous des couches bleu nuit.

Les phrases inventées ne veulent rien dire et nous font rire. Parfois on est tenté de pleurer quand “Avaique” s’écrit en lettres barbares. Les verbes en perdent leur latin, entre les “e” à répétition en guise de conjugaison.

Loulou invente des mots, est déjà tenté de faire de la poésie, comme sa maman. “Même (Maime)” s’écrit alors avec des mots d’amours et “Soleill” prend deux ailes pour nous réjouir encore davantage.

On s’invente des com-plexes et des con-textes en lieu et place de con-seils. On s’arme de patience pour venir à bout des exceptions à la règle, incompréhensibles, inexplicables.

On épelle les mots à la pelle, entre deux biscottes. On récite jour après jour les mots étranges quelque peu étrangers. On met du cœur à l’ouvrage pour que ça rentre sans ressortir.

On se tire les cheveux un peu et on s’amuse beaucoup!

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Un regard vers le passé [projet 52-2021] semaine 40

Un regard, juste un. Passé connu? Ou inconnu? Le passé n’a pas souvent bonne presse pourtant il est à l’origine d’aujourd’hui et il arrive qu’il renvoie aussi à des évènements heureux.

J’ai revisité quelque souvenirs grâce à ce thème et j’ai choisi la photo ci-dessous pour l’illustrer. Regard tourné vers un présent de croix blanches surplombant Paris. Souvenir d’un passé qui a vu mourir tant d’innocents “pour que les générations futures vivent libres.”

Le cimetière Américain de Suresnes Mont Valérien accueille les sépultures de 1.541 soldats américains tombés au cours de la Première Guerre mondiale et de 24 soldats inconnus, tombés pendant la Seconde Guerre.

Pour retrouver toutes les participations c’est par ICI!

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La saison de la Balance

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J’avais oublié – j’oublie, j’ai cette faculté – d’année en année ce mois si particulier, cet univers de la Balance en quête de l’équilibre juste. La rentrée est arrivée et avec elle, l’envie de profiter des derniers instants de félicité de l’été. La vie à deux a repris sans tension. J’ai lâché les réseaux, retrouvé une forme de sérénité, le gout d’écrire à nouveau ailleurs qu’ici. J’ai pris le temps de jouer, de lire, de découvrir. Avec lui.

Lui, qui doucement prend ses aises, passe du temps avec ses copains, se sent pousser des ailes sur son skate. J’ai un peu oublié les miennes au passage. Chasser le naturel, il revient au galop!

Du vrai temps, planifié, choisi, autre que les quelques minutes du soir et l’heure remplie du matin. Je me suis laissée entrainer par un gros ras le bol de toutes ces belles théories qui pullulent. Un si gros que j’ai oublié que tout n’était pas à jeter non plus.

Après une semaine sous l’eau à rêver de voyages à n’en plus finir, d’agendas à remplir, de réglementations COVID (vivement qu’elles disparaissent!), je sens le besoin d’une vraie pause. Finalement les vacances seront les bienvenues en fin de mois.

Je ressens aussi le besoin de faire le vide de certaines choses et le plein d’autres laissées de côté, l’envie de m’octroyer du temps, juste pour moi, un vrai temps de reconnexion. Finalement peut-être qu’un rendez-vous régulier est ce qui me convient le mieux, même si parfois ça me rajoute des contraintes supplémentaires.

La Balance. Encore et Toujours. Etre prêt à perdre le nord pour mieux le retrouver. Lâcher puis revenir. Faire des essais. Rien n’est écrit ni gravé. Tout à chaque instant est à réinventer.

Posted in Variations Littéraires, Extraits Livres Publiés

Balade poétique

A l’heure où le jour baisse ou se lève, je suis à ma table, crayon en main, carnet ouvert sur une page lignée. Un rituel d’il y a longtemps. Que ce soit pour noter les rêves de la nuit, pour mettre de l’ordre dans mes pensées ou juste mettre en forme ce qui me passe par la tête.

J’ai renoué avec la poésie, pas celle du coin de table, entre deux émotions. J’ai renoué avec celle des débuts, celle des premières rimes, celle né du déclin du jour sur un air de Van Morrison, dans une petite chambre d’un quartier Dublinois. La poésie aux accents anglais, la virevoltante dans l’air frais, la poésie de la pluie et des saisons.

J’ai retrouvé l’envie, celle d’écrire et de décrire le monde devant moi avec les vers d’autrefois. Ne plus seulement dire ce qui est mais le faire danser sous mes doigts et me joindre au ballet des mots.

J’ai décoré la couverture de mon carnet. Un écrin pour poser là tout ce qui passe. Un peu moins de chaos et un peu plus de paix. Tout ou presque de ce qui m’émeut et en plein cœur me touche. Un brin de nostalgie à l’écoute d’une chanson, les feuilles des arbres qui se transforment, les nuages en mouvement, un thé fumant.

Et si j’y arrive un jour, le sourire qui se dessine quand je le regarde vivre, rire surtout, oui rire aux éclats, inventer des monde à partir de trois fois rien. Et si je le peux, peut-être, la force élégante de ses mains, ce quelque chose d’insaisissable que je ressens quand mon regard se pose sur la contracture, le tracé des veines, la peau voyageuse.

J’explore des territoires jusqu’alors inconnus, je me laisse porter par ce qui vient, cet air transparent, le tumulte, le silence profond, la grâce de cette nouvelle saison. Et les mots s’offrent à moi comme si ils attendaient depuis longtemps que je retrouve le chemin des poèmes d’antan…

Posted in Challenge Ecriture

Challenge Ecriture – Fin

Photo by Vie Studio on Pexels.com

Il faut un début et une fin à tout. J’ai moins de temps et vous aussi. J’ai envie d’autres choses et vous aussi sûrement. Les idées ne manquent pas, mais je crois qu’il est temps de tourner la page de ce rendez-vous. Il y a bien un peu de nostalgie, de ce temps où les participations se comptaient sur les doigts des deux mains! Ce temps est révolu et ce n’est rien de moins, ni de plus que le cycle de la vie. “Go with the Flow”…

Merci à toutes celles et ceux qui ont participé, pour tout ce que chacun m’a apporté, de rires, d’émotion. Nous continuerons à échanger différemment et peut-être que de temps en temps je vous glisserai, ici ou là une idée, à décliner à votre façon!

Posted in Humeurs d'Auteur, Tout un poème

Le vent m’a soufflé…

Credit photo @mariekleber37

Les péniches d’un côté
Et les grands oiseaux blancs dans le ciel
Long-courriers solitaires attirant ton regard

Par un jour d’or
Aux rayons phosphorescents
Nous nous sommes retrouvés près de l’eau
Comme avant

Rien n’avait changé
Tout était à sa place
Comme si rien ne s’était passé
D’une pause à l’autre

J’avais la tête pleine d’idées nouvelles
L’envie surtout, l’impulsion des mots
Le désir des lettres qui sur la peau des jours
Chorégraphient un ballet

Je cherchais un titre qui parlerait
Des sentiments, leur mouvement imperceptible
Leurs émotions indescriptibles
Et de ces choses encore mystérieuses

Je flirtais avec le vent
Certaine qu’il me glisserait
Les premières notes
D’un nouvel essai

Et juste là où tu t’étais installé
Comme un clin d’œil à mes pensées
Un nom comme un poème
Sur la péniche d’à côté

Ce poème pour vous annoncer la sortie prochaine d’un nouveau recueil de poésie – Fin 2021 ou Début 2022. Son titre m’a été soufflé. Impossible donc d’y résister !

Posted in Challenge Ecriture

Challenge Ecriture 21

Deux petits pieds. Petits pas. Vie en dedans.

Valentin le sait. C’est Rose. C’est facile. C’est chaud comme le chocolat du matin. C’est réconfortant les jours de pluie aussi.
Rose et ses ballerines de toutes les couleurs, ses pieds tous fins, ses boucles brunes, ses yeux comme des bulles tombés des marronniers de la cour de récréation.
Rose c’est joli aussi, ça sent le parfum des fleurs, c’est rouge, c’est blanc ou jaune en fonction des saisons.
Rose, ça roule, c’est doux. Comme un murmure dans les couloirs, un vent d’été qui vient se perdre devant la fenêtre ouverte, un souffle près de son oreiller.

Rose ne le sait pas. Elle le pressent peut-être.
Rose, elle danse sans se soucier des regards. Elle a de la musique dans le sang et le sang couleur des prés.
Elle rit avec Valentin le soir, quand ils rentrent de l’école. Elle rit de sa bouche trouée et de ses dents mal arrangées.
Et elle laisse parfois sa main se perdre dans l’espace qui la tient un peu loin de Valentin, dès qu’il tourne à l’angle de la rue.

Valentine ne lui dit pas. Il regarde Rose et puis c’est tout. Tout se dit dans ses billes vertes. Et puis les mots il ne les a pas. Il ne sait pas.
Papa ne lui dit jamais et maman n’est plus là.
Rose le dit d’une autre manière, Valentin, le roi de sa terre. Elle s’accroche à lui quand l’orage gronde sous le préau. Elle lui lance des bisous les jours de départ en vacances du haut de son toit. Sa maman fait ça parfois.

Quatre petits pieds. Petits pas. Vie en dehors.

Retrouvez les participations ici: Chez Josée

***

Après les personnages, attachons-nous au paysage, à l’endroit, au lieu, à l’espace, celui dans lequel évoluent nos personnages ou bien celui dans lequel nous souhaitons les faire se rencontrer. Je vous propose une autre photo pour vous aider.

A mardi prochain pour suivre l’évolution de votre histoire!

Posted in Variations Littéraires

J’imagine le temps

Photo by Rene Asmussen on Pexels.com

J’imagine les vagues dans un songe
L’eau rédemptrice sur mes tempes
Le clapotis fiévreux de l’eau salée

J’imagine les paysages qui défilent
Les couleurs éblouissantes de la nature
Les kilomètres engloutis à vive allure

J’imagine les samedis matins
Le jardin, l’herbe fraichement coupée
Un livre laissé dans un coin

J’imagine les soirs d’hiver
Les cérémonies, les jours de marché
Les émois qui traversent les murs de pierre

J’imagine l’espace que tu occupes
Dans un grand éclat de rêve
Dans un grand bain d’ivresse

J’imagine la nuit et ses mystères irrésolus
Tes pas qui résonnent sur le bitume étranger
La symphonie de la pluie sur la transparence

J’imagine ton sourire accroché à la voute céleste
Les étoiles filantes arrachant des souhaits aux passants
La lune en quartier pour unique compagne de route

J’imagine le mouvement de tes pensées
Le flot ininterrompu des idées vagabondes
L’esprit occupé, constant, conscient

J’imagine ce temps
Etre au plus près de toi
Dans un présent à distance
Aujourd’hui et l’absence

Posted in Les Etats d'Esprit du Vendredi

Les Etats d’Esprit du Samedi 18.09.2021

Les états d’esprit, un rendez-vous que j’aime mais je ne trouve pas toujours le temps de l’honorer! Me revoilà pour cette semaine, avec en passant une pensée chaleureuse aux deux fondateurs de ce rendez-vous incontournable et fédérateur du vendredi (Zenopia et The Postman) ou autres jours!

Début [08:45]

Photo: Scène de rue – c’est où à votre avis dans Paris?

Fatigue: un peu plus présente cette semaine malgré de bonnes nuits mais avec des rêves qui brassent quand même!
Humeur: excellente
Estomac: tisane du matin en attendant le réveil de loulou
Esprit: tourmenté, puis stabilisé, puis posé
Cond. phys / Bien être. : Yoga et Premier cours de danse contemporaine – une maman d’un copain de loulou donne des cours dans un studio juste en bas de chez moi! Si c’est pas le bonheur ça!

Projet/Boulot: Une semaine de folie avec des journées bien remplies, des voyages à organiser et désorganiser, des réunions dans tous les sens, des dossiers qui avancent et d’autres qui reculent!

Culture: LIVRES: Mygale de T Jonquet, Siglo de Ragnar Jónasson (conseillé par ma libraire et plutôt agréable) FILMS / DOCUMENTAIRES: Jean Christophe et Winnie avec loulou et vidéos Youtube que je vous mets à la suite:

Penser à: envoyer à temps les cartes d’anniversaire!

Les jolis moments: temps de qualité avec loulou, le soleil, de nouveaux livres, danser, reprendre le chemin du blog, les mails envoyés et reçus des amies

Message perso: (1) pas été très présente cette semaine mais je pense à toi (2) bon weekend! (3) encore joyeux anniversaire! (4) vivement qu’on se voit!

Loulou: a repris le chemin de l’école mardi, fait du skate, adore ça, rechigne un peu pour aller au foot mais a quand même arrêté 2 buts, a un anniversaire “pêche” cet après-midi..

Amitiés : mais, cartes, coups de fils, nouvelles amitiés aussi et anciennes amitiés qui reviennent
Love : au boulot, loin, occupé, plein d’idées

Sorties : anniversaire pour loulou, marché et vieilles voitures demain
Essentiel: ma vie aujourd’hui et les personnes qui la composent
Courses: pour la semaine
Envie de: réussir à prendre du recul face à des évènements qui viennent toujours et encore me chahuter

Zic: The Barr Brothers – Even the Darkness Has Arms

Fin [09:10]

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Les jours de…

Les jours de pluie, j’écoute les gouttes en fête, leur musique intense, comme des battements de cœur, qui frappent les carreaux, le bitume, s’écrasent lourdement sur les corps, se déposent délicatement sur les fleurs. La nuit, la pluie m’apaise. Elle me chante une mélodie, celle des mots qu’on griffonne, avides que nous sommes de sortir nos tripes, nos rêves sur le papier fiévreux.

Les jours de pluie me ramènent sur cette terre si verte, là où mon cœur erre encore, le long de La Liffey, là où les souvenirs sont, pour toujours ignorants de la fin, pour toujours pleins de vie. Il me semble parfois les entendre frapper à la porte et alors j’ouvre pour passer un temps avec eux, un temps comme à part, temps des quatre saisons qui se mélangent, tant de rires et tant de ce sentiment d’être là où je suis.

Les jours de soleil, je goutte aux rayons qui sur ma peau laissent un baume brun, fragments de chaleur dont je me délecte, tant qu’il ne brule pas, tant qu’il ne me saoule pas. Je rêve alors de bord de mer, des vagues qui lèchent le sable et déposent sur le derme un sel aux accents de liberté.

Le soleil est le temps de la complicité, du présent, celui de l’amitié, un temps de partage, un temps pour être ensemble avant que la fin du jour ne nous pousse à rentrer plus tôt. Le soleil est la bénédiction de nos mains qui se frôlent. Il joue avec les contrastes et les couleurs, avec les ombres, les sens.
Les jours de soleil je me sens dans l’envie de jupes qui volent, de robes longues qui balaient le sol, de déjeuners en terrasse, de nos yeux qui se croisent et se disent tout sans qu’un mot ne sorte de nos bouches assoiffées. Un temps à dévorer.

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Nouveau Livre

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J’ai longtemps pensé qu’un évènement viendrait clore une séquence de vie, qu’il suffisait d’attendre. Comme on attend le départ d’un train, une semaine de vacances ou un quelconque déclic – le bon moment en quelque sorte!

Un départ, un divorce, une rencontre, un ou plusieurs déménagements plus tard. Et des centaines de mots mis bout à bout pour exorciser une tranche de vie. Je peux attendre encore longtemps. Parce que finalement n’est-ce pas moi qui suis aux commandes? N’est-ce pas à moi que revient le droit, le choix?

J’ai disséquer le passé, j’ai tout écrit, tout vidé et fut un temps c’était nécessaire, voir vital. Il fallait venir à bout de la colère, de la peur, du déni, de la honte, du chagrin, de la souffrance, des masques portés, des blessures. Que reste t-il de tout ça aujourd’hui?

Des cicatrices. Que le temps, la poésie, l’amour ont apaisé. Je pense aujourd’hui que nos expériences de vie sont ce qu’elles sont, elles ne servent rien en particulier, aucun dessein, aucun but précis. Pourquoi toujours vouloir chercher un sens? Pourquoi toujours vouloir que ça puisse servir aux autres?

Est-ce qu’elles nous rendent plus forts? Ca reste à prouver! Elles nous changent inévitablement. Cette parenthèse me donne d’être plus bienveillante, d’être davantage dans l’acceptation de l’autre, plus dans l’écoute et moins dans le jugement. J’y serai peut-être arrivée d’une autre manière!

J’ai perdu énormément de temps à vouloir pardonner, à tenter de porter un regard “positif” sur notre histoire. J’ai voulu être une fille bien. Quelle connerie!

Je n’ai pas de recette miracle à partager, je ne sais pas comment j’en suis arrivée là où j’en suis aujourd’hui. J’ai juste fait un pas après l’autre. Je me suis souvent perdue en cours de route. J’ai cherché dans la vie des autres des réponses à mes manques. J’ai voulu être différente. Je n’ai pas de conseils, d’avis, de solutions, d’idées sur la question. Je pense que je pourrais écrire encore et encore et encore sur le sujet, il y aura toujours quelque chose à dire, une ligne de plus à écrire. Sur hier et sur aujourd’hui. Il y aura toujours lui, son fantôme ou sa présence.

Mais je peux choisir de dire aurevoir. Je me sens appelée à vivre. Et la vie autour de moi, elle n’attend que ça, que je pose le point final. Au bout d’un moment on ne fait que disserter sur du vent, c’est lassant et le vent s’en moque! Je sais que certains, certaines aimeraient que j’en sorte encore des mots pour raconter tout cela. Je n’en ai plus envie. J’ai envie de soleil et de joie, de jouir de la vie, celle à laquelle je me suis accrochée finalement, de profiter des chances qui s’offrent à moi, de ne plus regarder une situation à la lumière de ce qui ne fut pas de l’amour. Je ne veux plus comparer ni tenter de convaincre qui que ce soit non plus.

Je suis riche de ce que je suis, de ce que je sais et de ce qui est là, à portée de regard et de cœur. Je ferme la porte. J’ouvre un nouveau livre…

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S’abandonner à vivre

Credit Photo@mariekleber37

Le monde restera toujours cette gigantesque énigme. Le monde du business, de l’argent, des idéologies, un monde à tant de vitesses que parfois rien ne sert d’y prendre part.
Le monde restera un mystérieux hémisphère duquel je m’approche un peu trop parfois, au risque de perdre de vue ce qui compte, là, maintenant.

Le soleil a des airs de trop peu. Alors je savoure chacun de ses rayons. La sensation du chaud sur ma peau me donne envie de rester encore un peu, assise là, sous le feu des projecteurs du ciel.
Le soleil et ta peau.
Et les sourires partagés.
Et les confidences.
Ta peau et les microsecondes d’un contact qui remplit mon être d’une force incomparable.
Et la vie qui bat.
Et les rires d’enfant à la surface.
Et le souffle du vent qui soulève le voile de ma robe.
Les sourires comme autant de « merci » partagés.
Et la passion d’un baiser.
Et la douceur d’un câlin.
Et la saveur d’un pat inventé.
Les confidences, comme autant de chance d’oser dire, d’oser être, de ne plus garder pour soi ce qui pèse, ce que l’on voudrait que la terre entière sache, que l’on cache par pudeur.
Et les souvenirs accrochés au dôme céleste.
Et les nuits d’étoiles filantes à émettre des souhaits, le cœur plein d’un rêve sans tâche.
Et les jours riches d’une vie sans âge.

Les rires, étouffés, fous à lier, dégringolant la falaise, les rues des villes, les routes de campagne, secousses improbables, joie qui fleurit derrière les visages fermés.
Le souffle comme un battement d’aile, un frôlement imperceptible.
Les sourires à en avoir les yeux qui pétillent et la bouche privée de mots.
La passion colorée, éphémère, spontanée, circulaire, inventive, espiègle, mémoire des sens en quête de beau.
La douceur, la saveur, concentré de tendresse, épure des gestes.
Les souvenirs, albums intemporels d’un temps qui nous garde pour toujours, insouciants, amoureux, sensibles, généreux.
Les nuits pour contempler, admirer, rêver sans s’arrêter et retenir le jour entre le coton joyeux du dimanche matin, sage les jours de classe ou imprégné d’un désir sans cesse réinventé

Le monde peut bien s’écrouler, il reste ce cortège d’espérances, toutes ces chances, opportunités saisies, mains tendues, amitiés sincères, liens qui nous hissent au sommet. Demeure la vie dans tout ce qu’elle a de plus surprenant et de plus évanescent. Tout est fragile et solide à la fois, tout passe et tout tient. Rien n’est écrit et tout est là pourtant, déjà.

Face à la folie, à la cruauté, à l’insensé, je voudrai retenir tout cela, tout ce qui a de la valeur, tout ce qui a du caractère, tout ce qui chaque jour nous enveloppe de chaleur et de la conscience que nous ne pouvons pas échapper au monde mais nous pouvons y faire face sereinement et en paix.

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L’empreinte d’août

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Les mois ont leurs empreintes. Echos multiples riches de souvenirs. Les mois se parent des couleurs de nos émotions. Ils sont fragiles à bien des égards et savoureux aussi. Les mois filent au gré des évènements qui construisent nos vies.

Août a le goût de toi. Le goût des premiers pas hors d’une zone protégée, armure portée pour ne pas flancher. Un regard pour effacer des hypothèses. Août a ce parfum féérique d’un temps qui se met en pause et d’une pause qui dure sous un soleil éclatant. Août a ce goût de liberté, surprise au creux des mains que je ne cesse de contempler. Même au milieu des doutes, c’est août qui revient, sa lumière, ce sentiment d’appartenir à un autre univers, un cocon dans lequel il n’y aurait rien d’autre à faire, qu’être.

Août c’est toi, que le soleil soit de la partie ou pas. Il n’y aura jamais assez de mots parce que les mots ne peuvent tout dire. Et c’est peut-être aussi bien comme ça.

Août a une saveur particulière chaque année, une année de plus sur le calendrier, une année qui se déploie avec majesté. Avec toi. Dans un coeur à coeur qui me laisse sans voix.

J’ai accueilli août dans un frisson. Celui de ta main qui se pose sur ma peau. Me voilà rendue à la vie, fragile. En équilibre je reste, comme au dessus du vide. Il y a cette évidence, mais il y en a eu d’autres alors j’esquisse un pas vers toi, retenue par mille fils invisibles. Toi, tu sembles voir au-delà et c’est au contact de ton audace que la mienne doucement se dévoile.

Août, à quelques jours de la rentrée, comme une bulle dans laquelle je peux me poser, profiter de toi, retrouver la sensation exquise d’un partage, la douceur de ta peau, la tendresse de ton regard, le manque qui s’éclipse, cette force que tu me transmets juste en étant là.

Août comme un départ léger, un temps sans questionnement. Se souvenir et puis se taire. Pour apprécier ce qu’il est donné de vivre.