Scène de vi(d)e

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Derrière ses rideaux, caché par la masse sombre du velours côtelé, héritage du passé, il regardait la scène. La même, chaque soir. Une scène de désamour. Et chaque soir, il espérait que les choses changent, que les corps se rejoignent, que les incidents se taisent et que résonnent par la fenêtre ouverte les voix, les râles, l’écho d’un plaisir sans faille.

Chaque soir, il se postait là, à bonne distance. Ses yeux passaient le vide et les carreaux, habitués à l’obscurité, ils trouvaient la lumière allumée et son corps à elle, prêt à se lover dans des draps qu’il imaginait froids, comme le sont ceux des maisons de vacances, fermées huit mois de l’année. Il distinguait tout juste le galbe de ses hanches, la forme de son visage, le reste n’était que pur fantasme. Un décolleté satiné, des yeux rieurs, un rictus coquin au coin des lèvres. Il la regardait se déshabiller,  comme si il fallait faire vite, comme si le temps était compté. Elle enfilait ensuite son uniforme de tristesse et se glissait dans le grand lit, toujours du même côté. Allongée, le regard rivé sur le plafond, il se demandait quels étaient ses rêves, si elle aussi elle pensait au moment où il passerait la porte, ce qu’il ferait ce soir, est-ce qu’il tenterait un pas vers elle, est-ce qu’il laisserait ses frustrations au placard et accrocherait ses souhaits à ses rives ? Ou bien il ferait ce qu’il fait chaque soir, même rituel désolant, auquel elle se pliait sans un mot ?

Il voulait le secouer, lui dire de regarder ce qu’il perdait, une fois qu’il s’allongeait près d’elle puis se tournait, de son côté du lit, loin d’elle. Elle se tournait aussi, loin de lui et le lit paraissait immense et si petit en même temps. Entre eux, un silence assourdissant prenait toute la place. Les souvenirs flottaient. Il les voyait de loin, des souvenirs d’étreintes passionnées, de frissons démesurés, de corps possédés, de folies répétées. Leurs souffles s’étaient brisés depuis…

Il voulait lui dire à elle, tant de choses. Que ses yeux se posaient sur elle et qu’il y voyait son désir, contenu, toujours sur ses gardes, un désir qui n’attendait qu’un murmure pour se livrer, sans livrer bataille. Il voyait ce qu’elle pouvait donner, ce qu’elle attendait, il voyait sa peau trembler d’une attente qui n’en finissait pas. Il voulait lui dire que chaque soir derrière les rideaux de velours, il la prenait dans ses bras, elle, si belle, si menue, si sensuelle, qu’il la faisait danser sous les étoiles, que leurs pieds nus se frôlaient et que ça créait en lui un cataclysme, qu’il s’endormait le corps brûlant de cette valse imaginée.

Derrière ses rideaux, caché par la masse sombre du velours côtelé, héritage du passé, il ne voit plus rien. La chambre est nue, sans âme. Ils sont partis, sûrement. Il ne reste que les effluves d’un inachevé dans l’air bruyant du soir. Les mouvements des draps ne sont que des mirages.

Si vous avez aimé ce texte n’hésitez pas à voter pour mon poème Nos Accords, en compétition pour le Prix Ô. 

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Fantasme-moi!

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Nos fantasmes.

Ils sont ce qu’ils sont.

Nous les partageons ou nous n’osons pas.

Par crainte du regard de l’autre sur ce que nous n’assumons pas. Pas toujours.

Les énoncer à haute voix c’est peut-être aussi, déjà, leur donner une réalité.

Certains se réaliseront, d’autres pas.

Parce que nous aurons évolué. Ou par choix.

Parce que certains nous emballeront rien que d’y penser. Mais que le passage à l’action ne sera pas un passage obligé.

Certains sont déjà des scénarios dans nos têtes quand d’autres ne sont là que pour attiser nos désirs.

Le fantasme nait de l’imagination. Et notre imagination est un vaste champ de création.

Nous pouvons donc tout créer.

Comme nous pouvons tout essayer.

Partager ses fantasmes en couple est très certainement une richesse. Pourtant ce n’est pas évident dans tous les couples. C’est même parfois impossible.

A nous de savoir où mettre la limite de ce que nous souhaitons confier. Et comment.

A nous de savoir ce que l’autre peut entendre, comprendre, intégrer.

C’est un chemin en soi et avec l’autre. Un chemin de connaissance et de partage. De respect et de confiance. Un cheminement intime et intérieur, une porte ouverte sur un monde encore empli de préjugés, dont il est peut-être temps de s’affranchir.

Et vous, vos fantasmes? Vous en parlez? Vous les gardez pour vous? Vous en avez déjà réalisé certains? Vous en avez des inavouables?

Appel à bêta-lecture

Nous y voilà…

A un moment donné, il faut se lancer. Sortir, enfin, ses textes du disque dur et se risquer au “jugement” d’autrui. C’est loin d’être une étape simple. Mais comment espérer évoluer si on reste dans sa zone de confort.

Voilà un point rapide sur la bêta-lecture. Il s’agit d’une lecture qui va aider l’auteur à savoir ce qui colle ou pas dans son ouvrage, qui va proposer (à partir de questions sur la trame, l’histoire, les personnages, les rebondissements, le temps…) des pistes de réflexions pour la réécriture de son texte. A l’heure actuelle, il m’est impossible, après avoir passé tant de temps sur (et dans) mes textes, d’avoir le recul nécessaire pour réaliser seule ce travail. Un regard extérieur est nécessaire.

Notez qu’il ne s’agit ni de me dire que j’ai écris un chef d’œuvre (je sais que ce n’est pas le cas!) ni la plus grosse daube que la terre ait portée non plus (quand je vois les critiques de certaines personnes, je me dis qu’elles doivent avoir un trop plein de colère à sortir pour manquer d’autant de bienveillance à l’égard d’autrui). Il ne s’agit pas non plus de noter toutes les fautes d’orthographe et de syntaxe (pour ça, j’ai les bonnes personnes à mes côtés). J’attends un retour juste sur mes écrits, qui me permette de passer à l’étape supérieure et de retravailler ce qui doit l’être pour ensuite pouvoir les proposer à des maisons d’édition.

Afin que vous ne vous lanciez pas dans l’aventure à l’aveugle, je vous partage quelques informations sur mes trois textes. Il s’agit de novellas (romans courts) et de fiction (ça c’est pour tous les potentiels problèmes d’identification!). 

  • Novella érotique (34 pages – 67 890 Signes Espaces Compris) – elle ne s’appelle pas la fille exquise pour rien, elle l’est, attirante, charmante, sensuelle et imprévisible surtout. Face à elle, il perd ses moyens, se pose des questions sur l’amour, apprend à aimer le chocolat, autrement qu’en tablettes, se perd aussi un peu et devient philosophe…
  • Novella érotique (47 pages – 99 423 Signes Espaces Compris) – Marc est agent immobilier, passionné par la jouissance féminine, Estelle a eu des tonnes d’aventures sans jamais atteindre le 7e ciel, Diane aime le sexe mais se tient éloignée de l’amour, Geneviève est vieille fille avec une libido aussi fournie que le désert de l’Atlas. Au détour d’une maison, dont les murs gardent la mémoire des passions charnelles, leurs destins vont se croiser…
  • Novella dramatique (45 pages – 84 817 Signes Espaces Compris) – Ils sont amis d’enfance, se retrouvent l’été, jouissent de ce sentiment absolu de liberté que leur offrent ces deux mois à ciel ouvert. Ils sont la vie, jusqu’à ce que la maladie de l’un d’entre eux vienne bousculer leurs certitudes et leur amitié. Sauront-ils préserver ce qui leur est cher? Devront-ils faire le deuil de leur enfance ou bien celle-ci sera t’elle la base qui les aidera à faire face au pire?

Certains d’entre vous semblaient déjà intéressés. Si c’est toujours le cas et si d’autres veulent faire partie de l’aventure, merci tout simplement d’inscrire votre mail en commentaire (ou en m’envoyant vos coordonnées sur mon mail latmospherique[at]gmail[.]com) et je reviendrai vers vous courant de semaine prochaine. N’hésitez pas à partager autour de vous également.

Mille Merci et douce soirée à vous!

De l’écriture érotique: entre peur(s) et libération…

Tout a commencé par un « petit » défi.

Écris-moi un texte érotique.
Quoi ? Non je n’y arriverai pas. Et puis je n’ai pas d’idées.
Parle de tes fantasmes.
Oh mon Dieu ! Non, je n’oserai jamais.
Essaye !

Un soir, je me suis collée derrière mon PC et j’ai écrit. Deux pages. Et je les lui ai envoyées. Pour moi c’était un grand pas.

Tout a commencé avec Estelle et Marc. Et tout aurait pu s’arrêter là. Seulement, je me suis prise au jeu. Il trouvait que c’était un bon moyen pour moi d’explorer des facettes de ma féminité que j’avais longtemps mises de côté, d’oser davantage. Il avait raison. L’occasion aussi de m’exprimer sur un sujet qui m’intéressait mais dès qu’il fallait en parler, je devenais timide et mal à l’aise. J’ai pris ça comme une thérapie et c’est devenu un plaisir !

L’histoire de Marc et Estelle fait aujourd’hui près de cinquante pages. Une grande nouvelle ou un micro roman.

Pour celles et ceux qui suivent, j’avais d’ailleurs ouvert un blog – un de plus – pour partager mes textes. J’ai fermé ce dernier suite à la lecture de propos que je trouvais inadaptés et irrespectueux. Je me suis rendue compte que l’écriture érotique était vue par certains comme une porte ouverte – non messieurs, ce n’est pas parce que j’écris de l’érotisme que je suis ouverte à toute proposition indécente. Mon cœur est déjà pris et mon corps m’appartient.

Devant le peu d’enthousiasme (3 ventes) à la sortie de mon dernier recueil de poésie, je me suis bien entendue remise en question et me suis rendue à l’évidence que l’écriture érotique pouvait aussi faire peur.

Pourquoi?
Vous serez peut-être plus à-mêmes de répondre à cette question – je vous laisse la parole dans les commentaires

En ce qui me concerne je pense qu’elle fait peur parce qu’elle touche à quelque chose d’intime, une partie de nous-mêmes que nous ne connaissons pas toujours vraiment, dont nous parlons à de très rares occasions. Elle est liée à nos envies, nos désirs, nos fantasmes, nos zones d’ombres principalement, tout ce que l’on s’interdit à être, dire, vivre. La sexualité est un des sujets les plus tabous de notre société. Même si les mœurs ont évolué, qui parle de sexualité librement aujourd’hui ? Avoir une sexualité affirmée, épanouie et j’insiste que l’on soit seul ou à deux, n’est pas la priorité de beaucoup de personnes. C’est bien dommage ! Pourtant cela fait partie intégrante de notre vie d’hommes et de femmes et je dirai même que c’est notre essence.

Pour ma part, sortir de ma zone de confort pour aller toucher du doigt cette partie de moi bien enfouie a été un révélateur puissant. J’hésite encore parfois, je ne le clame pas sur tous les toits. J’avance avec les histoires que je crée, je m’affirme davantage, je lâche petit à petit mes peurs. Alors si le cœur vous en dit, n’hésitez plus et aller découvrir mon recueil l’appel des sens que vous trouverez ICI ou que vous pouvez commander en m’envoyant un mail. Je vous laisse avec un court extrait – pour le plaisir…

JOUISSANCE

Jouir
De la saveur des effluves
A l’exaltation des papilles

De la fusion des substances
A l’élévation des âmes
Jouir