Posted in Tout un poème, Variations Littéraires

Je suis…

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Je suis le sang mêlé au souffre
La flèche qui transperce le cœur du guerrier
Je suis la haine au bord du gouffre
La déchéance, l’inhumanité

Je suis la bombe larguée
Au dessus d’une ville en pleurs
Je suis le silence terrifié
L’innommable et insondable peur

Je suis celui qui viole
Et celui qui pille
Je suis celle qui s’immole
Ces enfants qu’on assassine

Je suis les ténèbres capricieux
La mort qui crie
Je suis le caprice ténébreux
Le bourreau et ses furies

Je suis le vide et le plein
Sans arrêt en mouvement
Je suis le néant assassin
Le chaos entêtant

Si je ne suis que ça
Je disparais
Entité fragmentée
Je me dissous dans l’air

Je suis la résilience
Le sourire de l’enfance
Je suis le merveilleux en transe
L’ idéaliste espérance

Je suis la lumière dans la pénombre
L’or pur au pays des nombres
Je suis la voix derrière les ombres
L’amour qui devient onde

Je suis l’affirmation
L’émotionnel en action
Le corps livré à la passion
L’esprit de l’illumination

Je suis la confiance
L’être en pleine conscience
Le Divin sans obsolescence
Je suis l’ère de l’évanescence

***

Il est, selon moi, impossible de vivre sans toutes ces parts. Nous ne sommes jamais tous blancs ou tous noirs. Il y a en nous ce que nous aimons et détestons chez l’autre. Ce dernier agit comme un miroir, à nous d’avoir les yeux pour voir!

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La nudité, cette œuvre d’art sacrifiée

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La grande Odalisque – Dominique Ingres

Dans les couloirs du musée, la nudité est de mise. Statues et tableaux mettent le corps à l’honneur. Il est drapé ou sans artifice.  En courbes et en déliés. Orné de parures ou juste brut. Un concentré de vérité. Il s’expose devant nos yeux qui n’y voient rien d’autre qu’une célébration de la vie et de la beauté. Une œuvre d’art.

Alors pourquoi tout est devenu si compliqué?

Pourquoi la nudité est si mal vue et vécue? On y associe la pudeur. Une certaine idée de la morale. Les célébrités doivent presque se justifier dès qu’elles choisissent de poser nues pour des magazines. Ou alors il faut que ce soit pour une bonne cause. Tout est codifié.

Tout l’ordre des choses est modifié. Alors qu’il n’y a rien de plus naturel.

Notre rapport au corps a changé. Il n’est plus célébré que dans des cercles restreints. Il est montré du doigt et souvent caché. Il doit répondre à tant de critères esthétiques qu’il est même, dans certain cas, source de dégout, de honte, de mal être.

Quelle tristesse!

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De l’art de bien faire les choses

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Grand-mère disait qu’il fallait faire les choses bien. Que les belles choses c’est ce qui rend le monde plus beau. Grand-mère aimait faire les choses bien. Elle y passait du temps et y mettait beaucoup d’amour.

Grand-mère connaissait beaucoup de ces choses qui aujourd’hui ne parlent plus trop aux gens. Elle savait le cœur, l’intérieur des âmes. D’un regard elle embrassait l’espace, elle voyait à travers les vies et les visages. Grand-mère savait les plantes, les fleurs, les herbes, leurs noms barbares. Elle les récitait le soir comme une ode à la vie, une mélodie, un poème que j’écoutais en m’endormant, la tête bien calée contre son cœur, entre ses bras.

Grand-mère était belle. Encore plus belle quand elle occupait son temps à faire de belles choses.

Depuis qu’elle n’est plus là, je prends plaisir à retrouver toutes les jolies choses que ses mains ont créé.

Grand-mère avait raison. Il faut faire les choses bien. Et y mettre beaucoup d’amour surtout.

Ce texte a été écrit dans le cadre de l’atelier 305 de Bric A Book

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A l’aube, mon coeur

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Copyright Marie Kléber

Où tu es

Là-bas

Si près

Si loin de moi

Je rêve tes pas

Les mots que tu dis

Et ceux que tu gardes pour moi

Le soir, mon cœur se languit de toi

Je t’imagine

Regarder l’heure d’un geste vague

Déposer ta veste sur la chaise à l’angle près de la table

Encore couverte des restes du dîner

Fermer les yeux avant de sombrer

Dans un sommeil qui nous réunira

Le matin nous cueillera

Avec ses lumières chaudes, sa fraicheur habituelle

Alors qu’au firmament du ciel

Le soleil reste discret

A l’aube, mon cœur retrouve ses couleurs

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Féérique

[:fr]

Cœur posé

Plume tombée du ciel

Douce mélodie fredonnée

Parfum léger dans l’air

Vague apaisante

Sourire charmant

Déposé sur l’azur

Des voiles qui dansent

*

Un ange passe

L’âme se faufile

Fait vibrer l’inaccessible

Donne vie à l’invisible

[:]

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De la beauté…

[:fr]

Un regard dehors, je m’échappe. La journée de travail attendra. En ce moment j’ai envie de penser à autre chose. Je contemple le ballet des feuilles qui tombent, tapissent l’herbe de gouttes jaunes, rouges, brunes. La pluie tombe, fine et agrandit les flaques d’eau du parc. La beauté est partout pour peu que nous prenions le temps d’ouvrir les yeux.

La matinée s’est bien passée. Un câlin sur le canapé avant de débuter le marathon du départ à l’école. Quelques minutes seulement pour  profiter l’un de l’autre. Pendant ces quelques minutes, j’essaye de ne pas regarder l’heure, de savourer ce moment de partage, autour de la table du salon.

A l’école, il aura suffi d’un copain pour l’arracher à moi. Un bisou rapide avant de monter dans la classe. Je le regarde grimper, le sourire aux lèvres et l’air heureux. Je souris moi aussi. C’est parfois aussi simple que ça la vie.

Dans le métro, un livre à la main, je laisse les mots me transporter ailleurs. Parfois une idée vient et je la note dans la foulée. Je ne veux surtout pas la laisser s’envoler. J’écrirais une fois arrivée devant mon ordinateur. Je détricoterais le fil de mes pensées.

Au gré des stations qui défilent, je pense à toi. Il fait encore nuit là où tu es. Le manque s’estompe vite. Même loin, nous sommes ensemble. Je savoure les images qui traversent mon esprit. Ton regard, ton sourire, ton amour…

La beauté est là, à deux pas de moi. De nous. Il suffit d’ouvrir nos yeux pour la voir, l’entendre, l’admirer. Elle se niche dans les couleurs du jour qui se lève, dans un moment partagé, dans un regard échangé, en pleine nature comme au milieu de la ville en effervescence. Elle existe à chaque instant dans nos quotidiens. C’est parfois juste une pensée, la mélodie d’une voix, un repas à déguster. C’est parfois aussi simple que le souvenir de la première fois. C’est penser à quelqu’un qu’on aime. C’est accrocher un sourire et sourire en retour. C’est une main tendue, une lumière, un message, un mot doux. C’est parfois aussi discret que le soir qui descend en douceur sur la ville. C’est un bon thé chaud, un voyage, une histoire, une lecture, un paysage, une émotion.

La beauté est là, à deux pas de nous. Pour nous. Saisissons-la. Partageons-la.[:]