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Nouveau départ

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La nouvelle est arrivée un soir de Novembre. Un coup de fil. Tout simple. C’est à lui que je l’ai dis en premier, parce que je savais qu’il comprendrait. Mais qu’il n’en ferait pas tout un flan non plus. La propriétaire reprenait son appartement.

J’ai encaissé et puis je n’y ai plus pensé pendant cinq mois. J’avais le temps et je voulais que loulou termine son année scolaire dans son école actuelle. J’ai mis de côté toutes les remarques inappropriées et je m’en suis tenue à mon intuition de mère – la seule qui vaille en la matière.

En mai, j’ai commencé les recherches, les visites, les dossiers, grandement assistée par mon père. Il fallait bien ça. Après quelques déconvenues, nous avons trouvé notre bonheur, pas très loin de Paris, à dix minutes de train, dans un quartier inconnu jusqu’alors.

Juin a été compliqué, frustrant par moments, épuisant aussi au milieu des cartons, de la chaleur et d’un blues que je n’avais pas anticipé. Il a fallu gérer la fin de l’année scolaire, les craintes des uns et des autres, les problèmes de communication, les tensions familiales, la fatigue. Dans les moments de doutes intenses, il était là, si compréhensif et raisonnable à la fois. Sa façon d’être m’apaise. Et j’ai puisé dans cet apaisement les ressources dont j’avais besoin pour tenir la cadence. Et ne pas m’écrouler avant la fin.

Loulou a été un assistant en or. Il a fait les cartons, démonté les meubles avec moi, accueilli mes plats – pas originaux pour deux sous – avec le sourire. Il a agrémenté un quotidien pesant de rires. Et j’ai réussi à lâcher prise, un peu. Par moments.

J’ai vendu, donné, fait un grand tri afin de n’emmener que le nécessaire. Je me suis quand même demandé comment j’avais pu revenir en France avec une valise pour seul bagage et emmagasiné autant en 7 ans. Sept ans quand même et six ans dans cet appartement, trouvé par relation, au milieu d’un chaos indescriptible.

En rendant les clés hier, je me suis souvenue de ces années. Des matins de détresse. Des soirées à tenter de rassembler les morceaux de ma vie. Des trois années que nous avons passé à 4 dans ces 40m2. Des mots durs et des disputes. Des départs et des silences. De la culpabilité et du sourire de loulou qui a souvent fait flancher mon coeur de maman dépassée. Des peurs très crues. Des échanges dangereux. Des remises en question constantes. Et puis une nouvelle vie à deux. Trouver ses marques, se sentir à côté de la plaque si souvent. Essayer, se planter et repartir. Hurler aussi. Se taper la tête contre les murs pour que tout s’arrête. Ne plus penser. Mourir un peu plus chaque jour.

Et puis les jours heureux aussi, les matins câlins, Renaud en boucle, les pancakes du samedi matin, nos soirées télé du samedi soir, les douceurs sucrées des voisins, les fêtes d’anniversaire, les cadeaux sous le sapin, les bêtises et les rires, les mots qu’on ne se dit pas souvent mais dont la force nous transporte. Le chemin de l’école et nos baisers papillons. L’amour qui s’invite et les sentiments qu’on n’évite pas. La confiance et se sentir invincibles. Les journées jeux en famille. Le plaisir et se blottir enfin contre un corps ami qui ne prend rien et donne tout. Son sourire au coin de la rue et tout le mauvais qui se dissipe d’un coup. La tendresse et se sentir vivant jour après jour.

Je ne laisse rien de moi derrière. Juste peut-être les heures noires qui furent les nôtres. Oui je les laisse en ces lieux. Je n’emporte avec moi que le meilleur. C’est à partir de cela que je veux bâtir demain.

Nous sommes dans notre nouveau chez nous depuis samedi. Nous prenons nos marques. Loulou aura eu le temps de se faire à son nouvel environnement avant les grandes vacances. Quant à moi il me tarde de découvrir notre environnement. Et d’aménager mon intérieur, d’y inviter les gens que j’aime. La tension baisse et je me sens plus légère…

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Les États d’Esprit du Vendredi 28.06.2019

Dernier vendredi du mois, déjà! Place aux États d’Esprits du Vendredi, avant d’aller replonger le nez dans mes cartons. Avec une pensée particulière pour The Posman et Zenopia .

Début [15h53]

Photo: livre (une de mes collègues m’a dit l’avoir beaucoup aimé – ça m’a touchée d’autant plus que peu de personnes ont passé le cap de l’achat de ce recueil!)
Fatigue : planquée au milieu de mes cartons
Humeur : bonne
Estomac: libanais, fruits, thé menthe
Esprit: dans mes cartons
Cond. phys. : marche et cartons et démontage de meubles
Boulot/ projet: cartons (oui je sais ça fait beaucoup de cartons…)
Culture:  Lecture: Les putes voilées n’iront jamais au Paradis de Chahdortt Djavann (il faut s’accrocher) / Télé: papa ou maman

Penser à: aux anniversaires qui approchent à grands pas…(j’en suis toujours là!)
Avis perso (1): j’ai vraiment écris des articles incompréhensibles cette semaine??
Avis perso (2): la méchanceté c’est moche
Avis perso (3): les parents imaginent qu’ils sont seuls au monde…

Message perso: (1) tu te fais rare, comment vas-tu? (2) heureuse de ton retour sur la blogosphère! (3) reste comme tu es!
Loulou: m’aide à faire les cartons  et emballer les meubles, n’aime pas quand ça crie trop autour de lui
Amitiés : en pensée
Love : me manque (beaucoup)…
Sorties : déménagement (ça suffit bien!)
Essentiel: rester zen!!
Courses: cadeau de fête des pères (en retard) et cadeaux d’anniversaire (en retard aussi)
Envie de: être à demain soir
Zic:

 

Fin [16h47 ]

Bonne journée, bon weekend, amusez-vous bien en pensez à moi aussi pour cette journée de folie!!

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Quand déménager s’avère un véritable casse-tête!

En plein déménagement, il me manque de la main d’œuvre. Niveau cartons et petits meubles, on se débrouille. Mais dès qu’on passe aux grosses pièces, ça coince.

Dans ces cas là (mise à part l’infime % de personnes qui te proposent leur aide et qui tiennent leurs engagements), il y a toujours plein de monde prêt à t’aider, mais personne au rendez-vous. Il y a toujours Jean-Jacques qui connait Matthias mais Matthias reste un mirage…

Il ne reste donc plus qu’à passer par Internet et là, parait-il, qu’il y a pléthore de personnes qui veulent rendre service. L’entraide ça a la côte! Mais sincèrement c’est une vaste fumisterie. Sans aucun doute, il y a des gens sympas prêts à te tendre la main, mais encore une fois c’est une minorité. Bien planquée. Encore plus quand la météo annonce une canicule. Et il y a les autres, ceux qui veulent se faire du fric (et qui ne forceront pas leur talent – c’était 2 étages qui était demandé pas 15m de plus!)

Ça, c’était pour poser le décor. Maintenant venons-en à l’annonce, qui pour moi (mais je me trompe peut-être) est claire et limpide:

“cherche 2 personnes pour monter 1 frigo-congélateur, 1 machine à laver et 1 canapé convertible au 2e étage d’un immeuble sans ascenseur”

Depuis que cette annonce est en ligne, j’ai des propositions à la pelle qui varient entre 40€ et 450€. Et à chaque fois, j’en ai 1 qui me propose son camion, 1 autre qui me dit qu’il est mon “homme” pour porter les cartons, 1 autre qui me demande quelle est ma demande exactement. Je passe plus de temps à lire des réponses complètement à côté de la plaque. Qu’à trouver mon bonheur!

Çà ne vaut pas que pour les demandes de service. Çà vaut aussi pour les annonces sur le bon coin, pour une table carré à 40€ (elle est ronde ou carré votre table?), pour des chaises (elles sont beige comment?).

Pour tout vous avouer, je suis à deux doigts de tout vendre ou de tout laisser sur place. Et je me dis quand même qu’on est vraiment une famille de cornichons, qu’on a des gens qui pourraient nous aider mais à qui on ne va surtout pas demander – parce que ça ne se fait pas (bah oui on ne va pas en plus s’éviter un peu de fun!).

Ce déménagement m’aura servi de leçon. La prochaine fois, je m’offre le luxe de déménageurs professionnels. Je suis même en train de me demander si je ne vais pas m’offrir celui d’un nettoyage en profondeur pour mon ancien appartement. Je suis en train de perdre les dernières doses de sérénité qu’il me reste…

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Un déménagement sur les chapeaux de roue – Acte 4

Donc dimanche matin, c’était semi grasse matinée et ça nous a fait du bien. Bien sur il y avait encore des paquets et cartons partout, qu’il a fallu caser ici et la. Puis mon père et moi avons repris la route, direction Levallois, pour remettre au propre le studio de ma sœur. Je n’ai jamais autant passé l’aspirateur et frotté depuis des années. Quand nous avons eu fini, il était propre comme un sous neuf (pari rempli).

Apres déjeuner, il a fallu laisser grand-père repartir et je peux vous dire que Boubou l’a senti passer. Une séparation de plus pour mon petit homme. L’après-midi a été plus tranquille, histoire de recharger les batteries avant la reprise du travail.

Lundi, la deuxième partie de ma commande a enfin été livrée et nous nous sommes retrouvés avec un salon rempli de cartons (une fois n’est pas coutume). Cela a fait un heureux – Boubou bien sur, qui a pu faire de l’escalade !

Le soir même, ma mère et moi, nous sommes mises au montage des premiers meubles. C’est tout simple IKEA mais ce n’est pas de la tarte quand même. Du coup le lendemain, ma sœur et mon beau-frère sont venus nous prêter main forte. Et en moins de deux, nous avions une table et j’allais dormir sur un vrai matelas.

Voila, mon histoire touche à sa fin. Il nous reste une colonne à monter, mais on le fera plus tard. Boubou et moi avons une jolie chambre. Il reste quelques bricoles à monter dans la cuisine, mais le rouge vif qui m’accueille le matin file la pêche !

Et puis nous avons reçu une jolie carte d’une femme au cœur gros comme…(comme les sacs que les africaines portent sur leur tête du cote de Barbes – Référence Anna Gavalda) et nous sommes heureux d’appeler ce petit coin, notre nouveau « chez nous ».

Source Flickr

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Un déménagement sur les chapeaux de roue – Acte 3

Le samedi matin, il a fallut se rendre à l’évidence, faire des courses était devenue une nécessité. Parce que si pendant 3 jours j’avais tenu avec deux repas approximatifs par jour, ca avait assez duré.

Donc mon père et moi avons pris le chemin du supermarché de bon matin, car il fallait que je sois au bureau à midi (personne n’avait pu se libérer forcement). Sauf qu’un supermarché Parisien et un supermarché Nantais, ça n’a pas du tout la même allure. Et c’est épuisant.

Nous sommes rentrés à midi et le temps de tout caser dans le réfrigérateur, mon beau-frère a sorti la plaque vitrocéramique et sur un ton très serein, nous a annoncé qu’elle était en mille morceaux. Encore un rebondissement dont je me serais passé. Ma mère et ma sœur ont du aller l’échanger a l’IKEA le plus proche (vous avez vu un IKEA proche sur Paris !), pendant que je m’occupais de l’espagnol venu bosser un samedi sur Paris et que les hommes continuaient les travaux de la cuisine.

De retour, c’est la sonnerie de la porte d’entrée qui nous a une fois de plus fait sursauter. Et en face de la porte grande ouverte, j’ai découvert la gardienne dans tous ses états. Elle ne s’est pas gênée pour m’envoyer ses quatre vérités à la figure pour des cartons entassés dans le local poubelle, cartons que nous n’avions pas mis d’ailleurs. Elle n’a pas pris la peine de m’écouter mais a fini par trouver le fautif et s’est platement excuser en croisant mon père dans l’escalier le lendemain matin.

A ce stade j’étais à cran et avec Boubou qui n’arrêtait pas d’hurler, j’avais envie de m’effondrer en pleurs. Mais comme d’habitude j’ai tenu le coup. Et puis les parents de mon beau-frère sont arrivés (première rencontre avec mes parents !) et j’ai pu souffler un peu. Même si j’aurai aimé être à dix mille lieux de l’endroit ou je me trouvais.

Cette nuit la j’ai profondément bien dormi et ne me suis réveillée que pour l’heure du biberon de Boubou, d’attaque pour la dernière journée de mon weekend, pas reposant pour deux sous. Suite et fin demain…

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Un déménagement sur les chapeaux de roue – Acte 2

Tu penses qu’un studio, ce n’est rien à vider. Et bien tu te trompes. A 8h30, nous étions près pour le grand marathon.  10 cartons, 4 valises, des meubles en 100 et 1 morceau et 20 voyages en ascenseur plus tard, le hall de l’immeuble ressemblait à la caverne d’Ali Baba.

Mon beau-frère (je pense que dans un futur très proche, il le deviendra officiellement), ma sœur, mon père et moi, n’avons pas chômé. Nous avons quitté Levallois sur les coups de midi et à 14h, tout était monté au 4e étage, dans mon nouveau chez moi, qui ressemblait à un vrai champ de bataille.

Pendant que les hommes s’affairaient à monter la cuisine, nous en avons profité pour faire le reste du ménage et commencé à ranger les affaires. Au milieu de tout ce bazar, mon petit Boubou était un peu paniqué et commençait à en avoir ras le bol de s’enfiler des petits pots Bledina (qu’est ce que tu veux, c’est ca d’être habitué au fait maison !).

Et puis il y a eu le deuxième hic, celui qui a transformé les plans bien étudiés de ma super cuisine. Il a fallu scier, percer, changer d’avis un nombre incalculable de fois. Quand on a fini par trancher, il était 20h.

Je piquais du nez sur le canapé quand on a sonné à la porte. Je me suis retrouvée en face d’une voisine hyper-énervée, qui avait un mal de crane terrible et me suppliait d’arrêter son calvaire, en cessant les travaux. Depuis le matin, elle n’en pouvait plus. Sauf que nous, nous n’avions commencé à percer que depuis quelques minutes. Enfin ça ne servait a rien d’argumenter.

J’ai couché le petit prince, heureux de retrouver son lit et son mobile, après une journée bien agitée. Nous avons mangé et j’ai retrouvé avec bonheur mon matelas gonflable. Si je n’avais pas été réveillée par les ronflements en intermittence de mon père, puis de ma mère, j’aurai pu bien me reposer. Mais au lieu de ca, à 6h j’étais prête et j’avais déjà la tête dans les cartons de cuisine ! La suite demain…

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Un déménagement sur les chapeaux de roue – Acte 1

Le compte à rebours a commencé jeudi matin. Apres un passage éclair au boulot (et oui c’est toujours quand on a prévu de s’absenter qu’il y a un truc de dernière minute à gérer), j’ai filé dans mon nouveau chez moi, avec mon sac rempli de produits ménagers.

Il était 10h02. A 10h05, le livreur était devant chez moi, avec une commande que je n’attendais que samedi matin. Le début des réjouissances !

Mon salon s’est retrouve envahi en moins de 10 minutes et la commande qui devait m’être livrée ce jour était perdue dans la nature. Apres 10 coups de fils qui n’ont servi a rien, j’ai eu la confirmation qu’il y avait eu une erreur dans la gestion de mes commandes et que le reste n’arriverait que lundi matin.

J’ai fini par capituler devant le manque de professionnalisme de tous ces abrutis et j’ai enfilé mes gants de ménage, prête à faire briller ma cuisine, qui croulait sous un amas de crasse et de poussière. Au bout d’une heure, j’ai eu fini de nettoyer 50 carreaux, soit ¼ de la surface de ma cuisine.

Apres un petit coup de mou, un coup de fil m’a avertie que la caravane familiale était sur le point d’arriver. Se garer dans une rue a sens unique, avec des voisins pas très aimables, nous a déjà valu quelques minutes sombres. Puis le visage de mon trésor est apparu et F*** le reste du monde !

Une fois valises et meubles montés, nous avons repris notre atelier ménage. Quant au Prince, il était heureux de retrouver son lit pour une sieste bien méritée.

La nuit est tombée. Nous avons laisse ma mère et le petit prince dans l’appartement, pour aller dormir dans le studio de ma sœur, que nous devions vider le lendemain matin. Dans le couloir, sur un matelas de camping, j’ai dormi du sommeil du juste, jusqu’à ce que les ronflements de mon père me réveillent à 3h du matin. La suite demain…