Confidences (et sondage)

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Tu es la première personne…

A qui je peux tout dire. Tout confier.

Avec qui je peux tout partager.

Avec laquelle je peux être tout ce que je suis.

Avec laquelle je peux être qui je suis.

Alors je te dis tout. Je te confie tout.

Je partage, j’écris, je me livre sans détour.

Tu accueilles tout avec une légèreté qui me séduit.

Rien ne semble alors à tout jamais écrit.

Tout peut changer.

Nous pouvons tout réaliser

Nous laisser transformer par la vie…

Et vous, qu’en est-il dans votre couple?

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ÉDIT 10102018 : Ce corps que j’aime et ceux que je déteste…

En allant courir ce matin, en sentant mon corps évoluer au rythme de mes foulées sur le bitume, j’ai pris conscience que mon corps ne m’avait jamais lâché, qu’il m’avait porté au coeur du pire. Tout en étant capable de s’ouvrir à nouveau au plaisir. Ce que je déteste au final ce sont les hommes qui se permettent des choses par rapport à un corps qui n’est pas le leur. Qui l’utilisent ou le convoitent selon leur humeur, leur desir. Qui considèrent la liberté d’une femme comme une porte ouverte, qui s’offusquent de ses limites et se permettent des choses qui font d’elle un objet sans émotion, sans âme, juste un terrain de jeu pour leurs fantasmes.

Il y a certains endroits de mon corps que j’apprends encore à accepter. Quand je le regarde dans sa globalité, je le vois s’épanouir, prendre ses aises, se sentir harmonieux, trouver sa place habillé comme nu. Il n’est pas un territoire ennemi. Il est le seul bien qui m’appartient. Et je suis la seule à choisir ce que je juge bon pour lui.

1, 2, 3

Trois évènements comme une vague qui vient tout bousculer sur son passage. Et avec la vague, les larmes. Et avec les larmes, ces trois mots : Je te déteste !

Lancés dans la nuit, ils sortent enfin. Et étrangement cela me soulage.

A qui s’adressent-ils ?

A celui qui… ? Non. Son visage s’est éteint. Il n’est plus qu’un point dans ma vie.

A moi ? Peut-être. Pourtant je me suis pardonné tout ça. Je crois. Je me trompe?

Ces trois mots c’est mon corps qu’ils visent, mon corps qui s’est donné, au creux des nuits et des jours, croyant trouver dans un corps à corps amoureux – était-il vraiment question d’amour ? – un quelconque apaisement. Alors oui, je déteste mon corps pour ne pas avoir dit non, pour avoir continué cette mascarade, avoir vainement attendu un respect illusoire. J’aurai pu dire stop, même si cela aurait été vu comme une déclaration de guerre. J’aurai pu garder ma dignité, ne pas m’infliger cette torture d’un corps utilisé pour un plaisir fugace et qui au petit matin est  à nouveau méprisé, regardé comme une faille. Le partage est un espoir fou qui va me maintenir en vie pendant 4 ans. Au bout du compte je n’aurai plus de force, plus d’envie, je me laisserai faire comme une poupée et je noierai ma honte dans un mensonge.

Il serait faux de dire que je n’ai pas parcouru de chemin. Je le sais. Son regard a changé mon regard. Parce qu’il voit au-delà de mon corps, mon corps s’est réveillé d’un long sommeil. Il a repris ses aises et les blessures ont cicatrisé. Il se donne dans tout ce qui avait auparavant été ignoré. La peur, la honte, le dégoût ont été balayés par cet amour puissant, la confiance, l’échange, la possibilité de dire « non » et que ce « non » soit entendu. C’est quelque chose que je dis souvent, c’est quelque chose qui est très important pour moi. Il existe dans une vaste palettes de possibles, face à un autre corps qui l’accepte tel qu’il est.

Et pourtant…

Je reste terrifiée. Je ne fais pas confiance à mon corps. Je teste mes limites et mes limites dépassées parfois me font replonger.

Il y a encore du travail. Ce travail sur moi. Ce travail d’amour. Je pensais l’avoir fait. Les évènements, somme toutes mineurs pour la plupart des gens, sont venus réveillés les quelques blessures encore mal cicatrisées. Il fallait que ça sorte. Même si c’est douloureux.

J’ai choisi de partager cela avec vous parce que je sais que je ne suis pas la seule à avoir quémandé un peu d’attention, à avoir dit « oui » par crainte d’un affrontement, au bout duquel je serai sortie perdante et encore plus perdue. Je voudrai que mon corps ne m’ait jamais trahie, qu’il n’ait pas été piétiné par des regards inquisiteurs malsains. Je voudrai avoir pu le protéger de cette invasion ennemie qui l’a fragilisé. Je déteste mon corps et peut-être que je m’en veux de ne pas avoir su le protéger. Peut-être que je ne me suis pas pardonné.

Toutefois je sais que je me libérerai de cela, comme je me suis libérée du reste. Je sais que j’ai cette force en moi, cette envie. Je sais que je ne suis pas seule et que dans l’amour qui me lie à lui, je peux puiser tout ce dont j’ai besoin pour émerger à nouveau. Les fondations ont été bousculées. Elles restent solides, ancrées. Aujourd’hui, je fais le choix de réapprendre à aimer mon corps et à lui faire confiance, à m’aimer et à me faire confiance.

Sois heureux et tais-toi! Ou pas!

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J’ai l’impression que quand on est bien dans sa vie, on a qu’un droit c’est de la fermer – Quand on va mal aussi, au bout d’un moment ça saoule les gens…Après tout, c’est vrai, quand on est heureux pourquoi on viendrait faire chier les autres avec notre monde de « bisounours » ! Sauf que le bonheur quand il est là, il ne fait pas non plus de notre quotidien un conte de fées sans faille. Un bonheur, comme une vie, ça se construit. N’en déplaise à certains, on n’a pas juste à claquer dans les doigts pour avoir ce qu’on souhaite.

J’ai passé 25 ans de ma vie à m’inventer une vie autre que celle que j’avais, parce que le bonheur ce n’était pas vendeur. Dans la vie il fallait lutter. Alors j’ai lutté. On peut même dire que souffrir est devenu un moteur. Et puis c’est bien, parce que les évènements se sont parfaitement enclenchés, je n’ai pas eu une minute de répit. Autour de moi, c’était même bien vu d’en baver. Plus c’était compliqué et plus tu pouvais être fier de toi pour t’en être sorti. Avec le recul c’est complètement insensé comme mode de fonctionnement. J’en ai aussi voulu à la terre entière. C’est pratique et déculpabilisant à souhait ! Tu n’es responsable de rien, tu as juste à te laisser porter par le chaos ambiant, à maintenir un tant soit peu la tête hors de l’eau. Et le tour est joué. En plus tu as plein de copains qui en bavent aussi et de gens qui se nourrissent de ton malheur. C’est clairement beaucoup plus vendeur que les bonnes nouvelles !

Alors aujourd’hui, je considère que ma sérénité, ma paix, mon équilibre, je les ai bien gagnés. Pour remonter la pente, j’ai dû prendre sur moi et rebâtir tout ou presque. Ce n’est pas pour autant que je ne suis pas à l’écoute d’autrui et que je ne peux pas comprendre certaines choses. Même si mes « conseils » sont teintés de mon expérience – nous en sommes tous là. Pour avoir moi-même touché le fond de la piscine, je sais l’énergie qu’il faut déployer pour remonter brasse après brasse, sans toujours se sentir ni soutenu ni encouragé. Des tasses j’en ai avalé. Des rechutes j’en ai connu. Qu’est-ce qui m’a fait tenir ?

Peut-être l’idée qu’il faut avancer tout simplement. Ou que mes efforts à terme porteraient leurs fruits. Bien sûr certains me diront que j’avais le meilleur moteur sous les yeux, mon enfant. Encore une chose qui fait que je devrai la boucler – parce que tant n’ont pas cette chance. Je devrai peut-être m’excuser d’exister aussi ! C’est vrai que ça m’a boosté. Ça m’a terrorisé aussi, bien des fois.

Nous avons tous notre lot de soucis, de doutes et de chagrins. Parfois c’est évident et parfois ça ne l’est pas. Nous avons tous notre conception de ce qu’est une vie réussie, équilibrée. Comme nous avons tous une idée du bonheur. Pour certains, il est à portée de main, c’est un état d’esprit, une manière d’être. Pour d’autres c’est une quête sans fin.

Je pourrai reculer, laisser les autres définir ce que je dois dire ou pas, partager ou pas. Sauf que j’ai trop fermé ma gueule par le passé. Personne n’est obligé ni de m’écouter, ni de me lire. Si on trouve que je vais trop loin, je suis capable de l’entendre. Je n’ai pas la science infuse ni le monopole du savoir. Je pense être ouverte à la discussion. J’ai depuis peu intégré qu’on pouvait ne pas être d’accord, sans que cela n’altère les sentiments.

Voilà, moi, je ne me tairai pas. Je continuerai à écrire ici le beau comme le moins beau, car comme je le disais en commentaire sur cet article – l’écriture est ma façon de faire entendre ma voix et celle des autres. C’est trop précieux pour que j’y renonce!

Pourquoi je ne me confie presque plus ?

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J’ai fait le constat récemment que je me confiais très peu à mes proches, mes amies. Est-ce un choix ?

Oui. Par rapport à ma famille. Un choix de protection. Tout en ayant pardonné beaucoup de choses, certains mots sont ancrés en moi à l’encre indélébile. Et je sais aussi que le risque du chaos n’est jamais loin. Maintenant que j’arrive à le tenir à distance, je ne souhaite pas qu’il réintègre mon quotidien.

Par rapport à mes amies, je ne sais pas. L’éloignement peut-être. Un coup de fil tous les six mois ne permet pas de dire ce que l’on a sur le cœur. Ou bien la peur d’être jugée. Oui je sais les amies ne sont pas là pour ça. Mais parfois les mots dépassent la pensée. Ils n’ont pas pour but de faire mal et pourtant leur impact est douloureux. Ça aussi je n’en veux plus.

Je me rends compte que je garde beaucoup pour moi. Cette année a été riche de belles choses et de gros moments de doute aussi. Je ne les ai partagés qu’avec lui. J’ai cette chance aujourd’hui.

Alors j’écris beaucoup. Ici et ailleurs. J’ai tu des choses par peur que les mots des autres ne viennent me chambouler davantage. J’ai préféré écouter ma voix, trouver du confort dans ma bulle. J’ai eu peur du rejet.

Est-ce un manque de confiance ? Peut-être. Avec le temps, j’ai encaissé beaucoup. J’ai gardé mes amitiés intactes le plus souvent, en taisant ce qui agitait mon cœur. Les conseils et avis à l’emporte-pièce, très peu pour moi. Même si l’intention est bonne. Je n’ai pas besoin que mes amies adhèrent à mes choix, ni qu’elles me disent que ce ne sont pas les bons.

Peut-être que c’est moi qui n’ai pas eu assez confiance en moi à un moment donné. Pourtant en amitié je crois me montrer telle que je suis, la plupart du temps. Mais pourrais-je tout dire ? Tout partager ? Je ne sais pas, encore une fois. Je suis partagée.

Je crois que je n’ai plus peur de perdre mes amies. Je me dis que la vie est ainsi faite que certaines personnes restent, d’autres partent. Je ne voudrai juste pas payer les pots cassés.

J’essaie souvent de me mettre à la place des autres. Et si c’est à moi que certains ne souhaitaient pas se confier. Je me rends compte là aussi que peu se confient, peu m’appellent moi aussi quand tout va de travers dans leur vie. Ou bien quand le bonheur inonde leurs jours.

Une remise en question est-elle nécessaire ? Ou bien c’est juste la vie qui est ainsi?

Merci pour le croissant !

Je l’ai savouré sur le chemin du bureau. Je ne mange jamais un croissant d’une traite, j’y vais en douceur. Je découpe des petits morceaux avec mes doigts. C’est ma manière de faire durer le plaisir. J’ai retrouvé avec délice le goût du beurre, la texture de la pâte, croustillante. J’ai respiré l’odeur de cette gourmandise matinale offerte – avec son sourire en prime.

Je n’ai pas résisté à l’envie d’écrire. Elle se fait toujours pressante. Je me dis souvent qu’il faudrait lever le pied. Toutefois les mots sont là, je ne peux les retenir. Et puis j’en ai mare des “il faudrait”.

En déposant Loulou à l’école, sa maitresse, pleine de bienveillance m’a parlé de ses premières impressions. Depuis l’année dernière, je redoute le corps enseignant, sa norme qu’il dispense à tout va dès qu’un enfant est un poil différent – ne le sont-ils pas tous à cet âge-là ? Je la trouve intéressée par les enfants, les parents. Elle prend le temps depuis cinq jours de dire “bonjour”.

On sous-estime trop souvent l’impact d’un sourire, d’un regard, d’une attention. Soyons plus attentifs aux bonheurs du quotidien. Et la vie prendra une autre saveur.

Quand je serai grand(e)…

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Combien d’entre nous pensent que nous sommes trop « tellement de choses » pour ne pas pouvoir vivre une vie en accord avec nos aspirations, pour ne pas avoir le droit de rêver, d’aimer, d’être aimé. On s’est tous dit un jour ou l’autre « à tel âge je serais ici ou là, j’aurais réussi  ci ou ça, j’aurais telle ou telle chose ». Le constat n’est pas toujours à la hauteur de nos idéaux. Est-ce un mal ?

Nous ne voulons surtout pas rentrer dans des cases, en pensant que nous valons mieux, mais quand les cases ne veulent pas de nous, nous nous sentons frustrés, bons à rien, sans intérêt, inaptes au bonheur.

Tout le monde ne souhaite pas la même chose. Nos valeurs nous sont propres comme ce qui a de l’importance à nos yeux. Il n’existe pas de modèle à suivre, ni de guide pratique pour avoir la vie d’un tel, vie qu’on imagine le plus souvent mais dont nous ne connaissons rien. Derrière le masque, le sourire de façade, il y a tout ce que l’on cache si bien pour que les autres ne s’y attardent surtout pas.

On se dira parfois qu’une vie fait envie et puis en se rappelant qui nous sommes, nous comprendrons que ce chemin-là, pris par d’autres, ne nous conviendrait pas. Il n’existe pas de bons ou de mauvais choix, juste des expériences tentées, avortées ou réussies, des expériences qui nous forgent à chaque instant.

Comment vouloir avancer au même rythme quand on n’a pas la même histoire, ni la même donne de départ ? Comment vouloir dépasser ce qui nous empêche d’avancer sans y faire face une bonne fois pour toute ?

Tant de gens prennent tant de voies déjà conquises, balisées par peur. Tant de gens ne prennent la mesure de la vie qu’une fois au bord du précipice. Tant de gens fuient, s’excusent d’exister, vivent en marge, se lassent face à un combat qu’ils croient perdu d’avance. Parce qu’à tel âge, ils ne sont pas ici ou là, ils n’ont pas réussi ci ou ça, ils n’ont pas telle et telle chose ou telle ou telle personne à leurs côtés.

Notre parcours de vie n’appartient qu’à nous. Il est le fruit de nos errances et de nos chances, de nos espoirs et notre chaos, de nos histoires personnelles, de nos passés, de nos choix et de nos défaites, des sentiers pris, communs ou de traverse. Rien n’est linéaire. Rien n’est mieux qu’autre chose. Rien n’est parfait. Tout est à écrire chaque jour, selon ce qui nous semble juste pour nous, sans s’occuper de ce que le reste du monde pense ou juge « bon » ou pas.

Nous n’avons pas de date limite pour faire telle ou telle expérience. Nous pouvons tout nous permettre, tout essayer, tout oser, tout créer. Le tout est juste de ne pas baisser les bras. Même quand tout nous pousse à le faire. Le tout est d’y croire sans relâche et de se dire que ce dont nous rêvons, nous le méritons. Comme tout un chacun.

Le pouvoir entre nos mains

Comment dans notre pays de droits
En sommes-nous arrivés là ?
Laisser des Hommes pourrir sur des trottoirs
Des gens mourir de désespoir

Nous nous révoltons
Contre l’État – les Institutions
Qui laissent la misère s’installer

Que faisons-nous contre ?

Nous n’osons même plus un regard
Nous passons sans les voir
Ces mendiants de l’essentiel
Aux existences pestilentielles

Nous demandons de l’attention
A l’État – Aux Institutions
Qui laissent la violence s’insinuer

Que faisons-nous pour ?

Nous pourrions gratifier d’un sourire
D’un bonjour sincère
Les enfants dont les rires
Inondent les heures de galère

Nous pourrions au moins
Les regarder
L’humanité au creux de nos mains
Les accepter

Sans attendre que d’autres
L’État – Les Institutions
Abolissent ces exactions

Grandir avec lui

Copyright Marie Kléber

Le laisser être, petit homme (petite femme) en devenir, qui s’insurge contre un « non » qu’il considère inadapté à sa demande somme toute recevable, mais à laquelle du haut de nos idées de grands, nous refusons d’accéder.

Le laisser vivre et exprimer la joie, la colère, le chagrin, même si celui-ci nous parait vain. Qui sommes-nous pour juger de ce qu’il ressent, du haut de ses quelques printemps ?

Le laisser s’accorder au monde, sans lui imposer une manière d’être. En lui inculquant les règles du bien vivre ensemble et des valeurs qui nous sont chères. Sont-elles celles des autres ? Valent-elles plus ou moins ? Ou rien de tout cela. Tant qu’il est question d’être en accord avec soi.

Le laisser trouver sa place au sein d’un espace, d’un groupe. Ne pas le brusquer tout en l’invitant à dompter ses peurs. Ne pas lui refiler les nôtres. Essayer au moins.

Le laisser grandir, à son rythme, sans toujours vouloir qu’il soit en avance, qu’il saute une classe, qu’il soit plus intelligent, plus sûr, plus éveillé, plus manuel, plus créatif, plus aventurier, plus câlin, moins casse-cou que les autres.

Puis le regarder, poser les yeux même quand tout autour nous invite à courir. Lui donner l’essentiel. Ne pas le trahir. Lui donner des ailes pour qu’il puisse voyager dans ces nombreux pays que seuls les enfants savent imaginer. Attendre qu’il revienne pour sa dose d’amour quotidienne qui lui donnera les clés pour grandir serein.

L’écouter. Dans les rires du jour. Et le silence du soir. Dans ce qu’il dit et ce qu’il tait. Dans ses impressions et ses appréhensions. Dans ses victoires et ses échecs. Dans ses idéaux (en essayant de ne pas perdre les nôtres en chemin). Dans ses aspirations et ses craintes. Dans ses forces et ses faiblesses. Dans ce qu’il a de nous et ce qui n’est qu’à lui.

Lui laisser la place et prendre la nôtre. Dans un équilibre sans cesse renouvelable, un rythme modulable.

Faire de son mieux aussi et croire en soi surtout.

Tous ces raccourcis qui nous pourrissent la vie

Virginie l’écrivait ce matin, l’inspiration est partout. Aujourd’hui, elle est arrivée dans une conversation entre collègues. Souvent j’écoute et je ne dis rien. Là, je suis intervenue. Ils parlaient d’un collaborateur en ces termes « il marche à deux à l’heure, il est lent, à côté de Laurence, c’est le jour et la nuit !» Il s’avère que cette personne souffre d’une grave maladie qui la handicape physiquement. Je le sais mais j’ai envie de dire il n’y a pas besoin de le savoir pour voir, ouvrir les yeux, regarder l’autre être et vivre. Et surtout ne pas tirer de conclusions hâtives.

Les raccourcis, nous les connaissons tous, nous en avons fait les frais, nous y avons recours parfois. Nous nous reprenons. Ou nous continuons à déblatérer sur l’autre, comme s’il n’était pas un être humain mais plutôt un meuble, une chose sans importance.

Je me dis assez souvent que les gens doivent vraiment s’emmerder dans leur vie pour parler autant de celle des autres. Et pas souvent dans des termes très élogieux. On en entend tous les jours des raccourcis du genre. Prêtez l’oreille, je suis certaine qu’à la fin de la journée, vous aurez au moins une anecdote à partager.

Je trouve ça triste. Les raccourcis peuvent être inoffensifs comme traumatisants. Ils peuvent faire sourire parfois, en fonction de l’humeur du jour, ou bien être à l’origine de troubles plus graves. On pourrait se dire qu’un raccourci, ça va. Le problème c’est que ce raccourci est souvent partagé. Un raccourci devient une rumeur. Et la rumeur, tout le monde le sait, ça prend des proportions que nous maîtrisons rarement. Sauf qu’une fois que le mal est fait, il n’y a plus de retour en arrière possible.

Un jour, on parle avec un collègue en sortant du travail. Le lendemain, on a une liaison.

Un jour, on file une fessée à  son enfant, à bout de tout. Le lendemain, on le maltraite.

Un jour, on pose un arrêt maladie. Le lendemain, on est une tire au flan payée aux frais de la princesse.

Un jour, on fait un compliment à une collègue. Le lendemain, on est poursuivi pour harcèlement sexuel.

Un jour, on prend une photo de son enfant de quelques mois nu dans son bain. Le lendemain, on est un pervers de la pire espèce.

Un jour, on refuse un verre de vin. Le lendemain, on est une fille coincée, mal baisée.

Un jour, la vie est ce qu’elle est, avec son lot de hauts et des bas. Le lendemain, elle change parce qu’une personne, au lieu de s’occuper de son nombril, a jugé bon d’aller colporter tout un tas d’inepties à votre sujet.

Bien sûr personne n’est à l’abri de dire des conneries. Mais tout le monde peut faire amende honorable. Ce n’est pas compliqué. Il suffit de se mettre à la place de l’autre pendant quelques minutes, généralement c’est assez efficace !

Quand il est temps de lâcher la main au passé

S’attacher au passé, c’est une façon de refuser les cadeaux du présent.

Je crois que je m’y suis assez attachée. Quand on a souffert on connaît le goût du douloureux. Et pourtant l’abandonner c’est presque comme renier une histoire, des faits, des maux.

Le présent me comble. A beaucoup de niveaux. Et cette sérénité, ce bonheur, je ne souhaite pas les laisser filer.

Je me rends compte que mes blocages ne sont que des peurs que je refuse de lâcher. Au départ ces peurs me protégeaient, comme une alerte face à un potentiel danger. Mais surtout elles témoignaient d’un vécu qui me donnait une légitimité. Ça paraît fou. Et pourtant si on retourne 15 ans en arrière, ce combat je l’ai voulu, souhaité. J’étais de celles qui pensait que pour être reconnue, appréciée, il me fallait lutter pour ou contre quelque chose. Je ne savais pas comment les choses se manifesteraient mais cela était devenu une évidence. Mes pensées de l’époque ont créé ma réalité des années après. Et j’ai eu de quoi me battre. Au delà de mes espérances!

J’avais l’impression que mon existence n’en valait pas la peine. En tant que moi je n’étais rien. En tant que victime, je devenais quelqu’un. Je suis devenue ce que je rêvais d’être.

Puis j’ai choisi de m’en sortir.

Et de vivre.

Et d’être heureuse.

J’ai surtout appris qu’en tant que personne j’avais de la valeur.

Il est temps, je crois, de lâcher le passé, en le remerciant de ce qu’il m’a apporté, pour pouvoir pleinement savourer le présent! Et ses merveilles!