Posted in Emprise et Renaissance, Tout un poème

Un chemin de guérison #1

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Dans ce poème, j’évoquais les fantômes de 2010, ceux-là même qui ont marqué mon chemin de vie. Mais comment parler d’eux sans parler d’aujourd’hui aussi. Tout est imbriqué. Tout est lié. Il n’y a pas de temps à proprement parlé, juste un fil qui se détend à mesure que je pose les mots sur le papier.

La poésie est bien ce qui m’aide à lâcher, pas à pas, à aller en profondeur. On peut soigner vite, avec un peu de baume apaisant, une couche de crème, un peu d’alcool, quelques gouttes d’huiles essentielles. Mais n’est-ce pas juste la surface. Le traumatisme interne reste identique et alors on ne comprend pas pourquoi un mot, un geste, une émotion a le pouvoir de ramener la blessure en pleine lumière.

Je crois qu’il faut aller à son rythme, ne pas avoir peur ni du noir, ni des fantômes, mais se sentir prêt pour le grand plongeon dans les profondeurs de la terre. Pour revenir, plus vivant encore, plus libre.

Je commence donc cette série d’articles, qui pourraient former un livre, c’était l’idée de départ, mais là encore j’ai changé plusieurs fois d’avis! Tous ces poèmes je les écris au fil du temps, au gré des émotions, des instants qui viennent me cueillir et me demandent de m’abandonner au flot des pensées qui me traversent.

Le fil conducteur, c’est l’emprise, le corps, le coeur, la liberté. Ca sonnera peut-être complètement flou, fou pour vous, mais pour moi tous ces mots mis bout à bout ont un sens et surtout, avant tout, m’offrent de cheminer vers la guérison et la paix.

Il y aura beaucoup de noir, parce que fut un temps c’était la couleur de mes jours et de mes nuits, ce brouillard épais dans lequel je ne faisais que m’enfoncer et qui a bien faillit me couter la vie. Mais il y aura aussi beaucoup de vie, d’amour, d’étincelles, parce que c’est ce qui depuis toujours et pour toujours fait de l’existence une aventure éblouissante!

***

Tu es venu, sans cheval blanc
Donner au corps la liberté d’exulter
De ses chaines se libérer
Nœud coulant se détendant au contact de ton corps

Moi, je me suis laissée aller
Laisser faire le temps dit-on
Qu’il est souverain en la matière
Laisser la magie de ta peau irriguer la mienne

Sans ton regard sur mes courbes
Mon corps se cache encore
Son plaisir se dissimule derrière une plainte
Qui de mes hanches part
Pour se perdre dans l’inconfort du passé

Il se loge là le prix de ce que j’ai cédé
Pour une poignée de promesses dérisoires
Le prix du corps qui se consume
Et du désir qui se plante de chemin

Avec toi, je suis femme
Sans toi, je redeviens cet autre
Ce semblant qui se faufile
Pour ne pas attirer les regards
Ce quelque chose qui manque d’audace
Cette plaie que je suis seule à pouvoir nettoyer
Si je mets le doigt dessus elle me faut mal
Elle brûle, elle suinte, elle ne sait plus de quelle vie elle est
Ni à quel espace elle appartient

Je la sais là et je la laisse
Un miracle suffirait à la faire disparaitre
Pour combien de temps ?
Combien de larmes ?
Combien d’émotions serrées là
Entre le cou et le cœur
Entre ce que je tente de dire
Avant de repartir sans m’en être occupée

Ca attendra
Tant d’autres choses attendent
Tant d’autres priorités
Je n’en suis pas une pour moi-même
Je serai même la dernière option

Alors la blessure demeure
Profonde plaie qui s’agace de mon manque
Qui ne sait plus comment se faire entendre
Mais se plie à mes exigences

Son heure viendra
On ne peut pas reculer indéfiniment
Sans commettre de dégâts

Posted in Carnets de route

Ni chienne, ni pute, ni salope!

Cet article est depuis une semaine dans mes brouillons. J’avais envie de le partager, tout en hésitant à le publier sur ce blog plutôt que sur l’autre. Puis je me suis dit qu’il avait toute sa place ici.

Donc aujourd’hui, je vais vous parler d’un sujet que je ne maîtrise pas. Du coup je ne vais pas m’appesantir sur les détails. D’autres le feront mieux que moi. Il sera plutôt question de premiers pas et de champ lexical!

Il y a quelques mois j’écrivais ce texte – insoumise. Je le suis toujours dans l’absolu! A l’époque le terme même de soumission me mettait très mal à l’aise et me donnait envie de vomir. Il faisait référence à beaucoup trop de choses du passé où soumission, violence, dépendance et emprise étaient étroitement liées. Je ne reviendrai pas la dessus…

Puis peu à peu j’ai évolué sur le sujet. Pas seule. Suite à de nombreuses conversations, partages, discussions qui m’ont tiré des larmes et m’ont parfois donné envie de quitter la table. Non sans mal. Je crois que si il y a eu un sujet délicat, ce fut bien celui-là. Et puis les mots je les exécrais. Tout s’est fait progressivement. J’ai d’abord accepté que ça pouvait exister même si moi ça ne m’attirait pas. Accepter ne voulait dire ni comprendre ni adhérer. Et puis les mots sont devenus moins violents. Enfin j’ai accepté que ça m’attirait. Et que je me refusais d’expérimenter quelque chose parce que d’une manière ou d’une autre cela allait à l’encontre de tout ce contre quoi je m’étais battue. Alors qu’il n’était question que d’amalgames et que les deux n’avaient rien à voir.

Si je devais associer des mots à soumission aujourd’hui ce serait respect, confiance, consentement. Si ces données ne sont pas là, alors on est dans la violence pure et dure, où la personne soumise n’est qu’un objet entre les mains de l’autre.

C’est pour cette raison que quand je lis les mots “chienne”, “pute”, “salope” dans ce contexte, cela me gêne. Dans d’autres contextes aussi! Je trouve qu’ils donnent une mauvaise image de la soumission – elle n’a pas besoin de ça, vous en conviendrez?

Et si ils reflètent ce que certaines femmes pensent d’elles-mêmes, je me dis que c’est grave. Être soumise, le temps d’une expérience, d’un partage, d’un “jeu” ne veut pas dire que la personne abdique tout respect d’elle même. Loin de là.

Alors Mesdames, si vous voulez être traitées comme de la merde, ne vous privez pas. Il y a des tas de femmes qui échangent leur place sur le champ, des femmes traitées au quotidien comme des chiennes, des putes et des salopes, des jouets entre les mains d’hommes méprisants, qui sous couvert d’amour les contraignent au pire. Et parfois même elles en redemandent, certaines de ne mériter rien de mieux. Elles ne sont pas consentantes. Elles n’en tirent aucun plaisir.

Je ne sais pas, trouvez d’autres mots. Il y en a quand même assez dans la langue française! Et si vraiment vous vous sentez comme telles devant un homme qui vous domine, demandez-vous si ce n’est pas vous qui avez un problème avec cette facette de votre sexualité. Je ne dirai pas que c’est facile à assumer. Mais après tout vous avez le choix!

Quant à vous Messieurs, ne pensez pas que quand une femme assume cette part d’elle-même, cela veut dire que c’est Portes Ouvertes pour tout le monde, que vous pouvez tout vous permettre. Respect. Confiance. Consentement. Je crois qu’il n’est jamais inutile de le rappeler!