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Parfois, il faut la guerre…

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Je suis pacifiste dans l’âme. Je ne crois pas au langage des armes. Pourtant il y a quelques années je n’ai eu d’autre choix que d’entrer en guerre. La vérité, c’est que j’ai tenu pendant longtemps, pensant que l’autre partie, l’adversaire, l’étranger lâcherait prise, que nous pourrions à défaut de nous apprécier, nous parler, nous écouter.

Hier je regardais un téléfilm sans importance. Et les souvenirs sont venus me poursuivre jusque dans mon sommeil. Je me suis revue, quatre ans arrière, fraîchement séparée, complètement paumée et émotionnellement très fragile. Le premier rendez-vous chez l’avocat et l’histoire à raconter, dans les moindres détails. Et puis le premier coup de bambou et la tentative de conciliation, l’envie qu’un miracle se produise et mette fin au carnage. Nous n’étions plus amants, plus amoureux, nous étions deux étrangers, deux individus divisés, deux personnes qui s’étaient dit « oui » et se déchiraient.

Il pensera éternellement que c’est moi qui ai déclenché les hostilités en partant. Peu importe. J’ai cru que nous arriverions à être parents, même après le pire. J’ai mis mon orgueil de côté, mon chagrin, mes craintes, j’ai laissé les portes ouvertes, pour qu’il entre, trouve sa place. Et puis la douche froide, les menaces. Et les portes qu’il faut verrouiller à la va-vite.

L’avocat m’avait dit « un divorce ça évolue ». Au début j’ai tendu la main, j’ai tenté une réconciliation. J’ai compris rapidement que ça ne servait à rien, que j’allais me perdre dans cette voie et que j’allais perdre ce que j’avais de plus cher au monde. J’ai pris les armes. Pour défendre les intérêts de notre enfant. Je suis allée contre ce que je suis, contre ce en quoi je crois, contre mes principes. J’ai déballé les détails les plus sordides de mon histoire, j’ai lancé l’artillerie lourde. J’ai encaissé les coups. A terre, j’ai toujours trouvé la force de continuer la lutte. Pour lui. Pour mon enfant.

J’ai eu gain de cause. Ca en valait la peine. Même si ça a été lourd, compliqué, dangereux. Je n’ai rien lâché. Parce que je ne pouvais pas me le permettre, la vie de mon fils sur la balance, en équilibre. Un équilibre fragile que j’ai souvent perdu, faisant à nouveau confiance, tentant de déceler le vrai du faux.

Aujourd’hui quand j’évoque la situation, un papa absent, beaucoup ne comprennent pas ma ligne de conduite. Même moi, elle me surprend parfois. Je ne suis plus en guerre. J’ai lâché les armes depuis longtemps. Je ne négocie plus. Je ne transige plus. Je ne fais plus confiance. J’ai verrouillé les portes. Je reste sur ma position. Et qu’importe ce que les autres en pensent.

Oui, un divorce ça évolue. Beaucoup trop de femmes pensent être « bonnes » en refusant le conflit, en laissant une « chance » au père (je parle uniquement du père manipulateur, violent, absent, qui ne s’est jamais occupé de ses enfants mais devient soudain passionné par eux ou encore celui qui cherche à se venger en utilisant l’enfant comme monnaie d’échange). Chacun pense (et est en droit de le penser) qu’un enfant a autant besoin de sa mère que de son père. Dans certains cas non (cela vaut aussi pour les mères). Alors oui parfois il faut se faire violence, se battre – parce que l’autre, lui, fera tout pour obtenir ce qu’il désire, sans état d’âme.

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Je m’estime et je dis “stop”…

Je n’écoute plus. Je ne t’écoute plus.

Dans quelques minutes je vais raccrocher. Tu déverseras ton venin dans le vide. Je n’en veux plus.

Je sens que je rentre dans une nouvelle phase.

Il y a eu le premier cap, la petite musique dans ma tête qui tantôt disait « ne lui fais pas confiance », puis « donne lui une chance. »

Je faisais taire l’une, sans grande conviction, et croyait dur comme fer à l’autre.

Ne plus te faire confiance c’était comme accepter ma faiblesse d’avoir cru en toi et accepter que dorénavant nous n’avions plus aucune chance de garder le contact, en toute intelligence, pour notre enfant.

Un jour, j’ai compris. Ne plus te faire confiance, loin d’être un acte négatif, devenait un acte conscient, une manière de nous protéger, lui et moi, de ton emprise, de ton égoïsme, de ta manipulation.

Le deuxième cap est là, à portée  de main. Le jugement de divorce doit y être pour quelque chose. A moins que ce soit moi qui ai décidé qu’il était grand temps de dire stop.

Oui stop à tes mots qui vont trop loin. Stop à tes jugements sans fondement. Stop à ta manière de me hurler dessus quand ce que je fais ou dis ne te convient pas. Stop à tes menaces toutes aussi fausses les unes que les autres, énoncées dans le seul but de me foutre la trouille et de me faire plier. Stop à cette manière dont tu as de me parler, avec dégoût. Stop à ta mine de chien battu, qui veut me faire croire que tu es au fond du trou. Stop à ton mépris.

Je vaux mieux que ça. Je m’estime davantage pour ne plus penser que je mérite tout ça ou à défaut n’ai d’autre choix que celui d’encaisser sans broncher, sous peine de te mettre hors de toi.

Aujourd’hui je dis stop et je n’y pense plus.

Je vais te raccrocher au nez. C’est la seule chose que tu comprends. Tu vas certainement me maudire derrière ton écran de téléphone. Ca ne me fait ni chaud ni froid. Il y a quelque temps de ça, j’y aurais pensé pendant quelques heures, me remettant en cause, essayant de saisir le moment où tout avait basculé. Maintenant, j’oublie aussi vite. Tes sautes d’humeur ne me font plus d’effet.

C’est dans ces instants là que je me rends compte du chemin que j’ai parcouru et que je me félicite pour ces limites que j’arrive à poser, en toute sérénité…

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Face à la colère

Quand la colère s’empare de moi, je n’aime pas. Elle prend toute la place, tout l’espace. Et je perds mes moyens. Je préfère respirer, prendre du recul avant d’agir, de parler. Mais ce n’est pas toujours possible. Quand la colère sort de moi, il est déjà trop tard pour faire marche arrière. Je suis prise dans ses filets, incapable d’arrêter la machine infernale qui me transforme. Les mots sortent et j’ai même envie qu’ils fassent mal. Pas toujours. Mais avec lui, toujours.

Lui, il sait. Ses mots me fatiguent. Ses mots sont comme une ritournelle sanglante. Ils me prennent aux tripes et j’ai beau me dire que je n’en ai que faire, à force d’encaisser, je déborde. Il me pousse dans mes retranchements. Je n’aime pas être en colère contre lui, car il ne mérite rien. Il ne mérite même pas un mot de moi, ce papa de pacotille. Il faudrait pouvoir n’engager aucune conversation. Il faudrait pouvoir ne rien laisser passer. Pourtant je suis de plus en plus sûre de moi. Je sais qu’aucune confiance envers lui n’est possible.

Une phrase de trop qui commence par un « si ». Je déteste ces phrases qui te font passer pour ce que tu n’es pas et qui une fois encore lui donnent le bon rôle. Lui, le type droit, honnête, qui n’a aimé que moi et qui ne comprend pas pourquoi moi je ne veux plus de lui. Après trois ans, c’est assez clair pourtant. Pas pour lui. Je m’en fiche un peu d’endosser les torts mais je ne veux plus qu’on me manipule, qu’on s’amuse à jouer sur la corde sensible. « T’auras tout ce que tu veux » ; « je signe pour le divorce demain ». A une condition forcément. Celle sur laquelle jamais je ne plierais.

 

Hier j’étais en colère. Contre lui. Contre moi pour avoir céder à la colère, pour lui avoir donné une chance de me répéter qu’il était un type bien et que « si j’étais une bonne mère. » Et puis la colère s’est estompée et a laissé place au vide. Je ne pourrais pas dire ce que je ressens. Un peu de vide et l’envie d’en finir avec ce satané divorce, avec cet homme, qui n’a de cesse que de demander de l’aide, pour des papiers ici ou des papiers là,  qui se réveille à la dernière minute quand on croit voir la fin du tunnel, qui veut me prouver qu’il aime son fils mais qui n’a même pas pris la peine d’apprendre quelques mots de base en Français depuis bientôt 3 ans, qui se sent tout puissant, mais incapable d’appeler son enfant par son prénom. Et qui à chaque coup de fil me dit qu’il faut que je l’écoute parce que lui, il sait.

J’accepte ma colère. Je sens qu’elle s’en va. Je sens que je redeviens plus sereine. La prochaine fois, c’est certain, je ne lui parlerais pas.

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Divorce & autres complications

Je dois vous avouer qu’hier soir après le mail et le coup de fil à mon avocat, j’avais le moral dans les chaussettes. Il faut dire que depuis quelques mois je vivais sur un nuage, bien moelleux. Sans nouvelle de l’avocate de Roger depuis plus d’un an, nous étions confiants. Tout allait se passer sans accroc. La juge allait statuer sur notre dossier sans perdre de temps, puisque de l’autre côté, c’était le silence le plus total. Et j’allais économiser pas mal d’argent au passage, ce qui n’est pas négligeable quand toutes tes économies depuis deux ans passent dans le règlement d’honoraires !

Et puis l’avocate de Roger s’est réveillée à 10 jours de la mise en état devant le Juge. Ah la conne !!

Hier soir en quittant le bureau, j’ai senti Calimero revenir en force dans mon champ de vision. J’étais prête à passer chez Franprix m’acheter un énorme pot de Nutella, pour ensuite aller me vautrer dans mon canapé et regarder La Vérité Si Je Mens 2, film dont je n’ai raté aucune rediffusion jusqu’à aujourd’hui. J’étais à deux doigts d’appeler la terre entière (y compris ma mère, ce qui aurait été la pire des idées). Et j’avais des envies d’étriper Roger (Roger qui va faire une drôle de mimine quand il va découvrir la mention « divorce pour faute » et tout ce qui va avec. Mais que va-t-il inventé pour se justifier ?)

Et puis une fois chez moi, libérée de mes chaussures, de mon sac, de ma veste (tous trop lourds), je me suis assise par terre, prête à prier ou méditer. Et là j’ai senti monter en moi un cri que j’ai laissé sortir. Crier, c’est ce que ma thérapeute en Irlande me disait souvent. Hurlez la tête dans votre oreiller, vous verrez ça libère. Si bien que je suis allée chercher mon oreiller et que j’ai tout lâcher dedans. Avec ma voix. Avec mes poings. J’ai tout sorti.

Et puis j’ai pris un CD, poussé le volume à fond, et j’ai dansé comme une hystérique dans mon salon. Libérateur.

La colère était là, bien en moi. Mais pas question qu’elle me bloque, qu’elle m’anéantisse. J’ai ressenti le besoin de la transformer.

J’ai refusé de me dire « pourquoi ça m’arrive à moi » comme je l’ai tant fait par le passé. Et j’ai pensé « Là maintenant je n’y comprends rien. Mais il y a forcément quelque chose de positif là-dessous ».

La danse, les cris, et plus tard la peinture (si on m’avait dit au collège qu’un jour je prendrai un pinceau et que je m’éclaterai autant, j’aurai ri à m’en décrocher la mâchoire !) m’ont aidé à extérioriser toutes ces émotions négatives qui avaient pris possession de moi à la lecture de ce mail.

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Et victoire des victoires, je n’ai pas appelé ma mère ! En fait après tout ça, j’étais bien avec moi-même. Je n’ai pas ressenti le besoin de lui en parler, ni de discuter pendant des heures de Roger, de ses moindres faits et gestes, de ce qui lui passe par la tête, de ce qu’il pense, comment il pense et de tout ce merdier. Parce qu’une bonne part de tout ça ne me regarde pas. Et ne m’intéresse plus non plus. Le bordel dans sa tête, c’est son problème.

J’ai envie de passer à autre chose, de me concentrer sur moi, de penser à moi, à la meilleure manière pour moi de gérer tout ça. J’ai envie de penser à ma vie, à ce qu’il y a de beau, de vrai à l’intérieur. Construire l’avenir le plus sereinement possible, voilà ce qui compte à mes yeux aujourd’hui.

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Splendeur & Décadence – Le grand retour de Roger!

Nous sommes en avance pour une fois. Il nous regarde arriver, derrière ses lunettes de soleil. Le petit homme s’avance, fier, avec son lapin bien en évidence dans ses petits bras potelés. C’est samedi, le jour de papa.

Il aura apporté des gâteaux, des jeux et du chocolat. Il murmure un vague bonjour. Et prend son fils dans ses bras. “Habibi bossa Habibi”. L’escargot lui colle un bisou sur la joue. Je regarde la scène, imperturbable. Il y a quelques minutes à peine, ses yeux étaient encore remplis du mépris de celui qui juge, qui croit être mieux que les autres. Je m’en fiche.

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On ne se dit pas grand-chose. On ne s’est jamais rien dit d’exceptionnel d’ailleurs. C’est lui qui commence pour une fois. Il baragouine quelque chose que je ne comprends pas, au sujet d’une aide que je ne veux pas lui apporter ou quelque chose dans ce genre-là. Je n’ai encore rien dit. Il n’a encore rien demandé. Peut-être qu’il lit dans mes pensées, qu’il sait que je n’ai aucune envie de faire quoi que ce soit pour lui. Qui sait!

J’attends la question. Elle arrive. Elle me fait rire. Je ne pensais pas qu’un jour une de ses questions me ferait autant rire et que j’y répondrai sans culpabilité aucune, sûre de moi.

Ses papiers arrivent à expiration et il a besoin de moi. Comme il a eu besoin de moi il y a 6 ans pour avoir ces fichus papiers. Il me dit qu’il sait déjà que je vais lui dire non, qu’il n’ose pas me demander, que ça ne sert à rien de toute façon. Mais j’insiste. Je suis curieuse. Je veux savoir. Le mépris s’est dissipé. Il affiche un large sourire. L’escargot dans ses bras ne comprend pas. Il le regarde bizarrement et demande à revenir dans mes bras.

Il me demande de venir une journée en Irlande pour le renouvellement de ses papiers, rien qu’une journée. Il ne peut en effet obtenir le prolongement de sa carte familiale que si je viens avec lui au bureau d’immigration. Je dis non. Ca coule de source. Ce type est incroyable ! Il me regarde presque surpris. Il croyait peut-être que son numéro de charme allait agir. Ca ne fonctionne plus. Je le regarde et je souris. J’y crois à peine moi aussi. Il insiste un peu, juste un peu pour voir jusqu’où il peut aller, pour voir jusqu’à quel point je suis déterminée.

Puis il se ferme. Je ne suis bonne qu’à faire un enfant et me barrer (avec l’enfant) Bien sûr. C’est lui qui le dit. Moi, je tourne les talons, avec le sourire et je le laisse seul face au vide. Je suis fière de moi. J’ai résisté. J’ai un peu pitié, peut-être parce que je l’ai aimé. Puis en un éclair, je me souviens et je laisse tomber.

L’heure de la visite a sonné.

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Ex – Echo

Si il y a une chose qui me met hors de moi c’est quand ma grand-mère me demande « tu as vu ton mari aujourd’hui ? ».

Ciel, mon mari ! Mais c’est qui celui-là déjà ?

Horreur.

Et condamnation.

Attends mémé, ça fait 28 mois qu’on est séparés. 28 mois ça compte, c’est pas rien. Le divorce c’est pas pour le style, c’est vraiment parce qu’on ne veut plus rien à voir à faire ensemble.

Elle me répète qu’elle est vielle, que ce n’est pas de sa faute. Mais oui, bien sûr !

Elle pourrait dire Roger ou Momo (pour les intimes). Attention, je n’ai rien contre les Maurice ou les Mohammed. Je préfère le dire car Abdou n’avait pas apprécié la dernière fois !

Elle pourrait dire le papa de l’escargot.

Ou encore Ex-mari. Le Ex l’emporte largement sur le mari, non ?

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Non elle persiste et signe. C’est encore ton mari, vous êtes encore mariés… Oui, enfin c’est plus qu’une question de mois. Dans quelques mois, je retrouverai mon nom de jeune fille et je ne serai surtout plus la femme de ce pauvre type (appelons un chat un chat, j’y tiens !)

Elle n’est pas la seule à me le faire. Le type en charge de l’organisation du droit de visite me fait le coup à chaque fois. « C’est encore votre mari ». Comme si je pouvais l’oublier. « Et avec ce que vous lui avez fait ». C’est vrai j’ai oublié que c’était moi la salope de l’histoire. Mea Culpa, continuez à dire « votre mari », c’est ma punition. Non mais je rêve là !

D’ailleurs ma grand-mère, histoire de ne pas me faire oublier qu’un jour j’ai dit oui, a mis plus d’un an à retirer les photos de notre mariage de ses cadres photos. Et chez ma grand-mère, il n’y a pas un ou deux cadres photos. Il y en a au moins 25. Tu vois l’histoire. A chaque fois que je passais la voir, je me prenais une décharge de 10 000 volts. Roger partout. Elle n’en avait pas de nouvelles. C’était son excuse. Bidon l’excuse. Elle n’avait qu’à ressortir nos photos d’enfance, même les pires j’aurai passé l’éponge. Mais Roger c’en était trop.

Bien sûr on a des photos de Roger à la maison, Roger avec l’escargot. C’est son papa quand même. Comme si je pouvais l’oublier mémé ! Mais des photos à hauteur d’escargot. C’est beaucoup plus tenable. J’avoue que quand je le vois avec son sourire mielleux, j’ai envie de lui filer des claques. Moins je le vois, mieux je me porte, en quelque sorte.

A sa décharge ma grand-mère a un gros problème avec le mot « séparation ». Après 35 de mauvais mais loyaux services, mon grand-père a pris la poudre d’escampette, la laissant avec ses souvenirs douloureux, pour enfin vivre sa vie. Elle dit toujours « mon mari », elle a sa photo sur son tableau des disparus (oui ma grand-mère a un autel chez elle pour ses morts. C’est du lourd ! D’ailleurs elle passe plus de temps à s’occuper d’eux que des vivants… enfin), elle a joué la veuve éplorée à son enterrement, alors même qu’ils ne se parlaient plus depuis 15 ans et qu’il avait refait sa vie. Elle a même acheté Mickey, qui trône fièrement dans son salon, car il est né la même année que son défunt mari. Vous voyez le phénomène !

Ex ça ne veut rien dire pour elle. Ex c’est de la guimauve.

Par contre moi, Ex ça me convient bien. Ca veut dire ce que ça veut dire. Et ça veut surtout dire que les dés sont lancés, que la séparation est officielle et bienvenue aussi, que lui et moi, nous n’avons plus rien en commun, si ce n’est un escargot qui porte son nom (à défaut d’avoir un prénom à la hauteur de son orgueil de merde) !

Voilà, j’ai enfin réussi à pondre un article qui vous fera plus rire que pleurer (enfin j’espère !)

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Si nous avions été plus intelligents, tu aurais été plus heureux…

Avant de faire moi-même mon entrée fracassante dans la cour des postulantes au divorce, j’avais des idées toutes faites sur les couples, avec enfants, qui se séparaient. Le divorce pour moi ne devait en aucun cas remettre en cause les liens qui unissaient l’enfant avec l’un ou l’autre de ses parents. C’était une évidence. Pour divorcer, il fallait être intelligent et faire des compromis pour que son enfant ne souffre pas inutilement.

Oui mais…

Mes grandes illusions, sur la façon dont moi, l’époustouflante Marie Kléber, j’allais gérer les choses, se sont cognées la tête contre le mur menaçant qui s’est dressé devant moi, quand j’ai osé demander le divorce.

La guerre était déclarée. Et mon enfant était désormais au centre d’un conflit qui n’était pas le sien. J’avais beau l’aimer de toutes mes forces, il se trouvait en terrain miné, et je ne pouvais rien faire pour lever la menace imminente qui pesait sur lui.

J’ai compris qu’être intelligent ne changeait rien à la donne. L’essentiel était au fond d’être humain. Mais pour que ça fonctionne vraiment, il fallait que les deux mettent de côté leurs différents d’ex-couple et se concentrent sur l’enfant, unique héritier de la force de leur amour passé.

Oui mais…

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En grande naïve devant l’éternel que je suis, j’avais pensé que mes efforts suffiraient à entraîner l’ex à mes côtés, à lui faire changer d’avis sur pas mal de choses, pour le bien-être de notre enfant. Une fois de plus mes certitudes se sont fracassées contre le mur de silence et de mépris qu’il avait commencé à construire du temps de notre mariage. Pierre après pierre, il se coupait de moi, de nous, me reprochant de ne faire aucun pas vers lui.

A chaque bataille de gagnée, j’en perdais une autre. J’avançais pour mieux reculer, jusqu’au jour où j’ai avancé plus vite que lui, mettant un terme à la longue série de compromis, qui n’avait fait qu’emprisonner mon enfant dans un sas de non-dits.

J’ai compris qu’être humain ne suffisait pas quand l’autre ne lâche rien, quand il persiste dans sa folie, dans son envie de détruire. On ne change pas quelqu’un contre son gré, j’y croyais un peu sans en être totalement certaine. Je l’ai désormais intégré, accepté.

Comme on est deux dans un mariage, il faut être deux dans un divorce, pour que celui-ci ne se transforme pas en véritable guerre froide.

Si nous avions été plus intelligents, non, si nous nous étions vraiment aimé, si nous t’avions vraiment aimé, plus que tout, plus que nous et nos ego surdimensionnés, alors peut-être que nous t’aurions au moins épargné le sort de ces milliers d’enfants, dernière monnaie d’échange entre deux vies contrariées, entre son honneur sali et mon idéalisme amputé.

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Noces de Froment (Célébration annulée pour cause de divorce!)

Cet article est bien entendu à prendre au second degré.

Et oui, trois ans de mariage déjà. D’un point de vue juridique uniquement. 18 mois de séparation. 6 mois en Egypte (pour lui), en Irlande (pour moi). Et donc 1 an de vie commune en pointillés. Si on part dans des calculs savants, on peut facilement dire que le temps que nous avons réellement passé ensemble se compte en nombre d’heures, si on élimine d’emblée les nuits, les heures au téléphone (et les heures au téléphone la nuit aussi), les visites aux copains, les heures à s’abrutir, s’endormir pour moi, devant la télévision qui diffusait au choix des films en arabe ou en italien.

Le 11 juillet 2011, je disais oui devant ma famille, mes amies et toute une tripotée de mecs en costard-cravate. Pas un vrai « oui » d’amour. Plutôt un « oui » de paix. La paix et l’amour, c’est du même tonneau, non !

Si tout s’était passé dans les règles de l’art, ce soir, nous aurions célébré nos noces de froment. Mais bien sûr que non, nous n’aurions rien célébré du tout. Qu’est-ce que c’est cliché et futile toutes ces dates anniversaires ! Qu’est-ce que les femmes peuvent nous saouler avec leurs envies de fleurs, leurs envies de restaurant (on mange quand même dix fois mieux chez soi, surtout quand on en rame pas une), leurs envies de weekend en amoureux, leurs envies de cinéma, de concerts, enfin leurs envies d’être ensemble tout court. C’est quoi cette manie de vouloir passer du temps ensemble,

Début de la parenthèse ( Quand elle dort, ça sert à rien que tu sois là, à la regarder dormir. C’est quand même plus fun de sortir faire la fête avec tes potes…

D’ailleurs quand elle te dit que vous ne passez pas assez de temps ensemble, c’est parce qu’elle fait l’impasse sur toutes ces grasses matinées qu’elle ne fait pas à vos côtés, tous ces matchs de foot qu’elle ne daigne pas regarder, à vos côtés, tous ces films d’action devant lesquels elle ronchonne du début à la fin, à vos côtés et toutes ces journées shopping où vous la traîné pour trouver un nouveau costume ou une belle paire de pompe en soldes, à vos côtés encore. Elle ne se rend jamais compte de tout ce temps perdu pour elle et ensuite elle vient vous accuser de ne penser qu’à vous (et à vos copains). Elle est tellement rapiat comme nana, qu’elle est même prête à devenir JALOUSE de vos potes de toujours. C’est du grand délire à ce point là…) Fin de la parenthèse.

Roger aurait enfilé sa chemise de star (mal repassée forcément), aurai gominé ses cheveux, aurai fait allusion à toutes les nanas qu’il allait faire tomber grâce à son charme légendaire (une blague bien lourde qui m’aurait forcément déplu, mais à laquelle j’aurai ris de bon cœur), m’aurai déposé un baiser sur les lèvres avant de s’enfuir rejoindre ses copains dans une boite de nuit du centre-ville de Dublin.

Et je serai restée seule avec ma vaisselle à laver et le DVD de Bridget Jones, remède anti-cafard, qui nous prouve encore et toujours que tous les mecs ne sont pas de fieffés connards.

Le 11 juillet 2011, à l’hea26bc146acb5e152d121916dd5e58269ure où je vous parle, j’avais dit oui devant l’officier d’état civil. On en était à la séance photo. Tout avait d’ailleurs failli se terminer en fiasco, quand l’officier avait osé demander à mon cher et tendre : « mais vous connaissez cette jeune femme ? », alors qu’il peinait à écrire les 5 lettres de mon nom de famille. C’est vrai que ça portait à confusion. Vous avez déjà vu, vous, un futur-marié qui ne connaît pas le nom de sa belle?

Il y avait eu de l’agitation dans l’assistance. Le maître de cérémonie avait mis fin au débat. L’honneur était sauf. Et Roger ne faisait même pas la gueule, ce qui était un miracle.

Sans rire, je garde un souvenir éblouissant de mon mariage, le seul heureux d’ailleurs. J’ai rangé les photos dans un album. Je les garde pour l’escargot quand il sera grand.

Et j’attends la date officielle de mon divorce avec une joie non dissimulée. Je crois même que je vais fêter ça en grande pompe, fêter ma liberté retrouvée !

 Crédit Photo – jimmychooshoos tumblr

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J’ai testé pour vous – Les visites familiales médiatisées

Vous avez toutes plus ou moins suivies mes déboires en matière de divorce et droits de visite. Pour faire court, Tonio la Fouinette voit désormais son papa en centre médiatisé fermé, à raison de deux fois par mois, sur décision du Juge aux Affaires Familiales.

La première rencontre a eu lieu le 07 Juin. La première rencontre ne dure que 1h30. C’est une façon de préparer l’enfant et le parent visiteur pour la suite. Les autres rencontres durent 2h00.

C’est très simple. Je dépose mon petit loup avec Mister Lapin (son doudou) à 16h15 précises. J’ai eu le malheur d’arriver avec 3 minutes d’avance cette semaine et je me suis fait moucher. Lui et moi, nous attendons, avec d’autres parents et enfants (beaucoup plus de mamans que de papas d’ailleurs) dans une petite salle. Une fois que le parent visiteur est arrivé, la personne en charge des visites vient nous chercher et amène ma Fouinette à son papa.

Ma psy avait eu beau me rassurer, j’ai vraiment eu l’impression de déposer un colis. Et encore plus de revenir chercher un colis. Ces visites sont vraiment un moyen de rétablir ou d’établir (dans notre cas, puisqu’en 16 mois, Tonio la Fouinette n’avait vu son papa qu’une seule fois) le lien parent/enfant. Mais aucun rapport ne nous est fait à l’issu de la visite. On ne sait jamais si la rencontre s’est bien passée ou non.

La première fois, tout le monde était très sympathique. Tonio la Fouinette avait un peu pleuré mais sans plus. Quand j’étais venue le rechercher, une jeune femme m’avait aidée à caser tous les sacs apportés par Roger dans la poussette. Et mon petit homme avait le sourire aux lèvres. Il a scandé « daddy » pendant plus de 8 jours.

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Samedi, c’était déjà plus froid comme ambiance. La personne en charge (pas psychologue pour deux sous, même si ce mot est contenu dans son intitulé de poste !) était à peine aimable. En descendant Tonio la Fouinette de sa poussette, j’avais l’impression que chacun de mes gestes était analysé sous toutes les coutures. Tonio la Fouinette a beaucoup plus pleuré que la première fois, alors même que moi, j’étais beaucoup plus décontractée. La charmante psychologue m’a quand même demandé si Monsieur n’avait pas une tétine (il n’en a pas et je crois qu’il ne s’en porte pas plus mal. Et quand il pleure, et bien ou il suce son pouce, ou il mâchouille son lapin ou encore il se blottit dans mes bras pour un petit câlin).

Quand je suis revenue le chercher, j’ai bien attendu 18h15 pour me pointer devant la porte. Ce qui fait que j’ai eu la chance de l’entendre pleurer pendant 15 minutes. La charmante psychologue n’a pas manqué de me redemander « mais il n’a pas de tétine votre fils? ». J’en ai conclu qu’il avait dû pas mal pleurer. Je n’ai pas fait de commentaire et j’ai essayé tant bien que mal de caser tous les paquets apportés par Roger dans ma petite poussette, toute en tentant de calmer les sanglots de mon petit homme. Cette fois-ci, personne ne m’a aidée. Et je me suis retrouvée avec Tonio la Fouinette dans les bras, la poussette chargée à bloc dans une main, et un sac Franprix, contenant des Perruches dans une cage bleue (quelle idée, ces Perruches !!)

Les visites en centre médiatisé sont programmées pour un an, renouvelable sur demande des parents, sur avis des psychologues en charge ou sur désion du Juge. Pour le moment, nous avons un agenda jusqu’en mai 2015. Chaque chose en son temps.

Et vous (si vous êtes divorcés bien entendu, ou enfants de parents de divorcés), ça se passe ou ça se passait comment les visites ?

Crédit Photo – Pinterest Barbara Winkelhuyzen

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La guerre des avocats

J’aurai voulu, encore une fois, écrire un article plus pétillant. Surtout que j’avais de quoi être réjouie, après un si bon weekend, rempli de soleil et de sourires. Mais la réalité est ce qu’elle est. Et immanquablement, le jour de la reprise du travail et du retour à la vie « connectée », les petits couacs réapparaissent.

Je ne sais pas comment se passent les autres divorces. Ce que je sais, c’est que nous partons souvent la fleur au fusil, dans l’idée que tout se passe au mieux. Nous rêvons presque d’un divorce « comme dans les films ». Nous sommes prêts à tous les compromis possibles et inimaginables. Nous sommes quasiment sûrs que tout se passera bien. Ou du moins aussi bien que ce que nous espérons.

Et un matin, c’est la douche froide. On ne se parle plus. On échange des insultes par e-mail. On se cherche, on se fait mal, on se bouscule. On s’échange les enfants sur un pas de porte ou dans le sas de sécurité d’un point de rencontre médiatisé.

Tous les compromis que nous étions prêts à faire se sont fait la malle. Et devant notre mine déconfite, à force de ne plus dormir la nuit, de ressasser le passé, d’avancer en se cognant dans les portes, nos avocats prennent le relais.

Et la guerre est déclarée.

Sans enfant, j’aurai laissé passer je pense. Je ne cherche ni compensation, ni indemnités pour les dommages subies. Je n’ai pas d’idées de vengeance en tête.

Mais avec un enfant, je n’ai pas le choix. Il faut que je me batte. Il faut que je me batte contre un système en faveur des pères (ce sont souvent les plus mis de côté dans l’affaire, c’est vrai), contre un système qui t’aide un jour et te laisse patauger dans ta propre merdre le lendemain, contre des professionnels qui te disent « vous l’avez épousé, vous saviez à quoi vous vous attendiez ». Non, désolé, quand je me suis mariée, je pensais que c’était pour la vie, je ne me suis jamais dit qu’un jour, j’aurai peur que mon mari m’enlève mon enfant.

Il a pris un avocat. C’est mieux comme ça.

Je suis en phase d’acceptation de la situation, d’acceptation pleine et entière du désagrègement de mon couple et du fait qu’à partir d’aujourd’hui et pour longtemps encore, nous échangerons pour le bien être de notre enfant, que par avocat interposé.

La guerre est déclarée. Et elle va me coûter cher. Au fond la liberté et la paix ont un prix. C’est la vie !

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Médiation, droit de visite et autres réjouissances

Pour une fois, j’ai agi comme une grande fille, j’ai accepté ma peine, au lieu de vous la balancer à la figure et j’ai traité le problème en prenant mon temps.

C’est donc pour ça que je peux vous en parler en toute sérénité maintenant (c’est cela oui !)

Après mon entretien de fin mai avec le psychologue clinicien, qui m’avait vendu son « rien de grave » avec le sourire, j’ai, sur ses « bons » conseils, contacté Roger (tiens, ça fait un bail que je ne vous en ai pas parlé). Je ne vous en ai pas parlé car nous n’avons eu aucune nouvelle pendant 10 semaines. Il a fait le mort, ne répondant à aucun des mails envoyés avec des nouvelles de l’escargot, ne prenant pas de nouvelles non plus.

Le mail était simple. Il parlait donc de ce « bon » conseil, la médiation. Bien sûr, j’aurai voulu rire au nez du psychologue clinicien quand il m’a parlé de ça. Mais je ne l’ai pas fait. Non mais, nous proposer une médiation à nous, c’est croire aux miracles ! Le temps d’écrire ce mail à Roger, j’ai pourtant voulu y croire à ce fameux miracle.

Pourquoi la médiation a peu de chance de fonctionner pour nous ? Parce que nous avons une idée complètement différente de ce qui s’est passé au moment de la séparation. Pour moi, les choses sont claires, j’ai quitté le domicile conjugal, après des mois de violence psychologique et pour protéger ma vie et celle de l’enfant que je portais. Pour lui, je l’ai abandonné à son triste sort et je lui ai en prime volé son enfant.

La réponse a été sans appel. En fait il n’y a pas eu de véritable réponse. Roger a juste insinué de A à Z que j’étais une mauvaise mère (toujours très agréables les mails de Roger).

Bon, j’ai rendez-vous demain avec la médiatrice pour comprendre comment ça fonctionne et voir ce que ça peut nous apporter. Je crois que déjà pouvoir communiquer ensemble, échanger serait un grand pas en avant. Mais je ne me berce pas d’illusions non plus.

Pour les droits de visite, ça commence samedi, à raison de 2 heures, 2 samedis par mois. Je peux vous dire que je n’en mène pas large. Mais je garde la patate pour mon petit escargot. Je lui parle tous les soirs de son papa, je lui montre sa photo (avec le sourire de circonstance). Je lui explique comment ça va se passer et je m’endors chaque soir en me disant J-x. J’ai quand même envoyé un mail à Roger pour préparer au mieux ce rendez-vous, en lui indiquant ce que je comptais mettre dans le sac à langer. Parce que lui aussi doit avoir son sac (histoire de le responsabiliser !) mais je ne sais pas comment il va faire pour savoir quoi pendre, quelles sont les bonnes tailles de couche, quelle est la bonne taille de vêtements, quelle eau choisir, ce qu’il prend pour le goûter…

Je me demande quand même comment va se comporter Roger. Va-t-il être tout sucre, tout miel (comme il sait bien le faire) ou méprisant. Va-t-il penser pouvoir m’amadouer ou va-t-il tout simplement m’ignorer (comme il sait si bien le faire aussi). Je suis dans le flou total. Car depuis son mail du 25 mai, c’est à nouveau silence radio.

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Pour faire la paix, il faut être deux

Je crois que personne n’aime foncièrement la guerre. On s’y abandonne quand toutes les autres tentatives de discussion sont épuisées, quand l’espoir disparaît lentement derrière l’horizon. On part en guerre pour se protéger, protéger ses intérêts ou parce que l’épée semble souvent une arme plus puissante que l’amour ou la compassion.

Et puis aussi parce que la paix réclame que les deux parties soient d’accord pour mettre un terme à leur conflit. La volonté d’une seule ne suffit pas.

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J’entends souvent les gens me dire, il est temps de laisser de côté la rancœur ou le passé est derrière toi, continuer à lui en vouloir ne changera rien. Je suis d’accord. Tout à fait d’accord même.

Dès la naissance de Boubou, j’ai fait des efforts, des efforts colossaux pour que nous puissions développer une relation de parents saine et dénuée de colère, de désir de vengeance.

En face de moi, je n’ai eu qu’un mur de silence et des mots durs, du mépris.

Alors dites-moi, comment je suis censée faire la paix avec cet homme-là ? Comment je peux dialoguer, quand tous mes mots sont décortiqués et sortis de leur contexte, quand il continue à m’accuser de détruire sa vie, quand il menace encore et toujours de me prendre notre enfant ?

Depuis le temps, j’ai fait du chemin, j’ai déposé les armes. J’ai moi aussi opté pour le silence, car chaque tentative de réconciliation de ma part est une brèche ouverte pour qu’il continue son travail de sabotage.

La paix entre nous est un leurre puisqu’il me considère comme la « femme sans cœur ». Il continuera à me détester et je continuerai à le laisser faire. Parce que je refuse d’entrer en guerre avec lui, je refuse de me battre contre son indifférence.

L’expérience m’a prouvé que ça ne servait à rien. C’est ma paix intérieure que je dois conquérir pour assurer un avenir lumineux à mon petit homme. Le reste n’a plus aucun intérêt et son jugement m’atteint de moins en moins. C’est un combat de gagné.

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Un fiasco à la hauteur de mon degré de naïveté

Tout le monde s’en doutait sauf moi. La journée avait été belle, remplie de moments que j’avais pris plaisir à faire revivre sur mon cahier de petits bonheurs.

Je savais que ce coup de fil ne serait pas révolutionnaire mais j’avais voulu croire qu’il pourrait être le premier pas vers un mieux.

Ca n’a pas été le cas.

J’ai eu le droit au show du Roger des grands jours, le Roger méprisant, qui fait la leçon et sait mieux que tout le monde. Le Roger qui parade tel un coq de foire, celui qui VEUT et quand lui a décidé, tout le monde doit abonder dans son sens, s’écraser comme une vulgaire serpillère.

Je m’en suis pris plein la figure. Je suis la mauvaise, mauvaise femme, mauvaise mère. C’est moi qui lui ai brisé sa vie. C’est moi qui l’ai empêché d’être un père. Mais un père est-ce que ça refuse d’appeler son enfant par son prénom?

J’aurai du le consulter avant. Avant qu’il ne m’insulte, qu’il ne me brise. Avant qu’il ne me menace?

C’est moi l’hystérique, la folle. Tout ça n’a jamais existé, il a été un bon mari. Et moi, j’ai tout gâché, en lui volant son enfant.

J’ai écouté, sans hausser le ton, sans répondre a ses propos blessants et humiliants.

Je ne vais pas mentir. Ca m’a fait terriblement mal, même si j’ai gardé ma contenance et n’ai rien laissé paraître. Ca m’a replongée un an en arrière, dans une histoire qui a fait éclater mon monde.

Il m’a fait la leçon comme a une gamine de 5 ans qui a fait une bêtise.

Je crois que le comble ça a été quand je lui ai dit que je n’avais plus aucune confiance en lui. Il m’a demandé pourquoi. Je lui ai répondu qu’il avait quand même menacé de me tuer. A l’autre bout du fil, il a éclaté de rire. Un rire qui a fait trembler mon cœur encore bien fragile. Tu m’en as tellement fait voir Marie…a-t-il osé me dire.

J’ai mis fin à la conversation. Je lui ai dit qu’on se rappellerait dans une semaine à la même heure et qu’à la fin du mois si on arrivait à dialoguer normalement (ce qui était déjà loin d’être le cas pour cette première tentative), on pourrait s’arranger pour un rendez-vous par webcam. Il a catégoriquement refusé. Il voulait savoir maintenant. Il m’a dit que si je ne voulais pas qu’il voit Boubou à la fin du mois, il ne voulait plus que je l’appelle pour lui donner de ses nouvelles.

Ça tombe bien. Au début j’ai fait tout ça pour Boubou. J’ai dépassé mes angoisses et mon chagrin. Aujourd’hui, j’ai l’impression de faire les choses pour Roger. Même si lui me trouve médiocre dans mon rôle de lien entre lui et Boubou, je considère que j’en ai fait assez et que je ne mérite pas d’être traitée de la sorte.

Il fait ce qu’il veut depuis le début et a le culot de me dicter l’avenir:

« Je veux venir voir Boubou quand je le veux, toutes les semaines ou tous les mois.

Je veux que des qu’il saura parler et marcher, tu me le confies pour 15 jours minimum. Tu pourras venir à l’hôtel, si tu veux l’accompagner.

C’est bien comme ça. Moi, je sais mieux que toi ce qui est bien pour lui et moi. Et puis je ne veux pas te dire de choses méchantes mais tu comprends qu’il faut quand même que je te les dise pour que tu saches, parce que c’est important que tu comprennes bien toutes ces choses. »

MOI MOI MOI. Ses intérêts en première ligne comme toujours. Les autres n’ont pas d’existence propre pour Roger. Nous sommes des objets qu’il pense pouvoir manipuler comme bon lui semble.

Le juge tranchera. C’est mieux comme ça. C’est à mon tour de refuser d’être traitée comme de la merde. Je ne repars pas à l’abattoir. Je refuse de servir de cobaye encore une fois.

Maintenant je comprends ces mères qui tirent un trait définitif.

Je sais que beaucoup vont continuer à croire que les choses vont s’arranger. J’ai enfin compris que Roger était un manipulateur, un être dangereux pour moi. D’ailleurs toutes celles qui ont connu le calvaire de la manipulation savaient avant moi que la partie était perdue d’avance, qu’il n’y avait aucune chance. Discuter, dialoguer avec un manipulateur est impossible.

Non, je ne me pose pas en victime, car à ma manière j’entretiens sa névrose. Je décide juste maintenant d’être seule décisionnaire de ce qui est bon pour moi et notre enfant. Si c’est la guerre qui se présente à moi, alors j’ose enfin, je prends les armes. Il ne me détruira plus et il ne détruira pas Boubou non plus…

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Communication et divorce ne font pas bon ménage

Pour parer à toute attaque, j’affirme haut et fort que certains divorces se passent bien en effet, que certains couples arrivent à se parler et à faire passer les intérêts de leurs enfants avant leurs querelles d’anciens époux. Et c’est tout à leur honneur. C’est ce dont tout le monde rêve dans une situation aussi dure à vivre que la rupture d’un mariage, d’une historie d’amour, en laquelle on a cru corps et âme (Quand même !).

Et puis il y a les autres.

Ceux qui n’arrivaient pas trop à communiquer pendant leur mariage et pour qui la communication en phase divorce est très difficile.

Et enfin les couples qui avaient une communication qui frôlait le degré de tolérance zéro pendant leur lune de miel et pour qui communiquer est devenu quasiment impossible, voir une activité à hauts risques.

Moi et Roger, on se situe là, dans cette troisième catégorie, une place que personne ne nous envie. Communiquer c’est l’essence de toute relation. Et bien pour nous, c’est pire que tout, c’est un désastre ambulant.

En même temps, si on jette un coup d’œil à ce qui se passait alors même que nous étions jeunes maries, on se dit que c’est bien normal que nous en soyons là aujourd’hui. Tout, mais quasiment tout, était de ma faute. Je n’employais jamais le bon ton, ni les bons mots, je n’étais jamais assez humble ou pondérée dans mes propos. Et si discussion il y avait, elle se terminait par moi, endossant tous les torts (parce que c’était la seule façon de ramener un semblant de paix au sein de notre foyer).

Il fallait bien se douter qu’après séparation, ça allait être pire. Il n’y avait que moi, naïve comme pas deux, pour penser que les choses allaient s’arranger et que nous allions enfin pouvoir discuter comme deux adultes.

Il n’en est rien. Et depuis un an, nous n’avons pas pu avoir une discussion en face à face ou au téléphone à propos de notre enfant.

Mais cela va changer, car demain soir à 20h30 précises, je vais appeler Roger pour m’entretenir avec lui de Boubou. Première fois en 10 mois ! Par contre, je ne me fais aucune illusion et j’ai depuis longtemps abandonnée l’idée que nous restions en bon terme. Mais le minimum syndical, je suis prête. Restes à savoir si lui aussi s’engagera sur cette voie ou si, comme souvent depuis trop longtemps, il prendra le parti de déformer tous mes propos ou décidera d’engager la discussion sur un autre sujet. La suite au prochain numéro…

Et vous, parents divorcés ou séparés, vous gérez comment la communication avec le père ou la mère de votre/vos enfants ?

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Un peu de rien et beaucoup de n’importe quoi

Une phrase qui ne veut pas dire grand-chose, quoique si tu me lis depuis quelque temps, tu auras peut-être compris que derrière cette phrase, il y un type qui commence à sérieusement me casser les pieds.

Et oui, voila venu le grand retour de Roger. Il a fait fort cette fois ci, puisqu’il a daigné sortir de sa tanière, 10 jours pile poile après notre entrevue désastreuse au tribunal.

Monsieur ne dira plus « je t’aime » – Note personnelle : ENFIN !

Monsieur a compris que dire « je t’aime » c’était bête – Note personnelle : C’est vrai que c’est con de le dire quand tu ne le penses pas !

Monsieur est prêt à bien se comporter – Note personnelle : J’attends de voir ça…

Monsieur a envie de faire des efforts pour Boubou – Note personnelle : Toujours des mots, encore des mots, les mêmes mots, rien que des mots.

Monsieur a des exigences maintenant – Note personnelle : Comme on lui cède tout, il en profite.

Monsieur VEUT – Note personnelle : Et quand Monsieur veut, on doit forcément vouloir aussi. Logique masculine (no comment).

Monsieur a décidé que désormais notre nouvelle méthode de communication serait la Webcam – Note personnelle : Je n’ai plus qu’à dire amen.

Monsieur ne veut plus ni photos, ni nouvelles. La webcam ou rien – Note personnelle : Pas de trace, pas de vague. Et si je dis non, c’est moi la méchante !

Monsieur n’entend que ce qu’il veut entendre – Note personnelle : Ni Internet, ni Webcam à la maison. J’ai compris, il veut que je sorte ma super baguette magique pour faire apparaître les éléments par miracle !

Monsieur me prend pour une conne et ne se gêne pas pour me le faire comprendre – Note personnelle : On ne change pas une équipe qui gagne.

Mais Madame en a ras le bol. Non mais, depuis quand est-ce que les absents font la loi ?

Alors Madame dit BASTA, elle a un travail, une vie à mener, un Noël à préparer, un dossier pour la crèche à remplir, des courriers (qui n’ont surement jamais été lus) à traduire, un Boubou à s’occuper, les angoisses de sa mère à gérer (Quand on vit ensemble, on n’a pas trop le choix).

Donc non, elle n’est pas superwoman et surtout elle en vraiment marre, de se coltiner, par-dessus le marché, un ex-mari qui fait ce qui lui plaît, quand ça lui plaît, et qui en plus lui fait la morale, au passage.

Madame rentre en mode  « Chacun se demmerde ! » Et elle se sent déjà beaucoup mieux…