Posted in Atelier écriture, Variations Littéraires

Ce droit fondamental…

Miloula se glisse sans bruit, se faufile dans la nuit, enfile une robe, ajuste un voile sur ses cheveux puis sort. Elle avance à pas feutrés, certaine que le bruit de ses chaussures pourrait éveiller quelques soupçons dans les rues désertes de son village. Elle s’arrête devant une porte, frappe deux coups, puis attend. Latifa, robe longue, voile assorti la rejoint, refermant derrière elle la porte, une paire de chaussures à la main. Elles sont en retard. Il va falloir courir un peu. Sans chaussures, c’est mieux. Elles sourient toutes les deux en se prenant la main. Elles se sentent libres l’espace d’un instant. Dans une heure, elles seront assises devant un pupitre et écouteront religieusement le maître d’école.

A la maison, leurs mères vaquent à leurs occupations habituelles. Elles préparent à manger, lavent, s’occupent des garçons avant de les laisser filer, servent leurs époux, avec le sourire. A leur âge, elles étaient mariées. A leur âge, elles supportaient déjà le poids des choix faits par d’autres, pour leur bien – c’est ce qu’on disait – pour le bien de la société – ce serait plus juste. Elles s’étaient occupées de leurs frères, de la maison, avaient soutenu leurs mères dans les tâches ingrates incombant aux femmes, jamais reconnues. A leur âge, leur corps avait déjà été souillé par un homme sans tact, un mari imposé, parfois violent, souvent gauche, inintéressant. A leur âge, l’école n’était pas une option. Une fille n’avait pas besoin d’apprendre. Une fille n’avait pas le droit, pas de droit. Elle était fille de son père avant de devenir épouse de son mari. Elle était la propriété d’un homme. Les hommes dirigeaient sa vie. Elle acceptait pour sa survie.

A la maison, ce matin-là, leurs mères inventent un énième mensonge, pour leur garantir quelques heures d’enseignement supplémentaire. Si elles peuvent avoir une vie différente de la leur, elles sont désormais prêtent à en payer le prix.

L’éducation, ce droit fondamental…

La vie, ce droit universel…

« L’éducation des filles est le meilleur outil de développement qui soit. » Kofi ANAN

« L’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le Monde. »Nelson MANDELA

Ce texte a été écrit dans le cadre des Cat’s Hours, rendez-vous organisé par Catwoman, en soutien à l’association KMG Ethiopia qui lutte activement pour les droits des femmes dans le Monde. Pour tout savoir sur les participations c’est par ICI. Et pour les dons, par LA. Vous pouvez également commander des confitures auprès de Catwoman dont les bénéfices seront reversés à l’association (je ne peux que vous le conseiller, elles sont EXTRA!)