De l’art de bien faire les choses

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Grand-mère disait qu’il fallait faire les choses bien. Que les belles choses c’est ce qui rend le monde plus beau. Grand-mère aimait faire les choses bien. Elle y passait du temps et y mettait beaucoup d’amour.

Grand-mère connaissait beaucoup de ces choses qui aujourd’hui ne parlent plus trop aux gens. Elle savait le cœur, l’intérieur des âmes. D’un regard elle embrassait l’espace, elle voyait à travers les vies et les visages. Grand-mère savait les plantes, les fleurs, les herbes, leurs noms barbares. Elle les récitait le soir comme une ode à la vie, une mélodie, un poème que j’écoutais en m’endormant, la tête bien calée contre son cœur, entre ses bras.

Grand-mère était belle. Encore plus belle quand elle occupait son temps à faire de belles choses.

Depuis qu’elle n’est plus là, je prends plaisir à retrouver toutes les jolies choses que ses mains ont créé.

Grand-mère avait raison. Il faut faire les choses bien. Et y mettre beaucoup d’amour surtout.

Ce texte a été écrit dans le cadre de l’atelier 305 de Bric A Book

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Donnons le temps au temps

Le passé ne compte plus, laisse le se taire, devenir inconnu.

Libère toi de tout, des mémoires qui te hantent, des projets avortés, des envies absentes, des désirs refoulés.

Hier n’est plus qu’à l’imparfait.

Le présent se prélasse au soleil. L’été se réveille d’un profond sommeil.

L’instant t’offre tout ce qu’il te faut pour avancer, te construire, t’émerveiller, approfondir.

Aujourd’hui s’écrit maintenant, ici.

Le futur s’interroge, dessine des mirages sur le ciel d’octobre.

Des projets verront le jour, tes désirs vibreront d’amour.

Demain attend son heure, rêveur.

 

E-Maux Et les Mots

Mon rapport à l’écriture change, évolue. Après les doutes, comme une renaissance à la vie des mots. Douter m’a ouvert des horizons. Douter m’a donné des clés. Écrire dans un souci de transmission, de partage. Écrire pour dire, montrer, exorciser les maux. Écrire l’âme, les corps, le manque, l’absence, les peurs comme les joies, les rêves enfouis et les rêves à bout de bras, le temps qui passe, écrire tant qu’il est encore temps.

Laisser mes mots se promener entre les mains de celles et ceux qui les accueillent le cœur ouvert. Laisser les mots voyager, toucher des âmes sur le chemin de la vie.

Moins j’en vis, plus l’envie est là, d’être authentique, de rester moi. Si écrivain est un métier, le mien est alors ailleurs. Si écrivain est une passion, alors je l’accueille et je m’y fonds!

Du vide et du trop plein

De l’énergie. Et puis des doutes.

Du trop. Trop plein.

Du vide aussi. Ne pas chercher à le combler. Chercher à le comprendre.

Des envies qui prennent vie. Et si peu de patience.

Je suis ici pour quelque chose. Mais quoi?

J’écris toujours avec passion, par passion. Par plaisir aussi.

L’écho de mes mots reste parfois bien silencieux. Les mots des autres trouvent leur place. Les miens se cognent contre les parois de mon manque crucial de confiance en moi. Comment travaille t-on ça, la confiance?

Je me compare. Moins qu’avant. Trop pourtant.

Et tout tourne trop vite autour de moi.

Il faut que je m’arrête. Il faut que j’appuie sur stop, que j’arrête de penser au regard des autres sur moi, que je suis plus indulgente.

Parfois j’ai envie d’arrêter cette mascarade, m’isoler, retrouver ce contact intime avec moi. Arrêtez d’être ici et là. Arrêtez de vouloir plus. Couper les ponts.

C’est la pleine lune. Et puis cette date, ces souvenirs. J’ai beau lutter, ils s’imposent toujours. Je crois avoir fait mon deuil puis ils refont surface à cette date et tout le travail que je fais semble voler en éclats.

Je me demande comment je suis faite. Je dois perdre contact avec la terre pour refaire surface.

Je me laisse le temps de me libérer de mes chaines. A nouveau. De purger les chagrins et les peines. De renaître à moi. Sans délai. Sans contrainte.

Lord Anglais

Encore ce clebs !

Richard n’avait jamais entendu parler de chien dans sa vie. Il n’y avait que des clebs autour de lui, des vieux, sans collier, des égarés, des estropiés, des qui passaient d’une maison à l’autre en quête de quelque chose à grappiller dans les assiettes des uns, les bols des autres. Il n’y avait que des effrontés, des clébards à puces, des animaux aussi paumés que leurs propriétaires, aux yeux vitreux, au poil crasseux. Richard n’avait jamais dit le mot chien. Pour lui, c’était un terme d’une autre époque, un de ceux qu’on employait dans un monde qu’il ne connaissait guère, qu’il regardait de loin, quand il prenait le métro et passait dans les beaux quartiers, juste le temps de saisir le cliché d’un clebs, poil rutilant, démarche noble portant un nom de Lord anglais.

Pierres sacrées

Elles se déclinent à l’infini, portent en elles une histoire. Elles assurent protection, douceur, sagesse. Elles équilibrent les tensions, apportent sérénités à celles et ceux qui les portent. Elles sont une aide précieuse sur le chemin, aiment à prendre la pose entre nos mains. Elles inspirent et sont dotées d’une énergie créatrice intense. Elles sont des guides qui nous invitent à lâcher prise, à croire en nous, à rêver grand.

Ame-Soeur

Quand on parle d’âme-sœur, on relie ce terme à la rencontre amoureuse. Mais n’est-ce pas réducteur?

Au delà des clichés, l’âme-sœur n’est-elle pas plutôt cette personne dont le cœur semble battre à l’unisson avec le nôtre, dont l’âme justement semble avoir trouvé son repos auprès d’une âme qui vibre à la même fréquence.

N’est-ce pas plus qu’un simple rendez-vous? N’est-ce pas plus qu’une fusion?

La rencontre de l’âme-sœur transcenderait alors tout ce que nous connaissons, tous les codes de la société. Et nous laisserais perdus dans un univers inconnu, que nous pourrions juger hostile. Mais qui ne l’est pas. Car l’âme est au-dessus de nos doutes. Elle dépasse nos incohérences. Elle ne juge pas. Elle fait son chemin. Tout simplement.

Ecoutons-nous assez notre âme pour remarquer l’âme-sœur au milieu de l’épais brouillard que nous maintenons entre nous et le monde, pour nous protéger, pour ne pas perdre pied?

J’en ai rencontré une. Une fois. Elle habite au Canada. Elle et moi savons. Elle le dit. Nous sommes des filles en équilibre sur le toit du monde.

Nous n’avons pas qu’une âme-sœur, nous en avons des tonnes. Nous freinons pourtant leurs rencontres. C’est déstabilisant parfois de faire face à cette partie de soi qu’un(e) autre semble deviner, sans même nous avoir vu, sans même connaître l’éclat de notre regard ou la densité de notre fragilité. Mais ne risquons-nous pas de passer à côté de quelque chose d’intensément beau en nous fermant de la sorte?

Je me pose souvent la question…

Doigts d’or

Elle pique, coud. Elle arrange les tissus, superpose les couleurs, cherche le bouton adapté. Elle se laisse porter par la couleur du temps, par des clichés suspendus, par la nostalgie qui s’invite au détour d’un air connu. Le bonheur danse entre ses phalanges. Elle reste attentive au silence qui impose son tempo quand tout va trop vite, que son esprit se vide. Elle crée des merveilles du bout de ses doigts de fée.