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Tous ces mots écrits

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Je les écris tous les jours. Les jours de doute. Et les jours de joie. Je noircis des pages d’eux. Des pages que je partage et d’autres qui n’existent que pour mon regard. Un souvenir se grave. Chaque regard, chaque sourire, chaque échange, chaque miracle. Je les regarde vivre, aimer, faire vibrer la corde sensible de mes sentiments. Si imprégnés d’eux. Ils sont mon refuge, mon rivage, ma terre ferme.

Je les ai écris, ceux qui ne sont plus. Des mots lus pour un dernier au revoir – des mots qui m’arrachent encore quelques larmes, celles des adieux auxquels on ne s’était pas préparé.

Je l’ai écrit, lui,  petit ange qui se pose sur le monde, mon monde, qui s’envole et vole au dessus des nuages, libéré de ces maux qui marquent au fer rouge.

J’ai écrit le premier amour. Pour accepter la séparation. Pour le laisser partir. Écrire pour guérir. J’ai écrit les suivants, sentiments platoniques, vérités tragiques. Pour ne pas oublier.

Alors toi aussi il fallait que je t’écrive, que je te donne vie dans une histoire qui porterait ton prénom. Il y aurait les vacances, nos souvenirs de gosses, la mer, les prémices de l’amour, la liberté de ces deux mois d’été. Puis il y aurait la fin – purement inventée. Tout comme les personnages et le deuil. Il n’y aurait que ton prénom et cette place au cimetière sur laquelle je m’arrête à chaque fois que j’y passe. Juste là, là où nos souvenirs communs convergent. Une histoire pour exorciser les démons. Et faire taire les fantômes de la nuit qui jouent avec les émotions de ceux qui restent.

Alors j’aurai presque fait le tour des mots écrits…

Sur les hommes de ma vie.

 

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L’intimité du cœur et l’intimité des corps

Nous sommes intimes. On s’aime. Et dans cet élan-là, nos cœurs s’accordent autant que nos corps.

Dans nos cœurs, les sentiments gonflent et se gorgent de la sensation d’amour. On n’a pas su quand ni comment tout a commencé. C’est juste une évidence, un bonheur qui grandit au fil des rendez-vous que nous partageons, tous ces moments dans lesquels nous nous sentons bien l’un avec l’autre.

Dans nos corps, c’est l’effervescence. On se cherche, on se désire, on se veut entièrement, sans artifice. Tout le temps. On se livre, insatiables, on s’abandonne au désir de l’autre, on se laisse emporter par l’extase, on jouit la peau en sueur et un sourire au bord des lèvres, qui résume tout ce qu’on ressent, à cet instant.

L’intimité du cœur n’appartient qu’à nous.

L’intimité du corps peut se livrer à d’autres intimités, cela ne changera rien. Ce qui changera c’est qu’on partagera différemment, on s’offrira dans un ballet qui mettra tous nos sens en éveil, on se donnera aux regards, aux mains, aux bouches des autres en se regardant dans les yeux. On prêtera nos regards, nos mains, nos bouches à d’autres corps. On goutera au plaisir de n’appartenir à personne qu’à nous-mêmes et dans cette liberté on s’offrira sans interdit, ni barrière. On se sentira libéré des peurs, des amalgames. On se découvrira dans un rapport à l’autre fait de gestes qui font du bien, sans jugement. On découvrira l’autre dans un désir plus fougueux. On renversera tous les « on dits », toutes nos fausses croyances, on fera fi des tabous et autres insécurités. Puis dans la confiance, face à d’autres désirs, différents, identiques on se livrera, au délice des corps qui célèbrent la jouissance, le plaisir, la vie.

On se trouvera au réveil, émus, plus complices. Et l’intimité du cœur n’en sera que renforcée.

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La douce folie de mes envies

Elle est là, posée sur le lit, inoffensive.

Quand il est arrivé, il a posé un baiser sur mes lèvres puis a enlevé la boucle, ça a fait un petit bruit, celui qui annonce la suite des festivités. Il aurait pu s’arrêter là, comme d’habitude. Puis défaire le bouton de son pantalon, le quitter, se mettre à l’aise. Là, il l’a fait glisser entre les passants, délicatement, sans me quitter des yeux. J’ai soutenu son regard, incertaine de l’issue de la manœuvre. Puis il l’a enroulée autour de sa paume de main, lentement, en prenant soin de bien lisser les contours, caressant le cuir noir avec une once de volupté. Arrivé à la boucle, il a souri, j’ai imaginé un scénario que ma morale en d’autres temps, avec un autre que lui, m’aurait interdit. Puis, en prenant son temps, encore, encore plus que d’habitude, il a posé l’objet de mes fantasmes les plus fous sur le bord du lit, sans rien dire.

Il m’a prise dans ses bras, comme si de rien n’était, comme si c’était moi qui avait de drôles d’idées en tête.

Elle est là, posée sur le lit, inutilisée. Mes yeux font des va et vient entre elle et lui.

Est-ce que j’oserai lui dire ce dont j’ai envie ?

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Ma chérie, tu sais, les hommes…

Crédit Pixabay

Quand une mère parle à sa fille, ça ressemble toujours plus ou moins à ça : un cœur à cœur sans pitié pour celui / ceux qui partage(nt) sa / leurs / notre vie(s).

Les clichés se succèdent dans un rythme frénétique. Chacune y va de son souvenir, de son anecdote plus ou moins légère. La réalité se fige dans cet élan qui dit tout ce que personne ne veut entendre.

La vie de couple est alors passée au crible de toutes les faiblesses des hommes, de tous leurs défauts qui, il parait, prennent de l’ampleur avec le temps. La mère tente de rassurer la fille en lui disant qu’à son époque, c’était pire, on en parlait pas, on ne faisait que subir. Puis elle lui rappelle que le couple ce n’est pas un chemin de roses: « avec ton père tu sais… ». La fille ne sait pas et ne souhaite pas savoir. Elle a juste besoin qu’on compatisse à son coup de blues passager. Hier, ils se sont disputés et dits des choses qui ont du mal à passer.

Une autre vague de clichés s’abat, envoyant valser les belles idées des féministes engagées. La fille voudrait la clé pour que son mariage soit une réussite. La mère lui dit d’être compréhensive, les hommes ne changent pas, ne se remettent pas en question. Ils sont certains d’avoir raison. Au lieu de se braquer, il faut les écouter, faire des compromis, des choix aussi. La fille, un brin rebelle, ne veut dépendre de personne, surtout pas d’un homme. C’est pourtant bien ça que sa mère lui a appris. Elle est complètement paumée.

La mère aussi. Elle s’emmêle les pinceaux dans ses clichés. Elle sait que partir au moindre petit couac n’est pas la solution. Et en même temps elle aurait apprécié avoir cette opportunité. Au final elle est restée pour tout un tas de raisons, mais surtout parce qu’une vie de couple, c’est compliqué – sa mère et sa grand-mère le lui avait si bien expliqué que c’est gravé dans son ADN. Elle dit à sa fille de s’accrocher, avec beaucoup d’amour ça peut marcher. Il lui en reste assez à elle pour s’imaginer finir ses jours avec celui qui depuis plus de 40 ans partage sa vie, malgré les bas et les mille et une envies qui lui ont traversé l’esprit de se barrer à l’autre bout du monde.

La fille se demande comment les hommes et les femmes font pour vivre ensemble sans se déchirer. Est-ce qu’elle a fait le bon choix ? Est-ce que l’amour suffira ? Est-ce que les hommes sont vraiment des lâches, des égoïstes, qui ne pensent qu’à leur boulot, leur voiture, des insensibles sans cœur, des briseurs de rêves, des brutes épaisses et sans une once de tact, infidèles par dessus le marché? Mais surtout est-ce qu’elle aura le courage de sa mère pour réussir sa vie de famille ?

Quand une fille parle à sa mère, ça ressemble toujours plus ou moins à ça : un cœur à cœur lourd de questions et un cœur qui a besoin d’être rassuré.  

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Derrière la porte

Crédit Pixabay

Derrière la porte, elle l’attend, fébrile, impatiente. Elle sait l’heure, le bruit de ses pas. Elle anticipe sa main sur la poignée puis les effluves de son parfum, qui viendront la faire chavirer dans un océan d’interdits. Elle a pris soin d’ôter son alliance, de la poser sur la table de nuit. Elle sait qu’il fera la même chose en arrivant, leurs alliances s’interrogeront du regard juste le temps pour eux de s’aimer.

Dès le départ ils savaient. Des doutes et de la culpabilité, ils en sont revenus rapidement. Ils n’avaient qu’une vie, même s’ils s’étaient rencontrés au carrefour des leurs, déjà bien installées. La question de tout remettre en jeu ne s’était pas posée entre eux. Elle aimait son mari avec la tendresse particulière des années passées, une forme d’attachement sur lequel elle ne reviendrait pas. Pour les enfants peut-être. Ou parce qu’elle ne se sentait pas d’attaque pour tout recommencer, faire face aux regards de ceux qui pensaient avoir mieux réussi, même si ce n’était que du vent, une belle image sans sentiments. Elle savait aussi que le meilleur était dans cette découverte, ces moments sans compromis, sans justification, ces moments d’abandon dans lesquels elle s’offrait le luxe d’aimer sans promesse, sans serment d’éternité. Il avait lui aussi une vie bien rangée, remplie de dîners à honorer, de fêtes à célébrer, de projets à concrétiser, d’enfants à éduquer. Elle n’était pas une passade et pourtant il ne se voyait pas l’aimer autrement que dans cet espace, dans cet instant volé au temps des obligations quotidiennes, des invitations superficielles.

Une heure par semaine, voilà ce qui leur est donné. Une parenthèse enchantée, savourée, partagée, pleine de passion, d’intensité. Ils font l’amour, souvent, insatiables dans leurs désirs. Parfois ils s’allongent simplement l’un à côté de l’autre, refont le monde comme deux adolescents épris de liberté, authentiques dans leur manière d’être.

Au moment de partir, ils s’embrasseront presque timidement, il y aura comme un léger goût de manque, déjà, dans l’atmosphère de la petite pièce, puis chacun replacera son alliance, reprendra le masque qui lui va si bien, pour être ce que le reste du monde attend d’eux.

Ce texte a été écrit dans le cadre d’un atelier d’écriture que je suis sur Paris qui avait pour thème “l’image: celle que nous nous faisons des choses, des personnes ou celle que nous renvoyons” – Avril 2017

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Construire à deux

J’ai posé cartes sur table dès le commencement. Lui aussi.

Tous mes “jamais” l’ont fait sourire. J’ai mis mes peurs par écrit. J’ai délié le fil de mes plus intimes secrets (j’en ai certainement d’autres). Je me suis livrée, non sans état d’âme. J’avais confiance. J’ai pris le risque qu’il soit comme les autres, qu’il parte en courant. Ou qu’il soit différent (j’ai bien fait).

Si j’avais demandé des conseils, on m’aurait dit de rester discrète, de ne pas m’emballer, de distiller les informations au compte goutte, de faire attention. Je crois que chaque relation est différente, que nous sommes tous plus ou moins pudiques, plus ou moins sensibles à ce qui se dit ou ne se dit pas.

J’avais besoin de sortir ces choses, de laisser les blessures, les cicatrices s’exprimer, j’avais besoin de savoir que je pourrais dire « non » sans craindre un éventuel revirement de situation. Je savais qu’un « non » reconnu ouvrirait la porte à des « oui » assumés.

Quand par curiosité, je refais le film du premier échange, du premier contact, il est certain que mes sentiments existaient avant de l’avoir rencontré en chair et en os.

Je ne savais pas où cela nous mènerait, j’ai juste pris le pari d’y croire. Lui également. Malgré les déceptions, les séparations douloureuses, malgré le temps qui malmène les cœurs, malgré les doutes. Comme si il y avait une force plus forte, une envie plus intense de ne pas laisser le train partir sans nous.

J’étais fébrile à l’idée d’offrir mon cœur, de laisser mes sentiments s’exprimer. Et pourtant tout s’est fait naturellement, même si certains caps ont été plus difficiles que d’autres à passer, si les questions ont été nombreuses (et le sont parfois encore), le bonheur parfois difficile à accepter comme légitime (un comble !).

Je crois que ce qui a fait la différence c’est d’avoir misé sur l’honnêteté dès le départ. Puis l’investissement de chacun, le soutien, l’attention, le respect, son écoute, la sincérité, les sentiments bien entendu,  un juste équilibre, pour aller de l’avant et construire quelque chose de beau, libre et vivant. A deux.

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Quand les masques tombent…la liberté!

Dans la vie de tous les jours, nous nous adaptons souvent. Nous sommes différents en fonction des personnes, des situations, des lieux.

Avec mes amies, je suis souvent assez à l’aise. Certaines me connaissent depuis longtemps. D’autres sont entrées dans ma vie plus récemment. Parfois je m’adapte à certains caractères, je sais rester en retrait. Je ne sur-joue pas pour autant.

En famille, je me suis souvent rebellée contre l’ordre établi. J’ai longtemps cherché ma place. Puis j’ai voulu être acceptée alors je suis rentrée dans un moule. Parce que c’était rassurant pour mes proches. Je pouvais être plus authentique ailleurs, alors pourquoi ne pas faire semblant, un peu, de temps en temps.

Au travail, il est clair qu’on joue plus facilement un rôle. Il n’y a que Bridget Jones pour être 100% naturelle au boulot ! On est plus ou moins obligé de savoir se tenir, de contrôler ses états d’âme. On ne se travestit pas non plus, on trouve son équilibre. On renvoie une image (qui n’a pas toujours grand-chose à voir avec qui nous sommes dans la vie de tous les jours).

Dans l’intimité du couple (il va de soi que je parle d’une relation saine), les masques tombent complètement. Peut-être pas tout de suite, mais progressivement c’est certain. C’est le seul espace qui nous permet d’exprimer tout ce que nous sommes, de révéler ce qui se cache à l’intérieur et que nous n’osons pas toujours laisser sortir. Nus face à face (autant physiquement qu’émotionnellement) nous nous exposons, nous lâchons prise, nous nous abandonnons mutuellement. Il n’y a plus de codes, de règles à respecter, de tenue à avoir. Il n’y a rien à prouver ni à soi, ni à l’autre. C’est un espace de liberté totale, où les mots, les gestes, les envies ne passent par aucun filtre. Le contrôle n’est pas de mise. Même si parfois il nous rassure. La complicité qui s’installe devient le terrain de tant de possibles, qui nous font sentir pleinement vivants. Les barrières tombent, les tabous disparaissent (avec le temps). Les corps se fondent, se confondent, s’extasient. L’intimité offre à l’esprit une trêve. Nos sens prennent le relais et donnent à nos corps l’occasion d’expérimenter une large palette de sensations. Nous nous découvrons chaque fois davantage. Nous-mêmes. L’autre. L’intimité nous nourrit de l’intérieur, nous remplit d’énergie, de force, de confiance.

Et vous l’intimité, vous la vivez comment ? Elle vous apporte quoi?

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Pendant 4 ans, j’ai simulé…

C’est monnaie courante, beaucoup de femmes en sont réduites à ça, détailler le papier peint de la chambre à coucher pendant que l’autre s’active à la tâche, avec un objectif unique: son plaisir. C’est bien là que la bât blesse. Quand on parle du plaisir de l’autre, il y a ceux que ça indiffère, ceux qui n’y pensent même pas, les égoïstes purs et durs, ceux qui te balancent des histoires à la con de soumission, de religion et plein d’autres…Et puis il y a ceux pour qui ça compte. Heureusement!

Entre nous, tout avait mal commencé. Il ne fallait pas être devin pour imaginer que sexuellement ce serait un fiasco. Pourtant on pouvait espérer. Ça ne fait de mal à personne, encore que!

C’est dans une petite chambre, humide et moche que j’ai pris conscience, non sans m’être forcée à voir le côté positif des choses, que le Nirvana ce n’était pas une partie gagnée. De bon matin, après une soirée où j’avais tenu bon sur mes positions – avec préservatif ou rien – je me suis réveillée seule dans le lit froid aux draps à la propreté douteuse. Il était sorti, pour quoi faire? M’acheter des croissants sûrement. Il avait un corps de rêve et il était délicat. Si ça se trouve c’était un Dieu au lit. Je rêvais déjà. Quand il a passé la porte, le regard pétillant, en tenant à la main une boite de préservatifs, j’ai déchanté. Pas de croissants. J’allais passé à la casserole sans préambule. Sans préliminaire non plus – pourquoi faire long quand on peut faire court!

Au départ, je me disais que c’était peut-être à moi de lui montrer le chemin. Sauf qu’entre lui et moi il y avait tout le vacarme de la religion et son inaptitude à penser à quelqu’un d’autre qu’à lui-même. A chaque fois que nous nous retrouvions dans un lit, j’avais ni plus ni moins l’impression d’être une pute – l’argent en moins sur la table de nuit. Au départ, je mettais un peu d’ardeur à la tâche quand même, histoire de dire qu’on était deux à  vivre l’expérience.

Au fil du temps, j’ai appris. A faire semblant. C’est pas si compliqué, croyez moi. Et ça passe inaperçu puisque l’autre n’en a strictement rien à ciré. J’ai eu le temps en quatre ans d’étudier dans les moindres détails les murs, le plafond, la moquette, le carrelage de la salle de bains, un coin de ciel bleu, la couleur de la pluie, les vitres, les tâches, la peinture qui s’écaille, la qualité du coton des housses de couette, de refaire dans ma tête la décoration de l’appartement, d’établir la liste des courses, les recettes à tester absolument, les cartes à envoyer. Je me suis parfois demandé pourquoi ça prenait tant de temps, alors que certains jours, c’était emballé en moins de deux et qu’il filait sous la douche, avant même que j’ai mis un pied hors du lit. Je me suis souvent parlé à moi-même, me demandant quand il allait me demander de changer de position, si ça allait être mieux ou pire. Entre deux, je le regardais le sourire aux lèvres, histoire de lui faire croire qu’il était le meilleur amant de la terre – je crois qu’il n’a jamais douté. J’ai joué la comédie le matin, le soir, à midi, en pleine nuit, en plein jour, volés tirés, portes closes. J’ai crié, pleuré, espéré surtout que le déclic arrive, que je sente quelque chose, un début de quelque chose. Rien, le calme plat, un vide abyssal. La seule chose que je retiens c’est cette brulure au fond de moi qui n’a fait qu’enfler à mesure du temps qui passe. C’était nul et en plus ça faisait mal. Que du bonheur!

Puis je me suis avouée vaincue. Il fallait se rendre à l’évidence, le sexe avec lui c’était une perte de temps et d’énergie. Je devenais fade, je me dégoutais aussi, j’avais l’impression d’être un corps à disposition. Moi ou une autre, je crois que ça n’aurait pas fait grande différence.

Si au début l’envie l’emportait sur le reste – je me disais que ça viendrait, patience, patience – au bout d’un certain temps l’envie s’est évaporée, je m’offrais à lui dans l’espoir d’un ressenti quelconque qui aurait pu me redonner vie et surtout nous aurait permis de rétablir une communication chaotique, abolir un silence destructeur. Puis vers la fin, je désertais le lit conjugal le plus souvent possible. Sentir son corps contre le mien me donnait la nausée. Je ne pouvais plus voir mon corps offert en pâture à un animal en manque.

Quatre ans sans un vertige, sans une once de plaisir, sans une once de tact aussi, sans même avoir touché du bout des doigts un hypothétique orgasme, aucune sensation agréable. Quatre ans sans partage, sans respect. Quatre ans d’un jeu que j’ai joué jusqu’à l’épuisement, jusqu’à m’avouer que nous n’avions fait que nous croiser. Du sexe pour du sexe, sans émotion. Pour l’épanouissement, tu repasseras!

Alors pour ceux qui se disent que nous aurions dû en discuter, que ça aurait peut-être changer le cours des évènements, et bien je réponds que j’ai essayé, une fois, deux fois. A la troisième tentative, il m’a presque supplié de ne pas lui parler de ça, que ça lui faisait trop mal. Déjà je n’étais plus vierge, il ne fallait pas trop lui en demander!

Et pour ceux qui se demandent comment on reconnait une femme qui simule. Et bien là non plus ce n’est pas compliqué, il suffit juste de la regarder être, vivre, vibrer, de la respecter, de communiquer. Une femme qui simule n’est ni heureuse, ni épanouie. Ou alors ce soir, elle n’avait juste pas envie – ça arrive!

 

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L’un à l’autre

Nous sommes deux cadeaux
L’un à l’autre
Chacun avec nos expériences, notre vécu
Ce qui nous a façonné
Ce qui nous a malmené
Chaque choix nous a mené
L’un à l’autre
Nous avons appris de nos défaites
Nous avons grandis avec nos joies
Nos rêves ne sont peut-être pas les mêmes
Nos coeurs pourtant vibrent à l’unisson
Qu’existe t’il de plus vrai
Que ce que nous partageons?

Aucune histoire ne se ressemble
La nôtre se construit
Sur des sentiments sincères
Des valeurs qui nous lient

Qu’importent les peurs
Nous les dépasseront ensemble
La fréquence du bonheur
Les réduira en cendres…