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Qui suis-je?

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C’est souvent une question que je me pose.
Qui suis-je au delà de ce que je ne suis pas?

Si je ne suis pas une chose ou une autre, est-ce par peur ou juste parce que telle ou telle chose ne me parle pas, ne correspond pas à mon état d’esprit, ma façon de fonctionner?

Si je ne suis pas ambitieuse, compétitive, si je n’aspire pas à devenir propriétaire, si je ne désire pas traverser le monde, si les défis ne m’attirent pas plus que ça, est-ce que je me mens à moi-même? Suis-je moins que les autres, moins que ceux attirés par l’excellence, les grands horizons, moins que ceux qui s’engagent pour des causes, se lancent dans de grands projets?

Où est-ce que je me place dans la grande toile de l’humanité?

Je ressens l’envie d’être et de vivre, vivre à ciel découvert, profiter de chaque instant.

Oui, j’ai eu des grands rêves, j’ai tiré des plans sur la comète et puis un jour, j’ai tout quitté.
Je sais que rien ne nous appartient sur cette terre, que tout peut disparaître d’un instant à l’autre. Tout est si éphémère, l’argent, nos possessions, nos désirs, nos amours.

J’ai voulu laissé mon empreinte. Et puis je sais aujourd’hui que celle-ci disparaîtra aussi. Bien sûr certains noms demeurent, certains êtres qui ont marqué le monde par leur art, leur sagesse, leur voix, leurs mots, leur engagement.
Mais était-ce leur souhait premier, être reconnu comme, être connu? Ou bien cela s’est-il fait à leur insu?

Et si moi ce que je voulais, c’était tout simplement apprendre à me connaître, m’accueillir, m’aimer, apporter du bonheur, du bien-être, de la joie autour de moi?
Si mon seul souhait c’était d’être une observatrice sereine du monde, vivre sans juger, aimer sans attente, sans manque?
Et si mon unique défi, c’était justement d’arrêter de me comparer, de faire confiance à cette petite voix qui me dit que tout est là, maintenant, qu’il n’y a rien à chercher, tout à expérimenter. Sans attente de résultat, encore une fois!

Et vous, vous posez vous cette question?

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Au temps du trop…

@MarieK

Trop
Trop d’idées
Trop de pensées
Trop d’information
Trop de mots
Trop de tout. Je m’y perds.

Comment font les autres dans ce trop plein constant? Comment entendent-ils leur voix? Comment font-ils leurs choix? Comment saisissent-ils leurs pensées? Comment savent-ils qu’elles leur appartiennent?

Trop de plein et pas assez de silence
Trop de sujets en boucle
Trop d’avis pour se faire le sien
Trop de bruit, partout, toujours
Trop d’instantané

Je veux retrouver le calme d’avant
Avant le flot incessant des choses à portée de clic
Retrouver le chemin des jours loin
Loin du chaos qui me remplit de tremblements

Plonger dans le vide
Réapprivoiser l’ennui
Ma saouler de temps qui dure
De temps que l’on prend
Sans urgence, sans violence

Comment les autres s’apprennent-ils dans ce chaos permanent? Comment se définissent-ils? Où trouvent-ils le temps pour l’introspection ou pour simplement profiter du présent? Comment identifient-ils leur ombre et leur lumière au milieu du vaste champ des opinions des uns et des autres, entre les différentes injonctions à portée de réseau?

Ce n’est que dans le moins que je retrouverais le chemin vers une vie plus harmonieuse, un quotidien plus serein, une identité plus vraie.
Un cheminement qui demande, non de se couper du monde, mais d’apprendre à vivre sans, sans cette permanente connexion au trop, sans cette communication omniprésente, sans ce surplus d’information, sans cette course à une quelconque reconnaissance, juste en me faisant confiance, en revenant au cœur, à ce qui fait sens pour moi, en m’accueillant dans ce que je suis, une et multiple à la fois.

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Ce coin de bord de mer

@mk

Je me suis toujours dit, si un jour il ne reste rien, si je perds tout, il restera ici. Ici, la-bas, ce coin de terre au bord de la mer, cet endroit dans lequel tout est, dans son plus simple appareil. Ma nature a moi, mon oxygène, ce qui m’a tenu lieu de passerelle, ce qui m’a maintenu debout. La mer et l’horizon. Pas une mer bleue qui fait rêver, une mer qui sans cesse se retire, charrie la boue et se creuse, sans cesse revient sur la rive.

Il y aura toujours mes pas et ceux des autres avant, ceux qui ne sont plus et quelque part toujours habitent ces lieux. Il y aura toujours ce souffle qui réveille et le vent sur les marais.

Il y aura les yeux de mon grand-père et ses histoires farfelues, les bottereaux de ma grand-mère dégustés au petit matin avec un bol de Banania, le bain du soir dans une grande bassine verte, la chambre aux dessus-de-lits recouverts de scènes de chasse. Il y aura le rire de mon cousin, un rire chantant qui nous emmenait loin. Il y aura toujours la maison et les placards remplis de biscuits dégoulinants de bons sentiments, boudoirs, pingouins, petits beurres. Il y aura les courses le matin et le rideau multicolore du poissonnier, nos têtes dégoutées devant les abats du boucher, le petit chemin que nous empruntions pour nous y rendre, qui le temps de quelques minutes nous offrait la liberté de courir sans nous préoccuper du monde. Il y aura toujours ces souvenirs d’enfance, heureux, les compotes de pommes et les confitures de pèche, les chevreaux nourris au biberon, derrière la porte, au fond du jardin. Même si depuis, mon grand-père est mort, la maison a été vendue, les terrains transformés, si aucune rire ne résonne, ils appartiennent tous au passé. Les images restent comme autant de richesses à partager.

Ce texte est ma participation au rendez-vous proposé par Julie autour de nos souvenirs d’enfance.

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On ne va pas en faire tout un plat…

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Justement non.

L’idée première de cet article a cédé sa place. J’ai bien trop écrit sur cette histoire, sur les maux, sur le silence, sur tout ce qui déconstruit et empêche même de respirer, sur la colère, la peur (là on peut vraiment la nommer parce que le danger est bel et bien réel).
Beaucoup écrit sur ce qui n’avait aucun sens.

Comme le dit si justement Sand dans un de ses article: Ne pas oublier qu’il n’est pas ” les autres “.
Ça coule de source. Et pourtant ce n’est pas toujours si évident surtout quand un petit quelque chose vient raviver la flamme des mauvais souvenirs.
Il est naïf de penser que nous pouvons les faire disparaitre. Ils existent. Par contre nous pouvons à chaque instant leur dire “non”. C’est notre seul pouvoir, de les empêcher de venir perturber notre présent. Ces souvenirs n’ont rien de bon à nous apporter.

Il faut bien avouer qu’au départ c’est troublant, quelqu’un qui s’intéresse à vous et qui vous trouve aussi assez intéressant(e) pour avoir envie d’être avec vous. C’est presque incongru. Généralement vous vous touchez cinquante fois dans la journée pour vous assurez que c’est bien vrai, que c’est bien vous et que l’autre existe et qu’il n’a pas du tout l’air de faire ça par dévotion ou avec l’intention de vous “posséder”.
Oui comme on possède une table, un canapé. Un objet du décor quoi!

Il a l’air très bien, même épanoui. Et même vous, vous vous sentez bien. Plus besoin de faire semblant. Vous pouvez vous exprimer sans crainte que cela explose, vous pouvez avoir des envies, dire oui, dire non. Vous vous sentez en phase et vous intégrez que vous avez même le droit de ne pas être d’accord et que cela ne va pas changer la profondeur de vos sentiments. Vous découvrez la vie sans cri, sans silences, sans portes qui claquent, sans cette impression de toujours être à côte de la plaque, sans cette sensation de ne jamais être assez.

Je crois qu’il faut du temps pour se réapproprier son corps, son identité, sa valeur. Et de la volonté pour ne plus laisser le passé l’emporter. Il est, bien heureusement, derrière nous et moins nous nous intéresserons à lui, plus son énergie diminuera. Ce qui implique qu’au préalable nous ayons bien entendu travaillé dessus, que nous l’ayons compris et intégré. Sinon c’est juste reculer pour mieux sauter!

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En quête de simplicité et de conscience

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Il ne m’est pas toujours aisé de poser des mots sur mes ressentis. Parfois ça prend du temps, de comprendre pourquoi, pour ensuite poser les bases d’un nouveau départ.

Ces derniers jours, je sentais comme un trop plein, que pour une fois je n’ai pas tenté de combattre, mais que j’ai accueilli, avec la conscience que tout bouge dans l’existence et que tout arrive à point nommé, avec un peu plus de neutralité et moins de mental que d’habitude.

On parle beaucoup de surconsommation. Elle existe belle et bien et pas seulement d’un point de vue matériel. Les réseaux sociaux, les newsletters, les programmes de coaching, de développement personnel qui jurent avoir le clé à tous les maux de notre siècle, les livres, les lives, les vlogs, les podcast et j’en passe certainement. Nous luttons pour consommer mieux et nous oublions la pollution quasi permanente de nos cerveaux. Nous ne jurons que par le bio, l’écologie et nous passons des heures sur notre téléphone portable, de peur de “rater” quelque chose.

J’avoue que par moments cette avalanche d’idées me perturbe. Je me sens tiraillée entre toutes ces propositions. Je me sens un peu prisonnière d’un système où il faudrait absolument être au courant de tout à tout instant, mettre des centaines d’euros dans des dispositifs qui – croix de bois, croix de fer – vont m’offrir la solution, vont répondre à mes questions, m’apporter le réconfort que je cherche depuis longtemps.

On parle de plus en plus d’influenceurs et pour cause. La majorité de la population déteste le lundi et attend le weekend avec une impatience non feinte, rêve de ses prochaines vacances au moment même où les précédentes s’arrêtent, est en quête omniprésente d’elle même, sinon elle ne serait pas obnubilée par ce petit écran qui la sépare du monde.

Je n’ai jamais été très réseaux sociaux, je déteste m’inscrire à une newsletter et recevoir un mail par jour qui me vante les mérites du Programme Miraculeux, voir ma boite mail crouler sous les messages de ventes privées. De temps en temps, je fais le tri. De temps en temps, je déconnecte, je coupe Instagram, je supprime les notifications. Je n’allume pas la télévision. Je laisse mon téléphone à la maison quand je pars me balader.

Je libère de l’espace dans mon esprit. Je fais de la place pour revenir à ce qui compte. J’apprends à vivre sans pour mieux être dans ce qui fait sens, pour moi, à cet instant là. Je recherche quiétude et simplicité dans un monde qui va très vite et qui, si on ne fait pas attention, nous fait perdre la conscience de nos actes. Voilà, je veux retrouver la conscience, faire des choix qui me correspondent, ne plus me vautrer dans ce luxe illusoire de l’argent qui achèterait tout, même la paix de l’âme.

Ma paix à moi, elle existe dans les moments simples, les partages du quotidien, un bon repas, un livre qui me transporte, la mer et le bruit des oiseaux au petit matin, regarder les nuages bouger et y voir des visages, méditer, prier, me reconnecter à la terre, au vent, à la danse de mes pas, à la musique de mon cœur.

Et vous, comment vivez-vous cela? Arrivez-vous à déconnecter? Vous sentez-vous libres ou bien pris dans un engrenage? Pensez-vous que vos choix sont conscients ou dictés par les influenceurs modernes?

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L’écriture, cet acte thérapeutique!

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Nous n’écrirons pas tous des chefs d’œuvre, nous ne serons pas tous publiés, nos mots ne trôneront pas tous sur l’étagère d’une librairie ou d’une bibliothèque. Mais nous pouvons tous mettre un mot après l’autre, laissez nos cœurs se libérer sur le papier, laisser les mots nous guérir. En profondeur.

Nous n’avons alors pas besoin d’un plan précis, il nous suffit juste d’oser, d’oser nous lancer pour évacuer ce qui nous touche, ce qui nous fait faillir, ce qui nous empêche d’avancer, d’exister. Ça pourra prendre différents formes. Il n’y pas de modèle, pas de cadre à respecter, ce sera spontané.

Parfois nos souvenirs sont trop lourds à porter, nos émotions trop fortes à supporter. Parfois nous ne savons plus où nous en sommes. Certains choix parfois sont nécessaires. Et notre esprit se perd entre doutes, envies, contradictions, interrogations. Où en sommes nous? Qui sommes nous?

L’écrit nous offre de lâcher prise, de tout lâcher. Nous n’avons plus à paraitre, à donner le change. Nous n’avons plus à faire attention à nos mots, nos pensées pour ne pas blesser l’autre. Là dans cet instant. Les mots nous invitent au partage de ce qui ne peut être dit de vive voix, ce que nous n’arrivons pas à articuler.

Vous ne savez pas par où commencer?
Rien de plus simple, un crayon, du papier et quelques minutes de calme. Allez-y. Laissez les mots couler. Peut-être que ça restera superficiel, peut-être que vous accoucherez d’un texte auquel vous n’avez pas pensé. Peut-être que ça viendra réveiller autre chose en vous. Et il faudra laisser couler l’encre encore un peu.

Écrire les souvenirs m’a permis de les digérer, de comprendre, de pardonner, d’avancer.
Écrire le présent me permet de mieux accepter mes émotions, de les accueillir puis de les laisser partir.
Écrire les maux pour mieux vivre.
Écrire le beau aussi, la joie intense, les sourires sublimes.
Écrire ce qui me tord les boyaux, ce que je tente de retenir mais qui finit par peser trop lourd.
Écrire la joie et le chagrin.
Écrire ce qui nous chamboule, ce qui nous fascine, ce qui nous fracture.
Écrire pour choisir.
Écrire face à toutes ces montagnes qui nous semblent impossibles à gravir, l’avenir qui nous impossible à construire.
Écrire tout ce qui nous échappe…

Et vous, l’écriture thérapeutique ça vous parle? Vous pratiquez?

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Rétrospective 2010-2019

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Ce que j’aime (depuis dix ans) dans le fait de tenir un blog orienté “humeurs” c’est de voir au travers des articles mon évolution personnelle. Je tiens un journal en dehors mais ce dernier est devenu plus créatif au fil des ans. J’y mets moins de mots, plus de collages, de dessins, de pensées en passant.

Il s’est passé énormément de choses au cours de ces dix dernières années, tellement que je me demande parfois comment tout s’est mis en place!

2010, c’est l’année de création de mon premier blog, pour partager mon expérience Irlandaise. C’est aussi celle du début de la descente aux enfers, l’année de la rupture avec ma famille, des heures d’attente et de silence, l’année où j’ai eu envie de me foutre en l’air (ce n’était pourtant que le début!)

2011, la descente continue. Les moments de bonheur se comptent sur les doigts d’une seule main. On reprend le contact avec ma famille, l’équilibre est ultra fragile. C’est l’année de mon mariage et de la mort de mon filleul. Je coule, j’ai envie que quelqu’un le voit mais je suis incapable de le dire.

2012, la descente continue encore et encore. Il y a une lueur à l’horizon le jour où je découvre que j’attends un enfant. Le silence se fait de plus en plus pesant, j’ai l’impression d’être l’ombre de moi-même. Je marche sur des œufs en permanence. Puis un soir je quitte tout. Retour en France, le corps, le cœur cassé, le mental martyrisé, mais vivante.

2013, je donne naissance à mon fils, dans la joie et les larmes. Je suis terrifiée, je vis dans la peur et sa présence m’apaise au fil des jours. Je ne vais pas mourir. Je vais me reconstruire, reprendre tout depuis le début, de toute façon il ne me reste pas grand chose. Je trouve un travail un Paris, je pars en le laissant la semaine chez mes parents. C’est un déchirement autant qu’un apaisement. Je crée mon Blog L’atmosphérique.

2014, mon fils et mes parents me rejoignent sur Paris. On commence une cohabitation à 4 dans 40m2. Le divorce est engagé, mon fils voit son père tous les quinze jours dans un centre médiatisé et nous avons entamé une médiation. Je fais face avec le cœur en vrille. Les menaces sont monnaie courante. Je résiste tant bien que mal, je replonge parfois et c’est très déstabilisant. Je commence un nouveau boulot.

2015, il n’y a plus de visites mais le divorce me prend beaucoup d’énergie. La cohabitation familiale est délicate. Je sombre souvent. J’ai l’impression de me prendre des claques à chaque pas en avant. Mes parents commencent à parler de séparation. Je me sens comme une enfant face à deux parents qui se déchirent. Mon fils grandit bien mais je suis toujours pleine de peurs quant à ma responsabilité et mon engagement.
J’autoédite mon premier recueil de poèmes et je reçois des retours très touchants qui me motivent.

2016, on vit enfin tous les deux, mes parents ont acheté sur Paris. Je respire. Même si j’ai des gros moments de blues. Je suis à bout et ma colère peut exploser à tout moment. Je cogne dans les murs et je m’en veux terriblement d’offrir ce spectacle à mon fils. Ma psy dit que j’avance, qu’il faut être patiente. Le divorce est enfin prononcé, quatre ans après la séparation. La reconnaissance de ces 4 années de violences psychologiques n’a pas l’effet escompté. Je suis toujours profondément meurtrie.

2017, la lumière revient doucement, la douceur de vivre à la maison. On trouve un équilibre familial. Loulou rentre à l’école. Je m’inscris sur un site de rencontres, qui sait, je me sens prête à rencontrer du monde. Aout marque un tournant, ma vie sentimentale prend des couleurs. Je vis sur un nuage et je me dis qu’au fond j’ai le droit moi aussi au bonheur. Je l’écris d’ailleurs. Même si énormément de blessures refont surface.

2018, j’ai l’impression de n’être que mes blessures, que ma peur, que mon corps abîmé, que mon passé. Et pourtant, il est là, il m’écoute, il m’aide à reconquérir cette part de moi que je croyais à tout jamais perdue. J’ose davantage. Je me sens encore “pas assez” trop souvent, je ne sais pas si ça va durer mais je vis chaque instant, je savoure l’amour. J’ai l’impression de revenir à la vie, à la joie.

2019, c’est l’heure des grands changements! Je m’ennuie au boulot et je débute un coaching pour faire le point. Je prends la décision de changer d’orientation professionnelle. Je déménage. Loulou rentre en CP. Une amie nous quitte, à 33 ans, c’est un choc duquel je me relève difficilement. 2019 c’est aussi l’année des mariages et de l’amitié. Je guéris encore et toujours, je prends confiance, l’amour me transporte toujours autant – dans son regard, j’existe!

Et nous voilà en 2020! J’aime la rondeur de cette année que je pense riche de promesses, de projets, de guérison, de douceur, d’envies à deux, de communication positive en famille, d’affirmation de soi, de confiance, de création. Je suis prête à la vivre pleinement. Et vous, ces dix dernières années, ça donne quoi?

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Au cœur du traumatisme

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10h00:

Je me dis souvent que je ne veux plus parler du passé. Et il revient sur le devant de la scène. Comme ce matin, dans le claquement brutal de la porte d’entrée, une expression dans le regard, des mots qui me percutent de plein fouet. Et alors revient cette sensation, si familière, si ancrée et que je tente par tous moyens d’accueillir et de laisser passer, cette sensation de n’être “rien”.

C’est une attitude, une façon de dire, un rictus. C’est comme une claque qui arrive de nulle part et qui me terrasse.

On dit que le traumatisme est digéré quand plus rien ne vient le réveiller. Le mien est donc encore bien vivant. J’ai beau travailler dessus, j’ai beau gagner en confiance, il y a encore une faille, une cicatrice qui s’ouvre à chaque fois.

Avec certaines personnes, ça passe vite, parce qu’il n’y a pas d’affect ou bien parce que je n’ai pas l’impression d’avoir quoi que ce soit à prouver. Mais dans le regard de mon fils, je vois le mépris de son père. C’est terrifiant. Je prends énormément sur moi pour faire face quand ma première réaction serait de tout laisser là, de partir loin. Je ne le peux pas, alors j’encaisse en tremblant, je crie intérieurement. Avant je tapais dans tout ce qui passait, pour que la douleur cesse. On peut au moins dire que je progresse.

C’est assez déstabilisant comme situation. Bien sûr que cela n’a rien à voir avec mon fils et tout avec moi. C’est à moi de faire la part des choses, de poser mes limites. J’ai l’impression d’être dans une impasse. Chaque jour je me félicite d’avoir tenu, d’avoir réussi à maintenir une harmonie fragile. Et le jour d’après je m’écroule, j’ai l’impression que l’histoire s’écrit encore et toujours de la même façon et que je n’arrive pas à y mettre un terme.

Bien sûr que je suis épatante, la plus merveilleuse des mamans, le meilleur exemple pour mon enfant – c’est vous qui allez me dire ça et ce matin ça sonnera très faux – mais dans les mots et le regard de mon fils ce matin je n’ai vu qu’une colère immense, un mépris que je ne sais pas gérer.

Je ne veux plus être une victime. Alors j’écris, je décortique, j’essaie de comprendre, de trouver des pistes. Je m’escrime à vouloir sortir de cette situation de crise. Je ne veux pas m’avouer vaincue. Cela n’en reste pas moins très compliqué à vivre ai quotidien. Alors je laisse les larmes couler sur les maux. Et j’essaie au fil de la journée de déblayer le terrain pour aborder la soirée le plus sereinement possible.

Moi qui suis plutôt du côté de la vie, dans ces moments là le néant me rattrape et je donnerais tout pour que cesse cette douleur, pour que se ferme la blessure, pour que je puisse respirer sans me sentir prise dans un étau, prisonnière d’un chaos que je ne sais maitriser.

16h30:

J’ai souvent été de celles qui disaient “il ne faut pas hésiter à se faire aider”. Je crois que le temps est venu de regarder les choses telles qu’elles sont: ma difficulté à trouver ma place dans ma vie de mère et ma place d’adulte dans ma lignée familiale. Il est temps de faire face et d’oser demander de l’aide pour une vie plus saine et sereine.

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Par delà les masques qui nous protègent…

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On s’adapte tous, au quotidien, aux situations de vie, aux rencontres, en fonction de nos obligations, de nos contraintes. Parfois on en a conscience et tant mieux. Parfois non et c’est bien là qu’est le souci. On ne sait plus quand on porte ou non un masque. On est tellement adapté qu’on oublie qui l’on est.

J’ai longtemps été dans l’adaptation constante, ne montrant ma vérité qu’à un ensemble très restreint de personnes. Et encore, j’avais plus l’impression de me rebeller contre l’autre établi qu’être vraiment moi. J’ai longtemps été incapable d’exprimer mes envies, de faire des choix, préférant laisser l’autre décider à ma place. J’ai longtemps porté un masque sans m’en rendre compte.
Et quand il a fallut répondre aux questions “qui suis-je? Qu’est-ce qui me motive? Quels sont mes désirs?” je me suis retrouvée face à une montagne à gravir. Il fallait creuser loin pour revenir à mes origines, débroussailler un terrain miné.

On ne va pas dire que je suis sortie d’affaire, loin de là. Mais j’ai davantage conscience des situations dans lesquelles je fais attention, dans lesquelles je marche sur des œufs ou j’adapte mon comportement. Je pense être plus naturelle, plus spontanée, moins dans le contrôle qu’avant.

Même si le gros travail vient de soi, il faut aussi prendre en compte les personnes autour. Certaines nous mettent à l’aise, d’autres pas. Certaines nous acceptent tels que nous sommes, d’autres ont plus de mal. Certaines sont elles-mêmes mal à l’aise et sur la défensive.

Être avec l’autre, sans fard, sans masque, c’est très certainement ce qu’il y a de plus beau, ce à quoi nous aspirons tous, sans pour autant pouvoir le vivre pleinement. Et quand on y est, quand on ne le touche plus seulement du bout des cils comme un rêve inaccessible, alors il y a comme de la magie dans l’air, une porte qui s’ouvre, l’océan à portée de voix, la vérité nue qui nous attire entre ses bras.

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Au cœur de moi

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Parfois je ne sais pas, je ne saisis pas. Le trait d’humour, la parole légère. Parfois je surfe dessus et parfois ça vient, une fois de plus, appuyer là où ça fait mal. Comme si il y avait encore des choses à sortir, encore des blessures mal guéries, des cicatrices trop fraiches qu’un simple effleurement réveille.

Parfois la vie des autres, leurs choix, leurs projets, leurs envies me renvoient à mes propres peurs, pas celles que je connais, celles que je cache bien profondément, que j’oublie, auxquelles je ne veux pas penser parce que ça me donne le vertige. Et dans la conversation je dérive vers ce qui ne fut pas, ce que je n’ai pas connu, ce que j’ai évité, ces pas que je n’oserais peut-être jamais, ces sentiments qui ne resteront vivants que dans le présent, sans lendemain.

Parfois je me perds encore dans mes contradictions, dans ce que j’ai et ce que je voudrais avoir, ce que je ne m’autorise pas à demander, à être peut-être bien.

Parfois ça fait encore un peu mal et alors je sais que je viens de passer un cap et qu’un autre m’attend. Un virage qui chaque fois me demande d’aller encore plus loin, à l’intérieur de moi, pour faire tomber les barrières, regarder en face les limites que je m’impose, mes angoisses pour les dépasser.
Tout est mouvement. Les cycles se suivent et ne se ressemblent pas. Tout est en construction sans cesse. Tout est redéfinition de mes priorités, de mon équilibre à chaque instant.

Chez vous, comment ça se passe? Comment gérez-vous vos peurs, vos contradictions? Vos blessures appartiennent elles au passé ou se rappellent elles encore à vous de temps en temps?

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Dans ma calebasse!

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Dans ma tête, ça bouillonne. Sans cesse. C’est la grande foire du mois, pas une minute de répit. Les idées se bousculent et me bousculent parfois. C’est sans fin. Ça vient, ça part, ça s’installe pour quelques minutes ou ça prend ses aises.

Dans ma tête, on ne s’ennuie pas. Il y a toujours quelque chose à faire, une pensée qui se balade, un sujet qui m’interpelle, une phrase qui fait naitre une ribambelle de questions.

C’est loin d’être un grand bazar, puisque je m’y retrouve assez pour mener une vie normale. Mais j’avoue que ça a prit du temps. A une époque, j’étais sous l’eau, incapable de gérer ce flux continu d’informations. Depuis, j’ai appris à me poser, à noter, à méditer aussi. Une pause salutaire sans parasite. Lire, cuisiner, découper, coller, peindre, jouer, rire… Juste être là dans ce que je fais.

Avant la nouvelle vague. J’écris beaucoup justement parce qu’une fois posées je peux classer les pensées. Je mets de l’ordre, je tri, je lâche ce que je juge sans intérêt et je me concentre sur ce qui mérite une attention particulière.

J’ai lutté contre mon caractère et je me suis fait du mal. Aujourd’hui je suis dans l’accueil de ce petit vacarme intérieur. Je travaille sur moi, je cherche à comprendre plein de choses. Je suis curieuse du fonctionnement de l’humain. Je crois que c’est ça mon moteur, la passion de l’autre et de nos manières d’interagir, d’être, de vivre. Je me libère en continue d’attaches, de limites. L’autre étant mon meilleur miroir, j’apprends de lui aussi.

Je sais toutefois m’émerveiller, profiter de l’instant, le saisir aussi, le respirer, l’intérioriser.

Et puis ça repart. Mais quand on a réussit à reprendre sa respiration ça va beaucoup mieux!

Et vous, ça fonctionne comment dans la vôtre?

Ps: Merci Marie pour ton commentaire à l’origine de ce billet.

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Pourquoi je n’arrive pas encore à faire la paix avec mon éducation

Helena@ Pixabay

Je me pose pas mal de questions en matière d’éducation en ce moment et voilà que ce matin, au réveil, j’ai réalisé que j’étais toujours en phase de guérison par rapport à mon enfance.

Et pourtant j’ai eu une enfance de rêve! J’ai eu des câlins, des “je t’aime”. On m’a consacré du temps, on m’a donné de l’attention. J’ai été désirée, aimée, choyée. Même adorée, par mes grands parents maternels.
J’ai été l’enfant parfaite – calme, sage, qui dormait bien, mangeait bien – pour mes parents.Je garde des souvenirs merveilleux de ma petite enfance.

Ma sœur est arrivée et on peut dire qu’elle a mis les pieds dans le plat direct. Nous n’avons pas vécu les choses de la même manière.
Elle a fait sa crise d’adolescence à trois ans!
Moi, j’ai pris la douleur de l’enfance maltraitée de ma mère en pleine figure. Elle ne me l’a pas demandé mais avec ma sensibilité et mon niveau d’empathie, je me suis sentie pleinement impliquée dans cette quête. Inconsciemment, elle a répondu à mes attentes en nous demandant d’être des petites filles modèles, de ne pas faire de vague. Tout ce qui était hors du cadre était comme un coup de poignard, qui venait mettre à mal les efforts qu’elle faisait pour sortir la tête de l’eau.

Je crois que mes parents n’ont jamais saisi que nos éventuelles crises, nos mécontentements, nos erreurs, nos errements n’étaient pas des actes contre eux, mais juste notre manière d’être, d’appréhender le monde à notre façon.
Plus tard mes choix amoureux, mes envies d’ailleurs furent considérés comme un rejet et non comme des expériences de vie.
Et puis mon mariage, ma séparation, les heures noires furent des grandes déceptions pour eux et une occasion supplémentaire pour ma mère de culpabiliser davantage, de ne pas avoir été à la hauteur de sa tâche, de ne pas avoir su faire, avec moi surtout. Alors même que personne n’est vraiment responsable. C’est arrivé. Et c’est passé.

Nous avons vécu en tant que famille et jamais en tant qu’individus. Nous avons vécu comme les membres d’un seul corps. Nous n’avons jamais vraiment expérimenté la plénitude parce qu’il y avait toujours quelqu’un qui souffrait dans ce quatuor, parfois très oppressant.

Quand mes parents me voient, ils voient l’erreur, l’échec, le combat, le mien, le leur. Ils me regardent avec mon fils et cela leur fait mal. Une fois de plus ce n’est pas mon histoire ni mes sentiments. Oui mais, c’est ma famille…
Et au quotidien, ils sont là, prennent soin de mon fils, prennent part à sa vie. Ils sont présents, aidants, attentifs.

Trop sûrement et c’est ce qui me gêne pour faire la paix. Parce que je les retrouve avec lui comme ils étaient avec moi. Ils me voient comme une chose fragile à protéger et lui en veulent parfois de m’énerver, de ne pas prendre soin de moi. Ce n’est pas son rôle. Et puis je n’ai pas besoin d’être protégée. Je me sens bien dans mes baskets et j’ai l’impression qu’ils mettent un voile sur mon bonheur, comme si ça n’existait pas, comme si je n’existais pas en tant que co-créatrice de ma vie, de ma famille, de ma paix.

J’ai conscience aujourd’hui qu’ils ont fait leur maximum eux aussi, avec les données qu’ils avaient dans les mains. Ils m’ont donnée énormément.J’ai juste fais le tri entre ce que je voulais garder et ce que je laissais derrière. Je ne suis responsable ni de leur bonheur ni de leur détresse. Je ne suis pas responsable de la manière dont ils me voient, dont ils envisagent ma vie.

Je crains juste parfois qu’ils rendent mon enfant responsable de ces maux qui les agitent, responsable de moi, de mes coups de blues passagers. Mon fils est un individu avec son caractère propre, un être qui ne fait pas les choses contre moi mais qui, comme nous tous, se construit au fil des jours. Il n’est pas parfait et je n’attends pas qu’il le soit. Je souhaite juste l’accompagner sur le chemin pour faire de lui un adulte à l’aise et heureux.
Je n’aimerai pas qu’il soit atteint par cette manière de penser, qu’il mette autant de temps que moi à guérir, qu’il devienne quelqu’un d’autre pour faire plaisir, qu’il signe des accords qui ne le regardent absolument pas.

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Se détacher des pensées des autres – tout un programme!

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J’essaie, pas à pas, de me détacher des pensées et peurs exprimées des autres. Ce n’est pas toujours évident. Mais pour mener une vie sereine, ça devient nécessaire.

Les autres ne projettent sur nous que leurs angoisses et craintes. Parfois leur envie, leur jalousie. Ils n’en ont pas toujours conscience. Si je ne peux pas changer ces données, je peux modifier la façon dont je les accueille. Ou bien elles glissent sur moi et terminent leur course dans la grande poubelle des choses à oublier. Ou bien elles intègrent mon univers à mes risques et périls.

J’ai longtemps opté pour la deuxième option, sans m’en rendre compte. Aujourd’hui, j’évolue, je prends conscience de certains mécanismes, j’ai envie d’autre chose et de ne plus laisser les autres diriger ma vie, mes envies, mes choix.

Tout le monde se fera toujours une idée sur la vie des uns et des autres. J’essaie – je n’y arrive pas toujours – de ne pas tomber dans ce travers, d’être davantage dans l’écoute que dans le jugement ou l’idéalisation.

Tout le monde a une idée, claire et précise de la manière dont ma vie devrait être pour être acceptable / belle selon leurs critères. J’ai passé beaucoup de temps et dépenser beaucoup d’énergie ces dernières années à justifier mes choix, mes amours, mes erreurs. A me justifier d’être celle que je suis. A tenter d’expliquer que je n’étais pas mon passé et que ce n’est pas parce que j’avais pris un moment chemin que je devais le payer pour le restant de mes jours.
Je dois bien l’avouer j’ai trop souvent laissé les mots des autres me blesser, me faire tomber, me déstabiliser. Ils ont dirigé ma vie sans que je puisse arrêter la vague et j’ai souvent coulé, bataillant certes pour refaire surface, mais sans succès. Les mots me plaquaient au sol et je ne pouvais plus riposter. Les autres étaient devenus maîtres à bord. J’avais perdu ma capacité à gérer.

J’arrive à un moment de mon existence où j’ai envie d’être heureuse, pas selon la vision du monde qui m’entoure, mais selon ce que cela signifie pour moi. Et de vivre ce bonheur avec les difficultés de tout quotidien et les coups de blues passagers. Je suis la seule à pouvoir m’offrir cela. Les autres peuvent y contribuer certes. Certains le font. Mais je ne veux plus que mon bonheur dépende des autres. J’en prends la responsabilité, je choisis de lâcher-prise sur les avis qui circulent, sur les questions que je trouve à côté de la plaque. Je vais sûrement ramer un peu mais les bases sont posées.
Êtes vous très influencés par les pensées, avis, questions des autres? Ou bien ça vous passe complètement au-dessus de la tête? Comment gérer vous cela quotidiennement?

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Ma vision de MA maternité

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Je suis devenue maman sans me poser de questions. A l’époque c’était dans l’ordre des choses telles que je les concevais.
Je n’ai pas fait de plan, ni ne me suis dit que j’aurais un enfant, deux, trois ou plus.

Je suis devenue maman au creux d’une année compliquée sur laquelle les bonnes fées ont toutefois dû se pencher puisque j’ai pris mon courage à deux mains pour quitter une relation toxique et ai mené ma grossesse à terme.

Le jour où j’ai appris que j’attendais un enfant, je me suis sentie à la fois forte et vulnérable. Je pense que j’ai réellement pris conscience à ce moment là de la tâche qui m’incombait, de ma responsabilité et de mon engagement.

L’accouchement a été pour moi un moment particulier. La vie et la mort dans un tout petit espace. La naissance comme une bénédiction et une déchirure. La fin et le début. On me le confiait et en même temps on me l’arrachait. Il venait de moi et il était de mon devoir de le conduire vers le monde.

Je n’ai jamais considéré mon fils comme un prolongement de moi-même, ni comme une garantie pour la vie. Si je réfléchis aujourd’hui à la maternité, au delà du désir prégnant de porter la vie en soi, au delà du phénomène naturel de la perpétuation du genre humain, je ne saurai dire pourquoi nous faisons des enfants. Il faudrait demander aux autres. A des autres sûrement moins “torturés”.

Je ne tire pas de plans sur la comète pour lui. Je le veux simplement heureux, que ce soit au coin de la rue ou à des milliers de kilomètres de moi, dans une vie qui lui ressemble.

Je ne suis pas toujours une maman sereine. Je suis bien loin de celle que je pensais être un jour. Je ne sais pas si je peux dire que je suis une maman épanouie non plus. Même si je suis heureuse. Mon fils me met chaque jour au défi de mes limites et limitations, de mes peurs et de mes manques. Il me met en face des choix à faire, des décisions à prendre. Il me pousse dans mes retranchements. C’est souvent compliqué, parfois douloureux. Doucement et grâce à lui, je me rapproche de moi.

Il n’est pas ma plus grande victoire mais certainement ma plus grande richesse. Il n’est pas ma passion mais bien souvent la raison qui me ramène sur le chemin. Il est mon plus féroce engagement pour la vie.

Il n’est pas mon unique source de joie, ni mon tout, ni mon ultime essentiel. Parce que lui faire porter ce poids serait criminel. Il a cependant, il est vrai, une place particulière dans mon cœur, qui je l’espère saura toujours voir le meilleur pour que jamais ne se brise le lien qui nous lie.

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Mon héritage

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Je viens d’une lignée de femmes avec comme empreinte génétique le gout du malheur.

Du moche on parle beaucoup.
Du beau on se garde. Chez nous le beau est tabou, la joie est montrée du doigt. Elle cessera. C’est peut-être la seule certitude que l’on a. La vie n’est vécue que dans la contrainte et la souffrance.

Chez nous les hommes sont des lâches, ils sont faibles et sans tact. Ils répondent à notre besoin de “trop peu” mais ça on l’ignore ou on le cache.
Il faut être sage ou un peu marabout pour se faire une place chez nous. Il faut être un peu fou pour croire que notre bonheur redonnera quelques couleurs à la grisaille dans laquelle on se complait.

Chez nous, on dissèque tout avec une frénésie malsaine. On mène des expériences. On déterre des secrets, des silences. On brandit des absences comme une énième preuve de notre statut de “victime” dans la marche implacable du temps.

On ne jure que par le triste, par les mariages qui ne fonctionnent pas, par les maladies, les pires maux de l’espèce humaine. Le chagrin est notre moteur, notre bouée de secours quand tout va un peu trop bien, quand il n’y a guère d’ombre à portée de regard – où se cache t’elle donc alors? – notre raison de vivre, notre insolente satisfaction.

Un coup de blues est presque synonyme de célébration. On va pouvoir aller creuser là où ça fait mal. On va pouvoir se vautrer dans le luxe de ce qu’on ferait à la place de. On va pouvoir s’empiffrer de nauséabond, de tristesse, de plaies à vif. Comme des camés en manque. Ça nous tue de l’intérieur, ça nous étouffe, ça bouffe toute notre énergie. Mais on est vivant. On survit. On a des raisons de se lever chaque matin. On a un but, une vision à long terme. On se sent utile, enfin.

Le bonheur c’est un peu trop plat pour nous. Pas assez d’épices. Pas assez de saveur. Ça ne blesse pas le bonheur. C’est un peu vide aussi. On le dit, et après?
C’est une illusion, qui ne dure qu’un temps. Un mensonge qui nous fait croire que, et puis la chute, fatale. Forcément.
Il nous faut un fil sur lequel tirer, un morceau de peau à triturer. Il nous faut des blessures à panser. La vie c’est sale et compliqué. Alors quand c’est léger et doux, c’est forcément voué à l’échec.

Mon héritage est un bateau qui prend l’eau, un navire pillé de ses plus belles parures. Soit on coule avec lui. Nos repères en la matière sont faussés. Alors on préfère parfois aller vers ce qu’on connait le mieux, même si ça nous brise. Soit on s’en détache. Difficilement. Parce que la lignée tient à nous. On est la pérennité de son système de pensée. Sans nous, elle vacille. Notre adhésion lui donne encore du pouvoir. Alors on arrache doucement le pansement. Ça tire, ça tiraille. Mais à mesure qu’on arrache, à mesure que les verrous sautent, à mesure que les voiles se lèvent, on se sent mieux, plus serein, plus en phase avec sa vie.

J’ai longtemps souhaité me soustraire à cette pression, à l’amertume, à la violence de cette vision de la vie. J’ai lutté et j’ai plongé aussi. J’ai pris la tasse. J’ai pensé que j’étais voué à souffrir pour exister. Fut un temps plus je souffrais, plus j’existais. J’étais devenue le pure modèle de ce que je fuyais. Mais je voulais être digne de ma lignée, ne pas décevoir. J’avais besoin de leur aval pour avancer.

J’ai encore en moi quelques mémoires incrustées qui refusent de céder la place. Je ne rejette pas ce modèle, loin de là. Je ne me rebelle plus contre cet ordre établi. J’ai intégré que je n’ai pas vocation à le changer. Les femmes de ma lignée se sont construites sur ces identités. Elles ont fait du mieux qu’elles ont pu. Elles sont ma source, pas ma destination. Elles sont mon lieu, pas l’unique. Elles sont l’origine mais ne déterminent pas mon avenir.

Je tremble encore quand je le perds dans la foule opaque d’un grand magasin, quand je crie son prénom et que seul le vide me retient.
Je tremble encore quand on se sépare, pour quelques heures, quelques jours, les vacances. Quand je lui dis au revoir et que j’aimerai être magicienne pour retenir les secondes, quand j’aimerai qu’il n’ai pas à partir tout en étant en phase avec mes choix.
Je tremble à l’annonce d’une naissance. J’ai fait le deuil de cet autre enfant que je n’aurai pas. Comme une grande, un jour après l’autre. De cette famille qui se résume à nous deux. Et l’infini…
Je tremble à l’annonce de la mort qui emporte ceux que j’aime. Et pourtant je sais que la nuit, dans chaque étoile, me les ramène.

Je tremble mais je ne cède plus à la tentation des pires scénarios.
A toutes ces pensées tourmentées.
A tout ce chaos qui, entretenu, s’incruste dans le quotidien et vient jouer avec nos failles.
C’est un combat encore délicat. Je sais aujourd’hui que toutes ces blessures que je porte ne m’appartiennent pas. Je les rends à qui de droit.

Je suis née pour le beau.