Les reliquats de la violence conjugale

Crédit Marie Kléber

Je voudrai pouvoir me dire – je tente même de m’en persuader – qu’il ne reste rien ou si peu de ces 4 années, 8 si l’on compte le divorce. Et pourtant elles sont là, bien accrochées, mes peurs et angoisses. Elles se font toutes petites la plupart du temps, puis crèvent l’écran.

Parfois elles sont dans un cri trop brusque, un acte banal qui fait ressortir une foule de souvenirs, dans une réaction disproportionné, dans un possible imaginé, dans une colère qui vient de je ne sais où et qui se déverse sur le papier ou cogne contre un mur. Personne n’y verra rien. Personne n’avait rien vu à l’époque. Elles sont dans les larmes qui s’abattent froidement sur la toile cirée et donnent un coup de massue à mes pensées.

Un silence, les mots qu’on a gardé, la fatigue, un malaise ou l’idée d’un malaise, on a tellement été habitué à ce que chaque mot soit pris de travers. L’angoisse revient. Qu’est-ce qu’il faut faire déjà? Qu’est-ce qu’il faut dire ou ne pas dire? S’excuser? Est-ce que demain tout se sera éteint?

J’ai beau savoir que rien n’est pareil, qu’aucune donnée d’aujourd’hui n’est la même à plusieurs niveaux, j’ai encore parfois cette sensation désagréable du passé. Combien de pas en avant qui semblent insignifiants quand il ressurgit, sans crier gare?

Alors je laisse couler l’eau. Je me sens seule parfois, seule avec ce chaos, ces images que je ne partage avec personne, ce traumatisme qui demeure. Pas de coup, pas de preuves. Juste une main qui étreint un peu fort. La haine dans les yeux de quelqu’un peut faire plus mal qu’un coup de poing bien placé. Le silence glaçant a le pouvoir d’anéantir un élan.

Un évènement anodin est venu réveillé le choc. Vivre avec, rien de plus, rien de moins. Apprendre à accueillir ces temps d’entre-deux, ces émotions vives qu’un grain de sable peut déclencher. Ne pas se décourager surtout. Le chemin de la guérison est fait de victoires et de rechutes. Respirer surtout et doucement laisser le passé regagner sa place. Et se réveiller plus fort encore une fois.

 

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Il était une fois: un souhait…

Crédit Pixabay

Il est là, posé sur le monde, sur un fil invisible entre ciel et terre. Il est là, solitaire, avant d’être rejoint par un, puis deux, puis dix, puis mille autres. Il attend le souffle du vent ou celui d’un baiser. Dans sa bulle d’or, il contient tout ce que le cœur sait.

Il est un souhait.

Le premier souhait.

Il est un souhait de paix, celle qui fait tant défaut au Monde.

Il est un souhait d’amour, d’étreintes rassurantes ou passionnées, de tendresse, de force, de sentiments – intenses, d’émotions, de vibrations, de sensations.

Il est un souhait de confiance, d’estime, de pardon, de résilience et d’abandon, de renaissance.

Il est un souhait du corps, le corps visible et invisible, le corps sain et épanoui.

Il est un souhait d’audace, celle qui nous emmène sur des routes moins fréquentées, des collines verdoyantes ardues à gravir et en haut desquelles la vue est époustouflante.

Il est un souhait de joie, de sourires, de câlins qui chatouillent, de baisers mouillés, de retrouvailles, de fous rires, de découvertes, de lâcher prise, de temps partagé, de longues balades dans la nature, de regards échangés, de complicité, de mains qui se serrent, d’embrassades qui s’éternisent, de fêtes improvisées.

Il est un souhait de bienveillance et d’urgence de vivre l’instant, de ralentir, de regarder autour de soi, de s’enivrer de l’éphémère, des joies simples et singulières.

Il est un souhait de mots, écris, lus, à lire, de créations, d’essais, d’histoires à raconter, de destins croisés.

Il est un souhait de liberté, de prospérité, pour toujours enthousiaste.

Il est un souhait enrobé de dentelles, contenu dans un nuage de douceur, traversé par un arc en ciel, un souhait pétillant et vivifiant, un souhait qui se balance dans l’air frais de janvier, un souhait tout en chaleur humaine.

Il est un souhait de moi à toi, à chacun d’entre vous.

Un souhait qui comme une bulle de savon viendrait s’échouer entre vos bras pour que 2019 soit une année lumineuse et riche de tout ce que vous souhaitez voir se réaliser!

 

Chaque matin de lui

Copyright Marie Kléber

Chaque matin, au réveil, je le regarde, se réveiller.

Comme un cadeau. Un cadeau que je redécouvre chaque matin. Un peu différent de la veille.

Je pose mes yeux sur lui. Je prends ce temps, avant que tout ne tourne trop vite.

Un jour de plus. Voilà ce qu’il gagne.

Et chaque jour compte à le regarder grandir.

Être au monde. Petit être que je tenais il y a six ans à peine contre mon cœur cabossé.

Ses mimiques et la façon dont il a de dire « je comprends rien » avec le sourire.

Ses chansons phares, ses rythmes fous.

Ses prises de position. Bien senties.

Même si parfois je sors de mes gonds, je n’arrive pas à gérer mes frustrations, même si parfois je perds le contrôle, si j’aimerai qu’il soit plus ci ou ça, comme ci ou comme ça, parce que ce serait plus simple…

J’admire cette capacité qu’il a à s’affirmer.

Et je ne peux que lui souhaiter de ne jamais être, juste pour me faire plaisir.

De suivre sa voie, celle qui le fera vibrer, celle qu’il aura choisie.

Je ne suis là que pour l’accompagner, le guider.

Je suis ses racines, jusqu’à ce qu’il ai des ailes pour s’envoler.

Confidences (et sondage)

Crédit Pixabay

Tu es la première personne…

A qui je peux tout dire. Tout confier.

Avec qui je peux tout partager.

Avec laquelle je peux être tout ce que je suis.

Avec laquelle je peux être qui je suis.

Alors je te dis tout. Je te confie tout.

Je partage, j’écris, je me livre sans détour.

Tu accueilles tout avec une légèreté qui me séduit.

Rien ne semble alors à tout jamais écrit.

Tout peut changer.

Nous pouvons tout réaliser

Nous laisser transformer par la vie…

Et vous, qu’en est-il dans votre couple?

Sois heureux et tais-toi! Ou pas!

Crédit Pixabay

J’ai l’impression que quand on est bien dans sa vie, on a qu’un droit c’est de la fermer – Quand on va mal aussi, au bout d’un moment ça saoule les gens…Après tout, c’est vrai, quand on est heureux pourquoi on viendrait faire chier les autres avec notre monde de « bisounours » ! Sauf que le bonheur quand il est là, il ne fait pas non plus de notre quotidien un conte de fées sans faille. Un bonheur, comme une vie, ça se construit. N’en déplaise à certains, on n’a pas juste à claquer dans les doigts pour avoir ce qu’on souhaite.

J’ai passé 25 ans de ma vie à m’inventer une vie autre que celle que j’avais, parce que le bonheur ce n’était pas vendeur. Dans la vie il fallait lutter. Alors j’ai lutté. On peut même dire que souffrir est devenu un moteur. Et puis c’est bien, parce que les évènements se sont parfaitement enclenchés, je n’ai pas eu une minute de répit. Autour de moi, c’était même bien vu d’en baver. Plus c’était compliqué et plus tu pouvais être fier de toi pour t’en être sorti. Avec le recul c’est complètement insensé comme mode de fonctionnement. J’en ai aussi voulu à la terre entière. C’est pratique et déculpabilisant à souhait ! Tu n’es responsable de rien, tu as juste à te laisser porter par le chaos ambiant, à maintenir un tant soit peu la tête hors de l’eau. Et le tour est joué. En plus tu as plein de copains qui en bavent aussi et de gens qui se nourrissent de ton malheur. C’est clairement beaucoup plus vendeur que les bonnes nouvelles !

Alors aujourd’hui, je considère que ma sérénité, ma paix, mon équilibre, je les ai bien gagnés. Pour remonter la pente, j’ai dû prendre sur moi et rebâtir tout ou presque. Ce n’est pas pour autant que je ne suis pas à l’écoute d’autrui et que je ne peux pas comprendre certaines choses. Même si mes « conseils » sont teintés de mon expérience – nous en sommes tous là. Pour avoir moi-même touché le fond de la piscine, je sais l’énergie qu’il faut déployer pour remonter brasse après brasse, sans toujours se sentir ni soutenu ni encouragé. Des tasses j’en ai avalé. Des rechutes j’en ai connu. Qu’est-ce qui m’a fait tenir ?

Peut-être l’idée qu’il faut avancer tout simplement. Ou que mes efforts à terme porteraient leurs fruits. Bien sûr certains me diront que j’avais le meilleur moteur sous les yeux, mon enfant. Encore une chose qui fait que je devrai la boucler – parce que tant n’ont pas cette chance. Je devrai peut-être m’excuser d’exister aussi ! C’est vrai que ça m’a boosté. Ça m’a terrorisé aussi, bien des fois.

Nous avons tous notre lot de soucis, de doutes et de chagrins. Parfois c’est évident et parfois ça ne l’est pas. Nous avons tous notre conception de ce qu’est une vie réussie, équilibrée. Comme nous avons tous une idée du bonheur. Pour certains, il est à portée de main, c’est un état d’esprit, une manière d’être. Pour d’autres c’est une quête sans fin.

Je pourrai reculer, laisser les autres définir ce que je dois dire ou pas, partager ou pas. Sauf que j’ai trop fermé ma gueule par le passé. Personne n’est obligé ni de m’écouter, ni de me lire. Si on trouve que je vais trop loin, je suis capable de l’entendre. Je n’ai pas la science infuse ni le monopole du savoir. Je pense être ouverte à la discussion. J’ai depuis peu intégré qu’on pouvait ne pas être d’accord, sans que cela n’altère les sentiments.

Voilà, moi, je ne me tairai pas. Je continuerai à écrire ici le beau comme le moins beau, car comme je le disais en commentaire sur cet article – l’écriture est ma façon de faire entendre ma voix et celle des autres. C’est trop précieux pour que j’y renonce!

Pourquoi je ne me confie presque plus ?

Crédit Pixabay

J’ai fait le constat récemment que je me confiais très peu à mes proches, mes amies. Est-ce un choix ?

Oui. Par rapport à ma famille. Un choix de protection. Tout en ayant pardonné beaucoup de choses, certains mots sont ancrés en moi à l’encre indélébile. Et je sais aussi que le risque du chaos n’est jamais loin. Maintenant que j’arrive à le tenir à distance, je ne souhaite pas qu’il réintègre mon quotidien.

Par rapport à mes amies, je ne sais pas. L’éloignement peut-être. Un coup de fil tous les six mois ne permet pas de dire ce que l’on a sur le cœur. Ou bien la peur d’être jugée. Oui je sais les amies ne sont pas là pour ça. Mais parfois les mots dépassent la pensée. Ils n’ont pas pour but de faire mal et pourtant leur impact est douloureux. Ça aussi je n’en veux plus.

Je me rends compte que je garde beaucoup pour moi. Cette année a été riche de belles choses et de gros moments de doute aussi. Je ne les ai partagés qu’avec lui. J’ai cette chance aujourd’hui.

Alors j’écris beaucoup. Ici et ailleurs. J’ai tu des choses par peur que les mots des autres ne viennent me chambouler davantage. J’ai préféré écouter ma voix, trouver du confort dans ma bulle. J’ai eu peur du rejet.

Est-ce un manque de confiance ? Peut-être. Avec le temps, j’ai encaissé beaucoup. J’ai gardé mes amitiés intactes le plus souvent, en taisant ce qui agitait mon cœur. Les conseils et avis à l’emporte-pièce, très peu pour moi. Même si l’intention est bonne. Je n’ai pas besoin que mes amies adhèrent à mes choix, ni qu’elles me disent que ce ne sont pas les bons.

Peut-être que c’est moi qui n’ai pas eu assez confiance en moi à un moment donné. Pourtant en amitié je crois me montrer telle que je suis, la plupart du temps. Mais pourrais-je tout dire ? Tout partager ? Je ne sais pas, encore une fois. Je suis partagée.

Je crois que je n’ai plus peur de perdre mes amies. Je me dis que la vie est ainsi faite que certaines personnes restent, d’autres partent. Je ne voudrai juste pas payer les pots cassés.

J’essaie souvent de me mettre à la place des autres. Et si c’est à moi que certains ne souhaitaient pas se confier. Je me rends compte là aussi que peu se confient, peu m’appellent moi aussi quand tout va de travers dans leur vie. Ou bien quand le bonheur inonde leurs jours.

Une remise en question est-elle nécessaire ? Ou bien c’est juste la vie qui est ainsi?

Merci pour le croissant !

Je l’ai savouré sur le chemin du bureau. Je ne mange jamais un croissant d’une traite, j’y vais en douceur. Je découpe des petits morceaux avec mes doigts. C’est ma manière de faire durer le plaisir. J’ai retrouvé avec délice le goût du beurre, la texture de la pâte, croustillante. J’ai respiré l’odeur de cette gourmandise matinale offerte – avec son sourire en prime.

Je n’ai pas résisté à l’envie d’écrire. Elle se fait toujours pressante. Je me dis souvent qu’il faudrait lever le pied. Toutefois les mots sont là, je ne peux les retenir. Et puis j’en ai mare des “il faudrait”.

En déposant Loulou à l’école, sa maitresse, pleine de bienveillance m’a parlé de ses premières impressions. Depuis l’année dernière, je redoute le corps enseignant, sa norme qu’il dispense à tout va dès qu’un enfant est un poil différent – ne le sont-ils pas tous à cet âge-là ? Je la trouve intéressée par les enfants, les parents. Elle prend le temps depuis cinq jours de dire “bonjour”.

On sous-estime trop souvent l’impact d’un sourire, d’un regard, d’une attention. Soyons plus attentifs aux bonheurs du quotidien. Et la vie prendra une autre saveur.

Quand je serai grand(e)…

Crédit Pixabay

Combien d’entre nous pensent que nous sommes trop « tellement de choses » pour ne pas pouvoir vivre une vie en accord avec nos aspirations, pour ne pas avoir le droit de rêver, d’aimer, d’être aimé. On s’est tous dit un jour ou l’autre « à tel âge je serais ici ou là, j’aurais réussi  ci ou ça, j’aurais telle ou telle chose ». Le constat n’est pas toujours à la hauteur de nos idéaux. Est-ce un mal ?

Nous ne voulons surtout pas rentrer dans des cases, en pensant que nous valons mieux, mais quand les cases ne veulent pas de nous, nous nous sentons frustrés, bons à rien, sans intérêt, inaptes au bonheur.

Tout le monde ne souhaite pas la même chose. Nos valeurs nous sont propres comme ce qui a de l’importance à nos yeux. Il n’existe pas de modèle à suivre, ni de guide pratique pour avoir la vie d’un tel, vie qu’on imagine le plus souvent mais dont nous ne connaissons rien. Derrière le masque, le sourire de façade, il y a tout ce que l’on cache si bien pour que les autres ne s’y attardent surtout pas.

On se dira parfois qu’une vie fait envie et puis en se rappelant qui nous sommes, nous comprendrons que ce chemin-là, pris par d’autres, ne nous conviendrait pas. Il n’existe pas de bons ou de mauvais choix, juste des expériences tentées, avortées ou réussies, des expériences qui nous forgent à chaque instant.

Comment vouloir avancer au même rythme quand on n’a pas la même histoire, ni la même donne de départ ? Comment vouloir dépasser ce qui nous empêche d’avancer sans y faire face une bonne fois pour toute ?

Tant de gens prennent tant de voies déjà conquises, balisées par peur. Tant de gens ne prennent la mesure de la vie qu’une fois au bord du précipice. Tant de gens fuient, s’excusent d’exister, vivent en marge, se lassent face à un combat qu’ils croient perdu d’avance. Parce qu’à tel âge, ils ne sont pas ici ou là, ils n’ont pas réussi ci ou ça, ils n’ont pas telle et telle chose ou telle ou telle personne à leurs côtés.

Notre parcours de vie n’appartient qu’à nous. Il est le fruit de nos errances et de nos chances, de nos espoirs et notre chaos, de nos histoires personnelles, de nos passés, de nos choix et de nos défaites, des sentiers pris, communs ou de traverse. Rien n’est linéaire. Rien n’est mieux qu’autre chose. Rien n’est parfait. Tout est à écrire chaque jour, selon ce qui nous semble juste pour nous, sans s’occuper de ce que le reste du monde pense ou juge « bon » ou pas.

Nous n’avons pas de date limite pour faire telle ou telle expérience. Nous pouvons tout nous permettre, tout essayer, tout oser, tout créer. Le tout est juste de ne pas baisser les bras. Même quand tout nous pousse à le faire. Le tout est d’y croire sans relâche et de se dire que ce dont nous rêvons, nous le méritons. Comme tout un chacun.

Le pouvoir entre nos mains

Comment dans notre pays de droits
En sommes-nous arrivés là ?
Laisser des Hommes pourrir sur des trottoirs
Des gens mourir de désespoir

Nous nous révoltons
Contre l’État – les Institutions
Qui laissent la misère s’installer

Que faisons-nous contre ?

Nous n’osons même plus un regard
Nous passons sans les voir
Ces mendiants de l’essentiel
Aux existences pestilentielles

Nous demandons de l’attention
A l’État – Aux Institutions
Qui laissent la violence s’insinuer

Que faisons-nous pour ?

Nous pourrions gratifier d’un sourire
D’un bonjour sincère
Les enfants dont les rires
Inondent les heures de galère

Nous pourrions au moins
Les regarder
L’humanité au creux de nos mains
Les accepter

Sans attendre que d’autres
L’État – Les Institutions
Abolissent ces exactions

Grandir avec lui

Copyright Marie Kléber

Le laisser être, petit homme (petite femme) en devenir, qui s’insurge contre un « non » qu’il considère inadapté à sa demande somme toute recevable, mais à laquelle du haut de nos idées de grands, nous refusons d’accéder.

Le laisser vivre et exprimer la joie, la colère, le chagrin, même si celui-ci nous parait vain. Qui sommes-nous pour juger de ce qu’il ressent, du haut de ses quelques printemps ?

Le laisser s’accorder au monde, sans lui imposer une manière d’être. En lui inculquant les règles du bien vivre ensemble et des valeurs qui nous sont chères. Sont-elles celles des autres ? Valent-elles plus ou moins ? Ou rien de tout cela. Tant qu’il est question d’être en accord avec soi.

Le laisser trouver sa place au sein d’un espace, d’un groupe. Ne pas le brusquer tout en l’invitant à dompter ses peurs. Ne pas lui refiler les nôtres. Essayer au moins.

Le laisser grandir, à son rythme, sans toujours vouloir qu’il soit en avance, qu’il saute une classe, qu’il soit plus intelligent, plus sûr, plus éveillé, plus manuel, plus créatif, plus aventurier, plus câlin, moins casse-cou que les autres.

Puis le regarder, poser les yeux même quand tout autour nous invite à courir. Lui donner l’essentiel. Ne pas le trahir. Lui donner des ailes pour qu’il puisse voyager dans ces nombreux pays que seuls les enfants savent imaginer. Attendre qu’il revienne pour sa dose d’amour quotidienne qui lui donnera les clés pour grandir serein.

L’écouter. Dans les rires du jour. Et le silence du soir. Dans ce qu’il dit et ce qu’il tait. Dans ses impressions et ses appréhensions. Dans ses victoires et ses échecs. Dans ses idéaux (en essayant de ne pas perdre les nôtres en chemin). Dans ses aspirations et ses craintes. Dans ses forces et ses faiblesses. Dans ce qu’il a de nous et ce qui n’est qu’à lui.

Lui laisser la place et prendre la nôtre. Dans un équilibre sans cesse renouvelable, un rythme modulable.

Faire de son mieux aussi et croire en soi surtout.