Posted in Carnets de route

J’en ai déjà marre…

Crédit Pixabay

Ca y est, tout le monde reprend le chemin de son blog…

Tout le monde nous invite à vivre le confinement comme une aventure extraordinaire, qui nous offre la chance de revenir à l’essentiel, à ce qui compte. Tout le monde nous exhorte de ne pas céder à la panique à l’idée de passer plus de 15h par jour avec nos conjoints, enfants. Tout le monde vante les mérites de cette pause imposée, de ce temps pour se reconnecter à soi, lire, créer, imaginer, rêver, apprendre, reprendre le contrôle de sa vie…

Je vais être franche, je suis déjà saoulée. D’abord parce que pour beaucoup cette pause ressemble davantage a un parcours du combattant qu’à un long fleuve tranquille, que beaucoup de personnes sont isolées, sans contact, que dans les familles où la violence règne, le confinement amplifie les risques. Parce que beaucoup vivent dans de petits, voir de très petits espaces, vont de logement en logement, n’ont pas d’eau chaude ou de chauffage, d’endroit décent pour vivre. Parce que beaucoup n’ont plus de travail ou doivent arrêter le leur pour s’occuper de leur famille.

J’en ai déjà marre de ceux qui se plaignent parce qu’il fait beau dehors et qu’on ne peut pas en profiter (oui quel grand malheur!), ceux qui aimeraient bien déroger aux règles (il parait que grâce à cette crise on sera moins individualiste, j’attends de voir…), ceux qui nous font la morale sur la peur, etc…

Ceux qui nous parlent de solidarité (je n’en ai pas vue la queue d’une cerise pour le moment!), ceux qui ne comprennent pas les enjeux et font comme si ce n’était rien, ceux qui pensent que toutes les familles sont sur un même pied d’égalité.

Tous ces discours (qui partent certainement d’un bon sentiment) m’exaspèrent, ils ne prennent en compte qu’une réalité. Il y en a tant. Ils sont comme des injonctions, encore, à être, faire comme. On a beau dire qu’on veut sortir de ce schéma, on n’y revient sans cesse.

Et dans ce tant, combien sont ceux qui pourront vraiment le mettre à profit, combien sont ceux qui s’en sortiront sans bleus à l’âme, sans parler de bleus au corps, combien sont ceux qui en sortiront plus “vivants” qu’avant, plus disponibles pour les autres?

Seul l’avenir nous le dira. En attendant j’ai une pensée particulière pour toutes celles et ceux qui ne rentrent pas dans toutes ces cases bien jolies et qui chaque jour gèrent leur quotidien du mieux possible (dans les rires et parfois les crises aussi!)