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La liberté d’être soi

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You can’t blend in when you are born to stand out” – Wonder de RJ Palacio

Quand j’ai lu cette phrase elle m’a tout de suite plu!

La grosse claque émotionnelle de juin m’a fait prendre conscience de beaucoup de choses. J’ai ouvert les vannes et je crois que c’était nécessaire. Les questions que je me pose, les doutes que je peux avoir, résultent souvent de ma relation à moi-même. J’ai toujours eu et j’ai toujours du mal à me positionner entre ce qui est juste pour moi et ce qui est juste au niveau de la société., entre ce qui fait sens pour moi et ce qui est acceptable en société.

Aujourd’hui, les choses et les genres sont moins cloisonnés. Nous ne sommes plus contraints de vivre d’une certaine manière. Toutefois il y a toujours des codes, des règles, des cases, des choses jugées correctes et d’autres moins. Il y a une trame, plus ou moins flexible, en fonction de notre éducation et de nos valeurs. Il y a tout ce que nous connaissons et les chemins un peu plus à l’écart qui nous attirent mais sur lesquels nous n’osons pas toujours nous aventurer – sous prétexte que ça ne se fait pas!

Pourquoi?

Parce que cela, bien souvent, vient remettre en question l’ordre établi, la vision que les autres ont de nous, nos liens. Nos choix ne sont pas toujours bien vus, acceptés. Ils peuvent parfois profondément bousculer ceux que nous aimons. La liberté de penser, d’être, autant d’évidences qui, au cœur du quotidien, peuvent peser un peu lourd. Parce que tout un chacun juge aisément. Parce qu’il y a encore énormément de sujets tabous, de clichés, de visions moralisatrices.

J’ai beaucoup vécu dans ma tête, dans mes rêves, comme pour m’évader d’une réalité dans laquelle je ne trouvais pas mes marques. Déjà très jeune, je ne voulais pas des modèles qu’on me proposait, je n’avais pas les mêmes envies que beaucoup de mes amies. Je me suis sentie en marge très souvent et puis j’ai plus ou moins adhéré à un moule. J’ai trouvé que c’était plus simple d’appartenir que de me démarquer.

Aujourd’hui, ça devient plus difficile d’appartenir! Parce que ça ne me correspond pas. Et si je peux mentir aux autres, je ne peux plus me mentir à moi-même. La liberté est une audace que je veux pouvoir m’offrir. Même si je sais qu’il y aura encore ces moments où mes envies seront chahutées par mon mental et ses idées toutes faites, où je reculerais par crainte de décevoir celles et ceux qui comptent pour moi, par crainte de ne pas être comprise, acceptée.

Elles sont rares les personnes dans mon entourage qui me connaissent vraiment, avec qui je partage tout ce que je suis, sans crainte. Elles sont d’autant plus précieuses. Pour les autres, j’ai conscience qu’il y a peut-être des choses qui ne se disent pas. J’enlève pas à pas les masques qui ne me plaisent plus, je slalome entre les lignes, je teste ce qui peut être confié ou pas.

L’ouverture de l’esprit, du cœur c’est ce que j’expérimente un peu plus chaque jour. Je deviens celle que j’ai toujours été, cachée derrière des couches de protection et de contrôle. Il y a des sentiments qui offrent cette chance de s’affranchir de ce qui pèse, qui donnent des ailes, même si cette liberté peut faire peur, même si c’est à des années lumières de ce qu’on croyait envisageable.

Entre moi et moi, ce sera peut-être toujours un peu folklorique, douloureux. Mais quand je regarde le chemin parcouru je réalise que tous ces moments de profonde réflexion, introspection ont débouché sur un réalignement personnel essentiel et une relation aux autres plus vraie.

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Fidèle

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Hier, j’étais belle. Magicienne, fée aux multiples pouvoirs. J’apaisais les cœurs esquintés. Souveraine de mes pensées les plus indiscrètes. Je savais donner, donner, donner. Si bien donner que j’y ai perdu ma sève.

Hier, j’étais amante. Etoile filante dans le ciel de tes nuits. Un morceau d’atmosphère en tenue de bal. Je m’enroulais sensuelle dans les plis de draps imaginaires. Tu épousais d’un regard les courbes de mon corps, blessé, aux cicatrices invisibles.

Hier, j’étais gardienne d’un secret, de ceux qui serrent un peu le cœur et font danser l’âme, qui se fiche bien du bien et du mal, qui a raison ou qui a tort.

J’ai existé. Dans le toucher de ta peau. Dans l’énergie de ton souffle. Dans la passion de ton étreinte. J’ai existé. Dans le vertige de tant de “il ne faut pas”. Dans la confiance de tout ce qui ne se dit pas.

Hier, j’étais femme aux milles voiles et fantaisies. De soie et de saphir. De lianes et d’or. J’étais le désir incarné, qui se consume en silence, par crainte de l’exubérance, à la limite de la folie. Tu m’as libérée de ce fardeau porté comme un sanctuaire à ne pas offenser.

J’ai existé. Dans tout ce qui a été donné. Généreusement. Et pourtant je me suis oubliée. J’ai oublié que j’avais ce pouvoir moi aussi de me ramener à la vie. Je n’ai jamais voulu que tu sois le pilier, le garant de ma sécurité intérieure, le gardien de mes rêves. Je ne veux pas que tu sois mon réconfort ou mon rempart. Comme une bouillotte les soirs de cafard.

J’ai oublié ma voix dans le tumulte des autres, dans tous ces yeux interrogateurs qui se demandaient pourquoi. Dans toutes ces vies bien mises qui ne comprennent pas. Moi, je veux vivre jusqu’à l’épuisement. Je ne veux plus entendre que je le mérite ou pas. Je veux retrouver le contact chaud de ta peau et la complicité, je veux me foutre du temps qui passe, amarrée à la saveur fou d’un instant avec toi. Le reste, ce sera pour une prochaine vie!

Nous ne pourrions pas vivre ensemble, nous le savons depuis le commencement. C’est sûrement pour cette raison que nos chemins se sont croisés, que nous avons fait ce choix, même inconsciemment. Parfois, je voudrai avoir les mêmes envies que les autres, pour ne plus me sentir si différente. Si souvent.

Reconquérir mon identité, ma place, dans cette vie. Une priorité. Celle que j’ai choisi d’honorer. Tout amour est une prise de risque. Peut-être que demain nous aurons pris d’autres chemins. Je ne veux pas que ce soit par défaut. Par dépit, parce que quelque part j’aurai, une fois de plus, laissé à d’autres, le pouvoir sur ma vie.

Oui je me suis manquée de respect bien souvent. Même avec toi. Pour quelques minutes, parce que je ne savais pas. Ou plus. Parce que j’avais peur. Parce que j’avais froid, j’avais perdu la conscience de qui j’étais.

Retrouver ma voix dans le chaos du quotidien, dans le manque fulgurant, dans l’inconfort. Laisser la peur filer. Reprendre ma plume pour exorciser les démons et faire vibrer la force de ce qui est. Ca ne durera peut-être pas. Je ne veux pas de liens, de ceux qui attachent. Je veux la liberté, tout en sachant qu’elle est parfois souffrance et chagrin, pour un cœur si peu habitué. L’avenir est à ciel ouvert, rien n’est écrit. L’avenir même en CDI a une part d’incertitude. Aucun engagement ne fait le poids.

Si j’en fais un, c’est celui de rester fidèle à moi même. Désormais.

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15 mois

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Qu’on se le dise, en toute franchise, ces 15 derniers mois n’ont pas été si simples que nous avons choisi de le penser. Par fierté personnelle. Par culpabilité. Comme si dire “c’est compliqué” faisait de nous des incapables, des inadaptés de la vie. Il y en a tellement d’autres qui vivent pire!

La grande phrase. La plus dangereuse aussi.

J’en tire du positif, beaucoup. Mais je ne peux plus faire l’impasse sur les heures de vide, les heures enchainées à un flot, un flux d’émotions tout aussi déstabilisantes les unes que les autres, à tenter de maintenir notre équilibre à flot. Si nous en sortons grandis, nous en sortons aussi un peu blessées. De ces blessures que je n’ai pas voulu voir, parce qu’il faudrait toujours ne retenir que le positif.

Cela me rappelle que durant 4 ans j’ai tenu plus ou moins le cap dans une relation destructrice, en m’accrochant à ces bouts de soleil. Bien dérisoires. Mais une fois de plus il y avait pire!

Ces mois nous ont éloignés, un peu esquintés, même si nous tenons à ne pas ressasser. Nous nous sommes à peine croisés. Juste de quoi appliquer un baume sur l’absence, histoire de combler un manque, de se réconforter. Quelque part, quelque chose a changé. Nous avons changé, c’est évident. Etre capable de poser son regard sur cette parenthèse un peu longue c’est peut-être bien se donner une chance de fermer une porte pour en ouvrir une autre.

La solitude n’a pas été choisie, elle s’est imposée. Avec son lot d’hypothèses à tenter de percer. Il a fallu se réapproprier une réalité, notre identité. Un exercice de retour à soi, précieux, nécessaire. Qui permet aujourd’hui de poser les mots sur tous ces besoins qui n’ont pas été exprimés, exposés. Il y avait d’autres priorités. Etre là pour ceux qui comptent.

La vie reprend doucement et il faut en son temps reprendre le chemin de la vie. Celle de mars 2020 ne ressemble plus à celle d’aujourd’hui. Petite vague de nostalgie. Elle aussi il faudrait lui lâcher la main. Pourquoi tout le monde se fait un devoir d’avoir une idée sur tout. Chacun sa vérité, sa voix dans ce tumulte, sa route.

Je ne veux plus faire comme si, comme si il fallait être bien, coute que coute. Je ne veux plus porter ces masques polis, si bien dessinés par tant d’années de “faire plaisir”. J’ai appris que fuir n’était pas la solution. Mieux vaut regarder l’orage et se souvenir de ce pouvoir entre nos mains, s’en remettre à la force de Vie.

Et vous cette période, vous en gardez quoi comme souvenir?

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Pensées et réflexions (philosophiques) du moment!

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Je vous l’ai souvent dit, je me pose et j’aime me poser des questions, c’est ce qui nourrit ma créativité et me permet aussi de m’ouvrir à d’autres façons de voir, de penser, de réfléchir.

En ce moment je me questionne sur la frénésie de partage qu’on trouve un peu partout sur les réseaux, sur ce qu’on dit du monde, son malaise, sans se rendre compte que nous sommes les premiers à l’entretenir. Je m’interroge sur toutes les cases, les normes que nous détestons, sur les raccourcis dont nous essayons de nous éloigner mais qui nous rattrapent, car peut-on réellement être hors du groupe, peut-on réellement tenir debout, seul?

Je m’interroge sur la solitude, trouver sa propre voix au milieu du tumulte, savoir ce qui nous fait vibrer et tenir le cap, ne plus chercher, ne plus courir après quelque chose, ne plus partager à l’excès, ne plus chercher à ce qu’on vienne nous dire que nos pensées sont justes, nos actes sensés. Juste être bien, là, dans le silence du jour qui décline, comme dans la chaos des jours de liesse. Accueillir et laisser passer. S’abandonner à la vie.

Je m’interroge sur les amalgames. Quand je vois des messages passer comparant la France à une dictature, je bouillonne de l’intérieur. Quand je vois les gens pleurnicher sur la restriction de nos libertés et fulminer contre le gouvernement qui ne chercherait au fond qu’à faire de nous de bons petits soldats! Nous oublions alors que beaucoup de peuples sont opprimés à travers le monde, nous oublions leur combat, chaque jour. Nous oublions ceux qui souffrent de cette situation, ceux pour qui cette crise aura été catastrophique, tant économiquement, que psychologiquement, alors que nous, nous avons tout ou presque, rien perdu, rien cédé, assez de temps entre nos mains pour dégueuler nos idées aussi violentes que celles contre lesquelles nous luttons.

Je m’interroge sur le deuil, ce chemin si long, si douloureux, si lumineux, une fois qu’on peut le regarder le cœur en paix. Je pense à la souffrance que nous essayons tous plus ou moins de tenir à distance, à ces coups que l’on prend, ces chemins qui dévient, ces explosions qui nous laissent sur le bord de la route, désorientés, sur les beaux discours qui découpent le deuil en phases, qui vantent les mérites d’un programme miracle. Mais combien investissent une autre relation, une autre histoire, en ayant guéri toutes leurs blessures? Ou plutôt combien se jettent à corps perdu dans quelque chose qui leur évitera de vivre, la plaie à vif? Combien évitent leur propre chagrin?

Je m’interroge sur le besoin de reconnaissance, d’appartenance, sur la liberté de penser et d’être, sur la solitude de penser et d’être (!), sur tout ce que l’on fuit et que l’on retrouve parce que fuir n’est jamais la solution. Je m’interroge sur la marginalité, l’identité, nos valeurs et la manière dont nous les vivons, sur le respect de nous-mêmes, sur notre liberté intérieure, sur ce qui tient et sur ce qui nous tient.

Je m’interroge sur l’évènement, un instant, une seconde parfois, qui change le cours de notre destin, sans que nous sachions pourquoi et qui nous laisse face à l’inconnu, ce champ des possibles, espéré et redouté. Je pense à toutes ces vies contenues dans une, à tous nos rêves, nos déceptions, nos souvenirs, à tous nos espoirs, toutes nos convictions, les rencontres qui ont changé le cours de nos existences, nos peurs trimballées d’années en années, nos bagages, nos engagements, tout ce que nous avons laissé, tout ce que nous avons essayé, tenté, osé. Je pense à tout ce qui nous froisse et nous rend plus forts, à nos fausses espérances et aux bruits des pas dans le noir, à ce qui compose et décompose nos routes, ce qui fait la beauté de cette expérience unique, que nous n’arrivons pas toujours à voir comme un éphémère qui prendra fin un soir.

Que garderons-nous de ce passage éclair? Que laisserons-nous comme empreinte sur cette terre?

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Le chemin des mots

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Comment j’ai pu oublier?

Le chemin des mots. Autre que celui qui se dessine ici, quand j’ai le temps, autre que celui qui crée quelque chose. Juste le chemin de ce qui est là à l’intérieur et qui attend de sortir.

Je dois le dire. J’avais oublié. Je n’écrivais plus que pour partager. Mon carnet était pourtant là, posé, à portée de main. Il ne servait plus que pour quelques moments clés, pleines ou nouvelles lunes, instants posés au coeur d’un déséquilibre constant.

Je tournais en rond autour des mots. Et voilà, je suis revenue à la feuille. J’ai repris le fil de mon regard intérieur. Je dépose chaque matin mes pensées sur le cahier ligné. Ca me fait du bien. Et les idées viennent. Pas des idées qu’il faudrait absolument saisir. Non, juste des idées qui passent et méritent d’être notées. Peut-être que plus tard, une histoire naîtra de ces lignes détricotées, peut-être pas.

Peu importe, j’ai retrouvé quelque chose que j’avais perdu. Parce que ça ne se fait pas ou plus. Parce qu’il y a déjà trop de choses à faire. Parce que la fatigue et le réveil qui sonne la fin d’une nuit trop courte. Parce que j’avais perdu de vue l’essentiel. Dans ma course effrénée à une quelconque reconnaissance de mes mots imprimés sur le papier.

Au lever du jour, désormais, il y a moi, l’encre, la feuille et le plein que ça crée en dedans.

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Et si on s’abandonnait…

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Il n’y aura pas de nouvel atelier d’écriture pour le moment. J’avais commencé à rédiger l’article et puis…

Je dois vous dire qu’en ce début d’année je n’ai ni projet ni envie particulière. Ca pourrait être déroutant. Et pourtant j’y sens comme un souffle de liberté. Moi qui ai passé la majeure partie de ma vie à planifier, organiser, tirer des plans, je ressens un immense besoin de rien.

Dans notre société, le rien, c’est mal vu. Ca fait un peu peur même. Pourtant c’est dans le rien que tout se crée, que tout prend forme, pas à pas. Que l’on offre aussi à l’imagination, l’intuition une place.

J’ai passé les 30 dernières années de ma vie à chercher coute que coute un sens au “vivre”. Faire quelque chose, être utile, servir une cause, être quelqu’un, m’engager. Une quête sans fin comme pour justifier mon droit d’exister.

2020 ne m’aura apporté aucune clé, m’aura fait connaître des vagues émotionnelles intenses et m’amène aujourd’hui à m’abandonner davantage, à lâcher l’idée que ma vie se doit de porter des fruits, qu’elle doit remplir un cahier des charges spécifique pour que je puisse prétendre à passer le prochain cap.

Mes pensées vont toujours dans tous les sens mais je me laisse enfin le choix de les laisser filer. Je ne souhaite pas prendre d’engagement que je ne tiendrais pas, ni peupler encore mon esprit d’obligations. Je fonctionne comme ça, je n’aime pas l’à peu près.

J’accepte doucement l’idée que je ne dois rien à personne, que je n’ai rien à prouver à qui que ce soit, surtout pas à moi-même. Vivre a peut-être un autre goût quand on lâche prise. C’est ce que j’ai envie de découvrir. Me laisser surprendre par l’évidence…

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En parallèle

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Le temps s’étire et nous composons avec lui.

Le premier confinement ou la peur. De tout ce qu’on ne maitrise pas. Si je veux être juste, je dirais trois ans de peur et de joie mêlées.

Peur du passé, de l’avenir. Du connu et de l’inconnu. Peur de ce qui a été et ce qui pourrait être.

Peur des mots qui partent un peu trop vites, des gestes qui ne font que murmurer, de toutes ces vies qui font partie de nous et qui ne se croisent pas.

La peur comme un bagage de route, avec lequel on avance, compagnon inconfortable mais qu’on n’arrive pas à lâcher. La peur du vide sûrement.

A deux, on avance, on change, on innove, on découvre, on guérit. En parallèle, il y a un chemin très personnel que l’on fait si le cœur nous en dit, si le cœur le ressent comme quelque chose de vital, de nécessaire.

Cette transformation s’est imposée à moi, pour pouvoir dire à la peur « back off ». C’est peut-être la confiance qui a pris le pas ou quelque chose de plus grand.

Enfin ce deuxième confinement, avec ce que cela implique de temps loin l’un de l’autre, je le vis différemment, plus sereinement.

Moins de contrôle, plus d’acceptation.

Ce qui a été, porte aujourd’hui la douce chaleur des souvenirs. Ce qui sera, attend d’être écrit. Ce qui est, s’enrichit même des temps troubles.

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Une nouvelle dizaine!

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Une dizaine qui s’achève, une nouvelle qui débute.

Celle qui s’achève a été riche en rebondissements, moments forts et années douloureuses. En 2010, j’étais en Irlande, en couple et déjà bien malheureuse, luttant avec férocité pour défendre mes idées et consciente tout de même que la situation dans laquelle je me trouvais alors était sans issue.

Il aura fallu un mariage, une grossesse pour que je prenne la décision de mettre fin à trois années de combat, trois années comme une chute lente et certaine, trois années au bout desquelles je ne savais plus qui j’étais, ce que je voulais, ce qui comptait.

Un pantin désarticulé, au sourire triste, le cœur meurtri, la tête comme prise dans un étau, le corps affaiblit et déshumanisé. Voilà ce que j’étais fin novembre 2012 à mon retour en France. Avec pour seule obsession l’envie que mon cauchemar s’arrête, l’envie de faire une chute qui pourrait me soustraire à ce monde dans lequel j’avais l’impression de sombrer chaque jour un peu plus.

La séparation n’a pas mis fin ni aux menaces, ni au harcèlement, elle était nécessaire mais pour se détacher de l’emprise, il m’a fallu encore 4 bonnes années, une longue procédure de divorce. La séparation m’a offert la chance de revenir à moi, de reprendre mon pouvoir personnel.

Je peux le dire, ça s’est fait dans la violence, des gestes, des actes, des mots. Ces années là je ne les souhaite à personne. Elles ont le mérite d’avoir existé, de m’avoir montré que ma vie avait de la valeur et qu’il ne tenait qu’à moi de le voir, de l’intégrer, de changer la donne.

Énormément de choses se sont passées en 10 ans, c’en est même incroyable. Une descente infernale et une remontée spectaculaire. C’est quand j’ai commencé à nouveau à croire en la vie que la vie m’a souri en retour. Les opportunités se sont présentées et, non sans me faire des nœuds à la tête bien souvent, je les ai embrassées.

C’est depuis un ou deux ans que je me rends compte du chemin parcouru, de tout ce qu’il a fallu laisser et ce qui m’a fait grandir, de tout ce que j’ai voulu changer en moi par crainte du regard d’autrui, de ce que j’ai pardonné, de ce que j’ai appris à transformer.

Petit à petit construire ma relation avec mon fils, lâcher l’idée du « tout parfait », me laisser envelopper par sa joie de vivre, apprendre à me pardonner aussi (j’y arrive de mieux en mieux)

Petit à petit croire davantage en moi, assez pour relever certains défis professionnels.

Petit à petit laisser l’amour prendre sa place, sa juste place et savourer notre chance.

Petit à petit laisser la magie opérer.

Petit à petit renouer avec mon corps de femme, dépasser la honte et le dégoût.

Petit à petit, prendre ma place dans ma cellule familiale, pardonner les errances, accepter mes proches tels qu’ils sont avec leur bagage personnel, émotionnel. Tout en refusant d’adhérer à des idées qui ne sont pas les miennes.

Petit à petit, panser mes plaies, m’épanouir, regarder mes blessures avec indulgence et mes failles avec plus de douceur, miser sur mes forces, accueillir mes émotions, parler, ne plus taire qui je suis et même, sans y penser, tranquillement commencer à m’aimer.

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Mauvaise excuse

Crédit Pixabay

Quand j’ai partagé, autour de moi, mon souhait de reprendre mes études pour devenir thérapeute, tout le monde a trouvé l’idée géniale!

Quand j’ai demandé, autour de moi, qui serait partant pour passer à la pratique, de manière ponctuelle ou en suivi, bizarrement il n’y avait plus personne au rendez-vous! Sauf 1! Du “on se connait trop bien” à “je ne vois pas de quoi je pourrais te parler”.

Sur le coup, je me suis dit “peut-être”, en effet. Je suis comme ça, je remets rarement en question la parole des autres. Et puis en en discutant avec mes copines de promo, je me suis rendue compte que c’était une mauvaise excuse, la première. Elles ont toutes débutées avec des proches, amis, famille. Donc le fait de bien se connaître ne rentre pas en ligne de compte. Pour la deuxième, là, c’est tout simplement un refus de voir la vérité en face. Nous avons tous des problématiques, petites ou grandes, selon notre échelle de valeur. Il n’y a que les sages qui vivent au-delà de la souffrance. Je pense qu’on est en loin…

Ce que je comprends parfaitement, c’est que ce soit compliqué pour certains de parler, de se confier, de tirer le fil. Même quand nous sommes dans une démarche avec un thérapeute, c’est assez déstabilisant. Tout travail sur soi l’est. Pas plus tard que le weekend dernier, une de mes profs a mis l’accent sur un truc qui m’a pas mal bousculée. Et tant mieux. C’est aussi comme ça qu’on avance.

Ma première analyse de rêve, je l’ai fait avec ma sœur et niveau proximité, intimité, il n’y aurait à redire! Il faut savoir que dans la relation d’aide, le thérapeute est là pour amener le patient, au fil des questions, à trouver en lui ses réponses. Le thérapeute n’a pas de solution, il n’a pas d’avis sur ce que vous lui confiez. Il est neutre, formé à l’écoute active et bienveillante.

Alors peut-être que je n’ai pas assez expliqué ma démarche, je suis douée pour me remettre en question, ou bien je suis entourée de personnes qui ne sont pas dans la même dynamique que moi et je l’accepte. Cette réalité va me forcer à sortir de ma zone de confort et à en parler davantage autour de moi, pour trouver des personnes en qui cela fera écho.

Il est un peu, beaucoup décousu cet article, je vous l’accorde. Je l’ai écrit pour que chacun, chacune, à son niveau, se pose la question de toutes ses excuses du quotidien qui l’ empêche de se réaliser, d’oser, qui le maintienne dans un confort relatif, dans une évolution contrôlée. N’oublions pas, sauf situations très particulières, que nous avons toujours le choix!

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Brèves de Confinement #7

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La dernière semaine de confinement est arrivée. Et bien, je trouve que ces deux mois sont passés très vite! Après des débuts chaotiques, des moments douloureux, la vie est venue nous cueillir et nous a apporté du beau et du bon. Et oui, nous sommes tous les deux d’accord, le confinement nous a vraiment permis de faire plein de choses ensemble, à notre rythme, sans trop de contraintes. On ne se demande pas encore comment ça sera après, on préfère ne pas y penser. On va y aller doucement, sans se mettre de pression. On va encore profiter, un peu, de ce temps suspendu, du silence, du confort de notre “chez nous”, devenu un terrain d’exploration sans limite. On va se laisser porter…

Cette semaine aura été un peu plus légère niveau logistique car ma voisine a pris Loulou sur mes jours de télétravail. Ce qui a grandement changé la donne, pour moi comme pour lui. Le reste du temps, j’ai gardé sa fille, nous avons fait le travail d’école, inventé des histoires, rigolé, nous avons fait des dessins, plein de peinture, des batailles d’eau, dansé, fait des batailles de doudou, regardé des films drôles, chanté à tue-tête!

J’ai pu exprimer sereinement ma fatigue quand celle ci a pointé le bout de son nez. Sans cris cette fois. J’ai réussi à anticiper. J’ai fait de l’aquarelle, du dessin, des collages. J’ai suivi des live Instagram et regardé des vidéos sur la créativité (Bambichoses, Sophie Selliez et Julie furent mes principales sources d’inspiration) J’ai eu plein d’idées, d’articles, de livres à écrire…

J’ai commandé un arbre à la talentueuse Angélique, discuté avec une amie de promotion et choisi de nous offrir à loulou et moi des séances de sophrologie, je me suis inscrite au cours en ligne de Marie, j’ai reçu une magnifique aquarelle intuitive peinte par l’inspirante Virginie

Une semaine riche à tant de niveaux. Comme je vous le disais au début, on est encore en suspens, en attente, comme au bord du vide, mais cette fois ci il ne me fait pas peur, on va dire qu’il m’attire. Demain, il y aura des changements, des nouvelles perspectives de vie, c’est certain. Ce que j’ai trouvé dans ces deux mois, je ne suis pas prête à le laisser s’envoler. J’ai gagné en qualité de vie et je me suis rendue compte que je passais beaucoup de temps avant, à meubler, à trouver des activités, à boucher les trous de mon emploi du temps, pourtant déjà bien rempli. Avec comme excuse, mon fils, son bien-être, son équilibre.

Lui aussi, il lui en faut peu pour être heureux. Il lui faut juste ma présence, pleine et entière, mon attention et la liberté aussi de partir découvrir le monde, ailleurs, de se créer des univers, d’inventer, de rêver, de faire le pitre, de rire.

Notre chez-nous, nous l’habitons désormais pleinement, dans toute sa palette de possibles. Le lâcher prise, je peux désormais dire que j’ai essayé et que c’est vachement sympa!

J’ai des envies, des projets, encore et toujours. Et je me sens prête à leur donner vie. J’ai pris conscience, dans la solitude, de ma valeur, j’ai appris à accueillir mes jours gris qui ont autant de valeur que mes jours colorés. J’ai appris que chaque émotion signifie quelque chose. Si je m’arrête, je peux en saisir le sens et transformer le plomb en or!

J’espère que vous allez bien, que la reprise se passe pour le mieux pour chacun, chacune. Je vous envoie d’affectueuses pensées et je vous dis surtout Merci, d’avoir été là dans les creux de vague, d’avoir pris le temps de me lire quand ça n’allait pas du tout, chez moi et peut-être chez vous. Merci pour vos lectures, partages, commentaires, pour votre présence, nos échanges, pour tout ce qui fait la richesse de cet espace d’écriture. Prenez soin de vous, encore et toujours. Et au plaisir de vous lire.

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Brèves de Confinement #6

Ici, les semaines se suivent mais ne se ressemblent pas. Celle qui vient de s’achever a été pour le moins chaotique. Je pense que nous avons tous les deux besoin de souffler, de voir autre chose, de faire autre chose.

Cette semaine nous avons accueilli la petite voisine pour les devoirs. La motivation des premières minutes a vite laissé place à un grand bazar. Difficile de gérer deux niveaux, deux rythmes, deux degrés de concentration. J’ai beau avoir lâcher prise sur beaucoup de choses, il n’en reste pas moins que je dois pendre énormément sur moi pour rester calme et patiente. Je ne suis pas particulièrement à l’aise avec les enfants. Je ne l’ai jamais été. Je me sens encore plus dans l’obligation d’être à la hauteur. Ce n’est juste pas mon truc mais pour faire plaisir à mon fils, je fais des efforts. J’accueille, je trouve des idées, je crée, je fais le clown. Son sourire, sa joie et ses instants d’insouciance me disent que j’ai raison. Mais je m’oublie beaucoup, beaucoup trop sûrement, je ne sais pas faire autrement.

On a quand même construit une cabane, rigolé, fait quelques passes dans la cour, dessiné un peu, lu et cuisiné. Mais notre complicité s’est faite la malle au profit de disputes rocambolesques d’enfants pour un “oui” ou pour un “non”. Et si j’ai pris les choses avec recul en début de semaine, je n’avais plus de ressources personnelles à la fin pour faire face.

J’ai continué l’aquarelle, un passe-temps qui me fait du bien et me permet de me détendre. Même si c’est le soir, dans le chaos de l’endormissement de mon fils, même si je dois me lever plusieurs fois pour apaiser ses angoisses, même si c’est loin d’être toujours joli ou facile. Je m’accroche. Et je décroche des contraintes, des obligations de la journée, passée, à venir.

L’épuisement m’est tombé dessus d’un coup. Sans que je l’anticipe une fois de plus. Sans que je comprenne pourquoi dans un premier temps. Et puis la réalité. Franche et saisissante. Je ne sais pas dire “stop”, je ne sais pas poser mes limites. Pour faire plaisir, je passe après. La colère a gagné du terrain, ce ressenti encore une fois de n’être là que quand on a besoin de moi ou envie, de n’être qu’en attente du bien vouloir, de la disponibilité de l’autre. C’est un thème récurrent chez moi. Et encore une fois je sais que je suis la seule à pouvoir changer les choses…

Je ne sais pas (comme beaucoup) comment va se passer le déconfinement. Pour le moment nous avons une date aléatoire de retour à l’école. Quand certains rêvent de pouvoir sortir, de retrouver leurs proches, leurs amis, je ne désire qu’une chose, passer du temps seule à ne rien faire, me mettre sur pause. J’ai besoin de silence. J’ai besoin de déconnecter. J’ai besoin de ralenti. Riche de tout ce que ce confinement nous aura tout de même offert, en tant qu’individus, en tant que famille.

Et vous cette semaine, vous l’avez vécu comment? Vous avez ressenti quoi? 

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Brèves de Confinement #5

@MarieK

Et une nouvelle semaine de passée. L’exceptionnel est devenu ordinaire. Nous avons quelques routines qui tournent bien, le reste est accueil, adaptation, trous noirs parfois et émotions beaucoup, sourires, rires, expériences, créativité, expression artistique, du moins quand il ne faut pas travailler ou bien se mettre aux devoirs pour l’école.

Là le ton change et les vieux réflexes s’invitent, la colère tétanise et la violence éclate dans le creux d’un oreiller. On se retrouve face à ses failles, ses zones d’ombre. Et on fait face, en essayant de ne pas se juger, on parlant, en partageant son ressenti, ce qui fait mal, on allant puiser au fond de soi ce qui sauve de tout. Chaque jour on tente de ne pas tomber et quand on tombe on tente de ne pas se flageller, mais bien de faire preuve de bienveillance envers soi. L’erreur est humaine, la sérénité, bien plus qu’un choix, un engagement qui doit venir des tripes, l’unique voie pour une vie en harmonie avec ce en quoi on croit.

Cette semaine, des vestiges du passé se sont invités par deux fois, sous des formes déguisées. Témoignages, confidences. Et étrangement, j’ai réussi à prendre pas mal de recul par rapport à ça. Même si bien entendu je suis attristée par ce qui arrive à encore trop de femmes autour de moi.

@MarieK

Sinon, je me suis lancée dans l’aquarelle (après avoir achevé deux novellas et un recueil de nouvelles en début d’année, je crois que j’avais besoin de faire une pause de mots) en suivant les cours d’une créatrice que j’aime beaucoup. Et dans le dessin aussi, via les vidéos de Julie. Ces deux moyens d’expression m’ont ouvert des portes, m’ont aussi permis de prendre justement ce fameux temps pour moi, qui me manquait tant au début du confinement! Je découvre, j’apprends à lâcher prise, à lâcher le contrôle aussi. Je me découvre dans un nouveau moyen d’expression, je renoue avec mon âme d’enfant. Et du coup je me sens aussi plus libre avec mon fils, j’arrive à davantage le laisser être ce qu’il est, sans toujours mettre des limites à sa manière de s’exprimer, qui prend parfois beaucoup de place!

Pour être honnête, je redoute la fin de cette période, le retour au travail, à la vie sociale, au bruit. Mes craintes ne sont pas d’ordre sanitaire mais bien personnelles. Nous n’en sommes pas là pour le moment, alors je profite de ce qu’il m’est donné de vivre aujourd’hui. Cette parenthèse aura été très bénéfique à tant de niveaux.

Et vous, dites moi tout ou presque? Comment avez-vous vécu cette sixième semaine? Vous tarde t-il de sortir? Ou bien resteriez-vous bien encore un peu comme ça, comme en suspens au dessus de tout? 

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Ce temps loin de toi

Credit Pixabay

J’en ai imaginé des choses, j’en ai crée des histoires à dormir debout, dans les moments de doutes, dans les heures creuses des jours gris, dans la brume des matins d’hiver et même dans la chaleur écrasante des soirées d’été. J’en ai dessiné des chemins qui s’arrêtent, des routes qui se séparent, des accidents de parcours sans retour en arrière possible, des accidents tout court qui viendraient emballer notre histoire, qui me laisseraient seule sur le bas côté, sans même un au revoir, sans même être alertée.

Pourtant je n’ai jamais imaginé tant de jours sans toi. Tant de jours loin, tant d’heures sans le son de ta voix, sans la caresse de ton souffle sur ma peau, sans tes lèvres sur les miennes, sans ta main délicatement posée sur mes incertitudes, sans la chaleur de ton sourire, comme un baume qui chasse les tourments.

Je n’ai pas imaginé et je n’ai pas prévu ce changement brutal, cette séparation arbitraire, cet éloignement soudain. Au début, c’était comme des vacances. Trois semaines tout au plus, nous avions connu, nous savions faire. Six désormais. Je pourrais décompter les jours. Je ne le fais pas. Je pense à toi et puis j’oublie, pour que les jours ne soient pas une longue attente, cruelle et douloureuse, pour ne garder que le meilleur, les sentiments qui, c’est certain, se nourrissent de ce temps en suspens, gagnent en vérité.

Je ne sais pas demain, ni après. Je ne sais pas quand on se reverra, ni comment. Est-ce qu’il faudra se regarder de loin, ne pas se toucher? Est-ce qu’il faudra se dévorer des yeux et se dire l’envie de manière détournée? Je ne sais rien de nos retrouvailles. J’ai le coeur qui tremble en y pensant, furtivement. Puis je reviens au connu, à ce que je porte en moi. Le reste est une histoire qui attend, patiemment, d’être écrite…

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Brèves de Confinement #4

Voilà 15 jours de passés depuis nos dernières nouvelles. Depuis nous avons appris que le confinement allait être prolongé jusqu’au 11 mai. Je m’y étais préparée donc cette nouvelle est passée presque inaperçue.

La première semaine de cette quinzaine a été plutôt émotionnellement délicate. Je me suis sentie loin de tout, de tous, un peu perdue, tiraillée. Je me suis sentie très seule aussi. Pas forcément triste. Ou bien j’ai réussi à accueillir tous ces débordements sans me braquer. J’ai ouvert les yeux sur des vérités, pas forcément faciles. Je me suis retrouvée face à des questions fondamentales sur ma place dans mes relations à l’autre. J’ai été davantage dans le constat que dans la quête de solution. Le jour où mon fils m’a dit que j’avais beaucoup de colère en moi, ça a réveillé des failles. C’est vrai que j’ai beaucoup de colère et j’ai choisi cette fois de lui dire que cela n’avait rien à voir avec lui, tout avec moi, que quand je craquais je ne remettais pas en cause sa manière d’être, je crachais juste le trop plein ou le trop peu. C’est le problème quand on se donne au final peu d’importance. Ça a été la conclusion de cette semaine d’introspection et le weekend a été placé sous le signe du lâcher prise total: créativité, cuisine en famille et construction d’une tente dans le salon, sous laquelle loulou a dormi le samedi soir et sous laquelle nous avons pu faire notre repas de Pâques!

La deuxième semaine a débuté avec des maux de ventre atroces. Heureusement je lui avais promis Harry Potter, du coup j’ai eu deux heures quarante de pause. Après nous avons défait la tente, puis fait quelques constructions colorées de Lego. Cette deuxième semaine a été créative. Au programme: aquarelle, peinture, pâte FIMO, pancakes à la betterave, cookies, riz coloré, expériences, massages. Nous avons aussi essayé de méditer un peu. Nous avons ri et dansé, fait les fous – loulou est le premier partant!  J’ai également eu une visio avec ma promo de formation et cela a apaisé mes doutes – il faut dire que depuis 5 semaines, je n’ai pas ouvert une seule fois mes cours – les examens seront décalés et il y aura une solution pour chacun en fonction de sa situation.

J’ai pris du temps pour me retrouver. J’ai compris que je donnais souvent un peu trop de pouvoir aux autres, en oubliant que je suis seule responsable de la manière dont je gère ma vie et fais mes choix. Et que je suis capable surtout, qu’il n’y a pas une bonne manière de faire, et que ce que je choisis à un instant T peut être revisité à chaque fois que cela me parait nécessaire.

Et vous ces 15 jours, cette semaine? Comment vous sentez-vous? Comment allez-vous?

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Mes questionnements de maman

Crédit MK

J’en ai souvent parlé ici, la maternité est loin d’être un chemin inné pour moi. J’apprends mon fils, son identité, sa personnalité et je m’apprends moi, en tant que mère et en temps que personne aussi. C’est un processus tantôt joyeux, tantôt douloureux.

Depuis près d’un mois, nous sommes tous les deux, rien que tous les deux. J’ai abordé le confinement avec anxiété. Me retrouver seule avec lui m’a remplie d’incertitudes. Je me suis demandée comment j’allais pouvoir gérer d’un côté mon travail, le sien, d’un autre le temps à deux, le temps pour soi, comment tout allait pouvoir s’organiser sans que je m’épuise rapidement.

Mes questionnements sont toujours plus ou moins les mêmes. Je trouve qu’on parle beaucoup de parentalité mais que personne ne dit vraiment le quotidien. Et c’est ce quotidien qui, moi, me fait m’interroger. Comment concilier les différentes facettes de mon identité? Comment être pleinement mère sans n’être que cela? Comment être pleinement présente sans être complètement dévouée?

Je ne sais pas. Poser des limites, surtout quand il s’agit de moi. Je ne sais pas. Alors je laisse mes besoins en suspens et ça tient, avant que ça ne tienne plus, alors la colère revient et j’explose. Contre moi-même. Mais c’est lui qui est le spectateur de ce cri du cœur, de ce ras le bol, de cet éclat de rage qui d’un coup me consume.

Du réveil au coucher de mon fils, je suis là. J’ai eu un peu de temps avant, un peu de temps pour respirer, écrire, coller, dessiner, méditer. Dès qu’il est debout, je suis disponible et disposée. Nous faisons beaucoup de choses ensemble. C’est génial. C’est plein de découvertes et de rires, de légèreté. Et parfois c’est trop. Parfois je ne peux plus. Parfois j’aimerai le voir prendre un livre, jouer seul, le voir moins dépendant de moi. Parfois je me dis: “comment c’est chez les autres? Comment vivent-ils cela? “

J’ai fait le deuil de la famille que je rêvais d’avoir. Pas de papa. Pas de fratrie. Il n’y a que moi. Et lui. Alors je compense certainement. Sans m’en rendre compte. Je ne veux pas passer à côté de lui, de nous. Du coup je donne tout. Et je m’oublie aussi.

Cet équilibre n’est pas évident pour moi à trouver, ce temps partagé, temps pour mes projets, temps pour prendre soin de moi. Je ne sais pas faire. Je ne me pose pas quand il est là. Il m’arrive parfois de me dire que je suis esclave de mon fils. Et que peut-être mon comportement ne l’aide pas vraiment à grandir. Pourtant il s’épanouit sans moi, d’habitude, à l’école, avec ses amis, ses grands-parents, dans ses loisirs.

Cette période de confinement aura été quelque peu délicate, pour trouver ma place surtout, savoir ce que je peux me permettre ou pas, savoir où je me situe dans cette famille que nous construisons ensemble jour après jour. Nous aurons changé, grandi. Ça se voit déjà chez lui! Nous aurons appris à être, être ensemble, complices et parfois pires ennemis quand les “non” fusent et que les cris ne s’éteignent qu’à l’approche de la nuit.

Mes questions demeurent. Peut-être que les réponses sont mouvantes, en fonction de l’âge, du caractère de l’enfant, de ses besoins, de son histoire, de ses peurs, de ce qui le rend heureux, en fonction de mes souhaits, de mon niveau d’énergie, de mon degré d’épanouissement personnel.

Je me sens parfois prise entre deux histoires, deux injonctions, celle de la société (qui voudrait qu’une femme qui a des enfants s’épanouisse aussi dans son activité professionnelle, ses loisirs, son couple, qu’elle ne prenne pas son/ ses enfants comme une excuse pour ne pas être, ne pas faire) et celle de ma famille (qui veut qu’une mère fasse passer ses enfants avant tout le reste, et si il lui reste quelques miettes c’est un luxe – dont beaucoup se passent!).

Et vous comment vivez-vous ce confinement en famille, avec vos enfants? Ce fameux “temps pour soi” ça vous parle?