Elle danse le monde

© Gabriel Augusto

Elle danse le monde et dans ses veines danse le sang
Elle danse l’histoire et dans ses veines danse la mémoire
Corps arqué, pointes de pied tendues
Insouciante et libre,
Elle danse le temps et dans ses veines danse l’instant
Elle danse l’amour et dans ses veines danse les sentiments
Bras tendus vers le ciel
Légère et aérienne,
Elle danse en communion avec le ciel et la terre
Femme solaire
Les grains de sable lui font un tapis de lumière

Non, ça n’allait pas. Ça ne voulait rien dire. Ça se voulait poétique, spirituel. Un peu dans l’air du temps. Et ça sonnait faux. Émilie regardait se feuille, inquiète. Les aiguilles de l’horloge tournaient à une vitesse vertigineuse. L’examen prendrait bientôt fin et avec lui, ses espoirs.

Elle se reposa la question, celle qui s’impose dans des cas comme celui-là, qu’est-ce que lui inspirait cette photographie ?

Elle lui faisait penser à Ingrid.

Ingrid détenait cette grâce naturelle que beaucoup de ses amies lui enviaient. Et pourtant ce n’était que, lumières éteintes, qu’elle se donnait le droit de laisser son corps prendre vie, s’offrir à la musique, tantôt douce, sensuelle, tantôt puissante, intense. Ses bras embrassaient l’espace, ses jambes s’envolaient en de voluptueuses arabesques. Son corps détenait seul les clés du ballet à créer. Ce jour-là, Ingrid se croyait sûrement seule sur la plage. La lumière du jour enveloppait sa peau hâlée d’une clarté solaire. Tout son être vibrait au son du tempo de la nature en plein éveil. Elle ne faisait qu’un avec l’espace. Elle dansait le monde, la vie, l’insouciance, l’amour,  la mémoire du corps protégé puis libéré.

Ce texte est ma participation (un peu tardive) à l’atelier d’écriture  209 de Bric A book

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Rétrospective Littéraire

Oser se vendre, savoir se vendre, se faire confiance, tout ça c’est très joli sur le papier. Pas trop joli, juste un peu trop pour moi, encore. Et pourtant je ne m’avoue pas vaincue. J’ai essayé le site auteur, mais force est de constater à part beaucoup de travail et beaucoup d’argent, cela ne m’a pas apporté plus de visibilité ni davantage de confiance. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai décidé de revenir à mes premières amours – ici – et je peux dire que je suis comblée par tous vos messages et commentaires.

Certains d’entre vous possèdent déjà tous mes livres, m’ont laissé des retours très positifs, en ont parlé sur leurs blogs, ont partagé sur les réseaux sociaux (terrain sur lequel je ne suis pas et n’arrive pas à être non plus – ce n’est pas faute d’avoir essayé).   D’autres ont pris le train en cours de route et je remercie chacun / chacune de sa présence bienveillante. Je reconnais que je suis chanceuse d’avoir un lectorat tel que vous !

Pour la peine, j’ai eu envie de vous présenter mes cinq livres, tous différents les uns des autres, histoire de vous donner des idées de (ou juste pour le plaisir de faire un cadeau !).

L’essence de l’être

C’est mon premier né, celui avec lequel j’ai sauté le pas. Avec le recul, je me rends compte qu’il y aurait pas mal de retouches à faire mais il est tel qu’il est, avec ses défauts et surtout ses mots qui ont touché un très grand nombre de personnes. Il m’a servi d’exutoire dans une période de ma vie douloureuse. Il m’a surtout permis de sortir de l’ombre et d’avancer dans la lumière, discrète au départ puis plus franche avec le temps.

Je sais que la poésie est un style peu apprécié ou plutôt méconnu. J’ai envie de vous dire que c’est l’occasion d’y gouter !

Iridescent Delight

Il faut savoir que la poésie est devenue une forme d’expression alors même que je participais à un atelier d’écriture en Irlande. Force est de constater que je n’écrivais pas les mêmes choses en anglais et en français. Je me suis souvent et longtemps sentie plus libre dans cette langue qui n’était pas ma langue maternelle.

Ici j’ai regroupé quelques-uns des textes auxquels je tiens. Pas de fil conducteur particulier. Juste une envie de partager aussi ces textes-là.

 Ils avaient un prénom

Ce recueil s’est imposé à moi. Le 13 novembre 2015 a fait basculé la France dans l’horreur. Je me souviendrai éternellement de nos visages ce soir-là, du lendemain, de nos pas dans Paris, ville déserte, des regards des gens, entre eux, du silence de ce lundi matin, du cœur qui sursaute au détour d’une conversation. Ce n’est pas la peur qui m’a saisi, ce sont toutes ces vies brisées, cette liberté assassinée, ces rires qui se sont fanés au bout d’un tir de Kalachnikov. Des gens célébraient juste le bonheur d’être en vie et des hommes en choisi de tuer la vie. Devant l’indifférence de beaucoup, le cœur au bord d’un vide que peu semblaient prêts à entendre, j’ai fait ce que je fais toujours quand le poids est trop lourd, j’ai noirci des pages et des pages.

La poésie encore une fois m’a prise par la main. Tous les bénéfices des ventes de ce livre sont reversés à l’Association IMAD pour la Jeunesse et la Paix.

Chuchotis et Ricochets

L’été est passé par là. En regardant mon fils jouer, en prenant le temps de vivre, en vacances, au soleil, j’ai eu envie de légèreté. Les premières notes furent composées au rythme des éclats de rire des enfants sur la place d’un village avant l’orage.

J’ai laissé ma plume dire le beau, la joie, égrener les souvenirs, dire l’amour, la maternité, l’évasion, le doux gout d’un thé à la menthe ou d’un chocolat chaud. Je pouvais donc aussi écrire sur le bonheur et cela pouvait même avoir bon goût. Je pouvais aussi écrire autre chose que des poèmes.

 J’ai choisi de faire faire ma couverture par une graphiste talentueuse et j’ai décidé de le sortir un 14 février, en souvenir d’un anniversaire particulier.

La vraie vie

Un recueil de nouvelles, j’en rêvais depuis longtemps. Les textes avaient été maintes fois retravaillés, envoyés à des maisons d’édition, refusés. Je pouvais continuer sur ma lancée, en envoyer d’autres ou bien le publier tel quel. Après tout ce n’est pas parce mon style ne plaisait pas à certains qu’il ne plairait pas à d’autres.

Et puis la vraie vie faisait référence à un instant particulier, un brunch entre bloggeuses imaginatives. J’avais promis à Sandra que ce livre-là serait pour elle.  J’honorais par là-même une promesse.

Je suis en ce moment en train de finaliser mon troisième recueil de poésie – je vous en parlais ici même. Et vous en reparlerai très prochainement. Pour acheter mes livres, rien de plus simple, envoyez-moi un mail et je me ferai un plaisir de vous faire parvenir un exemplaire dédicacé. A noter que les frais de port sont offerts pour les envois en France.

Encore merci pour votre soutien, sans faille, depuis le début de cette aventure. En regardant dans mes archives je me suis rendu compte que certaines personnes me lisaient depuis bientôt dix ans, avec tout ce que cela compte de changements – et on peut dire qu’il y en a eu ! Merci de m’avoir suivi dans mes errances, mes heures de doute, mes quarts d’heures fous et d’avoir participé à cette aventure extraordinaire, qui n’est pas prête de s’arrêter.

Le syndrome de la page blanche – et moi

Crédit Pixabay

Pour tout vous dire ce matin je n’avais pas moins de quatre idées de sujets. J’ai choisi celui-ci car cela fait un moment que nous n’avons pas parlé écriture ici. Et pourtant c’est  l’essence même de ce blog.

Qui n’a pas entendu parler du syndrome de la page blanche, la hantise de tout écrivain. Quoi de pire en effet que de se mettre devant son ordinateur ou face à son cahier et de n’avoir rien à dire, de se sentir perdu face au vide.

Je peux dire en toute franchise que ça ne m’est pas souvent arrivé. D’une part parce que je ne n’impose aucune contrainte ni pression. Je reste à l’écoute de mon envie. D’autre part parce que je considère que les « mauvais textes » ont tout autant le droit d’exister que les « bons ». Parfois on est satisfait, voir fier (les écrivains ne sont pas tous des âmes torturées qui pensent que leurs écrits ne valent pas cher) de ce que l’on vient d’écrire. Et parfois on s’interroge sur le sens des mots mis bout à bout quand ce n’est pas plat et sans intérêt.

Quand les mots viennent c’est le bonheur, à l’état brut. On se réjouit de ce qu’on va pouvoir partager.

Quand les mots se font discrets, rien ne sert de les forcer. Le mieux pour moi est d’aller me balader, de me prendre un bain de foule, pas celui des supermarchés ou des grands magasins, celui de la rue, de la vie qui bat dans les quartiers, les jardins, les transports en commun. L’écriture se nourrit d’espaces, de nature, de rencontres, de conversations. Et si la foule ne nous tente pas, passer du temps avec ceux que l’on aime, les écouter, les regarder est tout aussi inspirant.

Certains diront que les mots me viennent aisément. Il est des cas où il suffit d’un souvenir, d’un coup d’œil dehors, d’un partage pour qu’une idée germe et devienne un texte en moins de quelques minutes. Mes poèmes par exemple naissent assez rapidement, ils traduisent un état d’esprit souvent, ils sont le reflet de mes ressentis, des émotions qui me traversent. Pour une nouvelle ou un hypothétique roman, cela demande plus de concentration et de rigueur, il me faut alors des plages horaires plus longues pour rester concentrée sur le sujet traité, les personnages, le cadre, les évènements. Cela demande aussi plus de recherches parfois. Ecrire sur ce que l’on connait c’est facile. La fiction quant à elle nous emmène un peu plus loin, il faut se sentir prêt à sortir de sa zone de confort.

Pour finir, je vous donne quelques nouvelles de mon projet en cours – un recueil de poésie, cela faisait longtemps. Il est bien avancé, presque terminé dans l’écriture. Puis il y aura la mise en page à faire, la photo à trouver et il pourra venir occuper une place particulière, je l’espère, dans vos bibliothèques, sacs à mains, sur vos étagères ou vos tables de chevet. Pour le décrire, je vous dirai qu’il parle d’amour, de passion, d’extase, de plaisir, de fantasmes, qu’il est tout en sensualité et en arabesques. Il est représentatif de la femme que l’homme que j’aime a révélée, moi qui avais tellement de mal à assumer mes goûts, mes envies, à m’affirmer. Il pourrait parler aux femmes qui se cherchent dans leur intimité, dans leur sexualité et qui souhaitent s’affranchir des tabous comme des interdits qui  les empêchent de pleinement s’épanouir. Il pourrait parler tout aussi bien aux hommes attirés par la poésie érotique. Le choix restera le vôtre.

Sinon la page blanche, vous connaissez? Comment réagissez-vous face à elle?

 

Quand je serai grand(e)…

Crédit Pixabay

Combien d’entre nous pensent que nous sommes trop « tellement de choses » pour ne pas pouvoir vivre une vie en accord avec nos aspirations, pour ne pas avoir le droit de rêver, d’aimer, d’être aimé. On s’est tous dit un jour ou l’autre « à tel âge je serais ici ou là, j’aurais réussi  ci ou ça, j’aurais telle ou telle chose ». Le constat n’est pas toujours à la hauteur de nos idéaux. Est-ce un mal ?

Nous ne voulons surtout pas rentrer dans des cases, en pensant que nous valons mieux, mais quand les cases ne veulent pas de nous, nous nous sentons frustrés, bons à rien, sans intérêt, inaptes au bonheur.

Tout le monde ne souhaite pas la même chose. Nos valeurs nous sont propres comme ce qui a de l’importance à nos yeux. Il n’existe pas de modèle à suivre, ni de guide pratique pour avoir la vie d’un tel, vie qu’on imagine le plus souvent mais dont nous ne connaissons rien. Derrière le masque, le sourire de façade, il y a tout ce que l’on cache si bien pour que les autres ne s’y attardent surtout pas.

On se dira parfois qu’une vie fait envie et puis en se rappelant qui nous sommes, nous comprendrons que ce chemin-là, pris par d’autres, ne nous conviendrait pas. Il n’existe pas de bons ou de mauvais choix, juste des expériences tentées, avortées ou réussies, des expériences qui nous forgent à chaque instant.

Comment vouloir avancer au même rythme quand on n’a pas la même histoire, ni la même donne de départ ? Comment vouloir dépasser ce qui nous empêche d’avancer sans y faire face une bonne fois pour toute ?

Tant de gens prennent tant de voies déjà conquises, balisées par peur. Tant de gens ne prennent la mesure de la vie qu’une fois au bord du précipice. Tant de gens fuient, s’excusent d’exister, vivent en marge, se lassent face à un combat qu’ils croient perdu d’avance. Parce qu’à tel âge, ils ne sont pas ici ou là, ils n’ont pas réussi ci ou ça, ils n’ont pas telle et telle chose ou telle ou telle personne à leurs côtés.

Notre parcours de vie n’appartient qu’à nous. Il est le fruit de nos errances et de nos chances, de nos espoirs et notre chaos, de nos histoires personnelles, de nos passés, de nos choix et de nos défaites, des sentiers pris, communs ou de traverse. Rien n’est linéaire. Rien n’est mieux qu’autre chose. Rien n’est parfait. Tout est à écrire chaque jour, selon ce qui nous semble juste pour nous, sans s’occuper de ce que le reste du monde pense ou juge « bon » ou pas.

Nous n’avons pas de date limite pour faire telle ou telle expérience. Nous pouvons tout nous permettre, tout essayer, tout oser, tout créer. Le tout est juste de ne pas baisser les bras. Même quand tout nous pousse à le faire. Le tout est d’y croire sans relâche et de se dire que ce dont nous rêvons, nous le méritons. Comme tout un chacun.

Oui mais toi, tu as de la chance!

 

Crédit Pixabay

Je crois que si il y a une phrase que j’ai entendu un nombre incalculable de fois dans ma vie c’est bien celle là!

Oui mais toi t’as de la chance, tes parents ils t’aiment – c’est normalement, quand tout va bien, le lot de beaucoup de personnes. Surtout à l’heure où la majorité des enfants sont désirés. Alors peut-être que les mots n’ont jamais été dits, peut-être que les actes n’étaient pas à la hauteur des mots. Tous les parents n’ont pas les clés pour aimer bien.

Oui mais toi t’as de la chance, t’es grande – ça n’a pas été tous les jours une cure de jouvence croyez-moi! Et puis bon on ne choisit pas, on nait comme ça. On ne peut pas y faire grand chose, à part s’accepter.

Oui mais toi t’as de la chance, tu gagnes bien ta vie – est-ce que c’est de la chance ou le résultat de mes choix? Je l’ai mal gagnée aussi. J’ai fait des boulots pas sensationnels aussi. Accessoirement j’ai aussi fait des études. Et je n’ai que rarement décliné un poste parce que ça ne me plaisait pas. J’ai été élevée comme ça!

Oui mais toi t’as de la chance, tu t’entends bien avec ton patron – il faut dire que je fais tout pour. Ce n’était pas gagné d’avance…

Oui mais toi t’as de la chance, tu n’as pas vécu de gros drames – C’est quoi un gros drame? Est-ce que le chômage, le deuil, la maladie ça rentre dans la case? Ou alors il faut avoir échappé de près à la mort pour faire partie des rares élus (dans ce cas j’ai échappé la mort à 3 semaines, ça compte?)

Oui mais toi t’as de la chance, il ne te battait pas – quelle veinarde je fais! C’est vrai faut pas déconner quand même et s’estimer heureuse d’avoir échappé aux coups…

Oui mais toi t’as de la chance, t’as eu tes parents quand t’étais au plus bas – là c’est clair j’ai de la chance d’avoir des parents comme les miens. Ils sont parents avant tout. C’est pas non plus pour ça que ça a été facile tous les jours. On a été plus souvent au bord de l’implosion qu’au summum du bonheur. Et puis comme tous le monde on a eu nos quart d’heures de profonde incompréhension.

Oui mais toi t’as de la chance, tu as eu une grossesse sans problème – sans majeur problème physique, oui. Pour le reste, tu repasseras. Parce que j’en ai quand même bien chié moralement et émotionnellement pendant 9 mois.

Oui mais toi t’as de la chance, tu es partie avant d’avoir ton enfant – je l’ai payé aussi cher que celles et ceux qui partent après.

Oui mais toi t’as de la chance, tu as rencontré quelqu’un de bien  – encore heureux! J’avais donné dans le cas social! Plus sérieusement, on a juste saisi une opportunité. On a pris un risque, en acceptant de laisser le passé derrière nous, sans savoir ce que ça allait donner. La réalité nous a donné raison. Ça en valait la peine!

Oui mais toi t’as de la chance, tu réalises tes rêves – comme pour tous ceux qui réalisent leurs rêves, je m’en donne les moyens. Tout ne me tombe pas du ciel.

Donc non je n’ai pas plus de chance que les autres. Pas moins, non plus. J’ai toujours cru en la vie, alors peut-être qu’elle est là ma chance, dans mon caractère, ma personnalité, dans ma façon de regarder le monde. Le jour où j’ai compris que j’étais créatrice de mon bonheur, j’ai mis les bouchées doubles, prête à saisir les opportunités qui se présentaient. Ma vie au jour le jour est le fruit de mes choix. Certains m’ont conduit sur des sentiers mal fréquentés, d’autres des chemins de traverse, et certains des allées pavées de fleurs de mille et une couleurs.

Si la chance existe, alors je crois qu’elle sourit à ceux qui croient en elle!

Ne plus se cacher ou Oser s’affirmer

Je débute cet article avec l’envie du point final, ou plutôt d’arriver au point final, sans me laisser submerger par des « et si » sans fondement qui viendraient remettre en question ma décision.

Si vous vous souvenez bien, mon mot de l’année était « oser ». Dans ce « oser » pour moi il y avait surtout du oser être soi, oser s’affirmer, oser essayer de nouvelles choses, oser sortir de sa zone de confort, oser dire oui, oser dire non. Donc un travail personnel, qui je dois l’avouer n’est pas toujours de tout repos.

Suite à beaucoup de discussions, certaines que j’ai prises très à cœur et qui m’ont fait réfléchir, tout en m’ayant profondément marquée, à la lecture d’articles arrivés un peu comme par magie pour apaiser certaines interrogations et suite à la découverte de la plume de Françoise Rey, j’ai créé il y a peu, dans l’anonymat le plus total, un blog dans lequel j’ai choisi de laisser libre court à une plume plus libérée – « uncensored » comme diraient les anglais.

Je vous avais fait part il y a quelque temps d’une envie un peu soudaine de m’essayer à la littérature dite « érotique » – vous le savez, les étiquettes et moi, nous ne sommes pas vraiment amies. Je n’ai jamais souhaité me couler dans un style particulier, mes écrits sont plutôt variés et me permettent de m’exprimer plus ou moins librement sur ce qui me touche. Toutefois de là à exposer au grand jour une écriture crue, sans fard, pétrie d’incertitudes, de là à me livrer corps et âme si l’on peut dire, à faire fi de tous les tabous liés à une littérature assez mal perçue et souvent considéré comme bas de gamme, il y avait bien plus qu’un pas à faire. Il s’agissait d’un vrai plongeon. Dans l’inconnu, l’inconnu des mots, l’inconnu des situations, l’inconnu des fantasmes, l’inconnu du regard de l’autre, l’inconnu de ce que l’on ose ou que l’on retient, l’inconnu de ses propres zones d’ombre qu’on camoufle si bien (même si certains ne sont pas dupes).

Je pouvais très bien continuer dans mon coin à écrire, sans faire de vague, ça je maitrise après tout. Et puis je me suis dit qu’à 37 ans, bientôt 38, c’était un peu dommage de me cacher comme une enfant ou une criminelle et triste de ne pas assumer cette part de moi, même si elle contraste avec celle que je montre la plupart du temps, et que certains d’entre vous connaissent, soit dans la vie de tous les jours, soit à travers mes textes.

Le but de cette démarche est profondément personnel avant tout. Ne me demandez pas comment je vais gérer un autre blog – le but n’étant ni de choquer ni d’imposer mon choix, partager mes textes et réflexions à part me parait plus correct et respectueux de mon lectorat. Parce qu’autant être franche jusqu’au bout, ma plume plus libérée ne fait pas dans la dentelle (quoi que) et je ne compte pas me censurer non plus. Pour ça aussi j’ai donné.

Sentez-vous libre d’approuver ou pas, de lire ou de ne pas lire mes textes. Sachez que je respecterais votre choix comme je sais que vous respecterez le mien.

Je tenais juste à partager ce cheminement avec vous. Je me souviens qu’à la suite de la sortie de mon premier recueil de poésie, j’avais reçu de jolis « merci » pour avoir passé le cap de l’édition et ainsi encouragé d’autres à le faire. D’autres l’ont fait. D’autres ont été inspiré par mon histoire. Et au-delà de tous les efforts, doutes, remises en question sur le chemin, je peux dire que c’est mon plus beau cadeau.

Un jour peut-être, vous aurez vous aussi l’envie de partager anonymement ou pas vos textes « érotiques », vos photos, réflexions. Si c’est le cas faites-moi signe, je serais très heureuse de vous laisser la parole, dans un espace libre de tout jugement et d’à-priori (qui sont beaucoup moins inoffensifs qu’on peut le penser).

Mauvaise Pioche

Crédit Pixabay

Des cases, des cases, encore et toujours des cases. Certaines obligatoires. D’autres à remplir si le cœur nous en dit. Des cases de toutes les grandeurs. A cocher. A éviter, à griffonner. C’est épuisant ces cases à l’infini. Ils s’y connaissent en cases dans l’administration. Elles me sortent par les trous de nez leurs cases et le discours qui va avec.

Des cases. Et puis aussi des files d’attente qui s’éternisent. Il faut prendre son ticket, mémoriser son numéro, répondre présent au premier appel, sous peine de se faire sucrer sa place. Des numéros. De suivi. De dossiers. Numéros à appeler, à rappeler. Numéros à sélectionner, à indiquer. Des horaires à intégrer sous peine de se retrouver mis à la porte, parce que ça ferme dans trente minutes. Il faut au moins ça pour plier bagage et rentrer chez soi, avant les embouteillages du soir.

J’allais oublier les courriers. Les courriers reçus, envoyés. Les courriers recommandés, photocopiés, scannés, faxés. Les courriers retournés, égarés. Et la plateforme téléphonique qui s’égosille à vous rappeler que tous les conseiller sont pris, qu’il vous faudra attendre 3 minutes et 25 secondes, avant que quelqu’un prenne votre appel. Si après avoir attendu 4 minutes et 41 secondes, vous n’avez tout simplement pas raccroché, devant toutes ces fausses promesses.

Je me retrouve une fois de plus devant ce bâtiment sans âme, construit par un architecte insensé ou déprimé, sans aucun doute. Je suis là, mon dossier sous le bras. Trois mois de procédure engloutis sous cet amas de papiers, que je trie méthodiquement tous les soirs, pour ne pas perdre les pédales. Les forêts pleurent elles aussi de désespoir, j’en suis presque certain. Il n’y a personne qui attend ce matin. Le type du guichet me fait signe d’avancer. Il va encore falloir que je lui raconte mon histoire, ses détails croustillants, ses rebondissements alarmants. J’ai envie de la lui imprimer sur le bras, pour la prochaine fois. Il me regarde avec son sourire mielleux, qui trahi un cruel manque d’envie de prendre mon problème au sérieux.

Dans la salle d’attente, c’est la même consternation sur tous les visages. Je feuillette encore une fois mon dossier, vérifie que j’ai bien tout ce qu’il faut, les bonnes preuves, les bons identifiants, les bons mots au bon endroit. Un truc de travers et tout est à refaire. J’ai pratiqué. Je suis vacciné.

La dernière fois, sûr de mon coup, j’étais arrivé fier et droit dans mes baskets, tel un destrier des temps modernes partant au combat. Tout était là, au creux de mes bras. Un dossier béton, aussi solide que le bâtiment administratif, couleur fer forgé, que je fréquentais depuis des semaines.

Je m’étais engouffré dans un couloir sombre, moquette délavée et murs tapissés d’affiches de plus de cinquante ans au moins, dont les coins abîmés se décollaient sous l’emprise de l’humidité ambiante. Affolé par le regard méprisant de mon interlocutrice, j’avais tout simplement failli rebrousser chemin. Bon gré, mal gré, j’avais pris place en face du très respecté agent administratif, en charge de mon dossier. Pas un bonjour, ça débutait parfaitement bien :

  • Votre carte d’assuré?
  • Voilà Madame.
  • C’est pour quoi?
  • Ma demande de droits.
  • Vous avez rempli le dossier ?
  • Oui, ici.
  • On va l’étudier et on vous tiendra au courant.
  • Vous ne regardez pas si tout y est ?
  • La commission va le regarder et on vous tiendra au courant.
  • Mais s’il manque un document, ce serait plus simple de me le dire de suite. Ça fait déjà deux mois que j’entends la même chose. J’ai de quoi m’inquiéter n’est-ce pas?
  • Ce n’est pas moi qui décide Monsieur. Moi, je prends votre dossier et je le transmets, un point c’est tout.
  • Je comprends bien, Madame, mais c’est juste une question de bon sens.
  • De bon sens?
  • Oui, enfin, je pense que vous m’avez compris.
  • Pas vraiment Monsieur. J’ai surtout l’impression que vous êtes en train de me dire comment faire mon travail.
  • Non, pas du tout. Je souhaite juste savoir si cette fois, c’est la bonne.
  • Et bien vous le saurez, quand la commission aura étudié votre dossier. Vous m’excuserez, mais il y a la queue derrière vous. Bonne journée.

J’avais quitté la scène, complètement désorienté, déstabilisé, tel un boxeur mis KO par son adversaire, qu’il pensait pourtant moins fort que lui au départ J’étais reparti bredouille, dans l’attente d’une hypothétique réponse positive. J’avais envoyé des lettres, toutes restées sans réponse. J’avais téléphoné des dizaines de fois, été mis en attente, avec en fond sonore une musique déprimante. La bonne nouvelle, tant espérée, n’était pas arrivée, bien entendu, sinon je ne serai pas assis là aujourd’hui avec ma pile de photocopies et un nouveau dossier, que j’ai rempli avec encore plus d’incertitudes que les fois précédentes, me demandant vraiment si tout cela servait à quelque chose.

Un numéro clignote sur l’écran. C’est le mien. Je m’avance avec un sourire, histoire de détendre l’atmosphère, de me détendre surtout.

Allez, aurai-je plus de chance aujourd’hui ?

Extrait de mon recueil de nouvelles La Vraie Vie (en vente sur mon Site ou sur The Book Edition)

Tous vos avis sont les bienvenus…

L’année dernière à la même période je prenais la décision de créer mon site Auteur. L’idée était de gagner en visibilité. Pour cela? j’ai fait appel à une professionnelle et je peux dire qu’une fois le travail terminé, j’étais très satisfaite.

Un an après, un bilan s’impose. Non comme un couperet qui trancherait dans le vif mais pour peser le pour, le contre et surtout savoir si je continue dans cette voie ou si je choisis un autre chemin.

Entre il y a un an et aujourd’hui, il est certain que je ne suis ni la même femme, ni le même auteur (désolé je déteste autrice !). Mon style a évolué, j’ai évolué.

Mais au-delà du style, de la forme des choses, je me pose la question de ce que l’existence de mon site m’a apporté.

Force est de constater que une fois de plus (une fois n’est pas coutume non plus) je me suis sentie tiraillée, ne sachant pas toujours où placer mes mots, ici ou là-bas. Ce n’est pas l’existence de deux blogs qui me pose problème car j’ai toujours eu deux blogs, un anglais, un français – au minimum – c’est plutôt où je me situe dans cet état des choses. Sans compter le nombre de personnes que j’ai perdu en cours de route (ceux qui restent sont courageux je dois le dire!)

Comme mon écriture a changé, mon regard sur l’écriture aussi. Le plaisir de partager est je crois plus fort que celui de « vendre » mon travail. Je suis d’avis que tout travail mérite salaire. Et moi j’en ai un salaire justement. Je fais un travail qui me plait, même si il y a des creux de vague et que parfois j’ai des envies d’ailleurs. L’écriture c’est un plus, une passion qui m’apporte énormément mais n’est pas mon gagne-pain.

J’ai eu une période où le besoin d’être reconnue, appréciée était si intense qu’il fallait qu’on me voit et pour qu’on me voit, il fallait que je me mette en avant, quitte à aller à l’encontre de qui je suis. D’ailleurs je suis passée par Facebook, Instagram, j’ai joué le jeu jusqu’à être fatiguée de faire comme tout le monde, de passer du temps sur des choses qui ne m’apportaient rien et pour lesquelles j’avais la nette impression de me travestir pour être acceptée. Puis je me suis lassée. Et j’ai tout lâché. Alors même qu’ils étaient nombreux à me dire de persévérer, ça porterait ses fruits à terme.

Mais quels fruits justement ?

Qu’est-ce que j’attendais ?

Qu’est-ce que j’attends ?

Je suis dans cette réflexion en ce moment. Aujourd’hui, je peux dire que j’ai une vie sereine et épanouie, je suis heureuse tant dans ma vie professionnelle, sentimentale, familiale, personnelle. J’ai trouvé mon équilibre de maman, de femme, qui sans cesse est challengé bien entendu (sinon ce ne serait pas drôle !). J’ai de plus en plus de moments où je me sens à ma place et en sécurité. L’écriture est un plus qui me file des papillons dans le ventre et tous les messages que je reçois au quotidien ne font que me confirmer mon ressenti et mes envies.

Je n’ai toutefois pas l’envie d’en faire un business. J’ai davantage envie que mes mots soient lus par le plus grand nombre, de toucher des vies, de donner envie à certains d’apprécier la poésie ou à d’autres de simplement se lancer dans l’aventure.

Aujourd’hui j’en suis là, j’essaye de ne pas céder à l’impulsivité et tout bazarder d’un coup. Mais d’ici quelques semaines il me faudra prendre une décision, renouveler ou non mon nom de domaine, migrer mes articles, renommer mon blog anglais peut-être, juste garder le site qui propose mes livres. Ou tourner la page, contente d’avoir tenté l’expérience.

Vous en pensez-quoi ?

Tous les avis sont les bienvenus, même si je sais que le choix n’appartient qu’à moi…

Il suffit d’un signe…

Crédit Pixabay

Il y a toujours ce mot, ce commentaire touchant, qui atteint sa cible, mon cœur. Et alors je sais qu’au-delà des doutes, des remises en question sur la route à prendre, des refus, rejets, au-delà des envies de tout lâcher parfois, il y a cette passion des mots, cette envie de partage, ce besoin viscéral de livrer, me livrer, faire vivre d’autres destins. C’est toujours avec beaucoup de bonheur que je me pose derrière mon ordinateur ou mon carnet, tout dépend de l’endroit, de l’idée de départ, avec une boisson chaude, pour poser les mots qui mis bout à bout formeront une histoire. Une histoire comme un morceau de vie, une rencontre, un arrêt sur image.

Je note tout, du câlin du matin au baiser déposé sur mes lèvres à peine réveillées. De la couleur du ciel à celle du jardin qui, couvert de blanc cet hiver, se pare d’un vert chatoyant depuis quelques jours. Du sourire échangé entre deux inconnus au « merci » murmuré du coin des lèvres.

J’écris la peur, l’envie, la joie, la colère. J’écris en essayant à chaque instant de rester fidèle à ce en quoi je crois, sans porter de jugement. Mes personnages évoluent indépendamment de mes propres choix de vie. Ils m’aident d’ailleurs à la regarder avec davantage de bienveillance pour ceux qui ont choisi, eux, un autre chemin que le mien.

Je ne cherche pas à faire du beau, du consommable. J’ai conscience que c’est peut-être ce qui me dessert dans l’univers littéraire actuel. Toutefois je ne souhaite pas brader qui je suis ni ce que je fais pour rentrer dans des cases qui ne me correspondent pas. J’ai conscience aujourd’hui que l’autoédition m’apporte justement cette liberté d’être telle que je suis. Même si c’est encore compliqué pour moi de me sentir légitime dans cette activité. Il est certain que mon premier livre est loin d’être parfait. Je sais qu’il a touché beaucoup de personnes, que certaines le lisent, le relisent avec plaisir de temps en temps. Les retours que je reçois sont autant de pépites que je garde précieusement avec moi en me plongeant dans chaque nouveau projet.

Je dis la vie comme je la perçois dans toute sa beauté et sa complexité. J’aime chercher mots, tournures, images. J’aime passer plusieurs minutes sur une même phrase pour que celle-ci traduise le plus parfaitement possible ma pensée. Je ne suis pas une grande partisane des fins heureuses, coute que coute. Certaines le sont, d’autres moins. Et pourtant je suis envers et contre toute une rêveuse compulsive, une amoureuse passionnée.

Ce billet est tout à fait spontané et je tiens à remercier chacun et chacune d’entre vous pour votre soutien sans faille, votre enthousiasme à chaque sortie d’un nouveau livre, vos commandes qui me filent toujours un coup de boost incroyable, pour votre confiance aussi et toute la bienveillance avec laquelle vous accueillez chacun de mes articles, textes, poèmes, même quand le style vous parle moins ou quand l’histoire vient réveiller des choses plus douloureuses, des chagrins inconsolables, des peurs difficiles à dompter.

A part le blog, t’écris quoi?

Hier une de mes amies de blog a fait un article sur ses fictions / non-fictions en cours. Je me suis dit que c’était une bonne idée et j’ai eu envie, pour changer, de vous parler de mes prochains livres. Certains seront comme les précédents auto édités, d’autres soumis à l’appréciation de maisons d’édition. Quoi qu’il en soit, les retours sont toujours porteurs de positif (même si parfois sur le coup la pilule est difficile à avaler).

C’est parti !

L’appel des sens (autoédition)

Recueil de poésie (érotique) – 28 poèmes au total. Je ne vous cache pas que c’est un recueil qui s’est imposé à moi et que j’ai eu beaucoup de plaisir à écrire (et pour cause!). J’ai été merveilleusement soutenue. Et si dans ma vie de tous les jours, certaines barrières mettent du temps à tomber, je peux dire que niveau écriture, c’est une vraie libération !

J’ai encore quelques corrections, aménagements à faire, photo à trouver pour ce recueil, que je pense publier à une date importante pour moi (vous savez comme j’aime les dates clés), à la sortie de l’été 2018, histoire de garder encore un peu de chaleur pour la rentrée !

Les minutes translucides (le titre est à revoir)

Recueil de nouvelles (Fiction) – Ce recueil sera envoyé à des maisons d’édition dans un premier temps.

Difficile de déterminer le thème principal de ces 10 nouvelles. Après Chuchotis et Ricochets tout en douceur, La Vraie Vie qui aborde des thèmes assez classiques avec une pointe d’humour, ce livre pourrait être qualifié de plus sombre. J’y aborde des sujets délicats voir graves, comme l’avortement, l’infanticide, la folie, la maladie, le suicide, la trahison.

Sur les 10 nouvelles sélectionnées, 3 ont déjà été entièrement retravaillées. Il reste encore pas mal de travail à faire et je pense que ce recueil ne verra le jour qu’en 2019. Restez connectés !

Corps à corps (titre à revoir également)

Nouvelle (Érotique – Fiction)

Pour ce texte qui à la base était une nouvelle toute simple écrite pour une seule personne (en pleine insomnie), j’ai eu envie, suite à certains commentaires sur ma série « fantasmes », de la développer. Une nouvelle est un récit concis, centré sur une action unique avec peu de personnages, peu de lieux ou d’évènements, peu de rebondissements et une chute percutante. Tout ce que j’aime et qui permet surtout d’aller à l’essentiel. Je m’y sens donc assez à l’aise. Le challenge est ailleurs…

Je pense être à la moitié de la nouvelle, en sachant que le premier jet est loin d’être le dernier. Il va me falloir encore quelques heures pour le finaliser, le relire, l’étoffer, le parfaire.

Voilà, vous savez tout (ou presque). En attendant, vous pouvez retrouver le descriptif de mes livres sur cette page et passer commande par mail (pour un livre dédicacé) ou sur le site de The Book Edition.

Avez-vous déjà des préférences? Et vous, dites-moi sur quoi travaillez-vous en ce moment? Des envies (créatives ou autres) particulières?