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Un chemin de guérison #1

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Dans ce poème, j’évoquais les fantômes de 2010, ceux-là même qui ont marqué mon chemin de vie. Mais comment parler d’eux sans parler d’aujourd’hui aussi. Tout est imbriqué. Tout est lié. Il n’y a pas de temps à proprement parlé, juste un fil qui se détend à mesure que je pose les mots sur le papier.

La poésie est bien ce qui m’aide à lâcher, pas à pas, à aller en profondeur. On peut soigner vite, avec un peu de baume apaisant, une couche de crème, un peu d’alcool, quelques gouttes d’huiles essentielles. Mais n’est-ce pas juste la surface. Le traumatisme interne reste identique et alors on ne comprend pas pourquoi un mot, un geste, une émotion a le pouvoir de ramener la blessure en pleine lumière.

Je crois qu’il faut aller à son rythme, ne pas avoir peur ni du noir, ni des fantômes, mais se sentir prêt pour le grand plongeon dans les profondeurs de la terre. Pour revenir, plus vivant encore, plus libre.

Je commence donc cette série d’articles, qui pourraient former un livre, c’était l’idée de départ, mais là encore j’ai changé plusieurs fois d’avis! Tous ces poèmes je les écris au fil du temps, au gré des émotions, des instants qui viennent me cueillir et me demandent de m’abandonner au flot des pensées qui me traversent.

Le fil conducteur, c’est l’emprise, le corps, le coeur, la liberté. Ca sonnera peut-être complètement flou, fou pour vous, mais pour moi tous ces mots mis bout à bout ont un sens et surtout, avant tout, m’offrent de cheminer vers la guérison et la paix.

Il y aura beaucoup de noir, parce que fut un temps c’était la couleur de mes jours et de mes nuits, ce brouillard épais dans lequel je ne faisais que m’enfoncer et qui a bien faillit me couter la vie. Mais il y aura aussi beaucoup de vie, d’amour, d’étincelles, parce que c’est ce qui depuis toujours et pour toujours fait de l’existence une aventure éblouissante!

***

Tu es venu, sans cheval blanc
Donner au corps la liberté d’exulter
De ses chaines se libérer
Nœud coulant se détendant au contact de ton corps

Moi, je me suis laissée aller
Laisser faire le temps dit-on
Qu’il est souverain en la matière
Laisser la magie de ta peau irriguer la mienne

Sans ton regard sur mes courbes
Mon corps se cache encore
Son plaisir se dissimule derrière une plainte
Qui de mes hanches part
Pour se perdre dans l’inconfort du passé

Il se loge là le prix de ce que j’ai cédé
Pour une poignée de promesses dérisoires
Le prix du corps qui se consume
Et du désir qui se plante de chemin

Avec toi, je suis femme
Sans toi, je redeviens cet autre
Ce semblant qui se faufile
Pour ne pas attirer les regards
Ce quelque chose qui manque d’audace
Cette plaie que je suis seule à pouvoir nettoyer
Si je mets le doigt dessus elle me faut mal
Elle brûle, elle suinte, elle ne sait plus de quelle vie elle est
Ni à quel espace elle appartient

Je la sais là et je la laisse
Un miracle suffirait à la faire disparaitre
Pour combien de temps ?
Combien de larmes ?
Combien d’émotions serrées là
Entre le cou et le cœur
Entre ce que je tente de dire
Avant de repartir sans m’en être occupée

Ca attendra
Tant d’autres choses attendent
Tant d’autres priorités
Je n’en suis pas une pour moi-même
Je serai même la dernière option

Alors la blessure demeure
Profonde plaie qui s’agace de mon manque
Qui ne sait plus comment se faire entendre
Mais se plie à mes exigences

Son heure viendra
On ne peut pas reculer indéfiniment
Sans commettre de dégâts

Posted in Emprise et Renaissance, Tout un poème

Dans le corps d’une autre

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Quand le sang coule
La période se veut chaste
La femme attend la pause
Qu’elle accueille comme un cadeau
Reprendre le contrôle de son corps
Apaiser le chaos de son cœur

Elle n’envisage pas le creux
Celui dans lequel pourtant on se glisse
Sans ménagement
Jambes écartées pour recueillir
Le plaisir tabou
Qu’on ne se donne pas seul
Au risque de frôler le néant vengeur

Temps de femme
Qu’on ne respecte pas
Un va et vient sans âme
Qui va plus loin
Toujours un peu plus
Comme si c’était autorisé

Temps rouge sang
Sur le drap blanc immaculé
A l’intérieur le corps se serre
L’invitation est imposée
Les cuisses rougies par
Le silence d’une masturbation orchestrée
Pour éviter le châtiment d’un Dieu manipulé

La femme est, sans être
Là, pour le plaisir d’un autre
Assommée par la demande insistante
Les cuisses enduites d’huile
Pour apaiser la brûlure
Qui de jour en jour s’étend
Qui de jour en jour ploie face au néant

Osera-t-on aller au-delà
Violer la porte du sanctuaire
Celui qu’elle protège d’intrusions saccadées
En ce temps privilégié ?

Osera-t-on s’immiscer
Dans les méandres de l’intime
Plus profondément encore
Que ces caresses égoïstes ?

La femme disparait
Laisse l’autre faire ce qu’il a à faire
Elle abandonne la partie
Vole, son esprit au-delà
La scène en bas est jouée par une autre
Qui de peur, dans l’incompréhension, se noie.

Ce texte est extrait de mon prochain recueil de poésie “2010”, qui sera partagé ici en PDF (sur don libre) et en Papier (si quelques personnes sont intéressées)

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Empreintes…

Credit Kaboompics

Ma peau
Qu’un simple frôlement vient réveillée
Muette dans la nuit
Et soudain éveillée

Ma peau
Il suffit d’un souffle, un murmure
Pour qu’elle tremble
Feuille étanche

Ma peau
Si sensible au toucher
Si fragile du passé
Territoire abandonné

Ma peau
Comme un être chargé de promesses
Une toile à peindre
Instrument dont les accords vacillent

Ma peau
Entre deux histoires
Vibrations intemporelles
Entre tes mains se glisse
Se laisse aller au délice

Ma peau
Aux contours mystérieux
Chante le plaisir
Sans cesse à réinventer

Ma peau
Encore se cherche
Loin du chaos du passé
Par le présent embrassée

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Les hommes ne pensent qu’à ça!

Crédit Pixabay

Je n’aime pas du tout cette phrase!

Premièrement pour le “ça”, comme si la sexualité n’était que ça, un truc dont on ne parle pas, un truc pas si net au final. Comme si la sexualité était encore un mot, un sujet tabou. On a beau me dire qu’on a évolué, pas tant que ça finalement!

Deuxièmement pour le “ne pensent qu’à”, une autre façon de dire “obsédé par”. Et l’obsession c’est un peu comme le sexe, ça n’a pas bonne presse! Et pourquoi ne pensez qu’à ça serait si mal? Après tout, dans cette vie, rien ne nous appartient sinon notre corps. Nous naissons avec et nous partons avec.

Regardez un enfant vivre et vous verrez que chez lui tout est lié à la pulsion sexuelle (si chère à Freud). L’enfant vit dans son corps, c’est d’ailleurs son terrain de jeu favori. C’est à travers ses sens, ses sensations, son plaisir, son désir, sa créativité qu’il s’épanouit, qu’il s’apprend.

Troisièmement pour “les hommes”, comme si nous les femmes nous étions hors jeu. Comme si la sexualité ce n’était qu’un truc purement masculin. Alors que, soyons clairs, la sexualité c’est quand même la base, le début et la fin, la naissance et la mort, notre énergie vitale, notre souffle sacré, notre force créatrice. Tout part de là. La femme comme l’homme a du désir, la femme comme l’homme se masturbe, la femme comme l’homme jouit.

Dans ma vision des choses, tout est sexuel, parce que le sexuel est vie. J’ai passé des années à me faire des tas de nœuds au cerveau et des années à tenter de me détacher de cette idée, parce que je pensais que c’était mauvais. Bah oui, “les hommes ne pensent qu’à ça”, ça fait un peu animal, bestial quand même. Et nous les femmes, on nous inculque dès notre plus jeune âge le “prendre soin”, le “maternant”. Or la mère c’est la douceur, le rose layette. C’est rarement la femme fatale ou l’amante, en guêpière! Même si on est d’accord les deux sont compatibles. Mais s’affranchir des modèles et conditionnements, ça ne se fait pas en 1 jour!

Le monde a beau avoir évolué, le sujet reste, je trouve, encore assez marginal. On en rigole ou on l’évite. Bien sûr, la parole se libère. Notamment avec la “nouvelle pornographie, qui n’est plus réservée aux abonnés de Canal + le dimanche soir, et qui a ses vertus (on parle plus souvent de ses vices) , le marché des “sex toys” (ou quand la sexualité devient ce qu’elle a toujours été, ludique! ), l’inclusion de pratiques sexuelles variées (on pense ce qu’on veut de “cinquante nuances de grey” , ça a eu le mérite de montrer qu’il existait autre chose et d’une certaine façon de stimuler nos sens).

Pourtant je suis toujours aussi effarée quand j’entends un parent dire à un enfant de deux ans, qui se caresse, “arrête tout de suite!”. Je suis toujours abasourdie quand je vois la violence de certains sur le sujet de l’homosexualité, de la bisexualité et autres.

Pour moi tout est sensuel, tout est érotisme, pas seulement dans la rencontre à l’autre. Notre corps en lui-même est cette source de plaisir, nos cinq sens, notre joie, notre intuition, notre inspiration, notre respiration. On pense toujours sexualité et couple mais la sexualité existe en soi.

J’ai moi même longtemps été déconnectée de mon corps, j’y reviens doucement. Je me demande souvent comment quelque chose de naturel est devenu si codé, comment quelque chose d’inné a perdu de sa spontanéité. Je crois que la connaissance individuelle de son corps, de ce qu’il exprime, de ce qu’il ressent est essentielle. Je sais aussi que cela peut-être douloureux, que cela peut prendre du temps. Mais que sans ça, nous perdons une certaine connexion primordiale avec le vivant en nous. Je pense que c’est quelque chose que je développerai dans un autre article…

Vous en êtes où vous, de votre corps, de vos envies, de votre sexualité, de la sexualité en général?

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A la surface de l’eau

Photo by Francesca Zama on Pexels.com

Ses doigts à la surface de l’eau, qui se floute et tremble. La piscine est comme prise de frissons. Et sur son corps s’échouent quelques gouttes translucides. Elle se souvient du film visionné hier soir, du regard perçant de Jeremy Irons et de la tension érotique qui s’en dégageait. De l’autre côté de la piscine, des yeux la fixent, c’en est troublant. La même audace, comme une révélation.

Elle revient au clapotis familier de l’eau. Et glissent ses doigts sur les dessins qui se forment et déforment la réalité. Ici et là des points qui reliés les uns aux autres racontent une histoire. Le vert se brouille encore davantage au contact de deux autres mains qui s’accordent au ballet des siennes. Elle sent ses doigts suivre un autre rythme. Sa respiration se fait dense. L’illusion impose sa cadence. Puis plus rien. Comme si tout venait d’un imaginaire fécond et indomptable.

L’eau a retrouvé sa légèreté. Quand tout son corps n’est que tension. Le génie dans sa lampe sort et entre selon son bon vouloir. Les images dans sa tête se mélangent. Elle se lasse de l’eau qu’elle ne fait que frôler. Elle ferme les yeux et voilà que le visage revient, que des mains la surprennent, que ses hanches se fondent dans l’atmosphère suave.

Elle se laisse faire, ses sens absorbés par l’impact étranger. Une autre caresse pour redonner vie à son ennui. Sous le regard discret de l’eau dans laquelle se reflète un corps à corps dont elle ne saurait dire où il commence, ni où il se termine.

Posted in Carnets de route, Tout un poème

Après l’emprise

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Source Pinterest

Les fantasmes ne sont que des vertiges
Les vestiges d’un imaginaire fécond
Chacun tient la liberté de les réaliser tous
Comme de n’en réaliser aucun

Ils n’ont pas de nom
Ni de patrie
Ceux que l’on écrit nous sont proches
Ou bien appartiennent à d’autres

Derrière les mots
Une identité que chacun façonne à sa guise
Une femme libre
Qui se souvient…

Un jour la femme s’assume
Puis un jour elle devient un fantôme
Un souffle rauque
Impuissant
Parce que l’homme a pris le pouvoir
Il a posé son regard sur sa liberté
Il l’a jugé comme une invitation
A entrer dans un espace qui n’est pas le sien
À faire de son corps un terrain de jeu
De ses jeux
Un objet
Un objectif
Un jour elle ne dira plus rien
Elle lui donnera ce qu’il attend
Elle sera son fantasme éveillé
Sa poupée malléable à merci
Elle nourrira ses rêves de toute puissance

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On peut dire le plein
Mais comment dit on le néant?

Face au corps dénudé libéré
Comment dit on le corps caché entaché par le dégoût?

On peut dire les frissons jouissifs
Mais comment dit on la peur glaçante?

Face au silence
Que reste t’il du consentement?

La violence n’est pas cruelle. Elle est sourde, étouffée. Une violence plus noire que la nuit. Une violence qui piétine puis laisse le corps tomber, sombrer, en apnée.

Il a plaqué son corps contre le sien. Rien. Pas un bruit. Pas un geste. Comme si l’absence de mouvement pouvait la protéger.
Il a remonté sa chemise de nuit. Elle a retenu sa respiration. Il a ouvert ses cuisses sans cérémonie. A t’elle résisté? Peut-être.
Un rite. Passage obligé.
Une routine. Celle de la nuit. Celle du silence. Celle de l’absence.

Un jour la femme renaîtra de ses cendres
Elle ne donnera sa confiance
Qu’à ceux qui sauront respecter sa liberté
Ne remettront pas en question ses limites
Qui aimeront son corps, encenseront son audace, glorifieront son désir
Avec le respect qui est dû à chaque être humain
Tout en sachant que jamais rien ne nous appartient.

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Je pourrais vous dire…

Crédit Pixabay

Je pourrais vous dire que nos nuits d’amour gagnèrent en intensité, celle de nos contrastes, que j’adorais la prendre sur la table au milieu des miettes, le matin surtout, avant que nos journées de boulot respectives ne nous séparent pendant des heures inconfortables.

Et qu’elle criait aussi, que c’était bon de l’entendre jouir, les fenêtres ouvertes, pour que tout le monde sache combien c’est ravissant une femme riche de délices, que j’en voulais plus, que je lui donnais plus. Qu’elle enfilait sa robe sur les miettes juste après et que le soir on faisait chauffer du chocolat au bain-marie, noir de préférence, corsé, au caramel au beurre salé parfois, au piment aussi, pour changer, et qu’elle adorait m’en enduire le corps et venir ensuite le lécher, à califourchon sur moi telle une guerrière en plein rituel sacré.

Que j’aimais le chaud, très chaud et le froid, très froid. Qu’elle préférait sentir couler sur son corps, entre ses seins, si jolis et si ronds, les glaçons. Chacun ses passions. Et que j’aimais beaucoup le moment d’attente, l’espièglerie dans ses prunelles, quand c’était moi à califourchon sur son corps, qui tenait les rênes d’un nouveau scénario.

Je pourrais vous dire qu’elle me dévorait toujours avec le même enthousiasme que celui des premiers jours. Qu’elle adorait jouer avec sa bouche tout entière, ses lèvres, sa langue, ses mains. Que j’aimais la regarder faire, aller et venir sur mon membre tendu. Que j’appréciais sa générosité en la matière, que c’était chaque fois différent, chaque fois enivrant. Qu’elle me disait y penser toute la journée.

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Je pourrais vous dire les marques sur ses jolies fesses. Un peu de rose pour les jours gris. Et son corps qui en redemandait. Mes mains qui honoraient sa peau en cadence. Et parfois le cuir d’une ceinture, d’un fouet, des traversées que nous faisions ensemble, à notre rythme. Et son cou que je découvrais chaque fois plus en profondeur, son cou détendu entre mes mains expertes, sa respiration bridée par une pression précise, sa confiance acquise. Un transfert de pouvoir qui me laissait libre d’agir à ma guise, de la pousser dans ses retranchements, tout en connaissant ses limites.

Et ses jambes pliées, repliées, ses cuisses écartées, son intimité visitée par mes doigts affamés, ses cheveux saisis sur le vif, sa tête rejetée en arrière, ses poignets enserrés, ses pieds maintenus par des rubans de soie, son être tout entier souple, qui n’en avait jamais assez, et sa petite voix, qui disait « encore, encore » et ne voulait jamais que ça s’arrête.

Je pourrais vous dire encore tant de choses à son sujet, continuer comme ça sur des pages et des pages…

Extrait de mon roman La Fille Exquise (disponible en Papier et PDF sur The Book Edition et en EBOOK sur Amazon)

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Arrêtons de voir le mal (mâle) partout…

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J’entends souvent des mamans qui s’offusquent des petits garçons qui regardent sous les jupes des filles.

Je ne vais pas partir dans un débat sur les grandes “causes” de l’instant, la composition du nouveau gouvernement, la lutte pour l’égalité des sexes ou la main mise de la société patriarcale sur la vie des femmes. 

Un petit garçon comme une petite fille, ça découvre sa sexualité, rien de plus naturel. Il n’y a pas de perversion dans ce geste, ce jeu comme il n’y en a pas quand à l’école maternelle les enfants regardent les parties génitales de leurs camarades ou se masturbent pendant la sieste. L’enfant, qu’on le veuille ou non, part très tôt à la découverte de ses zones érogènes, de son plaisir. Il est curieux du monde, des autres. Il s’interroge et pose plein de questions. Il s’apprend dans le modèle et la différence.

Bien sûr il faut apprendre aux enfants que certaines choses ne se font pas en public par exemple, que pour jouer à un “jeu” il faut que l’autre soit d’accord. Mais c’est valable pour tout. Et quand une situation ne nous parait pas juste, en tant que parents, en discuter, en parler tranquillement, sans faire peser sur l’enfant le poids de normes, de limites, de frustrations qui ne le concernent absolument pas.

Je crois aussi qu’il faut arrêter de voir l’homme comme un prédateur et la femme comme une victime. Il faut sortir des schémas, des idées toutes faites. Je suis toujours surprise quand j’entends, encore une fois, des mamans dire qu’elles préfèrent que leur fille fasse du judo plutôt que de la danse, parce que dans la société elles auront besoin de savoir se défendre. Surprise et choquée. Je sais que ça part d’un bon sentiment mais je ne suis pas certaine que le résultat soit celui escompté.

Dans nos combats, nous oublions souvent que nos enfants ne sont pas nous, qu’ils ne sont pas notre prolongement non plus, qu’ils ne sont pas là pour réaliser les rêves que nous n’avons pas mené à terme, qu’ils sont juste des enfants qui découvrent le monde, leur monde, intérieur, leur corps, le corps de l’autre, explorent l’inconnu. Et pour le petit garçon comme pour la petite fille, l’espace intime de l’autre reste et restera pendant longtemps un mystère à percer.

Je préfère sincèrement savoir qu’ils s’apprennent ensemble (à la condition bien entendu que le sujet soit libre) plutôt que de s’initier à la sexualité à travers des médiums qui ne seraient pas adaptés à leur âge!

Et vous, ça vous choque, ça vous fait sourire, vous interroger?

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La fille exquise: les dessous de l’histoire

 

 

Si vous n’êtes pas abonnés à ma newsletter et si vous ne me suivez pas sur Instagram, vous êtes passés à côté de la grande nouvelle de la semaine: la sortie de mon nouveau livre “La Fille Exquise!

 

Ce court roman est disponible sur Amazon en pré-commande au format Kindle et le sera très prochainement en format papier. Je ne manquerai pas de vous en informer.

 

 

Qui est-elle quand elle n’est pas avec moi ? Qui est-elle dans toutes ces vies qu’elle vit, qui me touchent de près, de loin ? Est-elle-la même ? Vibre-t-elle avec la même intensité au contact des autres ? Fait-elle semblant ? Un peu ? Souvent ? Avec qui ? Porte-t-elle un masque, comme nous tous ? Ou bien évolue-t-elle toujours de manière si authentique, voir inattendue ?

En débutant ce texte, je n’avais aucune idée de son potentiel avenir. Quelques pages tout au plus. Un texte court, un brin d’audace, un challenge dans lequel je me suis sentie à l’aise au fil des mots posés, de l’histoire qui prend forme. C’est le plaisir qui m’a donné envie de le poursuivre. Il s’est transformé en cadeau de Saint Valentin. Et puis en récit un peu plus fourni. Jusqu’à devenir un manuscrit, envoyé à une dizaine de maisons d’éditions.

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J’ai reçu quelques propositions d’éditeurs qui pour moi n’en portent que le nom. Payer des sommes colossales pour voir mon roman édité par l’un d’eux, non merci. J’ai décliné et je me suis tournée vers ce que je connaissais le mieux: l’auto-édition.

Ecrire, c’est bien. Partager, c’est mieux. Je pense que tous les gens qui écrivent des histoires seront d’accord avec moi. Je sais ce que certains pensent de l’auto-édition. Chacun a le droit d’avoir un avis et que celui-ci ne soit pas partagé!

Ce texte a été relu, maintes fois corrigé. Il n’attendait plus que l’été pour voir enfin le jour. Après des mois chaotiques, je vous apporte un peu de légèreté. Les premières personnes qui l’ont lu le qualifie de: sensuel, sucré, envoûtant, magnétique, poétique.

En longeant ses cuisses, j’arrive à l’endroit où le monde devient vice et vertu.Tous les secrets prennent racine dans ce périmètre protégé auquel elle me donne accès. Je me sens riche

C’est une histoire assez simple au fond, une histoire de rencontre mais n’est-ce pas dans la simplicité que se cache souvent l’extraordinaire! Je vous invite avec ce court roman à un voyage plein de promesses. Laissez-vous tenter, sans hésiter!

Vous pouvez le commander ICI. Bonne lecture! Et n’hésitez pas à partager vos avis. Ce sont tous vos mots qui bout à bout forment la belle toile de l’avenir de ces textes livrés au Monde

PS: ce récit, comportant certaines scènes érotiques, n’est pas adapté aux moins de 18 ans.

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Quand la sexualité fait mal & quelques pistes de réflexions

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Ça fait un bail qu’on n’a pas parlé de sexualité ici! J’avais une idée en tête mais j’ai changé de ligne directrice. Et du coup, je vais m’orienter vers un sujet peut-être un peu tabou pour certains, mais, comme on dit chacun est libre de lire ou pas. Et puis, bon, les tabous, c’est fait pour être levés, non?!

Il y a les personnes pour qui la sexualité a toujours été liée à quelque chose de violent, que l’on parle attouchements, pédophilie, agressions, viol, inceste. Et puis il y a les personnes qui n’ont jamais vécu ce type de drames et qui pourtant se trouvent aux prises avec des maux, que ce soit pendant ou après l’acte sexuel. Il y a des gens très libres sur le sujet, d’autres qui ne veulent surtout pas en entendre parler et des personnes qui, comme moi, entretiennent avec la sexualité un lien très particulier, où le bien et le mal se livrent une guerre sans merci, où joie et honte se côtoient dans un ballet tantôt euphorisant, tantôt étouffant.

La sexualité est un terrain de jeu fantastique dans lequel le corps devrait pleinement s’épanouir et non se sentir tiraillé. Les maux qui naissent alors sont synonymes d’un blocage intérieur, dont nous n’avons pas toujours conscience, qui met à mal la rencontre.

J’ai souffert pendant des années de maux terribles au niveau des ovaires, de crampes, de contractions qui mettaient parfois 48 heures à disparaître, pendant ou après avoir fait l’amour. C’était chronique et très handicapant. Que la rencontre se soit bien passée ou pas, d’ailleurs, que j’ai eu du plaisir ou pas. Ma vie sexuelle n’a pas toujours été à la hauteur de mes espérances mais bon, c’est du passé! La douleur me faisait souffrir physiquement et psychologiquement.

Avec le recul, je me rends compte que j’ai été dans deux relations où la sexualité était assez tabou justement, où le plaisir devait être quelque chose de contenu, où l’expression même de ce plaisir devait être tue ou tempérée, dans laquelle ma place aussi était entourée d’interdits. Les maux n’étaient pas seulement liés à cette vision, mais cette vision a grandement altérée la mienne. Et comme je voguais déjà entre deux eaux, je me suis vite laissée emporter par ce tourbillon de “désamour” de mon corps, de l’autre corps, par cette sensation d’être “sale”, “salie”, de devoir avoir “honte”. Il y a plein d’autres données, que j’ai saisi avec le temps, au niveau de mon histoire familiale, au niveau de mon attirance pour des choses que je jugeais “contre nature”, étant donné que j’ai longtemps baigné dans une culture religieuse qui prône la procréation avant tout. Plus les idées de la société, l’image de la femme, je pense que vous voyez très bien de quoi je veux parler…

Etre dans une relation avec quelqu’un pour qui la sexualité est un sujet qui a toute sa place m’aide vraiment à envisager les choses différemment. Je vois désormais les maux comme un signal. Les deux notions ne vont plus ensemble. Un signal pour aller chercher ce qui empêche la rencontre d’être pleinement épanouissante. Un signal comme un appel à lâcher mes résistances, à embrasser ce qui se présente, à vivre la joie de ce rendez-vous hors du commun, cet échange qui ne ressemble à aucun autre. A oser, à assumer mes désirs, mes pulsions, mes fantasmes. Même si je n’arrive pas encore à les verbaliser.

Même si la rencontre a été une évidence, elle n’a pas agit comme une baguette magique. Elle a par contre mis en lumière les zones d’ombre. Elle a posé des bases de réflexion. Elle a fait éclater des vérités, elle m’a offert de reprendre contact avec mon corps, d’apprendre à l’aimer et d’apprendre à l’offrir sans crainte. Tout ça est un apprentissage de chaque instant. Ça demande de la confiance en l’autre et en soi. Je me suis livrée pas à pas et je suis certaine que je n’ai pas encore atteint ma pleine libération. Les maux sont les verrous qui nous maintiennent loin de nos sens. Ils sont à prendre au sérieux car au delà de l’impact qu’ils ont dans notre quotidien, ils nous montrent aussi que nous ne sommes pas alignés avec qui nous sommes vraiment.

Il n’est pas toujours évident de s’exprimer en général, de trouver sa place, d’être en phase avec les autres, le monde, la vie quoi et je crois sincèrement que la sexualité nous offre justement cet espace pour être pleinement nous-mêmes, que ce soit dans une relation ou en solo. La sexualité existe avant le couple et elle existe en dehors également. Une excuse en moins! J’ai lu récemment une enquête qui disait que beaucoup de femmes ne savaient pas à quoi ressemblait leur vagin. C’est quand même la base, la source, le temple de notre créativité, de notre féminité. Je pense qu’en apprenant son corps, on s’ouvre déjà à plus grand que soi. On se libère déjà. On s’approprie ce qui nous appartient. On est plus à même aussi de savoir ce qui acceptable, pour nous, de ce qui ne l’est pas. On est moins dans le jugement, davantage dans l’accueil.

J’ai expérimenté aussi le lâcher prise au niveau mental. Tout rationaliser, tout comprendre, tout disséquer, c’est bien mon truc. Oui, mais faire l’amour avec un esprit 100 % connecté, avec un mental en perpétuel mouvement, c’est loin d’être extatique! Ça vient nous couper de nos ressentis. On est dans l’avant, dans l’après, jamais dans l’instant. Et il y a forcément une culpabilité qui naît de ne pas avoir su profiter. Les maux ne sont jamais loin si on leur laisse une chance de passer. Et ils viennent sans cesse nous faire douter.

Il n’y a sûrement pas de remède miracle. Mais un travail sur soi, une visite intérieure, une approche différente, une ouverture, en parler aussi, toutes ces pistes peuvent nous aider je pense à y voir plus clair et à pouvoir profiter de ce temps, hors du temps, en toute sérénité, confiance, nous permettre aussi de nous ouvrir à notre beauté, notre force, notre identité, notre sensualité, notre vulnérabilité. Nous sommes ce tout qui n’attend qu’une chose: expérimenter la joie, une joie pure et profonde.

N’hésitez pas à partager vos avis, vos pensées, vos réflexions sur le sujet! Au plaisir de vous lire…

 

 

 

 

 

Posted in Challenge Ecriture

Challenge Ecriture #22 (09.06.2020)

Que dire de la vision de ce palais des glaces si silencieux

Cachez-vous des secrets au plus profond de ce temple

Vous, dont le regard me trouble et m’offense

Derrière les voiles et les tentures, d’autres vies, peut-être aveux

La où je me tiens, j’entendrais presque, murmures, souffles et voix

Porte ouverte, oserais-je un pas?

Découvrez les autres participations: Chez Sweet Things – Chez Sandra – Chez Josée – Chez Marie – Chez Erby – Chez Mébul – Chez Nina

***

Je me rends compte que les explications du dernier challenge n’étaient pas très claires. Du coup je vais essayer d’être plus précise à l’avenir.

Pour la semaine prochaine, je vous invite à écrire un texte à partir de la citation suivante de Christian Bobin: “Je m’allongerai sous tes paupières. Lorsque tu les baisseras pour t’endormir, je lancerai de l’or dans ton sommeil. De l’or et des songes pareils à des nuages”, en utilisant TOUS les mots suivants: sacre, sensualité, sucré, sensible, sublimation, solitude, saltimbanque, sagesse, sourires, secondes.

Merci et au plaisir de vous lire!

Posted in Tout un poème, Variations Littéraires

Voeu de Liberté!

Elle disait le corps de l’homme
Comme un territoire à ne pas approcher
Un sacrilège d’espérer qu’il soit autre chose
Que ce que l’apparence laisse penser

Elle disait le corps des femmes
Comme un sanctuaire sacré
Un déhanché suggéré et l’âme brûlait
Sous le joug des condamnées

Nul mélange, nulle approche
Ou la terreur des dieux viendrait frapper
Ces corps possédés

Le corps de l’homme
Disgracieux, à cacher

Le corps des femmes
Une ode à la félicité

Un voile posé sur un peut-être
Dans son sang glisse l’œuvre de la terre
La femme se penche sur l’hémisphère
De ses pensées secrètes

Elle disait la femme dans sa richesse
L’homme dans ses faiblesses

Une rencontre improbable
Entachée du sceau du scandale
La peur accrochée à chaque parcelle
De l’être…

Et revenir de ce long voyage
De ce presque naufrage
Pousser les barrières du silence
Briser les verrous de la honte
Froisser les pages du livre maudit
Rétablir en son sein gorgé d’espérance

Corps et Âmes profanés

Faire voeu de Liberté!

Posted in O bonheur des sens, Tout un poème

Une et Plurielle

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Quand ses mains se font les messagers d’une histoire à conter
Qui débute au crépuscule d’un mystère à dévoiler…

Elle s’ouvre à la puissance de son désir
Gourmand, puissant, vulnérable, presque animal
Elle, dont les sens captent l’essence de ce qui se trame derrière les persiennes
Le voile dont elle se couvre n’aspire qu’à être levé

Elle se plaît à penser à ce que serait le monde si…
Toutes les mains ressemblaient aux siennes
Tous les hommes aspiraient à écouter, offrir autant

Elle se plait à imaginer ce que serait le monde si…
Chacun laissait s’exprimer son corps
Libre de tout code et libéré de tout principe

Elle se plait à envisager ce que serait le monde si…
Chacun aspirait au “je” à l’intérieur du “nous”
Sans jalousie, en toute confiance

Elle se plait à visualiser ce que serait le monde si…
La séduction était partout, en tout
En tout être, en toute chose

Elle sait que derrière les portes closes
Une autre histoire s’écrit parfois

Mélange d’habitudes
De temps calculé
Sensation d’étouffement
Impression d’être acculé
A une fidélité qui emprisonne

Alors quand elle se cambre et jouit
Elle est une et plurielle
Un cri dans lequel se tiennent
Les femmes du monde avant l’éveil

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La nudité, cette œuvre d’art sacrifiée

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La grande Odalisque – Dominique Ingres

Dans les couloirs du musée, la nudité est de mise. Statues et tableaux mettent le corps à l’honneur. Il est drapé ou sans artifice.  En courbes et en déliés. Orné de parures ou juste brut. Un concentré de vérité. Il s’expose devant nos yeux qui n’y voient rien d’autre qu’une célébration de la vie et de la beauté. Une œuvre d’art.

Alors pourquoi tout est devenu si compliqué?

Pourquoi la nudité est si mal vue et vécue? On y associe la pudeur. Une certaine idée de la morale. Les célébrités doivent presque se justifier dès qu’elles choisissent de poser nues pour des magazines. Ou alors il faut que ce soit pour une bonne cause. Tout est codifié.

Tout l’ordre des choses est modifié. Alors qu’il n’y a rien de plus naturel.

Notre rapport au corps a changé. Il n’est plus célébré que dans des cercles restreints. Il est montré du doigt et souvent caché. Il doit répondre à tant de critères esthétiques qu’il est même, dans certain cas, source de dégout, de honte, de mal être.

Quelle tristesse!