Posted in Carnets de route, Variations Littéraires

Ça commence par…

Ça commence par une pensée, une envie. Ça commence par une impulsion. Et le reste suit.

Ça commence par le vent frais sur la peau nue.

Ça commence par un premier pas sur le bitume, une énergie qui vient de l’intérieur.

Ça commence par une foulée, légère, aérienne, poussée par une force invisible.

Dans cette première foulée, il y a encore quelques questions et incertitudes. Puis l’esprit lâche prise.  Se concentrer sur sa respiration devient une priorité, trouver son rythme, poser l’air. Autour le monde se décline en nuances de vert. Le soleil filtre à travers l’épais feuillage des arbres.

Dans les foulées suivantes, il y a le vide, l’espace, la nature imprégnée de nos pas, le silence à l’intérieur de nous.

Si dans la première foulée, rien n’est sûr, dans celles qui suivent, on se sent porté, vivant. Le parcours se dessine comme autant de pas osés dans une direction inconnue. Le corps se positionne dans un plaisir insoupçonné. On s’abandonne à l’instant qui nous délivre de tant de tourments. Le monde ne nous parait plus si hostile, la vie si compliquée.

Le rythme pris, plus rien ne semble pouvoir nous arrêter, tant que le corps dit « oui ». C’est une autre forme d’abandon, l’abandon à l’effort. Comme lorsque notre corps en épouse un autre, que l’amour infiltré dans un corps à corps passionné nous rend invincibles.

Tout commence par une intention. Le reste suit. La vie prend ses aises et toute sa place dans ces foulées matinales.