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Crédit Pixabay

On oubliera vite
Ce qui hier encore nous paraissait
Insensé
On se fondera dans un décor
La foule des grands jours
Destins frôlés
Baisers volés

On oubliera vite
Les premiers pas dans le vide
Immense

On oubliera
Jusqu’au souffle déposé
Tout deviendra presque habitude

Et alors la magie s’envolera
Sans un bruit
Elle glissera sur nos corps
Désormais endormis

On ne prendra plus le temps
De s’apprêter
De se découvrir
De se regarder jusqu’à tout deviner
Tout ira vite comme une urgence
Comme si demain allait nous voler
Ce que nous n’avons pas su vivre

Le désir sera une performance de fin de soirée
L’orgasme, l’unique aboutissement d’ébats
Vite emballés

On se sera perdus de vue
Au milieu de la foule des grands jours
Nus dans nos habits communs

Plus rien d’extraordinaire
Que du banal
Plus de tremblements
Que du déjà vu
Plus que du sexe pour le “fun”
C’est ce qu’ils disent
Plus de grandes déclarations
Qui font des nœuds au ventre
Et nous laissent, haletants,
Imprégnés d’un bonheur que nous savons fragile
Que nous chérissons comme un cadeau

On oubliera un jour
Les perles de pluie
Sur nos peaux transies
Les marques satinées
L’abandon
Le don

Il n’y aura plus que des cris
Pour dire le plaisir
Plus que des paroles
Quant il y avait des émotions
Plus que des hypothèses cruelles
Quand il y avait des étreintes
Qui valaient tous les mots de la terre

On oubliera le goût de nos peaux
La saveur des baisers
La fougue
L’audace
La complicité dans un regard
La séduction
Dentelles et bas de soie
La suggestion
Les mains qui caressent
Le temps suspendu
La passion
Les surprises
L’envie pressante
Qui ne se contient pas

Le temps se bloquera
Sur ce qu’on n’aura pas su retenir
A force de vouloir plus

Suspendus dans le vide
Nous aurons encore le choix
De revenir à ce qui compte
Plus que tout
Aux sens et à l’essentiel
A ce qui nous ressemble
A nous.

Ce temps loin de toi

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Credit Pixabay

J’en ai imaginé des choses, j’en ai crée des histoires à dormir debout, dans les moments de doutes, dans les heures creuses des jours gris, dans la brume des matins d’hiver et même dans la chaleur écrasante des soirées d’été. J’en ai dessiné des chemins qui s’arrêtent, des routes qui se séparent, des accidents de parcours sans retour en arrière possible, des accidents tout court qui viendraient emballer notre histoire, qui me laisseraient seule sur le bas côté, sans même un au revoir, sans même être alertée.

Pourtant je n’ai jamais imaginé tant de jours sans toi. Tant de jours loin, tant d’heures sans le son de ta voix, sans la caresse de ton souffle sur ma peau, sans tes lèvres sur les miennes, sans ta main délicatement posée sur mes incertitudes, sans la chaleur de ton sourire, comme un baume qui chasse les tourments.

Je n’ai pas imaginé et je n’ai pas prévu ce changement brutal, cette séparation arbitraire, cet éloignement soudain. Au début, c’était comme des vacances. Trois semaines tout au plus, nous avions connu, nous savions faire. Six désormais. Je pourrais décompter les jours. Je ne le fais pas. Je pense à toi et puis j’oublie, pour que les jours ne soient pas une longue attente, cruelle et douloureuse, pour ne garder que le meilleur, les sentiments qui, c’est certain, se nourrissent de ce temps en suspens, gagnent en vérité.

Je ne sais pas demain, ni après. Je ne sais pas quand on se reverra, ni comment. Est-ce qu’il faudra se regarder de loin, ne pas se toucher? Est-ce qu’il faudra se dévorer des yeux et se dire l’envie de manière détournée? Je ne sais rien de nos retrouvailles. J’ai le coeur qui tremble en y pensant, furtivement. Puis je reviens au connu, à ce que je porte en moi. Le reste est une histoire qui attend, patiemment, d’être écrite…

Un mois d’émotions…

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Depuis plus d’un mois il y a eu des jours avec et des jours sans, des jours heureux, plein de fous rires, d’inattendu, des jours de doutes et de peines. Il y a eu des larmes et des cris, des sourires et des promesses, des matins calmes et des soirées folles. Il y a eu des chansons et des temps calmes, des crayons, de la peinture, des lignes d’écriture, des livres, des films, du temps à deux, des cabanes et des nuits, comme en camping. Il y a eu des repas de fête et des pique-nique improvisés.

Il y a eu des ras le bol qui ont pris toute la place, des angoisses qui ont refait surface, des vérités bien cachées qui sont revenues peupler les nuit, gâcher les jours. Il y a eu nos humeurs de saltimbanques du bonheur, nos états d’âme d’apothicaires, des expériences farfelus. Il y a eu du réussi, du raté, l’impression de ne pas savoir faire, de ne pas savoir être, de ne plus savoir où, quand, comment, pourquoi.

Il y a eu du silence et des maux. Et du silence sans maux. Du silence des profondeurs qui vient rappeler que tout est en ordre, que tout va bien, qu’il n’y a rien à faire de plus. Il y a eu du chahut, des chutes, des montagnes de questions, du temps, un temps infini, tantôt délicat, tantôt euphorique, un temps de nous deux, plus complices.

Il y a eu des “je n’aurais pas dû” et des réflexions en duo, un nouvel équilibre à sans cesse redéfinir. Il y a eu quelques projets, peu de temps pour soi, des prises de conscience, des envies d’autre chose. Il y a eu du partage, des moments auxquels les mots ne peuvent rendre justice. Il y a eu des émotions, des découvertes, des impressions d’être seule au monde, seule avec ses joies, seule avec ses détresses.

Il y a eu du chaos, des heures sombres, des minutes en équilibre. Il y a eu la brulure et la renaissance, le feu qui s’éteint et celui qui redonne vie

Il y a eu les jours et les nuits. Sans toi. Pas vraiment loin. Mais pas là. Il y a eu la routine, le déni, la peur et le manque, toujours, la douleur presque parfois de ces jours sans toi. Sans la chaleur de ton regard, sans le grain de ta peau, sans tout ce qui en toi apaise le moindre de mes sanglots. Il y a eu les jours où ton image même me fuyait, les nuits qui disaient “c’est fini”. Il y a eu les craintes qu’au final ce soit vrai, que tu ai choisi un autre chemin, une autre vérité, que ce temps près des tiens t’ai précipité dans une autre réalité.

Il y a eu cette angoisse de nos pas qui s’éloignent quand nos mains ne se touchent plus, que nos yeux se perdent de vue quand nos obligations nous lient à d’autres vies. Cette impression que peut-être tout pourrait s’arrêter là, dans cet espace sans filet de sécurité, dans cet entre-deux dépourvu de certitude. Il y a eu la peur de ne valoir que 4 minutes au compteur d’une journée qui n’en finit pas, de n’être qu’une parenthèse dans un quotidien bien rempli, une porte de sortie face à des responsabilités écrasantes, un passe-temps agréable sur le calendrier du temps qui passe.

Il y a eu les souvenirs et l’espérance, toujours, la certitude de l’amour et quelque chose de plus fort, de plus grand, le manque comme un trou noir et un tremplin pour retrouver l’essence même de ce qui nous tient, même loin, encore debout, toujours vivants.

 

Couple, infidélité et réflexions littéraires…

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Crédit Pixabay

Une fois n’est pas coutume nous allons parler d’amour aujourd’hui. Après l’amour qui dure, ou pas, qui se construit surtout, j’avais envie de vous parler d’une lecture qui ma beaucoup touchée récemment.

J’ai “rencontré” Paule Salomon chez Sophie. J’ai donc commencé à regarder ses livres et je suis arrivée sur Bienheureuse Infidélité. L’infidélité, voilà un mot qui choque, qui n’a pas bonne presse, qui nous met mal à l’aise.

Ce livre est une magnifique réflexion sur l’amour, le couple, sur la monogamie, sur la façon dont nous interagissons les uns avec les autres dans nos relations amoureuses, sur la fidélité à l’autre, à soi même, sur la dépendance, l’enfermement, la liberté, la poly-fidélité, la jalousie, l’exclusivité (la non-exlusivité) sexuelle, l’évolution personnelle, le désir, le tantrisme, la rencontre des corps, des esprits, des âmes, la place du “je” dans le “nous”…

Le désir est le suc de la vie, une sève de printemps, l’essence d’une spiritualité tantrique.

Un livre qui demande une certaine ouverture d’esprit, car les thèmes abordés ne sont pas évidents pour nous, qui sommes pour la plupart issus d’une culture monogame et pour qui l’infidélité est une trahison, l’adultère, une cause de divorce, nous qui considérons souvent l’autre comme notre “moitié”, l’autre qui vient souvent remplir un vide (conscient ou inconscient), l’autre que nous ne rencontrons, au final, qu’à l’aune de nos propres failles et à qui nous nous donnons corps et âme.

Ce besoin de sécurité est en lui-même une contradiction et une source de douleur, plus nous essaierons de l’assouvir, plus nous en souffrirons ».Il en est de même de la fidélité exclusive.

Un livre que j’ai passionnément aimé. Qui m’a aussi conforté dans certains de mes choix de vie, qui ne sont pas toujours compris par les personnes autour de moi. Un livre rempli de sagesse, qui bouscule nos idées reçues, qui nous offre de lâcher le jugement, nous invite à accueillir l’autre dans toutes ses dimensions, à penser autrement, sans jamais nous dire comment penser. Ni bien, ni mal, à chacun de se faire son opinion, à chacun de définir ses règles, à chacun de les modifier au gré de son évolution.

L’amour conjugal romantique et fusionnel suppose une perte de liberté qui est le déni même du désir et de l’amour.

Les parents de plusieurs enfants disent les aimer tous différemment avec la même intensité. L’amitié se limite rarement à une seule personne. Dans l’antiquité, on vénérait plusieurs Dieux. On peut croire en Jésus et prier Buddha. Mais alors quand on parle de couple, là, on signe un pacte d’exclusivité. Pourquoi?

Pourquoi ne pourrions nous pas aimer deux personnes tout en restant fidèle à chacune? Tout engagement est-il synonyme d’aliénation? La crainte de l’infidélité ne nous renvoi-t-elle pas à un profond manque de confiance en nous-mêmes? Qu’avons-nous peur de perdre? En quoi notre liberté, la liberté de l’autre est-elle une menace?

L’archaïsme de la fusion et de l’unité se renforce d’un deuxième archaïsme, celui de la possession. […] Deux personnes deviennent l’une pour l’autre pourvoyeur de sexe, de sensualité, de tendresse, d’amitié. Nous sommes tout l’un pour l’autre, abîmés l’un dans l’autre, éperdus l’un de l’autre. Autarcie amoureuse éprouvante. Cet amour exclusif ne tolère aucune concurrence.

Autant de questions et tant d’autres encore pour se pencher sur notre façon d’aimer, sur nos attentes, sur nos vulnérabilités, nos façons d’envisager le couple, la sexualité, notre lien à l’autre, autant de questions pour progresser dans notre vie personnelle et relationnelle.

Comment aimer sans m’aliéner, sans pencher vers l’autre, sans le coloniser, le vampiriser? Comment aimer sans me déposséder de moi-même, sans déposséder l’autre de lui-même? Nous avons la possibilité d’apprendre à aimer.

Un avis, une autre lecture à partager sur le sujet? Vous ne jurez que par l’exclusivité ou votre mode de vie est ouvert à d’autres possibles? Comment envisagez-vous le couple?