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Chronique de bureau

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Crédit Pixabay

Anouk en avait parlé à Agathe, Agathe à Justine, Justine à Meryl. Tout le monde le savait désormais, ça ne faisait aucun doute.

L’été laissait sur les peaux des reflets d’or. Les amants ne faisaient plus autant attention, pris dans l’enthousiasme de la saison, des robes qui volent autour des jambes nues, des nuits qui n’en finissent pas, des ébats qui laissent des marques sur les corps délestés des couches de vêtements des saisons passées.

Anouk les avait surpris. Un diner en ville, une table réservée juste à côté. Elle avait demandé à changer de place à la dernière minute. Leurs mains croisées sur la table, sa jambe à elle qui effleure sa jambe à lui. Sans équivoque.

Agathe les avait surpris dans le parking. Un soir en sortant du bureau un peu tard. Sa main à elle sur la fermeture de son pantalon à lui. Sa bouche mise en appétit et quelques restes de rouge à lèvres sur sa chemise blanche. C’est traitre le rouge à lèvres.

Justine ne prêtait pas foi aux commérages. Elle ne pouvait toutefois pas ignorer leurs allées et venues communes, leurs déjeuners qui n’en finissaient plus, ni les remarques entendues, mine de rien, la façon dont il lui effleurait la main. Flagrant.

Meryl se doutait qu’il se passait quelque chose. Il ne la regardait plus comme avant. Il ne passait plus dans son bureau le matin, ne lui disait plus qu’elle était jolie, en passant ses doigts sur le grain de sa peau – une décharge sensuelle sans précédent. Il la houspillait de temps en temps, gentiment. C’est comme ça.

Tout le monde savait que Monsieur Dumas se tapait l’assistante de son patron. Il lui avait sorti le grand jeu, les mots, les caresses. Comme aux autres. Il avait fermé les portes de son bureau, l’avait prise sur sa table en verre, lui promettant monts et merveilles, qu’elle était la seule bien entendu. Quelle question! Elle avait joui et tout le monde avait fait comme si de rien n’était.

Anouk en avait parlé à Agathe, Agathe à Justine, Justine à Meryl. Depuis Meryl comptait les jours, en se demandait bien qui serait la prochaine!

 

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Bonjour Mademoiselle!

Il me regarde. Avec insistance. Ou je rêve.

Ne pas le regarder. Surtout ne pas le regarder. Poser mes yeux ailleurs. Regarder le bitume, ses pieds, ses chaussures. C’est bien ça les chaussures, ça ne dit rien les chaussures, c’est neutre. Ce n’est pas comme si c’était une des premières choses qui attirait mon attention. Ce n’est pas comme si j’avais même un dossier dans mon ordinateur contenant un nombre incalculable de pieds pris en photo.

Ne surtout pas passer la barre des hanches. La ceinture, passe encore, même si je n’ai pas d’affection particulière pour les ceintures. Isa me dirait que certains hommes en font une utilisation très intéressante. Je ne veux pas savoir. Isa a des idées bizarres. Quoi que sous la ceinture. Oh non, je ne peux pas penser à ça, on ne pense pas à ça. Maman me regarderait d’un air sévère si elle savait que je pose mes yeux à cet endroit-là.

Surtout penser à rester de marbre s’il m’adresse la parole.

  • Bonjour Mademoiselle!

Respirer. Garder le contrôle. Maman m’a toujours dit de ne pas parler à des inconnus.

Le timbre de sa voix me touche en plein corps, rien que ça. Dans le « mademoiselle », il y a une telle sensualité, je vais faillir. C’est fou comme une voix peut être à ce point envoutante. Raison de plus pour garder la tête froide. Sinon c’est fichu.

Ne pas le regarder. Ne pas croiser ses yeux. Ne pas effleurer ses mains du regard. Les mains ça dit tellement de choses. Je pourrai même me mettre à les imaginer sur moi, courir, caresser ma peau,
Maman dirait…

Je suis folle à lier. Un mec me plaît et je pense à ma mère.

  • Bonjour Mademoiselle!

Risquer un bonjour. Il faudrait que je puisse passer la barre de la ceinture. Si j’essaye, qu’est-ce que je risque ? Si je vais plus loin dans la découverte, qu’est-ce qui m’attend derrière ?  Si ce type ne me plaisait pas, j’oserai un bonjour. Maman me dirait de passer mon chemin. C’est effrayant, je pense encore à ma mère. Qu’est-ce qui cloque chez moi ?

Rester de marbre. C’est plus sûr. Si je pose les yeux sur lui, je sais. C’est foutu. Je vais le détailler de la tête aux pieds avec l’envie qu’il me possède des pieds à la tête. Je sens déjà ses bras me plaquer, sa langue écarter les lèvres de ma bouche, sa bouche s’approcher de mes seins, chauds, nus sous ma robe. Si je le regarde plus que quelques secondes, mon corps n’y tiendra plus et l’envie au creux de mes reins sera si forte qu’il me faudra m’éclipser, pour laisser mes mains faire exploser le plaisir.

J’ai une envie irrésistible de lever les yeux, de croiser les siens, que son « bonjour mademoiselle » soit suivi d’un où, quand, comment. Je me livrerai sans un mot. Si je le regarde, je vais céder à l’impulsion première, je vais l’attirer dans mon univers. Jusqu’à la délivrance, il m’y conduira j’en suis sûre. Il pourra m’ordonner, me lier, me délier. Je m’en remettrai à lui corps et âme. Je me donnerai, féline, câline, voluptueuse jusqu’au bout des ongles.

Est-ce que c’est ce que je veux ?

Bien sûr que oui. Je n’en peux plus de me faire toute cette discussion dans ma tête. Je passerai bien la quatrième vitesse sans tarder. Je suis à deux doigts de lui dire ouvertement, en me mordillant la lèvre, en me tortillant, qu’il me plait et que je n’aspire qu’à une chose, sentir son souffle dans mon cou, son corps collé au mien, sa chaleur envahir chaque pore de mon territoire. Je bouillonne intérieurement. Mon intimité n’est plus que liquide. Je me sens à la limite de l’implosion.

Mais je m’emballe. Si ça se trouve il veut juste me poser une question…

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Jour et Nuit

C’est souvent là, sur l’écran de la nuit que se jouent les heures les plus cruelles. A l’heure où le corps au repos s’expose aux fantaisies les plus sensuelles.

Elle scrute le jour qui disparait derrière l’horizon, la boule de feu qui s’enfonce dans la terre. Elle compte les secondes avant la chute fatale, dans un dédale d’envies qu’elle-même ne saurait définir et qui la lient à tant de fantasmes inassouvis.

Les mots se cognent et des images naissent, un chaos vertigineux qui épouse l’attente impatiente d’un corps à corps soumis à l’impulsion des sens. Au tempo de ses doigts qui pianotent des sensations sur sa peau parcourue de frissons.

Elle s’offrirait alors à tout, indépendamment des mots qui parfois la tracassent. Elle se donnerait à toutes les propositions même les plus indécentes. Pourvu que ce soit lui qui mène la danse.

Le noir la libère de ce qui régit sa vie. Comme si le soir tout était permis. Comme si la lumière lui volait ses tendres folies.

Qu’est-ce qui sépare le jour de la nuit?

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Ne plus se cacher ou Oser s’affirmer

Je débute cet article avec l’envie du point final, ou plutôt d’arriver au point final, sans me laisser submerger par des « et si » sans fondement qui viendraient remettre en question ma décision.

Si vous vous souvenez bien, mon mot de l’année était « oser ». Dans ce « oser » pour moi il y avait surtout du oser être soi, oser s’affirmer, oser essayer de nouvelles choses, oser sortir de sa zone de confort, oser dire oui, oser dire non. Donc un travail personnel, qui je dois l’avouer n’est pas toujours de tout repos.

Suite à beaucoup de discussions, certaines que j’ai prises très à cœur et qui m’ont fait réfléchir, tout en m’ayant profondément marquée, à la lecture d’articles arrivés un peu comme par magie pour apaiser certaines interrogations et suite à la découverte de la plume de Françoise Rey, j’ai créé il y a peu, dans l’anonymat le plus total, un blog dans lequel j’ai choisi de laisser libre court à une plume plus libérée – « uncensored » comme diraient les anglais.

Je vous avais fait part il y a quelque temps d’une envie un peu soudaine de m’essayer à la littérature dite « érotique » – vous le savez, les étiquettes et moi, nous ne sommes pas vraiment amies. Je n’ai jamais souhaité me couler dans un style particulier, mes écrits sont plutôt variés et me permettent de m’exprimer plus ou moins librement sur ce qui me touche. Toutefois de là à exposer au grand jour une écriture crue, sans fard, pétrie d’incertitudes, de là à me livrer corps et âme si l’on peut dire, à faire fi de tous les tabous liés à une littérature assez mal perçue et souvent considéré comme bas de gamme, il y avait bien plus qu’un pas à faire. Il s’agissait d’un vrai plongeon. Dans l’inconnu, l’inconnu des mots, l’inconnu des situations, l’inconnu des fantasmes, l’inconnu du regard de l’autre, l’inconnu de ce que l’on ose ou que l’on retient, l’inconnu de ses propres zones d’ombre qu’on camoufle si bien (même si certains ne sont pas dupes).

Je pouvais très bien continuer dans mon coin à écrire, sans faire de vague, ça je maitrise après tout. Et puis je me suis dit qu’à 37 ans, bientôt 38, c’était un peu dommage de me cacher comme une enfant ou une criminelle et triste de ne pas assumer cette part de moi, même si elle contraste avec celle que je montre la plupart du temps, et que certains d’entre vous connaissent, soit dans la vie de tous les jours, soit à travers mes textes.

Le but de cette démarche est profondément personnel avant tout. Ne me demandez pas comment je vais gérer un autre blog – le but n’étant ni de choquer ni d’imposer mon choix, partager mes textes et réflexions à part me parait plus correct et respectueux de mon lectorat. Parce qu’autant être franche jusqu’au bout, ma plume plus libérée ne fait pas dans la dentelle (quoi que) et je ne compte pas me censurer non plus. Pour ça aussi j’ai donné.

Sentez-vous libre d’approuver ou pas, de lire ou de ne pas lire mes textes. Sachez que je respecterais votre choix comme je sais que vous respecterez le mien.

Je tenais juste à partager ce cheminement avec vous. Je me souviens qu’à la suite de la sortie de mon premier recueil de poésie, j’avais reçu de jolis « merci » pour avoir passé le cap de l’édition et ainsi encouragé d’autres à le faire. D’autres l’ont fait. D’autres ont été inspiré par mon histoire. Et au-delà de tous les efforts, doutes, remises en question sur le chemin, je peux dire que c’est mon plus beau cadeau.

Un jour peut-être, vous aurez vous aussi l’envie de partager anonymement ou pas vos textes « érotiques », vos photos, réflexions. Si c’est le cas faites-moi signe, je serais très heureuse de vous laisser la parole, dans un espace libre de tout jugement et d’à-priori (qui sont beaucoup moins inoffensifs qu’on peut le penser).

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Parlons fantasmes!

Quand on parle fantasmes,  on entre dans un univers où codes, limites, barrières, peurs s’écroulent.  On est dans l’imaginaire et dans l’imaginaire tout est possible.

Entre les « on-dit », les « non-dits », les tabous, des expériences plus ou moins agréables, pour ne pas dire déstabilisantes, la sexualité est devenue un sujet délicat à évoquer. Dans le couple ou en dehors du couple. Ok, il y a certaines personnes très à l’aise, les veinardes!

Quand il est question des miens, je détourne assez facilement la conversation. Au-delà du fait que ce soit très intime, ça renvoie, je trouve,  à une sexualité sans fard, sans artifice. J’irais même au-delà, sans sentiment particulier. Nos fantasmes n’existent pas forcément à l’intérieur d’une relation, ils existent juste en tant que tels, à l’état brut. Ils renvoient à des images, des projections de soi, de l’autre. D’ailleurs nous n’avons pas besoin d’être deux pour en avoir.

Au sein d’un couple, quelques soient les choix de ce couple d’ailleurs, les sentiments, la confiance, l’écoute, le respect, le dialogue, l’amour, les envies communes, le plaisir créent une harmonie, une vibration particulière. La sexualité prend une autre dimension.

Je pense que si certains fantasmes sont réalisables, d’autres relèvent plus du domaine du jeu. Ils existent dans un espace, une réalité qui est complètement déconnectée de nous-mêmes (prenons un exemple commun à beaucoup de femmes – faire l’amour avec une star de cinéma !).

Comme je le disais, dans nos fantasmes il n’y a pas vraiment de limite (prenons cette fois-ci l’exemple du viol). Si dans nos scénarios les plus torrides, ce fantasme active notre libido, fait monter notre désir, il est clair qu’une fois revenues les pieds sur terre, un viol reste un cauchemar que nous ne souhaiterions jamais vivre.

Nos fantasmes sont amenés à évoluer avec le temps, au fil de nos expériences et de nos rencontres. Nos limites aussi. Avec un partenaire, telle ou telle chose sera envisageable, avec un autre, ce n’est même pas la peine d’y penser. Un fantasme réalisé pourra nous plaire un temps et puis on se lassera. Un autre ne sera jamais réalisé parce que nous souhaitons que cela reste du rêve, comme quelque chose d’inaccessible (mais qui de temps en temps nous fait du bien). Un fantasme, une fois énoncé, pourra se cogner aux “barrières” de l’esprit – je pense à la soumission par exemple – si le mot même ne vous fait pas sursauter, c’est que vous êtes plus avancés que moi sur le sujet! Il y aussi les fantasmes de l’autre qui ne collent peut-être pas avec les nôtres et vice-versa (pour ma part, l’échangisme par exemple est hors de question!).

Assumer ses fantasmes reviendrait donc à assumer sa sexualité, son imagination (débordante parfois), son potentiel érotique, sa sensualité.  Au-delà de ça, assumer LA sexualité comme une des pierres fondatrices de nos existences et de nos relations, un cocktail d’émotions, de pulsions, de sensations. Accepter notre sexualité c’est accepter notre part d’animalité, de violence. C’est un merveilleux outil de connaissance et de dépassement de soi. Encore faut-il être prêt à laisser nos peurs de côté et à lâcher prise…

Il est clair que parler de fantasmes, des siens, de ceux de l’autre permet d’établir une certaine complicité au sein du couple. Après tout, ce n’est pas parce que vous allez dire qu’un plan à trois vous tente que demain votre partenaire va inviter son meilleur pote ou sa copine pour que votre fantasme devienne réalité !

Encore une fois, la réalisation (ou non) d’un fantasme au sein du couple devra rester un choix à deux. Un fantasme ne devrait jamais être imposé, un « non » respecté.

Ça méritait bien un article en effet!

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Et si tu manquais juste d’imagination!

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Rien de tel qu’une conversation matinale avec chéri pour l’inspiration d’un nouvel article!

Vu l’état avancé de ma nouvelle, plus de 30 pages au compteur, c’est un exploit (dont je suis assez fière d’ailleurs), je commence à élaborer le scénario du dénouement. Toute idée est la bienvenue, même si chaque nouvelle idée perturbe un peu mon plan de départ et m’oblige à identifier si je souhaite ou non la garder.

Il est clair que nous mettons un peu, voir beaucoup parfois, de nous dans nos textes, en fonction du thème et du style. Cela peut être un souvenir, une phrase entendue, juste un mot, une situation. A partir de là nous brodons. Et créons un univers qui pour le coup n’a pas ou peu de connexion avec nous, notre vie. Nos personnages finissent par vivre la leur, indépendamment de nos idées, principes, idéaux, valeurs. On finit même par se demander qui écrit!

J’ai noté en vous lisant que beaucoup de lecteurs apprécient qu’une histoire colle avec la réalité. Pour ma part, ce n’est pas un critère de sélection. D’ailleurs je crois ne pas en avoir de précis. Si j’aime, j’aime. C’est une des raisons pour lesquelles je suis incapable bien souvent d’écrire des critiques littéraires. Si le récit m’emballe, les incohérences (il y en a parfois) glissent sur moi. Par contre si je n’accroche pas, là je suis incorrigible.

Comment alors créer / décrire une réalité quand l’expérience de cette réalité nous fait défaut?

Notre imagination a le pouvoir de nous entrainer sur des sentiers jamais parcourus (je sais de quoi je parle). Une fois lancée, elle se sent libre de tout tenter, de tout donner. Nous ne nous posons pas la question de savoir si cela colle, dans un premier temps du moins, nous avançons avec elle. Advienne que pourra!

Vous qui écrivez, qui travestissez la réalité, la vôtre, la nôtre, que faites-vous quand vous souhaitez relater une situation mais que l’expérience de celle-ci vous est parfaitement inconnue?

Vous vous documentez sur le sujet?

Vous interrogez des personnes à même de vous éclairer?

Ou vous faites confiance à votre imaginaire débordant, votre intuition, qui même sans avoir toutes les clés pour mener à bien le récit en question, saura vous guider – et tant pis si l’exactitude n’est pas au rendez-vous, après tout lire c’est aussi l’occasion de rêver, de se laisser emporter loin de la réalité?

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De l’écriture érotique…

Qu’on le veuille ou non, qu’on l’accepte ou pas, la fonction érotique fait partie de nous tout autant que nos caractéristiques physiques, notre intellect, nos sensations, nos émotions, notre inspiration ou notre intuition. Il ne tient qu’à nous d’y faire attention, de l’intégrer, de la développer dans notre vie de tous les jours. Ou pas. C’est un choix personnel que j’ai pour ma part négligé pendant de nombreuses années. Il aura suffi d’une rencontre que j’espérais autant que j’appréhendais pour que la roue tourne.

Comme je l’évoquais avec vous récemment et suite à vos commentaires (ils étaient et restent essentiels), je me suis lancée (non sans appréhension, encouragée et soutenue tout de même) dans la rédaction d’une nouvelle érotique. J’en suis à la page 17 donc on peut dire que ça avance bien ! Il parait même que ça se tient !

De prime abord on pourrait penser, après le succès “phénoménal” de « Cinquante Nuances de Grey » (125 millions d’exemplaires tout de même), que la littérature érotique est un style accessible à tous. Pour ma part, je n’ai pas accroché à ce roman, j’ai trouvé l’histoire un peu tirée par les cheveux (et pour cause), pas très intéressante (et ça n’a rien à voir avec le thème) et pas spécialement bien écrite. Loin de moi l’idée de juger le travail de l’auteur, peut-être que le principal résidait plus dans le sujet que dans le style, auquel cas c’est réussi (la sortie du film a même fait des heureux chez Décathlon !)

Pour en revenir à la littérature érotique, je pense que c’est un style encore mal connu ou considéré comme « à côté », pas assez noble, surfait peut-être. Il suffit de fureter dans une librairie pour s’en rendre compte. Pourtant ne vous fiez pas aux apparences, de nombreux auteurs classiques étudiés à l’école se sont un jour prêtés au jeu : Zola, Musset, Rimbaud, Baudelaire, La Fontaine, Maupassant, Verlaine entre autres.

Nous avons beau évoluer dans un monde dit « libéré », j’ai l’impression que nous sommes encore plus limités qu’il y a 50, 100 ou 200 ans. On s’offusque facilement du corps d’une femme sur une publicité, alors même que nos musées regorgent de peintures mettant en avant ce même corps. Que ressentons nous devant l’œuvre de Gustave Courbet « L’origine du monde » ? Sommes-nous choqués ?

La littérature érotique comme son nom l’indique est de la littérature, les codes restent donc les mêmes, les règles de style aussi. Ce n’est pas de la littérature de bas étage pour amuser la galerie. Après réflexion, j’en suis venue à la conclusion qu’outre le fait d’être une écriture assez intime – et qu’on garde souvent pour soi, comme un jardin secret préservé – c’est une écriture variée, qui peut aller de la suggestion à l’évocation brute et sans fard. Avant de partir en vacances, j’avais pris soin de me procurer un recueil de nouvelles – quand on veut se lancer, c’est l’étape obligée – et si je me suis « forcée » à lire chaque nouvelle, je ne peux pas dire que toutes m’ont plu tant dans le choix du sujet que dans celui des mots. Là aussi, il y en a pour tous les goûts : sensualité, bestialité, mots imagés, mots crus, scandale, violence, humour, mystère…

J’ai du mal avec la vulgarité, la violence, les mots un peu trop cru. Dans la vie en général. Je trouve que la sexualité c’est tellement plus que deux êtres (ou plus – là aussi chacun ses préférences) qui interagissent autour de / avec leur corps et la réduire à un acte banal, animal, c’est dommage. Certaines nouvelles m’ont laissé un goût amer en bouche (les nectars n’ont pas tous la même saveur) alors que d’autres m’ont littéralement transporté, même sur des sujets sensibles. Tout est question de juste mesure, d’équilibre. C’est ce qui distingue, à mon avis, l’érotisme de la pornographie. Le débat est ouvert…

De mon côté, je mise sur tout ce que j’affectionne quand j’écris, le choix des mots, l’art de la suggestion, la révélation imagée. J’aime le secret, la retenue tant en acceptant que parfois tout s’emballe et que  les mots s’entrechoquent, jusqu’à être plus audacieux. Et alors ils glissent comme nés de la plume d’une autre femme. A moins que cette femme qui ose à présent soit celle que j’ai longtemps refusé d’être…

A vous! Que pensez-vous de la littérature érotique ? En avez-vous déjà lu ? Ou bien ça ne vous fait ni chaud ni froid ? Avez-vous de bons livres à me conseiller ?

Si vous en écrivez, dans quel style vous sentez vous le plus à l’aise ? Si vous avez envie d’en écrire, qu’est-ce qui vous empêche de sauter le pas ?

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A part le blog, t’écris quoi?

Hier une de mes amies de blog a fait un article sur ses fictions / non-fictions en cours. Je me suis dit que c’était une bonne idée et j’ai eu envie, pour changer, de vous parler de mes prochains livres. Certains seront comme les précédents auto édités, d’autres soumis à l’appréciation de maisons d’édition. Quoi qu’il en soit, les retours sont toujours porteurs de positif (même si parfois sur le coup la pilule est difficile à avaler).

C’est parti !

L’appel des sens (autoédition)

Recueil de poésie (érotique) – 28 poèmes au total. Je ne vous cache pas que c’est un recueil qui s’est imposé à moi et que j’ai eu beaucoup de plaisir à écrire (et pour cause!). J’ai été merveilleusement soutenue. Et si dans ma vie de tous les jours, certaines barrières mettent du temps à tomber, je peux dire que niveau écriture, c’est une vraie libération !

J’ai encore quelques corrections, aménagements à faire, photo à trouver pour ce recueil, que je pense publier à une date importante pour moi (vous savez comme j’aime les dates clés), à la sortie de l’été 2018, histoire de garder encore un peu de chaleur pour la rentrée !

Les minutes translucides (le titre est à revoir)

Recueil de nouvelles (Fiction) – Ce recueil sera envoyé à des maisons d’édition dans un premier temps.

Difficile de déterminer le thème principal de ces 10 nouvelles. Après Chuchotis et Ricochets tout en douceur, La Vraie Vie qui aborde des thèmes assez classiques avec une pointe d’humour, ce livre pourrait être qualifié de plus sombre. J’y aborde des sujets délicats voir graves, comme l’avortement, l’infanticide, la folie, la maladie, le suicide, la trahison.

Sur les 10 nouvelles sélectionnées, 3 ont déjà été entièrement retravaillées. Il reste encore pas mal de travail à faire et je pense que ce recueil ne verra le jour qu’en 2019. Restez connectés !

Corps à corps (titre à revoir également)

Nouvelle (Érotique – Fiction)

Pour ce texte qui à la base était une nouvelle toute simple écrite pour une seule personne (en pleine insomnie), j’ai eu envie, suite à certains commentaires sur ma série « fantasmes », de la développer. Une nouvelle est un récit concis, centré sur une action unique avec peu de personnages, peu de lieux ou d’évènements, peu de rebondissements et une chute percutante. Tout ce que j’aime et qui permet surtout d’aller à l’essentiel. Je m’y sens donc assez à l’aise. Le challenge est ailleurs…

Je pense être à la moitié de la nouvelle, en sachant que le premier jet est loin d’être le dernier. Il va me falloir encore quelques heures pour le finaliser, le relire, l’étoffer, le parfaire.

Voilà, vous savez tout (ou presque). En attendant, vous pouvez retrouver le descriptif de mes livres sur cette page et passer commande par mail (pour un livre dédicacé) ou sur le site de The Book Edition.

Avez-vous déjà des préférences? Et vous, dites-moi sur quoi travaillez-vous en ce moment? Des envies (créatives ou autres) particulières? 

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Plaisir estival

C’est un soir d’été. Le fond de l’air est chaud, le soleil descend sur la ville agitée, riche de l’expérience des beaux jours retrouvés. Elle porte une robe légère, fleurie, resserrée à la taille, un modèle vintage trouvée dans une solderie lors d’un voyage à Avignon. Une robe qui sent bon la vie, l’insouciance. Et ce soir elle en est pleine de cet océan de possibles qui s’étend devant elle. Elle ne porte rien sous sa robe, c’est peut-être aussi cette liberté soudaine qu’elle chérit, après des mois à l’étroit dans des pulls, collants, robes en laine, après ce froid qui gèle les extrémités du corps, après la grisaille et la pluie.

Le fait de savoir ce que nul ne devine lui donne l’impression d’être la détentrice d’un magnifique secret. Elle en joue, juchée sur ses escarpins à talons ocre, ondulant du bassin comme une sirène sortant de l’eau.

Son rendez-vous l’attend. Elle sait qu’il lui suffira de la serrer contre lui pour percer son secret. Il ne dira rien ou il sourira, de ce sourire espiègle qui murmure « j’ai envie de toi ». Elle aussi a terriblement envie de lui, comme à chaque fois qu’il entre dans son champ de vision, que ses yeux croisent les siens, que son corps s’approche de son périmètre, qu’il la prend dans ses bras, que son sourire la fait chavirer. Elle en a envie le soir quand elle s’allonge nue sous sa couette et l’imagine faire de même, le matin au saut du lit quand elle aimerait qu’il la réveille en laissant courir ses doigts sur son corps. Et la nuit aussi quand elle rêve de lui. Ou quand l’insomnie la surprend et que les scénarios les plus torrides envahissent son esprit et l’entrainent dans un dédale de fantasmes fous.

Elle ferme les yeux au contact de leurs peaux qui se touchent. A travers les tissus souples des vêtements de saison, elle perçoit son trouble. La place grouille de monde. Elle la voudrait plus déserte. Elle regarde autour, cherche un endroit à l’abri des regards. Elle imagine à quel point cela doit être excitant de faire l’amour dans un lieu public, en se pressant un peu ou sans se presser d’ailleurs. Prendre le temps de se toucher, faire courir leurs langues sur chaque parcelle de peau, exposée ou cachée. Faire durer le plaisir ou le saisir sur l’instant, prendre ce qui se livre en quelques minutes seulement, sans s’abandonner totalement. Commencer par se dire en gestes, en émotions. Ou attendre la fin de la soirée, laissant planer au-dessus du rendez-vous l’envie latente de se rencontrer plus intimement.

Elle se sent soudain portée, transportée, entourée d’un parfum qui l’hypnotise. Elle se dit qu’il a peut-être les mêmes pensées qu’elle, les mêmes fantasmes tus. Osera-t-elle énoncer à haute voix son ressenti ? Ou se contentera-t-elle de lui prendre la main, de le suivre, muette, en attendant la prochaine occasion ?

Elle ouvre les yeux. La place, l’été, son amoureux se sont envolés. Le jour la cueille, le soleil l’invite à profiter d’une nouvelle journée, son rêve bien vivant dans son esprit.

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Cliché d’été

Texte (fiction) présenté pour le concours Au Féminin – Année 2016

Je me souviens de toi, visage tendu vers l’objectif, de ton bras gauche posé sur mes épaules. De mon visage souriant, sur le balcon, face à la mer. De ta main droite à mi-chemin entre mon torse et mon bas-ventre, partie en quête de sensations enivrantes. Le soleil du sud faisait trembler nos corps et dispersait sur nos peaux laiteuses de fines gouttes de sueur. La chaleur tropicale de cet été rendait nos nuits tumultueuses. Impossible de récupérer.

En avions-nous vraiment envie d’ailleurs ?

Non, nous n’avions qu’une idée en tête, nous aimer passionnément, sans perdre une seconde de ce temps sacré que nous savions éphémère. Nous ne pensions qu’à nous retrouver au milieu des draps, à nous étreindre sous la douche, à nous toucher du bout des doigts, à nous embrasser fougueusement derrière les persiennes ou au milieu de la foule compacte et bruyante des vacanciers en quête d’ombre et de fraicheur.

Le manque de sommeil se lisait dans nos yeux, mi-clos au réveil, notre regard vagabond, nos pupilles dilatées, comme si nous avions passé notre nuit à fumer des joints, le corps plongé dans un paradis artificiel. L’amour est un peu comme une drogue parfois. Il nous consume, nous retire toute faculté de penser. La passion prend toute la place. Rien d’autre n’existe que nous, sans passé, sans avenir. Juste deux êtres épris l’un de l’autre, sans jugement, sans doute.

Nous avions décidé d’un voyage improvisé, peu avant la date fatidique de la fin de ton contrat de travail et de mes examens de dernière année. Un luxe que nous ne pouvions pas nous offrir. Qu’importe, nous aurions tout le reste de notre vie pour être raisonnables. Notre jeunesse et notre insouciance comme seuls bagages, nous nous apprêtions à prendre un virage à 180°C.

Nous passions nos journées à l’intérieur, désertant musées, jardins publics, expositions. Le guide du routard posé sur la table de nuit ne nous servait guère. Il nous emmenait parfois en dehors de la ville pour un dîner magique face à l’océan brillant de mille feux. Qu’il était difficile, je me souviens, de rester sobre, alors que nous n’avions qu’une envie, nous rapprocher, nous serrer l’un contre l’autre. Le désir montait en nous graduellement dès lors que tu posais une de tes paumes sur ma peau moite ou que je plongeais mes yeux bleus dans le vert d’eau des tiens. Nous partions sans échanger un mot. Et retrouvions nos esprits une fois nos corps en fusion enlacés, la lune pour seul témoin. Nous tirions des plans sur la comète, souvent épuisés mais heureux.

La nostalgie s’empare de moi face à cette image de nous, de toi, posée sur la desserte de l’entrée. Dans ces moments-là, je ressens le besoin de m’isoler, le temps d’un court voyage au pays des souvenirs. Face à ce cliché parfait, retrouver mon insouciance. Et ta jeunesse éternelle.