Au delà de l’écran

Le premier contact – à travers l’écran.

Nous partageons des bribes de nos vies, moments de joie ou drames, sourires du quotidien ou chagrins inconsolables, souffrance physique ou morale. Nous échangeons, certains de trouver auprès d’un autre clavier des mots de réconfort ou juste une oreille attentive qui écoute, témoignage, va dans notre sens, prend part à nos coups de cœur ou de blues.

Et parfois la chance d’un autre contact – au-delà de l’écran.

Se rencontrer. Se voir autour d’une table, au détour d’un voyage. Un face à face qui peut troubler, faire peur. Toujours ce problème de confiance en soi. Et si l’autre ne nous reconnaissait pas? Et si il / elle était déçu(e) parla réalité? Et si l’image qu’il / elle s’était fait(e) de nous ne correspondait pas?

On se bloque souvent alors même qu’un rendez-vous loin de l’écran est souvent un pur moment de bonheur et de joie mêlés.

A suivre…

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Au bout du fil

J’ai repris le fil…

Ou bien déroulé le fil.

Je suis revenue aux origines, les nôtres, fragiles.

Le manuscrit se compose de plusieurs chapitres, d’extraits de courriers, listes de l’époque, de journaux intimes gardés tels quels, qui quand on les lit, laissent flotter dans l’air un étrange goût, rien d’amer, juste quelque chose de lourd à digérer. On comprend mieux, un peu tout, comment le fil s’est cousu.

Puis décousu.

Je renais chaque jour un peu plus depuis le premier mot posé, la première ligne écrite.

Quelqu’un m’a dit un jour, le jour où tu ne retiendras que le bon de cette histoire là, tu seras sauvée.

Je crois que je tiens le bon bout.

Le mien.

Le bout du fil qui me permet de construire de joyeux lendemains.

Il est enfin question de MOI

Dans les mots que je relis, dans ceux que j’arrache, ceux que je raye ou encore ceux que je change, il n’est presque question que de toi. Tout se détache et tout revient à toi. Toi, le centre du Monde, le centre de mon Monde pendant si peu de temps, si longtemps si on compte les heures de souffrance et de peine, de violence et de chaos.

Toi. Tes besoins. Tes envies. Tes questions. Tes projets. Tes doutes. Tes maux. Tes blessures. Tes coups de gueule.

Il n’a jamais été question de moi. Ou si peu. Mes rêves étaient sans importance. Mes doutes trop puérils. Mes questions balayées d’un revers de manche. Mes projets sans envergure. Mes passions insensées sauf quand mes mots s’intéressaient à Toi, parlaient de Toi. Là je devenais intéressante. Mes blessures incomparables aux tiennes. Mes coups de gueule répréhensibles.

Aujourd’hui, il est enfin question de Moi. Je prends enfin conscience d’exister et de mériter d’être heureuse. Je pense enfin à Moi. Je prends enfin soin de Moi. Sans culpabilité.

Tu ne peux pas savoir à quel point c’est agréable d’être soi…

 

Revenir à soi

Quand la vie se teinte de couleurs sombres, que l’on se sent partir, que nos maux nous rattrapent, quand le temps perd de sa consistance, que les heures se fondent en silence, quand les mots des autres – manquant de tact – nous blessent, quand leur indifférence nous teste, quand la peur, l’angoisse se pressent à notre porte, que l’on se sent perdre contact avec la terre ferme, je ne perçois qu’un remède face au chaos : revenir à soi – revenir au cœur de soi – prendre le temps de s’écouter – faire la paix à l’intérieur de soi – prendre le temps qu’il faut pour noter ce qui a de l’importance, ce qui fait sens pour soi, indépendamment des regards extérieurs. Oui encore et toujours revenir à soi pour se remettre en selle, gagner en confiance et en sérénité.

On s’oublie trop souvent quand tout va de travers…

Porte ouverte

La porte s’ouvre sur un visage. Angèle reste bouche bée. Elle n’a pas changé. Si, ses traits sont plus marqués peut-être. Son visage porte les stigmates de la vie, heures sombres, matins douloureux, nuits agitées. Angèle la regarde, ne pense pas à l’inviter à entrer. Elle reste là, immobile, dans l’entrebâillement de la porte. Vingt ans les séparent quand elles sont à quelques centimètres à peine l’une de l’autre. Elles s’étudient du bout des cils. Angèle voudrait pouvoir dire quelque chose, oser un pas. Elle n’y arrive pas. Ni à fermer la porte d’ailleurs. Elle reste là les bras ballants à se demander pourquoi elle l’a invitée, comment procéder maintenant. Pas besoin de présentations. Elles se connaissent, portent le même nom. Mais restent incapable de faire un geste pour combler le vide de vingt ans de silence.

Coup de fil

Je l’attendais depuis longtemps. Je l’attendais sans savoir quand, à quel moment de la journée il m’arracherait à tout ce que je connaissais, à mes espoirs pour toi, aux vœux que j’avais prononcé, aux souhaits égrenés dans une église en Allemagne lors d’un pèlerinage d’école. Je savais qu’un jour ce coup de fil m’annoncerait ton départ.

Et puis ce coup de fil a eu lieu. J’ai su. La sonnerie n’était pas différente. Tu souffrais juste depuis trop longtemps. Sur le fil des souvenirs, les images se sont précipités, le film de nous deux en accéléré. Premier sourire. Premiers cris. Les mots qui frappent à l’intérieur qui ne peuvent sortir. Alors la tête qui se cogne dans tout, dans les murs surtout pour dire le silence. Puis tes rires aussi. Envahissants. Et tes larmes. Criantes d’une vérité que je n’avais pas le pouvoir de changer. Chez toi. Avant là-bas. Les murs gris, d’autres cris, des verrous comme dans les prisons. La vie avant la nuit.

Ta dernière nuit avant ton envol. Je suis restée avec mes larmes. Je m’en suis un peu voulue de ne pas avoir pu, su, profiter de toi, de t’avoir donné si peu, de t’avoir aimé de si loin. Puis j’ai su que là-haut tu étais bien, bien entouré, à l’aise. Tu flottes entre les nuages. Il n’y a plus de coups dans mes souvenirs, juste ton sourire et de la poésie dans les gouttes de pluie.

Remède miracle

Il m’accueille le soir avec le sourire, un sourire grand comme – grand comme la terre entière – puis vient coller son nez dans le creux de mon cou. Il m’enlace de ses deux petits bras et alors tous les doutes, le chaos de mes jours, le silence de mes nuits s’effondrent devant cet amour qui n’en finit pas.

Il me fait rire, me fait danser. Il me fait lâcher prise, m’aide à ne pas trop penser. Il me rappelle que vivre est une chance, qu’être ensemble est un bonheur, que nous composons chaque jour une douce mélodie à conjuguer à tous les temps.

Il est mon remède anti-coup de blues, mon miracle du quotidien. Son sourire coquin semble me murmurer des vérités. Il me dit d’aimer la vie et de donner, d’offrir l’amour qui est en moi, sans limite, sans chercher toujours à savoir “pourquoi ci – pourquoi ça”.

Nous nous aidons mutuellement à grandir.

Sans

Un jour avec toi. Un jour sans toi.

J’ai cette chance que peu ont de ne pas te partager. Ou plutôt de ne pas être privée de toi une semaine ou un weekend sur deux. J’aurais tremblé. Je crois que mon cœur se serait arrêté de battre si il avait eu des jours avec toi, sans moi, si j’avais dû te partager avec lui.

Je suis peu sans toi.

Quelques jours tous les deux mois. Quand les vacances nous séparent, le temps que tu respires l’air d’ailleurs.

Le temps que je me reconnecte à moi pour être encore mieux avec toi.

Changement de cap

Journée longue, périlleuse. Journée qui s’éternise, tout le monde semble s’être ligué contre moi. Chacun fait durer le plaisir à sa manière quand mon unique envie, à moi, est de rentrer, de dîner, de nous enrouler les pieds dans une couverture pour l’histoire du soir, puis de faire une pause avant que la nuit m’enveloppe de sa douceur habituelle et si apaisante.

Mon esprit a dû à un moment donné changer de cap. Toujours regarder la vie, le coeur ouvert aux possibles. Ces textes refusés, je ne les laisserais pas de côté, d’ici quelques années,  je les aurais étoffés, ces destins de femmes seront partagés avec mes lecteurs, toujours aussi passionnés, toujours aussi passionnants.

Et puis en rentrant il y a eu cette carte et ce message si merveilleux. Puis l’escargot heureux de m’aider à mettre puis débarrasser la table, ses confidences incroyables, ses deux yeux qui semblent me murmurer des secrets. Et le rire de la baleine qui nous invite à la danse, à croire en nos rêves, à oser nous aventurer là où nous n’avons pas pied, certains que nous ne serons jamais seuls, que nous ferons toujours face.

Se sentir pleine d’incertitudes et heureuse de savoir que rien n’est écrit d’avance. Tout se dessine jour après jour. Tout change. Toute se transforme. Heureuse des incertitudes, des doutes et des réponses qui arrivent à l’improviste et qui nous guident sur le chemin fait pour nous.

Se sentir bien. A la fin d’une longue et périlleuse journée.

Ce besoin d’être aimé

Il lui promet. Des étoiles.

De la chérir. De la désirer sans la toucher. De l’inonder d’une tendresse particulière.

Il utilise des mots pompeux, se sent prêt à décrocher la lune, à dévorer la terre pour un sourire d’elle. Il dresse une liste des caresses qu’il rêve de lui faire. En toute amitié. Bien sûr.

Elle hésite. Surprise.

Elle se donne. Éprise.

Elle ignore que son discours bien entretenu a été appris par cœur, qu’il murmure les mêmes promesses à d’autres, que ce spectacle bien huilé à été maintes fois répété dans la moiteur des soirs où, seul, face au miroir, il tente de percer le mystère de son insatiable besoin d’être aimé.