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Les hommes ne pensent qu’à ça!

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Je n’aime pas du tout cette phrase!

Premièrement pour le “ça”, comme si la sexualité n’était que ça, un truc dont on ne parle pas, un truc pas si net au final. Comme si la sexualité était encore un mot, un sujet tabou. On a beau me dire qu’on a évolué, pas tant que ça finalement!

Deuxièmement pour le “ne pensent qu’à”, une autre façon de dire “obsédé par”. Et l’obsession c’est un peu comme le sexe, ça n’a pas bonne presse! Et pourquoi ne pensez qu’à ça serait si mal? Après tout, dans cette vie, rien ne nous appartient sinon notre corps. Nous naissons avec et nous partons avec.

Regardez un enfant vivre et vous verrez que chez lui tout est lié à la pulsion sexuelle (si chère à Freud). L’enfant vit dans son corps, c’est d’ailleurs son terrain de jeu favori. C’est à travers ses sens, ses sensations, son plaisir, son désir, sa créativité qu’il s’épanouit, qu’il s’apprend.

Troisièmement pour “les hommes”, comme si nous les femmes nous étions hors jeu. Comme si la sexualité ce n’était qu’un truc purement masculin. Alors que, soyons clairs, la sexualité c’est quand même la base, le début et la fin, la naissance et la mort, notre énergie vitale, notre souffle sacré, notre force créatrice. Tout part de là. La femme comme l’homme a du désir, la femme comme l’homme se masturbe, la femme comme l’homme jouit.

Dans ma vision des choses, tout est sexuel, parce que le sexuel est vie. J’ai passé des années à me faire des tas de nœuds au cerveau et des années à tenter de me détacher de cette idée, parce que je pensais que c’était mauvais. Bah oui, “les hommes ne pensent qu’à ça”, ça fait un peu animal, bestial quand même. Et nous les femmes, on nous inculque dès notre plus jeune âge le “prendre soin”, le “maternant”. Or la mère c’est la douceur, le rose layette. C’est rarement la femme fatale ou l’amante, en guêpière! Même si on est d’accord les deux sont compatibles. Mais s’affranchir des modèles et conditionnements, ça ne se fait pas en 1 jour!

Le monde a beau avoir évolué, le sujet reste, je trouve, encore assez marginal. On en rigole ou on l’évite. Bien sûr, la parole se libère. Notamment avec la “nouvelle pornographie, qui n’est plus réservée aux abonnés de Canal + le dimanche soir, et qui a ses vertus (on parle plus souvent de ses vices) , le marché des “sex toys” (ou quand la sexualité devient ce qu’elle a toujours été, ludique! ), l’inclusion de pratiques sexuelles variées (on pense ce qu’on veut de “cinquante nuances de grey” , ça a eu le mérite de montrer qu’il existait autre chose et d’une certaine façon de stimuler nos sens).

Pourtant je suis toujours aussi effarée quand j’entends un parent dire à un enfant de deux ans, qui se caresse, “arrête tout de suite!”. Je suis toujours abasourdie quand je vois la violence de certains sur le sujet de l’homosexualité, de la bisexualité et autres.

Pour moi tout est sensuel, tout est érotisme, pas seulement dans la rencontre à l’autre. Notre corps en lui-même est cette source de plaisir, nos cinq sens, notre joie, notre intuition, notre inspiration, notre respiration. On pense toujours sexualité et couple mais la sexualité existe en soi.

J’ai moi même longtemps été déconnectée de mon corps, j’y reviens doucement. Je me demande souvent comment quelque chose de naturel est devenu si codé, comment quelque chose d’inné a perdu de sa spontanéité. Je crois que la connaissance individuelle de son corps, de ce qu’il exprime, de ce qu’il ressent est essentielle. Je sais aussi que cela peut-être douloureux, que cela peut prendre du temps. Mais que sans ça, nous perdons une certaine connexion primordiale avec le vivant en nous. Je pense que c’est quelque chose que je développerai dans un autre article…

Vous en êtes où vous, de votre corps, de vos envies, de votre sexualité, de la sexualité en général?

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Une et Plurielle

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Quand ses mains se font les messagers d’une histoire à conter
Qui débute au crépuscule d’un mystère à dévoiler…

Elle s’ouvre à la puissance de son désir
Gourmand, puissant, vulnérable, presque animal
Elle, dont les sens captent l’essence de ce qui se trame derrière les persiennes
Le voile dont elle se couvre n’aspire qu’à être levé

Elle se plaît à penser à ce que serait le monde si…
Toutes les mains ressemblaient aux siennes
Tous les hommes aspiraient à écouter, offrir autant

Elle se plait à imaginer ce que serait le monde si…
Chacun laissait s’exprimer son corps
Libre de tout code et libéré de tout principe

Elle se plait à envisager ce que serait le monde si…
Chacun aspirait au “je” à l’intérieur du “nous”
Sans jalousie, en toute confiance

Elle se plait à visualiser ce que serait le monde si…
La séduction était partout, en tout
En tout être, en toute chose

Elle sait que derrière les portes closes
Une autre histoire s’écrit parfois

Mélange d’habitudes
De temps calculé
Sensation d’étouffement
Impression d’être acculé
A une fidélité qui emprisonne

Alors quand elle se cambre et jouit
Elle est une et plurielle
Un cri dans lequel se tiennent
Les femmes du monde avant l’éveil

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De la sexualité et du plaisir (sans culpabilité)!

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Je ne sais pas si vous avez remarqué mais souvent quand on parle de sexualité, la notion de culpabilité n’est pas bien loin. Je me suis toujours demandé pourquoi?
Oui pourquoi on se sent coupable pour quelque chose de si naturel.

Il y a sûrement une part d’histoire, de “conventions”, de religieux, une question de morale. Je ne vais pas vous dire que je ne me suis jamais sentie coupable, ni d’avoir du désir, ni d’exprimer mon plaisir. Loin de là. Je peux même dire que pendant longtemps j’ai vu ça comme quelque chose de “pas normal”, voir “vicieux”.

Voilà ce qu’on en a fait, au fil des générations, on a transformé la sexualité, on a fait de cet acte profondément humain quelque chose de profondément malsain.

A tel point que quand on pose la question, on se rend compte que c’est un sujet que beaucoup de gens évitent. Il est passé sous silence, vu comme tabou. On n’en parle qu’à demi-mots et on juge rapidement ceux qui s’expriment librement.

Et pourtant la sexualité est partie intégrante de notre identité. Elle est liée à notre corps et comme c’est tout ce que nous possédons sur cette terre, dans cette vie, autant l’honorer, non!

La sexualité commence par soi. Puis bien entendu prend en compte l’autre. Face à quelqu’un qui conçoit la sexualité comme quelque chose de sale, qui doit être caché, il y a fort à parier pour que l’épanouissement recherché soit fortement remis en question. Mais heureusement il y a des personnes pour qui les mots “désir”, “plaisir”, “partage”, “jouissance”, , “orgasme”, “toucher” et j’en passe veulent dire quelque chose et quelque chose de fort. Ce qui laisse la place à un vaste champ de possibles.

Je considère que la sexualité est un terrain libre dans lequel les codes n’existent pas, où seules les règles qui sont les vôtres (et elles diffèrent d’une personne à l’autre) priment. Le reste est découverte, expérience. Alors sentez-vous libres de vous faire du bien!

Nos corps sont nés pour le plaisir, si ce n’était pas le cas, nous ne ressentirions rien au contact de soi, de l’autre. Pour certains, ce plaisir ne serait présent que pour nous tester. Mais tester quoi? Il est temps d’en revenir de cette idée de sacrifice. Remplaçons là pour l’idée de plaisir! N’est-ce pas cette notion qui nous pousse en avant et nous donne envie de vivre, encore et toujours plus passionnément!

Vivez, respirez, osez! Faites confiance!
Apprenez votre corps et celui de l’autre! Nous n’en avons jamais fini de nous découvrir…
Soyez prêts pour une expérience sensorielle sans précédent!
Le plaisir est joie.
Explorez vos peaux, vos fantasmes. Jouez avec vos préférences, vos attirances. Essayez des choses, ne jugez rien, ni “bien”, ni “mal”. On se découvre parfois dans des expériences qui dénotent complètement avec ce que nous pensions être et vouloir. On se sent libre parfois en étant soumis à un autre désir que le sien.

Ne laissez plus la peur vous contraindre, mais devenez des êtres épanouis et heureux!

Est-ce que vous vous sentez prisonniers du duo “sexualité / culpabilité”? Ou est-ce un sujet facile pour vous? Ou bien c’est quelque chose que vous avez ressenti puis dépassé?

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L’intimité du cœur et l’intimité des corps

Nous sommes intimes. On s’aime. Et dans cet élan-là, nos cœurs s’accordent autant que nos corps.

Dans nos cœurs, les sentiments gonflent et se gorgent de la sensation d’amour. On n’a pas su quand ni comment tout a commencé. C’est juste une évidence, un bonheur qui grandit au fil des rendez-vous que nous partageons, tous ces moments dans lesquels nous nous sentons bien l’un avec l’autre.

Dans nos corps, c’est l’effervescence. On se cherche, on se désire, on se veut entièrement, sans artifice. Tout le temps. On se livre, insatiables, on s’abandonne au désir de l’autre, on se laisse emporter par l’extase, on jouit la peau en sueur et un sourire au bord des lèvres, qui résume tout ce qu’on ressent, à cet instant.

L’intimité du cœur n’appartient qu’à nous.

L’intimité du corps peut se livrer à d’autres intimités, cela ne changera rien. Ce qui changera c’est qu’on partagera différemment, on s’offrira dans un ballet qui mettra tous nos sens en éveil, on se donnera aux regards, aux mains, aux bouches des autres en se regardant dans les yeux. On prêtera nos regards, nos mains, nos bouches à d’autres corps. On goutera au plaisir de n’appartenir à personne qu’à nous-mêmes et dans cette liberté on s’offrira sans interdit, ni barrière. On se sentira libéré des peurs, des amalgames. On se découvrira dans un rapport à l’autre fait de gestes qui font du bien, sans jugement. On découvrira l’autre dans un désir plus fougueux. On renversera tous les « on dits », toutes nos fausses croyances, on fera fi des tabous et autres insécurités. Puis dans la confiance, face à d’autres désirs, différents, identiques on se livrera, au délice des corps qui célèbrent la jouissance, le plaisir, la vie.

On se trouvera au réveil, émus, plus complices. Et l’intimité du cœur n’en sera que renforcée.

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Fantaisie(s) ou comment se rêver plus audacieuse

Dans la catégorie fantaisies,

Il y a les fantasmes. Nous en avons tous, nous les assumons ou pas. Ils participent à notre éveil, notre sensualité, notre épanouissement personnel. Nous les gardons pour nous ou nous les partageons. Nous en créons ensemble. Je considère pour ma part que tous les fantasmes ne sont pas réalisables ou du moins ne  sont pas exprimés dans le but ultime de devenir réalité. Ils existent en tant que tels, agissent sur nous. Ils s’inscrivent dans une démarche érotique qui laisse libre cours à un imaginaire dans lequel il n’y a pas de codes, pas de limites. Ils sont simples, variés. On les satisfait si le cœur nous en dit ou on les garde bien au chaud pour nos séances de plaisir seul(e) ou à deux .

Puis il y a tous les scénarios qui prennent forme dans notre esprit, dans lesquels on se sent capable de tout. Je vous l’ai répété, j’ai une imagination débordante, et ce n’est pas toujours négatif – il parait que rêver éveillé est très bon pour la santé – l’ordonnance n’est pas à prendre à la légère !

Mes nuits sont loin d’être parsemées de rêves exquis. Je nage plutôt entre le loufoque, limite glauque et le cauchemar. Du coup, quand j’ouvre les yeux, je me réveille en douceur. Et quoi de mieux, qu’une scène idyllique pour bien commencer la journée. Qui plus est quand on a la maison à soi. Ça peut carrément valoir le coup de sortir le grand jeu – mettre une musique qu’on aime et danser nue dans son salon (c’est juste une idée – n’allez pas croire que c’est ce que je fais !).

Mais il faut savoir que tous mes scénarios bien huilés, dans lesquels je me sens confiante, sûre de moi, à l’écoute de mes envies, fondent comme neige au soleil dès qu’il est question de passer à l’action. Dans l’action, je me laisse porter par le courant. Et généralement il dévie beaucoup de l’idée de départ.

Bien entendu je ne passe pas ma vie à me faire des films – j’ai d’autres envies aussi comme manger de la glace avec les doigts par exemple – mais quand je me laisse aller, je peux devenir tout ce que je voudrais être, le temps de quelques minutes, je suis une femme qui ose. Qui sait, peut-être qu’un jour mes rêves deviendront réalité!

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Écriture, érotisme et audace

L’écriture, c’est viscéral. Ça ne s’explique pas, ça s’impose à nous à un instant T. Ça nous bouscule dans l’urgence de poser les mots, les regarder filer à vive allure. Pour le résultat on verra plus tard. L’écriture c’est un acte engagé, qui part de l’intérieur de soi. Toutefois, ne nous mentons pas, écrire c’est aussi partager. Ou alors nous nous cantonnerions tous à un journal intime, connu de nous seuls.

Le contact de l’écrivain avec ses lecteurs est un pur délice. Savoir qu’une phrase, un texte, une histoire, quelques mots ont touché l’autre en plein cœur, il n’y a pour moi pas de plus beau cadeau. Bien sûr, nous ne plairons pas à tous. Mais qu’importe au final. Mieux vaut être authentique que rentrer dans un moule – il en existe en écriture aussi. Je suis la première à dire que ce n’est pas si évident que ça en a l’air. Etre vrai, être soi, est un travail de confiance avant tout. Et cela touche à tous les aspects de nos vies.

Dans le processus d’écriture, il y a ce qu’on connait, ce qui au final est simple pour nous, ce que nous faisons sans trop nous poser de questions. Ce qui n’empêche pas les difficultés, complications et l’impression d’avoir pondu un énième navet que personne ne lira (petit rappel : travailler sur la confiance en soi !).

Puis il y a l’inconnu, ce qui se trouve hors de notre zone de confort, ce que nous regardons de loin, ce qui nous tente mais que la peur nous empêche d’approcher. Parfois il suffit juste d’un coup de pouce pour oser. Parfois il faut se faire violence, s’essayer à de nouveaux styles, entreprendre des paris fous, plonger sans y penser. Car plus on y pense, plus on se met des barrières, plus on regarde l’inconnu avec méfiance.

 Vous allez me dire, et l’érotisme dans tout ça ? J’y viens. Tout d’abord je tiens à remercier les personnes qui ont apprécié et commenté mes deux textes – Rêve d’été et A la piscine – quand on sort de sa zone de confort, le soutien des autres est primordial. Tout comme l’enfant qui fait ses premiers pas, l’écrivain qui apprend a besoin d’encouragements. Je vous l’accorde, on peut faire sans, mais c’est beaucoup plus agréable avec.

Depuis quelques mois, quand je rentre dans une nouvelle librairie, je regarde les différentes sections qui répertorient les livres en fonction du thème : historique, fiction, autobiographie, roman étranger, cuisine, enfance, développement personnel, spiritualité, religion, santé, voyages, art…

En général, la littérature érotique est planquée dans un coin, comme à l’abri des regards. On y découvre tout un tas de livres dans la veine de « 50 nuances de Grey ». Je me suis demandé si une personne lambda, encore aujourd’hui, oserait rentrer dans une librairie pour demander une sélection des meilleurs romans ou nouvelles érotiques du moment, sans se sentir mal à l’aise. Bien entendu il existe des personnes très libres et libérées sur le sujet. Mais est-ce la majorité de la société ?

Le dictionnaire définit l’érotisme comme « la description, l’évocation, l’exaltation (par l’art) de l’amour sensuel ». Cléa écrivait récemment dans un commentaire « Les sensations liées à l’érotisme méritent d’être décrites, elles s’inscrivent dans notre quotidien ». Dernièrement j’ai lu « Petit éloge de la jouissance féminine » d’Adeline Fleury, un livre qui a fortement résonné en moi.

Nier l’érotisme ou ne pas y prêter attention serait comme se séparer d’une partie de soi. Pourtant le désir, la sensualité, le plaisir, l’envie, la sexualité, le corps sont autant de données qui font partie intégrante de notre humanité, que nous soyons seuls ou en couple.

Mon avenir littéraire sera érotique (pas uniquement) ou ne sera pas. Je pense (tu avais raison mon chéri – je sais tu as souvent raison) que c’est un style sur lequel j’aimerais travailler, un excellent moyen pour moi  de me libérer aussi, de me connecter davantage à ma féminité et d’accompagner d’autres femmes dans cette apprentissage.

Et vous, l’érotisme, ça vous dit quoi ?

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Plaisir estival

C’est un soir d’été. Le fond de l’air est chaud, le soleil descend sur la ville agitée, riche de l’expérience des beaux jours retrouvés. Elle porte une robe légère, fleurie, resserrée à la taille, un modèle vintage trouvée dans une solderie lors d’un voyage à Avignon. Une robe qui sent bon la vie, l’insouciance. Et ce soir elle en est pleine de cet océan de possibles qui s’étend devant elle. Elle ne porte rien sous sa robe, c’est peut-être aussi cette liberté soudaine qu’elle chérit, après des mois à l’étroit dans des pulls, collants, robes en laine, après ce froid qui gèle les extrémités du corps, après la grisaille et la pluie.

Le fait de savoir ce que nul ne devine lui donne l’impression d’être la détentrice d’un magnifique secret. Elle en joue, juchée sur ses escarpins à talons ocre, ondulant du bassin comme une sirène sortant de l’eau.

Son rendez-vous l’attend. Elle sait qu’il lui suffira de la serrer contre lui pour percer son secret. Il ne dira rien ou il sourira, de ce sourire espiègle qui murmure « j’ai envie de toi ». Elle aussi a terriblement envie de lui, comme à chaque fois qu’il entre dans son champ de vision, que ses yeux croisent les siens, que son corps s’approche de son périmètre, qu’il la prend dans ses bras, que son sourire la fait chavirer. Elle en a envie le soir quand elle s’allonge nue sous sa couette et l’imagine faire de même, le matin au saut du lit quand elle aimerait qu’il la réveille en laissant courir ses doigts sur son corps. Et la nuit aussi quand elle rêve de lui. Ou quand l’insomnie la surprend et que les scénarios les plus torrides envahissent son esprit et l’entrainent dans un dédale de fantasmes fous.

Elle ferme les yeux au contact de leurs peaux qui se touchent. A travers les tissus souples des vêtements de saison, elle perçoit son trouble. La place grouille de monde. Elle la voudrait plus déserte. Elle regarde autour, cherche un endroit à l’abri des regards. Elle imagine à quel point cela doit être excitant de faire l’amour dans un lieu public, en se pressant un peu ou sans se presser d’ailleurs. Prendre le temps de se toucher, faire courir leurs langues sur chaque parcelle de peau, exposée ou cachée. Faire durer le plaisir ou le saisir sur l’instant, prendre ce qui se livre en quelques minutes seulement, sans s’abandonner totalement. Commencer par se dire en gestes, en émotions. Ou attendre la fin de la soirée, laissant planer au-dessus du rendez-vous l’envie latente de se rencontrer plus intimement.

Elle se sent soudain portée, transportée, entourée d’un parfum qui l’hypnotise. Elle se dit qu’il a peut-être les mêmes pensées qu’elle, les mêmes fantasmes tus. Osera-t-elle énoncer à haute voix son ressenti ? Ou se contentera-t-elle de lui prendre la main, de le suivre, muette, en attendant la prochaine occasion ?

Elle ouvre les yeux. La place, l’été, son amoureux se sont envolés. Le jour la cueille, le soleil l’invite à profiter d’une nouvelle journée, son rêve bien vivant dans son esprit.

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Cette envie de toi…

[:fr]

C’est fou cette envie qui s’empare de moi, ce feu qui brûle et dont je ne peux faire taire la puissance, cette impulsion qui resserre son étreinte au plus profond de mon corps, quand je pense à toi. Je peux aisément t’imaginer là, à deux pas de moi, pour savoir ce qui se passerait si tu te tenais devant moi, l’atmosphère chargée du désir de s’unir l’un à l’autre.

L’envie s’accroche et ne me lâche pas. Alors je pose les frissons sur le papier. J’imagine tes gestes, tes mots pour apaiser cette soif de toi qui m’envahit, me fait respirer lourdement, m’invite à l’attente, riche d’impatience…

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La quête du plaisir est-elle une fin en soi?

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Vous avez deux heures pour disserter sur le sujet…

Trêve de plaisanterie.  Je vous livre mon avis (et mes interrogations) sur cette question “existentielle” que je me suis posée suite à une conversation. Vous pourrez partager le votre en fin d’article, bien évidemment. Ça m’intéresse!

Le dictionnaire dit du plaisir qu’il est “un état de contentement que crée chez quelqu’un la satisfaction d’une tendance, d’un besoin, d’un désir.”

L’homme est né pour le plaisir. Il le sent, il n’en faut point d’autre preuve. Pascal

Il y a différents plaisirs dans la vie. Tous nous apportent quelque chose à différents niveaux. Le plaisir se savoure, se partage, qu’il soit gustatif, émotionnel, matériel, sexuel, social, littéraire, moral et j’en passe. Il se décline à l’infini et varie d’un individu à l’autre. Il est personnel ou collectif. Le plaisir de faire ou de ne rien faire…

Du plaisir découle toute une palette d’émotions. Il est naturel et contribue à la santé physique et psychique de l’être humain. Il est associé à des choses qui nous font du bien et nous rendent heureux.

Toutefois le plaisir est éphémère. Il dure un temps. Son ressenti se joue dans l’instant. Une fois l’envie assouvie, le besoin rempli, il ne reste qu’un souvenir, une sensation qui n’a qu’un impact limité.

Doit on tout donner pour la promesse d’un plaisir plus intense, plus grand?

Ne risquons-nous pas de devenir dépendants, de nous perdre?

La quête du plaisir peut nous faire dévier du chemin qui est le nôtre, porter atteinte à notre intégrité, notre santé. On dit souvent que nos principes / valeurs doivent être remis en question pour avancer. C’est en partie vrai. Toutefois cette remise en question ne doit pas nous éloigner de qui nous sommes, de ce en quoi nous croyons. Nos principes / valeurs contribuent aussi à notre équilibre de vie.

Tout le monde le sait, l’abus est dangereux pour la santé. Le plaisir n’échappe pas à cette règle. Or nous ne sommes jamais loin ni de la dépendance ni de l’obsession. La satisfaction de certaines envies nous laissent parfois un goût amer. Tout ça pour ça. Est-ce que ça en valait la peine? Le plaisir perd alors de sa saveur. Un trop grand plaisir peut devenir une grande douleur. Or le plaisir à l’extrême nous coupe du monde. Il nous isole. On dénombre chaque jour de plus en plus d’addictions, de maladies liées à cette quête omniprésente du plaisir. Encore plus. Toujours plus. Le plaisir est insatiable.

Trop de plaisir tue le plaisir!

Seules les lois / codes (appelés les comme vous voulez) qui régissent notre vie – encore une fois elles varient d’un individu à l’autre – elles sont nécessaires à toute vie en société –  peuvent nous tenir éloignées du danger. Parfois il est passager et ne porte pas à conséquence. Parfois il fait de terribles ravages en nous et autour de nous.

Alors le plaisir, si il nous fait beaucoup de bien, peut aussi nous faire beaucoup de mal. C’est comme tout, il faut savoir doser. Nous devons pouvoir en rester maîtres, savoir dire “stop”. Nos limites nous appartiennent. A défaut de nous contraindre, elles nous protègent.

Le plaisir n’est donc pas une fin en soi. Il est un baromètre, quelque chose qui contribue à notre bien-être, source de joie et de contentement. Le plaisir c’est profiter de la vie, vivre au présent.
A chacun de trouver le sien, en réajustant ses envies et besoins si nécessaire. Le tout étant d’être en paix et en phase avec soi-même.

Quelle étrange chose, mes amis, paraît être ce qu’on appelle le plaisir et quel singulier rapport il a naturellement avec ce qui passe pour être son contraire, la douleur. Qu’on poursuive l’un et qu’on l’attrape, on est presque toujours contraint d’attraper l’autre aussi. Socrate
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Obsédée (!)

[:fr]

Par tes yeux
Les traits de ton visage
Ta bouche
Avide de découvertes
Gustatives
Tes lèvres
Qui disent
Le ressenti
Les sentiments
Cherchent les miennes
Les embrassent avec délice
Je suis obsédée
Par ton sourire
Sincère
Délicieusement charmant
Par le goût
De ta peau
Au creux du cou
Là, où les sens en éveil,
Je me délecte de l’instant
Je suis obsédée
Par ton corps
Chaque centimètre
Chaque recoin
Par tes yeux
Qui me déshabillent
Je suis obsédée
Par l’intérieur de toi
Tes partages
Tes folies
Ta manière de dire
“Je t’aime”
Tes attentions singulières
Tes questions parfois désarmantes
Ta sensibilité
Tes défauts glissent sur moi
S’évaporent
Je ne les retiens pas
Je suis obsédée
Par la puissance de ton désir
La volupté de ton plaisir
Par tes bras qui m’étreignent
Par la chaleur de ton corps
L’envie qui s’invite
Quand face à face
Nos corps s’attirent
Je suis obsédée
Par la passion
Le feu qui nait
Au creux de nos reins
Entre nos mains
Quand elles glissent
Sur nos peaux
Je suis obsédée
Par l’envie de toi
Par ton envie de moi
Par ta sensualité
Par ta tactilité
Par l’enivrante sensation
De nos corps
Offerts l’un à l’autre
Dans un accord
Que nous savourons
Jusqu’à l’extase
Je suis obsédée
Par ta voix
Sa mélodie
Par l’écho de tes rires

Je suis obsédée
Par toi
Ce que le reste du monde
Pense ou devine
Ne fait pas le poids
Dans chaque instant
Qui nous lie
Il n’y a que
Nous
Et l’envie
Qui nous presse
De faire l’amour
A l’infini…

[:]

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Faire plaisir, oui, mais…

[:fr]

J’ai eu l’idée de cet article suite à une discussion avec une amie. En couple depuis quelques années, elle me confiait que parfois elle et son homme n’avaient pas les mêmes envies. Et qu’une en partie le titillait ces derniers temps, qu’ils en avaient discuté mais qu’elle, ça ne la branchait pas du tout. Au milieu de la conversation, elle m’a dit un truc qui a fait tilt “j’aimerais vraiment lui faire plaisir”. 

Faire plaisir. Le grand sujet à la mode.

Faire plaisir, c’est agréable. D’autant plus que généralement cela implique de se faire plaisir à soi aussi. Quand on offre un cadeau par exemple, on se fait plaisir en l’achetant et on fait plaisir à l’autre en le lui offrant.

Tout va bien dans le meilleur des mondes.

Sauf quand faire plaisir à l’autre va à l’encontre de ce que l’on ressent. Le bonheur ne dépend que de soi. Attendre que quelqu’un d’autre nous l’apporte ne crée que frustration et désolation.On le voit bien en cas de crise, les premiers mots qui sortent sont liés à tout ce qu’on a fait pour le seul plaisir de l’autre. Qui soit dit en passant n’avait rien demandé. Pas toujours. Mais souvent. Et contre notre propre plaisir à nous. Double peine.

Je ne pense pas que faire plaisir à l’autre soit une raison suffisante pour faire des choses qui nous coutent ou qui ne nous disent rien. Se forcer pour faire plaisir à l’autre, c’est pour moi le meilleur moyen de se perdre. Et de perdre l’autre à terme. Bien sûr si c’est juste aller chercher le pain ou acheter des roses à la place des tulipes, ça ne porte pas à conséquence. Quoi que sur le long terme, qui sait!

Après c’est à chacun de voir, à chacun de s’écouter. A chacun de se poser la question: et moi, j’ai envie de quoi? Est-ce que faire telle ou telle chose m’apporterait du plaisir? Est-ce que si je fais ça, je ME prends en considération, je ME compte dans l’équation?

J’ai dit à mon amie de penser à elle – on ne pense pas assez à soi. D’ici quelque temps elle en aura peut-être envie elle aussi. Et dans le cas contraire, ils trouveront d’autres envies communes à satisfaire…C’est pas ce qui manque![:]

Posted in Carnets de route

Faire plaisir, oui, mais…

[:fr]

J’ai eu l’idée de cet article suite à une discussion avec une amie. En couple depuis quelques années, elle me confiait que parfois elle et son homme n’avaient pas les mêmes envies. Et qu’une en partie le titillait ces derniers temps, qu’ils en avaient discuté mais qu’elle, ça ne la branchait pas du tout. Au milieu de la conversation, elle m’a dit un truc qui a fait tilt “j’aimerais vraiment lui faire plaisir”. 

Faire plaisir. Le grand sujet à la mode.

Faire plaisir, c’est agréable. D’autant plus que généralement cela implique de se faire plaisir à soi aussi. Quand on offre un cadeau par exemple, on se fait plaisir en l’achetant et on fait plaisir à l’autre en le lui offrant.

Tout va bien dans le meilleur des mondes.

Sauf quand faire plaisir à l’autre va à l’encontre de ce que l’on ressent. Le bonheur ne dépend que de soi. Attendre que quelqu’un d’autre nous l’apporte ne crée que frustration et désolation.On le voit bien en cas de crise, les premiers mots qui sortent sont liés à tout ce qu’on a fait pour le seul plaisir de l’autre. Qui soit dit en passant n’avait rien demandé. Pas toujours. Mais souvent. Et contre notre propre plaisir à nous. Double peine.

Je ne pense pas que faire plaisir à l’autre soit une raison suffisante pour faire des choses qui nous coutent ou qui ne nous disent rien. Se forcer pour faire plaisir à l’autre, c’est pour moi le meilleur moyen de se perdre. Et de perdre l’autre à terme. Bien sûr si c’est juste aller chercher le pain ou acheter des roses à la place des tulipes, ça ne porte pas à conséquence. Quoi que sur le long terme, qui sait!

Après c’est à chacun de voir, à chacun de s’écouter. A chacun de se poser la question: et moi, j’ai envie de quoi? Est-ce que faire telle ou telle chose m’apporterait du plaisir? Est-ce que si je fais ça, je ME prends en considération, je ME compte dans l’équation?

J’ai dit à mon amie de penser à elle – on ne pense pas assez à soi. D’ici quelque temps elle en aura peut-être envie elle aussi. Et dans le cas contraire, ils trouveront d’autres envies communes à satisfaire…C’est pas ce qui manque![:]