Posted in Carnets de route

Quelques grammes d’humanité

Crédit – Pixabay

Je passe dans la rue. Elle me voit, un geste de la main. Je lui retourne son bonjour.

J’arrive ou je repars du travail. Et elle comme chaque jour, elle attend là, assise dans les courants d’air du métro le matin, sur un tabouret de fortune près de la librairie du quartier le soir. Avec un gobelet. Rien dans le ventre sûrement ou si peu. L’incertitude comme unique compagnon. Dans le froid glaçant de l’hiver ou la chaleur écrasante de l’été, elle est là et elle sourit. Juste un peu d’humanité dans son chaos quotidien.

Alors oui certains diront « si on commence à donner… ». D’autres renchériront « ils n’ont qu’à faire comme les autres : bosser ».  On entendra aussi « c’est au gouvernement d’agir pour tous ces laissés-pour-compte ».

Peut-être ont-ils raison. Peut-être ont-ils leurs raisons.

Toutefois je pense que si on attend que les autres fassent quelque chose, on n’est pas prêt de s’en sortir.

Donne-t-on pour se donner bonne confiance ? Ou juste parce que un regard, un mot aura fait mouche, nous aura touché en plein cœur ? Parce qu’un sourire nous aura montré autre chose, au-delà des vêtements sales et de la misère ? Parce qu’un regardant une personne dans les yeux, nous aurons décelé quelques bribes de son histoire ?

Nul n’est à l’abri. De cela et du reste. Un jour, tout peut changer. Ce que nous avons connu peut s’envoler en fumée. Nous vivons avec cette impression que telle ou telle chose ne nous arrivera pas. Et puis non loin de nous, un parent, un ami, connait un choc brutal. Et c’est la lente descente aux enfers qui s’amorce. Sans soutien, cet ami, ce parent serait certainement à la rue aujourd’hui. On réfléchit puis on oublie.

Pourtant la pauvreté, la misère ne cessent de gagner du terrain. On passe sans la voir trop souvent, mal à l’aise, incapables de changer la donne.

Je crois qu’il suffit de pas grand-chose pour la changer justement. D’un sourire. De quelques mots. D’un peu de chaleur humaine. N’est-ce pas ce dont nous avons tous besoin ?

Ps – sur le sujet je vous conseille le livre de Maude Perrier (Une femme en errance)

Posted in Tout un poème

Le pouvoir entre nos mains

Comment dans notre pays de droits
En sommes-nous arrivés là ?
Laisser des Hommes pourrir sur des trottoirs
Des gens mourir de désespoir

Nous nous révoltons
Contre l’État – les Institutions
Qui laissent la misère s’installer

Que faisons-nous contre ?

Nous n’osons même plus un regard
Nous passons sans les voir
Ces mendiants de l’essentiel
Aux existences pestilentielles

Nous demandons de l’attention
A l’État – Aux Institutions
Qui laissent la violence s’insinuer

Que faisons-nous pour ?

Nous pourrions gratifier d’un sourire
D’un bonjour sincère
Les enfants dont les rires
Inondent les heures de galère

Nous pourrions au moins
Les regarder
L’humanité au creux de nos mains
Les accepter

Sans attendre que d’autres
L’État – Les Institutions
Abolissent ces exactions