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Comment te dire?

@Marie Kléber

Comment? Oui comment te dire? Je me sens bien seule avec les mots qui ne viennent pas. Mais il y a t’il seulement des mots pour te parler de ça.

Comment te dire que le poulain que tu as vu il y a un mois à peine, qui tenait tout juste sur ses pattes, à l’abri près de sa mère, vient de mourir?

La mort, tu sais, on en parle. Il n’y a rien de tabou. C’est juste la vie qui part ailleurs, qui va tenir compagnie aux nuages et fricoter avec les étoiles.

Non, là c’est autre chose. Comment te dire que le poulain au nom si rigolo a été torturé, avant d’être sauvagement tué?

Comment te dire la violence des hommes, sans y ajouter la notre? Comment te dire l’horreur tout en restant loin de la haine?

Quels mots trouvés pour t’apaiser devant l’inacceptable?

Je te regarde avec tes idéaux et  j’espère que tu les garderas longtemps, comme un bouclier face à la barbarie, que rien ni personne ne pourra t’ôter ta joie de vivre et que face à l’innommable tu garderas la foi en quelque chose de plus grand que tout ce qui te dépasse.

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Pensées automnales

Crédit Kaboompics

L’automne est arrivé au milieu de jours ensoleillées. Une saison que j’apprécie et pourtant chaque année il y a comme un vent de mélancolie qui vient me titiller. Tout est trop d’un coup. Trop de choses à penser. Trop de projets. Trop de besoins. Et des doutes encore. Que j’essaie de tenir à distance pour qu’ils ne viennent pas gâcher les jolies heures.

Un mouvement, qui sans cesse me bouscule et m’apaise. Des vagues émotionnelles que j’accueille de mieux en mieux. Certains promettent ici et là la clé pour en venir à bout. Je reste sceptique. Je n’en suis pas à ma première tentative!

Je cherche encore et toujours, à grandir, à évoluer, à déterrer les démons qui sans cesse me poussent sur le côté. J’avance, c’est certain, parfois vite et parfois pas. Parfois j’ai cette impression de revenir au point de départ. Comme si tout ce que j’avais essayé avait échoué. Et alors je me sens perdue, avant de retrouver l’énergie de repartir. Peut-être plus lentement cette fois, en m’écoutant davantage aussi. Il y en a qui se vantent d’avoir la solution à mes plus profondes incompréhensions.

Quand je les écoute, je perds le fil et la raison. Revenir à soi n’est pas toujours aisé dans un monde qui favorise, sans le vouloir sûrement, la culpabilité.

Le meilleur de moi ne se révèle que dans l’intimité. Ailleurs, je me cache, je me voile la face, je donne le change, j’essaie d’exister, j’attends – je le sais – une certaine reconnaissance. Je tire souvent un trait sur ma singularité. Au travail j’ai perdu l’entrain. Je suis un pantin qui suit le mouvement. A la maison, je me surprends encore à me justifier, à lâcher une colère sur laquelle les mots glissent. On dit que derrière la colère il y a une tristesse refoulée. Je ne l’identifie toujours pas.

C’est en écrivant que je suis authentique. Je crois que ma vérité, elle est dans ce que je pose et dépose, ici et là. Le reste, c’est du bricolage, pour que tout tienne debout. Peut-être un peu moins avec le temps. Il faut lui reconnaître l’avantage de nous faire parfois avancer à notre insu. Ce qu’on croyait, alors, impossible, devient envisageable. Il se pourrait que demain, nous devenions plus sages…

 

 

 

 

 

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Challenge Ecriture #30 (15.09.2020)

La coupure, franche, d’un couteau aiguisé sur une peau blanche, à demi endormie. Les cris au loin des enfants et des chiens, un drôle de mélange. Je me réveillais en sursaut, tâtonnais, à la recherche de quelque chose de familier.

Puis j’entendis un bruit de métal. Le tatoueur d’Auschwitz prenait son poste. Et défilaient les visages émaciés de ceux qui partaient à la mort. Je continuais de chercher la pièce du bout des doigts, incertaine.

Un autre bruit, un bruit de sang glacé, de celui qui s’écoule à l’extérieur des cœurs. Je n’osais ouvrir les yeux. Je l’aimais disait le sourire devant la grande fumée noire qui sortait des chambres.

Puis, plus rien. Seul le silence. Terrifiant.

Le claquement vif d’un volet mit fin à l’horreur. Jung et sa psychologie de l’inconscient auraient sûrement une piste à me proposer pour éclaircir les zones sombres de cette nuit sordide.

Les autres participations: Chez Josée – Chez Mébul

***

Le challenge écriture reprend du service après une rentrée mouvementée! Pour la semaine prochaine, je vous invite à écrire un texte qui contiendra les mots suivants,  placés dans votre texte dans cet ordre: indocile, dernier, solstice, arabesques, certitude, gazelle, retour, ciel.

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Dans la malle aux souvenirs

Ouvrir la malle aux souvenirs…

Ils sont si nombreux à peupler nos mémoires. Un rien peut les activer. Un rien pour leur redonner vie. Une musique, un mot, un parfum, un bruit, le roulis de l’eau, le générique du top 50, un tube à la radio, un verre de diabolo menthe. Et la valse commence. Le temps s’arrête sur une image.

Les bouchons sur la route des vacances. Les voitures remplies à ras bord. Le départ aux aurores. Les cassettes enregistrées qu’on passe en boucle et les kilomètres qu’on avale en répétant inlassablement « on est bientôt arrivé ? » tout en sachant qu’on vient juste de partir. L’aller presque triomphant. Et le retour passablement moins enthousiasmant.

Le temps de l’école. Et le temps des congés. Le temps de cahiers ouverts et des bouts de stylos mâchouillés, de l’odeur de la colle en pot. Le temps des déguisements dénichés au grenier, des casseroles que l’on brinquebale d’un bout à l’autre du jardin, des tambouilles d’herbe et de cailloux. Le temps des colonies, des cartes reçues, de celles que l’on envoie pleines de fautes d’orthographe. Le temps des pieds dans l’eau, des bains de boue et des bals du 14 juillet.

Les soupes du dimanche soir et les épinards à la crème de la cantine, passablement écœurantes. Le 7 sur 7 d’Anne Sinclair et nos mercredis “télé, bonbons et bavardages”. Les weekend à la mer et l’été à la montagne. Les sorties en refuge et la pause-pipi dans les orties.

Les premiers émois et les sauts dans le vide, les premières confidences et les prières silencieuses. Les interdits qu’on oublie et les heures de colle qui s’en suivent. Les cours de sport qui s’éternisent.

Le temps des adieux. Les premières notes d’un futur qui nous comprime le cœur. Le temps du chagrin, de la fin de l’enfance. Un visage qui revient au milieu de nos rêves puis disparaît, comme emporté par le vent. Le temps des au revoir imprévus, des séparations. Les souvenirs se voilent d’amertume. L’innocence se bat contre des murs de certitudes.

Le temps des promesses qui ne durent pas. Le temps de l’allégresse, l’éphémère entre nos doigts. Temps de poser les bases de demain sans avoir les armes pour affronter les vagues.

Les dernières années d’école et les copines « tout terrain ». Les examens. Les premières vacances main dans la main. Les spaghettis carbonisés sur le réchaud improvisé. Les danses endiablées. Les slows langoureux. La mer qui vient bénir cette entrée dans le monde tant convoité de l’adulte.

Le premier regard et le premier baiser. La première excuse mal fagotée. Les premières notes d’une histoire à créer. Premiers vertiges et envies de tout oser. Puis le fracas de la fin. Le silence de la séparation. Le vide après le plein. On en sortira vivant un jour sûrement. Pour le moment, les claques se suivent et nos larmes sont fragiles.

Une fête un peu arrosée, notre timidité envolée. On rentre tard ou tôt, le cœur gros. On s’essaye à la vie avec ses bas, ses hauts, ses promesses, ses attentes. On juge vite et mal. On juge trop souvent. Le regard des autres comme un couperet nous tend un piège dans lequel on chavire. Il faut parfois le pire.

Les amitiés qui fichent le camp, celles qui restent un peu plus longtemps, les bars de nuit et les soirées à refaire un monde qu’on voit s’écrouler. Assister passivement à la fuite inexorable du temps et ne plus savoir qui croire, ni comment.

Devenir adulte et regretter de n’être plus des enfants. Moins d’innocence. Moins de rêves. Plus de conscience jusqu’à ce qu’on crève, la gueule ouverte, par peur d’oser, par peur de manquer. Tout resurgit à la faveur d’une naissance. Une deuxième chance.

Les premiers mariages et les yeux qui pétillent. Un « oui » dans l’atmosphère. Une farandole de bonheurs à cueillir chaque jour. Pour nous ce sera différent. On ne se loupera pas. On se regardera encore longtemps comme si on se voyait pour la première fois. Avec ses frissons et ce « je ne sais quoi » qui fait trembler même les plus vaillants. On ne parlera pas du couple comme d’une relation usée,  de ce “juste assez de tendresse” pour rester. On ne disséquera pas les méandres de l’adultère, de l’infidélité. On restera loin des jugements pour mieux se protéger.

Dans la malle aux souvenirs, il y a tout un tas de secrets aussi, gardés sous scellés pendant des années, des mystères à élucider, qui dans cette vie resteront bien protégés. On veut y croire encore un peu. Avant que tout n’explose, que s’exposent nos vulnérabilités, pleines d’ecchymoses. On l’aura bien cherché. Des secrets et de regrets, de ceux qu’on jure de ne jamais avoir, de ceux qu’on trouvait dérisoires chez les autres. On n’a pas fait mieux.

Quand on farfouille au hasard, on tombe sur des pépites. Une histoire de choux à la crème sur les genoux de grand-père. Le jardin de Versailles en long, en large et en travers. Les premiers jours de soleil et les collants qu’on laisse dans les armoires. Les récoltes d’automne et nos vieux grimoires. Le jour qui se lève sur un avenir plein d’espoir. Des photos d’école et des prénoms qui nous échappent. On aurait dû les noter. On pourrait les rechercher, les copains de long date, premiers témoins de cette grande aventure dont nous ne savons que dire.

On ouvre la malle les soirs de cafard, meilleur remède qu’un café noir. Ou à la demande générale quand on veut savoir qui on était, comment on a vécu, aimé aussi. Oui on l’aurait presque oublié sans ces âmes bien intentionnées. Aimer à en avoir le cœur broyé, à ne plus sentir ses muscles, à ne plus savoir les heures, à ne plus attendre que le bruit des pas dans l’escalier, à ne plus espérer que la chaleur de ses bras. Aimer à se dissoudre dans le tout des deux, à contempler le monde d’un nuage lointain, à se faire des promesses dans les creux incertains, à se confier nos détresses jusqu’au petit matin. Aimer à vouloir se fondre en l’autre. Aimer l’amour et aimer l’aimé. Aimer dans les draps nets vite froissés, dans les courbes des hanches qui se rejoignent et ne forment plus qu’une entité sacrée. Aimer à se mouvoir dans la fréquence de l’autre, à occulter les barrières sur le chemin, à se foutre des autres. Aimer à la folie, sans céder aux injonctions, fidèles à nos choix, sans cesser de se battre pour ce en quoi on croit. Aimer jusqu’à ne plus pouvoir tenir l’amour dans une définition, dans un cadre balisé. Aimer sans relâche, sans frontière, sans attache. Ça rassure ou pas.

Et puis on la referme. Non pas à double tour. On reviendra y puiser l’énergie débordante de tout ce qu’on a créé. On visitera à nouveau ces temps reculés, où tout nous semblait accessible, tout nous paraissait simple et limpide. La malle nous promet encore de beaux voyages. Il faudrait toute une vie pour les réaliser.

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Challenge Ecriture #28 (18.08.2020)

Le silence. C’est ce qui m’a le plus surprise en arrivant. Un silence sombre, profond, trop profond pour l’homme. Un silence de plomb qui annonçait pire. J’en avais couvert des conflits, des zones de guerre mais ce silence là, c’était la première fois. Les casques bleus étaient partis la semaine précédente, en 7 jours seulement le silence avait assis son pouvoir. Et le soleil brillait pourtant. Espoir dérisoire.

Je me disais toujours qu’il s’agissait de ma dernière mission. Ma sensibilité vieillissait mal. Je ne  remontais plus la pente comme avant. J’avais des envies de savourer la vie, tout en sachant au plus profond de moi que le terrain comptait plus que le reste. C’était là que j’étais la meilleure, que ma vie prenait tout son sens. Mon patron le savait. Tout le monde le savait et même si ma mère tremblait toujours autant quand je partais, elle était la première à me bousculer quand mes incertitudes prenaient trop de place.

Face au silence, nous ne pesions rien mon équipe et moi. Nous avancions, incertains. L’endroit semblait désert. Des frissons courraient partout sur mes bras, alors même que la terre brûlait les semelles de nos chaussures. Ça ne ressemblait pas aux enfers déjà vus. Je marchais comme une novice, avec le souvenir de mes premiers pas sur le terrain. Rien ne nous prépare à l’horreur. On ne s’endurcit pas, ce sont des foutaises, on apprend juste à se protéger, à s’enfermer dans une bulle pour pouvoir faire face à l’indicible.

La route, en ligne droite jusque là, tournait quelques mètres plus loin. Un pas, un seul, voilà ce que cela coûtait. Nous n’étions pas certains de pouvoir le faire. Nous suffoquions déjà dans cet endroit et le silence, encore, de plus en plus présent. Un silence comme une arme de pointe, prêt à nous écraser le cœur. Le mien cognait dans ma poitrine tellement fort que je pensais qu’il allait se briser.

Nos regards se sont croisés et nos pas se sont accordés. Il le fallait. Le silence a explosé, faisant voler le sable très haut dans le ciel. Devant nous, à perte de vue, des corps, dans tous les sens. Une marée humaine. Des corps d’hommes, d’enfants et de femmes. Des nouveaux-nés, des vieillards. Des morts sur des kilomètres. Des cadavres bouffés par les animaux. Des animaux aussi, ivres de sang. Je ne pouvais pas décoller mes yeux de cette fin du monde. Plus tard, il faudrait longer la route. Il faudrait s’arrêter, prendre des clichés, raconter, il faudrait faire face à la peur, s’attaquer au silence, le chasser de ces terres, il faudrait redonner un peu de dignité à ces corps nus, à ces ventres violés, à ces intimités dépecées.

Plus tard…

***

Aujourd’hui c’est le retour du challenge écriture! Je suis très contente de vous retrouver. Je tenais à vous dire qu’une nouvelle personne avait rejoint notre rendez-vous hebdomadaire, vous trouverez ses textes sur son blog – Happycultrice

Pour la semaine prochaine, on va recommencer léger, je vous propose d’écrire un texte à partir de cette citation de Coluche “Quand j’étais petit à la maison, le plus dur c’était la fin du mois… Surtout les trente derniers jours !”

Au plaisir de vous lire et belle semaine!

 

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Le va et vient des sentiments (réflexions sur l’amour)

J’ai retrouvé le grand lit et les draps enroulés autour des fragilités. On ne se refait pas. On reste ce qu’on est et on enlève les couches de ce que nous ne sommes pas. Les masques tombent en chemin et reste le vulnérable.

Elle a dit “on ne se remet jamais totalement d’un divorce” et quelque part elle a raison. Il y a toujours une petite cicatrice quelque part comme toutes les blessures de la vie. Même si c’était nécessaire, essentiel, vital, c’est toujours un deuil qu’on ne finit jamais vraiment de faire. Ou bien avec le temps, quand on a intégré que nos rêves ne sont que des chimères de papier. On en construit d’autres ou on les laisse passer.

Oui une cicatrice, une petite faille. On fait du mal sans le vouloir. Ce n’est pas entre deux, c’est entre tant. Les parents, les enfants. Mêmes les amis. Tout le monde reçoit sa dose de chagrin. C’est presque équitable.

C’est comme les séparations, les ruptures, les “je t’aime” qui ne portent plus très loin. Parfois il y a des garde-fous, des bases plus stables pour nous maintenir droit dans le chagrin. Parfois, on reprend tout à zéro, on repart de rien. On tient. On est comme ces aventuriers de l’extrême qui côtoient les hauteurs et s’aventurent sur ces ponts suspendus. Mieux vaut ne pas avoir peur du vide! On évolue comme on peut et on nous dit qu’il faut aller de l’avant. On ne fait que ça. On reconstruit tout pas à pas. Ils sont fort ceux pétris de bons conseils. Ils zappent les émotions ou bien reviennent aux fondations. Mais quand il n’y en a plus, quand tout s’est envolé, quand on reste seul avec le poids de ce qui ne sera pas, aller de l’avant c’est épuisant tant le sommet de la montagne semble inatteignable. Et si on y arrive, on se demande si on n’aura pas brûlé toutes nos cartes. On ne sait pas encore qu’au milieu de tout ça, la lumière lentement se faufile pour nous apparaître dans toute sa beauté quand on sera enfin prêt à ouvrir les yeux pour l’embrasser.

On se quitte en s’aimant, parce qu’on n’a pas su faire, dire, se dire, parler. Pour tout un tas de raisons qu’on ne saurait expliquer. Trop de certitudes ou de doutes. Trop de choix ou de non-choix. Au final, les creux pèsent davantage, c’est dommage. On a juste mal évaluer les choses, notre aptitude aux compromis. On n’a pas compris. Ou on reste en ne s’aimant plus parce que c’est plus facile. Peut-être. C’est mal fichu parfois la vie!

On s’isole ou on replonge, un peu vite, sans avoir guéri, sans avoir pris le temps des émotions, sans plage de solitude pour se retrouver. L’autre devient le pansement qu’on n’a pas pris le temps de trouver, en soi. Ou bien on choisit plus de facilité. L’amour liberté. Pas d’attache. Pas de projet. Pas de communauté. Pas d’attente. Juste ce qu’il faut de sentiments pour vivre le meilleur. Pas de quotidien. Beaucoup de mystère autour d’une histoire sans titre. Un abonnement entre parenthèses, juste l’essentiel. Parfois c’est doux. Parfois douloureux. On fait ce qu’on peut.

Tout le monde se demande un jour ou l’autre si ils/elle est doué pour aimer, s’aimer. La nuit surtout. Le jour, les fantômes se taisent, l’heure est à vivre. C’est quand les lumières s’éteignent que les maux reviennent nous bousculer. On ne pourra jamais tout comprendre ni tout expliquer. Alors pourquoi je m’escrime tant à essayer?

Et vous, vous en pensez quoi de tout ça?

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Posted in Carnets de route

Le droit de…

Crédit Pixabay

Se donner le droit de…
S’autoriser à…

Faire son / ses deuils
Exprimer ses émotions même et surtout celles qui dérangent
Se sentir moins bien certains jours
Aller au ralenti
Se faire confiance
Ecouter ce qui fait sens, pour soi
Lâcher le passé
Guérir
De ne plus savoir où on en est
Faire place nette
Changer de voie / voix
Faire des erreurs
Dire “non”
Se mettre en pause
Laisser les larmes couler
Etre vulnérable
Demander de l’aide
Parler avec ses guides
Prendre soin de soi
Ne plus être victime
Se regarder avec bienveillance
Croire en ses rêves et les réaliser
Aller à contre courant
Croire en son potentiel
Accueillir l’abondance
Envoyer valser les “on dit”
S’affirmer

La liste pourrait continuer encore et encore.
A vous de me dire ce que vous avez décidé de vous autoriser à faire/dire/créer/oser…

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L’épreuve de force #5

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L’oniromancie nous prédisait pourtant un avenir lumineux. Le rêve était magique, ton prénom d’or, nos destinées sacrées. Des foutaises mais qui m’ont maintenue en vie, tant que toi tu respirais encore. Ce n’était qu’un passage à vide, un de plus sur la longue liste des jours creux.

Rien ne sert de se s’épuiser en palabres. Rien ne sert à rien de toute manière. Puisque tu es parti. Un matin de juin, sans moi. Un matin ensoleillé, j’avais opté pour un peu de marche, histoire de profiter du calme de la ville. Un matin ordinaire dans une vie qui ne l’était plus depuis longtemps. J’avais croisé la misère, en descendant les marches qui menaient à l’hôpital et j’avais hâte de retrouver ton sourire, dans tes yeux. Tu ne parlais plus beaucoup. Fini les grandes conversations sur la vie, la mort, sur ce qu’il reste quand tout a été écrit, dit, chanté. Fini le temps où tu pouvais encore te lever pour esquisser avec moi quelques pas de danse sur le lino blanc, avant une séance de chimiothérapie qui allait t’esquinter. Tout ça n’aura servi qu’à t’abîmer un peu plus chaque jour. Si j’avais su, j’aurai fait tomber le mur froid et professionnel de tous ces soit-disant savants, qui ont pu mené à bien leurs tests et essais, sans se soucier de nous.

Je suis triste alors je dis n’importe quoi. Sans eux, nous n’aurions jamais espéré, j’aurai coulé depuis longtemps, je n’aurais pas pu te tenir la main, jusqu’au bout. J’ai choisi, en mon âme et conscience, ce rêve chimérique, pour ne pas voir la réalité en face. Elle était trop cruelle. Elle ne cessera jamais de l’être…

Ce texte est ma participations à l’atelier d’Olivia. Les mots étaient: liste, palabres, misère, mur, oniromancie, danse, chimérique

Posted in Tout un poème

Nos choix incohérents

Crédit Pixabay

On se crée des maux sans en avoir l’air
Imaginaire trompeur qui balaie les heures de plein
A coup d’incertitudes malsaines
De vulgaires grains de poussières qui
Comme dans nos maisons, deviennent moutons
Jusqu’à engloutir nos plus belles espérances

La confiance s’effrite et s’en vont les pensées
Dans un hémisphère où le pire est à portée

On s’invente des histoires à partir d’incohérences
On dessine des futurs aux allures
De cauchemars, on remet une couche de noir
On ajoute des peines aux jours de pluie
On se croit tout permis

On ne croit plus en rien
On se sent comme un naufragé
Un prisonnier, un condamné

Un travail de sape bien orchestré
Au millimètre, rien ne nous arrête
Il faut saigner pour exister

Sur l’horizon, pourtant, tout est si doux
L’existant, à envelopper de beau
L’azur et son parfum d’éternité
Tout ce qui n’est pas encore écrit
Tout ce qu’il reste à rêver

Alors pourquoi laissons-nous si facilement
Le négatif nous mener sur des routes obscures?
Pourquoi cédons nous à l’appel des profondeurs
Quand tout autour n’est que lumière?
Pourquoi lâchons nous notre coeur
Quand il ne demande qu’à vibrer?

Posted in O bonheur des sens, Tout un poème

Retour (à la source)

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Crédit Pixabay

On oubliera vite
Ce qui hier encore nous paraissait
Insensé
On se fondera dans un décor
La foule des grands jours
Destins frôlés
Baisers volés

On oubliera vite
Les premiers pas dans le vide
Immense

On oubliera
Jusqu’au souffle déposé
Tout deviendra presque habitude

Et alors la magie s’envolera
Sans un bruit
Elle glissera sur nos corps
Désormais endormis

On ne prendra plus le temps
De s’apprêter
De se découvrir
De se regarder jusqu’à tout deviner
Tout ira vite comme une urgence
Comme si demain allait nous voler
Ce que nous n’avons pas su vivre

Le désir sera une performance de fin de soirée
L’orgasme, l’unique aboutissement d’ébats
Vite emballés

On se sera perdus de vue
Au milieu de la foule des grands jours
Nus dans nos habits communs

Plus rien d’extraordinaire
Que du banal
Plus de tremblements
Que du déjà vu
Plus que du sexe pour le “fun”
C’est ce qu’ils disent
Plus de grandes déclarations
Qui font des nœuds au ventre
Et nous laissent, haletants,
Imprégnés d’un bonheur que nous savons fragile
Que nous chérissons comme un cadeau

On oubliera un jour
Les perles de pluie
Sur nos peaux transies
Les marques satinées
L’abandon
Le don

Il n’y aura plus que des cris
Pour dire le plaisir
Plus que des paroles
Quant il y avait des émotions
Plus que des hypothèses cruelles
Quand il y avait des étreintes
Qui valaient tous les mots de la terre

On oubliera le goût de nos peaux
La saveur des baisers
La fougue
L’audace
La complicité dans un regard
La séduction
Dentelles et bas de soie
La suggestion
Les mains qui caressent
Le temps suspendu
La passion
Les surprises
L’envie pressante
Qui ne se contient pas

Le temps se bloquera
Sur ce qu’on n’aura pas su retenir
A force de vouloir plus

Suspendus dans le vide
Nous aurons encore le choix
De revenir à ce qui compte
Plus que tout
Aux sens et à l’essentiel
A ce qui nous ressemble
A nous.

Posted in Challenge Ecriture

Challenge Ecriture #15 (22.04.2020)

C’était écrit noir sur blanc. Nélia sur la première page et puis. Et puis…

J’écris en pensant qu’il est temps peut-être que tu saches, d’où tu viens, qui tu es, pourquoi tu trembles le soir quand les lumières s’éteignent, pourquoi la lune est rouge, pourquoi les étoiles palissent au contact de tes larmes.

C’était un soir, un soir de printemps, avec une douce brise comme une invitation à se laisser porter par la vie. Nous regardions par la fenêtre les lumières de la ville. Nous étions bien. J’avais cette impression là. Puis j’ai senti sa bouche dans le creux de mon cou, j’ai frissonné. Juste un baiser. Puis j’ai senti ses mains autour de ma taille. Juste une accolade rapprochée. Puis ses mains se sont faites plus pressantes, elles se sont glissées sous mon pull et j’ai murmuré un “non”. Je me suis arrachée à son étreinte et je suis allée m’asseoir sur le fauteuil. Je lui ai dis que je ne voulais pas, pas maintenant, pas comme ça. Il m’a regardée, s’est approché et ses mains ont recommencé leur ballet intrusif. J’ai remué, j’ai dit “non” encore. Une fois, deux fois. Peut-être plus. Ses mains sont descendues, plus bas, encore et encore. Sa bouche aussi. Je ne voulais pas. Il disait “ne t’inquiète pas, je n’irai pas plus loin”. Pourtant il était déjà allé beaucoup trop loin à mon goût. Je me suis débattue, j’ai cogné avec mes jambes contre son torse. J’ai crié, je me suis levée et j’ai pris mes affaires. Les murs étaient aussi épais que du papier à cigarette, tout le monde pouvait tout entendre. Ce fut sûrement ma chance. Devant la porte, je me suis demandée si il allait ouvrir ou si il allait, contre elle, continuer ce qu’il avait commencé à faire. Je suis sortie dans la rue, mon coeur battait fort dans ma poitrine. Je courrais presque, comme pour lui échapper. Je courrais dans la nuit. Je courrais après mon ombre, loin de la sienne, loin de ce fauteuil, loin du contact de sa peau, loin de cette impression d’être passée à deux doigts du pire. Ce n’était pourtant que le début…

Je n’ai jamais vraiment su te parler de lui. Je n’ai jamais vraiment su te parler d’amour. Pourtant il y en a eu un peu, entre nous, assez au moins pour t’avoir, toi. Je n’ai jamais su te parler des hommes, je t’ai mise en garde souvent sans pouvoir te dire pourquoi. J’ai vécu ce que tant de femmes ont connu et connaîtront peut-être un jour, un “non” non entendu, un consentement ignoré, comme si nos voix ne portaient pas. Je t’écris pour que ma voix résonne, pour que tu ne portes plus le poids d’un passé qui ne t’appartient pas. Peut-être aussi pour que tu ne vives jamais cette humiliation-là.

Découvrez les autres participations ici: Le plan chez Mébul – My minds VisitCher P chez Manon

***

Pour mardi prochain (28 avril), j’ai pensé à un exercice un peu différent: décrire votre “journée rêvée” sous forme de recette de cuisine! A vos plumes et encore merci, je suis toujours heureuse de découvrir vos textes et idées.

 

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Un mois d’émotions…

Depuis plus d’un mois il y a eu des jours avec et des jours sans, des jours heureux, plein de fous rires, d’inattendu, des jours de doutes et de peines. Il y a eu des larmes et des cris, des sourires et des promesses, des matins calmes et des soirées folles. Il y a eu des chansons et des temps calmes, des crayons, de la peinture, des lignes d’écriture, des livres, des films, du temps à deux, des cabanes et des nuits, comme en camping. Il y a eu des repas de fête et des pique-nique improvisés.

Il y a eu des ras le bol qui ont pris toute la place, des angoisses qui ont refait surface, des vérités bien cachées qui sont revenues peupler les nuit, gâcher les jours. Il y a eu nos humeurs de saltimbanques du bonheur, nos états d’âme d’apothicaires, des expériences farfelus. Il y a eu du réussi, du raté, l’impression de ne pas savoir faire, de ne pas savoir être, de ne plus savoir où, quand, comment, pourquoi.

Il y a eu du silence et des maux. Et du silence sans maux. Du silence des profondeurs qui vient rappeler que tout est en ordre, que tout va bien, qu’il n’y a rien à faire de plus. Il y a eu du chahut, des chutes, des montagnes de questions, du temps, un temps infini, tantôt délicat, tantôt euphorique, un temps de nous deux, plus complices.

Il y a eu des “je n’aurais pas dû” et des réflexions en duo, un nouvel équilibre à sans cesse redéfinir. Il y a eu quelques projets, peu de temps pour soi, des prises de conscience, des envies d’autre chose. Il y a eu du partage, des moments auxquels les mots ne peuvent rendre justice. Il y a eu des émotions, des découvertes, des impressions d’être seule au monde, seule avec ses joies, seule avec ses détresses.

Il y a eu du chaos, des heures sombres, des minutes en équilibre. Il y a eu la brulure et la renaissance, le feu qui s’éteint et celui qui redonne vie

Il y a eu les jours et les nuits. Sans toi. Pas vraiment loin. Mais pas là. Il y a eu la routine, le déni, la peur et le manque, toujours, la douleur presque parfois de ces jours sans toi. Sans la chaleur de ton regard, sans le grain de ta peau, sans tout ce qui en toi apaise le moindre de mes sanglots. Il y a eu les jours où ton image même me fuyait, les nuits qui disaient “c’est fini”. Il y a eu les craintes qu’au final ce soit vrai, que tu ai choisi un autre chemin, une autre vérité, que ce temps près des tiens t’ai précipité dans une autre réalité.

Il y a eu cette angoisse de nos pas qui s’éloignent quand nos mains ne se touchent plus, que nos yeux se perdent de vue quand nos obligations nous lient à d’autres vies. Cette impression que peut-être tout pourrait s’arrêter là, dans cet espace sans filet de sécurité, dans cet entre-deux dépourvu de certitude. Il y a eu la peur de ne valoir que 4 minutes au compteur d’une journée qui n’en finit pas, de n’être qu’une parenthèse dans un quotidien bien rempli, une porte de sortie face à des responsabilités écrasantes, un passe-temps agréable sur le calendrier du temps qui passe.

Il y a eu les souvenirs et l’espérance, toujours, la certitude de l’amour et quelque chose de plus fort, de plus grand, le manque comme un trou noir et un tremplin pour retrouver l’essence même de ce qui nous tient, même loin, encore debout, toujours vivants.

 

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L’épreuve de force #4

Nous devenions, au gré de nos folles inspirations, tantôt musiciens, maniant le ukulélé à la perfection, tantôt auteurs fantasques. Les gens qui passaient devant la porte de ta chambre devaient nous prendre pour des hurluberlus. On s’en moquait. C’était si bon de te voir rire. Un rayon de soleil grandiose qui disait “merde” au bourbier dans lequel on s’enlisait à mesure des jours et de la logorrhée incompréhensible des médecins qui veillaient sur toi.

Tous les semaines, je t’amenais un panier rempli de douceurs, que du fait-maison, avec plein d’amour dedans, celui qui sauve de tout parait-il. J’oubliais de m’épiler, je ressemblais à un vieux singe sous mes vêtements, personne ne le voyait. L’important c’était toi. Je m’oubliais, on me le disait. Qui ne se serait pas oublié dans cette course contre la montre?

J’allais te perdre, je le savais et mon amour n’y changerait rien. Je te regardais dévorer ta purée, avec un plaisir non dissimulé . Puis tu t’arrêtais et tu me lançais un “dis maman, ça veut dire quoi “pastiche“? J’étais toujours surprise par tes questions et je marquais une pause avant de te répondre. Tu me tirais de ma rêverie. Je serais bien restée là encore un peu à t’étudier sous tous les angles, à faire le plein de toi, à contempler l’étendue de mon bonheur prêt à se faire la malle.

Ce texte est ma participation à l’atelier d’Olivia. Les mots imposés étaient: Hurluberlu -pastiche- s’enliser- épiler-logorrhée- fantasque-purée-soleil-ukulélé- panier

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Brèves de Confinement #1

Pour garder une trace…De ce temps, ce passage, de l’extérieur à l’intérieur. Temps de peur, de doute et temps de projets aussi. Ils se multiplient. Temps d’attente et temps de renouveau, le printemps est là comme un signe.

Lundi 16 mars:
Au réveil, nous ne savons pas encore vraiment ce qui nous attend. Hier, nous étions au marché, nous devisions avec les copains sur nos doutes à pouvoir gérer nos loulous, le télétravail, potentiellement nos conjoints, sans même pouvoir aller au restaurant ou au parc.
Le matin, je suis en congés, c’est quartier libre à la maison, nous jouons 2h à la pâte à modeler. Puis le bureau appelle, pour venir chercher ses dossiers, c’est aujourd’hui, à partir de mardi tout le monde en télétravail à 100%.
Je fais le trajet à pied, mon père vient garder loulou. Les rues sont désertes. La fatigue bien présente.
Nous nous couchons comme d’habitude, je tiens à ce que nous maintenions notre rythme, demain il faudra se mettre au travail donné par la maitresse!

Mardi 17 mars:
Premier jour de confinement
Pleine de bonnes résolutions,je me fais une séance yoga avant le réveil de loulou et un peu d’exercices de respiration. Je teste, toujours pas de chauffage. Je relance l’agence.
On aménage la table du salon, coin “télétravail” et un coin “classe à la maison”. Pas facile de s’improviser instit, surtout quand on a un réservoir de patience à la limite de la carence. Ni de gérer les urgences du bureau tout en jouant à la vendeuse de sandwichs en pâte à modeler.
Mais grosso modo la première journée se passe plutôt bien. On termine par une séance peinture.

Mercredi 18 mars:
On continue le travail qu’on n’a pas fait la veille, puis loulou joue pendant que je m’escrime à comprendre des tableaux excel. Je suis obligée de mettre mes lunettes, l’écran me flingue les yeux.
Toujours pas de chauffage, heureusement il fait beau. On ouvre grand les fenêtres pour profiter du soleil.
Loulou veut sortir jouer avec la petite voisine. Je me tâte, demande à la maman. Alors que je suis en call avec l’équipe, il revient à la charge toutes les deux minutes. C’est usant. J’ai beau lui dire que cet appel est important, que j’ai besoin de me concentrer, il continue son cirque.
Je le laisse filer, incertaine.
Les enfants jouent au ballon dans la cour, j’entends leurs rires, ça fait du bien.
La soirée est festive, on écoute de la musique en écossant les petits pois.

Jeudi 19 mars:
Mes bonnes résolutions sont tombées à l’eau, c’est tout juste si je prends le temps de respirer 5 minutes. Il faut dire que j’ai un bon mal de gorge et mes règles qui n’en finissent pas. J’accuse le coup.
Comme chaque matin depuis une semaine, on prend un vrai petit déjeuner, ensemble. C’est un moment qui me fait du bien.
Puis la petite voisine vient faire son travail à la maison. Les enfants rigolent et j’essaie de garder mon calme. Le matin, c’est maths et l’après-midi français. Puis jeu de ballon dehors. Je me pose de plus en plus de questions quant à ce temps qu’ils passent ensemble. En ces temps, je me demande quand même si c’est une bonne chose, pas seulement pour nous, mais pour eux, pour les autres. Les règles sont claires: chacun chez soi, mais je fais un blocage. Et l’angoisse monte, le grand trou noir. Je vacille, le sang coule abondamment. Je prends aussi conscience que j’ai besoin de me retrouver. Je suis heureuse que les amis de mon fils se sentent bien chez moi, mais j’ai l’impression depuis quelques mois de ne plus être chez moi justement, de ne plus avoir de temps calme, de continuellement gérer des broutilles de gamins, des cris, des conflits. Je suis à bout.

Je ne suis pas seule. Le son de sa voix au téléphone me fait du bien. Cela ne fait que quelques jours que nous sommes séparés et pourtant j’ai l’impression que cela fait très longtemps. Les jours n’ont pas la même densité quand on reste chez soi, qu’on ne sort pas. J’essaie de ne pas trop penser.

Vendredi 20 mars:
Jour de RTT obligatoire.
Je me remets doucement de ma nuit. Les cauchemars sont légions cette semaine. Pas étonnant!
Le matin c’est ravitaillement. Je laisse loulou à la maison devant un épisode de Thalassa. Il adore regarder les reportages sur la vie des marins pêcheurs! Il est bien le fils de son père!
Ensuite les enfants filent jouer. Et l’angoisse monte. Je décide de ne surtout pas appeler mes parents aujourd’hui. Leurs infos sont hyper anxiogènes. J’ai besoin de beau.
J’ai beau chercher autour tout est vide. Je perds pied. Je crie sur loulou. Je pleure. Je lui demande pardon. Je lui dis que je n’ai pas toutes les clés.
Je plonge. Je suis incapable de me raisonner.
Cette semaine j’ai enchainé les machines, j’ai passé un temps fou à faire la vaisselle, balayer, aspirer, désinfecter. Rassurer aussi. J’ai l’impression que la charge est trop lourde pour moi, une fois de plus. Je me sens tomber. Je me demande combien il me reste de Dafalgan dans ma boite. C’est pas assez. Puis je pense à loulou, je ne peux pas lui faire ça.
Allez je vais repasser. Les enfants jouent toute la journée. On verra le travail demain. Je n’en ai pas le courage de toute façon.
Le soir on regarde un film drôle. Demain est un autre jour!

Samedi 21 mars:
Je me lève encore un peu vasouillarde mais prête à donner un nouvel élan à ce confinement. Je ne vais pas me laisser abattre.
Loulou fait une petite grasse matinée. J’en profite pour écrire un peu. Je lâche les maux.
On met à plat nos idées pour que semaines et weekend se passent le mieux possible, chacun s’engageant à faire des efforts.
On bricole, on fait des expériences, on prépare à manger.
J’ai pris ma décision, loulou n’ira plus jouer avec sa copine. J’ai interrogé plusieurs personnes de mon entourage. Même si ce n’est pas dangereux pour nous, ça peut l’être pour d’autres. On s’organise autrement.
L’après-midi, je prends un peu de temps pour moi pendant que loulou termine son travail de la semaine.
Je mets de nouveaux histoires sur sa boite Lunii (les parents de jeunes enfants savent de quoi je parle). Soirée plateau-télé. A 20h on applaudit, on dit bonjour aux voisins. Et on file au lit.

Dimanche 22 mars:
Loulou se réveille avant moi.
Il fait gris. Les enfants se tapent la causette, elle en bas, lui à la maison. Au moins comme ça il ne se disputent pas!
On traine un peu en pyjama. On fait de nouvelles expériences.
On lit ensemble (enfin je lis et il écoute) le deuxième chapitre d’Harry Potter à l’école des sorciers. Puis il regarde la fin de la grande vadrouille pendant que j’envoie ma newsletter pour le blog.
On cuisine ensemble puis on profite que la cour soit libre pour aller se dégourdir les jambes.
Le weekend touche à sa fin, je vais mieux malgré un mal de crâne terrible. Je regarde Walk the Line. Ce mal de crâne me rappelle mon zona. L’intensité est extrême mais j’arrive à m’endormir. Je fais de drôles de rêves.

PS: et le carême continue, et ça devient de plus en plus difficile de résister à la tentation!!!

Bonne semaine à tous et à toutes! Prenez-soin de vous à tous les niveaux!

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Vague(s) émotionnelle(s)

Crédit Pixabay

Cet article est un peu spécial, mais j’ai vraiment besoin de l’écrire. Je sais, certains me diront qu’il faut être positif, que ça va passer, et tout le reste. Mais à l’instant T tous ces raisonnements me sont inaccessibles.

Je ne pensais jamais revivre ça. Me sentir aussi vulnérable. Cette semaine m’aura ramenée à ce qu’il y a au plus profond de moi, la faille invisible, effroyable, celle que je cache à grands renforts de mots et de sourires, celle que je choisis de ne pas voir, tellement le gouffre est profond, tellement la peur de ne pas en revenir, cette fois, est grande.

Les vagues d’émotions qui me submergent me laissent en pleurs sur le carrelage de ma cuisine. Je me sens vide de tout. Je me répète comme un mantra qu’il faut que je tienne le coup. Oui il le faut. Pour mon fils. Alors j’essaie de retrouver mon masque des jours heureux. Il ne tient pas bien en place. Je suis à cran, à bout, partagée entre l’envie de passer du temps avec lui, et soulagée quand il s’échappe pour aller jouer avec la petite voisine – au moins là je le sais en sécurité affective loin de mes cris. Il retrouve l’innocence de l’enfance.

J’oublie qu’il y a un virus qui traine. J’oublie que c’est dangereux. J’oublie le raisonnable. Non je me torture l’esprit, je m’épuise à me demander si…cet espace de liberté que nous nous / leurs offrons ne met pas en danger nos vies.

Le monde m’angoisse, j’ai coupé tous mes réseaux sociaux. Je n’y trouve que du vide. Je n’y comprends rien. Je ne sais pas ce qu’on peut faire, ne pas faire, comment se comporter avec les gens. Tous les conseils divergent. Est-ce bénin dans la plupart des cas? Ou est-ce grave? Certains disent que le virus vit longtemps sur les surfaces, quand il y a une semaine encore nous prenions les transports en commun et partagions le même bureau sans nous inquiéter davantage. Les premiers messages de personnes proches, collègues de travail touchés arrivent…

Je passe du rire aux larmes, du détachement à l’énervement.

Je me rends compte aussi que je viens de passer sept ans à m’oublier dans ma vie de famille, à n’être que celle qui fait à manger, nettoie, joue, console, câline, lave, celle qui s’épuise et n’a laissé aucune marge de manœuvre à son fils pour grandir, devenir plus indépendant.

Je sais que ce n’est qu’un passage, que demain ou après-demain certaines choses auront repris leur place habituelle. Je sais que je retrouverais en moi des forces insoupçonnées. Jusqu’à quand existeront-elles si jamais je ne les renouvèle? Pour avoir vu les dégâts de la dépression, j’espère ne pas en arriver là. Oui j’ai peur de ça aussi parfois.

C’est dans cet état de fragilité. d’inconstance, d’espérance aussi que je débute ce weekend à la maison. J’espère que lâcher les maux ici m’aura offert un peu d’apaisement.