Composer avec soi, l’aventure d’une vie!

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Les hauts, même très hauts. Les bas, aussi très bas. On peut dire que mes émotions sont comme les vagues qui caressent le sable. Sans cesse en mouvement. Elles me font toucher les profondeurs et je me demande toujours si j’en reviendrai. Puis me font atteindre des sommets où sérénité et sagesse m’offrent des heures magnifiques à contempler l’absolu, l’éternité.

La joie, la peur, la colère, le chagrin. Elles me traversent avec fulgurance puis repartent. Elles sont ma boussole quand je m’égare. J’aimerai, il est vrai, que tout soit plus calme, posé, que mes états d’âme soient moins dispersés, mes contradictions moins douloureuses,  ma conscience moins torturée, ma sensibilité moins à fleur de peau.

Mais je dois dire que c’est aussi tout cela qui me pousse en avant. Je peux me sentir pousser des ailes un matin, après une nuit de torture psychologique. Je peux avoir envie de sauter sous un train et la minute d’après me sentir attirée par une force telle que tout me parait possible.

Je dis souvent que je suis comme une funambule au-dessus du vide. C’est excitant et angoissant en même temps. C’est la vie et la mort à chaque instant. Mourir pour renaître. Tant de cycles dans le grand cycle des marées, des saisons, du temps, de l’espace.

Je crois qu’il faut apprendre à s’accepter avec tout ça, notre bagage, notre héritage, ne pas envier l’autre qui semble – c’est toujours très subjectif tout ça – mieux s’en sortir que nous. Apprendre que nos failles sont nos forces et nos forces des failles en fonction des moments de la vie. Qu’il n’y a rien de linéaire dans cette grande aventure.

Je crois qu’il faut apprendre à se connaître pour pourvoir grandir, mieux, appréhender les choses sous des angles plus souples. S’accueillir dans toutes nos facettes, des plus lumineuses aux plus sombres. Accepter que nous portons certaines lunettes et qu’en la matière il n’y en a pas de meilleures que d’autres. A chacun sa personnalité, à chacun d’en tirer le meilleur.

Je crois qu’il faut apprendre à creuser, à aller loin même quand ça fait mal, surtout quand ça fait mal, pour vivre plus libre, pour retrouver la joie inhérente à notre nature humaine. Nous en parlons peu et pourtant elle est là, elle attend d’être vue, reconnue, entretenue.

Je crois qu’il ne faut pas avoir peur du noir car comme le dit une citation que j’aime beaucoup “l’ombre a tant été aimée qu’elle en est devenue clarté“. Et qu’il ne faut pas avoir peur de la magnificence du jour non plus.

Je crois qu’il faut toujours revenir à soi. Le chemin se fait bien souvent seul. Mais la route est parsemée de merveilles, de belles rencontres, de jolies surprises et d’innombrables bonheurs. Il suffit d’être prêts à les laisser venir à nous.

Et vous, vous arrivez à composer avec vos multiples facettes? Avec vos forces, vos faiblesses, votre passé, vos rêves, vos chagrins, vos démons? Un peu, parfois, pas encore, beaucoup mieux qu’hier?

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Le pari de la vie

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On m’a souvent demandé, et on me demande encore, comment j’ai refait surface, comment / quand j’ai réussi à faire à nouveau confiance, en l’autre, en la vie.

Je ne sais pas. Ça s’est fait.

Je partais de loin. Puisque je ne voulais plus vivre et que rien ne me retenait si ce n’est la vie qui grandissait dans mon ventre. Mais même elle, j’étais prête à la donner.

Quand tout s’est écroulé, j’aurai préféré la mort. Qu’est-ce que je pleurais? La fin d’un amour? Non. La séparation? Non. J’en étais à l’origine. Quoi alors? Je crois que je pleurais l’horreur, les menaces, les années de supplice, la peur. Je pleurais le vide, les images sordides, le froid, les mots.

Je ne savais plus où j’en étais. Alors j’ai choisi de m’écrouler. Je n’avais plus que des briques à mes pieds et plus d’envie. A côté, tous les  maux passés de mon existence me paraissaient vains. Mes mauvaises notes, mes échecs sentimentaux, la mort, mes rêves envolés, la maladie, la dépression…

Un jour, je n’étais plus que l’ombre de moi-même et mon regard dans le miroir me glaçait le sang. J’étais devenue une fille que je ne reconnaissais pas. Personne ne m’a laissé partir alors j’ai choisi de continuer à vivre. Difficilement. Mais vivre quand même. Et j’ai rebâti jour après jour, en triant ce que je voulais garder, ce qu’il devenait nécessaire de laisser partir. J’ai eu souvent l’impression de faire deux pas en avant et trois en arrière. J’ai dû faire face un nombre incalculable de fois à la personne qui me terrorisait le plus dans cette sombre histoire. L’emprise ne s’est pas arrêtée le jour où je suis partie. Elle a redoublé après mon départ et il a fallut s’en extirper.

Peut-être que j’ai repris goût à la vie parce que j’ai choisi un matin d’y croire à nouveau, tout simplement. J’ai fait un énorme travail sur moi pour m’accepter telle que je suis, pour m’estimer davantage, me respecter enfin. J’ai crié, pleuré, détesté la terre entière. J’ai craché ma colère, mon dégoût, ma peur. J’ai envoyé chier tous les principes des autres pour trouver mes essentiels. J’ai racheté ma liberté. J’ai gagné ma paix au prix d’un combat acharné contre moi-même.

Je pense aussi qu’au fond de moi j’ai cette soif de vivre, plus forte que tout, qui me porte. J’ai foi en la vie. Et si j’ai été déçue, maltraitée, j’ai toujours gardé la certitude qu’il y avait aussi de belles choses à vivre, de belles personnes à rencontrer. J’ai fais ce pari. Celui de quelque chose de plus grand, de plus vrai, de plus proche de mes convictions.

Je n’ai pas de formule magique à confier, si ce n’est peut-être identifier ses blessures, travailler dessus, les guérir et aller de l’avant. La confiance est un choix. Le bonheur aussi.

Et vous, qu’est-ce qui vous motive? Quelle force vous permet de vous relever? Quels maux avez-vous dépassés? Comment?

La tyrannie du ventre plat…

Y avez-vous échappé?

Elle est dans tous les magazines, dans la majorité des photos qui se partagent la première place (ou pas) sur la toile, dans la bouche des femmes qui décortiquent leurs formes au microscope, dans l’appréciation collective de ce qu’est un “joli” corps. Elle ne date pas d’hier et elle devient même parfois une obsession. Régimes, séances intensives de sport, culottes gainantes, opération chirurgicale. Certaines femmes sont prêtes à tout pour ce ventre là, sans rondeur, ce ventre adulé, porté aux nues, ce ventre qui leur permettra enfin de se regarder dans la glace et de se trouver “pas si mal” – comparées aux autres…

Tout ça pour ça.

Je ne vais pas vous dire que j’ai  échappé à cette malédiction. Ce qui est vrai pour moi, l’est pour d’autres, mon corps s’est transformé au fil des ans. La maternité y est pour quelque chose, mais pas que. Il y a 20 ans, j’avais 10 kilos de moins au compteur.  A côté de beaucoup de femmes, j’ai toujours apprécié mon corps, je n’ai jamais eu beaucoup de complexes.Mais le ventre ça coinçait. Les abdos, le sport, les pseudos “régimes” n’y ont rien changé. Pendant longtemps, j’ai fait l’impasse sur les maillots deux pièces. A chaque fois que je me regardais dans la glace, je ne voyais que ça, ce ventre qui prenait toute la place et que je n’arrivais pas à apprécier, malgré toutes mes tentatives de m’accepter telle que j’étais – c’est toujours plus facile de conseiller les autres. J’avais l’impression que tout le monde ne voyait que ça, que les gens qui posaient les yeux sur moi s’arrêtaient à ça. Ça me gênait, je me gênais. Sans compter que je viens d’une famille où les femmes cachent plus facilement qu’elle ne montrent, sous prétexte que les autres n’ont pas à devoir regarder un corps considéré “disgracieux” ou par peur du regard des autres sur ce corps jugé “inadapté.” Selon quels critères? A partir de quand, de quoi un corps doit se cacher / se montrer?

Pendant longtemps j’ai envié ces femmes au ventre plat. Puis ensuite j’ai envié ces femmes au ventre rond, qui assumaient. J’ai envié ces femmes qui se moquaient bien du regard des autres, qui étaient à l’aise avec leur corps, leur sensualité, des femmes libres qui au final portaient un regard bienveillant sur elles-mêmes et du même coup invitaient les autres à faire de même.

Elles sont un nombre infime à avoir un ventre plat et parfois même quand elles l’ont, elles voudraient bien qu’il soit différent. Comme quoi personne n’est jamais satisfait! Et puis la liste des complexes est longue…

Je pourrais écrire qu’un regard a changé la donne, mais ce serait faux. J’ai mis du temps à ne pas me sentir mal à l’aise nue. J’ai continué à regarder mon ventre avec cette petite moue dubitative – j’allais faire avec. Petit à petit j’ai accepté que cet autre regard aime mon corps dans sa globalité, sans s’attarder sur ce que moi je considérais comme un défaut. J’avais fini par ne plus faire attention, j’avais même réussi à m’offrir un maillot deux pièces pour l’été (un exploit!) Et puis une réflexion en cours de saison m’avait remis la tête à l’envers. Je me suis replongée dans l’étude attentive de cette île au milieu, qui semblait bien installée. Que d’heures de perdues à vouloir un corps autre! Des évènements récents m’ont montré un rapport au corps différent, dénué de jugement, ce qui en fait ressortir la beauté, la singularité. Doucement mon regard change, il devient plus doux, il regarde l’ensemble. Doucement mon corps prend ses aises et retrouve sa liberté d’être, en vérité, avec ses aspérités, ses forces, ses contours, ses lignes, ses reliefs.

Et vous, ce rapport au ventre plat, ça vous parle? Aimez-vous votre corps? Ou avez-vous des difficultés à l’assumer, à l’accepter? D’autres complexes?

 

Je n’assume pas pleinement ma sexualité

Cet article je l’ai écrit maintes et maintes fois dans ma tête, je me suis demandé si j’allais le publier, si j’allais oser surtout. Tout le monde me dira que c’est mon blog et que j’écris bien ce que je veux dessus. Oui mais…Parfois certains sujets sont plus faciles à traiter que d’autres, d’autres sont plus intimes à partager que certains. Et pourtant ici je me suis souvent livrée sur des choses pas toujours évidentes. J’avais juste l’impression d’avoir une légitimité à le faire, puisque je l’avais vécu.

Comme je n’assume pas entièrement ma position d’auteur, même si j’essaie d’en parler davantage, de me mettre un peu en avant, un peu plus qu’avant en tout cas, je n’assume pas pleinement ma sexualité.

Maintenant que les choses sont dites, vous pouvez décider de lire ou de passer votre chemin. Je ne vous en tiendrais pas rigueur. La semaine dernière vous en avez été témoin, j’ai connu un petit creux de vague. Ça arrive, l’essentiel étant de rebondir ! Un avis partagé sur une de mes nouvelles a pointé du doigt une faille. Au-delà de la peur – elle se dompte – je contrôle beaucoup de choses parce que je n’assume pas pleinement qui je suis et en poussant le vice un peu plus loin, on peut même dire que parfois j’ai honte de mes pensées, de mes envies (ne parlons même pas de mes fantasmes!). A 37 ans j’en suis encore là ! A ne pas pouvoir aligner deux mots sur le sujet sans me sentir gênée. Et comme pour tout blocage il y a une origine, je cherche d’où cela peut venir, pour pouvoir travailler dessus. En vain.

J’ai été intéressée par la sexualité très jeune. A 7 ans je dévorais « la sexualité expliquée aux enfants ». A 10 ans je n’avais pas encore mes règles et je découvrais déjà les plaisirs solitaires. A 13 ans, je jouais encore à la poupée et j’écrivais des histoires d’amour d’une intensité qui me laisse encore perplexe aujourd’hui.  J’étais une petite fille très sage et déjà je me disais qu’il y avait quelque chose de pas « normal » chez moi (vous allez me dire qu’est-ce que la normalité?)

La sexualité n’était pas taboue à la maison. Je n’ai pas vécu de traumatisme sexuel. Comme beaucoup, j’ai eu une éducation catholique, c’est certain que ça n’aide pas quand on vous serine à longueur d’homélie que le sexe ce n’est que pour faire des bébés et que vous pouvez pêcher même en pensée. J’étais bien avancée. A l’adolescence, je ne savais plus à quel saint me vouer, alors pour temporiser mes « pulsions » (les catholiques appellent ça des pulsions perverses – merci du cadeau), je me suis tournée vers la religion. Pas juste un peu. Je m’y suis donnée presque corps et âme. J’ai plongée dans un grand bain d’eau bénite. J’ai même eu l’envie de rentrer dans les ordres et c’était loin d’être une passade, puisque 10 ans plus tard, j’ai bien failli passer le cap. Pour le coup c’était le meilleur moyen de dompter ce que je considérais comme « un penchant suspect ». Mes parents m’en ont dissuadée. Je me demande s’ils n’auraient pas préféré me voir courir les garçons…

J’étais réservée, introvertie, silencieuse, calme, posée, timide. A l’intérieur de moi, ça bouillonnait mais je savais faire taire tout ça. Je renvoyais une très belle image au reste du monde. Les gens enviaient mes parents. Et le soir quand les lumières s’éteignaient je me battais avec mes démons. Un combat solitaire et éreintant. Je n’en ai jamais parlé à personne et j’ai enfoui tout ça au plus profond de moi, en pensant que ça ne referait jamais surface. Poser un voile sur les maux, ça a toujours été mon moyen de contourner les problèmes. Les expériences de la vie m’ont montré que ça ne servait à rien, à part envenimer les choses. Mais bon, on ne se refait pas en claquant des doigts !

Puis j’ai commencé à avoir une vie sexuelle active. J’avais 19 ans et toutes mes copines m’enviaient. J’ai vécu ce que j’avais à vivre, sans trop me poser de questions. On ne va pas dire que le sujet était récurrent mais nous en parlions facilement. Je partais du principe que chacun était libre de faire ce qu’il voulait de son corps, seul ou en couple, à partir du moment où il y  avait respect et confiance. Il était clair que moi je resterais dans une voie très classique, histoire de ne pas être tentée par des choses qui ne collaient pas du tout avec mon image de jeune fille “bien” – quoi qu’on en dise de nos jours encore la sexualité féminine est riche de nombreux clichés en tous genres. Certaines arrivent à s’en affranchir et elles ont toute mon admiration – c’est tellement beau une femme libre!

Je n’ai pas franchi beaucoup de caps en 18 ans, même si j’ai été tentée parfois par des chemins différents. A chaque fois que je me suis confiée pour le coup, je m’en suis mordue les doigts par la suite. Les gens de mon entourage n’avaient clairement pas les mêmes besoins ni les mêmes envies que moi – j’avais donc un “problème” (les raccourcis sont vite faits dans ces cas-là). 

On va passer brièvement sur mon mariage, où là pour le coup, le sujet était carrément à éviter. Non guérie de mes vieux démons, à chaque fois que nous nous retrouvions dans l’intimité, j’avais vraiment l’impression d’être une trainée. Je pense que si j’avais assumé ma sexualité, les choses se seraient passées autrement, je me serais davantage respectée et je n’aurais pas accepté d’être traitée et utilisée comme un objet.

Est-ce que ça été le coup de grâce ? Est-ce que cinq ans de célibat sans un contact physique ont mis à mal mes dernières résistances ?

Tout cela refait surface aujourd’hui, parce que la donne a changé,  parce que je suis dans une relation épanouissante et épanouie avec une personne qui n’a aucun apriori sur le sujet, qui en parle sans jugement, très librement et qui me prend comme je suis – c’est assez nouveau. C’est vrai que je me dis qu’il est fou parfois, mais surtout que j’ai beaucoup de chance. Peut-être que c’est le moment idéal pour déterrer tout ça, accepter, assumer, me libérer une fois pour toutes. Dans le respect, la confiance et le partage, tout deviendrait presque possible, dans la limite des limites de chacun bien entendu. Sans compter que l’échange est constructeur pour soi autant que pour le couple. Et que ce serait tellement plus agréable si je n’étais pas si souvent sur la défensive, comme si j’étais prise en train de faire une grosse bêtise !

J’ai parfois l’impression de vivre avec des secrets lourds (ne vous inquiétez pas, mon âme est tourmentée, c’est un état de fait et je vis très bien avec), comme si je devais expier des fautes. C’est un combat perpétuel en moi et pas forcément entre mon corps et mon esprit, entre deux forces invisibles qui ne tombent jamais d’accord (si j’ai perdu quelqu’un en cours de route, j’en suis désolée, moi aussi j’ai du mal à me comprendre parfois !).

Quelque chose me retient toujours. Certaines portes sont verrouillées à double tour. Peut-être que c’est la crainte de mes zones d’ombre qui me retient ou bien celle de ternir l’image de la petite fille sage, un brin rebelle – une rébellion contenue – qui ne fait pas trop de vague, qui rentre dans le rang, qui ne veut pas causer de tort autour d’elle, qui fait comme si. Pourtant je ne suis plus une petite fille depuis longtemps…

Si vous avez lu de A à Z cette confession, je vous tire mon chapeau. Et je vous dis merci aussi pour votre lecture et votre bienveillance. Qui sait peut-être que je ne suis pas la seule à assumer pleinement! 

Quand est-ce qu’on en revient?

Est-ce qu’on en revient de la peur du corps?

Peur du sien, de celui de l’autre.

Peur de la nudité face à l’autre.

Est-ce qu’on en revient des images troublantes?

Images qui s’infiltrent dans nos nuits.

Images qui défilent et détruisent l’estime.

Est-ce qu’on en revient de la peur d’aimer?

Peur de la confiance qu’on pourrait accorder.

Peur de la dépendance.

Peur de l’abandon.

Est-ce qu’on reconstruit un jour à nouveau à deux?

Est-ce qu’on se retient?

Quand est-ce que le corps se libère – se livre, libre, à nouveau?

Quand est-ce que le corps s’oublie pour se fondre – en soi / en l’autre?

Le corps et son image. Le corps face au miroir.

Quand est-ce que le corps se soigne du regard de l’autre?

Quand est-ce que l’amour guérit le corps? Comment?

Quand est-ce qu’on en revient de tout ce qui nous attache à des maux qui nous dépassent?

Mon plus gros challenge : m’aimer

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Je t’aime. Trois mots qui en disent long.

Mais arrivons-nous seulement à les dire. A nos proches ? A nos amies ? A notre amoureux (se) ? A nos enfants ?

Et enfin à nous même ?

Je t’aime. Trois mots qui ne sont pas à prendre à la légère. Aimer c’est simple et compliqué à la fois. Simple car aimer vient de notre être, de notre cœur. Et nous avons tous un cœur. Compliqué car aimer s’accorde avec liberté, authenticité, confiance, respect, inconditionnalité. C’est là que le bât blesse. Il semblerait que nous mettions souvent des conditions à l’amour.

Envers les autres.

Envers nous-même.

Comment aimer les autres quand on ne s’aime pas soi-même ? Je me pose la question depuis quelques années. Je n’y avais jamais pensé avant. Je n’avais jamais pensé d’ailleurs à l’importance de m’aimer. Les autres avant. Toujours.

Est-ce parce que c’est plus facile de penser aux autres que de s’intéresser à soi ? Est-ce parce que s’intéresser à soi implique de creuser, de déterrer des blessures, de laisser tomber des principes qui nous oppressent, de travailler, d’aller à l’intérieur de soi – un intérieur longtemps délaissé ? Est-ce parce qu’on nous a souvent répété qu’il « fallait » penser aux autres ? Est-ce parce l’altruisme est érigé en valeur souveraine ? Et l’égoïsme un travers dans lequel nous craignons de tomber facilement ?

Et si entre altruisme et égoïsme, il y avait juste l’être. On ne peut pas offrir ce qu’on n’a pas. On ne peut pas recevoir ce qu’on n’est pas prêt à accepter dans notre vie. Ne serait-ce qu’un compliment. Comment offrir un compliment sincère qu’on ne se ferait pas à nous-même ? Comment recevoir un compliment sincère en se dénigrant sans cesse ?

On a tendance – moi aussi – à voir les travers des autres d’un coup d’œil, à cerner leurs zones d’ombres et à les décortiquer jusqu’à la dernière miette, à leur en vouloir pour tel ou tel trait de caractère, tel ou tel manque. Et si nous nous intéressions à nous ? Et si nous regardions à l’intérieur de nous pour voir ce qu’il s’y passe, pour distinguer les émotions qui nous traversent, pouvoir les nommer, les étudier et les laisser passer ? Et si nous devenions notre priorité ?

En écrivant cette phrase, je me rends compte que quelque chose fait tilt en moi. Ce n’est pas ce qu’on m’a appris. Ca ne rentre pas dans mes « valeurs », mes « principes ». Et si mes valeurs étaient erronées, mes principes plus adaptés à la personne que je suis ?

Depuis quelques années je prends conscience de moi – une nouveauté agréable et déstabilisante. Est-ce que je me respecte ? Est-ce que je m’aime telle que je suis ? Est-ce que je suis prête à me dire « je t’aime » chaque matin en me regardant dans le miroir ? Est-ce que je me sens libre de passer du temps avec moi, de prendre soin de moi, d’investir en moi ? Est-ce que je  suis prête à me donner ce que je donne depuis des années aux autres et à l’assumer (auprès de ces autres) justement ?

Tant de questions autour de quelque chose de si naturel.

Un gros chantier sur lequel je travaille depuis près de 3 ans déjà. Les progrès sont là c’est certain. Les regarder en face m’aide à aller de l’avant, à y croire même quand tout me pousse à renoncer. Le plus dur en ce moment, c’est 1) le regard des autres (s’en affranchir) 2) ne pas me comparer sans cesse 3) mes principes et la culpabilité qui va avec (les lâcher).

Je vois la belle lumière au bout du chemin. Elle est époustouflante et vraie. J’avance vers elle chaque jour un peu plus, à mon rythme, en me regardant avec des yeux remplis de bienveillance. Et je sais que cet amour une fois installé fera des merveilles autour de moi.

Et vous, dites-moi, vous en êtes où sur ce chemin ?

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Investir en soi

Depuis combien de temps n’ai-je pas pensé à moi?

Depuis combien de temps ne me suis-je pas octroyer une pause, sans culpabiliser?

Depuis combien de temps n’ai-je pas profiter de mon argent pour me faire un cadeau – juste pour le plaisir?

Depuis combien de temps me suis-je oubliée?

Les autres avant. Tout le temps. On nous inculque l’autre dès notre plus jeune âge. Et on oublie de nous parler de “nous”, de “soi”, de l’être.

Certaines personnes arriveront à faire la part des choses. D’autres, en raison d’une grande sensibilité souvent, se retrouveront engloutis, préférant s’oublier pour laisser à l’autre toute la place dans leur vie. D’autres prendront le contre-pied et basculerons dans l’égoïsme.

J’ai pris très jeune le second chemin, me laissant de côté trop souvent. Mon besoin de reconnaissance grossissant au fil du temps (et pour cause), j’ai continué sur ma lancée. L’altruisme a la côte.

Besoin de revenir à moi.

On ne peut donner que ce qu’on a. Et à force de donner ce qu’on n’a pas, on finit par couler, se perdre, dériver, s’épuiser.

Penser à moi, prendre soin de soi n’est ni un luxe, ni une chance mais une façon de dire: Je Compte – Je Suis.

Le chemin parcouru

On liste souvent ce qu’il nous reste à faire (ou devenir). On se dit souvent que se construire c’est un long processus, se reconstruire un chemin rempli de petits pas qui s’additionnent, un chemin en pente qui nous parait souvent sans fin.

Et si nous regardions juste quelques minutes en arrière, juste le temps de voir le chemin parcouru, le temps de lister justement tout ce dont nous pouvons être fiers, les victoires gagnées au prix d’incroyables efforts sur soi, les nuits d’insomnie consommées pour trouver notre voie, les souffles comptés nécessaires, les marches gravies à la force de nos poignets, les reconquêtes de notre corps, de nos cœurs, de nos pensées, mille fois meilleures qu’hier.

Et si nous pouvions apprécier, avec bienveillance, d’où nous venons. Et prendre le temps de nous poser avant la prochaine ascension. D’ici quelques mois le sommet nous paraitra plus accessible, notre équilibre ne sera plus si fragile.