La goutte d’eau qui fait déborder le vase

Crédit Pixabay

Ce soir j’ai vraiment eu envie de clarifier une chose ou deux ici.

Je passe pour une fille gentille. Et par gentille, j’entends “bonne poire”, le genre de fille avec qui tu peux tout te permettre parce qu’en retour, elle va tout faire pour arrondir les angles, elle va s’excuser alors qu’elle n’y est pour rien dans la situation, elle va passer l’éponge vite fait bien fait.

Sauf que je ne suis pas une fille gentille. Mes sourires sont souvent sincères. Toutefois il y a des jours où ils sont ma seule arme contre la connerie humaine, la méchanceté, face à ceux qui me prennent de haut, qui considèrent que je ne suis pas digne de l’intérêt qu’ils me portent ou qui se sentent prêts à piétiner mon bonheur.

Donc au lieu de tourner autour du pot on va aller droit au but pour une fois. Quiconque ici se sentira prêt à me juger ou souhaitera porter atteinte à ce que j’ai de plus cher se verra refoulé. Un commentaire, ça se supprime. Les réponses à des réponses à des réponses, j’ai donné. Et à part une perte de temps et d’énergie, ça ne m’apporte rien. Je n’ai rien à prouver à personne. Pas à des gens que je connais depuis des années, encore moins à des personnes croisées par hasard ici et qui se permettent des choses que moi-même je ne me permettrais jamais. Passez votre chemin si vous n’avez que des sous-entendus blessants à partager, vous qui vous plaisez à dire que vous êtes ouverts, altruistes, empathiques et j’en passe. Nos chemins peuvent se séparer aujourd’hui si votre ultime but est de ressasser des choses du passé, de fureter le net à la recherche de tout ce qui pourra vous nourrir. Choisissez de vous complaire dans vos pensées toutes faites sur les autres mais ne me mêlez pas à ça.

Voilà, ça couvait depuis pas mal de temps. Depuis trop de temps. C’est dit et ça fait du bien.

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Ni chienne, ni pute, ni salope!

Cet article est depuis une semaine dans mes brouillons. J’avais envie de le partager, tout en hésitant à le publier sur ce blog plutôt que sur l’autre. Puis je me suis dit qu’il avait toute sa place ici.

Donc aujourd’hui, je vais vous parler d’un sujet que je ne maîtrise pas. Du coup je ne vais pas m’appesantir sur les détails. D’autres le feront mieux que moi. Il sera plutôt question de premiers pas et de champ lexical!

Il y a quelques mois j’écrivais ce texte – insoumise. Je le suis toujours dans l’absolu! A l’époque le terme même de soumission me mettait très mal à l’aise et me donnait envie de vomir. Il faisait référence à beaucoup trop de choses du passé où soumission, violence, dépendance et emprise étaient étroitement liées. Je ne reviendrai pas la dessus…

Puis peu à peu j’ai évolué sur le sujet. Pas seule. Suite à de nombreuses conversations, partages, discussions qui m’ont tiré des larmes et m’ont parfois donné envie de quitter la table. Non sans mal. Je crois que si il y a eu un sujet délicat, ce fut bien celui-là. Et puis les mots je les exécrais. Tout s’est fait progressivement. J’ai d’abord accepté que ça pouvait exister même si moi ça ne m’attirait pas. Accepter ne voulait dire ni comprendre ni adhérer. Et puis les mots sont devenus moins violents. Enfin j’ai accepté que ça m’attirait. Et que je me refusais d’expérimenter quelque chose parce que d’une manière ou d’une autre cela allait à l’encontre de tout ce contre quoi je m’étais battue. Alors qu’il n’était question que d’amalgames et que les deux n’avaient rien à voir.

Si je devais associer des mots à soumission aujourd’hui ce serait respect, confiance, consentement. Si ces données ne sont pas là, alors on est dans la violence pure et dure, où la personne soumise n’est qu’un objet entre les mains de l’autre.

C’est pour cette raison que quand je lis les mots “chienne”, “pute”, “salope” dans ce contexte, cela me gêne. Dans d’autres contextes aussi! Je trouve qu’ils donnent une mauvaise image de la soumission – elle n’a pas besoin de ça, vous en conviendrez?

Et si ils reflètent ce que certaines femmes pensent d’elles-mêmes, je me dis que c’est grave. Être soumise, le temps d’une expérience, d’un partage, d’un “jeu” ne veut pas dire que la personne abdique tout respect d’elle même. Loin de là.

Alors Mesdames, si vous voulez être traitées comme de la merde, ne vous privez pas. Il y a des tas de femmes qui échangent leur place sur le champ, des femmes traitées au quotidien comme des chiennes, des putes et des salopes, des jouets entre les mains d’hommes méprisants, qui sous couvert d’amour les contraignent au pire. Et parfois même elles en redemandent, certaines de ne mériter rien de mieux. Elles ne sont pas consentantes. Elles n’en tirent aucun plaisir.

Je ne sais pas, trouvez d’autres mots. Il y en a quand même assez dans la langue française! Et si vraiment vous vous sentez comme telles devant un homme qui vous domine, demandez-vous si ce n’est pas vous qui avez un problème avec cette facette de votre sexualité. Je ne dirai pas que c’est facile à assumer. Mais après tout vous avez le choix!

Quant à vous Messieurs, ne pensez pas que quand une femme assume cette part d’elle-même, cela veut dire que c’est Portes Ouvertes pour tout le monde, que vous pouvez tout vous permettre. Respect. Confiance. Consentement. Je crois qu’il n’est jamais inutile de le rappeler!

Merde au positivisme à tous prix !

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Si il y a bien un truc qui me met hors de moi, ce sont ces phrases toutes faites qui sortent de la bouche de personnes à qui tu n’as rien demandé la plupart du temps mais qui se sentent obligées de rebondir sur les maux que tu poses, déposes, en pensant par-dessus le marché qu’elles te font une fleur.

Tu les connais forcément toi aussi les « ce n’est pas si grave », « demain ça ira mieux », « il faut rester positif », « il y a pire que toi », « ça va passer », « arrête de te plaindre, de te lamenter », « il faut passer à autre chose », «tu as plein de personnes autour de toi qui te soutiennent et t’aiment alors un peu de jus », « mais bouge-toi bordel », « t’attends quoi au juste ? », « c’est un mal pour un bien », « prends du recul », « à toute chose malheur est bon », « c’est pas la mer à boire », « ça sert à quoi de se laisser aller comme ça ».

A force de toujours insister sur le positif, voilà ce que ça donne parfois (Je vais grossir le trait, parce qu’il existe sur cette terre des personnes qui, soit manquent cruellement de bienveillance, soit n’en ont rien à foutre des autres, ou s’y intéressent pour la forme – certains de ces exemples sont vrais.

C’est aller dire à un couple qui vient de se séparer  « heureusement vous n’aviez pas d’enfant »

C’est aller dire à une femme qui a fait une fausse couche « au moins tu n’as pas eu à accoucher d’un bébé mort-né »

C’est aller dire à une famille qui vit dans un appartement humide et à la limite des normes d’hygiène et de sécurité « regarde les migrants qui vivent dans des tentes, au moins toi tu as un toit sur la tête ».

C’est dire à un père qui vient de perdre son enfant de 17 ans dans un accident de voiture « au moins tu as pu en profiter jusqu’à cet âge, d’autres n’ont pas cette chance »

Mais bien sûr, nous n’avons pas tous les mêmes chances. Nous ne sommes pas tous nés du bon côté de la barrière ni dans une famille aimante et attentive. Nous ne sommes pas tous égaux devant la vie. Il y a toujours pire, ici et ailleurs. Sincèrement le fait de le savoir ne change pas le quotidien. Dans l’absolu, c’est merveilleux – nous ne sommes pas tous des sages. Dans la réalité, c’est un coup supplémentaire porté à notre moral. Notre souffrance n’est pas prise en contact et c’est encore plus douloureux.

Toutes les personnes ou presque rebondissent un jour ou l’autre. D’ailleurs toutes les personnes qui mangent, se lèvent le matin,, s’occupent de leurs enfants, vont bosser, se font aider, toutes ces personnes ont une petite graine de foi au fond d’eux, une minuscule voix qui leur dit que ça va aller, qu’elles vont s’en sortir. Sinon, ça fait longtemps qu’elles auraient plié bagage.

La vie ce n’est pas toujours le monde des Bisounours. Parfois, c’est aussi joli qu’un melting-pot des couleurs de l’arc en ciel et parfois c’est gris, marron, noir, c’est un pas en avant et une grosse bourrasque de vent qui nous fout par terre, qui nous terrasse, qui nous plonge au fond de la piscine. Parfois on a même envie d’y rester au fond de la piscine, le temps de reprendre son souffle, le temps d’être au plus mal, le temps de ne plus savoir si ça vaut vraiment le coup d’avancer, le temps de pleurer tout son saoul, de dire qu’on n’en peut plus, d’être en colère et d’en vouloir à la terre entière. On sait que ça ne fait pas avancer le schmilblick. Mais à cet instant précis, on s’en balance, on a juste envie de cuver notre chagrin et de savoir qu’on n’est pas seul.

Alors bien sûr être positif c’est génial, c’est même un bon tremplin pour dépasser le passé et ses fantômes. Ce n’est pas possible tout le temps. Et ce n’est pas qu’une question de volonté. Il y a plein de gens positifs qui se voilent la face, qui avancent en essayant de se persuader que tout va bien, que tout est parfait et beau, que la vie est un long fleuve tranquille. Et qui se prennent les pieds dans le tapis. Testé et approuvé.

Le positivisme coute que coute me donne la nausée (comme tous ces romans feel-good qui remplissent les devantures des librairies).  Les deuils de la vie, quel qu’ils soient prennent du temps. A force de vouloir que tout aille vite, que les gens qui nous entourent retrouvent le sourire top chrono en main, on oublie l’essentiel, que chacun va à son rythme, qu’il n’y a pas de règle en la matière.

Demandez à n’importe quelle personne qui souffre ce qu’elle attend et je vous fiche mon billet qu’elle dira une présence, une oreille attentive, un soutien. Parce que c’est ce dont elle a besoin aujourd’hui, alors qu’elle est au fond du gouffre, qu’elle espère et que ça ne marche pas, que les teintes de sa vie sont toujours mornes, tristes, froides. Arrêtez de la gaver de phrases répétées des centaines de fois, arrêtez de lui parler de positivisme, parlez-lui avec votre cœur et non avec la cervelle atrophiée de la moitié de la population. Le jour où elle se sentira ressourcée, à nouveau armée pour faire face à tout ce qui la dépasse, le jour où elle vous dira qu’elle a besoin de vous pour refaire surface, oubliez les heures noires et foncez avec elle vers la lumière au bout du tunnel !

Pauvre(s) Petit(s) Chou(x) ou quand la société débloque…

Merci de noter que cet article est à prendre au second degré…

En ce moment, à part vivre dans une grotte au fin fond des Cévennes, et encore, on ne peut pas passer à côté de tous les drames qui touchent les femmes de ce monde, et de notre belle France en particulier.

Et les hommes aussi.

Ceux qui résistent bien entendu, qui se sentent complètement démoralisés face à cette vague infernale de violence et qui malheureusement sont catalogués illico presto comme des machos, manipulateurs, fous, pervers, violents. Il ne fait pas bon être un homme en 2018 !

Et ceux qui sont les victimes de la folie des femmes, du monde, des autres hommes (qui ne sont pas solidaires pour deux sous). Entendez les mecs qui violent, tuent, harcèlent, menacent, battent, insultent…pleurent sur leur triste sort.

C’est bien connu les femmes sont des affabulatrices tyranniques. Elles attirent les hommes dans leurs filets pour mieux les détruire. Elles inventent des histoires complètement insensées pour les faire trébucher et tomber. Ce sont des bourreaux au cœur de pierre, des hystériques, d’irréductibles menteuses.

Et la société gobe ça. La société inverse les rôles. Elle donne du crédit aux dires de ceux qui impunément violent les lois les plus élémentaires du code pénal, et quand elle ne leur en donne pas, elle minimise le vécu des celles qui vivent l’enfer. Le monde marche donc sur la tête. Peut-être que nous devrions tous aller nous réfugier dans les Cévennes. Au moins là-bas nous pourrions peut-être retrouver le sens des choses…

Parlons expérience, avant d’aller nous enterrer pour respirer l’air pur de la nature. Un petit coup d’œil en arrière, et je retrouver Roger, en larmes. Et oui chers lecteurs, Roger m’aimait (pour les non-initiés, Roger, c’est mon ex). Il était même prêt à se tuer pour moi. Pourquoi la séparation, pourquoi la rupture, nous étions heureux après tout. Oui à partir du moment où je fermais ma gueule, nous étions heureux. En surface. Qui aurait eu l’idée d’aller creuser un peu. Chaque couple est différent, il ne faut pas juger et bla bla bla…

Il ne voulait que mon bonheur c’est pour ça qu’il faisait la gueule pendant des jours, qu’il me bousculait de temps en temps, pour me remettre dans le droit chemin. Parfois il me parlait mal, mais c’est toujours moi qui avais commencé. Œil pour œil, dent pour dent. Parfois il pleurait parce que c’est moi qui étais injuste, je faisais des choses qui le mettaient mal à l’aise, je ne le respectais pas assez. Quel sacerdoce pour lui ! Moi je me demande sincèrement pourquoi il voulait à tous prix me garder. Les menaces. Quelles menaces ? Jamais il n’aurait faut ça, j’étais comme sa chaire. Les cris. Quels cris ? Oui il avait peut-être parlé un peu fort, ça va, faut pas exagérer. Le harcèlement. Quel harcèlement ? Tout de suite les grands mots.

Il ne fallait pas trop lui en vouloir, il était malheureux. La chute était rude pour lui. Pauvre petit chou ! Pour le reste, voilà, chaque couple trouve son équilibre. Il y a plus grave. Et puis vous étiez d’accord, consentante. Ok il en a un peu profité. Il n’y a pas mort d’homme, ni de femme. Allez soyez indulgente, comprenez le…

Voilà où nous en sommes rendus. A devoir comprendre l’inacceptable.

Les vraies victimes ne seraient donc pas celles que l’on croit. Les femmes aux vies démantelées, brisées, bien amochées (je ne parle même pas des enfants) ne seraient pas tant à plaindre que ça au final. Allez, les filles, demain ça ira mieux ! Buvez une bonne dose de positivisme, ajoutez-y quelques gouttes de gratitude, parsemez votre boisson de pépites de « nos pensées créent notre réalité » et vous aurez le cocktail de choc pour vous en sortir, comme des grandes, sans l’aide de personne !

Et puis oubliez bien vite ces vilaines mésaventures. Le reste de la terre est déjà passé à autre chose.

Peut-être que je devrais arrêter de me taire !

 

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Vous aurez sûrement remarqué, si vous me lisez régulièrement, que je prends rarement parti  dans les débats, grands ou petits, qui divisent la société. Pourtant, sur la toile, tout le monde s’en donne à cœur joie. Tant mieux, certains ont en effet plus de facilité que d’autres à s’exprimer sur des sujets de controverse…

Moi pas.

J’ai fait des études de droit et j’ai appris que chacun avait le droit, justement, d’avoir un avis sur un sujet et de l’exprimer. Cela ne veut pas dire que tout le monde doit y adhérer. Loin de là. Chacun se fait son idée par la suite, accepte, n’accepte pas.  Jusqu’à preuve du contraire, nous sommes libres. Enfin, c’est ce qui est écrit dans les textes.

La liberté d’expression existe pour que chacun puisse faire valoir ses idées. Est-ce toujours vrai aujourd’hui ?

Aujourd’hui, dire certaines choses, rire de certaines choses, faire certaines choses est passible d’un lynchage en place publique. Aujourd’hui, mieux vaut aller dans le sens du vent. Ou fermer sa gueule. Je trouve d’autant plus courageuses les prises de position de ceux qui vont à contre-courant…

Aujourd’hui, comme souvent d’ailleurs, je suis assez horrifiée par la façon dont nous faisons face aux propos qui ne correspondent pas à notre vision des choses. Les invectives sont fréquentes, les slogans féroces. Dans un discours, nous prenons une phrase qui nous a un plus choquée que les autres, nous lisons en diagonale et nous nous lançons dans une guerre contre toutes les personnes qui ne pensent pas comme nous, nous les jugeons, les prenons à partie, les rayons de notre liste de contacts, sous couvert d’une plus grande ouverture d’esprit, d’une tolérance hors du commun.

La tolérance, tiens, une autre qualité que nous nous vantons de posséder…

A chaque fois j’assiste, impuissante, à cette déferlante de haine, qui revient à intervalles irréguliers. J’espère au moins que cela apporte quelque chose aux personnes qui foncent dans l’arène de la polémique, bien décidées à faire triompher leurs opinions.

Quand allons-nous cesser de nous entre-tuer et opter pour un dialogue constructif, à même de nous faire évoluer et non plus de nous rabaisser à l’état de bêtes sauvages, assoiffées de vengeance? Quand allons nous comprendre que le respect d’autrui est la clé pour avancer?

Au fond, peut-être que je devrais arrêter de me taire !

Le jour de trop

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Le jour de trop, c’est celui au cours duquel tu imprimes que tu n’en peux plus qu’on te fasse sans cesse des remarques. Tu as juste envie qu’on te foute la paix, qu’on te laisse mener ta vie comme bon te semble.

Jusqu’à ce jour là, ça allait plutôt bien. Tu encaissais, après tout, rien de grave. Chacun a un avis sur tout, c’est notre lot quotidien à tous. Tu entendais mais tu n’écoutais pas. Rien d’intéressant dans tout ça, ni d’important d’ailleurs.

Mais au bout d’un moment, la fatigue aidant, tout prend de l’ampleur. Et trop c’est trop. La moindre remarque te fait sortir de tes gonds.

Tu n’as qu’une envie c’est de dire MERDE à tout le monde.

Avant c’était mes idées. Après ça a été mes fringues. Aujourd’hui c’est mon appart. Il y a toujours un truc qui cloche. Toujours quelque chose que je ne fais pas comme il faudrait. Je ne vois pas en quoi la décoration de mon appartement devrait poser problème aux autres. Chacun fait bien ce qu’il veut. Apparemment non. Et ce serait aux autres de décider à ma place par dessus le marché!

Je sais que ça part d’une bonne intention. Mais est-ce qu’un jour je pourrais faire ce que je juge bon pour moi, sans  avoir de comptes à rendre? Je vais avoir 37 ans et j’ai sans cesse l’impression de devoir justifier mes choix de vie. Oui mon appartement est meublé simplement, non je n’aime pas avoir des tonnes de meubles ou de bibelots. Je me sens bien chez moi. En quoi c’est un problème pour les autres? Je ne permettrais jamais de faire la moindre remarque de ce genre à quiconque. Ni en matière de fringues ou d’idées d’ailleurs.

Aujourd’hui c’était le jour de trop. J’ai craqué. Toute seule dans mon cagibi.

Rendre des comptes quand c’est nécessaire, ça ne me dérange pas. Mais quand ça ne met en péril ni ma personne, ni la vie des personnes qui comptent pour moi, je n’en vois pas l’intérêt.

Et qu’on ne vienne pas me dire que la manière dont je décore mon intérieur puisse avoir un quelconque impact sur la qualité de vie de mon fils…C’est du grand délire!

Aujourd’hui j’ai envie de dire à toutes celles et ceux qui pensent savoir mieux que moi ce qui est bon pour moi de s’occuper de leurs affaires! On a tous notre lot à gérer sans avoir à emmerder les autres sur leur manière de faire ou de ne pas faire. Ou alors on aime fourrer notre nez dans des histoires qui ne nous concernent pas, histoire de mettre un peu de piment dans notre quotidien?

Vous gérez comment les remarques désobligeantes de vos proches?

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Arrêtons le massacre !

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Je sens déjà qu’avec cet article je ne vais pas me faire que des amis, mais qu’importe. Je ressens depuis plusieurs jours le besoin de l’écrire, alors je me lance.

Je ne vais pas vous parler des arbres qu’on assassine à longueur de journée – et pourtant il y en aurait des choses à dire sur le sujet – ni des guerres toutes aussi pourries les unes que les autres qui déciment des peuples entiers et réduisent des civilisations à néant.

Dans cet article, je vais te parler d’un massacre beaucoup plus caché, dont on n’entend guère parler, celui des enfants mais pas n’importe quels enfants, des enfants qu’on a, alors que tous les dés sont pipés.

Tu vas me dire que je ne suis pas la mieux placée pour parler de ça, moi qui ai fui une relation merdique, enceinte jusqu’aux dents. Pourtant je ne te parle pas non plus de cet enfant-là, de ces enfants-là, de ces enfants que nous portons au Monde dans des circonstances plus ou moins douteuses mais sur lesquelles nous n’avons aucune prise.

Je te parle de ces enfants que nous faisons alors que nous n’avons que des cartes pourries en main, que nous le savons, mais que nous décidons de passer outre. Je te parle de ces enfants ballotés, complètement paumés, autant certainement que leurs parents, ces enfants pris entre deux camps, ces enfants traumatisés, ces accidentés de la vie avant même que leurs vies n’aient commencé. Je te parle de ces deuxièmes, troisièmes, quatrièmes, de tous ceux qu’on a voulu avoir pour ressouder notre couple. Je te parle de ces enfants otages d’une séparation, d’un couple, non pas qui tangue, mais qui coule complètement, couple à la dérive, prisonniers de la violence au quotidien, de la folie parfois.

Tu vas me dire qu’on a tous nos valises, nos cartons mal ficelés à porter, qu’au final on s’en sort. Comment ? Amoché, apeuré, meurtri.

Pour le coup, là je peux parler. J’ai matière à prouver qu’un enfant dont on a volé l’enfance est un être humain blessé à vie, un adulte en sursis. J’ai l’exemple de ma mère depuis 36 ans sous les yeux. Je l’ai vu lutter, se dépasser pour nous, perdre pied, avoir envie de se flinguer. Pourtant elle a toujours tenu à nous offrir le meilleur. Elle l’a fait. A sa manière, en mode survie sans arrêt.

Pour moi c’est sans appel. Avoir un enfant c’est pour la vie, ça ne s’arrête pas à la majorité. Ca ne s’arrête pas le jour où il sait voler de ses propres ailes. C’est comme un tatouage imprimé sur la peau à l’encre indélébile. On ne joue pas avec la vie d’un enfant.

Bien sûr pour certaines femmes dans le monde aujourd’hui, ce n’est pas un choix. Je ne te parle pas de ces femmes-là, ni de ces couples-là d’ailleurs. Parce que ce n’est pas qu’une histoire de femmes, c’est une histoire d’hommes aussi, une histoire de pères en devenir, d’éducateur, de modèle aussi à suivre.

Je te parle de toutes celles et ceux qui ont envie, qui veulent un autre enfant comme on voudrait une nouvelle voiture ou un autre appartement. Je te parle de toutes celles et ceux qui ont déjà des enfants en grande difficulté ou pas, qui ne sont déjà plus à l’écoute, qui n’arrivent pas à gérer le quotidien, parce que parfois le quotidien est angoissant, pesant, destructeur (et je ne les juge pas d’ailleurs) et qui envers et contre tout décide tout de même de récidiver. Je te parle de tous ces enfants qui voient le jour dans des familles où tout s’effrite, de la peinture au plafond au corps des mères, auprès de femmes qui n’ont plus d’énergie, auprès d’hommes absents, violents, auprès de parents eux-mêmes blessés, désespérés. Je te parle de tous ces enfants désirés mais déjà écartelés, sujet principal des disputes entre leurs deux parents. Je te parle de ce sixième qui arrive en pleine bataille judiciaire, de ce deuxième dont la sœur est une adolescente suicidaire, de cet enfant qu’on appelle « accident ».

Je sais qu’on ne peut pas toujours tout contrôler et que parfois la vie décide pour nous, sans que nous ayons le temps de dire stop. Je sais qu’on se trouve parfois pris contre notre gré dans une spirale qui nous empêche de prendre des décisions rationnelles.

Mais essayons tant que faire se peut de préserver nos enfants. Nous leur souhaitons un avenir plus lumineux, plus paisible. Mais comment faire quand nous ne leur léguons que des valises pleines de peurs, de colère, de frustration, de violence, de regrets, de larmes ? Comment peuvent-ils avancer sereins quand leur enfance n’a été qu’un champ de mines ?

Bien sûr nous ne leur épargnerons pas la vie telle qu’elle est et heureusement. Mais essayons quand même, quand c’est possible, de les protéger et de leur offrir ce qu’il y a de mieux. Pour qu’à leur tour, riche d’une enfance heureuse, ils s’accomplissent pleinement.

Arrêtons le massacre, arrêtons de condamner les couples qui ne souhaitent pas d’enfants (pour les raisons qui sont les leurs), arrêtons de fermer les yeux sur l’enfance torturée, violentée, soumise à tant d’injustice et si peu de respect. Arrêtons cette extermination silencieuse, qui ne fait pas de vagues et qui condamne chaque année tant d’innocents.

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