Ce que je retiens de 2020

Photo by cottonbro on Pexels.com

2020 fut quelque peu tumultueuse. Pas tant au niveau des rebondissements que de ses espoirs et ses déconvenues, à l’échelle du pays. Pour ma part, me tenir loin des informations et des débats, a été mon salut. J’ai évité les folles rumeurs et la violence.

Je ne saurais comment qualifier cette année. Elle a été riche de vide et de plein, de peurs et de joies, de solitude dans l’effervescence et de rires dans le maison, de pas en avant et de pas en arrière, nécessaires pour aller de l’avant.

Année de formation. Année de prise de poste. Année de remises en question, toujours. Et ce sont ces questions qui aussi me permettent de continuer sur le chemin, avec peut-être des bagages un peu moins lourds de mois en mois. Comprendre un peu mieux la psyché humaine. Ecouter l’autre dans sa différence et sa résonnance. Prendre plaisir au partage du Soi. Et s’éloigner du jugement, si présent, même quand on a l’impression d’être dans l’ouverture. Accepter pas à pas que chacun est là où il en est, que c’est bien comme ça. Accepter qu’aujourd’hui je pense “sécurité” tout en sachant que tout peut changer.

Année de travail sur la confiance mais surtout l’affirmation de soi. Poser des limites, oser dire non, oser dire tout court. Une année pour mettre des mots sur cette difficulté à exprimer mes émotions, à accueillir celles de mon fils. Comprendre à travers ce que je mets en place comment je fonctionne et pourquoi. Evoluer toujours même si parfois c’est compliqué et que ça vient nous chahuter. Revenir au corps aussi, à son langage, à ses ressentis. Une fois encore tenter de lâcher le jugement.

Mettre de la conscience sur ce qui ne fonctionne pas, se laisser davantage porter par le flow de la vie – pas si évident en soi!

Une année moins littéraire que les précédentes. Mais avec des projets tenus de A à Z ou presque. Découvrir d’autres façons de créer et de s’exprimer. Prendre plus souvent les crayons, la peinture, les pigments. Avoir envie de faire différemment et trouver des pépites à des endroits inattendus!

Une année avec moi, à l’intérieur surtout, une année d’intériorité à tenter de trouver un équilibre. Sans cesse à réinventer. Une année avec lui, ce petit homme qui s’essaie à la vie. Cet enfant plein d’énergie qui n’aime guère le cadre, les règles, qui a besoin de fantaisie et de câlins, qui ne comprend pas qu’on s’attarde tant à garder tout en ordre, qui aime le désordre, collectionner tout et rien, faire des expériences, créer tout et rien aussi. Me rapprocher de qui il est, en me demandant à chaque instant, si je suis là vraiment, entièrement avec lui dans ce que je fais, dans ce que je suis. Gérer les journées de “non” à répétition en tentant de garder la tête froide et le sourire si possible.

Peu de temps de solitude au fond et beaucoup de fatigue aussi. Plus physique que psychologique vers la fin. Beaucoup de colère encore qui s’apaise doucement. Beaucoup d’autres voix que je fais miennes. Beaucoup trop.

Si peu de lui. Et pourtant sa présence à chaque instant. Dans chaque souffle. Et son écoute aussi dans tout ce que je ne saisis pas à force de penser si peu de moi. Ses encouragements dans les moments fragiles et sa sensibilité dans les moments doux. Si peu de nous. Et pourtant partout les sentiments qui nous effleurent du bout de nos regards croisés.

Alors qu’une nouvelle année se profile à l’horizon, je me sens d’humeur à explorer, aller à la rencontre de qui je suis quand je lâche prise, quand il n’y a plus ni codes, ni règles. Me relier à la magie. Revenir à ma voix. Célébrer la vie de mille et une manières. Tout en me remémorant que tout n’est pas blanc ou noir, que tout est cycle, oui. Et qu’il faut dé-créer pour transformer et recréer.

Et vous de 2020, vous retiendrez quoi?

En parallèle

Photo by eberhard grossgasteiger on Pexels.com

Le temps s’étire et nous composons avec lui.

Le premier confinement ou la peur. De tout ce qu’on ne maitrise pas. Si je veux être juste, je dirais trois ans de peur et de joie mêlées.

Peur du passé, de l’avenir. Du connu et de l’inconnu. Peur de ce qui a été et ce qui pourrait être.

Peur des mots qui partent un peu trop vites, des gestes qui ne font que murmurer, de toutes ces vies qui font partie de nous et qui ne se croisent pas.

La peur comme un bagage de route, avec lequel on avance, compagnon inconfortable mais qu’on n’arrive pas à lâcher. La peur du vide sûrement.

A deux, on avance, on change, on innove, on découvre, on guérit. En parallèle, il y a un chemin très personnel que l’on fait si le cœur nous en dit, si le cœur le ressent comme quelque chose de vital, de nécessaire.

Cette transformation s’est imposée à moi, pour pouvoir dire à la peur « back off ». C’est peut-être la confiance qui a pris le pas ou quelque chose de plus grand.

Enfin ce deuxième confinement, avec ce que cela implique de temps loin l’un de l’autre, je le vis différemment, plus sereinement.

Moins de contrôle, plus d’acceptation.

Ce qui a été, porte aujourd’hui la douce chaleur des souvenirs. Ce qui sera, attend d’être écrit. Ce qui est, s’enrichit même des temps troubles.

Une nouvelle dizaine!

Photo by Pixabay on Pexels.com

Une dizaine qui s’achève, une nouvelle qui débute.

Celle qui s’achève a été riche en rebondissements, moments forts et années douloureuses. En 2010, j’étais en Irlande, en couple et déjà bien malheureuse, luttant avec férocité pour défendre mes idées et consciente tout de même que la situation dans laquelle je me trouvais alors était sans issue.

Il aura fallu un mariage, une grossesse pour que je prenne la décision de mettre fin à trois années de combat, trois années comme une chute lente et certaine, trois années au bout desquelles je ne savais plus qui j’étais, ce que je voulais, ce qui comptait.

Un pantin désarticulé, au sourire triste, le cœur meurtri, la tête comme prise dans un étau, le corps affaiblit et déshumanisé. Voilà ce que j’étais fin novembre 2012 à mon retour en France. Avec pour seule obsession l’envie que mon cauchemar s’arrête, l’envie de faire une chute qui pourrait me soustraire à ce monde dans lequel j’avais l’impression de sombrer chaque jour un peu plus.

La séparation n’a pas mis fin ni aux menaces, ni au harcèlement, elle était nécessaire mais pour se détacher de l’emprise, il m’a fallu encore 4 bonnes années, une longue procédure de divorce. La séparation m’a offert la chance de revenir à moi, de reprendre mon pouvoir personnel.

Je peux le dire, ça s’est fait dans la violence, des gestes, des actes, des mots. Ces années là je ne les souhaite à personne. Elles ont le mérite d’avoir existé, de m’avoir montré que ma vie avait de la valeur et qu’il ne tenait qu’à moi de le voir, de l’intégrer, de changer la donne.

Énormément de choses se sont passées en 10 ans, c’en est même incroyable. Une descente infernale et une remontée spectaculaire. C’est quand j’ai commencé à nouveau à croire en la vie que la vie m’a souri en retour. Les opportunités se sont présentées et, non sans me faire des nœuds à la tête bien souvent, je les ai embrassées.

C’est depuis un ou deux ans que je me rends compte du chemin parcouru, de tout ce qu’il a fallu laisser et ce qui m’a fait grandir, de tout ce que j’ai voulu changer en moi par crainte du regard d’autrui, de ce que j’ai pardonné, de ce que j’ai appris à transformer.

Petit à petit construire ma relation avec mon fils, lâcher l’idée du « tout parfait », me laisser envelopper par sa joie de vivre, apprendre à me pardonner aussi (j’y arrive de mieux en mieux)

Petit à petit croire davantage en moi, assez pour relever certains défis professionnels.

Petit à petit laisser l’amour prendre sa place, sa juste place et savourer notre chance.

Petit à petit laisser la magie opérer.

Petit à petit renouer avec mon corps de femme, dépasser la honte et le dégoût.

Petit à petit, prendre ma place dans ma cellule familiale, pardonner les errances, accepter mes proches tels qu’ils sont avec leur bagage personnel, émotionnel. Tout en refusant d’adhérer à des idées qui ne sont pas les miennes.

Petit à petit, panser mes plaies, m’épanouir, regarder mes blessures avec indulgence et mes failles avec plus de douceur, miser sur mes forces, accueillir mes émotions, parler, ne plus taire qui je suis et même, sans y penser, tranquillement commencer à m’aimer.

Qui a vrai confiance en soi!

Photo by Pixabay on Pexels.com

Quand j’entends “je n’ai pas confiance en moi”, j’ai envie de répondre “qui a vraiment confiance en soi?”
Il y a peut-être des domaines, des moments, peut-être des situations dans lesquelles nous nous sentons plus à l’aise que dans d’autres. Si nous avions tous pleinement confiance en nous, il n’y aurait ni tract, ni peur, ni doute. Tout serait fluide.

Encore une fois l’image est belle et dans une monde de “sages” elle fait l’unanimité mais la réalité est autre. Je vois la confiance en soi comme une nouvelle injonction à la mode, comme si nous n’en avions pas assez!

Mais c’est aussi un masque, quelque chose qui nous empêcherait de…
Combien de personnes se réfugient derrière le manque de confiance pour ne pas passer à l’action? Combien attendent sur le bord de la route en pensant que la confiance va se matérialiser d’un coup, comme un cadeau tombé du ciel?

On parle aussi beaucoup de travailler sa confiance, d’apprendre à se faire confiance. Je crois que la confiance vient avec l’expérience. Plus on ose, plus on prend confiance. Plus on se met en mouvement, plus on s’engage, plus on fait d’expériences, plus la confiance grandit, souvent à notre insu. 

Si on attend la confiance on peut attendre longtemps, vous ne pensez pas? Quant à l’idée que les autres ont plus confiance que nous, c’est une bonne excuse supplémentaire! Et je l’ai utilisée un nombre incalculable de fois celle là! Se cacher derrière le manque de confiance c’est aussi lâcher son pouvoir personnel. Et ne pas s’autoriser à être. 

Imaginez le tout petit qui commence à marcher, vous pensez sincèrement qu’il a confiance en ses pas hésitants sur le sol? Et pourtant il se lance, il trébuche et il se remet debout. Il se met en route. Il fait peut-être inconsciemment confiance à quelque chose de plus grand, de plus fort que tout, la pulsion de vie. Elle est en nous aussi. Sommes nous prêts à la laisser à nouveau s’exprimer? 

D’aussi loin que je me souvienne, le mot confiance n’a jamais fait partie de mon vocabulaire. Dans ma famille la confiance fait défaut à tout le monde ou presque. A l’école, rares étaient les professeurs encourageants et motivants. Certains sont même allés très loin dans la dévalorisation et l’humiliation.

Le regard extérieur joue à plus ou moins grande échelle sur notre jauge de confiance. On peut vouloir s’en départir, nous restons des humains, liés les uns aux autres. Comme dans tout, il est essentiel de trouver le juste milieu, notre équilibre. L’autre peut aussi nous encourager à exprimer le meilleur de nous-mêmes. Et alors là, la confiance grandit. Il ne faut juste pas être dans l’attente excessive de quelque chose et savoir conquérir cette confiance par soi-même.

Chaque jour, pas à pas. Chaque jour, s’autoriser à vivre, accueillir ce qui est.

Toi (et moi)

Crédit Pixabay

Chaque minute de chaque jour, mon coeur s’emballe et mon corps réclame ton corps. Chaque fois une redécouverte de toi, de nous. Le temps file vite, très, trop par moments. Mais nous savons profiter de ce que la vie nous offre.

Je l’écris depuis le début et j’aimerai l’écrire toujours. Je suis en état d’émerveillement permanent. A l’heure où tant de couples éclatent autour de moi, l’heure où l’amour s’éteint, comme la bougie se consume, je prends la mesure de ce que nous partageons, de cette énergie qui nous lie, de ce qui bouscule mes certitudes, nos habitudes, de ce qui nous nourrit jour après jour.

Quand j’écoute le coeur des autres pleurer, je saisis l’ampleur d’une vie sans cette flamme si vive et pourtant si fragile. Je sais qu’on en revient et pourtant, égoïstement, je me demande si j’en reviendrais.

Les jours sans toi sont plein de toi. Nos pensées se télescopent en plein vol. Les saisons s’habillent de nos mains qui se serrent et de nos pas qui s’accordent. Il n’y a pas de maux que tu ne puisses entendre, pas d’émotions que tu ne puisses accueillir, pas de peurs que tu ne puisses apaiser. Je peux être tout avec toi, oser tout. C’est comme si tu avais balisé le chemin pour que je puisse enfin exprimer tout ce que je garde en moi, sans me mettre en danger.

Tout en toi me fait vibrer à une fréquence inédite. Certains parieront sur la chance. Peut-être. D’autres voudront nos mettre dans des cases. Toutes faites. Ce qui compte c’est cette liberté qui nous va si bien, qui nous donne des ailes. C’est pouvoir tout se dire même quand ça fait un peu mal. C’est ne rien prévoir et vivre chaque instant comme en équilibre dans l’espace temps.

Je ne crois pas en ces promesses que l’on se fait, en ces projets qui portent un peu trop loin pour moi. Je crois à ce qu’on se donne, là, aujourd’hui, à ce que l’on construit au quotidien, à la force des sentiments qui nous lient, à cette impression furtive de saisir l’essence du sublime de la vie.

Pour hier, aujourd’hui et demain: Merci! Le reste nous appartient…

Se faire aider pour se reconnecter à Soi

Crédit Pixabay

J’ai commencé depuis quinze jours un coaching avec Rebecca de Résonance Céleste pour mon projet d’entreprise. Comme vous le savez, je me forme pour devenir thérapeute. C’est un projet que je porte depuis longtemps en moi, mais que j’ai laissé à l’abandon. Pour tout un tas de raisons, dont “le manque de confiance”.

Vous allez me dire que tout le monde, ou presque, manque de confiance en soi. Certes, mais quand on a une personnalité “dépendante” (ce qui n’est ni bien ni mal, je préfère le préciser, il y a toujours des personnes bien intentionnées pour donner de conseils, sans toujours savoir de quoi il en retourne), le manque de confiance c’est la grosse faille. Si bien que souvent, on se range à l’avis des autres, on se soumet à leurs désirs, histoire de ne surtout pas faire de choix.

La personne dépendante est terrorisée à l’idée de choisir, que ce soit entre deux postes, une virée à la mer ou à la campagne, ou entre deux baguettes de pain! Pour les petits choix du quotidien, on en vient petit à petit à bout, en se faisant aider, en se confrontant au monde, en se dépassant toujours. Pour le reste, c’est plus compliqué. Au cours du premier module de formation, je me suis rendue compte que tous les postes que j’ai occupé depuis que je travaille sont des postes que j’ai choisi par défaut. Je ne me suis jamais demandée si ça me plaisait ou si c’était fait pour moi. J’ai toujours trouvé des excuses: mon éducation, ma situation personnelle, mes obligations. Et ça a été la même chose pour mes appartements. Je me suis laissée porter par l’avis des autres. Je n’ai jamais osé être “contre”.

Vu de l’extérieur, en général, je passe pour la fille qui s’adapte très bien, qui ne pose pas vraiment de problème, qui suit le rythme, qui est d’accord sur tout. Peu de personnes connaissent mes profonds tiraillements intérieurs. Peu de personnes savent combien cela me pèse au final. Aujourd’hui, je prends de plus en plus de décisions, seule. Et cela me rend assez fière, même si c’est pour des broutilles. Car hier encore, je ne m’en sentais pas capable.

Ce coaching me permet de me recentrer sur moi, de savoir ce qui compte pour moi et comment exprimer mon plein potentiel à ma manière. Car un autre travers de la dépendance, c’est qu’on regarde beaucoup ce que font les autres. Et on aimerait faire pareil. Sans vraiment savoir si ça nous correspond. En ce moment? tout le monde surfe sur le féminin sacré, allez hop on va s’y mettre! Et puis l’Énergétique, ça marche bien aussi, alors pourquoi pas! Il y aussi les massages qui font du bien, c’est peut-être l’occasion!

On regarde partout ce que font les autres et on essaie de se fondre dans leur moule. Je vous le donne en mille, ça ne fonctionne pas, c’est même catastrophique. Parce que ce n’est pas nous, ce n’est que l’autre. C’est pour cette raison que j’ai fait le choix – conscient – de me faire accompagner pour déterminer au mieux mon projet et ses champs d’application.

Cet article n’a pas de but particulier si ce n’est de vous montrer que vous êtes uniques, vous êtes avec votre personnalité, votre caractère, vos failles et vos forces, votre talent et que la seule chose qui compte dans la vie c’est de retrouver cette connexion à Soi pour vivre pleinement ce qui compte! Comme le disait si joliment Oscar Wilde “Soyez vous-mêmes, tous les autres sont déjà pris”!

Mauvaise excuse

Crédit Pixabay

Quand j’ai partagé, autour de moi, mon souhait de reprendre mes études pour devenir thérapeute, tout le monde a trouvé l’idée géniale!

Quand j’ai demandé, autour de moi, qui serait partant pour passer à la pratique, de manière ponctuelle ou en suivi, bizarrement il n’y avait plus personne au rendez-vous! Sauf 1! Du “on se connait trop bien” à “je ne vois pas de quoi je pourrais te parler”.

Sur le coup, je me suis dit “peut-être”, en effet. Je suis comme ça, je remets rarement en question la parole des autres. Et puis en en discutant avec mes copines de promo, je me suis rendue compte que c’était une mauvaise excuse, la première. Elles ont toutes débutées avec des proches, amis, famille. Donc le fait de bien se connaître ne rentre pas en ligne de compte. Pour la deuxième, là, c’est tout simplement un refus de voir la vérité en face. Nous avons tous des problématiques, petites ou grandes, selon notre échelle de valeur. Il n’y a que les sages qui vivent au-delà de la souffrance. Je pense qu’on est en loin…

Ce que je comprends parfaitement, c’est que ce soit compliqué pour certains de parler, de se confier, de tirer le fil. Même quand nous sommes dans une démarche avec un thérapeute, c’est assez déstabilisant. Tout travail sur soi l’est. Pas plus tard que le weekend dernier, une de mes profs a mis l’accent sur un truc qui m’a pas mal bousculée. Et tant mieux. C’est aussi comme ça qu’on avance.

Ma première analyse de rêve, je l’ai fait avec ma sœur et niveau proximité, intimité, il n’y aurait à redire! Il faut savoir que dans la relation d’aide, le thérapeute est là pour amener le patient, au fil des questions, à trouver en lui ses réponses. Le thérapeute n’a pas de solution, il n’a pas d’avis sur ce que vous lui confiez. Il est neutre, formé à l’écoute active et bienveillante.

Alors peut-être que je n’ai pas assez expliqué ma démarche, je suis douée pour me remettre en question, ou bien je suis entourée de personnes qui ne sont pas dans la même dynamique que moi et je l’accepte. Cette réalité va me forcer à sortir de ma zone de confort et à en parler davantage autour de moi, pour trouver des personnes en qui cela fera écho.

Il est un peu, beaucoup décousu cet article, je vous l’accorde. Je l’ai écrit pour que chacun, chacune, à son niveau, se pose la question de toutes ses excuses du quotidien qui l’ empêche de se réaliser, d’oser, qui le maintienne dans un confort relatif, dans une évolution contrôlée. N’oublions pas, sauf situations très particulières, que nous avons toujours le choix!

Retour (à la source)

aesthetic-4621334_640
Crédit Pixabay

On oubliera vite
Ce qui hier encore nous paraissait
Insensé
On se fondera dans un décor
La foule des grands jours
Destins frôlés
Baisers volés

On oubliera vite
Les premiers pas dans le vide
Immense

On oubliera
Jusqu’au souffle déposé
Tout deviendra presque habitude

Et alors la magie s’envolera
Sans un bruit
Elle glissera sur nos corps
Désormais endormis

On ne prendra plus le temps
De s’apprêter
De se découvrir
De se regarder jusqu’à tout deviner
Tout ira vite comme une urgence
Comme si demain allait nous voler
Ce que nous n’avons pas su vivre

Le désir sera une performance de fin de soirée
L’orgasme, l’unique aboutissement d’ébats
Vite emballés

On se sera perdus de vue
Au milieu de la foule des grands jours
Nus dans nos habits communs

Plus rien d’extraordinaire
Que du banal
Plus de tremblements
Que du déjà vu
Plus que du sexe pour le “fun”
C’est ce qu’ils disent
Plus de grandes déclarations
Qui font des nœuds au ventre
Et nous laissent, haletants,
Imprégnés d’un bonheur que nous savons fragile
Que nous chérissons comme un cadeau

On oubliera un jour
Les perles de pluie
Sur nos peaux transies
Les marques satinées
L’abandon
Le don

Il n’y aura plus que des cris
Pour dire le plaisir
Plus que des paroles
Quant il y avait des émotions
Plus que des hypothèses cruelles
Quand il y avait des étreintes
Qui valaient tous les mots de la terre

On oubliera le goût de nos peaux
La saveur des baisers
La fougue
L’audace
La complicité dans un regard
La séduction
Dentelles et bas de soie
La suggestion
Les mains qui caressent
Le temps suspendu
La passion
Les surprises
L’envie pressante
Qui ne se contient pas

Le temps se bloquera
Sur ce qu’on n’aura pas su retenir
A force de vouloir plus

Suspendus dans le vide
Nous aurons encore le choix
De revenir à ce qui compte
Plus que tout
Aux sens et à l’essentiel
A ce qui nous ressemble
A nous.

Brèves de déconfinement

Je n’avais pas d’idée précise sur le déconfinement. A priori pour nous ça n’allait pas changer grand chose. A part la reprise de l’école pour loulou à partir du jeudi. J’allais garder mon rythme de télétravail et profiter – enfin – d’un peu de temps libre.

La semaine a été très bousculée. La fatigue s’est accumulée à coup de mauvaises nuits et de chamailleries d’enfants. Depuis qu’ils se voient à nouveau, la maison est un vrai moulin. Ils organisent leur vie comme ils le souhaitent et aux parents de suivre, avec le sourire.

Ce n’est pas ma façon de faire. Mais comme c’est toujours mieux chez les autres (confiance quand tu nous tiens!) et que je suis du genre à me remettre en question, j’ai essayé de lâcher prise encore plus, d’être cool comme on dit. Sauf que ça a eu l’effet inverse. Pourtant depuis le temps je sais ce que ça coûte d’être quelqu’un d’autre mais de temps en temps je me fais, encore, avoir. A force de mettre de côté mes besoins, de dire “oui” aux supplications des enfants pour venir jouer à la maison, à coups de “je te promets”, j’ai explosé. Je me suis à nouveau retrouvé dans la peau de la mère, à bout, qui crie, qui n’a plus une once de patience, qui scande à longueur de journée “et le respect bordel!”

Il m’est très difficile de trouver un rythme avec mes voisins. J’en avais déjà parlé et je me rends compte que c’est un équilibre sans cesse remis en question et qui me demande de poser mes limites, chose que j’ai beaucoup de mal à faire. C’est trop. J’ai de longues plages seule, alors je ne vais pas me plaindre j’en ai besoin, mais je ne me sens pas respectée. J’ai comme cette impression d’être utilisée, à disposition, comme un pot sur une table, qu’on regarde quand on en a besoin. Mon fils est partout, mais plus là. Il virevolte dans tous les sens.

Après une semaine, notre vie est sans dessus ni dessous. Je n’ai plus aucun repères. Nous n’avons plus de routine, plus de temps à deux. Je me sens assez vide, tiens ça revient ce sentiment! Décidément! J’ai l’impression que tout ce que nous avions gagné se disperse aux quatre vents. Bien entendu, je ne souhaite pas garder mon fils sous cloche, il a besoin de se confronter au Monde et cela me va très bien. Mais cela se fait d’une façon qui me perturbe. Il va encore falloir creuser ça! C’est un peu fatiguant ce va et vient des émotions qui n’arrêtent pas de faire irruption dans mon quotidien et sans cesse me déstabilisent.

La semaine aura toutefois été parsemée de jolis instants: prendre l’air, rejoindre mon amoureux pour une parenthèse ensoleillée, faire de l’aquarelle, retrouver les mots, parler avec les amies, avoir un peu de temps pour faire des choses que j’aime.

Et vous cette première semaine hors les murs, elle avait quel goût?

Challenge Ecriture #17 (05.05.2020)

Voilà quelques propositions d’histoires en 6, 7, 8 ou 9 mots. A vous de voir:

Âmes écorchées, abstenez vous de rêver!

A l’horizon, amas de bleus, un second souffle.

Vélo rouillé sur la chaussée, l’enfance envolée.

Jets de couleurs, l’artiste muse engagée.

Retrouvez les autres participations ici: Chez Marie – Chez Mébul – Chez Sweet Things – Chez Josée

***

J’ai remarqué qu’il y a beaucoup de personnes qui n’osent pas écrire. Je crois que nous sommes tous capables de le faire, comme de créer, de cuisiner, de rêver, d’inventer. Mais nous sommes aussi très fort pour nous mettre des limites, qui finissent par être des obstacles et qui nous freinent.

Alors pour la semaine prochaine, j’aimerais vous proposer quelque chose de différent, pas de fil conducteur, pas de thème, pas de règles. Posez vous derrière votre ordinateur, respirez à plein poumons et laissez vous emporter. Ne réfléchissez pas, ne pensez pas, n’essayez pas de construire quoi que ce soit. Allez y au feeling. Soyez dans l’instant et laissez couler ce qui doit sortir, sans plan, sans intention. Soyez dans un complet lâcher prise! Et profitez du voyage…

Au plaisir de vous lire.