Posted in Emprise et Renaissance, Tout un poème

Dans le corps d’une autre

Photo by Anete Lusina on Pexels.com

Quand le sang coule
La période se veut chaste
La femme attend la pause
Qu’elle accueille comme un cadeau
Reprendre le contrôle de son corps
Apaiser le chaos de son cœur

Elle n’envisage pas le creux
Celui dans lequel pourtant on se glisse
Sans ménagement
Jambes écartées pour recueillir
Le plaisir tabou
Qu’on ne se donne pas seul
Au risque de frôler le néant vengeur

Temps de femme
Qu’on ne respecte pas
Un va et vient sans âme
Qui va plus loin
Toujours un peu plus
Comme si c’était autorisé

Temps rouge sang
Sur le drap blanc immaculé
A l’intérieur le corps se serre
L’invitation est imposée
Les cuisses rougies par
Le silence d’une masturbation orchestrée
Pour éviter le châtiment d’un Dieu manipulé

La femme est, sans être
Là, pour le plaisir d’un autre
Assommée par la demande insistante
Les cuisses enduites d’huile
Pour apaiser la brûlure
Qui de jour en jour s’étend
Qui de jour en jour ploie face au néant

Osera-t-on aller au-delà
Violer la porte du sanctuaire
Celui qu’elle protège d’intrusions saccadées
En ce temps privilégié ?

Osera-t-on s’immiscer
Dans les méandres de l’intime
Plus profondément encore
Que ces caresses égoïstes ?

La femme disparait
Laisse l’autre faire ce qu’il a à faire
Elle abandonne la partie
Vole, son esprit au-delà
La scène en bas est jouée par une autre
Qui de peur, dans l’incompréhension, se noie.

Ce texte est extrait de mon prochain recueil de poésie “2010”, qui sera partagé ici en PDF (sur don libre) et en Papier (si quelques personnes sont intéressées)

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Interview Femmes Inspirantes – Julie, artiste, créatrice et entrepreneuse

Bonsoir à tous, j’espère que vous allez bien. Il y a quelques mois j’avais partagé ici même le parcours inspirant de plusieurs femmes. Et aujourd’hui, je suis heureuse de vous présenter celui de Julie, une jeune créatrice très talentueuse, que je suis depuis plusieurs années, sur différents blogs, qui s’est lancée dans l’entreprenariat et qui réalise de très belles choses. J’avoue, je suis souvent émerveillée par ses idées, ses formes, ses dessins, ses projets, la manière qu’elle a de parler du beau, comme du moins beau, de ce qui la fait sourire et de ce qui la fait trembler. On dit souvent que le monde a besoin de plus de personnes inspirantes. Elle en est une, je vous laisse la découvrir…

Copyright Sweetie Julie

Bonjour Julie, pour commencer parle-nous de toi (un peu, beaucoup, comme tu le souhaites…) 

Bonjour ! J’ai 30 ans, je suis fiancée à mon amoureux qui partage ma vie depuis Septembre 2017, nous vivons sur la Côte d’Opale avec nos 3 chats et notre chien. Nous nous sommes rencontrés en Normandie, là où j’ai fini mes études en école de commerce et où j’ai travaillé plus de 5 ans dans le tourisme – j’ai été réceptionniste en hôtel de chaîne, conseillère en séjour, responsable d’une boutique de produits du terroir et d’artisanat d’art, gérante d’un établissement de chambres d’hôtes.

Fin 2017, ma maman a eu de graves problèmes de santé, je suis rentrée dans le Nord, mon amoureux m’a suivie. Les deux années qui ont suivi ont été psychologiquement très éprouvantes : après un bilan de compétences et la préparation par cours à distance du concours de recrutement des professeurs des écoles, j’ai sombré dans la dépression et il m’a fallu plus d’un an de traitement médicamenteux et de rdvs réguliers avec une psychologue pour comprendre que cela faisait des années que j’avais rompu avec l’essence même de ma personne.

J’ai une âme sensible et intuitive, j’aime la nature et les animaux. J’étais « dévorée» par notre société capitaliste, je ne me sentais pas à ma place, je bataillais constamment et j’avais oublié mon imagination, mon amour des mots et de la création artistique. Je voulais paraître responsable aux yeux de mes proches, prendre les décisions qu’on attendait de moi mais ma vie n’était pas vraiment ma vie, et je n’étais pas vraiment moi. Quand j’ai pris conscience de tout ça, quand j’ai affronté tout ce qui me faisait mal, ça a été monstrueusement douloureux. Mais j’avais la force de me battre pour renaître. Et je n’étais pas toute seule : ma familles, mes plus proches amis, mon amoureux ont été d’un soutien formidable. Dieu aussi.

Tu as longtemps tenu un blog, aujourd’hui tu as une chaine Youtube – peux-tu nous présenter ton cheminement / parcours?

 J’ai tenu un blog parce que j’aimais écrire. J’aimais poser sur le papier (et sur le clavier) mes émotions. Très sensible, il n’y avait que comme cela que je parvenais à canaliser le trop-plein. L’entrée dans l’âge adulte, la vie active, la routine m’ont éloignée un temps de tout ça, et je n’écrivais que plus rarement.

En pleine dépression, il m’était impossible de lire. Mon compagnon, un geek tendre, passait du temps sur Youtube alors que je ne m’y intéressais pas. J’ai commencé à regarder des chaînes de Youtubeuses Beauté (Sandrea, Sananas, Mmis’signature…) et prendre soin de moi a été la première chose que j’ai commencé à faire pour retrouver le sourire. Ensuite, j’ai regardé d’autres chaînes aux contenus plus artistiques, plus contemplatifs (Sourire et santé, Ecotmorphe, Libre et Sauvage…). Je me suis surprise à avoir envie, à mon tour, de me placer devant la caméra pour raconter un peu mon histoire.

Copyright Sweetie Julie

 

D’où t’es venue l’envie de créer et de partager tes créations ?

 En parallèle des vidéos sur Youtube, j’ai découvert le dessin, activité que je m’interdisais parce que je me trouvais nulle. Quelle erreur de penser ainsi ! Ce n’est pas que je suis douée d’un talent magistral, c’est juste que ce n’est pas obligé d’être parfait ! Quand j’ai compris ça, je me suis surprise à oser. J’ai commencé à dessiner tous les jours.

Plus je créais, plus je voulais créer. Plus j’osais. Quand j’ai ressenti ce plaisir qui me manquait tant, j’ai su que je cheminais vers ma place dans le monde. Je créé avec le cœur, avec l’intention de diffuser bienveillance et douceur autour de moi. C’était impossible que je garde pour moi cette explosion de joie, ce cheminement vers l’apaisement, la découverte de soi et du bonheur.

Je partage en toute spontanéité, mes illustrations sont un nouveau moyen d’exprimer toute ma gratitude devant ce que la Vie offre, le mauvais comme le bon.

Quelles sont tes plus grandes sources d’inspiration au quotidien ? Qu’est-ce qui te fait vibrer ? 

La Vie ! Cette force qui coule dans nos veines, la richesse des émotions et si je ne devais qu’en citer une, ce serait l’Amour, tant il est divers, complexe… La Nature est une source intarissable d’inspiration, tout comme les petites joies du quotidien auxquelles on ne fait plus attention et qui pourtant sont le terreau de notre bien-être. La puissance de la Foi me fait vibrer, et j’ai parfois besoin de me recueillir pour me confier à Dieu, pour murmurer mes désirs à l’Univers.

Et qu’est-ce qui te révolte, te fait trembler ?

La méchanceté gratuite et le racisme me révoltent, ainsi que la violence sexiste, et le silence qu’on impose aux gens qui souffrent, de peur qu’ils ne déstabilisent le fragile équilibre de notre société. La course au profit me révolte, les gens qui ferment les yeux et font les sourds face aux abus sexuels me révoltent… la liste est longue, et je préfère m’arrêter là.

Sur Youtube tu traites de sujets divers et variés, certains assez délicats – tu as une ligne directrice ou bien tu évolues au feeling ?

J’évolue au feeling ! J’ai bien essayé d’adopter une ligne directrice mais je tiens une semaine à peine. J’ai tout de même des thématiques qui reviennent : partager mon quotidien d’illustratrice freelance sous forme de studio vlog, de speed-drawing…, évoquer des sujets personnels en storytime pour combattre les tabous et dans l’intention d’aider celles et ceux qui souffrent aussi et qui pourraient se sentir seul(e)s… 

Copyright Sweetie Julie

Qu’est-ce qui te plait le plus dans ce que tu fais ?

J’aime l’indépendance, le fait de ne pas dépenser d’une hiérarchie mais c’est à double-tranchant : il faut une certaine rigueur dans son travail, il faut trouver la force de se motiver parce qu’il y a certains jours difficiles, quand la motivation manque, quant on doute…

J’aime la diversité des matériaux que j’apprends à utiliser : les feutres noirs sur du papier blanc, les feutres colorés sur du papier noir, de la peinture acrylique sur une toile, de l’aquarelle. 

Qu’as-tu appris depuis le début de cette aventure ?

J’ai appris que le bonheur que nous cherchons inlassablement est à l’intérieur de nous, que nous avons toutes les clés mais qu’il fallait pour cela accepter d’être soi. Il faut accepter son histoire, prendre le temps de se connaître, guérir de ces blessures qui nous rappelleront le chemin parcouru et surtout à quel point nous sommes forts, même dans nos faiblesses et notre vulnérabilité.

J’ai appris à oser, à m’écouter, et à me faire confiance. J’ai aussi appris à demander de l’aide, à ne pas avoir honte de me tromper, j’ai appris à essayer et à recommencer quand je ne suis pas satisfaite. J’ai aussi appris à accepter de ne pas être pleinement satisfaite !

Des projets, des envies particulières à venir dont tu voudrais nous dire quelques mots ? 

Des projets personnels d’abord : nous nous marions en septembre et nous aimerions avoir un enfant.

Des projets professionnels : développer la section eshop de mon site internet et rouvrir une boutique sur Redbubble, continuer à travailler sur les différentes prestations d’art-thérapie que je propose sur Patreon, plateforme permettant aux créateurs d’être soutenus financièrement grâce à des abonnements mensuels auxquels le public peut souscrire.

Copyright Sweetie Julie

Et pour finir, un message à faire passer, une citation qui te motive, un mantra qui te donne d’aller toujours de l’avant et croire en tes rêves :

Désolée, ce sera en anglais ! « Dear God, Dear Universe, thank you for everything in my life. I welcome incredible blessings and wonderful surprises”.

Un grand MERCI à Julie que vous pourrez retrouver ici:

Son Blog
Facebook
Instagram
Sa chaine Youtube
Son compte Patreon

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Insoumises!

On les pose là, parfois
Comme un bibelot sur une cheminée
Qu’on utilise quand on en a envie
Elles sont pratiques
Tant qu’elles ne disent rien

On les veut dociles
Jamais libres
On les attend soumises
Rarement conquises

On les veut invisibles
On les voile
Ou leur intime l’ordre
De ne pas montrer
Ce qui attire le regard

A leurs risques et périls
Le viol est presque un acte justifié
Quand elles osent leur féminité

On les tient là, parfois
Un plaisir de fin de soirée
Juste avant le sommeil du juste
Elles ont plutôt intérêt à apprécier
Sans trop le montrer

On s’approprie leur virginité
Comme un trophée
On les met en garde contre le vol
D’un bien qui n’appartient qu’à elles
Mais dont tout le monde se mêle

Ou alors juste pour les écraser
Un peu plus
Pour les obliger
Pour faire d’elles des assistées

On les accuse du pire
On maudit leur nudité
Leur naissance parfois
Est jugée démoniaque
On leur vole leur vie
Et leur liberté
Sous couvert de les protéger

On les pose là
Pour épater la galerie
On leur attribue des noms
On les répudie
On les assassine
On les juge
On les condamne

Pour un crime sans visage
Pour sauver leurs âmes
D’un éventuel pillage

On annihile leur pouvoir
Au nom d’un Dieu
D’une religion
D’une politique d’avilissement
On les pose dans des cases

Elles seront mères
Ou elles ne seront rien

Elles seront vertueuses
Ou bien catins

On fait d’elles des animaux de foire
Des troubadours grotesques
Nimbés de noir

Elles seront bonnes
Ou elles seront folles

Qu’importe…
Chaque jour
Il ne tient qu’à elles

Qu’à nous
De choisir

Abdiquer
Ou Vivre!

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Derrière les maux

Crédit Pixabay

Les fantasmes ne sont que des vertiges
Les vestiges d’un imaginaire fécond
Chacun tient la liberté de les réaliser tous
Comme de n’en réaliser aucun

Ils n’ont pas de nom
Ni de patrie
Ceux que l’on écrit nous sont proches
Ou bien appartiennent à d’autres

Derrière les maux
Elle est une identité que chacun façonne à sa guise
Une femme libre
Qui se souvient…

Un jour la femme s’assume
Puis un jour elle devient un fantôme
Un souffle rauque
Impuissant
Parce que l’homme a pris le pouvoir
Il a posé son regard sur sa liberté
Il l’a jugé comme une invitation
A entrer dans un espace qui n’est pas le sien
À faire de son corps un terrain de jeu
De ses jeux
Un objet
Un objectif
Un jour elle ne dira plus rien
Elle lui donnera ce qu’il attend
Elle sera son fantasme éveillé
Sa poupée malléable à merci
Elle nourrira ses rêves de toute puissance

On peut dire le plein
Mais comment dit on le néant?

Face au corps dénudé libéré
Comment dit on le corps caché entaché par le dégoût?

On peut dire les frissons jouissifs
Mais comment dit on la peur glaçante?

Face au silence
Que reste t’il du consentement?

La violence n’est pas cruelle. Elle est sourde, étouffée. Une violence plus noire que la nuit. Une violence qui piétine puis laisse le corps tomber, sombrer, en apnée.

Il a plaqué son corps contre le sien. Rien. Pas un bruit. Pas un geste. Comme si l’absence de mouvement pouvait la protéger.
Il a remonté sa chemise de nuit. Elle a retenu sa respiration. Il a ouvert ses cuisses sans cérémonie. A t’elle résisté? Peut-être.
Il s’est enfoncé en elle.
Un rite. Passage obligé.
Une routine. Celle de la nuit. Celle du silence. Celle de l’absence.

Un jour la femme renaîtra de ses cendres
Elle ne donnera sa confiance
Qu’à ceux qui sauront respecter sa liberté
Ne remettront pas en question ses limites
Qui aimeront son corps, encenseront son audace, glorifieront son désir
Avec le respect qui est dû à chaque être humain
Tout en sachant que jamais rien ne nous appartient

Posted in Carnets de route

Dans ce monde de “tabous”, vive les personnes qui osent!

Crédit Pixabay

Tabou

Rien que ce mot me file des sueurs froides!
Je le déteste tout simplement. Parce qu’il enferme et qu’il laisse un bon nombre de personnes sur le carreau. Il rend “anormal” ce qui est “naturel” et appose le filtre “coupable” à tout action ou comportement qui ne rentre pas dans la case “bien”.

Lisez les journaux, passez sur les réseaux sociaux, écoutez la radio. Tout est tabou. Le deuil périnatal c’est tabou, les règles c’est tabou, le corps c’est tabou, le plaisir c’est tabou, la mort c’est tabou, l’érotisme c’est tabou, l’homosexualité – la bisexualité (enfin la sexualité en général) c’est tabou, les mutilations c’est tabou, le viol c’est tabou, la maladie c’est tabou, la violence conjugale envers les hommes c’est tabou, la masturbation c’est tabou, la différence c’est tabou, l’endométriose c’est tabou, la représentation du sexe féminin c’est tabou, l’argent c’est tabou, la religion c’est tabou, la dépression c’est tabou, l’euthanasie c’est tabou, Alzheimer c’est tabou, la spiritualité c’est tabou, l’infidélité c’est tabou, la misère c’est tabou, la nudité c’est tabou, l’immigration c’est tabou, le handicap c’est tabou…je vous laisse avec ça, il y a tellement de tabous qu’il est impossible de tous les énumérer. Vous en aurez bien d’autres à ajouter.

Mieux vaudrait le secret, le silence à la parole libre? Mieux vaudrait le mensonge à la vérité? Mieux vaudrait fermer les yeux face à des choses indignes de notre humanité?
Et nous nous prenons pour une société évoluée!

On ne veut pas choquer alors on pose des barrières et des codes, histoire de se protéger. Mais se protéger de quoi? De la vie, des choix de chacun, de la différence, des questions sans réponse? D’une réalité qu’on ne veut pas regarder en face? De la vie dans tout ce qu’elle a beau et parfois de moins beau à nous offrir? De nous-mêmes, de ce qui fait notre identité, ce qui fait notre singularité?

A l’origine, en ethnologie, un tabou est un acte interdit parce que touchant au sacré, et dont la transgression est susceptible d’entraîner un châtiment surnaturel. Aujourd’hui cela désigne un sujet dont on ne doit pas parler, par crainte ou par pudeur.

Le problème c’est qu’on ne peut plus parler de rien. On se limite, on se censure. On garde tout pour soi. Et quand on s’expose, c’est pour se prendre le jugement des soit-disant “bien pensants” en pleine figure. Où est passé le débat d’idées? Où est passé l’échange?

Je regarde parfois cette société avec énormément de points d’interrogation. Et puis il y a un article, ou deux, une personne qui ose, qui vient lever le voile sur un de ces tabous, qui dit qu’il est temps d’ouvrir le débat, qu’il est temps de poser les mots, là où il n’y avait que du vide, un pas posé vers moins de préjugés, plus de liberté. Et je ne peux qu’encourager cette ouverture, ce don gratuit, cette audace. Je ne peux que souhaiter que d’autres osent, que les choses bougent, que la parole se libère…

Cet article m’a été inspiré par les articles de Ninoute  et Sophie.

Posted in Variations Littéraires

Ces sourires qui cachent des maux

Credit Pixabay

Elle respire. Partout.
Ses mots. Vite. Beaucoup. Comme pour cacher quelque chose.
Elle s’endort avec le “non” des verbes. Ceux qui voilent les ténèbres.
Rien n’y fait. La blessure est. Qu’on ouvre les yeux ou qu’on les ferme.

Elle dit, au loin, dans un sourire, la survie et le bruit de l’enfance. Sans âme. La tête qui se balance. Dans le vide. Une éternité à se demander ce que signifie le verbe “vivre”. Le silence telle une arme qui nie les faits. Le silence comme un couperet.
La sévérité du père.
Le déni de la mère.
Elle se dit. Dans l’amour, le partage.
Un besoin. Viscéral.
Une reconnaissance. Vitale.

Les murmures ne sont jamais loin. Une main qui glisse. Et l’enfance qui s’abîme.
Ne rien dire.
S’habituer aux vagues, au déséquilibre.
Retenir son souffle devant la main.
Un vertige.
Prier quelque saint, quelque part entre hier et demain.

La souffrance comme un virus attaque l’intérieur. Sans trace visible.
Elle pose les bases du sacrifice.
Ses yeux noirs dessinent des rêves. Un idéal. Un monde sans dédain, ni bataille. Une terre sans manque, sans vérité uniforme. Un chemin pour chacun. La bienveillance, une norme. L’élégance, un parfum.

Elle respire. Partout.
Elle se perd. Dans la stratosphère des non-dits.
L’implacable vérité reste une trahison.
Elle espère la nuit, pour tuer l’agonie.
Ses angoisses, sous l’édredon, comme un tapis.

Derrière son sourire, tant de questions.
Tant de don.
Tant de cœur et si peu de raison.
Elle danse le monde.
Pour oublier.
La main qui glisse sur l’enfance.
Et piétine la confiance.
A vie…

Posted in O bonheur des sens

Lise et les corps des femmes

Crédit Pixabay

Lise aimait les hommes. Rien à redire. Comme les autres en somme. Une existence dans la norme, rassurante.

Puis il y avait eu Eve. Et ce soir d’été. Un prénom presque prédestiné. L’été du sud, chaud. La chaleur étouffante des nuits. Portes ouvertes sur la nature. Et sur les draps, les corps tout juste recouverts d’un voile, qui laissaient voir à travers.

Lise avait senti quelque chose, comme un appel. A ses côtés, Eve, son amie. Et soudain son envie. Frissons en dehors et frayeurs à l’intérieur. Elle se sentait démunie face à cette soudaine impulsion. Faire courir son index sur l’inconnu.

Elle contemplait en toute discrétion les mouvements du corps d’Eve, sa respiration qui faisait monter et descendre sa poitrine dans une danse aux accents aphrodisiaques. Elle imaginait sa bouche envoyer de l’air et faire se dresser le duvet discret sur ses jambes et ses bras. Elle traçait des possibles en se demandant ce qui lui arrivait.

La nuit était passée. Dans le sommeil d’Eve, insensible aux émois de Lise. Et Lise, assoiffée d’une étreinte, même légère, même juste un chatouillement, une brise. Le jour levé, les corps aussi. Les voiles qui tombent et s’expose le nu. Comme la vie qui nait au monde.  Une ligne pas très droite et dévient les fantasmes. Lise avait préféré s’éclipser plutôt que de regarder l’objet de ses tourments. Sous le filet d’eau fraiche, la brûlure s’apaisait.

Eve n’avait jamais su. Préserver l’amitié surtout. Mais depuis Lise regardait le corps des femmes. Elle ne pouvait décrocher ses yeux de tous leurs vides et leurs pleins. Elle s’appréhendait à travers leurs silhouettes, leurs manques, leurs gestes et attitudes. Elle se découvrait pleine et coupable d’une richesse jusqu’alors invisible.

Posted in Carnets de route

Quand la santé gynécologique des femmes devient humaine

“La Matrice”, fractale réalisée par Joël Bentzinger

Si vous êtes une femme et que vous avez eu un / des enfants, vous avez sûrement eu droit à des séances de kiné pour rééduquer votre périnée, pas mal malmené par la grossesse, l’accouchement, l’épisiotomie (qui y échappe de nos jours?)

Mais vous a t-on réellement parlé du périnée, vous a t-on expliqué en quoi cette rééducation consistait? Ou vous a t-on laissé seule avec votre sonde (hyper glamour!) et votre appareil pendant trente minutes à regarder la courbe de vos contractions en espérant qu’elles atteignent des sommets?

Il y a six ans et quelques mois, j’étais cette femme, avec sa sonde. Tellement impersonnel. Mais quand on vient d’avoir un bébé, qu’on a passé le stade de l’accouchement, qu’on a laissé sa pudeur aux vestiaires et qu’on enchaine les nuits de quatre heures, on ne se pose pas la question. Le premier kiné sera le bon. Et dix séances plus tard, on repart avec sa sonde et ses résultats (pas toujours glorieux!)

Six ans plus tard, je pousse à nouveau la porte d’un cabinet pour une nouvelle rééducation. Et là, enfin, je trouve écoute et attention. La jeune femme m’explique les bases, ce qu’est exactement le périnée, où il se trouve, ce qu’elle attend de moi, comment elle va m’accompagner. Faire les choses sans comprendre revient à faire peu de choses. Mais dès qu’on comprend, c’est beaucoup plus simple de mettre en pratique.

Elle m’annonce d’emblée que la rééducation sera manuelle. Deuxième bonne nouvelle. Sincèrement je ne me voyais pas recommencer avec ma sonde. Là, c’est beaucoup plus humain. Il y a un vrai échange. Je ressors de ce premier rendez-vous le sourire aux lèvres.

Je ne suis pas la seule à trouver que le monde hospitalier autour des femmes, qu’elles soient mères ou non, n’est pas toujours à la hauteur. La parole s’est libérée il y a peu sur les violences subies et le manque d’humanisme, de bienveillance de certains professionnels. Un accueil, une écoute sont la base d’un service de qualité. Les femmes ont besoin d’être rassurées, surtout sur des actes qui touchent à des parties aussi intimes de leur corps.

Dites-moi comment cela s’est passé pour vous? Avez-vous trouvé les bonnes personnes? Ou bien vous sentez-vous à chaque fois vulnérable quand il est question de votre santé gynécologique?

Posted in Carnets de route

Être femme aujourd’hui

Crédit Pixabay

La frontière est mince. Entre ce que l’on dit, montre, entre ce que l’on veut garder pour soi, entre nos envies et nos limites, au milieu de cet incessant mouvement qui nous dit que nous ne sommes pas (et ne serons peut-être jamais) à la hauteur des hommes, entre nos combats et nos victoires, nos fragilités et nos forces, entre l’enfant et la femme, entre les fantasmes (en général) des autres et leurs attentes…

Chaque pas évolue comme sur un fil tendu au dessus du vide. Nous sommes tentées de raccrocher. Fin de l’aventure. On aura cru que c’était possible. On aura échoué. Puis quelques minutes plus tard, prêtes à ne pas nous avouer vaincues. Nous nous relevons, fières. Nous avons déjà bravé des obstacles, fait face.

Il s’agit plus d’une affirmation de soi que d’un combat. Mais s’affirmer demande de lâcher la peur, de ne plus nous placer en tant que petites filles mais bien de prendre en compte toutes les dimensions de notre être, d’oser tout en restant fidèles à nos valeurs et nos sentiments.

La frontière est mince. Entre ce qui nous attire et ce qui nous blesse, entre les modèles que l’on suit et l’intérieur de nous-même (la différence est souvent de taille). Notre émancipation ne joue pas toujours en faveur de toutes les femmes. Nous prenons les rênes d’un jeu qui nous place parfois dans une relation biaisée aux hommes. Et nous oublions fréquemment qu’ils ne sont pas tous des prédateurs!

Il n’y a pas de route tracée. Pas une pour nous toutes. Différentes et semblables, nous évoluons dans des univers qui parfois mettent notre identité à rude épreuve.

Le parcours sera semé de jolies choses et de moins belles. Le monde n’est pas toujours comme nous voudrions qu’il soit. Mais cela veut-il dire qu’il faille baisser les bras?

Posted in Carnets de route

Ils ont toujours une bonne excuse…

Sa jupe était trop courte, fendue, son décolleté, vraiment plongeant, sa tenue très sexy, son sourire très aguicheur…

Son article très osé, son langage très cru, ses photos très provocantes…

Sa sensualité très exposée, sa liberté très affichée, ses mœurs très libérées…

Sa sexualité très débridée, son regard très appuyé, sa démarche très chaloupée…

Ça se voyait, elle n’attendait que ça…

Quand je dis « ils », je parle en général. Hommes comme femmes manquent chaque jour de respect à leurs congénères. Il suffit de marcher dans la rue pour s’en rendre compte. Ils ont toujours une excuse à leurs comportements inadmissibles.

C’était une pute, un transsexuel, un homo, un/une…

Elle avait plusieurs partenaires…

Elle aimait qu’on la domine…

Il était quand même super efféminé…

Juste une présence dans un périmètre. Juste un être humain qui dans l’esprit de certains n’a pas plus de poids qu’un morceau de viande sur un étal à Rungis. Et là je parle de la France, mais dans tant de pays dans le monde, tant de personnes sont traquées parce qu’elles ne répondent pas à ce que certains considèrent comme la « norme », la leur. Combien d’hommes et de femmes sont harcelés, menacés, parfois réduits au silence ?

Revenons en France. En quoi être « humain » est un problème ? En quoi nos préférences vestimentaires, sexuelles, nos choix de vie, nos professions doivent être vus comme des menaces et ainsi nous exposer à la violence des autres ?

Est-ce que parce qu’une prostitué fait le choix de donner son corps pour de l’argent qu’on peut la tabasser en toute impunité ?

Est-ce parce qu’on est homosexuel qu’on doit être sans cesse montré du doigt ?

Est-ce parce que notre style de vie n’est pas conforme à tout un système de valeurs et de principes moyenâgeux qu’on peut tolérer d’être malmenés, abusés dans notre intégrité d’hommes et de femmes ?

On nous vend de la liberté à tout va. Du vent…Juste pour faire passer le temps…parce que c’est beau sur le papier. De la liberté de pacotille.

La société a un réel problème. Moi je ne comprends pas  et je n’accepte pas qu’on se permette d’utiliser les gens de cette façon, sans se poser de questions. Je ne comprends pas qu’on puisse émettre une seule de ces excuses pour justifier des actes odieux.

Il suffirait pourtant de pas grand-chose. De sortir de sa zone d’idées toutes faites et d’accepter que nous avons chacun notre façon de vivre et d’être. Tant que cela ne porte préjudice à personne. Il suffirait de comprendre que l’autre c’est nous et que nous sommes l’autre. Que la violence fait à l’autre cause une blessure à l’intérieur de nous. Il suffirait d’intégrer qu’il n’existe pas un seul chemin ni une vérité unique.

En sommes-nous seulement capables ?

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Interview Femmes Inspirantes #2 – Community Manager, la reconversion de Cécilia

Enfin, un mercredi non férié – non pas que je n’aime pas ça, mais là, ça a coupé net l’élan des interviews des femmes inspirantes! C’est reparti, avec un super témoignage de reconversion, au goût Haribo. Vous allez adorer!

Crédit Cécilia Acidulée

Bonjour Cécilia. Une présentation succincte s’impose avant de passer aux choses un peu plus sérieuses :

Comme tu l’as dit, je m’appelle Cécilia, j’ai 39 ans, je suis mariée et maman d’une petite fille de 3 ans. Originaire de Loire-Atlantique, je vis à Paris depuis plusieurs années. Je suis fan de l’océan (Atlantique évidemment) et ne serai pas contre un déménagement en province pour m’en rapprocher. Je suis une incorrigible gourmande, totalement addict aux bonbons et aux gâteaux apéro. Je ne carbure qu’au beurre salé, j’ai un sens de l’orientation pitoyable, je suis nulle en couture et je ne sais pas dessiner. Sinon, j’ai 12/10ème à l’œil gauche mais j’imagine que tout le monde s’en fout!.

Tu es en pleine reconversion professionnelle. Peux-tu dans un premier temps nous présenter ton parcours ? 

J’ai été pendant de nombreuses années assistante de direction, métier que j’ai apprécié à mes débuts pour sa rigueur et les rencontres qu’il m’a permis de faire. Moi qui suis plutôt avenante, je ressentais le besoin communiquer et en la matière, j’ai été servie. Mais je suis, depuis octobre dernier, en pleine reconversion professionnelle.

Quel a été le déclencheur ? 

Je me suis, dans un premier temps, lassée de ce métier dans lequel je ne m’enrichissais plus intellectuellement parlant. J’envisageais de changer d’entreprise mais au fond de moi, je sentais que cela ne suffirait pas. J’avais déjà envisagé une éventuelle reconversion mais les freins se sont rapidement actionnés. Principalement pour des questions financières. J’ai songé revenir à mes premiers amours (je voulais être éducatrice spécialisée lorsque j’étais jeune) mais la réalité du métier m’a sauté au visage. Beaucoup d’investissement, une faible rémunération et des contraintes horaires dont je ne voulais pas. Je n’étais pas prête à faire ces sacrifices, en tout cas, pas en étant maman.

 Quelles ont été les étapes entre la prise de conscience d’un besoin de changement et le passage à l’acte ? 

Un jour, ma copine Maude Perrier que tu connais, m’a suggéré de créer un blog alors que je ne savais même pas ce que c’était… On était alors en février 2017 et ma fille avait fêté ses 1 an quelques semaines plus tôt. Je me suis dit « Why not ? Après tout, puisque je m’ennuie, je n’ai rien à perdre à tenter l’expérience ». C’est ainsi que mon blog « Bébé est arrivé ! » est né (je l’ai par la suite renommé « CéciliAcidulée »). Alors que je ne connaissais rien au digital, je me suis découvert une véritable appétence. Je suis devenue accroc aux réseaux sociaux et j’avais envie de tout savoir ! Et c’est en cherchant à m’améliorer que j’ai découvert le métier de Community Manager. Cela a été une révélation. Entre certains aspects du métier que je connaissais et les autres qui m’attiraient, je me suis dit Banco. C’était il y a un peu plus d’un an, j’avais alors 38 ans et c’est là que j’ai décidé de changer de carrière !

 Qu’est-ce qui a été le plus simple ? Le plus compliqué ?

Prendre la décision d’opérer un tournant professionnel a été le plus simple car fermer des pages pour en ouvrir d’autres ne me pose pas de difficulté. Je suis plutôt une fonceuse de nature 😉 En outre, le deuil de mon ancien métier était déjà fait et ma vie personnelle me le permettait.

Le plus compliqué je dirais, et je pense que ça fera l’objet d’un article sur mon blog, c’est l’ascenseur émotionnel que je vis depuis plus d’un an. Si je gère plutôt bien mes émotions et mes actions, je supporte difficilement de mettre mon avenir entre les mains de tierces personnes. Et dans le cas d’une reconversion professionnelle, il y a plusieurs étapes où ce sont précisément ces tierces personnes qui décident si oui ou non, tu vas poursuivre l’aventure… J’aime pô ça.

Community Manager – dis-nous en un peu plus sur ce métier. En quoi ça consiste ?

Le métier de Community Manager est, ce que j’appelle, un job couteau suisse par excellence. Il requiert diverses compétences et connaissances, et consiste à (pêle-mêle) : accroître la visibilité d’un site, animer et fédérer des communautés sur les réseaux sociaux, promouvoir une marque, élaborer des stratégies, créer des visuels, etc… bref communiquer !

Tu es sur le point de terminer ta formation, qu’est-ce qui se passe après ? Des projets ? Des envies ?

On y vient, on y vient. Ma formation se divise en deux parties. La partie théorique de ma formation est achevée depuis février et la partie pratique (long stage en entreprise) se termine mi-mai. J’ai encore un rapport de stage à rendre fin juin, et la soutenance orale en juillet de mon projet digital, j’ai nommé DIGICroq (www.digicroq.com). Héhé, vise un peu comment l’auto-promo passe crème !

Après cela, je n’aspire qu’à une chose : trouver LE job de mes rêves !

 Un mot doux (ou sucré) pour la fin…

Du sucre ? Où ? Désolée mais ma gourmandise me rattrape encore ! Je tenais à te remercier, Marie, pour cette interview. Ce fut un plaisir de répondre à tes questions, vraiment.

Je profite de la tribune qui m’est offerte (ouais je sais, ça fait très star^) pour souffler ce petit mot à tous ceux et celles qui rêvent de changer de carrière professionnelle : « Ne vous mettez aucune barrière et autorisez-vous tout ». Et j’en profite également pour glisser mes deux citations préférées : « Aide-toi et le ciel t’aidera » et « Ta seconde vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une ».

Mille Merci Cécilia! Un plaisir de t’avoir avec nous, ce matin. Ton interview file la pêche et donne envie de foncer pour réaliser ses rêves, quels qu’ils soient!

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Interview Femmes Inspirantes Saison #2 – Sophie Pourny, Coach

Nous sommes déjà mercredi et pour tout vous dire, j’avais hâte, parce qu’aujourd’hui, c’est Sophie qui répond à mes questions. Je vous ai brièvement parlé de mon coaching, j’avoue que j’ai eu envie de garder cette expérience pour moi, un peu comme un trésor que j’aurai eu entre les mains. Et bien ce coaching je l’ai fait avec Sophie. Du coup c’est une interview un peu particulière et qui me tenait vraiment à cœur!

Bonjour Sophie, let’s go, quelques mots sur toi pour commencer en douceur : 

Allons-y je jette les mots en vrac ! Je suis femme, mère, ex-salariée, ex-je fais pas de vagues et je rentre dans les clous. Reconversion pro enclenchée à 43 ans. J’aime rigoler avec les copines, dormir, danser, écrire sur ce qui me vient.  Et les petits lapins blancs tout doux aussi, j’aime bien. Et lire. Et manger du chocolat noir avec des cristaux de sel. Bon j’arrête là les mots !!

 Tu es coach certifié. On entend beaucoup parler de coaching en ce moment, mais qu’est-ce que c’est vraiment ?

Le véritable coaching, c’est un accompagnement. On marche à coté de la personne en l’aidant à cheminer pour qu’elle trouve sa voie, et sa façon d’y arriver. On l’aide à prendre conscience de certaines choses, des schémas répétitifs, des croyances limitantes qui ne lui appartiennent pas… A la fin, elle atteint l’objectif qu’elle s’est fixée, et elle n’a plus besoin qu’on lui tienne la main. Elle prend pleinement conscience de sa place ! (oui je sais , c’est beau)

Quel a été ton parcours pour en arriver à ce métier ? Quel a été le déclencheur de ta reconversion ?

Mon parcours est chemin sinueux ! J’ai été salariée pendant presque 20 ans, en exerçant des métiers comme assistante commerciale, gestionnaire de stock… ce que je préférais c’était les contacts avec les clients, les fournisseurs, les collègues … en gros, l’humain. Ça peut paraitre évident mais je le dis car l’évidence n’est pas la même pour tout le monde..

Le déclencheur est une combinaison de plusieurs éléments : pour commencer un ennui profond et durable dans le métier que j’exerçais depuis 20 ans. C’est à ce moment-là que j’ai réalisé que lorsque j’avais 18 ans je voulais être psychologue…ça a été le premier déclic. Quant au coaching, ça m’est venu un jour, sans que je me m’explique comment. Je ne l’ai pas lu, ni vu à la télé. Ça reste un peu un mystère que je n’explique pas. Ensuite, plus j’en apprenais sur ce métier, plus j’avais envie d’y aller !

Qu’est-ce qui a changé dans ta vie depuis que tu t’es lancée dans l’aventure de l’entreprenariat ? Qu’as-tu appris sur le monde, sur toi-même ? 

La question serait plutôt : qu’est ce qui est resté identique !! A part ma vie de famille, tout a changé.

Ma vision du mot travail. Mes horaires. Mes déplacements. Ma façon de travailler. Mes revenus, (le montant, la façon dont je les perçois…) Je n’ai plus de collègues directs, mais beaucoup d’échanges et de contacts avec des entrepreneures (en majorité des femmes), d’autres coachs…

J’ai découvert un monde dont je ne soupçonnais pas l’existence tant que j’étais salariée. Il y a tant d’entrepreneures qui se lancent dans leur projet ! J’ai découvert des femmes inspirantes, qui veulent apporter beaucoup à ce monde, elles sont impressionnantes de détermination et d’ambition, dans le bon sens du terme. J’ai découvert aussi de belles communautés avec beaucoup d’encouragement et de soutien.

Ce que j’ai appris sur moi… que dire, j’ai tout simplement appris à me connaitre !  Par les exercices de coaching que j’ai pu faire, et par l’apprentissage de la vie d’entrepreneure, je me découvre. Ça n’a pas toujours été facile, parfois les larmes, l’angoisses, les doutes revenaient sans crier gare. J’ai dû évacuer beaucoup de choses. Mais aujourd’hui tout doucement ça va de mieux en mieux. Je pense que je vais découvrir encore beaucoup…

Qui accompagnes-tu ? Que souhaites-tu apporter aux personnes qui entreprennent un coaching avec toi ?

J’accompagne les femmes et particulièrement les mamans qui souhaitent trouver le job qui leur permettra d’équilibrer leur vie pro et perso, de subvenir à leurs besoins, et de s’éclater. On est d’accord que les 3 critères sont indispensables. J’accompagne aussi les femmes entrepreneures, pour qu’elles puissent prendre pleinement possession de leur activité, et qu’elles puissent en vivre.

Ce que je souhaite leur apporter ? En dehors de mon soutien inconditionnel, mon regard extérieur, ma bienveillance, je les aide à croire enfin en elles, qu’elles réalisent qu’elles ont bien des choses à offrir, plus qu’elles ne l’imaginent.

Qu’est-ce qui t’a le plus aidé depuis le début de cette aventure ?

Mon entourage. Ma famille, mes amis, ceux qui sont là quand ça va pas (et que j’ose appeler, ou qui bizarrement m’appellent juste à ce moment-là..). Et puis, à un moment donné, j’ai eu besoin de me faire coacher, pour moi aussi avancer dans mon cheminement d’entrepreneure. Et aussi les parcours inspirants d’autres femmes.

 Qu’est-ce qui te motive dans ton métier de coach ?

Les retours et les résultats de mes clientes. C’est ma drogue, mon adrénaline, ma raison de faire ce job. C’est ce qui me permet de continuer même quand il m’arrive de douter. Les voir se sentir mieux, aller mieux, prendre leur place. Ce monde est malade, on a besoin de le guérir, et je pense que les femmes ont un grand pouvoir de guérison. Les hommes aussi, mais ce sont les femmes qui ont le plus besoin d’être aidées, à mon sens. 

Un mot, un message pour terminer en beauté :

Chères femmes, soyez fières de vous ! Vous avez toutes une place, un rôle à jouer. Vous avez bien plus à apporter dans ce monde que vous ne pouvez l’imaginer. Pas besoin d’être une icône pour faire le bien autour de soi : d’ailleurs je suis sûre que vous le faites déjà ! Et si vous pouviez faire plus ?

Pour aller plus loin: Son site – Son blog

Mille merci Sophie pour ton temps et tout ce que tu partages. Elle le sait mais ces trois mois ont vraiment changé beaucoup de choses dans ma vie. Pour cette raison, je ne peux que vous encourager à passer le cap si le désir et le besoin sont là, en vous, depuis quelque temps. C’est une expérience très enrichissante!

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Interview Femmes Inspirantes Saison #2 – Maude Perrier, Autrice

Nous sommes mercredi et comme vous le savez si vous suivez la série, le mercredi est désormais consacré aux interviews de femmes inspirantes. Aujourd’hui, c’est au tour de Maude Perrier de venir nous parler écriture. C’est la première autrice interviewée sur ce blog et j’en suis ravie! Allez, c’est parti…

Bonjour Maude, une présentation rapide, avant de passer aux choses sérieuses :

Bonjour Marie, alors pour me présenter rapidement, j’ai 41 ans, je travaille à plein temps dans un cabinet comptable et j’écris des romans depuis 2014/2015, après une espèce de crise existentielle. Je suis également femme et maman d’un petit garçon de 7 ans, bientôt 8.

Quel(s) type(s) de romans écris-tu ?

J’écris des portraits de femmes, qui au départ sont souvent dans une situation compliquée voire douloureuse (alcoolisme, prostitution, sans domicile etc) et qui tentent de s’en sortir. La romance a également une part belle dans mes histoires ainsi que les voyages.

Comme dirait Attali, j’écris des romans que j’aimerais lire.

Quelles sont tes principales sources d’inspiration ?

C’est un peu cliché que de dire que tout m’inspire et cependant, c’est très vrai. Une personne, une discussion, une situation, un fait d’actualité, une chanson, une émotion… je me nourris de tout pour créer mes personnages et mes histoires.

Je suis aussi ma propre source d’inspiration. Quand un sujet m’intéresse ou me touche, je décide d’en faire le thème central de mon roman. Quand j’ai envie de voyage à l’autre bout au monde, je la choisis pour y emmener mes personnages.

Pour te donner un exemple concret, je travaille sur un nouveau roman. Le thème, je l’ai décidé après être tombée sur une interview de Marsha Elle, une femme que je ne connaissais absolument pas mais qui m’a fait forte impression. Elle a beau avoir une jambe en moins, elle n’en est pas moins très “successful” en tant que chanteuse, mannequin, conférencière inspirante… Je me suis tout de suite vue écrire un roman dont l’héroïne serait, comme elle, une femme amputée. A partir de là, j’ai commencé à regarder des reportages et des témoignages de personnes dans pareille situation et j’ai pris une claque. Nous sommes tellement loin de l’apitoiement sur soi ! J’adore.

Tu as toujours eu ça en toi, l’envie d’écrire, de raconter des histoires ?

Carrément ! Et pourtant, contrairement à beaucoup de mes consœurs, je n’ai pas d’abord été une fan de lecture. Plus jeune, c’était ma sœur qui bouquinait, moi pas trop. L’amour des livres est venu un peu plus tard mais après, je n’ai plus décroché. En revanche, raconter des histoires, ça a toujours été mon truc, même avec des poupées ou des Playmobils.

J’ai commencé assez jeune avec quelques nouvelles griffonnées sur des feuilles blanches, puis suis passée à des choses plus sérieuses vers 15/16 ans. L’écriture m’a toujours apporté un sentiment extraordinaire de bien être, de liberté, d’épanouissement. Je me sens tellement moi avec un stylo ou un clavier ! En parfait accord avec qui je suis lorsque tous les masques imposés par la société tombent.

Quand t’es-tu vraiment lancée dans l’aventure ? Qu’est-ce qui t’a poussée, motivée ?

La première fois c’est vers 16 ans. J’avais écrit cette histoire courte que j’ai ensuite transformée en roman. J’ai mis des années à l’écrire, sur papier, sur machine, sur ordinateur.

Et puis pendant des années, je suis passée à autre chose. J’écrivais toujours mais des documents professionnels, pas de la fiction.

C’est en 2014, que le tournant a eu lieu. Après une crise existentielle, j’ai découvert à peu près simultanément le développement personnel et l’autoédition. J’ai alors repensé à cette histoire que j’avais écrite des années plus tôt et l’ai remise au goût du jour (Une rencontre inattendue).

En renouant avec l’écriture, j’ai comme redonné de l’air à mes poumons. Les idées, les romans se sont succédés à un rythme fou l’année suivante. Je me suis retrouvée.

Peux-tu nous parler de ton premier roman – de l’idée de départ au point final ? Qu’as-tu ressenti une fois celui-ci terminé ?

Mon premier roman, j’en ai parlé un peu plus tôt, il s’agit d’Une rencontre inattendue.

Je pourrais en discuter pendant des heures tant l’écriture fut épique. Je me revois dans ma chambre chez mes parents, avec la musique de Richard Clayderman en fond sonore. J’écrivais pendant des heures sur des feuilles de papier. J’allais à la bibliothèque prendre des livres sur le Brésil et le sida (à l’époque, pas d’Internet 🙂 ). J’écrivais au feeling, sans plan ni rien, mais j’avais l’impression que ça tenait la route.

Ensuite mes parents m’ont offert un cadeau juste extraordinaire : une machine à écrire électronique. Elle fonctionnait avec des disquettes. Du coup, je pouvais écrire chez moi mais aussi à la fac, pendant les temps morts. C’était génial.

Quand je l’ai eu fini dans sa première version, je ne me souviens plus trop du contexte mais je sais que je l’avais envoyé à un concours et qu’il avait eu un prix (sans valeur) . Après, on a proposé de l’éditer, à compte d’auteur. J’ai beaucoup hésité mais je ne voulais pas que ma sœur ni mes parents mettent près de 10000 francs à l’époque dans une pareille aventure, d’autant que vraiment, je n’y connaissais absolument rien.

Il n’empêche, ce premier roman m’a procuré un plaisir indescriptible pendant tout le temps qu’a duré sa rédaction, même pendant les phases d’agacement, quand j’avais oublié de sauvegarder un chapitre par exemple. Et quand j’y ai mis le mot fin… j’ai eu mal de quitter l’histoire, les personnages, les émotions éprouvées tout le long, à émerger en somme. J’étais aussi fière de moi parce que c’était vraiment la chose à laquelle je tenais par-dessus tout. Je voulais la mener à terme et je l’ai fait.

Que dirais-tu à une personne qui a envie d’écrire mais n’ose pas, qui a peur de ne pas « être capable » ?

Je dirais qu’il n’y a aucune raison objective d’avoir peur. Écrire ne veut pas dire être publié, lu, gagner de l’argent etc. Écrire c’est avant tout entre toi et toi. Personne ne t’oblige à le montrer aux autres.

Quant à avoir peur de ne pas y arriver… eh bien ce n’est qu’en essayant qu’on s’en rend compte n’est-ce pas ? Pourquoi mettre des bâtons dans les roues d’un vélo avant même de monter sur sa selle ?

A ces personnes, je dirais juste écrivez, sans vous poser la moindre question. Prenez un crayon ou votre ordinateur et allez-y, mettez un mot après l’autre. Eclatez-vous sans penser à rien d‘autre qu’à ce que vous avez envie de raconter. Il sera toujours temps ensuite de vous poser toutes les questions du monde.

Si je te dis que tes romans sont de belles sources d’inspiration pour les femmes d’aujourd’hui, qu’en penses-tu ?

Je ne sais pas si c’est le cas mais entre nous, ce serait un compliment magnifique !

Les autres m’inspirent tout le temps alors si à mon tour, je pouvais faire pareil avec mes romans, je me dirais que je rends ce que j’ai reçois… euh…je ne suis pas certaine d’avoir été claire 🙂

J’ai conscience aussi que ce ne sont pas les sans-abris, les alcooliques ou les femmes qui sortent de prison qui vont me lire, mais si l’une d’entre elles le faisait et si, d’une manière ou d’une autre, elle puisait dans mes écrits un tout petit peu de force, là, je serais un milliard de fois plus heureuse encore.

 Il va falloir s’arrêter. Un mot, une citation, une envie particulière, un projet à partager :

Un mot ? Hum, faire court n’est pas vraiment dans ma nature 🙂

Je pourrais parler de ce projet de roman qui verra, j’espère, le jour avant l’été, avec cette héroïne unijambiste. De cet autre projet qui est dans un coin de ma tête depuis des mois et qui est revenu brutalement sur le devant de la scène quand je dormais.

Je terminerai alors simplement par cette phrase de Jim Rohn qui m’accompagne depuis que j’ai commencé l’aventure Maude Perrier “if you quit you lose. You lose automatically if you quit”. Si tu renonces, tu perds. Tu perds automatiquement si tu abandonnes.
Je ne renoncerai pas.

Ne renonce surtout pas Maude et enchante nous encore avec ces destins de femmes qui ne peuvent que nous toucher. Je te souhaite encore de beaux projets, de belles histoires à nous raconter. Merci beaucoup pour cet interview pleine de peps!

Pour découvrir l’univers de Maude, c’est par ICI.

 

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Interview Femmes Inspirantes Saison #2 – Nadège et les Annales Akashiques

Si vous vous souvenez (pour celles et ceux qui me suivent depuis quelques années déjà), courant 2017, j’avais fait plusieurs interviews de femmes inspirantes, que vous pourrez retrouver ICI. Je lance la saison 2, avec une interview toutes les semaines ou tous les quinze jours (je n’ai pas encore décidé) et on commence aujourd’hui avec Nadège!

Bonjour Nadège, peux-tu tout d’abord te présenter (en 1 mot comme en 100 – à toi de voir) ?

Bonjour Marie, je suis Nadège, j’ai 37 ans et je suis créatrice de possibilités grâce aux annales akashiques.

Quel est ton parcours de vie ?

Mon parcours de vie est plutôt atypique et un rien chaotique, surtout professionnellement ! Petite, je voulais être styliste de mode, mais les circonstances m’ont plutôt conduite à des postes de vendeuse, contrôleuse qualité, préparatrice de commandes… J’ai aussi eu une première entreprise dans le secteur de la rédaction web et de l’édition, jusqu’à ce qu’un burn-out m’oblige à me remettre sur le marché du travail salarié. Mais comme je m’ennuie profondément dans un emploi salarié, je me suis relancée dans l’entreprenariat en 2018 !

Mon projet initial était un programme de coaching en créativité, délivré sur une plateforme et destiné à secouer l’esprit créatif de mes client.e.s. Mon premier lancement a été un échec et je me suis rapidement rendu compte que le second lancement que je prévoyais n’avait pas plus de chances de marcher que le premier. J’ai donc tout arrêté pour me recentrer sur une activité qui, depuis le début de l’année, a déjà trouvé quelques clientes – ce que je prends comme un signe encourageant.

Tu t’es formée il y a quelque temps à la lecture des annales akashiques – peux-tu nous en parler plus en détail ?

 J’étais attirée par la formation Soul Realignment depuis plusieurs mois, et l’échec du lancement de mon programme m’a incitée à m’inscrire. Au départ, je prévoyais de me servir de cet outil uniquement pour travailler sur les blocages qui me pourrissent la vie depuis trop longtemps. Finalement, donner des séances à mes « testeuses » m’a plu, et leurs retours ont été assez convaincants pour me donner envie de développer cette activité dans le cadre de ma microentreprise.

Concrètement, les annales akashiques sont comme une immense bibliothèque virtuelle où sont référencées toutes les informations sur notre âme, depuis sa création jusqu’à aujourd’hui. En accédant à nos annales akashiques, on peut découvrir qui nous sommes vraiment, mais aussi remonter à la source de nos blocages pour les libérer. J’aime bien dire que c’est un raccourci pour mieux se connaître et avancer dans sa vie !

Qu’est-ce que tu as appris durant cette formation qui t’a donné envie d’en faire profiter les autres ?

J’ai appris l’importance de poser des actions alignées avec qui on est plutôt qu’avec ce qu’on croit être. J’ai découvert que lorsque nous faisons des choix en désaccord avec notre âme, que nous nous perdons dans des rôles qui ne sont pas les nôtres ou que nous nous acharnons à maintenir des situations/relations insatisfaisantes, cela peut générer des blocages tenaces dans notre vie – et que poursuivre des efforts désalignés n’est d’aucune utilité pour changer les choses.

J’ai compris aussi qu’il est important d’implémenter quotidiennement de petites actions ciblées pour amener des changements concrets dans notre vie. J’ai été sensibilisée très jeune à la loi de l’attraction et au pouvoir de la pensée positive, mais il manquait à ces outils un ancrage « physique », ce qui fait que j’ai pris l’habitude de rêver, de prier et de « mentaliser » plutôt que d’agir. Et lorsque j’agissais enfin, ce n’était pas forcément dans le bon sens puisque je n’avais plus de boussole intérieure pour me guider !

Du coup, cela me paraît important d’accompagner d’autres personnes à retrouver leur alignement pour agir intelligemment et créer de vrais résultats dans leur vie.

À quel public sont destinés tes services ? Que souhaites-tu apporter aux personnes qui te contactent ?

Mes services sont surtout destinés aux femmes sensibles et idéalistes qui ne se reconnaissent pas dans la société actuelle. J’ai envie qu’à travers mon travail elles se réconcilient avec elles-mêmes et retrouvent du pouvoir sur leur vie.

Je me suis moi-même sentie très souvent en décalage vis-à-vis des autres. J’étais souvent heurtée par la méchanceté, la mesquinerie, l’inconscience, l’intolérance et la bêtise dont j’étais témoin. Je pensais que j’avais un problème, que c’était à moi de changer pour m’adapter au monde et être acceptée. Durant mon adolescence, j’ai développé une personnalité cynique, froide et indifférente pour me protéger. Et je me suis perdue dans la manœuvre !

J’ai mis du temps à me retrouver et j’ai parfois encore du mal à me positionner, sans parler de croire en moi. Cela me désole de voir que beaucoup de personnes sensibles sont dans la même situation et souffrent de ne pas être « vraies ». J’aimerais vraiment que mon travail permette aux femmes qui me consultent de laisser tomber leurs masques pour permettre à leurs richesses intérieures de s’épanouir…

Si tu avais un dernier message à faire passer ou un mot à partager, ce serait quoi ?

J’ai très envie de croire qu’en nous réconciliant avec nous-mêmes et en nous réalignant avec notre âme, nous pouvons non seulement nous créer une vie épanouissante, mais également contribuer à construire un monde meilleur…

Merci à Nadège pour sa participation et son partage. J’ai moi-même fais une séance avec elle et je ne peux que vous recommander de jeter un coup d’œil à son offre. Et encore mieux, de vous lancer dans l’aventure. C’est source de grande richesse pour qui se pose des questions et souhaite avancer plus sereinement dans sa vie!

 

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Les mémoires du corps

Le corps se souvient du tout. Il expérimente, retient. Tout ce que l’on vit s’imprime, de manière inconsciente. Entre les milliers de terminaisons qui le parcourent, chacun réagit différemment à tel ou tel stimulus, tel ou tel évènement.

Notre corps nous dit beaucoup de choses sur nous-mêmes, pour peu que nous osions l’écouter et intégrer ses messages. Il est le siège privilégié de nos plaisirs. Il doit aussi composer avec les traumatismes vécus. Et pas seulement les nôtres d’ailleurs. Le corps est le premier témoin de ce que nous vivons, dans notre individualité, dans la société. Il est le premier point de contact avec l’autre.

Notre corps porte en lui les tabous, les non-dits, les secrets. Il garde la trace d’un vécu qui ne nous appartient pas. Nous portons en nous le passé des générations qui nous ont précédé. Plus tous les moments qui nous ont fragilisées, nous ont fait perdre nos repères, les cicatrices qui nous rappellent à chaque instant les blessures intimes, passées sous silence.

Dans une relation à deux, il s’offre avec cette farandole de peurs à taire, de hontes à cacher, de dégoût parfois, de fausses idées. Il s’offre, incertain de pouvoir dire, faire, se sentir libre. Incertain d’arriver à s’abandonner, lâcher-prise, s’autoriser à éprouver du plaisir, à le vivre, à l’exprimer. Il faudra alors toute l’écoute, l’attention, l’amour de l’autre pour que doucement les barrières tombent, la patience, le respect pour que le corps prenne ses aises. Il nous faudra à nous aussi dire les maux, même si ils sont douloureux, il nous faudra aller vers l’autre, exposer notre vulnérabilité, nous respecter aussi, oser l’intimité, dire nos besoins, nos envies.

Si le chemin se fait à deux, il y a aussi beaucoup de travail à faire en soi, pour se reconnecter à soi, apprendre son corps, ses sens, les développer, les autoriser à exister, en ôtant pas à pas les couches de mémoire, en acceptant les blessures, pour s’approprier une nouvelle identité, celle qui fera de nous des femmes épanouies, confiantes, vivantes, riches d’un désir qui pourra s’exprimer sans crainte, d’un plaisir qui pourra être vécu sans contrainte.

Cette liberté retrouvée sera bénéfique à la femme, au couple, au monde. Car une femme qui se fait confiance, s’abandonne, se ré-jouit est une force créative puissante, une ode à la vie!