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La dernière ombre au tableau

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J’ai souvent parlé – beaucoup moins en ce moment c’est vrai parce que j’en ai assez parlé et que je ne ressens ni l’envie, ni le besoin de le faire davantage – de l’emprise, de ses effets et des cicatrices qu’elle laisse.

On me demande souvent si je changerai quoi que ce soit à ce que j’ai vécu. Clairement, non. J’ai la certitude qu’il me fallait passer par ça pour me trouver. J’ai appris énormément de choses sur moi, sur mes relations aux autres, sur la peur, sur ma capacité de résilience, sur l’importance de me prendre en compte dans mes décisions. Cela a changé mon regard sur la vie aussi.

Bien sûr cela a pris du temps pour que je me reconnecte à mes émotions, sensations, à mon corps. Pour que j’apprenne à m’aimer, à me regarder avec bienveillance, me respecter. Bien sûr ce chemin je ne l’ai pas fait seule de A à Z, j’ai été accueillie, épaulée, écoutée, conseillée, aimée. Et je le suis encore. Toutefois cette victoire reste la mienne!

Enfin, je me s’en suis sortie.  Alors cette ombre au tableau, c’est quoi?

Il faut savoir que quand tu es dans une relation toxique, tout ce que tu dis ou fais est passé au crible de l’appréciation de l’autre. La météo peut changer du tout au tout en un quart de seconde. Te laissant complètement désorienté. Marcher sur des œufs devient ton mode de fonctionnement. Tout ou presque a le pouvoir de te valoir une “punition”. Au quotidien, tu finis par craindre toute interaction, tout changement de programme ou d’humeur. Tu ne vis plus en quelque sorte, tu survis et quand ça craque, tu mendies un pardon, en prenant toute la faute sur tes épaules. Pour avoir la paix, tu es prêt à tout!

Je vous rassure aujourd’hui tout va bien. Je suis pleinement heureuse dans ma vie sentimentale. Le seul “mais” vient de moi et de ma façon d’appréhender les choses. Je crains toujours qu’un mot, une phrase, un acte ne viennent remettre en question les sentiments de l’autre. J’ai moi même conscience que c’est complètement insensé (comme beaucoup de peurs le sont). Je me raisonne mais ce sentiment revient de temps à autre. Je ne lutte pas contre, j’essaie de comprendre pourquoi je n’arrive pas à m’en détacher. Il y a une explication quelque part, je trouverais la clé, elle m’ouvrira les portes de lendemains où il ne restera que le meilleur à vivre…

Ça vous parle? Vivez-vous encore avec des cicatrices qui se rappellent à vous de temps en temps? Comment avez-vous guéri de vos heures noires?

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Du pardon et de la libération des âmes

Crédit – Pixabay

Certaines vérités se glissent dans les silences. Elles se taisent, se fondent dans l’espace. Elles sont ce qu’elles sont, marquent le temps, le tempo de nos vies. Mais ne se disent pas. Elles s’offrent le loisir de ne pas faire peur, ni de blesser inutilement.

Certains silences font mal. Ils disent tout sans le savoir. Ils sont riches de secrets qui un jour verront le jour, à moins que les langues ne se retiennent, que les cœurs en fassent le deuil. Avant l’heure.

Certains secrets tissent leur toile sur le fil du temps qui passe. Seront-ils compris ? Seront-ils jugés ? Que restera-t-il de leur vérité quand la mort viendra réclamer la vie de ceux qui les ont créés, involontairement, souvent ?

Certaines paroles brisent le silence. Elles frappent en plein cœur, détruisent l’honneur, asphyxient les entrailles. Et ne demeurent que des points d’interrogation en suspens dans l’air du temps.

Jusqu’à ce que le pardon panse les blessures des vérités tues, des silences lourds, des secrets libérés, des mots désœuvrés.  Et libère les âmes d’une histoire qui ne leur appartient plus.

Texte écrit suite à un atelier de constellations familiales.

Posted in Carnets de route

Nos cicatrices

Il y a celles du corps, celles qui s’imposent à nous, qui d’un coup d’œil se détectent ou bien qui cachées sous des épaisseurs de laine ou de coton, suivant les saisons, se font toutes petites. Il y a celles que nous exhibons fièrement et d’autres que nous tentons d’effacer – désir inconscient de se protéger.

Nos cicatrices racontent toutes une histoire. Nos cicatrices dessinent des vagues sur nos peaux, sont là pour nous rappeler ce que nous avons vécu, ce que nous avons perdu et ce que nous avons gagné, ce que nous avons offert et ce qui nous a été offert.

Puis il y a les cicatrices invisibles, celles qui n’ont laissé de traces qu’à l’intérieur, celles que personne ne remarque. Ces cicatrices existent pourtant, elles sont aussi importantes que les cicatrices visibles. Elles parlent de notre cœur.

J’ai longtemps pensé que mes cicatrices s’estomperaient, qu’en évoquant le passé, je ne les verrais plus que comme des petits points insignifiants. Hier, en reprenant la relecture de mon roman autobiographique, j’ai vu les choses différemment. Mes cicatrices sont là. Personne ne les voit. Mais cela ne remet pas en cause leur existence. Et au lieu de les fuir, j’ai plutôt envie de les regarder avec bienveillance, de leur dire “merci” d’être là, comme le souvenir de tout ce que j’ai réalisé, de tout ce que j’ai appris au détour de chacune des expériences qui ont marqué mon chemin. Chacune a sa manière est comme une victoire à savourer, une belle revanche.

Soyons fiers de nos corps et de nos cœurs marqués. Regardons nous sans jugement, avec amour. Aimons ces cicatrices qui nous rappellent qu’envers et contre tout, nous sommes vivants!

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