Confidences

Brèves de Confinement #7

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La dernière semaine de confinement est arrivée. Et bien, je trouve que ces deux mois sont passés très vite! Après des débuts chaotiques, des moments douloureux, la vie est venue nous cueillir et nous a apporté du beau et du bon. Et oui, nous sommes tous les deux d’accord, le confinement nous a vraiment permis de faire plein de choses ensemble, à notre rythme, sans trop de contraintes. On ne se demande pas encore comment ça sera après, on préfère ne pas y penser. On va y aller doucement, sans se mettre de pression. On va encore profiter, un peu, de ce temps suspendu, du silence, du confort de notre “chez nous”, devenu un terrain d’exploration sans limite. On va se laisser porter…

Cette semaine aura été un peu plus légère niveau logistique car ma voisine a pris Loulou sur mes jours de télétravail. Ce qui a grandement changé la donne, pour moi comme pour lui. Le reste du temps, j’ai gardé sa fille, nous avons fait le travail d’école, inventé des histoires, rigolé, nous avons fait des dessins, plein de peinture, des batailles d’eau, dansé, fait des batailles de doudou, regardé des films drôles, chanté à tue-tête!

J’ai pu exprimer sereinement ma fatigue quand celle ci a pointé le bout de son nez. Sans cris cette fois. J’ai réussi à anticiper. J’ai fait de l’aquarelle, du dessin, des collages. J’ai suivi des live Instagram et regardé des vidéos sur la créativité (Bambichoses, Sophie Selliez et Julie furent mes principales sources d’inspiration) J’ai eu plein d’idées, d’articles, de livres à écrire…

J’ai commandé un arbre à la talentueuse Angélique, discuté avec une amie de promotion et choisi de nous offrir à loulou et moi des séances de sophrologie, je me suis inscrite au cours en ligne de Marie, j’ai reçu une magnifique aquarelle intuitive peinte par l’inspirante Virginie

Une semaine riche à tant de niveaux. Comme je vous le disais au début, on est encore en suspens, en attente, comme au bord du vide, mais cette fois ci il ne me fait pas peur, on va dire qu’il m’attire. Demain, il y aura des changements, des nouvelles perspectives de vie, c’est certain. Ce que j’ai trouvé dans ces deux mois, je ne suis pas prête à le laisser s’envoler. J’ai gagné en qualité de vie et je me suis rendue compte que je passais beaucoup de temps avant, à meubler, à trouver des activités, à boucher les trous de mon emploi du temps, pourtant déjà bien rempli. Avec comme excuse, mon fils, son bien-être, son équilibre.

Lui aussi, il lui en faut peu pour être heureux. Il lui faut juste ma présence, pleine et entière, mon attention et la liberté aussi de partir découvrir le monde, ailleurs, de se créer des univers, d’inventer, de rêver, de faire le pitre, de rire.

Notre chez-nous, nous l’habitons désormais pleinement, dans toute sa palette de possibles. Le lâcher prise, je peux désormais dire que j’ai essayé et que c’est vachement sympa!

J’ai des envies, des projets, encore et toujours. Et je me sens prête à leur donner vie. J’ai pris conscience, dans la solitude, de ma valeur, j’ai appris à accueillir mes jours gris qui ont autant de valeur que mes jours colorés. J’ai appris que chaque émotion signifie quelque chose. Si je m’arrête, je peux en saisir le sens et transformer le plomb en or!

J’espère que vous allez bien, que la reprise se passe pour le mieux pour chacun, chacune. Je vous envoie d’affectueuses pensées et je vous dis surtout Merci, d’avoir été là dans les creux de vague, d’avoir pris le temps de me lire quand ça n’allait pas du tout, chez moi et peut-être chez vous. Merci pour vos lectures, partages, commentaires, pour votre présence, nos échanges, pour tout ce qui fait la richesse de cet espace d’écriture. Prenez soin de vous, encore et toujours. Et au plaisir de vous lire.

Brèves de Confinement #6

Ici, les semaines se suivent mais ne se ressemblent pas. Celle qui vient de s’achever a été pour le moins chaotique. Je pense que nous avons tous les deux besoin de souffler, de voir autre chose, de faire autre chose.

Cette semaine nous avons accueilli la petite voisine pour les devoirs. La motivation des premières minutes a vite laissé place à un grand bazar. Difficile de gérer deux niveaux, deux rythmes, deux degrés de concentration. J’ai beau avoir lâcher prise sur beaucoup de choses, il n’en reste pas moins que je dois pendre énormément sur moi pour rester calme et patiente. Je ne suis pas particulièrement à l’aise avec les enfants. Je ne l’ai jamais été. Je me sens encore plus dans l’obligation d’être à la hauteur. Ce n’est juste pas mon truc mais pour faire plaisir à mon fils, je fais des efforts. J’accueille, je trouve des idées, je crée, je fais le clown. Son sourire, sa joie et ses instants d’insouciance me disent que j’ai raison. Mais je m’oublie beaucoup, beaucoup trop sûrement, je ne sais pas faire autrement.

On a quand même construit une cabane, rigolé, fait quelques passes dans la cour, dessiné un peu, lu et cuisiné. Mais notre complicité s’est faite la malle au profit de disputes rocambolesques d’enfants pour un “oui” ou pour un “non”. Et si j’ai pris les choses avec recul en début de semaine, je n’avais plus de ressources personnelles à la fin pour faire face.

J’ai continué l’aquarelle, un passe-temps qui me fait du bien et me permet de me détendre. Même si c’est le soir, dans le chaos de l’endormissement de mon fils, même si je dois me lever plusieurs fois pour apaiser ses angoisses, même si c’est loin d’être toujours joli ou facile. Je m’accroche. Et je décroche des contraintes, des obligations de la journée, passée, à venir.

L’épuisement m’est tombé dessus d’un coup. Sans que je l’anticipe une fois de plus. Sans que je comprenne pourquoi dans un premier temps. Et puis la réalité. Franche et saisissante. Je ne sais pas dire “stop”, je ne sais pas poser mes limites. Pour faire plaisir, je passe après. La colère a gagné du terrain, ce ressenti encore une fois de n’être là que quand on a besoin de moi ou envie, de n’être qu’en attente du bien vouloir, de la disponibilité de l’autre. C’est un thème récurrent chez moi. Et encore une fois je sais que je suis la seule à pouvoir changer les choses…

Je ne sais pas (comme beaucoup) comment va se passer le déconfinement. Pour le moment nous avons une date aléatoire de retour à l’école. Quand certains rêvent de pouvoir sortir, de retrouver leurs proches, leurs amis, je ne désire qu’une chose, passer du temps seule à ne rien faire, me mettre sur pause. J’ai besoin de silence. J’ai besoin de déconnecter. J’ai besoin de ralenti. Riche de tout ce que ce confinement nous aura tout de même offert, en tant qu’individus, en tant que famille.

Et vous cette semaine, vous l’avez vécu comment? Vous avez ressenti quoi? 

Brèves de Confinement #5

@MarieK

Et une nouvelle semaine de passée. L’exceptionnel est devenu ordinaire. Nous avons quelques routines qui tournent bien, le reste est accueil, adaptation, trous noirs parfois et émotions beaucoup, sourires, rires, expériences, créativité, expression artistique, du moins quand il ne faut pas travailler ou bien se mettre aux devoirs pour l’école.

Là le ton change et les vieux réflexes s’invitent, la colère tétanise et la violence éclate dans le creux d’un oreiller. On se retrouve face à ses failles, ses zones d’ombre. Et on fait face, en essayant de ne pas se juger, on parlant, en partageant son ressenti, ce qui fait mal, on allant puiser au fond de soi ce qui sauve de tout. Chaque jour on tente de ne pas tomber et quand on tombe on tente de ne pas se flageller, mais bien de faire preuve de bienveillance envers soi. L’erreur est humaine, la sérénité, bien plus qu’un choix, un engagement qui doit venir des tripes, l’unique voie pour une vie en harmonie avec ce en quoi on croit.

Cette semaine, des vestiges du passé se sont invités par deux fois, sous des formes déguisées. Témoignages, confidences. Et étrangement, j’ai réussi à prendre pas mal de recul par rapport à ça. Même si bien entendu je suis attristée par ce qui arrive à encore trop de femmes autour de moi.

@MarieK

Sinon, je me suis lancée dans l’aquarelle (après avoir achevé deux novellas et un recueil de nouvelles en début d’année, je crois que j’avais besoin de faire une pause de mots) en suivant les cours d’une créatrice que j’aime beaucoup. Et dans le dessin aussi, via les vidéos de Julie. Ces deux moyens d’expression m’ont ouvert des portes, m’ont aussi permis de prendre justement ce fameux temps pour moi, qui me manquait tant au début du confinement! Je découvre, j’apprends à lâcher prise, à lâcher le contrôle aussi. Je me découvre dans un nouveau moyen d’expression, je renoue avec mon âme d’enfant. Et du coup je me sens aussi plus libre avec mon fils, j’arrive à davantage le laisser être ce qu’il est, sans toujours mettre des limites à sa manière de s’exprimer, qui prend parfois beaucoup de place!

Pour être honnête, je redoute la fin de cette période, le retour au travail, à la vie sociale, au bruit. Mes craintes ne sont pas d’ordre sanitaire mais bien personnelles. Nous n’en sommes pas là pour le moment, alors je profite de ce qu’il m’est donné de vivre aujourd’hui. Cette parenthèse aura été très bénéfique à tant de niveaux.

Et vous, dites moi tout ou presque? Comment avez-vous vécu cette sixième semaine? Vous tarde t-il de sortir? Ou bien resteriez-vous bien encore un peu comme ça, comme en suspens au dessus de tout? 

Ce temps loin de toi

Credit Pixabay

J’en ai imaginé des choses, j’en ai crée des histoires à dormir debout, dans les moments de doutes, dans les heures creuses des jours gris, dans la brume des matins d’hiver et même dans la chaleur écrasante des soirées d’été. J’en ai dessiné des chemins qui s’arrêtent, des routes qui se séparent, des accidents de parcours sans retour en arrière possible, des accidents tout court qui viendraient emballer notre histoire, qui me laisseraient seule sur le bas côté, sans même un au revoir, sans même être alertée.

Pourtant je n’ai jamais imaginé tant de jours sans toi. Tant de jours loin, tant d’heures sans le son de ta voix, sans la caresse de ton souffle sur ma peau, sans tes lèvres sur les miennes, sans ta main délicatement posée sur mes incertitudes, sans la chaleur de ton sourire, comme un baume qui chasse les tourments.

Je n’ai pas imaginé et je n’ai pas prévu ce changement brutal, cette séparation arbitraire, cet éloignement soudain. Au début, c’était comme des vacances. Trois semaines tout au plus, nous avions connu, nous savions faire. Six désormais. Je pourrais décompter les jours. Je ne le fais pas. Je pense à toi et puis j’oublie, pour que les jours ne soient pas une longue attente, cruelle et douloureuse, pour ne garder que le meilleur, les sentiments qui, c’est certain, se nourrissent de ce temps en suspens, gagnent en vérité.

Je ne sais pas demain, ni après. Je ne sais pas quand on se reverra, ni comment. Est-ce qu’il faudra se regarder de loin, ne pas se toucher? Est-ce qu’il faudra se dévorer des yeux et se dire l’envie de manière détournée? Je ne sais rien de nos retrouvailles. J’ai le coeur qui tremble en y pensant, furtivement. Puis je reviens au connu, à ce que je porte en moi. Le reste est une histoire qui attend, patiemment, d’être écrite…