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Vague à l’âme

Il y a parfois, en moi, en chacun de nous, ces petits vagues à l’âme, cette mélancolie douce qu’on colle dans la case “tristesse”, comme pour se dire qu’on sait ce que c’est et que ce n’est pas nous. Surtout pas. Comme si il fallait être d’une façon, sans y déroger, toujours au contrôle alors que la vie prend des allures de course de vitesse et que nous ne sommes pas forcément prêts à tenir sur la distance.

Comme si il fallait pouvoir dire “moi je suis ça” alors même qu’on est plus, qu’on est tout et son contraire, qu’on ne sait pas toujours d’ailleurs qui l’on est à chaque instant. Se nommer sans cesse pour éviter le vide. Il faut dire qu’il n’est guère facile d’accès, qu’il laisse un petit goût amer en bouche, qu’on ne sait trop comment apprécier.

La tristesse n’est pas ce fléau, cette faille qu’il faudrait pouvoir colmater à tout prix. Elle peut être ce qui nous relie aux autres. Elle peut aller avec la joie. Elle peut être amie des jours heureux. Aussi. Mais on la traite comme si, comme si elle s’échappait du monde, comme si il ne fallait pas, surtout pas, la laisser entrer.

Alors on la classe et on dit des autres qu’ils ne sont pas, qu’ils n’appartiennent pas, qu’ils ne doivent pas, qu’ils devraient faire, être. Enfin qu’ils ne sont pas de ceux qui eux embrassent le monde. Alors même que les gens mélancoliques sont peut-être ceux qui sont pleinement à la vie, dans tout ce qu’elle a de beau et de chaotique.

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Le un, le rien, le tout

Credit Photo @mariekleber37

Là où il y a la tristesse, là où d’autres ne voient pas, il y a aussi la possibilité d’une guérison, transformation. Les chemins des uns ne sont pas ceux des autres. Les verres que nous portons, consciemment ou non, filtrent la lumière et les ombres. De vérité, il n’y en a aucune, sinon la mienne. Ou la tienne. Celle de chacun et celle de personne.

Là où il y a la tristesse, il y a aussi la joie, celle des jours de liesses et des plaisirs tous simples. Et pour qui ne connait pas les larmes, alors comment nommer les éclats de rire?

On ne s’échappe pas de la vie, on choisit parfois de prendre une porte dérobée, en pensant que par là, on évitera les creux, les ronces et tout ce qui pourrait ralentir notre marche. Mais alors on évite aussi les fleurs et les bosquets, les aurores aux allures de début du monde.

Là où il y a le chagrin, ce petit vague à l’âme qui transporte avec lui son lot de deuils et de doutes, il y a aussi le possible, le phare qui illumine la nuit, la chaleur d’un souffle ami, le tremblement de nos lèvres assoupies.

Vivons alors le tout, ce grand chaos en mouvement, cet équilibre précaire relié à l’éphémère de toute chose et même de l’être. Pour s’enivrer d’une main qui se pose et d’un regard qui nous frôle, il faut pouvoir accueillir ce qui nous déstabilise et ce qui nous euphorise. Un monde de l’un sans un monde de l’autre est un monde sans définition, un monde neutre où les plus belles émotions se retrouvent étiquetées.

Vivons ce qui vient et ce qui passe, dans un rythme qui nous glace ou nous soutient. Laissons l’instant être ce qu’il est pour puiser dans son étreinte l’essence de ce qui nous rend humains!

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Ma sensibilité +++

Photo by Jill Burrow on Pexels.com

Il faut savoir que je déteste le terme Hypersensible.
Hyper ça me fait penser aux Hypermarchés, ces magasins à taille inhumaine.
D’ailleurs Hyper ça exprime l’excès, le trop. Et moi, le trop, je l’ai tellement entendu que ça ne passe plus.
Trop sensible
Trop gentille
Trop timide
Trop réservée
Trop idéaliste
Trop rêveuse
Trop calme
Trop susceptible

Je pense que vous avez compris !
Je lui préfère Supersensible. Comme Superhéros. C’est quand même plus vendeur et ça fait moins penser à quelque chose de pas « normal », pas dans l’ordre des choses. Comme si il y avait un ordre des choses, mais bon là on part sur une autre discussion et ce n’est pas le but de cet article !

Sur le sujet, vous pouvez aller lire l’excellent article de Nina ICI. Il y a autant de supersensibles qu’il y a de couleurs dans l’univers !

La super émotivité : les montagnes russes en quelque sorte. C’est sûrement le plus dur pour moi à accueillir et à vivre. Je peux passer du rire aux larmes en 30 secondes chrono, je vis un mix d’émotions variées en peu de temps. Je suis à fleur de peau sans cesse, même si ça ne se voit pas le plus souvent. Je suis un peu comme le temps Irlandais !

La super empathie : c’est le plus difficile à expliquer, je crois que mes écrits parlent pour moi. Je ressens ce que les autres vivent, comme si je le vivais moi-même. Pendant des années ça a été extrêmement douloureux, je portais une souffrance qui n’était pas la mienne, pour rien. Et puis les mots sont arrivés et ils m’ont permis de libérer ces ressentis intérieurs.

La super sensibilité au bruit : je déteste les « tic-tac » , les portes qui claquent, les chamailleries d’enfants, les chats qui miaulent pendant des heures, les gens qui mâchouillent – je peux chercher pendant 1h la source d’un bruit qui me gêne – j’entends le chant des oiseaux même au milieu des travaux…

La super sensibilité au toucher : je fuis tout type d’étiquette sur les vêtements, les matières qui me dérangent – un frôlement et tous mes sens sont en éveil – je sursaute si on me touche par surprise – les chatouilles me font bondir – je suis très très tactile…

Et dans le désordre : j’ai les centres commerciaux en horreur, la foule, la chaleur, au bout d’un moment je vacille – je ne peux pas entendre parler d’une opération au risque de faire un malaise – je n’ai donc jamais participer de A à Z à un cours de biologie – je ne supporte pas les parfumeries, toutes ces odeurs me donnent la nausée, je pleure facilement même pour rien, les aurevoirs me submergent, j’ai besoin de temps sans bruit et sans lumière pour me ressourcer…

Pendant longtemps je n’ai pas saisi l’ampleur de ma sensibilité, tout simplement parce que je me suis toujours adaptée à mon environnement. Je savais que j’étais sensible mais pas plus que ça. On va dire que je passais plus souvent pour l’empêcheuse de tourner en rond, la susceptible, l’enfant difficile à cerner, à comprendre.
Il faut savoir que chez les supersensibles, le besoin d’être aimé et apprécié est quelque chose de fondamental. Donc autant se fondre dans la masse plutôt que d’assumer son « étrangeté » dans une société qui aime que les choses soient le plus lisse possible.

Entre le « trop » ou « pas assez », pas toujours aisé de trouver sa place, son équilibre.
Pourtant acceptons le, nous sommes tous spéciaux, uniques, particuliers. A nous de transformer ce que les autres voient parfois, souvent, comme un handicap, une faiblesse. A nous d’apprendre à nous aimer pour en tirer le meilleur.
Ma sensibilité est ce qui me permet d’entrer en contact avec le monde et pour moi c’est un des plus beaux cadeaux ! (même si parfois encore j’aimerai l’être moins!)

Réédition d’un article écrit en 2021

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Les derniers jours de 2021…

2021 touche à sa fin, vraiment. Ces derniers jours ont été quelque peu chahutés avec ce fichu virus qui s’est invité à la maison et nous a mis bien KO. Pour ma part, je m’en remets tout juste, je peux enfin faire deux pas sans avoir l’impression d’avoir couru un marathon. Et à part une nuit où j’ai cru ma dernière heure arrivée, j’enchaine 10 heures de sommeil sans la moindre coupure. Et puis comme on ne fait jamais les choses à moitié chez nous, sinon c’est pas drôle, le virus s’est pointé avec un tsunami d’émotions variées, certaines que j’ai pu nommer et d’autres qui sont parties dans les limbes des maux posés sur le papier.

Le cocktail “mental et hypersensibilité” ne brille pas par sa saveur irrésistible. On se saoule vite! Ces jours avec moi-même m’ont toutefois permis de faire une pause, pour regarder dans le rétroviseur, revenir sur les 12 mois de cette année, apprivoiser ma solitude, prendre soin de moi, aller à mon rythme, sans m’imposer quoi que ce soit. Encore moins d’être performante dans quoi que ce soit.

2021, une année variée, faite comme toutes les années de hauts et de bas, une année de points d’interrogation, de limitations mise en lumière, d’acceptation de moi dans toutes mes contradictions. Beaucoup de larmes pour venir à bout de ce qui me retenait et beaucoup de retours en arrière pour aller creuser là où le mal avait fait son lit depuis si longtemps. Retrouver l’enfant et l’apaiser pour pouvoir prendre ma place de maman, surtout.

Devenir maman a pris tout son sens en 2021, oser dire “non”, aimer en posant des limites, trouver un nouveau rythme ensemble. Ce chemin est plein de pierres et de fleurs. C’est une route qui se trace au jour le jour, sur laquelle je nous sais complices souvent et en opposition tout autant, sévèrement parfois. Nous avons appris à nous dire les choses, celles qui fâchent et celles qui font du bien. En cette fin d’année j’ai choisi de dire la vérité, que ce n’est pas simple de cheminer seule, de devoir faire avec cette troisième place vide, de ne pouvoir compter que sur moi-même et de me sentir bien impuissante à certains moments. Ca n’enlève rien aux jours de joie et à la chance d’être la maman d’un petit garçon au coeur si tendre!

Une année sous le signe de l’amitié, revoir les personnes qui comptent, rencontrer de nouvelles amies, découvrir ensemble, grandir, s’écouter, se motiver, s’émouvoir. Et sous le signe de la famille aussi, après des années d’errances, de non-dits, de blessures qui avaient mal cicatrisées. Retrouver le lien, loin d’un passé révolu.

Ce passé qui est venu jouer avec mes fondations, dans lequel j’ai cru me perdre à nouveau et face auquel je me suis choisie finalement. Me protéger avant toute chose. Et cracher ma colère, lâcher tout ce que j’avais retenu parce que ça ne se fait pas de détester quelqu’un. Ouvrir les vannes pour revenir à la vie, une fois de plus. Et accepter aussi que cette histoire (moche) fait partie de mon histoire.

2021 où l’année de la créativité, avec le Cercle des Muses, la reprise de la danse, la découverte du Yoga et de sa philosophie, le Tarot, l’Astrologie, et la poésie, qui a fait son grand retour dans ma vie. De la couleur, encore de la couleur.

Cette année aura aussi été marquée par une prise de poste, de nouveaux collègues et une confiance renouvelée. Ne plus passer des jours entiers à me demander à quoi je sers m’a libérée d’un poids. Je n’ai pas pour autant abandonner mes envies d’ailleurs mais je sais aujourd’hui que mon choix de sécurité est le plus juste pour nous deux.

Je pense que 2021 aura été l’année la plus “montagnes russes” au niveau sentimental. J’ai conscience que je ne me suis peut-être pas assez investie, que je me suis laissée happer par mes résistances, que j’ai préféré la fuite plutôt que d’affronter mes démons, qu’entre coeur et raison, ça a pas mal balancé! J’ai pris le parti de la patience, il y a eu de beaux moments, de l’écoute, du partage. Juste pas assez. Un jour viendra où il faudra sérieusement se pencher sur ma relation à l’amour, à l’engagement, au couple. Ce moment n’est pas encore venu – gardons en pour la suite!!

Avant de partir, merci à chacun et chacune d’entre vous, pour votre présence si touchante, si vivante, pour chacun de vos mots déposés ici. Vous lire c’est de la pure magie à chaque fois. Merci de m’écouter, de me comprendre entre les lignes, de me motiver à aller plus loin, toujours. Je vous souhaite une très belle fin d’année 2021 et je vous dis à très vite.

Sinon vous, votre bilan, ça donne quoi?

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Pour toi

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Je ne sais pas toujours te dire. Je me cache souvent derrière mes peines, mes angoisses. Je déteste les silences et pourtant je les laisse parler pour moi. Je me dis que tu comprendras et si tu ne le fais pas, tu partiras. Et alors j’aurai eu tort de croire que l’amour a tous les pouvoirs. Ca viendra ouvrir la blessure une nouvelle fois, celle qui depuis le début joue avec moi, celle de la cour d’école, celle des bruits des vacances, celle des rires en cascade dans la classe, celle de la salade de tomate, celle des clins d’oeil en douce, celle des mots qui cognent et des murs qui cachent, celle qui menace de révéler au monde ce que je suis et ce que je ne suis pas.

Je ne m’excuse pas, ou peut-être que si, d’être comme je suis avec ma quantité de points d’interrogation, mon besoin d’être rassurée, de me sentir en sécurité, avec mes chocs et mes bleus à l’âme qui se font moins troublants mais qui restent comme autant de lames prêtes à danser sur ma peau nue, quand ma bulle se fendille, quand tes pas se font lointains.

Mes blessures ne disparaitront pas, j’ai cru à tort que je pouvais, par le seul pouvoir de ma pensée les reléguer dans un coin éloigné du temps. J’ai perdu de précieuses années à tenter de les étouffer. Je dois juste accepter qu’elles font partie de moi. Un peu comme la peur ou la nostalgie. Lutter contre ne fait que leur donner plus de force.

Je voudrais ne te dire que l’amour, ce qu’il creuse en moi, ce qu’il desserre de nœuds, ce qu’il insuffle de vie, ce qu’il m’offre de confiance, de joie. Je n’y arrive pas tout le temps. Alors je me replie comme pour étouffer mes maux. Je redeviens une enfant fragile qui dans le sommeil tente de se cacher, pour fuir la folie qui fait son lit dans le creux des jours.

J’écris, j’écris pour venir à bout de ce qui me retient, pour oublier les destins liés et le coeur trouble. J’écris pour me souvenir de la douceur de tes mains et la chaleur de ton sourire, pour ne pas oublier que c’est ce qui dans la balance pèse plus lourd que ce qui m’oppresse. J’écris pour comprendre pourquoi cette liesse puis pourquoi ce vide soudain.

J’écris pour les mots que je ne sais plus dire, pour ce qui reste un mystère, pour graver quelque part le bonheur, pour ne pas le laisser partir. J’écris pour garder de la substance quand tout s’évanouit. Et qu’il ne reste plus que des yeux humides pour dire les émotions, ma main qui cherche la tienne pour m’assurer que tout cela est bien réel.

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Sortir la Colère

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J’ai tourné un peu autour du sujet, j’ai trouvé plein de prétextes. J’avais l’impression que j’avais tout dit, tout écrit. Et puis j’ai craché la peur. Je ne m’en cache pas. Et puis j’ai dit la colère. Finalement, c’est encore là, bien caché, ça existe encore.

En le disant j’ai même compris que ce serait toujours là, quelque part. Les souvenirs s’atténuent, la colère s’apaise, la peur ne me paralyse plus. Ca reviendra par vague, par moments, comme un rappel de ce que j’ai vécu, de ce que j’ai dépassé, de ce que j’ai trouvé de force en moi, de ce qu’il y a de faiblesse aussi.

J’ai posé les mots, les mots qu’hier je retenais prisonniers, comme pour exorciser la douleur, pour raser de la surface de la terre ces quelques années de violence. J’ai cru encore être sous cette emprise féroce, mais non, c’est juste un costume que je porte parfois, celui de cette petite femme fragile, abasourdie par le chaos, déracinée, dont le cœur a explosé en mille morceaux, que son corps ne porte plus.

J’ai lâché la colère et j’ai admis qu’il n’y aurait peut-être pas de pardon. Elle m’a dit que ce n’était pas nécessaire et j’ai laisser les conseils des autres s’évanouir dans l’air. J’ai fini par pardonner d’autres situations, alors peut-être que le temps. Ou pas. J’ai d’autres choses à construire.

J’ai dit l’intérieur de moi, plus facilement qu’hier et c’est déjà un grand pas. C’est un peu l’histoire de ma vie, m’estimer, m’affirmer, m’exprimer. Je vais laisser la colère sortir, pas à pas. A mon rythme. Je vais l’accepter aussi, ce n’est pas toujours facile! Je vais l’accueillir comme il se doit, elle a tous les droits d’être là.

Un chantier qui se termine. Le prochain je le pressens mais je le laisse en jachère. J’ai besoin de repos, un peu moins de questions, un peu plus de souffle, comme à la fin d’une course. Il sera toujours temps de s’y coller un jour. Un jour…

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L’empreinte d’août

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Les mois ont leurs empreintes. Echos multiples riches de souvenirs. Les mois se parent des couleurs de nos émotions. Ils sont fragiles à bien des égards et savoureux aussi. Les mois filent au gré des évènements qui construisent nos vies.

Août a le goût de toi. Le goût des premiers pas hors d’une zone protégée, armure portée pour ne pas flancher. Un regard pour effacer des hypothèses. Août a ce parfum féérique d’un temps qui se met en pause et d’une pause qui dure sous un soleil éclatant. Août a ce goût de liberté, surprise au creux des mains que je ne cesse de contempler. Même au milieu des doutes, c’est août qui revient, sa lumière, ce sentiment d’appartenir à un autre univers, un cocon dans lequel il n’y aurait rien d’autre à faire, qu’être.

Août c’est toi, que le soleil soit de la partie ou pas. Il n’y aura jamais assez de mots parce que les mots ne peuvent tout dire. Et c’est peut-être aussi bien comme ça.

Août a une saveur particulière chaque année, une année de plus sur le calendrier, une année qui se déploie avec majesté. Avec toi. Dans un coeur à coeur qui me laisse sans voix.

J’ai accueilli août dans un frisson. Celui de ta main qui se pose sur ma peau. Me voilà rendue à la vie, fragile. En équilibre je reste, comme au dessus du vide. Il y a cette évidence, mais il y en a eu d’autres alors j’esquisse un pas vers toi, retenue par mille fils invisibles. Toi, tu sembles voir au-delà et c’est au contact de ton audace que la mienne doucement se dévoile.

Août, à quelques jours de la rentrée, comme une bulle dans laquelle je peux me poser, profiter de toi, retrouver la sensation exquise d’un partage, la douceur de ta peau, la tendresse de ton regard, le manque qui s’éclipse, cette force que tu me transmets juste en étant là.

Août comme un départ léger, un temps sans questionnement. Se souvenir et puis se taire. Pour apprécier ce qu’il est donné de vivre.

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Retour d’été

L’été est passé. Ou est-il seulement arrivé? La question est sur toutes les lèvres, à l’heure où des milliers d’hommes et de femmes se battent pour survivre, vivre un jour de plus au milieu des décombres de leurs vies.

N’avons-nous donc aucune honte à scander haut et fort un droit quelconque à une liberté qui en laisse tant sur le carreau à chaque souffle posé par nos corps en bonne santé?

Je ne vais pas rentrer dans des débats. Ils sont souvent improductifs. Et puis il y a bien assez de voix comme ça autour, toutes ces voix que j’ai laissé derrière moi pour trois semaines de vacances. J’ai laissé celles d’ici et celles d’ailleurs pour revenir à l’essentiel, toujours. En souhaitant que cet essentiel ne soit pas perdu de vue, une fois de retour au quotidien.

Le soleil a joué les discrets cet été. Nous avons composé de nouvelles partitions, tristes parfois de nous réveiller sous le brouillard, nostalgiques des journées à la plage, satisfaits d’être là, ensemble, de nous retrouver après des mois d’errances, riches d’un lien qui semble parfois fragile, qui est bien plus fort que tout ce que nous pouvons imaginer. Confidences partagées et petits déjeuners briochés. Nuits d’étoiles filantes à souhaiter d’autres étés pour contempler le ciel, l’horizon et ses promesses.

Retrouvés aussi les embruns et l’eau salée, les galops à en avoir le souffle coupé, l’alliance subtile de la fraise et du basilic, les parties de pétanque jusqu’au coucher du soleil, Pagnol sous l’oreiller, les rires qui caracolent sur les chemins, vivre aujourd’hui sans penser à demain.

Un été d’amitié, celle qui, contre vents et marées, résiste. Celle des secrets murmurés et des souvenirs en pagaille, celle qui gagne toujours, rassure, celle qui accueille et ne juge pas, celle des premiers pas et des déchirures, celle qui sans cesse nous colle à la peau, celle qui embrasse tout ce qui se dit et ne se dit pas.

Je reviens d’un été qui ne ressemble pas beaucoup aux autres, un été comme un passage. J’ai laissé mon manuscrit, ses maux en prose. Je reviens avec d’autres envies.

Et vous votre été? Il avait quelle couleur? Quelle odeur?

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Fidèle

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Hier, j’étais belle. Magicienne, fée aux multiples pouvoirs. J’apaisais les cœurs esquintés. Souveraine de mes pensées les plus indiscrètes. Je savais donner, donner, donner. Si bien donner que j’y ai perdu ma sève.

Hier, j’étais amante. Etoile filante dans le ciel de tes nuits. Un morceau d’atmosphère en tenue de bal. Je m’enroulais sensuelle dans les plis de draps imaginaires. Tu épousais d’un regard les courbes de mon corps, blessé, aux cicatrices invisibles.

Hier, j’étais gardienne d’un secret, de ceux qui serrent un peu le cœur et font danser l’âme, qui se fiche bien du bien et du mal, qui a raison ou qui a tort.

J’ai existé. Dans le toucher de ta peau. Dans l’énergie de ton souffle. Dans la passion de ton étreinte. J’ai existé. Dans le vertige de tant de “il ne faut pas”. Dans la confiance de tout ce qui ne se dit pas.

Hier, j’étais femme aux milles voiles et fantaisies. De soie et de saphir. De lianes et d’or. J’étais le désir incarné, qui se consume en silence, par crainte de l’exubérance, à la limite de la folie. Tu m’as libérée de ce fardeau porté comme un sanctuaire à ne pas offenser.

J’ai existé. Dans tout ce qui a été donné. Généreusement. Et pourtant je me suis oubliée. J’ai oublié que j’avais ce pouvoir moi aussi de me ramener à la vie. Je n’ai jamais voulu que tu sois le pilier, le garant de ma sécurité intérieure, le gardien de mes rêves. Je ne veux pas que tu sois mon réconfort ou mon rempart. Comme une bouillotte les soirs de cafard.

J’ai oublié ma voix dans le tumulte des autres, dans tous ces yeux interrogateurs qui se demandaient pourquoi. Dans toutes ces vies bien mises qui ne comprennent pas. Moi, je veux vivre jusqu’à l’épuisement. Je ne veux plus entendre que je le mérite ou pas. Je veux retrouver le contact chaud de ta peau et la complicité, je veux me foutre du temps qui passe, amarrée à la saveur fou d’un instant avec toi. Le reste, ce sera pour une prochaine vie!

Nous ne pourrions pas vivre ensemble, nous le savons depuis le commencement. C’est sûrement pour cette raison que nos chemins se sont croisés, que nous avons fait ce choix, même inconsciemment. Parfois, je voudrai avoir les mêmes envies que les autres, pour ne plus me sentir si différente. Si souvent.

Reconquérir mon identité, ma place, dans cette vie. Une priorité. Celle que j’ai choisi d’honorer. Tout amour est une prise de risque. Peut-être que demain nous aurons pris d’autres chemins. Je ne veux pas que ce soit par défaut. Par dépit, parce que quelque part j’aurai, une fois de plus, laissé à d’autres, le pouvoir sur ma vie.

Oui je me suis manquée de respect bien souvent. Même avec toi. Pour quelques minutes, parce que je ne savais pas. Ou plus. Parce que j’avais peur. Parce que j’avais froid, j’avais perdu la conscience de qui j’étais.

Retrouver ma voix dans le chaos du quotidien, dans le manque fulgurant, dans l’inconfort. Laisser la peur filer. Reprendre ma plume pour exorciser les démons et faire vibrer la force de ce qui est. Ca ne durera peut-être pas. Je ne veux pas de liens, de ceux qui attachent. Je veux la liberté, tout en sachant qu’elle est parfois souffrance et chagrin, pour un cœur si peu habitué. L’avenir est à ciel ouvert, rien n’est écrit. L’avenir même en CDI a une part d’incertitude. Aucun engagement ne fait le poids.

Si j’en fais un, c’est celui de rester fidèle à moi même. Désormais.

Posted in Carnets de route, Tout un poème, Variations Littéraires

Vague(s) E-maux-tionnelles

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Face à la vague vertigineuse
Les secrets explosent
Le cœur se pose
Sur une hypothèse scandaleuse

Face à la vague vertigineuse
Le corps implose
Le cœur se décompose
L’ombre joue les entremetteuses

Face à la vague vertigineuse
Les blessures s’exposent
Le cœur se livre en prose
La mort en intraveineuse

Des émotions
Comme des glaçons
Qui percutent la raison

Des traces
Comme des menaces
Qui perforent la glace

Autant de saisons
Vide, chute, abandon
Mourir à soi-même
Laisser passer la haine

Laisser aller la peine
Renaitre à soi-même
Vide, lumière, ascension
Retrouver la passion

Posted in Atelier Ecriture L'Atmosphérique

Challenge Ecriture #18

Qu’est-ce que cela ferait des projets ?

Projets de cœur, débattus au creux de la nuit, au dessin de l’aube.
Aube nouvelle, vierge de connaissance, de savoir.
Savoir que l’on se lèvera, un jour prochain, dans quelque habitude.
Habitude chérie, non de celle de la routine bien huilée, mais plutôt un temps comme un repère.
Repère, un phare, une lueur, une histoire.

Histoire de dire, histoire d’écrire une fin qui ressemblerait au début.
Débuts prometteurs, dans lesquels on oublie ce qui a le pouvoir de nous faire épouser une réalité que l’on tait, un secret.
Secret du cœur, corps en liesse, silence sur ce qui laisse des traces comme des éclats.

Eclats de vie qui doucement s’évaporent au gré d’un temps qui ne nous appartient pas.
Pas à pas, faire la lumière sur ce qui n’est pas, sur ce qui est juste.
Juste de quoi s’interroger sur les raisons d’une vie choisie, sans avenir, sans projet…

Retrouvez les autres participations ici: Chez Marie, Chez Mébul, Chez Josée

***

Pour la semaine prochaine (#19), je vous invite à faire une liste de 20 titres de chansons que vous aimez ou connaissez. Puis d’écrire un texte en intégrant ces titres! Bonne fête de la musique!

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Huit ans et quelques mois

Cela fait maintenant 8 ans et quelques mois que nous nous connaissons. Un peu plus si l’on compte ces mois de communion presque parfaite, ces mois en osmose dans une sorte de bulle baignée de lumière, avant le crash.

Huit ans et quelques semaines. Beaucoup de peurs et des heures de doute. Des larmes aussi, de quoi inonder l’espace. Des minutes obscures à se demander à quoi bon, à qui bon continuer, à quoi bon essayer. Des jours douloureux, des matins à ne plus savoir comment vivre sans cris, des soirs à guetter ton sommeil pour pouvoir m’écrouler, le corps pris de tremblements, le coeur en miettes et l’âme en peine.

Huit ans d’émerveillement aussi, de tes premiers pas à tes premiers mots, de tes premiers sourires à tes premiers coups de coeur, de tes premières fois suivies de secondes tout aussi touchantes.

J’ai souvent écrit combien je ne me sentais pas à la hauteur de ma tâche de maman, combien je me sentais lasse, vide, vidée, à cran, perdue, angoissée. J’ai souvent écrit la solitude, l’impuissance face à ton chagrin, tes peurs, ta sensibilité aussi exacerbée que la mienne, ta colère, ta rage. J’ai toujours écrit avec sincérité ce chemin de vie, choisi, pas toujours aisé, fait de hauts et de bas, d’envies de tout envoyer valser, de chaos et de tendresse mêlés. L’amour dans toute sa complexité.

J’ai voulu être une mère “parfaite”, celle qui n’existe pas! Tout gérer de main de maître, comme une sécurité, comme pour me dire que j’étais capable d’être ta maman. C’est pourtant ce qui m’a le plus pesé, enfant, cette maitrise des choses et du temps. C’est ce que j’ai copié, loin de me rassurer, ce modèle n’a fait que me terroriser.

Je t’ai écouté sans pouvoir répondre à tes demandes. Je t’ai écouté, je t’ai regardé évoluer, grandir, devenir un petit garçon. J’ai essayé tellement de fois le fameux lâcher prise, je me suis souvent plantée et la colère est revenue, comme une amie fidèle, manipulatrice, inquisitrice, destructrice.

Huit ans et quelques mois et voilà que doucement je prends ma place, tu prends la tienne, nous nous tenons l’un et l’autre dans un espace qui se vide de tristesse et se remplit d’allégresse. On dit que les épreuves nous rendent plus forts, je dois avouer que les nôtres nous ont fragilisés, nous ont rendu méfiants. Elles nous ont secoués et ont laissé des cicatrices que le temps seul à le pouvoir d’apaiser, pour peu que nous le laissions faire.

C’est à la joie et au présent que je m’en remets aujourd’hui, dans notre complicité et ce lâcher prise qui est arrivé sans que je le décide, comme si tout avait une raison d’être, comme si tout arrivait à point nommé. Peut-être bien que ce retour à moi aura été le point d’ancrage de cette relation qui s’épanouit, dans un mouvement permanent. J’accepte le déséquilibre et je pose davantage mes limites, ne craignant plus de ne pas en faire assez.

On s’apprend avec plus de rires et moins de contraintes, juste des règles de vie, celles que je définis pas à pas et qui te correspondent aussi. Cette vie à deux commence à avoir des reflets argentés et nous en avons tous les deux conscience. Comme quoi il faut toujours s’accrocher, la vie a des ressources insoupçonnées!

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Je sers à quoi?

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Maman, je sers à quoi, moi?

On a dépassé l’époque des pourquoi. Si éreintants, si rassurants pourtant. Les “comment” arrivent et les questions sur le sens des êtres et des choses.

Si j’avais été honnête, je lui aurai répondu que je me pose souvent la même question. Comme celle de la vie en grand terrain de jeu et si tout cela n’était qu’un grand rêve qui dure un peu plus longtemps que les autres?

On peut parler de fatalisme, mais soyons sincères pour une fois, l’homme ne sert à rien. Ses questions de petit font avancer mes réflexions de grande. Et d’un coup tout est devenu limpide, liquide, comme de l’eau, façonnable à ma guise.

Et si la question en fin de compte n’était pas à quoi je sers? mais qui ai-je envie d’être dans cette existence? Qu’ai-je envie de tester, d’expérimenter, de partager, de vibrer? Quel est le sens que je souhaite donner à mon passage ici?

Alors je lui ai dis que ni lui, ni moi, n’étions en vie pour servir à quoi que ce soit. Mais que nos actions, nos pensées avaient un impact. Que lui, dans ma vie, il avait dissipé les ténèbres, qu’il avait apporté une belle lumière et que le noir doucement s’était éclipsé.

Je lui ai dit que tout était question d’intention, de ce qu’on mettait, chacun, chacune, dans nos paroles et nos actes. Que c’est ça au fond qui faisait la différence.

Il y a un mois de ça, je m’effondrais littéralement en séance de sophrologie, incapable d’aligner deux mots, empêchée dans toutes mes réflexions, mes questionnements sur le sens de tout, à fleur de peau fois 1000, tétanisée par cette sensation de patauger dans des sables mouvants, sans pouvoir retrouver le fil. Tant que personne n’appuie là où ça fait mal, tout va bien. C’est quand il faut faire face aux questions qui dérangent que la tension faut sauter ce que l’on pensait être solide.

Et puis, là, avec cette réflexion tout me parait aller de soi. Comme quoi, oui, nos enfants nous font aller plus haut, plus loin, même si c’est déstabilisant et que ça nous file le vertige!

Ceci n’est que ma vérité, vous pouvez ne pas la partager. Ceci n’est que ce qui me semble logique, là, maintenant et qui me permet de poser un pas sur le chemin, un pas plus sûr et serein, en direction de moi et de la vie que je veux.

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Challenge Ecriture 11

Je me trouve là, dans cet endroit désert, le silence tout autour, tout juste troublé par le bruit de la nature, sourd. Je l’attends.

Mai 2007

Elise et moi adorons cet endroit, reculé, loin du monde, ses interdits, ses murs hauts et son histoire à inventer. Une vieille maison bourgeoise que certains disent hantée. Ses fantômes doivent nous aimer pour toujours nous accueillir avec le sourire. Nous sommes riches d’une histoire aussi douce qu’un fleuve tranquille. Cinq ans, cinq ans d’un bonheur sans nuage qui fait dire à certains que ça ne durera pas, qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas comme il faudrait. Elise et moi nous nous aimons comme au premier jour.

Mai 2014

Elise et moi, nous pensions que tout irait toujours. Pourtant c’est à cet endroit précis qu’elle m’a posé une question, à laquelle je ne m’attendais pas du tout, “Toi et moi, on va où?” En tournant les yeux pour échapper à la réponse, je me suis retrouvé devant un mur, un grand mur couvert de tâches rouges. Était-ce l’œuvre d’un peinture fou, plein de rage? Ou bien le sang de quelque squatteur passé à tabac? Je ne me suis pas approché. Le mur et sa réponse étaient terrifiants. Elise est repartie sans un mot et cet endroit chéri est devenu maudit.

Mai 2007

Elise et moi nous aimons mal. Comme beaucoup. Nous ne le savons pas, comme beaucoup. Nous ignorons les signes, les petits grains de sable, nous avons pris des habitudes de vieux couple même sans vivre sous le même toit. Nous faisons moins attention. Elise entretient une relation ambiguë avec son ex. Et moi avec mon boulot. Mais tout est beau sinon. Tout est lisse. Tout est envie et plaisir. Pas de belles promesses ni de projets d’avenir. D’ailleurs pourquoi il faudrait des projets? Pourquoi il faudrait s’engager? Elise et moi sommes sur la même longueur d’onde, nous marchons côte à côte sans but. Ca nous convient.

Mai 2014

Elise voulait autre chose et je ne l’avais pas vu. J’avais compris trop tard. Je lui en avais voulu, bien sûr, et puis je lui avais reconnu le courage d’avoir mis fin à cette histoire, non dénuée de sentiments, mais vouée à un “à peu près” qui n’était juste pour personne. Si bien que quand j’ai rencontré Sarah, je savais que ce serait différent, que ce serait plus fluide. Sarah et moi, c’était les montagnes russes, au moins là, personne n’y trouvait à redire. Sarah tenait à son indépendance et cela m’allait bien, un peu désabusée par ses précédentes expériences, elle ne souhaitait pas tirer de plans sur une potentielle comète. Sarah adorait les balades improvisées dans des lieux reculés. Ca nous faisait un point commun!

C’est elle qui m’avait donné rendez-vous là, dans cet endroit. J’avais ressenti comme des frissons à l’idée de revenir sur la scène d’un drame. Le mur était désormais blanc. Des couches pas très uniformes, qui donnait au lieu un cachet médical. C’était peut-être ici que les autopsies de mes amours étaient vouées à se tenir. J’avais peur, peur que Sarah me pose la même question, peur de me prendre le mur une fois de plus. Non, c’était impossible, Sarah et moi, c’était du solide, une histoire qui tenait la route. Je n’avais pas fait les mêmes erreurs qu’avec Elise. Je commençais à faire un petit tour d’horizon des derniers mois, histoire de me rassurer. A Sarah, j’avais même proposé de vivre ensemble, faisant fi de mes angoisses. A Sarah, je disais les choses, même celles qui me paraissaient ridicules. A Sarah, j’offrais des voyages. Nous étions plein d’idées nouvelles tous les deux!

Dans cet espace comme mort, tout juste maintenu en vie par la faune, la flore. La nature pousse et repousse les frontières du mystère. Je l’attends.

Retrouvez les participations ici: Chez Mébul, Chez Sweet Things, Chez Josée, Chez Justine

***

Pour la dernière semaine sur le thème de la musique, je vous propose de la musique classique, la 9e symphonie de Beethoven – 3e mouvement. Les règles sont les suivantes: écrire un texte (pas de poésie) à la première personne du singulier. Le texte ne devra pas parler de la musique en elle-même mais de ce qu’elle évoque pour vous, ce qu’elle fait naître comme image(s) et émotion(s).

Posted in Tout un poème, Variations Littéraires

Je suis…

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Je suis le sang mêlé au souffre
La flèche qui transperce le cœur du guerrier
Je suis la haine au bord du gouffre
La déchéance, l’inhumanité

Je suis la bombe larguée
Au dessus d’une ville en pleurs
Je suis le silence terrifié
L’innommable et insondable peur

Je suis celui qui viole
Et celui qui pille
Je suis celle qui s’immole
Ces enfants qu’on assassine

Je suis les ténèbres capricieux
La mort qui crie
Je suis le caprice ténébreux
Le bourreau et ses furies

Je suis le vide et le plein
Sans arrêt en mouvement
Je suis le néant assassin
Le chaos entêtant

Si je ne suis que ça
Je disparais
Entité fragmentée
Je me dissous dans l’air

Je suis la résilience
Le sourire de l’enfance
Je suis le merveilleux en transe
L’ idéaliste espérance

Je suis la lumière dans la pénombre
L’or pur au pays des nombres
Je suis la voix derrière les ombres
L’amour qui devient onde

Je suis l’affirmation
L’émotionnel en action
Le corps livré à la passion
L’esprit de l’illumination

Je suis la confiance
L’être en pleine conscience
Le Divin sans obsolescence
Je suis l’ère de l’évanescence

***

Il est, selon moi, impossible de vivre sans toutes ces parts. Nous ne sommes jamais tous blancs ou tous noirs. Il y a en nous ce que nous aimons et détestons chez l’autre. Ce dernier agit comme un miroir, à nous d’avoir les yeux pour voir!