Je pourrais vous dire…

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Je pourrais vous dire que nos nuits d’amour gagnèrent en intensité, celle de nos contrastes, que j’adorais la prendre sur la table au milieu des miettes, le matin surtout, avant que nos journées de boulot respectives ne nous séparent pendant des heures inconfortables.

Et qu’elle criait aussi, que c’était bon de l’entendre jouir, les fenêtres ouvertes, pour que tout le monde sache combien c’est ravissant une femme riche de délices, que j’en voulais plus, que je lui donnais plus. Qu’elle enfilait sa robe sur les miettes juste après et que le soir on faisait chauffer du chocolat au bain-marie, noir de préférence, corsé, au caramel au beurre salé parfois, au piment aussi, pour changer, et qu’elle adorait m’en enduire le corps et venir ensuite le lécher, à califourchon sur moi telle une guerrière en plein rituel sacré.

Que j’aimais le chaud, très chaud et le froid, très froid. Qu’elle préférait sentir couler sur son corps, entre ses seins, si jolis et si ronds, les glaçons. Chacun ses passions. Et que j’aimais beaucoup le moment d’attente, l’espièglerie dans ses prunelles, quand c’était moi à califourchon sur son corps, qui tenait les rênes d’un nouveau scénario.

Je pourrais vous dire qu’elle me dévorait toujours avec le même enthousiasme que celui des premiers jours. Qu’elle adorait jouer avec sa bouche tout entière, ses lèvres, sa langue, ses mains. Que j’aimais la regarder faire, aller et venir sur mon membre tendu. Que j’appréciais sa générosité en la matière, que c’était chaque fois différent, chaque fois enivrant. Qu’elle me disait y penser toute la journée.

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Je pourrais vous dire les marques sur ses jolies fesses. Un peu de rose pour les jours gris. Et son corps qui en redemandait. Mes mains qui honoraient sa peau en cadence. Et parfois le cuir d’une ceinture, d’un fouet, des traversées que nous faisions ensemble, à notre rythme. Et son cou que je découvrais chaque fois plus en profondeur, son cou détendu entre mes mains expertes, sa respiration bridée par une pression précise, sa confiance acquise. Un transfert de pouvoir qui me laissait libre d’agir à ma guise, de la pousser dans ses retranchements, tout en connaissant ses limites.

Et ses jambes pliées, repliées, ses cuisses écartées, son intimité visitée par mes doigts affamés, ses cheveux saisis sur le vif, sa tête rejetée en arrière, ses poignets enserrés, ses pieds maintenus par des rubans de soie, son être tout entier souple, qui n’en avait jamais assez, et sa petite voix, qui disait « encore, encore » et ne voulait jamais que ça s’arrête.

Je pourrais vous dire encore tant de choses à son sujet, continuer comme ça sur des pages et des pages…

Extrait de mon roman La Fille Exquise (disponible en Papier et PDF sur The Book Edition et en EBOOK sur Amazon)

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La fille exquise: les dessous de l’histoire

 

 

Si vous n’êtes pas abonnés à ma newsletter et si vous ne me suivez pas sur Instagram, vous êtes passés à côté de la grande nouvelle de la semaine: la sortie de mon nouveau livre “La Fille Exquise!

 

Ce court roman est disponible sur Amazon en pré-commande au format Kindle et le sera très prochainement en format papier. Je ne manquerai pas de vous en informer.

 

 

Qui est-elle quand elle n’est pas avec moi ? Qui est-elle dans toutes ces vies qu’elle vit, qui me touchent de près, de loin ? Est-elle-la même ? Vibre-t-elle avec la même intensité au contact des autres ? Fait-elle semblant ? Un peu ? Souvent ? Avec qui ? Porte-t-elle un masque, comme nous tous ? Ou bien évolue-t-elle toujours de manière si authentique, voir inattendue ?

En débutant ce texte, je n’avais aucune idée de son potentiel avenir. Quelques pages tout au plus. Un texte court, un brin d’audace, un challenge dans lequel je me suis sentie à l’aise au fil des mots posés, de l’histoire qui prend forme. C’est le plaisir qui m’a donné envie de le poursuivre. Il s’est transformé en cadeau de Saint Valentin. Et puis en récit un peu plus fourni. Jusqu’à devenir un manuscrit, envoyé à une dizaine de maisons d’éditions.

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J’ai reçu quelques propositions d’éditeurs qui pour moi n’en portent que le nom. Payer des sommes colossales pour voir mon roman édité par l’un d’eux, non merci. J’ai décliné et je me suis tournée vers ce que je connaissais le mieux: l’auto-édition.

Ecrire, c’est bien. Partager, c’est mieux. Je pense que tous les gens qui écrivent des histoires seront d’accord avec moi. Je sais ce que certains pensent de l’auto-édition. Chacun a le droit d’avoir un avis et que celui-ci ne soit pas partagé!

Ce texte a été relu, maintes fois corrigé. Il n’attendait plus que l’été pour voir enfin le jour. Après des mois chaotiques, je vous apporte un peu de légèreté. Les premières personnes qui l’ont lu le qualifie de: sensuel, sucré, envoûtant, magnétique, poétique.

En longeant ses cuisses, j’arrive à l’endroit où le monde devient vice et vertu.Tous les secrets prennent racine dans ce périmètre protégé auquel elle me donne accès. Je me sens riche

C’est une histoire assez simple au fond, une histoire de rencontre mais n’est-ce pas dans la simplicité que se cache souvent l’extraordinaire! Je vous invite avec ce court roman à un voyage plein de promesses. Laissez-vous tenter, sans hésiter!

Vous pouvez le commander ICI. Bonne lecture! Et n’hésitez pas à partager vos avis. Ce sont tous vos mots qui bout à bout forment la belle toile de l’avenir de ces textes livrés au Monde

PS: ce récit, comportant certaines scènes érotiques, n’est pas adapté aux moins de 18 ans.

Une et Plurielle

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Quand ses mains se font les messagers d’une histoire à conter
Qui débute au crépuscule d’un mystère à dévoiler…

Elle s’ouvre à la puissance de son désir
Gourmand, puissant, vulnérable, presque animal
Elle, dont les sens captent l’essence de ce qui se trame derrière les persiennes
Le voile dont elle se couvre n’aspire qu’à être levé

Elle se plaît à penser à ce que serait le monde si…
Toutes les mains ressemblaient aux siennes
Tous les hommes aspiraient à écouter, offrir autant

Elle se plait à imaginer ce que serait le monde si…
Chacun laissait s’exprimer son corps
Libre de tout code et libéré de tout principe

Elle se plait à envisager ce que serait le monde si…
Chacun aspirait au “je” à l’intérieur du “nous”
Sans jalousie, en toute confiance

Elle se plait à visualiser ce que serait le monde si…
La séduction était partout, en tout
En tout être, en toute chose

Elle sait que derrière les portes closes
Une autre histoire s’écrit parfois

Mélange d’habitudes
De temps calculé
Sensation d’étouffement
Impression d’être acculé
A une fidélité qui emprisonne

Alors quand elle se cambre et jouit
Elle est une et plurielle
Un cri dans lequel se tiennent
Les femmes du monde avant l’éveil

Les nuits de feu

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Les courbes, le noir
Et le rouge aussi. Le désir
Et les arcs, les dentelles qui se froissent
Les mains qui effleurent les murs
Comme s’ils avaient une histoire à raconter

Les bruits, les cris
Et les caresses sur la peau
Les traces du choc des corps
Contrastes des ombres
Silhouettes vagabondes invitées
Au grand bal des folies

L’obscurité des nuits de feu
Palais des glaces à ciel ouvert
Où les fantasmes nous entrainent
Dans les creux des vagues d’une mer calme ou agitée
Se mirent les destins croisés de ceux qui osent
S’offrir à l’extase du plaisir partagé

Plaisir par procuration

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Elle vient d’arriver, comme la rosée, toute légère dans sa robe bleue à manches courtes, les jambes nues. Loin des stéréotypes habituels. Je remarque ses lèvres dessinées, au rouge, un trait de crayon tout fin. Ses cheveux disciplinés sont retenus par une barrette peinte, de celles qu’on trouve sur les marchés d’artistes, l’été, au gré d’escapades improvisées. Elle porte des escarpins à talon, pas trop hauts, juste de quoi affiner le galbe de la jambe.

Je l’ai choisie. Pas au hasard. Après l’avoir croisée dans le train un matin. J’aimais la façon dont elle posait ses mains, l’une sur l’autre et son regard absent, perdu dans le paysage. Son livre reposait sur ses genoux. Elle faisait une pause. Je savais son dos bien droit, son cou tendu, ses pommettes rosées. Quand elle s’est levée, j’ai saisi son déhanché avant qu’il ne se perde dans la foule compacte. Elle m’avait fait grande impression.

Elle a accepté ma proposition, sans poser de questions, comme si c’était naturel. Alors même que c’était bien loin de l’être. Un rendez-vous a été pris dans la foulée. Le lieu, l’heure et rien de plus. Un plan tout simple, une demande testée dans les moindres détails. Je voulais être certaine de ne pas me tromper.

Je suis arrivée en avance pour pouvoir encore l’admirer, sous toutes les coutures, accueillir sa présence dans un lieu familier. Son enveloppe, charmante, prédisait une rencontre enivrante. Elle porta ses mains à son cou, défit l’attache de sa robe et la laissa glisser au sol. Son corps alors s’offrit à ma vue, entier, plein, un corps gracieux, rond juste ce qu’il faut. Elle se pencha pour prendre sa robe qui telle une corolle repose à ses pieds. Je ne perdais pas une miette de cet effeuillage que je trouvait magnifique. Je me demandais alors, un instant, si elle procédait toujours de la même manière quand elle se déshabillait ou bien si elle disait souvent oui à ce genre d’idées, quelque peu indécentes.

Maintenant, son visage me fait face et je remarque le khôl sous ses yeux. Des yeux d’un vert profond, semblable à l’herbe fraichement arrosée et baignée de soleil. Ses dessous blancs mettent en valeur sa peau, légèrement dorée. Elle libère ses cheveux qui viennent s’échouer sur sa taille. De longs cheveux châtains. De légères ondulations. Comme des vagues caressant le sable par temps calme. Je n’arrive pas à détacher mon regard d’elle. J’ignore l’heure qu’il est. Je me perds dans la contemplation de sa beauté. Je l’ai parfaitement choisie. Sans savoir ce qui se cachait derrière ses habits de tous les jours. Juste une intuition.

On sonne. C’est lui, il sait, notre secret. Elle comprend alors. Mon visage s’impose. Une image nette qu’elle chasse d’un coup en faisant un pas vers lui. Je le vois, la peur de la toucher, de me trahir. Puis il se souvient que je suis le chef d’orchestre de cette symphonie. Il a tout de même fallu un ultimatum pour qu’il se plie à mon envie, qu’il qualifia de farfelue, d’impensable, de funeste. Il ne craignait rien, ni jalousie, ni représailles. Il pouvait oser un pas franc vers elle.

Je les regarde s’approcher l’un de l’autre, s’attacher l’un à l’autre. Je m’attarde sur leurs mains qui se découvrent et leur corps qui se dévoilent jusqu’à ce qu’ils ne soient plus que deux territoires sauvages faits de collines et de gorges, de roches et de caves mystérieuses, de désir latent à conquérir. Je les regarde dessiner des histoires sur les murs et sur le sol. Ils vont bien ensemble. Leurs peaux s’accordent parfaitement comme faites pour s’unir. Ils s’offrent l’un à l’autre avec délicatesse et audace.

Mon souhait prend vie, le retrouver comme je l’ai connu, avide, tendu, le corps transi, l’esprit abandonné aux sens éveillés. Capter son souffle, le regarder s’évanouir dans la jouissance. Regarder ses mains danser sur son corps à elle, se délecter de ses gestes, connus sur le bout des doigts, écris et imaginés tant de fois depuis…

Derrière la vitre sans tain, je reprends quelques couleurs, malgré les larmes qui coulent. Elle ne font pas de bruit, elles roulent juste sur ma joue puis sur ma chair assassinée. Rien ne me peut me rendre à la vie, si ce n’est de le savoir, lui, vivant dans son corps, dans le délice de la rencontre charnelle. Mon plaisir ne vit plus que dans et par le sien.

Lise et les corps des femmes

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Lise aimait les hommes. Rien à redire. Comme les autres en somme. Une existence dans la norme, rassurante.

Puis il y avait eu Eve. Et ce soir d’été. Un prénom presque prédestiné. L’été du sud, chaud. La chaleur étouffante des nuits. Portes ouvertes sur la nature. Et sur les draps, les corps tout juste recouverts d’un voile, qui laissaient voir à travers.

Lise avait senti quelque chose, comme un appel. A ses côtés, Eve, son amie. Et soudain son envie. Frissons en dehors et frayeurs à l’intérieur. Elle se sentait démunie face à cette soudaine impulsion. Faire courir son index sur l’inconnu.

Elle contemplait en toute discrétion les mouvements du corps d’Eve, sa respiration qui faisait monter et descendre sa poitrine dans une danse aux accents aphrodisiaques. Elle imaginait sa bouche envoyer de l’air et faire se dresser le duvet discret sur ses jambes et ses bras. Elle traçait des possibles en se demandant ce qui lui arrivait.

La nuit était passée. Dans le sommeil d’Eve, insensible aux émois de Lise. Et Lise, assoiffée d’une étreinte, même légère, même juste un chatouillement, une brise. Le jour levé, les corps aussi. Les voiles qui tombent et s’expose le nu. Comme la vie qui nait au monde.  Une ligne pas très droite et dévient les fantasmes. Lise avait préféré s’éclipser plutôt que de regarder l’objet de ses tourments. Sous le filet d’eau fraiche, la brûlure s’apaisait.

Eve n’avait jamais su. Préserver l’amitié surtout. Mais depuis Lise regardait le corps des femmes. Elle ne pouvait décrocher ses yeux de tous leurs vides et leurs pleins. Elle s’appréhendait à travers leurs silhouettes, leurs manques, leurs gestes et attitudes. Elle se découvrait pleine et coupable d’une richesse jusqu’alors invisible.

Le rideau se lève…

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Le rideau se lève
Et le monde s’enflamme
Au contact d’Ève
Dont le corps se pâme

Entrelacs de dentelle noire
Sur les peaux laiteuses
Le mystère creuse son sillon
Entre alcôves et passion

Elle frissonne
Sa peau entière fredonne
Une mélodie comme une danse
Qui dans une transe, suave
Lui donne un air –  animal

Le rideau se lève
Sur des ombres amazones
Tenant en bouche la virilité
Nymphes en pâmoison
Absorbant le philtre enchanté

Entrelacs de jambes, de mains
De vallées, de courbes, de creux, de bassins
Éblouissement des sens
Sous l’indigo de la nuit dense

Rêverie estivale

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Sur la plage déserte, un bateau. Abandonné. Aux saisons de la vie. Témoin de tant de destins. Refuge des enfants, inventeurs épris de nouveauté. Elle entend encore l’écho des voix du passé. Le sien et d’autres. Histoires écrites du bout d’une plume d’oiseau.
On pourrait réécrire le monde à partir de là.

Et l’avenir? Peut-on, à défaut de le programmer, en créer un de toute pièce? Une scène, juste une. Pour qu’un reflet puisse se voir. Qu’un arrêt sur image puisse s’imprimer dans le bois brut. Laisser une trace…

Le vent souffle. Une voix au loin. Son prénom dans l’air. Il serait là. Sur la digue. Pas très loin. Elle ne l’entendrait pas vraiment. Elle imaginerait juste. Le sable étoufferait ses pas. Il avancerait sans bruit, surfant sur des hypothèses.
Elle resterait dans la pénombre, une main calée entre ses cuisses. Une caresse comme l’attente de sa silhouette. Caresse muette d’un corps en demande.
Elle sentirait sa présence dans le périmètre de sécurité. Et ses mains se presseraient davantage.

Il la regarderait faire avant de s’approcher. La voir jouer avec son corps lui plaisait. Il aimait la danse discrète de ses doigts. Et les bruits mesurés d’un plaisir qui se prend par petites touches.

Il viendrait par derrière. Enserrer sa taille. Ses mains sur ses hanches sentiraient bon la prise imminente de possession. Ses doigts  rejoindraient les siens. Ils creuseraient des chemins dans les profondeurs de son temple. Puis sortiraient pour s’attaquer à la fleur sauvage, jusqu’alors effleurée. Il prendrait le rythme qui est le sien.
Sa bouche se rapprocherait de la sienne dans un mouvement lent. Une fois ses lèvres à portée, il les croquerait dans un geste vif. Leurs langues mélangées. Leurs salives imprégnées d’envie de plus.
Ils se désireraient sans mot.

Il coulerait son corps contre le sien, lui offrirait son érection. A savourer. Du bout des cils. Avant que sa langue ne se faufile et vienne lécher la peau marbrée de veines apparentes. Le gland d’abord. Rondeur presque enfantine. Avant le grand voyage des sens, l’appropriation de l’espace. Sa bouche en maîtresse de cérémonie donnerait la marche à suivre.
Il se laisserait faire tout en cherchant frénétiquement un point d’attache pour un partage. L’ovale de ses seins, le pic de ses tétons dressés, les vagues de son ventre.

Elle relâcherait son étreinte, guidant son membre tendu vers l’ouverture. Prête. Il relâcherait la pression sur ses seins. Descendrait ses paumes dans le creux de son bassin mouvant.

Et il répondrait positivement à l’invitation. La pénétrant. Avec vigueur. Jusqu’à se sentir pleinement accueilli. Aspiré par son audace. Elle planterait ses ongles dans sa peau, l’attirant davantage en elle. Il la dévorerait du regard. Avant d’aller encore plus loin. Ils feraient de ce temps un voyage. Le plaisir du parcours. L’inconnu. Au milieu des herbes folles. Et leurs prénoms, dans une respiration.

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Scène de vi(d)e

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Derrière ses rideaux, caché par la masse sombre du velours côtelé, héritage du passé, il regardait la scène. La même, chaque soir. Une scène de désamour. Et chaque soir, il espérait que les choses changent, que les corps se rejoignent, que les incidents se taisent et que résonnent par la fenêtre ouverte les voix, les râles, l’écho d’un plaisir sans faille.

Chaque soir, il se postait là, à bonne distance. Ses yeux passaient le vide et les carreaux, habitués à l’obscurité, ils trouvaient la lumière allumée et son corps à elle, prêt à se lover dans des draps qu’il imaginait froids, comme le sont ceux des maisons de vacances, fermées huit mois de l’année. Il distinguait tout juste le galbe de ses hanches, la forme de son visage, le reste n’était que pur fantasme. Un décolleté satiné, des yeux rieurs, un rictus coquin au coin des lèvres. Il la regardait se déshabiller,  comme si il fallait faire vite, comme si le temps était compté. Elle enfilait ensuite son uniforme de tristesse et se glissait dans le grand lit, toujours du même côté. Allongée, le regard rivé sur le plafond, il se demandait quels étaient ses rêves, si elle aussi elle pensait au moment où il passerait la porte, ce qu’il ferait ce soir, est-ce qu’il tenterait un pas vers elle, est-ce qu’il laisserait ses frustrations au placard et accrocherait ses souhaits à ses rives ? Ou bien il ferait ce qu’il fait chaque soir, même rituel désolant, auquel elle se pliait sans un mot ?

Il voulait le secouer, lui dire de regarder ce qu’il perdait, une fois qu’il s’allongeait près d’elle puis se tournait, de son côté du lit, loin d’elle. Elle se tournait aussi, loin de lui et le lit paraissait immense et si petit en même temps. Entre eux, un silence assourdissant prenait toute la place. Les souvenirs flottaient. Il les voyait de loin, des souvenirs d’étreintes passionnées, de frissons démesurés, de corps possédés, de folies répétées. Leurs souffles s’étaient brisés depuis…

Il voulait lui dire à elle, tant de choses. Que ses yeux se posaient sur elle et qu’il y voyait son désir, contenu, toujours sur ses gardes, un désir qui n’attendait qu’un murmure pour se livrer, sans livrer bataille. Il voyait ce qu’elle pouvait donner, ce qu’elle attendait, il voyait sa peau trembler d’une attente qui n’en finissait pas. Il voulait lui dire que chaque soir derrière les rideaux de velours, il la prenait dans ses bras, elle, si belle, si menue, si sensuelle, qu’il la faisait danser sous les étoiles, que leurs pieds nus se frôlaient et que ça créait en lui un cataclysme, qu’il s’endormait le corps brûlant de cette valse imaginée.

Derrière ses rideaux, caché par la masse sombre du velours côtelé, héritage du passé, il ne voit plus rien. La chambre est nue, sans âme. Ils sont partis, sûrement. Il ne reste que les effluves d’un inachevé dans l’air bruyant du soir. Les mouvements des draps ne sont que des mirages.

Si vous avez aimé ce texte n’hésitez pas à voter pour mon poème Nos Accords, en compétition pour le Prix Ô. 

Fantasme-moi!

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Nos fantasmes.

Ils sont ce qu’ils sont.

Nous les partageons ou nous n’osons pas.

Par crainte du regard de l’autre sur ce que nous n’assumons pas. Pas toujours.

Les énoncer à haute voix c’est peut-être aussi, déjà, leur donner une réalité.

Certains se réaliseront, d’autres pas.

Parce que nous aurons évolué. Ou par choix.

Parce que certains nous emballeront rien que d’y penser. Mais que le passage à l’action ne sera pas un passage obligé.

Certains sont déjà des scénarios dans nos têtes quand d’autres ne sont là que pour attiser nos désirs.

Le fantasme nait de l’imagination. Et notre imagination est un vaste champ de création.

Nous pouvons donc tout créer.

Comme nous pouvons tout essayer.

Partager ses fantasmes en couple est très certainement une richesse. Pourtant ce n’est pas évident dans tous les couples. C’est même parfois impossible.

A nous de savoir où mettre la limite de ce que nous souhaitons confier. Et comment.

A nous de savoir ce que l’autre peut entendre, comprendre, intégrer.

C’est un chemin en soi et avec l’autre. Un chemin de connaissance et de partage. De respect et de confiance. Un cheminement intime et intérieur, une porte ouverte sur un monde encore empli de préjugés, dont il est peut-être temps de s’affranchir.

Et vous, vos fantasmes? Vous en parlez? Vous les gardez pour vous? Vous en avez déjà réalisé certains? Vous en avez des inavouables?