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Scénario d’un mariage catastrophe

Il fallait se marier. C’était devenu un sujet de dispute récurrent. Enfin les disputes nous ne connaissions pas vraiment. Ni les réconciliations sur l’oreiller. Moi je connaissais le silence. Voilà à quoi j’avais le droit, à chaque fois que j’opposais des arguments qui allaient à l’encontre des idées de Roger. Un silence qui ne m’offrait ni un bonjour ni un bonsoir, un silence que je croisais dans l’escalier et qui m’ignorais, un silence rempli de mépris, qui cessait quand enfin je prenais conscience de ma « méchanceté » et demandait pardon pour « des mots qui avaient dépassés ma pensée ».

Cette idée de mariage est venue sur la table un mois après notre rencontre. Et oui, se fréquenter, c’était mal. Et c’était mal vu. J’étais la femme de l’ombre. Autour de Roger, on ne prononçait jamais mon prénom, de peur d’offenser Dieu. Le mariage était la seule solution, qui pouvait mettre fin à une situation qui allait à l’encontre d’une morale religieuse, érigée en exemple. Mais qui n’empêchait pas Roger de fumer toutes sortes de substances illicites !

Le mariage revenait à toutes les sauces. Nous avions même finis par nous séparer, un soir de pluie, parce que je refusais catégoriquement ce harcèlement et n’étais surtout pas prête à faire le grand plongeon. Tout nous séparait Roger et moi. Pas la même éducation, pas la même langue, pas la même culture, pas la même religion et pas les mêmes idées sur pas mal de choses. Et oui, moi une femme qu’on lapide ou qu’on assassine parce qu’elle a trompé son mari, je trouve ça inadmissible. Et je pense que Saddam Hussein était bel et bien un tyran qui a détruit son peuple. No comment.

Donc nous nous sommes séparés. J’ai pleuré pendant deux jours et je me suis sentie revivre, comme une fleur au printemps. J’étais sauvée. J’étais bien. J’allais recommencer à vivre. Sauf que Roger, après m’avoir traitée de fille facile (je préfère restée correcte), est revenu à la charge. Et sa douceur, sa gentillesse ont eu raison de moi. J’ai replongé, comme toute conne qui se respecte !

Nous avons repris le cours de notre vie de couple à mi-temps. Roger n’a finalement reparlé de mariage que bien plus tard. Et nous avons fait les démarches nécessaires pour que son rêve devienne réalité. Quant à moi, j’avais déjà revêtu un costume qui ne m’appartenait pas et j’aurai tout donné pour avoir la paix.

En décembre 2010, les éléments se sont déchaînés. Je n’avais parlé de ce mariage à personne, ni ma famille, ni mes amis, ni ma psy. C’est te dire si j’étais heureuse et confiante ! On m’avait trouvé un témoin d’occasion, un type que je ne pouvais pas voir en peinture, mais qui était le meilleur ami de Roger. A 1 semaine du jour J, rien n’était prêt, Roger était en déplacement, je grelottait dans mon studio qui sentait le moisi et il neigeait !

Tout allait de travers et à la dernière minute, après une brève discussion avec Roger, qui bien sûr n’a pas compris mes inquiétudes, j’ai commis l’impardonnable (et oui, nous ne sommes pas tous formidables) et j’ai tout annulé.

Plus de mariage. Plus de fête à organiser. Des larmes. Du mépris. De la distance pour réfléchir. Dix jours de silence. Dix jours de silence et Noël entre les deux, ou il a fallu faire bonne figure. Dix jours de silence et l’envie irrésistible de disparaître de la surface de la terre. Personne à qui parler. Personne à qui se confier. Le silence et mes cris. Voilà, je devenais folle. Ma grand-mère avait raison, ma grand-mère qui me poussait souvent à bout avant de me lancer « mais tu es complètement folle ma pauvre fille ». C’était écrit.

Et puis comme toujours avec Roger, les choses se sont arrangées. Il m’a laissé une dernière chance. Nous avons recommencé les démarches de A à Z et dès que je me plaignais des papiers à remplir, des rendez-vous à déplacer, des jours à poser, il ne manquait pas de me rappeler que nous en étions bien là, à cause de moi.

Et puis le jour J est arrivé. Juillet 2011. Du 1er au 11 Juillet, je ne l’ai pas vu. Il ne rentrait que pour dormir. Il préparait la fête avec ses copains et je redoutais la rencontre avec mes parents. Quand j’osais évoquer mes craintes, j’avais toujours droit à la même réponse « je fais tout pour que tu aies une belle fête et c’est comme ça que tu me remercies ». No comment une fois de plus.

La veille de notre mariage, je n’ai pas dormi de la nuit. Je suis sortie aux aurores. Je suis sortie courir. La ville était déserte. Je boxais l’air frais de ce début d’été avec mes petits poings de fille amoureuse d’un type qui ne la méritait pas. Je boxais l’air et je pleurais.

Quatre heures après, nous étions mariés pour le meilleur et le pire. J’ai eu la naïveté de croire que le pire était derrière moi, qu’au fond nous venions de gagner une bataille à deux. Je souriais aux anges. Le meilleur restait çà venir, forcément. Il me l’avait dit.

Quand les gens me disent « arrête de ressasser le passé et rappelle-toi les bons moments de ton histoire », j’ai envie de leur dire que j’aimerai bien, mais que cette foutue histoire de mariage a tout détruit avant même que nous ayons pu construire notre histoire. Les dés été pipés d’avance. J’ai été la seule à ne pas vouloir y croire. Mais je dois avouer que notre mariage était réussi, d’ailleurs c’est le seul souvenir heureux que j’ai et que je conserve sous cloche, comme un précieux trésor!

Un conseil : ne harcelez jamais quelqu’un qui ne veut pas vous épouser, là, de suite. Remballez votre orgueil et faites confiance à la vie. Ou bien cette personne est faite pour vous et n’est pas prête. Ou bien il y en a une autre qui vous attend ailleurs…

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Crédit Image – La Mariée en Colère Tumblr

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Une histoire de culture

J’avais tout mis sur le dos de la culture.

C’était sa culture qui était à l’origine de ses méfaits, de ses silences, de ses absences aussi. Je voulais y croire, pour ne pas trop lui en vouloir.

C’était sa culture qui l’oppressait, qui le mettait mal à l’aise, qui lui imposait une certaine rigueur, une certaine façon d’agir et d’être.

C’était sa culture familiale qui faisait de lui un assisté, un homme perdu sans une femme à ses côtés, répondant à chacune de ses envies, à chaque coup de gueule avec le sourire.

C’était sa culture qui le poussait à m’épouser, l’image altérée de sa religion qui l’étouffait, la pression des autres qui se répercutait sur moi.

C’était sa culture qui le forçait à paraître fort, sa culture qui l’éloignait de moi, sa culture qui le maintenait prisonnier de ses pulsions, de ses dérives.

C’était sa culture qui lui imposait de ne rien laisser passer. Si son orgueil de mâle était sali, elle lui murmurait que c’était à moi de payer.

C’était sa culture qui ne lui avait pas appris à aimer, à le montrer. C’était sa religion qui lui interdisait ceci ou cela.

C’était sa culture le problème. Alors j’aurai pu l’évincer. Au contraire, j’ai essayé de la comprendre, de l’intégrer. Mais je n’ai vu qu’une partie de sa culture, celle qu’il a bien voulu me montrer. S’aventurer plus loin, c’était comme partir au front, et je voulais la paix.

Alors je suis devenue quelqu’un d’autre. J’ai changé doucement, sans m’en apercevoir. Je suis rentrée dans les cases. J’ai dit amen à tout. Amen aux absences. Amen aux silences. Amen aux nuits solitaires. Amen aux critiques. Amen à la nourriture qu’il fallait préparer. Amen aux soirées entre copains en boîtes de nuit. Amen aux tenues imposées. Amen aux gens que je devais voir et fréquenter. Amen à ses conseils. Amen à ses envies folles. Amen aux pulsions de son corps. Amen aux nuits sans plaisir. Amen aux mensonges. Amen à son amour qui venait balayer tout le reste.

Aujourd’hui, je peux dire que ce n’est pas qu’une histoire de culture, ni de religion. Je connais un peu mieux sa culture, un peu mieux sa religion et je ne retrouve pas en elles, la moitié des limitations que j’ai connu. Sa culture est belle. sa religion est vivante.

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Un couple, c’est une alchimie particulière. Nous n’étions juste pas faits l’un pour l’autre. Trop de choses nous séparaient. L’amour ne vaut rien sans engagement ni compromis. Il ne les a pas faits. Tant pis.

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Un fiasco à la hauteur de mon degré de naïveté

Tout le monde s’en doutait sauf moi. La journée avait été belle, remplie de moments que j’avais pris plaisir à faire revivre sur mon cahier de petits bonheurs.

Je savais que ce coup de fil ne serait pas révolutionnaire mais j’avais voulu croire qu’il pourrait être le premier pas vers un mieux.

Ca n’a pas été le cas.

J’ai eu le droit au show du Roger des grands jours, le Roger méprisant, qui fait la leçon et sait mieux que tout le monde. Le Roger qui parade tel un coq de foire, celui qui VEUT et quand lui a décidé, tout le monde doit abonder dans son sens, s’écraser comme une vulgaire serpillère.

Je m’en suis pris plein la figure. Je suis la mauvaise, mauvaise femme, mauvaise mère. C’est moi qui lui ai brisé sa vie. C’est moi qui l’ai empêché d’être un père. Mais un père est-ce que ça refuse d’appeler son enfant par son prénom?

J’aurai du le consulter avant. Avant qu’il ne m’insulte, qu’il ne me brise. Avant qu’il ne me menace?

C’est moi l’hystérique, la folle. Tout ça n’a jamais existé, il a été un bon mari. Et moi, j’ai tout gâché, en lui volant son enfant.

J’ai écouté, sans hausser le ton, sans répondre a ses propos blessants et humiliants.

Je ne vais pas mentir. Ca m’a fait terriblement mal, même si j’ai gardé ma contenance et n’ai rien laissé paraître. Ca m’a replongée un an en arrière, dans une histoire qui a fait éclater mon monde.

Il m’a fait la leçon comme a une gamine de 5 ans qui a fait une bêtise.

Je crois que le comble ça a été quand je lui ai dit que je n’avais plus aucune confiance en lui. Il m’a demandé pourquoi. Je lui ai répondu qu’il avait quand même menacé de me tuer. A l’autre bout du fil, il a éclaté de rire. Un rire qui a fait trembler mon cœur encore bien fragile. Tu m’en as tellement fait voir Marie…a-t-il osé me dire.

J’ai mis fin à la conversation. Je lui ai dit qu’on se rappellerait dans une semaine à la même heure et qu’à la fin du mois si on arrivait à dialoguer normalement (ce qui était déjà loin d’être le cas pour cette première tentative), on pourrait s’arranger pour un rendez-vous par webcam. Il a catégoriquement refusé. Il voulait savoir maintenant. Il m’a dit que si je ne voulais pas qu’il voit Boubou à la fin du mois, il ne voulait plus que je l’appelle pour lui donner de ses nouvelles.

Ça tombe bien. Au début j’ai fait tout ça pour Boubou. J’ai dépassé mes angoisses et mon chagrin. Aujourd’hui, j’ai l’impression de faire les choses pour Roger. Même si lui me trouve médiocre dans mon rôle de lien entre lui et Boubou, je considère que j’en ai fait assez et que je ne mérite pas d’être traitée de la sorte.

Il fait ce qu’il veut depuis le début et a le culot de me dicter l’avenir:

« Je veux venir voir Boubou quand je le veux, toutes les semaines ou tous les mois.

Je veux que des qu’il saura parler et marcher, tu me le confies pour 15 jours minimum. Tu pourras venir à l’hôtel, si tu veux l’accompagner.

C’est bien comme ça. Moi, je sais mieux que toi ce qui est bien pour lui et moi. Et puis je ne veux pas te dire de choses méchantes mais tu comprends qu’il faut quand même que je te les dise pour que tu saches, parce que c’est important que tu comprennes bien toutes ces choses. »

MOI MOI MOI. Ses intérêts en première ligne comme toujours. Les autres n’ont pas d’existence propre pour Roger. Nous sommes des objets qu’il pense pouvoir manipuler comme bon lui semble.

Le juge tranchera. C’est mieux comme ça. C’est à mon tour de refuser d’être traitée comme de la merde. Je ne repars pas à l’abattoir. Je refuse de servir de cobaye encore une fois.

Maintenant je comprends ces mères qui tirent un trait définitif.

Je sais que beaucoup vont continuer à croire que les choses vont s’arranger. J’ai enfin compris que Roger était un manipulateur, un être dangereux pour moi. D’ailleurs toutes celles qui ont connu le calvaire de la manipulation savaient avant moi que la partie était perdue d’avance, qu’il n’y avait aucune chance. Discuter, dialoguer avec un manipulateur est impossible.

Non, je ne me pose pas en victime, car à ma manière j’entretiens sa névrose. Je décide juste maintenant d’être seule décisionnaire de ce qui est bon pour moi et notre enfant. Si c’est la guerre qui se présente à moi, alors j’ose enfin, je prends les armes. Il ne me détruira plus et il ne détruira pas Boubou non plus…

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Mon marriage Musulman

Et oui, le 21 mars 2011, je me suis mariée à la mosquée, après 2 ans sous pression. Alors bien sûr, je ne représente pas la population entière et tous les musulmans ne sont pas des tyrans en puissance. Mais je préfère encore une fois, prendre des précautions, au risque de choquer des âmes sensibles.

Quand j’ai rencontré Roger, le mot mariage est très rapidement venu faire trembler les fondations encore fragiles de notre relation. C’est certainement pour cela, que quand j’essaye de me souvenir de nos moments de bonheur, je n’arrive à mettre la main que sur du vide. Bien sûr, il y en a eu, mais ils ont été très brefs.

Pendant deux ans, je suis passée du rire aux larmes à plusieurs reprises. La religion, sa vision de sa religion, a créé un fossé entre nous, fossé qui s’est agrandi au fil des années et m’a souvent laissée désemparée et très seule.

Il voulait se marier. Et moi, je trouvais que tout arrivait trop tôt. Je n’etais pas prête. J’avais peur. Oui j’avais peur de sa culture, de sa religion, de sa place d’unique de mâle au sein de sa famille. J’avais peur de ce que je croyais être une sensibilité exacerbée, mais c’est révélé être un égoïsme dominateur.

Pendant près de 2 ans, je suis restée dans l’ombre de sa vie. J’étais là, mais je n’étais rien. Aux yeux de ses amis, j’étais une dévergondée. Sa famille ignorait mon existence et quand j’osais élever la voix, je devais faire face à un silence oppressant.

Il m’a fallu deux ans pour abdiquer.

Avant cela, j’ai sombré, j’ai menti, j’ai coupé les ponts avec ma famille, j’ai entendu mon père pleurer au téléphone et ma mère me dire les pires horreurs du monde, j’ai fait face au mépris de celui qui disait m’aimer et ne comprenait pas pourquoi j’étais si dépendante de ce que pouvait penser les gens que j’aimais le plus au monde.

J’ai encaissé et en mars 2011, j’ai dit oui. Mais ce oui, j’y ai cru. Ce oui, je l’ai prononcé en mon âme et conscience. J’avais fini par croire que nous pourrions être heureux et que cet engagement de ma part allait changer notre relation, allait renforcer notre amour.

Nous aurions pu nous marier a la Mosquée en face de chez nous. Elle proposait des cours de préparation au mariage et je trouvais ça bien.

Mais c’est Roger qui a décidé.

C’était un lundi soir. Je portais une jupe longue noire. Je suis montée dans une voiture avec Roger et deux autres hommes (nos témoins), des hommes qui étaient ses amis, et un petit garçon. Nous avons roulé longtemps, nous avons traversé la ville. Puis nous nous sommes arrêtés sur un parking. Personne ne m’a décroché un mot. Ils parlaient ensemble dans leur langue et moi, je jouais avec ce petit garçon que j’aimais bien.

Apres quelques cigarettes, nous avons repris la route. La nuit s’était belle et bien installée. Il faisait frais. Il était 21h, quand la voiture s’est arrêtée dans une impasse. Et l’attente, une attente pesante, a commencé.

Le petit garçon me parlait et me faisait rire. Les hommes faisaient leur vie, sans s’occuper de nous.

J’allais me marier devant Dieu. Et j’avais l’impression que pour eux, c’était juste une formalité de plus, un passage obligé. J’allais devenir la femme de l’homme que j’aimais, dans le secret, car quelques semaines auparavant, quand il m’avait obligé a annoncer la nouvelle a mes parents, ceux-ci n’avaient bien sûr pas approuvé ma décision.

L’Imam est arrivé et la cérémonie a eu lieu. Tout simplement. Il a récité des versets du Coran. J’ai écouté. Le petit garçon courrait dans tous les sens, encore insouciant. Il a insisté sur l’importance de la communication, du partage, sur le respect de ma religion et sur les devoirs des époux. Je me demande encore si Roger a écouté ou s’il a fait fi de tout ça. Ce qui comptait après tout, c’était bien d’être enfin respecté au sein de sa communauté, d’avoir acquis le statut de mari de… Il pouvait être fier. Il avait eu le dernier mot.

Nous sommes rentrés, les hommes riaient entre eux. Le petit garçon s’est endormi. J’ai fermé mes yeux. Je pensais que le meilleur était a venir. Je me suis trompée.

En arrivant à la maison, Roger m’a dit merci. Il avait l’air heureux. Je me suis endormie en paix, la tête au creux de son bras. La nouvelle s’est répandue rapidement. Je suis sortie de l’ombre. Je suis devenue une fille bien.

Il m’avait toujours dit que le mariage religieux suffisait, que de cette manière il se mettait en conformité avec les lois de Dieu. Le civil pouvait attendre, puisqu’il m’aimait, puisque rien d’autre ne comptait.

Cet état de félicité n’a pas duré longtemps. Quelques semaines plus tard, nous remplissions les papiers pour le mariage civil.

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Ces couples mixtes qui durent

Je l’avoue, quand je lis des histoires de couples mixtes qui fonctionnent, ca me fait un peu mal au cœur. C’est comme ça.

Parce que moi j’y croyais à notre histoire. Dur comme fer.

J’aimais l’idée des deux cultures. J’aimais notre avenir entre ici et ailleurs.

J’aimais la chance que j’allais offrir à notre enfant. Un enfant métisse. Deux langues. Deux religions. Deux histoires. Un enfant ouvert sur le monde.

Mais j’ai compris que pour qu’un couple mixte fonctionne, il fallait que les deux soient ouverts à la culture de l’autre, qu’il n’y ait pas de négation d’une histoire au profit d’une autre.

J’ai compris qu’il fallait être fort à deux et faire des concessions.

J’ai compris que c’était 50/50, que chacun devait faire sa partie du chemin, que si on ne se rencontrait pas au milieu, c’était foutu.

Pourtant j’ai longtemps résisté. J’ai passé sous silence trop de d’envies, par peur de déplaire. J’ai mis de côté ma religion, souhaitant mieux comprendre celle qui m’était étrangère.

J’ai acquiescé quand le débat était trop vif.

A force de trop accepter, je me suis perdue.

Cela n’a pas pour autant entaché mes idéaux. Je pense que tout est possible, à partir du moment ou chacun est prêt à faire de sa différence une force, ou les conflits sont gérés avec respect et humanité.

Un couple qui fonctionne c’est un couple qui communique, c’est deux personnes qui savent s’écouter et faire des compromis. Et je crois que c’est encore plus vrai pour un couple mixte.