Un peu de silence…

Projet 366 jours

Je ne pourrais dire pourquoi j’ai soudain besoin de ce vide, de cet espace pour respirer loin de ces mots qui chahutent et font plus de bruit que les voix autour de moi.

Je ne pourrais dire ce qui se passe dans mon corps, lourd, fatigué, qui réclame une pause, un peu plus que quelques heures de sommeil perturbées par des rêves déstabilisants.

Je ne pourrais dire mais je note tout ce qui passe en moi, ressentis, envies, désirs, histoire d’y voir clair.

Je me laisse le temps de revenir à mon équilibre, de retrouver mes marques. J’oublie souvent, prise dans le tumulte du quotidien, que j’ai besoin de silence, de calme, de paix, de temps pour me ressourcer, loin du Monde. Ma façon d’être et d’exister. Mon identité.

 

Filles de la nuit

Projet 366 jours

Fille du soir

Sur le trottoir

Ses déboires

En bandoulière

Et l’espoir

Dans ses veines

Devient traces

Sur sa peau blême

Cicatrices que l’on se traine

Dans la nuit

Verre brisé

Regard perdu

Le folie glisse

Ses doigts

Sous sa jupe noire

Elle dérape

Le silence la rattrape

Puis oublier

Les mains moites

Fermer les yeux

Face à la nuit

L’âme se nourrit

De rêves inventés

Douceurs sucrées

Couvrir son corps

Et s’endormir

Au fond du cœur

Le sang transit oublie

L’atroce réalité

Du destin des filles de la nuit.

Moment de solitude

Projet 366 jours

La foule. Un regard circulaire. Posé. Tenter de repérer une couleur, un sourire, une coupe de cheveux. Rien. Refaire le chemin en arrière. Toujours de loin. Doucement la panique s’installe. Les secondes prennent des allures d’éternité. Une douleur sourde monte, grignote doucement l’intérieur de nos entrailles. Les pulsations de notre cœur s’accélèrent. La peur gagne chaque parcelle de notre être. Rester calme, maître de soi quand tout tourne autour comme un manège sans frein. Nos yeux ne voient plus. Ou réalisent. L’enfant n’est pas là. Pas dans la foule compacte. Il n’est plus là. Le pire se bouscule à la porte de nos émotions. Tenter de maintenir le cap, de ne pas faillir. Puis au milieu de la foule, comme une lumière jaillie de nulle part, l’enfant tenu par d’autres mains se fraye un chemin. On s’entend bafouiller un « merci » qui dit pourtant toute la reconnaissance qu’on ressent face à la personne qui nous tend le fruit de nos entrailles, le visage baigné de larmes. On se serre fort. On ne dit rien. On remercie le ciel pour ce dénouement heureux, ces minutes suspendues face à un drame impensable. Et puis on prend sur soi. Ne pas laisser l’enfant prisonnier de nos craintes. Le rendre à la foule qui l’attire, à l’enfance insouciante.

En équilibre sur le toit du monde

Projet 366 jours

Elle se tient, belle et sereine, en équilibre sur le toit du monde. Elle sait les creux de vague et les pics des montagnes. Elle apprend à se libérer du passé, à accepter  l’autre, ses faiblesses, ses erreurs de parcours. Elle apprend de son humanité et de tous les possibles qu’elle voyait comme inaccessibles. Elle se pose, sur le toit du monde. Elle regarde l’horizon. Le monde bouge en bas mais ses yeux restent braqués sur le ciel bleu, sur son corps en apesanteur, sur la vie qui bat dans son cœur, sur les rythmes qui la font danser. Elle trouve sa place, à son rythme.

De l’intime

Carnets de route

On se dit, juste ce qu’on veut. On garde le reste à l’intérieur, trop intime. Certains sujets qui mériteraient d’être traités restent bien planqués. Et si on ose, les regards se braquent sur nous, un simple mot met en émoi alors qu’il ne s’agit que de nos vies à tous, de nos plaisirs, de nos dégoûts parfois.

Certains sujets de tous les jours deviennent “tabou”.

Il y a des jours où j’ai envie d’envoyer valser tous ces clichés complètement fous en révélant l’intime et ses dessous.

Drôle de métier

Projet 366 jours

La camionnette blanche se tient au même emplacement que d’habitude, près du rond-point embouteillé. Olga se penche sur son journal, une tasse de café à la main. Elle a les ongles peints. Elle se prépare pour la nuit, une énième nuit de travail, entre deux lampadaires fatigués par le va et vient incessant des hommes en quête de fantasmes interdits.

Quand on lui demande qu’elle métier elle fait, elle reste dans le vague. Elle dit qu’elle est vendeuse. C’est simple. D’ailleurs souvent les gens qu’elle rencontre n’en demandent pas davantage. Vendeuse, c’est une profession qui n’a jamais fait rêver personne.

Tous frères

Carnets de route

Je me sens parfois tiraillée entre l’envie d’agir et l’incapacité à réagir. Nous ne pouvons pas porter tous les malheurs du monde sur nos épaules. C’est vrai. Mais pouvons-nous laisser des gens, des enfants mourir sans rien faire!

Mon fils me dit parfois “mais maman nous sommes tous frères et sœurs”. Alors une telle vérité me fiche un coup de poignard dans le cœur. Est-ce que je vais les laisser mourir ces hommes, ces femmes et ces enfants? OU Est-ce que je vais faire quelque chose pour que le monde change?

Au coeur des femmes du Monde #4

Projet 366 jours

Il n’y pas eu de cri. Elle a poussé, fort et tout s’est agité autour d’elle. Les lumières de la salle d’opération sont devenues plus blanches. Allongée sur son lit, elle se demande pourquoi. Un ange passe et dépose un baiser sur son front. Un frisson. La terre tourne mal. Une raison à sa peine, une réponse à sa  douleur – qui peut savoir ?