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Dictée

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Nos soirées s’écoulent au rythme des mots à apprendre. Loulou ne manque pas d’imagination. Il réinvente, revisite avec délectation la langue française.

Les mots changent de forme et les verbes de terminaison. Les Majuscules manquent à l’appel et les minuscules font des courbettes. Les fautes se déguisent sous des couches bleu nuit.

Les phrases inventées ne veulent rien dire et nous font rire. Parfois on est tenté de pleurer quand “Avaique” s’écrit en lettres barbares. Les verbes en perdent leur latin, entre les “e” à répétition en guise de conjugaison.

Loulou invente des mots, est déjà tenté de faire de la poésie, comme sa maman. “Même (Maime)” s’écrit alors avec des mots d’amours et “Soleill” prend deux ailes pour nous réjouir encore davantage.

On s’invente des com-plexes et des con-textes en lieu et place de con-seils. On s’arme de patience pour venir à bout des exceptions à la règle, incompréhensibles, inexplicables.

On épelle les mots à la pelle, entre deux biscottes. On récite jour après jour les mots étranges quelque peu étrangers. On met du cœur à l’ouvrage pour que ça rentre sans ressortir.

On se tire les cheveux un peu et on s’amuse beaucoup!

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Où es-tu Lilia?

Elle est quelque part c’est certain mais où? Quelle mère – quel père – devrait un jour se poser cette question? Personne.

Au moins une certitude. Claire n’en a que peu. Voir même plus depuis ce jour, ce jour si lointain et si proche en même temps, ce jour du début, de la fin, ce jour qui scinde la vie entre espoir et folie.

Jamais de pourquoi dans ses larmes. Tout était là, depuis le début, depuis le premier regard. Tout était écrit, n’en déplaise à ceux qui voudraient que le monde soit autre, que les rituels et les coutumes, les habitudes, les religions ne soient que des ponts et pas des murs. N’en déplaise à ceux qui croyaient penser juste et qui se plantaient magistralement.

Où? Comment? Dans quelle vie? Dans quelle ville? Avec qui? Autant de questions comme autant de tourments, de nuits blanches à vouloir réécrire l’histoire, prendre un autre chemin, choisir une autre fin. Mais pourtant aussi au creux des maux baignés de larmes, une faible lueur dans le noir, un “peut-être” esquissé face à des lois contraires, un sentier qui lézarde.

Et c’est à ça que Claire s’accroche, c’est ce qui la retient de signer son dernier acte. C’est dans ce minuscule espace qu’elle s’engouffre, dans cette souche d’arbre abandonnée qu’elle se nourrit d’un possible. C’est là qu’elle guette le visage de son enfant en transformation.

Tenir pour un jour revoir son sourire, à nouveau entendre sa voix, un jour la tenir dans ses bras. Claire court à tout va, cherche des solutions, appelle, marche beaucoup, travaille surtout pour ne pas s’effondrer. Claire ne reste pas chez elle, par peur des fantômes. Elle bouscule le ciel, la terre, les ténèbres, la poussière. Elle ne sait plus la pause ni l’arrêt. Elle se veut utile. Elle veut du plein face au vide abyssal de l’absence.

Les autres ont fini par retourner leur veste. Quelque part elle l’a cherché. Quelque part c’était le prix du risque. Elle erre dans les couloirs de leurs insinuations blessantes. Elle ne retient pas, elle n’a pas assez de forces pour ce combat là. Elle les réserve pour la seule qui compte: Lilia.

Ce texte est une fiction – inspirée de faits réels

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Balade poétique

A l’heure où le jour baisse ou se lève, je suis à ma table, crayon en main, carnet ouvert sur une page lignée. Un rituel d’il y a longtemps. Que ce soit pour noter les rêves de la nuit, pour mettre de l’ordre dans mes pensées ou juste mettre en forme ce qui me passe par la tête.

J’ai renoué avec la poésie, pas celle du coin de table, entre deux émotions. J’ai renoué avec celle des débuts, celle des premières rimes, celle né du déclin du jour sur un air de Van Morrison, dans une petite chambre d’un quartier Dublinois. La poésie aux accents anglais, la virevoltante dans l’air frais, la poésie de la pluie et des saisons.

J’ai retrouvé l’envie, celle d’écrire et de décrire le monde devant moi avec les vers d’autrefois. Ne plus seulement dire ce qui est mais le faire danser sous mes doigts et me joindre au ballet des mots.

J’ai décoré la couverture de mon carnet. Un écrin pour poser là tout ce qui passe. Un peu moins de chaos et un peu plus de paix. Tout ou presque de ce qui m’émeut et en plein cœur me touche. Un brin de nostalgie à l’écoute d’une chanson, les feuilles des arbres qui se transforment, les nuages en mouvement, un thé fumant.

Et si j’y arrive un jour, le sourire qui se dessine quand je le regarde vivre, rire surtout, oui rire aux éclats, inventer des monde à partir de trois fois rien. Et si je le peux, peut-être, la force élégante de ses mains, ce quelque chose d’insaisissable que je ressens quand mon regard se pose sur la contracture, le tracé des veines, la peau voyageuse.

J’explore des territoires jusqu’alors inconnus, je me laisse porter par ce qui vient, cet air transparent, le tumulte, le silence profond, la grâce de cette nouvelle saison. Et les mots s’offrent à moi comme si ils attendaient depuis longtemps que je retrouve le chemin des poèmes d’antan…

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Les Etats d’Esprit du Vendredi 01.10.2021

Loulou est chez un copain, j’ai une soirée solo pour partager mes états d’esprit de la semaine, avec en passant une pensée chaleureuse aux deux fondateurs de ce rendez-vous incontournable et fédérateur du vendredi (Zenopia et The Postman) ou autres jours!

Début [20:55]

Photo: Souvenirs d’été

Fatigue: de bonnes nuits encore (même si les rêves bousculent)
Humeur: au top
Estomac: crumble courgettes et tomates, tisane
Esprit: libre
Cond. phys / Bien être. : 1h de yoga et 1h30 de danse

Projet/Boulot: je ne me pose plus de questions et qu’est-ce que ça fait du bien!

Culture: LIVRES: Soie de Alessandro Baricco et dans Les Honneurs Perdus de Calixthe Beyala (Merci les Boites à Livres!) FILMS / DOCUMENTAIRES: Accross the Universe (revu avec plaisir)

Penser à: se mettre dans la paperasse administrative pour enfin avoir un livret de famille à jour!

Les jolis moments: déjeuners entre collègue, déjeuner à deux, le square avec les parents du quartier, la souplesse du temps à la maison, mon cours de danse, l’arrivée de l’automne.

Message perso: (1) Ca approche à grands grands pas! (2) Merci pour ton temps dans tes semaines ultra chargées (3) J’ai les yeux rivés sur ma boite aux lettres!

Loulou: a eu TB à sa récitation de poésie, travaille avec le sourire avec sa grand-mère, est fan d’Ariol, attend l’anniversaire de ses copains avec impatience

Amitiés : cartes et messages
Love : esprit focus sur l’évènement du weekend prochain, attentif, sait se rendre disponible, plein d’idées pour la retraite (il y a un âge où il faut commencer à y penser j’imagine!)

Sorties : chez le coiffeur demain, déjeuner entre collègues mardi
Essentiel: le présent
Courses: pour la semaine plus cadeaux d’anniversaire
Envie de: me faire un cadeau mais lequel??

Zic: Trois cafés gourmands…

Fin [21:17]

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Challenge Ecriture 21

Deux petits pieds. Petits pas. Vie en dedans.

Valentin le sait. C’est Rose. C’est facile. C’est chaud comme le chocolat du matin. C’est réconfortant les jours de pluie aussi.
Rose et ses ballerines de toutes les couleurs, ses pieds tous fins, ses boucles brunes, ses yeux comme des bulles tombés des marronniers de la cour de récréation.
Rose c’est joli aussi, ça sent le parfum des fleurs, c’est rouge, c’est blanc ou jaune en fonction des saisons.
Rose, ça roule, c’est doux. Comme un murmure dans les couloirs, un vent d’été qui vient se perdre devant la fenêtre ouverte, un souffle près de son oreiller.

Rose ne le sait pas. Elle le pressent peut-être.
Rose, elle danse sans se soucier des regards. Elle a de la musique dans le sang et le sang couleur des prés.
Elle rit avec Valentin le soir, quand ils rentrent de l’école. Elle rit de sa bouche trouée et de ses dents mal arrangées.
Et elle laisse parfois sa main se perdre dans l’espace qui la tient un peu loin de Valentin, dès qu’il tourne à l’angle de la rue.

Valentine ne lui dit pas. Il regarde Rose et puis c’est tout. Tout se dit dans ses billes vertes. Et puis les mots il ne les a pas. Il ne sait pas.
Papa ne lui dit jamais et maman n’est plus là.
Rose le dit d’une autre manière, Valentin, le roi de sa terre. Elle s’accroche à lui quand l’orage gronde sous le préau. Elle lui lance des bisous les jours de départ en vacances du haut de son toit. Sa maman fait ça parfois.

Quatre petits pieds. Petits pas. Vie en dehors.

Retrouvez les participations ici: Chez Josée

***

Après les personnages, attachons-nous au paysage, à l’endroit, au lieu, à l’espace, celui dans lequel évoluent nos personnages ou bien celui dans lequel nous souhaitons les faire se rencontrer. Je vous propose une autre photo pour vous aider.

A mardi prochain pour suivre l’évolution de votre histoire!

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Une nouvelle rentrée pleine de surprises!

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Une nouvelle année scolaire débute avec son florilège de points d’interrogation. Premier cas positif et première quatorzaine pour nos jeunes écoliers, tout à leur bonheur de se retrouver!

Nous allons revêtir à nouveau pour 7 jours la casquette de télétravailleur, institutrice, organisatrice de programmes, jongleuse amateur (en phase de qualification). Il va falloir redoubler de patience et mettre de côté nos bonnes résolutions, histoire de garder une vie familiale harmonieuse. Nous nous rassurons, l’isolement n’est que provisoire, il y a la vie de la rue et le calme de la courette pour nous tenir compagnie les jours de grisaille!

Nos bambins sont adaptables parait-il. Ont-ils seulement le choix? Nous aussi, finalement. On commencera juste le travail un peu plus tôt, histoire d’être vraiment présent pour le petit déjeuner. On sortira entre midi et deux, pour se dégourdir les jambes et le cerveau. On fera le plein de repas rapides, faciles et efficaces, sans se casser la tête avec l’équilibre protides, lipides, glucides, fruits, légumes et tout le reste. On reportera la règle de “zéro TV” la semaine.

On gardera le sourire entre les exigences de l’enfant et celles du patron (tous deux se ressemblent étrangement sur ce point!). On se maintiendra à flot avec du yoga, du chocolat et les mots. Oui les mots surtout et avant tout.

Composer. En voilà un bien joli mot pour cette reprise! Voilà, on fait faire comme l’artiste, on va se donner le droit d’essayer plein de choses, sans certitude, on va s’essayer à faire rentrer plein de journées dans une, en gardant le sourire, sans toutefois se dire que c’est facile, sans planquer ses émotions sous l’oreiller. On va accepter qu’il y aura des cris, des temps creux et des rires aussi. On va même espérer un peu de pluie, histoire de se faire un après-midi ciné, sans culpabiliser!

Voilà, où nous en sommes à J+7. Et vous, ça s’est passé comment cette rentrée?

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S’abandonner à vivre

Credit Photo@mariekleber37

Le monde restera toujours cette gigantesque énigme. Le monde du business, de l’argent, des idéologies, un monde à tant de vitesses que parfois rien ne sert d’y prendre part.
Le monde restera un mystérieux hémisphère duquel je m’approche un peu trop parfois, au risque de perdre de vue ce qui compte, là, maintenant.

Le soleil a des airs de trop peu. Alors je savoure chacun de ses rayons. La sensation du chaud sur ma peau me donne envie de rester encore un peu, assise là, sous le feu des projecteurs du ciel.
Le soleil et ta peau.
Et les sourires partagés.
Et les confidences.
Ta peau et les microsecondes d’un contact qui remplit mon être d’une force incomparable.
Et la vie qui bat.
Et les rires d’enfant à la surface.
Et le souffle du vent qui soulève le voile de ma robe.
Les sourires comme autant de « merci » partagés.
Et la passion d’un baiser.
Et la douceur d’un câlin.
Et la saveur d’un pat inventé.
Les confidences, comme autant de chance d’oser dire, d’oser être, de ne plus garder pour soi ce qui pèse, ce que l’on voudrait que la terre entière sache, que l’on cache par pudeur.
Et les souvenirs accrochés au dôme céleste.
Et les nuits d’étoiles filantes à émettre des souhaits, le cœur plein d’un rêve sans tâche.
Et les jours riches d’une vie sans âge.

Les rires, étouffés, fous à lier, dégringolant la falaise, les rues des villes, les routes de campagne, secousses improbables, joie qui fleurit derrière les visages fermés.
Le souffle comme un battement d’aile, un frôlement imperceptible.
Les sourires à en avoir les yeux qui pétillent et la bouche privée de mots.
La passion colorée, éphémère, spontanée, circulaire, inventive, espiègle, mémoire des sens en quête de beau.
La douceur, la saveur, concentré de tendresse, épure des gestes.
Les souvenirs, albums intemporels d’un temps qui nous garde pour toujours, insouciants, amoureux, sensibles, généreux.
Les nuits pour contempler, admirer, rêver sans s’arrêter et retenir le jour entre le coton joyeux du dimanche matin, sage les jours de classe ou imprégné d’un désir sans cesse réinventé

Le monde peut bien s’écrouler, il reste ce cortège d’espérances, toutes ces chances, opportunités saisies, mains tendues, amitiés sincères, liens qui nous hissent au sommet. Demeure la vie dans tout ce qu’elle a de plus surprenant et de plus évanescent. Tout est fragile et solide à la fois, tout passe et tout tient. Rien n’est écrit et tout est là pourtant, déjà.

Face à la folie, à la cruauté, à l’insensé, je voudrai retenir tout cela, tout ce qui a de la valeur, tout ce qui a du caractère, tout ce qui chaque jour nous enveloppe de chaleur et de la conscience que nous ne pouvons pas échapper au monde mais nous pouvons y faire face sereinement et en paix.

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Retour d’été

L’été est passé. Ou est-il seulement arrivé? La question est sur toutes les lèvres, à l’heure où des milliers d’hommes et de femmes se battent pour survivre, vivre un jour de plus au milieu des décombres de leurs vies.

N’avons-nous donc aucune honte à scander haut et fort un droit quelconque à une liberté qui en laisse tant sur le carreau à chaque souffle posé par nos corps en bonne santé?

Je ne vais pas rentrer dans des débats. Ils sont souvent improductifs. Et puis il y a bien assez de voix comme ça autour, toutes ces voix que j’ai laissé derrière moi pour trois semaines de vacances. J’ai laissé celles d’ici et celles d’ailleurs pour revenir à l’essentiel, toujours. En souhaitant que cet essentiel ne soit pas perdu de vue, une fois de retour au quotidien.

Le soleil a joué les discrets cet été. Nous avons composé de nouvelles partitions, tristes parfois de nous réveiller sous le brouillard, nostalgiques des journées à la plage, satisfaits d’être là, ensemble, de nous retrouver après des mois d’errances, riches d’un lien qui semble parfois fragile, qui est bien plus fort que tout ce que nous pouvons imaginer. Confidences partagées et petits déjeuners briochés. Nuits d’étoiles filantes à souhaiter d’autres étés pour contempler le ciel, l’horizon et ses promesses.

Retrouvés aussi les embruns et l’eau salée, les galops à en avoir le souffle coupé, l’alliance subtile de la fraise et du basilic, les parties de pétanque jusqu’au coucher du soleil, Pagnol sous l’oreiller, les rires qui caracolent sur les chemins, vivre aujourd’hui sans penser à demain.

Un été d’amitié, celle qui, contre vents et marées, résiste. Celle des secrets murmurés et des souvenirs en pagaille, celle qui gagne toujours, rassure, celle qui accueille et ne juge pas, celle des premiers pas et des déchirures, celle qui sans cesse nous colle à la peau, celle qui embrasse tout ce qui se dit et ne se dit pas.

Je reviens d’un été qui ne ressemble pas beaucoup aux autres, un été comme un passage. J’ai laissé mon manuscrit, ses maux en prose. Je reviens avec d’autres envies.

Et vous votre été? Il avait quelle couleur? Quelle odeur?

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Spirale inspirée

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Ca a commencé par un jour de pluie, quelques minutes d’ennui, une envie de sortir prendre l’air. Une lubie d’un instant, un loisir du dimanche. Ca ne durerait pas. Quelques jours tout au plus. Juste le temps de se laser, de descendre et remonter, nettoyer, bichonner. Ca finirait par passer. Une histoire de gamins, tout au plus.

Et puis non. Cette année, il a un an de plus et ses escargots sont devenus son moment de la journée, un moment de pause dans un quotidien en version accélérée. Il pense à eux au réveil et ne part pas se coucher sans être certain qu’ils sont en sécurité.

Au départ, c’était plutôt une corvée et puis devant l’enthousiasme des enfants, je me suis laissée porter par leur curiosité. Chaque jour nous en apprenons davantage sur les escargots, ces coquilles rigolotes, qui nous laissent bien souvent indifférents.

Il leur a donné un nom et a déjà ses préférés, ceux qu’il voudrait garder, quoi qu’il en coûte. Etre dans la cour là, présente à l’instant, je sais que beaucoup pensent que je perds mon temps. Pourtant j’ai le sentiment d’en sortir grandie de ce repli, de ce regard attendri, de cet émerveillement devant les spirales comme le début d’un enchantement qui me ramène au coeur de ce qui fait sens.

Ce n’est peut-être qu’un jeu d’enfant, alors j’ai à nouveau huit ans avec plaisir, je me laisse aller à buller au rythme d’une patience qui, ailleurs, laisse à désirer. Je me laisse envelopper de sérénité. Je m’accorde aux regards pétillants, comme si je fuyais un peu le monde des grands, mes émotions qu’un petit rien peut chahuter.

J’ai conscience de la naïveté de cette expérience et que ça puisse prêter à sourire. Pour autant, dans ce partage là, je trouve aussi ma place de maman, certes solitaire mais tellement riche. On apprend à chaque instant même des choses qui nous rendent un peu triste. Il y a dans l’air de juin une envie certaine, une urgence sanguine de vivre.

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Challenge Ecriture 15

Léo savait ce qu’il allait dire et à qui il allait le dire. Il savait aussi comment. En écrivant une belle lettre, comme celle qui se trouvaient dans la malle de grand-mère au grenier. Une lettre avec un stylo par contre parce que la plume et l’encre ne le mettaient pas du tout à l’aise.

Il allait tout dire à Théa. De A à Z et de Z à A. Martin lui avait dit que c’était le moment où jamais. Martin en savait des choses du haut de ses 1m50.

Sa lettre commencerait comme ça: “Chère Théa, aujourd’hui est un jour particulier car j’ai un secret à te confier.” Son secret c’était pas un truc inventé, ni quelque chose de mal. C’était un secret parce que personne le savait. Sauf Martin bien sûr. Mais Martin c’était pas les autres. Et Martin c’était pas quelqu’un qui disait du mal ou se moquait.

Sa lettre continuerait comme ça: “J’aurai bien aimé te le dire de vive voix mais bon il y a toujours plein de monde autour de toi. Alors voilà, je vais te dire quelque chose, pas quelque chose de grave ou de mauvais, pas une bêtise que j’aurai faite et cachée ou des gros mots que j’aurai dits dans la cour de récré. Mais avant de te le dire, j’aimerai bien que tu me promettes que ça restera entre toi et moi parce que les autres ils seraient peut-être jaloux de ce que je vais te dire et ça serait moche. Le secret serait gâché. Et je serais bien triste.”

C’était pas si facile que ça finalement de partager son secret mais Léo y tenait pourtant. Et puis Théa c’était différent. Allez, allez!

La lettre finirait comme ça: “Alors voilà, je trouve que tu es la plus chouette des filles. Quand je te regarde j’ai les jambes comme des flageolets et les yeux qui pétillent comme des bulles dans les verres des grandes personnes pour les grandes occasions.”

Martin m’a dit qu’il fallait pas tout dire la première fois, alors du coup je laisse un peu de suspense à la fin. J’en dis un peu sans trop en dire. J’espère qu’elle comprendra Théa. Même si elle a 15 ans de plus que moi et qu’elle m’appelle “gamin” quand elle me voit.

Retrouvez les participations ici: Chez Sweet Things

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Pour la dernière semaine sur le thème du secret (Semaine 16) je vous propose d’écrire un texte à partir de cette citation: Dire le secret d’autrui est une trahison, dire le sien est une sottise” Voltaire

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Huit ans et quelques mois

Cela fait maintenant 8 ans et quelques mois que nous nous connaissons. Un peu plus si l’on compte ces mois de communion presque parfaite, ces mois en osmose dans une sorte de bulle baignée de lumière, avant le crash.

Huit ans et quelques semaines. Beaucoup de peurs et des heures de doute. Des larmes aussi, de quoi inonder l’espace. Des minutes obscures à se demander à quoi bon, à qui bon continuer, à quoi bon essayer. Des jours douloureux, des matins à ne plus savoir comment vivre sans cris, des soirs à guetter ton sommeil pour pouvoir m’écrouler, le corps pris de tremblements, le coeur en miettes et l’âme en peine.

Huit ans d’émerveillement aussi, de tes premiers pas à tes premiers mots, de tes premiers sourires à tes premiers coups de coeur, de tes premières fois suivies de secondes tout aussi touchantes.

J’ai souvent écrit combien je ne me sentais pas à la hauteur de ma tâche de maman, combien je me sentais lasse, vide, vidée, à cran, perdue, angoissée. J’ai souvent écrit la solitude, l’impuissance face à ton chagrin, tes peurs, ta sensibilité aussi exacerbée que la mienne, ta colère, ta rage. J’ai toujours écrit avec sincérité ce chemin de vie, choisi, pas toujours aisé, fait de hauts et de bas, d’envies de tout envoyer valser, de chaos et de tendresse mêlés. L’amour dans toute sa complexité.

J’ai voulu être une mère “parfaite”, celle qui n’existe pas! Tout gérer de main de maître, comme une sécurité, comme pour me dire que j’étais capable d’être ta maman. C’est pourtant ce qui m’a le plus pesé, enfant, cette maitrise des choses et du temps. C’est ce que j’ai copié, loin de me rassurer, ce modèle n’a fait que me terroriser.

Je t’ai écouté sans pouvoir répondre à tes demandes. Je t’ai écouté, je t’ai regardé évoluer, grandir, devenir un petit garçon. J’ai essayé tellement de fois le fameux lâcher prise, je me suis souvent plantée et la colère est revenue, comme une amie fidèle, manipulatrice, inquisitrice, destructrice.

Huit ans et quelques mois et voilà que doucement je prends ma place, tu prends la tienne, nous nous tenons l’un et l’autre dans un espace qui se vide de tristesse et se remplit d’allégresse. On dit que les épreuves nous rendent plus forts, je dois avouer que les nôtres nous ont fragilisés, nous ont rendu méfiants. Elles nous ont secoués et ont laissé des cicatrices que le temps seul à le pouvoir d’apaiser, pour peu que nous le laissions faire.

C’est à la joie et au présent que je m’en remets aujourd’hui, dans notre complicité et ce lâcher prise qui est arrivé sans que je le décide, comme si tout avait une raison d’être, comme si tout arrivait à point nommé. Peut-être bien que ce retour à moi aura été le point d’ancrage de cette relation qui s’épanouit, dans un mouvement permanent. J’accepte le déséquilibre et je pose davantage mes limites, ne craignant plus de ne pas en faire assez.

On s’apprend avec plus de rires et moins de contraintes, juste des règles de vie, celles que je définis pas à pas et qui te correspondent aussi. Cette vie à deux commence à avoir des reflets argentés et nous en avons tous les deux conscience. Comme quoi il faut toujours s’accrocher, la vie a des ressources insoupçonnées!

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Brèves d’enfance

Les mots sont là mais le temps pour les poser me fait défaut. Ou je l’utilise pour faire d’autres choses, créer différemment.

Et puis parfois quelques photos en disent plus long que tous les mots du monde. Alors, je les dépose là, ces photos de l’enfance, ces instants capturés, pour le plaisir de saisir le beau, l’éphémère toujours, l’audacieuse liberté et l’émerveillement instantané!

Devant l’objectif, la vie se déroule et ce sont les instants surpris qui donnent les meilleures photos. Sur le vif, l’essentiel se glisse et la quête de perfection se défile. Aucun faux semblant dans l’expression du moment.

Derrière l’objectif, j’ai pris un réel plaisir à saisir leurs meilleurs moments, leurs fous rires et les expressions de leurs visages, les yeux dans le vague et le coeur plein, ivre de ces minutes comme accrochées à un autre temps.

Belle journée à tous et à toutes!

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Challenge écriture 14

Texte à venir…

Retrouvez les participations ici: Chez Mébul, Chez Josée, Chez Sweet Things

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Pour la semaine 15, on va aller faire un tour du côté de l’enfance! Je vous invite à écrire un texte qui relate un secret d’enfant, que votre personnage raconte à un camarade d’école. Le personnage principal étant un enfant, le style devra s’accorder bien entendu!

A vos plumes ou vos claviers!

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Je sers à quoi?

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Maman, je sers à quoi, moi?

On a dépassé l’époque des pourquoi. Si éreintants, si rassurants pourtant. Les “comment” arrivent et les questions sur le sens des êtres et des choses.

Si j’avais été honnête, je lui aurai répondu que je me pose souvent la même question. Comme celle de la vie en grand terrain de jeu et si tout cela n’était qu’un grand rêve qui dure un peu plus longtemps que les autres?

On peut parler de fatalisme, mais soyons sincères pour une fois, l’homme ne sert à rien. Ses questions de petit font avancer mes réflexions de grande. Et d’un coup tout est devenu limpide, liquide, comme de l’eau, façonnable à ma guise.

Et si la question en fin de compte n’était pas à quoi je sers? mais qui ai-je envie d’être dans cette existence? Qu’ai-je envie de tester, d’expérimenter, de partager, de vibrer? Quel est le sens que je souhaite donner à mon passage ici?

Alors je lui ai dis que ni lui, ni moi, n’étions en vie pour servir à quoi que ce soit. Mais que nos actions, nos pensées avaient un impact. Que lui, dans ma vie, il avait dissipé les ténèbres, qu’il avait apporté une belle lumière et que le noir doucement s’était éclipsé.

Je lui ai dit que tout était question d’intention, de ce qu’on mettait, chacun, chacune, dans nos paroles et nos actes. Que c’est ça au fond qui faisait la différence.

Il y a un mois de ça, je m’effondrais littéralement en séance de sophrologie, incapable d’aligner deux mots, empêchée dans toutes mes réflexions, mes questionnements sur le sens de tout, à fleur de peau fois 1000, tétanisée par cette sensation de patauger dans des sables mouvants, sans pouvoir retrouver le fil. Tant que personne n’appuie là où ça fait mal, tout va bien. C’est quand il faut faire face aux questions qui dérangent que la tension faut sauter ce que l’on pensait être solide.

Et puis, là, avec cette réflexion tout me parait aller de soi. Comme quoi, oui, nos enfants nous font aller plus haut, plus loin, même si c’est déstabilisant et que ça nous file le vertige!

Ceci n’est que ma vérité, vous pouvez ne pas la partager. Ceci n’est que ce qui me semble logique, là, maintenant et qui me permet de poser un pas sur le chemin, un pas plus sûr et serein, en direction de moi et de la vie que je veux.

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Un instant sur la ligne du temps

Je ne saurais jamais, je ne pourrais jamais remonter jusqu’à cette date, si profondément ancrée, si loin dans la conjoncture des années. Cet épisode est à tout jamais enfermé dans les méandres de ma mémoire. Un instant, un battement. Dans mon berceau, chaque seconde compte. Avant les sirènes hurlantes qui traversent la ville, des échos de souvenirs, ceux des autres, ceux pour qui d’un coup le temps semble s’être mis sur pause, une pause aux allures de cauchemar.

Je ne saurais jamais ce qu’est j’ai pu ressentir dans ces heures de flottement, ces minutes suspendues pendant lesquelles aucun médecin ne souhaite se prononcer. Qui de la vie ou de la mort va l’emporter? Est-ce un choix à cet instant précis?

Un petit corps dans une petite bulle, dans une grande chambre. Et des tuyaux un peu partout, des machines qui attendent elles aussi, un sursaut, que rien ne vienne troubler leur rythme, que le noir ne s’invite pas sur le blanc des murs de l’hôpital, saturé de cris de nouveaux nés.

Il n’y a que les récits et les dates, inscrites à l’encre noire sur un carnet de santé. Comme beaucoup de souvenirs dont le corps seul se rappelle, qu’un évènement ramène à la surface, il faut accepter que certains éléments de notre histoire nous échappent. Parfois nous pouvons reconstituer certaines choses, faire des liens.

Leur histoire n’est pas la mienne. Eux ont encore accès à la folie de cet instant, à cette peur viscérale de perdre leur premier enfant, alors que la voiture file à toute allure dans le froid glacé de novembre. La peur, la vraie, ne disparait pas vraiment, elle reste la preuve vivante du danger menaçant l’ordre établi.

Il y aura quelque part toujours cette cicatrice là, ce petit point sur la ligne du temps, et tous les autres qui font et défont nos existences. Il y aura toujours un petit quelque chose prêt à faire vaciller l’équilibre sur lequel on se tient. La fulgurance d’une alerte, le regard perdu dans le vide, à prier, crier, créer, aimer. Il y aura tous ces cataclysmes qui ont fait bouger nos trajectoires, ces épisodes pas perdus, juste remisés, classés dans de tiroirs, ceux qui nous maintenons fermés, par besoin de se protéger, et ceux que nous choisissons parfois d’ouvrir, pour aller plus loin, pour être au plus près de qui nous retient encore, un peu, un peu trop.

Au fond, il faut un certain courage pour affronter ses démons. Et beaucoup aussi, pour les accueillir et les laisser partir.