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Le chant des sirènes

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Elle connaissait par cœur la légende qui disait que par temps de pleine lune les pêcheurs entendaient la musique des sirènes. Attirés par leur chant, ils plongeaient dans les profondeurs de la mer. Plus loin, toujours plus loin. Ils les imaginaient féériques et enchanteresses, drapées d’une eau bleue turquoise, qui telle un halo, couvrait leur nudité. Plus ils s’approchaient, plus ils se sentaient happés par une force invisible qui leur ôtait tout contrôle. Leurs membres devenaient guimauves et leur mental divaguait. Ils ne voyaient que des ombres tournant autour d’eux, enroulant leur spectre autour de leurs corps lourds. Ils attendaient l’heure où ils pourraient amarrer et découvrir les profondeurs de l’île paradisiaque, sans se rendre compte qu’elle les posséderait bien avant.

Assise au coin du feu, elle écoutait, l’esprit ailleurs. Elle se demandait bien quand il rentrerait. S’il rentrait. La mer emportait tellement de vies. Elle les avait comptées au début. Puis surprise par la folie, elle avait stoppé ses calculs. Rien ne servait d’inviter la mort à chaque veillée. Elle s’imposait d’elle-même. A chaque départ des bateaux. Chaque retour. Chaque traversée portait en elle le sceau d’un hypothétique accident, d’un drame humain imprévisible.

Quand elle savait que l’aurore guettait son réveil, la nuit, elle se serrait contre lui davantage, se fondait dans le sillage de son parfum. Elle le savait plongé dans un sommeil fait de vagues et d’écume. Elle se laissait alors couler dans ses songes, devenant à son tour sirène aux cheveux d’ange, l’attirant dans ses filets, faits de dentelles et de rubans de soie. Elle le voulait prisonnier de son corsage, esclave de ses sens. Elle n’aspirait qu’à le retenir entre ses bras, ses draps, son coton confortable, les lianes du plaisir.

Au matin, il n’était plus là, lui évitant ainsi les affres du quai et les baisers langoureux qui portaient en eux un goût de trop peu. Elle scrutait alors l’horizon, croyant apercevoir sur l’azur un morceau de lui. Il restait son odeur quelque part. Et dans l’attente, des lambeaux d’espoir d’une étreinte, d’un corps à corps plus rassurant que passionnel, d’un chaos plus pénétrant qu’obsessionnel.

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Flashback…

08.08.2018

Les mots me choquent
Ils attirent mon attention
Avant que mon attention ne les rejette
Ils s’imposent
Imposent leurs limites
Ils exposent les blessures
Explosent
Je pourrais les éviter
Je me confronte à eux
Comme pour exorciser mes démons
Souffrance
Dépendance
Désir de plaire
Obéissance
Contrat
Punitions
Tout est entrave à une liberté
Ma liberté
Maltraitée
Perdue
Retrouvée
Les images imaginaires
Percutent ma réalité
Je rejette la souffrance comme unique moyen
D’un plaisir à faire germer au creux de mes reins
Dans chaque mot
C’est la peur qui m’étreint
Le passé qui revient
La blessure qui renait des cendres du pardon
Je me perds à essayer de comprendre quelque chose d’inaccessible
Je me noie dans les méandres de ma peine incompressible

***

Je ne les ai jamais aimé. Je ne les aimerai jamais. Pas ceux là. Je me suis contorsionnée pour essayer de leur laisser une place dans mon univers. C’est impossible.
Ils parlent un langage qui me ramènent à des images. Mais même sans les images, ils ne me plaisent pas.

Je ne comprendrais jamais tout. J’accepte que certains, certaines se sentent en phase avec eux, avec leurs jeux. Pour moi ce n’est pas un jeu, ça ne le sera jamais.

Même si, parfois, j’aime moi aussi, être soumise à sa loi. Mais juste la sienne. Juste le temps de lâcher tout ce qui me retient d’exister pleinement.

On s’arrêtera là. Dans un échange, les mots reviendront blesser mon amour propre, remettre en question mes idéaux.

Je ne juge pas ceux qui s’adonnent à ce plaisir. Nous sommes tous différents et nos choix ne regardent que nous. Ils sont respectables tant qu’ils sont faits en conscience, tant qu’ils ne sont pas pris à la va vite, au détriment de ce qui compte. Chacun a sa liberté et ses propres limites.

Posted in O bonheur des sens

La rencontre

On pourra écrire chaque jour les mêmes choses, poser chaque jour les mêmes actes, faire chaque jour les mêmes actions, imaginer chaque jour ce que sera l’instant d’après.

Rien ne nous préparera jamais à cette rencontre qui chamboulera notre de vision de la vie, des êtres, qui enverra valser nos idées reçues, mêmes les plus ancrées, qui nous donnera de revoir nos envies, notre définition du plaisir, qui nous invitera à vivre autre chose, qui nous déshabillera de nos jugements, de notre vision du “bien” et du “mal”.

Il y aura un temps de latence, un temps dans lequel les peurs stagneront, nous empêchant d’avancer. Elles seront vives et intenses, puissantes et parfois même terrassantes. Ce sera le chaos des sens, des sons, des mots, le grand plongeon dans une nuit sans étoile. Le corps sera réfractaire à toute prise de possession. La confiance sera ébranlée. Le monde nous apparaitra comme une bombe à retardement prête à exploser.

Puis il y aura le temps du premier pas en avant, incertain, comme un pas sur une ligne droite invisible à l’œil nu. On fermera les yeux comme si cela pouvait nous protéger d’une chute éventuelle. On aura envie de reculer, de rebrousser chemin. On le fera peut-être ou on continuera à avancer vers cette petite étincelle, qu’on aperçoit au loin, on tentera d’y croire. On saisira une main et on se laissera guider. On donnera sa confiance. On laissera son corps vibrer sous l’impact d’un autre corps. Et le voile doucement se lèvera, l’autre côté du miroir se laissera approcher…

On découvrira un monde de plaisir et de liberté bien caché derrière notre montagne de clichés…

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Ces mots là

Quand ils s’unissent ils le font sans mots.

Ou en mots crus, difficilement qualifiables. Ont-ils des définitions de ces mots-là ? Ou bien les définissent-ils eux-mêmes dans un vécu qui leur est propre.

Les mots viennent, surprenants parfois. Mais tout est quelque peu surprenant quand les corps s’offrent, franchement, sans fard, qu’ils se collent l’un à l’autre,  qu’ils se pressent, se chevauchent, s’attirent comme des aimants, qu’ils inventent une danse qui défie tous les codes de la bonne société, qu’ils lâchent prise et se laissent aller à une symphonie dont la partition se joue au rythme des va et vient des bassins.

Des mots crus pour des ébats intenses. Ces mots qui n’existent que dans l’intimité féroce des retrouvailles. Des mots qui ne sont qu’entre eux, indépendamment du reste du monde, qui n’existent que dans l’instant sublime des corps qui se désirent, s’éprennent. Et puis qui s’en vont, comme ils sont venus. La tendresse se pare d’autres mots.

Ils ne sont ni dits, ni écrits ailleurs. Leur brutalité pourrait effrayer. Ils les trouvent sans âme quand ils les entendent dans d’autres bouches, les imaginent au creux d’autres draps.

Ces mots sont un secret qui ne s’ébruite pas.

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Ode à la passion!

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Mettez de la passion dans ce que vous faites!

Ne vous satisfaites pas d’à peu près

De raccourcis maintes fois empruntés

De gestes appliqués à une théorie dépassée

Savourer ce qui se présente à vous

Avec tous vos sens en éveil

Regardez l’autre vivre, aimer, bouger

Regardez la vie battre contre ses tempes

Avant de vous engager dans une voie

Soyez des aventuriers, des chercheurs d’or

Ouverts au changement

Ne vous complaisez pas dans des habitudes mesquines

N’appliquez pas machinalement des gestes

Parce qu’hier, avec un / une autre, telle chose a fonctionné

La quête du plaisir est sans fin

Si vous laissez vos émotions vous prendre par la main

Soyez des êtres passionnés, vifs!

Soyez le désir incarné!

Faites vibrer chaque corde sensuelle

Chaque fibre érotique

Incarnez par tous les pores de votre corps

La Volupté!

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Fais-moi rêver!

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Tes mensurations, les traits de ton visage, la forme de ton sourire
Tes préférences, tes distractions, tes aspirations
Ce n’est qu’une partie de toi
Pas celle qui m’intéresse le plus.

Moi je veux saisir
La magnificence de ton désir
La clarté de ton essence
La fugacité d’un effleurement
Et voir comment tu réagis à
Un toucher
Un regard
Un souffle de vie

Ne cherche pas à savoir qui je suis
Mais comment je ressens les choses
Ce sont les ressentis, les frissons
Qui en disent long
Quand nos corps se laissent aller
A l’instant
Quand nos imaginaires
Croisent le fer

Ne me demande pas ma carte d’identité
Je serais bien incapable de te parler de moi
Écoute mon corps qui vibre
Regarde le s’impatienter, se braquer
S’enrouler autour de toi

Ne me dis pas tout sur tout
Laisse-moi deviner
Laisse mon intuition me parler
Avant toute chose
Séduis-moi!

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La douceur d’un matin

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Là, dans ses bras, le monde soudain semble loin.

Je sens son souffle dans la ligne de mon dos, régulier, apaisé. Une brise légère comme un murmure qui s’engouffre sous ma peau.

Je respire au rythme de son corps au repos, de nos doigts emmêlés.

Le silence enveloppe le petit matin de douces caresses. On est bien, juste là, juste comme ça.

Rien n’est jamais certain et pourtant dans cet instant, tout l’est presque.

Dans l’air, dansent les promesses de cet amour que pas même les peurs ne sauraient troubler, que pas même le manque ne saurait faire trembler.

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Il était une fois: un souhait…

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Il est là, posé sur le monde, sur un fil invisible entre ciel et terre. Il est là, solitaire, avant d’être rejoint par un, puis deux, puis dix, puis mille autres. Il attend le souffle du vent ou celui d’un baiser. Dans sa bulle d’or, il contient tout ce que le cœur sait.

Il est un souhait.

Le premier souhait.

Il est un souhait de paix, celle qui fait tant défaut au Monde.

Il est un souhait d’amour, d’étreintes rassurantes ou passionnées, de tendresse, de force, de sentiments – intenses, d’émotions, de vibrations, de sensations.

Il est un souhait de confiance, d’estime, de pardon, de résilience et d’abandon, de renaissance.

Il est un souhait du corps, le corps visible et invisible, le corps sain et épanoui.

Il est un souhait d’audace, celle qui nous emmène sur des routes moins fréquentées, des collines verdoyantes ardues à gravir et en haut desquelles la vue est époustouflante.

Il est un souhait de joie, de sourires, de câlins qui chatouillent, de baisers mouillés, de retrouvailles, de fous rires, de découvertes, de lâcher prise, de temps partagé, de longues balades dans la nature, de regards échangés, de complicité, de mains qui se serrent, d’embrassades qui s’éternisent, de fêtes improvisées.

Il est un souhait de bienveillance et d’urgence de vivre l’instant, de ralentir, de regarder autour de soi, de s’enivrer de l’éphémère, des joies simples et singulières.

Il est un souhait de mots, écris, lus, à lire, de créations, d’essais, d’histoires à raconter, de destins croisés.

Il est un souhait de liberté, de prospérité, pour toujours enthousiaste.

Il est un souhait enrobé de dentelles, contenu dans un nuage de douceur, traversé par un arc en ciel, un souhait pétillant et vivifiant, un souhait qui se balance dans l’air frais de janvier, un souhait tout en chaleur humaine.

Il est un souhait de moi à toi, à chacun d’entre vous.

Un souhait qui comme une bulle de savon viendrait s’échouer entre vos bras pour que 2019 soit une année lumineuse et riche de tout ce que vous souhaitez voir se réaliser!

 

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Des chatouilles au bout des doigts

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D’habitude ce sont les mots qui viennent chatouiller le bout de mes doigts, des destins qui attendent d’être contés, des histoires qui se dessinent.

Depuis dimanche, mes doigts attendent autre chose.  Ils espèrent. Ils répètent les gestes. Ils se souviennent.

Pour mon anniversaire, je me suis offert une journée d’initiation au massage. Je ne savais pas à quoi m’attendre. Je ne savais si ça me plairait. Comment savoir si on ne tente pas?

J’ai sauté le pas. Le jour J est arrivé. Et la surprise a été totale. Un vrai coup de cœur! Et peut-être de nouvelles opportunités…

Reste à savoir qui me confiera son corps pour la mise en pratique! J’avais entendu dire que tout le monde sauterait sur l’occasion!

Pour le moment, j’attends. Et mes doigts s’impatientent…

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La tyrannie du ventre plat…

Y avez-vous échappé?

Elle est dans tous les magazines, dans la majorité des photos qui se partagent la première place (ou pas) sur la toile, dans la bouche des femmes qui décortiquent leurs formes au microscope, dans l’appréciation collective de ce qu’est un “joli” corps. Elle ne date pas d’hier et elle devient même parfois une obsession. Régimes, séances intensives de sport, culottes gainantes, opération chirurgicale. Certaines femmes sont prêtes à tout pour ce ventre là, sans rondeur, ce ventre adulé, porté aux nues, ce ventre qui leur permettra enfin de se regarder dans la glace et de se trouver “pas si mal” – comparées aux autres…

Tout ça pour ça.

Je ne vais pas vous dire que j’ai  échappé à cette malédiction. Ce qui est vrai pour moi, l’est pour d’autres, mon corps s’est transformé au fil des ans. La maternité y est pour quelque chose, mais pas que. Il y a 20 ans, j’avais 10 kilos de moins au compteur.  A côté de beaucoup de femmes, j’ai toujours apprécié mon corps, je n’ai jamais eu beaucoup de complexes.Mais le ventre ça coinçait. Les abdos, le sport, les pseudos “régimes” n’y ont rien changé. Pendant longtemps, j’ai fait l’impasse sur les maillots deux pièces. A chaque fois que je me regardais dans la glace, je ne voyais que ça, ce ventre qui prenait toute la place et que je n’arrivais pas à apprécier, malgré toutes mes tentatives de m’accepter telle que j’étais – c’est toujours plus facile de conseiller les autres. J’avais l’impression que tout le monde ne voyait que ça, que les gens qui posaient les yeux sur moi s’arrêtaient à ça. Ça me gênait, je me gênais. Sans compter que je viens d’une famille où les femmes cachent plus facilement qu’elle ne montrent, sous prétexte que les autres n’ont pas à devoir regarder un corps considéré “disgracieux” ou par peur du regard des autres sur ce corps jugé “inadapté.” Selon quels critères? A partir de quand, de quoi un corps doit se cacher / se montrer?

Pendant longtemps j’ai envié ces femmes au ventre plat. Puis ensuite j’ai envié ces femmes au ventre rond, qui assumaient. J’ai envié ces femmes qui se moquaient bien du regard des autres, qui étaient à l’aise avec leur corps, leur sensualité, des femmes libres qui au final portaient un regard bienveillant sur elles-mêmes et du même coup invitaient les autres à faire de même.

Elles sont un nombre infime à avoir un ventre plat et parfois même quand elles l’ont, elles voudraient bien qu’il soit différent. Comme quoi personne n’est jamais satisfait! Et puis la liste des complexes est longue…

Je pourrais écrire qu’un regard a changé la donne, mais ce serait faux. J’ai mis du temps à ne pas me sentir mal à l’aise nue. J’ai continué à regarder mon ventre avec cette petite moue dubitative – j’allais faire avec. Petit à petit j’ai accepté que cet autre regard aime mon corps dans sa globalité, sans s’attarder sur ce que moi je considérais comme un défaut. J’avais fini par ne plus faire attention, j’avais même réussi à m’offrir un maillot deux pièces pour l’été (un exploit!) Et puis une réflexion en cours de saison m’avait remis la tête à l’envers. Je me suis replongée dans l’étude attentive de cette île au milieu, qui semblait bien installée. Que d’heures de perdues à vouloir un corps autre! Des évènements récents m’ont montré un rapport au corps différent, dénué de jugement, ce qui en fait ressortir la beauté, la singularité. Doucement mon regard change, il devient plus doux, il regarde l’ensemble. Doucement mon corps prend ses aises et retrouve sa liberté d’être, en vérité, avec ses aspérités, ses forces, ses contours, ses lignes, ses reliefs.

Et vous, ce rapport au ventre plat, ça vous parle? Aimez-vous votre corps? Ou avez-vous des difficultés à l’assumer, à l’accepter? D’autres complexes?

 

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Mon nouveau livre ou l’appel des sens – Y céderez-vous?

A un moment donné il faut se lancer, alors je me lance !

Je vous ai toujours parlé de mes livres, depuis le premier, dont vous avez suivi l’évolution au fil des mois.

Celui que je vous présente aujourd’hui est né un peu à l’improviste. C’est-à-dire qu’au départ il ne s’agissait que de poèmes écrits au fil de l’eau, sans but précis. Des poèmes selon l’inspiration de moments, fragments de l’existence. En les relisant un matin, force fut de constater qu’ils avaient de nombreux points communs. Alors je les ai regroupés. Quand ma mère m’a dit « ce recueil pourrait s’appeler renaître femme », cela a fait mouche. Je me suis lancée dans l’écriture d’un recueil.

Un recueil qui toucherait à l’essence même de ce qui m’avait tant fait défaut pendant de nombreuses années et qu’un regard avait saisi. Je renaissais. Mon corps reprenait vie. Ma vie reprenait des couleurs. Et des mains, des yeux, une peau, des envies me donnaient de quoi faire vibrer les cordes d’un arc délaissé depuis longtemps.

Un recueil assez intime au fond – comme beaucoup de mes écrits – qui pouvait résonner avec d’autres femmes, d’autres désirs tus, d’autres fantasmes cachés, d’autres envies égarées. Puisqu’il pouvait parler à d’autres, je n’allais pas m’en priver !

Les poèmes de ce recueil parlent d’amour, de communion, de chaos, de passion. Ils se déclinent en regards, courbes, caresses, tracés, voyages, dentelles. Ils ouvrent la porte à la sensualité, à l’érotisme. Ils subliment l’embrasement des corps. Ils sont parfois un peu fous. Ils sont le fruit d’un imaginaire fécond et d’une réalité qui ne cesse de m’éblouir. Ils disent ce qui ne se dit pas toujours. Et qui pourtant est source d’épanouissement et de liberté.

Cela fait des mois qu’il murit, des mois que je me pose des questions, des mois que je me demande “si oui” et “quand”, des mois que je retravaille mes textes. Une gestation longue durée et en même temps, octobre est le mois parfait pour vous le proposer, un mois de renaissance chaque année, un mois qui parle si bien de moi dans toutes mes forces et mes fragilités.

Si ces quelques lignes vous parlent et que vous avez envie d’ouvrir la porte, c’est par ici. Vous trouverez mon recueil sur le site The Book Edition. Vous pouvez aussi le commander par mail en utilisant la page contact et je me ferai un plaisir de vous envoyer un exemplaire dédicacé. Encore merci pour tout, votre soutien, votre enthousiasme et votre fidélité quotidienne!

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Filles de la nuit

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Un bruissement d’aile la tire de sa rêverie. L’heure avancée du jour laisse dans le ciel des traces colorées. Sous ses pas, les branches craquent. Les bois l’entourent. Dans quelques minutes à peine, le ballet des prétendants à une gâterie, sans conséquence, se formera. Le travail reprendra. Seule la cadence diffère d’un jour sur l’autre. Elle vient de tendre son tissu, de réajuster sa tenue. Les autres filles commencent à arriver.

Un bisou sur chaque joue, et les voilà parties. Elles vont s’engager dans une conversation morcelée qui pourtant les tiendra éveillées jusqu’aux premières lueurs de l’aube. Entre chaque passe, elles s’offriront le luxe de quelque espoir. Loin du trottoir. Loin des clients. Elles rêveront d’étreintes singulières, de peaux qui se touchent, s’emprisonnent, de baisers fiévreux. Elles s’enivreront de sensations imaginées qui leur donneront l’énergie pour la prochaine demi-heure. Elles se repasseront le film éphémère des amours d’avant, ceux qui laissaient au creux de leurs nuits quelques grammes d’un plaisir fugace, dont elles auraient dû se saouler pour ne jamais en manquer. Elles regarderont leur poitrine ceinturée dans un haut moulant, au décolleté outrageux, se demanderont combien de temps encore elle fera sensation. Elles dessineront sur le bitume l’espérance d’un respect qui fait défaut à leur condition. Elles feront danser leurs rêves à l’heure de la trêve, songes de draps de soie sur des corps de braise.

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Ni chienne, ni pute, ni salope!

Cet article est depuis une semaine dans mes brouillons. J’avais envie de le partager, tout en hésitant à le publier sur ce blog plutôt que sur l’autre. Puis je me suis dit qu’il avait toute sa place ici.

Donc aujourd’hui, je vais vous parler d’un sujet que je ne maîtrise pas. Du coup je ne vais pas m’appesantir sur les détails. D’autres le feront mieux que moi. Il sera plutôt question de premiers pas et de champ lexical!

Il y a quelques mois j’écrivais ce texte – insoumise. Je le suis toujours dans l’absolu! A l’époque le terme même de soumission me mettait très mal à l’aise et me donnait envie de vomir. Il faisait référence à beaucoup trop de choses du passé où soumission, violence, dépendance et emprise étaient étroitement liées. Je ne reviendrai pas la dessus…

Puis peu à peu j’ai évolué sur le sujet. Pas seule. Suite à de nombreuses conversations, partages, discussions qui m’ont tiré des larmes et m’ont parfois donné envie de quitter la table. Non sans mal. Je crois que si il y a eu un sujet délicat, ce fut bien celui-là. Et puis les mots je les exécrais. Tout s’est fait progressivement. J’ai d’abord accepté que ça pouvait exister même si moi ça ne m’attirait pas. Accepter ne voulait dire ni comprendre ni adhérer. Et puis les mots sont devenus moins violents. Enfin j’ai accepté que ça m’attirait. Et que je me refusais d’expérimenter quelque chose parce que d’une manière ou d’une autre cela allait à l’encontre de tout ce contre quoi je m’étais battue. Alors qu’il n’était question que d’amalgames et que les deux n’avaient rien à voir.

Si je devais associer des mots à soumission aujourd’hui ce serait respect, confiance, consentement. Si ces données ne sont pas là, alors on est dans la violence pure et dure, où la personne soumise n’est qu’un objet entre les mains de l’autre.

C’est pour cette raison que quand je lis les mots “chienne”, “pute”, “salope” dans ce contexte, cela me gêne. Dans d’autres contextes aussi! Je trouve qu’ils donnent une mauvaise image de la soumission – elle n’a pas besoin de ça, vous en conviendrez?

Et si ils reflètent ce que certaines femmes pensent d’elles-mêmes, je me dis que c’est grave. Être soumise, le temps d’une expérience, d’un partage, d’un “jeu” ne veut pas dire que la personne abdique tout respect d’elle même. Loin de là.

Alors Mesdames, si vous voulez être traitées comme de la merde, ne vous privez pas. Il y a des tas de femmes qui échangent leur place sur le champ, des femmes traitées au quotidien comme des chiennes, des putes et des salopes, des jouets entre les mains d’hommes méprisants, qui sous couvert d’amour les contraignent au pire. Et parfois même elles en redemandent, certaines de ne mériter rien de mieux. Elles ne sont pas consentantes. Elles n’en tirent aucun plaisir.

Je ne sais pas, trouvez d’autres mots. Il y en a quand même assez dans la langue française! Et si vraiment vous vous sentez comme telles devant un homme qui vous domine, demandez-vous si ce n’est pas vous qui avez un problème avec cette facette de votre sexualité. Je ne dirai pas que c’est facile à assumer. Mais après tout vous avez le choix!

Quant à vous Messieurs, ne pensez pas que quand une femme assume cette part d’elle-même, cela veut dire que c’est Portes Ouvertes pour tout le monde, que vous pouvez tout vous permettre. Respect. Confiance. Consentement. Je crois qu’il n’est jamais inutile de le rappeler!

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Du bout des doigts

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Je connais ton corps. Et pourtant je le découvre chaque fois. Dans le froissement des étoffes, l’intimité d’une sphère que nous définissons au gré de nos envies, un temps qui se suspend pour nous laisser jouir pleinement de l’instant.

Ces jours sans toi sont remplis de toi, et je te retrouve, impatiente d’une étreinte riche de manque. Je retiens mes mains. Te toucher ne serait pas opportun dans la fraicheur du jour ou au milieu du monde. Sentir sous mes doigts le grain de ta peau, sa douceur par endroits, des endroits que je suis seule à pouvoir approcher. Me frayer un passage pour cet impact épidermique, comme un besoin.

J’ai l’impression que le toucher m’offre cette porte, celle qui me permet de me livrer sans mot. Ils sont parfois trop nombreux au pallier de mon cœur, il me faut y mettre de l’ordre.

J’effleure ta peau, je cale mes mains dans les tiennes. Je sais ce qu’elles offrent quand elles trouvent le chemin de mes désirs, qui une fois de plus se disent à demi-mots. Moi qui sais si bien les manier à l’écrit, ils m’échappent encore parfois quand nue devant toi je devrai dire ce qui agite mes sens, ce qui fait frissonner mes pensées. Le trouble s’empare de moi et tu devines. Je n’ai plus qu’à te suivre vers cet inconnu qui comme un aimant m’attire…

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Tactile

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Il l’a vu au premier coup d’œil.

Et pourtant autour de moi, beaucoup vous diront que je ne le suis pas. Et pour cause, c’est quelque que chose que je n’ai pas assumé pendant longtemps.

Pourquoi me direz-vous ?

Déjà parce que chez moi on ne l’était pas. Les effusions de tendresse, très peu pour nous. Certains diront qu’un enfant ne s’adapte pas à son environnement. Je me suis sur-adaptée au mien.

J’ai besoin de toucher, de sentir. J’ai besoin de poser mes mains. Ce contact avec l’autre, les choses, les éléments est très important pour moi. Je suis par exemple une grande amatrice de câlins, de caresses, de chatouilles. Il suffit de sa main qui m’effleure, passe délicatement dans mon dos pour que tout mon corps réagisse. C’est aussi subtil que ça. Aussi subtil que le vent ou le soleil sur mes bras, recevoir un massage, le sable qui coule entre mes doigts, marcher pieds nus, sentir le contact de l’eau sur ma peau. J’ai un rapport prononcé à la sensualité, que j’ai beaucoup appréhendé à travers la danse et que je développe avec l’écriture aujourd’hui. Comme les enfants, j’apprécie aussi de manger avec les doigts – en société je me tiens, ne vous en faites pas !

Beaucoup d’hommes qui ont partagé ma vie, pour ne pas dire tous, ne l’étaient pas du tout et trouvaient d’ailleurs ce besoin assez puéril.

Beaucoup de mes amies y sont plutôt réfractaires. Dans ma famille, on se prend rarement dans les bras les uns des autres. Quand ça arrive on se sentirait presque gênés.

J’ai caché cette vérité sur moi pendant des années. Je pensais même que c’était « mal ». J’avais des idées un peu particulières sur le « bien » et le « mal ».  Si j’avais été un peu trop proche d’une amie, on aurait pu croire…Si j’avais dit que j’aimais bien laisser mes mains gambader sur ma peau  (sans y voir une connotation sexuelle), on aurait dit que…

L’Irlande a été le premier déclencheur. C’est un pays où les gens, pour le coup, sont très chaleureux, très « grandes embrassades ». Je pouvais donc être moi sans être mal vue. Niveau câlin, j’ai rattrapé mon retard. J’ai aussi rencontré des personnes tactiles pour la première fois de ma vie (ou du moins je les ai reconnues comme telles avec ma nouvelle ouverture d’esprit) et je me suis finalement dit que d’être ainsi n’était ni une malédiction, ni une tare. Par exemple j’ai une amie qui adore les chatouilles/caresses sur le corps. Étant donné que c’est quelque chose que j’aime faire, dès qu’on se voit, on se planifie une séance. Ça fait rire Loulou, qui  est un grand amateur également ! Ce sont souvent les autres qui sont gênés, jamais nous.

Le toucher est un vecteur incroyable de sensations, également pour moi un moyen d’exprimer ce que je ressens. Même si je considère que les mots sont importants, que les regards en disent long sur les sentiments, le toucher est ma manière à moi d’être au monde. On sous-estime souvent l’impact d’un câlin. Son pouvoir est immense pourtant!

Le deuxième déclencheur a été bien entendu de rencontrer un homme tactile. Dans cette relation, je n’ai plus rien à cacher. Je peux même exploiter tout un panel d’expériences que je m’interdisais jusqu’alors. La honte, la peur ont au fil du temps disparu pour laisser place à l’épanouissement, un épanouissement auquel il a largement contribué (il a insuffler un nouveau souffle à ma vie, il m’a rendu à moi-même et pour moi c’est une des plus belles preuves d’amour – toutes mes excuses pour la digression!). Mes notions de « bien » et « mal » ont évolué, on peut même dire qu’elles sont sur le point de ne plus avoir de valeur. La seule que je revendique désormais est la liberté d’être soi ! Même si dans la vie de tous les jours je m’adapte un tant soit peu à mon environnement…

Et vous, tactile, un peu, beaucoup, pas du tout ? Comment entrez-vous en contact avec les autres ? Qu’est-ce que vous inspirent les personnes tactiles ?