Le cancre du coloriage!!

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Entre la maitresse de loulou et moi ça a mal commencé. Et ça se terminera mal.

Cette semaine, j’ai la grande chance d’être en vacances et d’aller chercher mon fils à l’école le soir. Un plaisir rare. Ce qui est moins sympa, c’est que chaque soir j’ai droit au visage dépité de la maitresse qui me répète qu’elle ne sait plus quoi faire avec mon fils. Elle me montre son coloriage d’un air désabusé.

“pas assez concentré” “il suit les mauvais élèves” “il ne comprend pas les consignes” “il est le dernier en coloriage”…

Tiens si on parlait coloriage. C’est le coloriage qui nous a mis dedans dès le début de l’année. Ça ne faisait pas dix jours qu’il était à l’école qu’elle voulait déjà me rencontrer.

Pour me montrer que les autres y arrivaient très bien. Sauf le mien. Sept mois plus tard, on en est encore là. Les autres font leur coloriage, pas  le mien. Enfin pas dans le temps imparti.

Le reste tout va bien. Mais ça elle ne le dit pas. Elle, son cheval de bataille c’est le coloriage!

Moi? J’écoute. Je lui ai dit en début d’année qu’il avait un peu de mal à se concentrer quand il y avait du bruit autour. J’ai même suggéré de le changer de table. C’est certain que si on met tous ceux qui parlent et font les zouaves ensemble, c’est compliqué.

C’est vrai qu’il est souvent dans ses rêves. Il a 6 ans! Il travaille bien. Il veut bien faire. Du coup il perd du temps. Et puis le coloriage, le dessin, ça l’ennuie.

Est-ce que c’est si grave? Est-ce qu’il n’y aurait pas eu de solution? Est-ce que la comparaison aux autres est un réel moteur? Ou est-ce que ça démotive plus qu’autre chose?

Je vois arriver la fin de l’année avec beaucoup de bonheur…

Si elle les prépare très bien au CP – dixit certains parents qui sont déjà sur les starting blocks de l’avenir professionnel de leur progéniture ultra brillante, qui elle, sait colorier un perroquet en moins d’une minute top chrono – on gardera d’elle un souvenir dénué de toute nostalgie!

 

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La maternité, ma plus belle claque!

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Je vous passerai les détails de ma grossesse sordide (vous l’avez déjà lu et si vous ne l’avez pas lu, ce n’est pas un problème pour la suite), le retour en France, les tremblements, les larmes, la peur attachée à chaque millimètre de ma peau.

Je me demande souvent si j’ai choisi d’avoir un enfant ou si cela s’est juste imposé à moi. Ça coulait de source je crois. Nous n’en avions pas parlé – pourquoi nous aurions parlé de cela puisque nous ne parlions de rien?

Le jour de l’accouchement, j’ai réellement pris conscience qu’il n’y avait plus de retour en arrière possible. J’ai pensé aussi que je tenais dans mes bras la vie et la mort et ça m’a fichu un coup. Encore très fragile, mais en sécurité, j’ai doucement pris la mesure de mon nouveau statut de maman. Nos débuts difficiles ont laissé place à des heures plus légères, puis des jours plus doux.

J’ai longtemps gardé beaucoup de colère en moi et elle explosait toujours avec une vivacité qui me laissait désemparée, seule, en larmes, face à mon enfant, que j’aimais pourtant et à qui je voulais donner le meilleur. C’était terrifiant. Je me sentais terriblement coupable.

C’est une des rares personnes qui me met si souvent face à mes limites, qui m’oblige à regarder mes peurs et à les dépasser. Mon fils me renvoie une image pas toujours agréable de moi-même. Si je me regarde dans le miroir, je saisis parfois un reflet bien amoché. Je sens alors qu’il est grand temps de rétablir l’équilibre de notre embarcation. Mon fils m’aide à grandir, à creuser encore et encore pour déterrer le beau et laisser filer le reste. Ce n’est pas une cure de jouvence, il y a des jours où je me sens en dessous de tout. Et puis, comme c’est dans ma nature, je reprends espoir, je me fais confiance pour aller de l’avant, lâcher la culpabilité et donner le meilleur de moi-même pour la suite.

Je ne changerai rien à rien, même si parfois la charge me parait lourde à porter seule, même si parfois je me sens démunie devant mes tentatives avortées, de ne plus crier, de ne plus être agacée pour un rien, même si parfois je me voudrais plus maîtresse de moi-même, plus capable de faire attention à mes besoins aussi.

J’ai longtemps pensé que je devais être irréprochable. Aujourd’hui, j’apprends à accepter mes erreurs, je les partage avec lui, je suis honnête quant à mes manquements et mes peurs. Se dire les choses, je crois que c’est essentiel. Le bon, comme le moins bon. Et puis construire à partir de là. A partir de ce qu’on est et de ce qu’on tend à devenir. Pas à pas.

Le bruit du silence

© Sabine Faulmeyer

Le plus assourdissant c’était le silence. Il ne restait rien dans la cour à part un jouet d’enfant. Juste ça. Et des rires imaginés, qui glaçaient le sang davantage. Même pas de larmes. Juste un cri sourd. Juste le silence lourd.

Et des regards. Des regards qui disaient tout ce que les voix ne pouvaient pas. Oui juste ça, des regards froids et perdus. Des regards sclérosés par la chute, violente, rude. Regards vides qui déversaient leur mal être sur le bitume.

Et des yeux attirés vers ce jouet, dernier vestige de l’innocence trahit, d’une justice qui se donnait des airs de grands. Des promesses en équilibre. Juste ça.

Combien de paroles tues pour en arriver là? Combien de témoignages bradés? Combien de drames relégués dans des cartons au grenier? Combien de fantômes? Combien de vies, de destins? Combien de “rien” pour devenir complices de ce drame intime?

Ce texte a été écrit dans le cadre de latelier 324 de Bric A Book

Six ans de toi!

Voilà…

6 ans de toi
6 ans de joies et de doutes
6 ans d’une mélodie que nous écrivons dans un quotidien en quête d’équilibre
Apprendre. Désapprendre. Chercher des solutions. Se fier à son intuition.

Résoudre des équations comme des ingénieurs du cœur, de l’âme
Petites mains artificielles créant un univers à nul autre pareil : le nôtre

Et puis…

Tes doigts, libres, avides de découvertes, de créations
Tes yeux pétillants
Tes idées loufoques
Tes certitudes
Tes prises de position affirmées

L’écho de ton enfance est un chant enchanteur qui m’invite à ralentir, respirer, me libérer, passer des caps, grandir…

Nous nous sommes rencontrés dans d’étranges circonstances. Nos premiers mois loin l’un de l’autre. Construire un lien sur 2 jours par semaine. Puis le chaos des 7 jours. Et le reste.

Quand est-ce que cette complicité est née ? Quand ai-je commencé à être assez rassurante pour que tu oses un pas vers moi, pour que j’ose un pas vers toi ? Quand est-ce que quelques grammes de paix sont venus remplacés les kilos de colère et de culpabilité ? A partir de quand la vie est devenue douce ?

En ce jour de tes 6 ans, sache que…

Il n’y a pas d’obstacles que je n’affronterais pas, pas de pays que je ne traverserais pas, pas de remises en question que j’abandonnerais au lendemain. Pour toi.

Il n’y a pas de combats que je ne mènerais pas, pas de décisions injustes contre lesquelles je ne me rebellerais pas. Pour toi.

Il n’y a pas de rêves que tu ne pourras réaliser, pas de projets pour lesquels tu n’auras pas mon soutien plein et entier.

Il n’y a pas une heure, dans cette vie là, pendant laquelle tu n’auras pas la première place dans mon cœur.

Il n’y aura pas de haine dont mon amour pour toi ne pourra venir à bout.

Cet amour là ne connait ni frontière, ni limite. Il est le lien puissant qui nous unit. Il est la lumière quand la mort rôde. Il est plein de bonheur et de larmes.

Il est le commencement et l’éternité.

Il est dans ton sourire et dans le mien, dans ce que nous sommes seuls à savoir, un trésor bien gardé que personne ne peut voler.

Bon anniversaire mon Petit Coeur!

Histoire d’une autre vie…

Copyright Marie Kléber

La première fois, c’était étrange.

C’était la première histoire qu’il racontait, depuis qu’il savait bien parler. Il était question d’un enfant, de l’Inde (mais où avait-il entendu parlé de l’Inde?), d’un train qui part et de l’enfant mutilé. Il était question d’une autre vie, une vie avant celle-ci, une vie dans laquelle il n’y avait ni moi, ni personne, une vie avec d’autres où lui même était un autre.

J’étais perplexe. L’histoire est revenue souvent par la suite. Avec des détails. Comment savait-il tout ça du haut de ses 3 ans?

Plus tard, il y a eu des histoires d’anges. Il a commencé à parler des étoiles, des nuages, de Jésus et de Dieu. Il a commencé à comprendre le monde et à le raconter à sa façon. Il a commencé à inventer des histoires.

Il en invente tous les jours, toutefois certaines demeurent troublantes. Il dit qu’on a qu’une vie, mais qu’une vie, ici dans cet état là, dans ce corps là. Et milles autres vies ailleurs.

J’ai bien dû lui parler de Jésus, Mahomet, de Moïse et de Dieu, du pays des rêves et des anges qui veillent. Je n’ai pas le souvenir de lui avoir parlé de nos vies antérieurs. C’est un concept assez nouveau pour moi, je ne m’étais jamais penché sur la question. Alors d’où tient-il tout ça?

Je reste attentive à lui. Je l’écoute me parler de toutes ces choses incroyables. Je lui pose des questions. Parfois c’est clair. Parfois c’est insensé. J’essaie de démêler l’imaginaire de la réalité, sans toujours y parvenir.

Et vous, vos enfants, ils racontent quoi comme histoires? Elles vous parlent ou comme moi, vous êtes un peu perdus parfois?

 

 

 

 

Avec et sans toi

Crédit Pixabay

J’ai connu le gris des larmes et le vert des prairies en fleurs. Sur la plage, l’empreinte de mes pas. Et dans mon cœur, le souvenir de toi.

Je t’évoquerais toujours le cœur battant, quelque part entre ici et là-bas. Tu seras toujours là. Sans y être. Tu seras toujours la pièce manquante à l’équation subtile de mon bonheur.

J’aurais donné le monde pour que tu ne partes pas, pas si vite, pas sans moi. Pas si loin.

Au lieu de ça, j’ai appris que l’amour n’a rien à voir avec ni la vie, ni la mort. L’amour ne disparait par comme le corps. Alors le mien, le tien, restent ce lien qui nous lie au delà de toutes les apparences.

Parfois je sens un souffle. C’est toi. Tu vois les sourires de ma vie et tu souris avec moi. Je donnerais tant encore aujourd’hui pour que tu sois parmi nous, pour que ton rire vienne éclabousser les murs du présent, que ta bienveillance soit mon baume apaisant les soirs d’orage, pour qu’il puisse prendre ta main et que tu tiennes la sienne au chaud. Tu lui aurais raconter des histoires, celle de la petite voleuse de boudoir. Ou était-ce de choux à la crème?

Pour lui, tu ne seras à jamais qu’une bougie dans une église, une dalle sur un coin de terre, près d’un prunier dont il engloutit les fruits sans même y penser. Il dit “papy” sans savoir. Dans sa bouche, pourtant, je retrouve le goût particulier de mon enfance à tes côtés.

Chaque matin de lui

Copyright Marie Kléber

Chaque matin, au réveil, je le regarde, se réveiller.

Comme un cadeau. Un cadeau que je redécouvre chaque matin. Un peu différent de la veille.

Je pose mes yeux sur lui. Je prends ce temps, avant que tout ne tourne trop vite.

Un jour de plus. Voilà ce qu’il gagne.

Et chaque jour compte à le regarder grandir.

Être au monde. Petit être que je tenais il y a six ans à peine contre mon cœur cabossé.

Ses mimiques et la façon dont il a de dire « je comprends rien » avec le sourire.

Ses chansons phares, ses rythmes fous.

Ses prises de position. Bien senties.

Même si parfois je sors de mes gonds, je n’arrive pas à gérer mes frustrations, même si parfois je perds le contrôle, si j’aimerai qu’il soit plus ci ou ça, comme ci ou comme ça, parce que ce serait plus simple…

J’admire cette capacité qu’il a à s’affirmer.

Et je ne peux que lui souhaiter de ne jamais être, juste pour me faire plaisir.

De suivre sa voie, celle qui le fera vibrer, celle qu’il aura choisie.

Je ne suis là que pour l’accompagner, le guider.

Je suis ses racines, jusqu’à ce qu’il ai des ailes pour s’envoler.

Tous ces mots écrits

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Je les écris tous les jours. Les jours de doute. Et les jours de joie. Je noircis des pages d’eux. Des pages que je partage et d’autres qui n’existent que pour mon regard. Un souvenir se grave. Chaque regard, chaque sourire, chaque échange, chaque miracle. Je les regarde vivre, aimer, faire vibrer la corde sensible de mes sentiments. Si imprégnés d’eux. Ils sont mon refuge, mon rivage, ma terre ferme.

Je les ai écris, ceux qui ne sont plus. Des mots lus pour un dernier au revoir – des mots qui m’arrachent encore quelques larmes, celles des adieux auxquels on ne s’était pas préparé.

Je l’ai écrit, lui,  petit ange qui se pose sur le monde, mon monde, qui s’envole et vole au dessus des nuages, libéré de ces maux qui marquent au fer rouge.

J’ai écrit le premier amour. Pour accepter la séparation. Pour le laisser partir. Écrire pour guérir. J’ai écrit les suivants, sentiments platoniques, vérités tragiques. Pour ne pas oublier.

Alors toi aussi il fallait que je t’écrive, que je te donne vie dans une histoire qui porterait ton prénom. Il y aurait les vacances, nos souvenirs de gosses, la mer, les prémices de l’amour, la liberté de ces deux mois d’été. Puis il y aurait la fin – purement inventée. Tout comme les personnages et le deuil. Il n’y aurait que ton prénom et cette place au cimetière sur laquelle je m’arrête à chaque fois que j’y passe. Juste là, là où nos souvenirs communs convergent. Une histoire pour exorciser les démons. Et faire taire les fantômes de la nuit qui jouent avec les émotions de ceux qui restent.

Alors j’aurai presque fait le tour des mots écrits…

Sur les hommes de ma vie.

 

La mère que je rêvais d’être, celle que je suis et que j’accueille

Copyright Marie Kléber

Si je n’ai jamais rêvé l’enfant que tu serais, j’ai souvent rêvé la mère que je souhaitais être. Bien sûr c’était avant. Avant la maternité. Avant le quotidien et tout ce qui va avec. Avant toi et moi. Bien sûr ce n’était qu’un rêve et parfois je rêve encore.

Accepter qui l’on est n’empêche pas de vouloir s’améliorer. Et si il y a une chose que la maternité m’a apprise c’est bien celle-ci, qu’à chaque instant, en quelque sorte, je renais. A moi-même et à ce qui compose mon univers. A chaque instant, il m’est donné de choisir entre la manière dont je réagis et la manière dont je pourrais le faire si…je lâchais prise, j’acceptais ce qui se présente et surtout j’abandonnais mes idées de « perfection ».

Je sais le poids des mots et pourtant, encore, souvent, je me fais avoir. Je dis ce qui me passe par la tête. La fatigue, la colère, le ras le bol, la charge mentale d’une femme, d’une mère. Et tout fout le camp, bonnes résolutions et tout le toutim. Avant que je ne prenne du recul.

Je suis en perpétuelle évolution depuis toi, en perpétuel chemin. Je sais que rien n’est linéaire, que tout se construit jour après jour et que ce qui fonctionne une fois ne fonctionnera peut-être pas dans deux semaines. Tout est question d’ajustement, d’adaptation.

Parfois je me surprends à lâcher du lest. Parfois je suis dure et ça ne sert à rien. Je ne sais pas toujours poser les limites et parfois j’en pose qui n’ont pas lieu d’être. Parfois je me fais confiance et parfois seule dans cette tâche, je perds pied. Pourtant je chéris mes choix, mes pas, chacun  de ceux qui font de nous une famille, même si nous ne sommes que deux.

Certains jours sont plus compliqués, ma patience mise à rude épreuve – elle n’est déjà pas bien  développée ! – mes nerfs à cran, j’enverrai tout balader. Et puis tu me regardes et je reviens sur terre. J’arrête de rêver à ce que je pourrais être si j’étais différente et j’accueille qui je suis, avec mon lot de vulnérabilité, de force, avec mes doutes et ma capacité à transcender ce qui me bloque, avec ma colère et mon envie d’une vie équilibrée et heureuse. Pour toi et moi.

Une âme de magicienne

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  • « Abracadabra ». Je suis une magicienne ! Je suis la reine des fées et je vais de suite te transformer en…
  • Tu racontes vraiment n’importe quoi Violette.
  • C’est toi. Tu voulais que je te montre un truc extraordinaire et puis vlan tu casses tous mes plans en moins de deux secondes. T’es pas sympa.
  • Et t’allais me transformer en quoi exactement?
  • En éléphant rose !
  • Tu vois, tu délires encore. Les éléphants roses, ça n’existe pas.
  • Si, ça existe. T’y connais rien. T’es plus mon copain Hector.
  • Ah oui, et t’en as vu où, toi, des éléphants comme ça ?
  • J’en vois tous les jeudis, à 14h30 précises. Même que ma maman elle m’a dit que la tienne elle doit en voir aussi.
  • N’importe quoi !
  • Comment tu le sais ?
  • Si elle en voyait elle me l’aurait dit.
  • Et tu l’aurais cru ?
  • Oui. Parce que ma maman elle ne ment jamais.
  • Même pas vrai !
  • C’est toi qu’est plus ma copine !

Lucien et Violette se tournent le dos. Sur son lit, Violette s’en veut de lui avoir parlé d’éléphants roses. Sa maman, elle n’a pas dû lui dire qu’elle venait là, une fois par semaine depuis des mois. Après tout c’est vrai, la salle de chimiothérapie de l’hôpital, il ne la connait pas. Elle se penche vers lui, le prend dans ses bras, en murmurant « promis, je te montrerai la prochaine fois ». Il se retourne, avec sur son visage un magnifique sourire, en pensant tout bas que son amie a une âme de magicienne.  « Le tour est joué ! »

Ceci est ma participation à l’atelier d’écriture A vos Claviers #9, proposé par Estelle du blog L’atelier sous les feuilles. Le texte devait commencé par « Abracadabra » et se terminer par « Le tour est joué ! ». Pas évident du tout…