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Brèves de Confinement #2

Ce petit état des lieux hebdomadaire me donne l’occasion de revenir quelques instants sur mon blog pour échanger avec vous. Je dois dire que je vis ce confinement un peu hors du temps et que parfois j’ai même du mal à me souvenir que dehors les drames s’enchainent…

Lundi 23  mars

Mon ras le bol de la semaine dernière et l’expression de mes ressentis auront été bénéfiques. Loulou prend de nouvelles marques, se réveille seul, s’habille seul, ouvre ses volets, prend des initiatives. La matinée en télétravail se passe bien, loulou papote avec sa petite copine en bas, lui apprend les bases du foot. Nous profitons de la petite cour de l’immeuble pour faire quelques passes entre midi et deux et au gouter. Ma collègue me prévient que les choses vont changer et que le chômage partiel nous attend au tournant…

Mardi 24 mars

Je persévère dans ma pratique quotidienne de yoga et de méditation. C’est parfait pour commencer la journée du bon pied. Aujourd’hui on nous annonce la mise en place du chômage partiel. Il nous faut aussi liquider RTT et congés. Les semaines à venir vont être light! En même temps je ne me plains pas, j’ai plein de projets en attente. Loulou a de plus en plus de mal à se mettre au travail, je perds vite, très vite patience. Du coup, on essaie de trouver des activités plus ludiques. Ce jour là il s’attaque à un tableau de Picasso. Il fait aussi quelques exercices sur une plateforme en ligne mise en place par la maitresse. Je me sens beaucoup plus détendue, même si je n’ai pas une minute pour souffler. J’évite au maximum les réseaux et les informations.

Mercredi 25 mars

C’est la journée des enfants, donc pas ou peu de travail pour Loulou. Je tiens tout de même à ce qu’il lise tous les jours. On fait des expériences le matin, toutes ratées. On se marre bien. Puis il va papoter avec sa copine et je bosse, enfin j’essaie! Le soir, on se défoule sur Jean Jacques Goldman – j’avoue Jean Ferrat, je saturais. Une fois loulou au lit, j’arrive même à ouvrir un nouveau livre, le premier en 10 jours! C’est la fête!

Jeudi 26 mars

Jour de congés. On en profite pour reprendre le chemin des expériences et cette fois nous les réussissons. Il y a plein de couleurs dans notre cuisine. Il est plus que l’heure de se mettre au travail, nous commençons par les mathématiques, la matière de prédilection de loulou. Je réponds à quelques mail en attente. Le soleil brille alors nous faisons durer la pause sport. Puis place au français et là ça part direct en cacahuète. La salle de bain est mon nouveau terrain anti-stress, c’est la seule pièce qui a un verrou! Purée, je n’ai vraiment aucune patience. On s’y remet avec plus d’enthousiasme et je redouble d’efforts pour rester zen. Loulou termine son dessin sur les planètes puis je le laisse regarder une niaiserie, le temps pour moi de m’attaquer à du tri et du ménage. On dit toujours que le matériel c’est accessoire. Peut-être mais prendre soin de son chez soi c’est aussi prendre soin de soi!

Vendredi 27 mars

En plus du yoga et de la méditation, j’arrive à écrire un peu dans mon journal. C’est bien le seul endroit dans lequel les mots ne s’échappent pas en ce moment. On se met au travail de bonne heure et loulou n’est pas plus motivé que ça encore une fois. On y arrive tant bien que mal. C’est étrange mais, à l’heure où tout le monde parle du manque de contact, je ressens tout le contraire. J’apprécie de ne pas avoir à faire ceci ou cela, ne pas me sentir obligée de sortir, d’aller au parc ou ailleurs. Je me sens bien, chez moi, avec loulou – cette période nous aura vraiment rapprochés et nous aura aussi obligés à être plus indépendants, nous aura appris à laisser l’autre respirer un peu plus!

Samedi 28 mars

Troisième jour de weekend et qui dit weekend pour tous les deux, dit détente. On traine. On fait des pancakes, d’autres expériences, deux heures de foot (en short!) et autres entrainements, des mandalas avec des bouchons en plastique, un peu de dessin et de coloriage. On danse, loulou fait le zouave, on rigole. Je lâche un peu plus mon téléphone, je m’y suis engagée! Une journée bien chargée qui se termine par une soirée devant Tom & Jerry. Le soir, je continue de lui lire Harry Potter. Moi je suis claquée, bien entendue, mais heureuse aussi de tous les instants partagés. Je me détache pas à pas du superflu. Je ne m’oblige à rien et ça me fait du bien.

Dimanche 29 mars

Matin patouille et nettoyage du frigo. Après-midi sport, il y a quelques rayons agréables. Un peu de lecture et un petit DVD qui me laisse le temps de venir écrire ici.

Allez dites moi tout, comment s’est passée votre semaine? Comment allez-vous? Comment gérez-vous? 

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On ne va pas en faire tout un plat…

Crédit Pixabay

Justement non.

L’idée première de cet article a cédé sa place. J’ai bien trop écrit sur cette histoire, sur les maux, sur le silence, sur tout ce qui déconstruit et empêche même de respirer, sur la colère, la peur (là on peut vraiment la nommer parce que le danger est bel et bien réel).
Beaucoup écrit sur ce qui n’avait aucun sens.

Comme le dit si justement Sand dans un de ses article: Ne pas oublier qu’il n’est pas ” les autres “.
Ça coule de source. Et pourtant ce n’est pas toujours si évident surtout quand un petit quelque chose vient raviver la flamme des mauvais souvenirs.
Il est naïf de penser que nous pouvons les faire disparaitre. Ils existent. Par contre nous pouvons à chaque instant leur dire “non”. C’est notre seul pouvoir, de les empêcher de venir perturber notre présent. Ces souvenirs n’ont rien de bon à nous apporter.

Il faut bien avouer qu’au départ c’est troublant, quelqu’un qui s’intéresse à vous et qui vous trouve aussi assez intéressant(e) pour avoir envie d’être avec vous. C’est presque incongru. Généralement vous vous touchez cinquante fois dans la journée pour vous assurez que c’est bien vrai, que c’est bien vous et que l’autre existe et qu’il n’a pas du tout l’air de faire ça par dévotion ou avec l’intention de vous “posséder”.
Oui comme on possède une table, un canapé. Un objet du décor quoi!

Il a l’air très bien, même épanoui. Et même vous, vous vous sentez bien. Plus besoin de faire semblant. Vous pouvez vous exprimer sans crainte que cela explose, vous pouvez avoir des envies, dire oui, dire non. Vous vous sentez en phase et vous intégrez que vous avez même le droit de ne pas être d’accord et que cela ne va pas changer la profondeur de vos sentiments. Vous découvrez la vie sans cri, sans silences, sans portes qui claquent, sans cette impression de toujours être à côte de la plaque, sans cette sensation de ne jamais être assez.

Je crois qu’il faut du temps pour se réapproprier son corps, son identité, sa valeur. Et de la volonté pour ne plus laisser le passé l’emporter. Il est, bien heureusement, derrière nous et moins nous nous intéresserons à lui, plus son énergie diminuera. Ce qui implique qu’au préalable nous ayons bien entendu travaillé dessus, que nous l’ayons compris et intégré. Sinon c’est juste reculer pour mieux sauter!

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Les États d’Esprit du Samedi 08.02.2020

@Mk

Et oui cette semaine ce sera les Etats d’Esprit du samedi! Il faut varier les plaisirs de temps en temps. Avec toutefois, comme toujours, une pensée  pour les fondateurs (Zenopia et The Postman).

Début [08h51]

Photo: en souvenir d’une personne partie…
Fatigue :  légère
Humeur : pleinement heureuse
Estomac: ricorée, viennoise nature
Esprit: enthousiaste
Cond. phys. : pas grand chose
Projet/Boulot: semaine chargée et je suis aux anges
Culture:
Livres:  Un très grand amour de F-O Giesbert et Mornings in Jenin de Susan Abulhawa
Films: Belle et Sébastien 3 – Cars 3 – l’union sacrée

Penser à:  opération cadeaux!
Avis perso (1): une journée off pour profiter de temps pour soi et de ceux qui comptent ça n’a pas de prix
Avis perso (2): 3 viennoiseries tous les matins, c’est beaucoup trop…
Avis perso (3): les voisins sont des gens à part!

Message perso (1) délicieux! (2) merci pour tous vos superbes textes (3) si heureuse pour toi! (4) on va enfin pouvoir passer du temps ensemble sans trop compter les heures (5) j’en partagerais d’autres…

Loulou: en vacances, a mieux aimé la piscine, a toujours un ballon à portée de pied, aura 7 ans dans moins d’une semaine
Amitiés : organisation de vacances en cours…
Love : enfin du temps ensemble (de qualité et savoureux)
Sorties : mémé, ciné, cadeaux…
Essentiel: prendre le temps, vivre
Courses: cadeaux et cartes
Envie de: réfléchir à mon projet de vie
Zic: la jolie chanson chantée par loulou cette semaine

Fin [09h06]

Très très bon weekend à vous et bonnes vacances pour les chanceux!

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Réflexions sur l’amour qui vient, s’en va, dure ou pas

Crédit Pixabay

Ma mère est très certainement la seule à croire que je me remarierais un jour. Ça la rassure, pourtant on ne peut pas dire que les mariages heureux crèvent l’écran. On assiste plus souvent à des fractures. Et celles-ci laissent un goût amer en bouche, qu’on soit touché de près, de loin. Mais la fin ne frappe pas seulement les couples mariés, elle touche tous ceux qui un jour ont parié sur l’amour, sans savoir si il allait durer, un peu, beaucoup, à la folie…

Je me demande souvent comment – comment l’amour est là un jour. Puis un matin, plus rien. Le vide et l’annonce – pas toujours faite mais le silence dit très bien aussi ces choses là, à la différence près qu’il ne laisse aucun choix – “c’est fini” ou un truc comme ça.

Que s’est-il passé dans la nuit pour que les sentiments se fassent la belle, sans prévenir?
Est-ce que c’est juste une fuite lente qu’on n’a pas voulu voir venir?
Est-ce qu’on le savait mais qu’on a laissé les mots se perdre en pensant pouvoir rattraper le temps perdu?

Est-ce que c’est une lubie, celle d’un instant, une envie d’autre chose qui d’un coup nous prend aux tripes, une folie nullement préméditée?
Ou bien quelque chose qui nous pesait déjà depuis longtemps sans qu’on puisse articuler quoique ce soit, sans qu’on puisse dire pourquoi? En se disant peut-être que le mal être passerait?

Je ne connais pas de séparation à l’amiable. Il y en a sûrement, comme les divorces par consentement mutuel. Quand les deux parties ne s’aiment plus à la même heure, au même endroit. C’est un peu l’idéal, comme mourir dans son sommeil. Dans les deux cas, on ne choisit pas.

Comment l’amour vient? Et comment il part?
Pourquoi dure t-il pour certains toute la vie? Et pour d’autres, quelques années, mois, semaines?
Est-il qu’il y a une recette, comme une formule magique qu’on glisse dans les gâteaux pour les rendre plus gouteux?
Est-ce qu’il suffit d’y croire? Ou bien est-ce que c’est un peu comme le reste, une grande loterie, une autre injustice?

Beaucoup de ces questions n’ont aucune réponse, elles ne sont qu’éternels points d’interrogation dans le lit du temps. Peut-être que seule la vie détient des fragments de réponses. Mais alors il faut oser se lancer dans une aventure dont on ne sait rien, qui ne nous promet rien, qui peut nous filer entre les doigts à chaque instant. Il faut être prêt à saisir ce qui se présente, le beau, les étincelles, la chance, tout en ayant aucune certitude. Juste pour la passion d’être vivant et libre, à deux.

Vous posez-vous ces questions? Ou pas du tout? Avez-vous quelques réponses à m’offrir?

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L’énergie du beau

On était là. On ne l’est plus. La vie a repris des couleurs et on a délaissé ce petit coin douillet, les rencontres, les mots qui nous ont soutenu pendant les heures creuses, les trous noirs. On dit que le bonheur ne s’écrit pas alors on n’écrit plus. Plus rien. On s’échappe pour soit-disant vivre pleinement l’instant. On s’absente. Souvent sans rien dire. On est dans un bonheur exclusif, quelque chose qu’on garde pour soi, qu’on ne partage pas.

Et puis on revient au premier coup un peu trop rude. On déverse sur la toile l’amertume, le chagrin. On vient chercher le réconfort ou autre chose. On pose les maux après des semaines, des mois de silence. On vide le trop plein.

On n’est pas seul(e). Ils sont nombreux à revenir, à l’heure de la rupture, du deuil, à l’heure des regrets, de la trahison, à l’heure où les aiguilles restent figées sur une heure grave, une révolte sourde, une colère qui froisse et anéantit tout.

Du bonheur, il ne reste rien. Pas une phrase, ni quelques images. Non, on pensait qu’il était invincible, que l’amour était indestructible. On se croyait plus forts que les autres. Alors on n’a rien gravé. On a gardé tout sous scellé. Par pudeur parait-il. Pour conserver une part d’intime. Toutes les excuses sont bonnes.

Je ne comprends pas ce travers de l’humain à partager beaucoup le moins et peu le meilleur. Nous nous révoltons contre les nouvelles du journal de 20h, toutes plus déprimantes les unes que les autres mais nous ne valons pas mieux. Nous restons concentrés sur l’idée que le malheur fait vendre, le sang a de l’avenir. Pour les belles choses, il faudra repasser, il n’y a personne au numéro demandé.
On préférera les parcours chaotiques, les témoignages dramatiques, les histoires d’amour qui finissent mal, qui font mal.
On passera sous silence les sentiments qui nous portent, nos plus beaux projets, nos rêves un peu fous, les étincelles qui naissent dans nos yeux au contact de l’autre, l’amour, l’ami. De nos rencontres on ne notera que la fin, fulgurante et les larmes. De nos chemins de vie, on ne relira que les coups de blues et les creux de vague.
Nos victoires, nos coups de cœur, l’émerveillement des premières fois, l’enthousiasme des premiers pas s’envoleraient presque au premier coup de tonnerre.

Je me demande encore parfois pourquoi.
Mais comme un pourquoi n’y change rien, comme nous ne sommes pas tous les mêmes, moi je préfère tout noter, tout écrire pour que rien ne se perde du beau de la vie. Pour que cette énergie là ai plus de poids, il faut que nous soyons plus nombreux à la partager.

Nous ne sommes pas la somme de ces coups durs qui nous touchent, mais une palette bien plus colorée. Il ne tient qu’à nous de la faire exister.

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Une nuit en suspens

Je regardais le givre sur les pare-brises des voitures, en t’attendant, comme une couverture qu’on aurait déposé là, avant l’aube. Un rembourrage pour le moins original, j’avais de ces idées.
Tu m’avais proposé un florilège de destinations, campagne, ville, forêt même je crois.  J’avais opté pour Cabourg.
Un vieux souvenir dans mes bagages ou l’appel de la mer. Peut-être même Proust si cher à mon cœur.
Ma madeleine à moi c’était le sable blond, l’air iodé, l’irrésistible tentation de nos pieds nus dans l’eau glacée, le vertige de nos mains qui ne se lâchent pas ou alors juste le temps d’un cliché. La tendresse d’un foyer pour une nuit hors du temps, qui aurait ce goût sublime d’éternité.
Un instant en suspens, loin des avis déstabilisants de ceux qui jugeaient nos sentiments, du haut de leurs vies, soit disant bien rangées, qui si on creusait un peu laissaient apparaître bien des tourments. Je crois qu’ils étaient jaloux!

Ce texte a été écrit dans le cadre de l’atelier d’écriture d’Olivia. Les mots imposés étaient: proposer – rembourrage – givre – Cabourg (facultatif vu qu’il s’agit d’un nom propre) – irrésistible – déstabiliser – foyer – tendresse – éternité

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Confessions d’une ex-dépendante affective

 

Un jour il a fallut se rendre à l’évidence. Ce n’était pas de l’amour. Tout le monde disait que l’amour ça transporte, ça donne des ailes, ça vous pince le cœur tout en vous enveloppant de bonheur. Il y avait un problème, sévère.

Mes relations amoureuses n’ont jamais été ce chemin pavé de fleurs, en plein soleil. Parfois un peu au début quand même. Mais dès les premières heures j’étais déjà quelqu’un d’autre. Mes amours ont toujours été des relations dans lesquelles je me sentais investie d’une mission, sauver l’autre. A plonger. A me perdre

Vivre de l’autre, vivre par l’autre, me nourrir de ce lien, jusqu’à ne plus savoir respirer seule. M’enivrer d’une présence jusqu’à ne plus exister. Attendre une reconnaissance et pleurer en silence. Mes amours furent torturés, quelques hauts et des plongeons dans le vide à couper le souffle, à apprivoiser le cœur complètement vrillé.
Sans l’autre, je n’étais rien. Ce besoin quasi-permanent de sa présence était ma drogue, mon passeport pour un nouveau jour jour. J’avais comme besoin de son accord pour m’autoriser à être. (mal-être!)
Des années à couler pour un regard, un sourire, un “je t’aime”. Une demande vue comme une agression. Des années à me métamorphoser pour devenir quelqu’un d’autre, quelqu’un d’indispensable qui aurait des égards, qu’on estimerait un peu. Un peu plus.

La peur obsessionnelle que l’autre parte, qu’il soit blessé par un mot, un geste et décide de pendre la tangente. La crainte maladive qu’il en choisisse une autre, mieux forcément.

Des années de souffrance à deux, avec cette impression de n’être rien, de ne valoir rien. Dans une définition de soi qui dépendait toujours de ce que l’autre pensait, de comment l’autre voyait les choses.
Des années sans projet, sans envie, si ce n’est que le quotidien prenne quelques couleurs. Quitte à faire encore plus semblant, à dire “oui” en pensant “non”, à ne pas se respecter, quitte à passer sur les manques, les manquements. Quitte à en faire toujours plus, à faire passer le bien être de l’autre avant le sien, quitte à s’aplatir, à s’excuser tout le temps, à faire attention, à ne pas brusquer, à ravaler sa tristesse, sa peine, à sous-évaluer ses besoins.

Dans mes premières relations, les sentiments étaient partagés, mal exprimés mais présents. Dans la dernière, la manipulation et l’emprise ont transformé ma vie en enfer.

Un jour j’ai compris. Et j’ai entrepris un long travail pour m’affranchir de cette addiction nocive, qui me prenait tout, qui me vidait de ma substance, qui m’enfermait vivante dans une relation à l’autre destructrice.
J’ai connu la dépendance en amour. Et en amitié aussi.
J’ai lutté contre mes démons, je me suis fait aider.
J’ai appris à me regarder dans un miroir, loin du regard de l’autre.
J’ai appris que seule, j’avais de la valeur, que l’autre ne me définissait pas, que l’autre n’était pas un indispensable à mon bien-être et mon épanouissement.
J’ai appris à me faire confiance, un peu plus, à m’estimer assez pour savoir dire “non”.
J’ai appris que mes ressentis, mes émotions avaient de l’importance et surtout qu’on ne pouvait sauver personne, qu’une relation qui débute pour cette raison est bien souvent vouée à l’échec.

Le problème, comme avec toute dépendance, ce sont les risques de rechute. Et la peur surtout de retomber dans des travers douloureux. Je crois qu’il faut en avoir conscience? rester à l’écoute de son intuition, de ce qui passe par l’esprit, le corps. Plus on le fait plus on comprend son fonctionnement, sa personnalité et ce qui cause une plus grande vulnérabilité dans telle circonstance, face à tel évènement.

On en guérit, je vous rassure. Et c’est une belle victoire quand vous pouvez enfin être vous-même dans une relation à l’autre, quand l’amour devient enfin cette fantastique expérience à deux, cette aventure qui se construit au jour le jour, dans un face à face sain, quand il n’y a rien à prouver et qu’un regard loin de vous torturer vous rend tout simplement heureux, de faire ce chemin main dans la main.

Posted in Carnets de route

L’écriture, cet acte thérapeutique!

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Nous n’écrirons pas tous des chefs d’œuvre, nous ne serons pas tous publiés, nos mots ne trôneront pas tous sur l’étagère d’une librairie ou d’une bibliothèque. Mais nous pouvons tous mettre un mot après l’autre, laissez nos cœurs se libérer sur le papier, laisser les mots nous guérir. En profondeur.

Nous n’avons alors pas besoin d’un plan précis, il nous suffit juste d’oser, d’oser nous lancer pour évacuer ce qui nous touche, ce qui nous fait faillir, ce qui nous empêche d’avancer, d’exister. Ça pourra prendre différents formes. Il n’y pas de modèle, pas de cadre à respecter, ce sera spontané.

Parfois nos souvenirs sont trop lourds à porter, nos émotions trop fortes à supporter. Parfois nous ne savons plus où nous en sommes. Certains choix parfois sont nécessaires. Et notre esprit se perd entre doutes, envies, contradictions, interrogations. Où en sommes nous? Qui sommes nous?

L’écrit nous offre de lâcher prise, de tout lâcher. Nous n’avons plus à paraitre, à donner le change. Nous n’avons plus à faire attention à nos mots, nos pensées pour ne pas blesser l’autre. Là dans cet instant. Les mots nous invitent au partage de ce qui ne peut être dit de vive voix, ce que nous n’arrivons pas à articuler.

Vous ne savez pas par où commencer?
Rien de plus simple, un crayon, du papier et quelques minutes de calme. Allez-y. Laissez les mots couler. Peut-être que ça restera superficiel, peut-être que vous accoucherez d’un texte auquel vous n’avez pas pensé. Peut-être que ça viendra réveiller autre chose en vous. Et il faudra laisser couler l’encre encore un peu.

Écrire les souvenirs m’a permis de les digérer, de comprendre, de pardonner, d’avancer.
Écrire le présent me permet de mieux accepter mes émotions, de les accueillir puis de les laisser partir.
Écrire les maux pour mieux vivre.
Écrire le beau aussi, la joie intense, les sourires sublimes.
Écrire ce qui me tord les boyaux, ce que je tente de retenir mais qui finit par peser trop lourd.
Écrire la joie et le chagrin.
Écrire ce qui nous chamboule, ce qui nous fascine, ce qui nous fracture.
Écrire pour choisir.
Écrire face à toutes ces montagnes qui nous semblent impossibles à gravir, l’avenir qui nous impossible à construire.
Écrire tout ce qui nous échappe…

Et vous, l’écriture thérapeutique ça vous parle? Vous pratiquez?

Posted in O bonheur des sens, Variations Littéraires

Jour de neige

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La nuit avait accueilli puis laissé partir un visiteur surprise. De la fenêtre, on distinguait au loin l’herbe au manteau blanc immaculé. Le silence imposait sa présence. Elsa s’en délectait, elle dont les jours n’étaient que cris et coups. Elle ne voulait pas encore penser à la journée qui allait suivre, à son travail, ces enfants en mal de repères qui transformaient parfois son quotidien en enfer. Bien sûr certains jours les victoires l’emportaient, ils se faisaient rares, les enfants arrivaient dans son service de plus en plus abîmés, meurtris. Il ne lui fallait pas longtemps pour imaginer le pire.

Elle ouvrit la fenêtre, souhaitant sentir la fraicheur du matin. Elle la cueillit d’un coup, s’infiltra sous son chandail, vint ébranler la chaleur de sa peau, encore riche de l’étreinte nocturne.

Elsa respira à pleins poumons puis sentit deux bras entourant sa poitrine, une barbe de quelques jours s’engouffrant dans le creux de son cou. Elle résisterait encore un peu, laissant le temps à ces bras, à cette bouche de s’imprégner de son parfum. Elle aimait ce moment où elle savait la suite, tout en se donnant le temps de ne rien précipiter. Ils faisaient l’amour le soir. Et le matin. Pas toujours dans cet ordre. Pas toujours d’ailleurs. Il lui arrivait souvent de le regarder, dans la clarté du début du jour ou dans l’ombre de la nuit qui s’installe. Elle aimait la liberté de son absence dans ces moments de contemplation où la vie lui paraissait d’un coup simple et légère.

Il n’y avait que lui qui pouvait lui faire oublier le reste, la dureté des jours d’errance. Sa façon d’être, d’agir, de saisir ses envies, de tenir les rênes du jeu de leurs ébats, quel qu’ils soient. Tantôt  crus, tantôt tendres. Passionnés sans cesse. Mais d’une passion dont les degrés variaient en fonction de ce que le corps attendait. On aurait pu penser que depuis toutes ces années, leurs gestes n’étaient que répétition, comme une pièce de théâtre apprise par cœur, qui fait carton plein tous les soirs de la semaine. Au contraire, c’était chaque fois une découverte, une entrée dans un espace à apprivoiser, des saveurs différentes, des partitions à écrire à partir de rien. Le temps n’avait pas de prise sur le charnel. Et quand tout foutait le camp ailleurs, ils savaient que dans cet espace là, ils se retrouveraient, sans mots, puis que les mots viendraient, épurés, juste l’essentiel.

Elle posa ses bras sur les siens, fit basculer sa tête, pour qu’il s’écrase encore davantage dans le creux de ses épaules. Elle respira profondément et son souffle dessina une figure  sur la vitre du salon, qui ressemblait vaguement à des draps froissés…

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2020 à la hauteur de vos plus belles espérances!

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Revenir, ce passage délicat. L’arrivée de 2020 m’offre une opportunité que je saisis sans peine.

En faisant un come-back nécessaire sur l’année 2019, que j’ai trouvé assez difficile, vers la fin mais pas que, je me suis souvenue de ce jour de mai – elle avait un visage qui me faisait penser au printemps, aux bourgeons qui s’ouvrent laissant les fleurs doucement s’épanouir – ce jour de mai qui l’a emporté loin, très loin, loin des siens, loin de la vie, à la mort qui a éclaboussé le début de cette saison de renaissance.

Face à ce qui s’en va, on se dit souvent qu’on sera plus, plus présent, plus vivant, qu’on sera plus à soi, aux autres, qu’on ne laissera plus le temps nous filer entre les doigts, que c’est aujourd’hui le vivant. Mais ça ne dure pas. Parce qu’on croit qu’en oubliant la mort on peut s’en sortir sans blessure. C’est faux. On ne fait qu’enterrer nos maux au lieu de les prendre à bras le corps. On avance sur un brasier prêt à s’embraser à chaque instant.

Le temps n’est pas à ce que nous avons manqué de voir mais bien à ce que nous avons appris, compris. En miroir avec le premier message reçu ce jour venant d’une personne qui compte énormément et qui comme moi n’arrive pas souvent à énoncer ses sentiments, je vous souhaite pour 2020:

De dire les choses, d’écrire, de chanter, de danser les mots et de laisser s’échapper ce qui vous semble faux.
De vibrer, de ressentir, d’oser, de rayonner, de lâcher ce qui vous incommode, vous chagrine, de laisser passer le spleen.
De guérir, de panser vos plaies, de vous laisser le temps, d’intégrer vos apprentissages.
De profiter de ceux qui comptent, de les accepter dans leur tout, de les laisser être tout simplement.
De regarder le monde avec des yeux avides de découvertes, de voir le beau même et surtout dans les moments les plus ordinaires.
De prendre soin de vos pensées, de votre parole, de la seule chose qui vous appartient sur cette terre: votre corps.
De vous souvenir dans les creux de vague que chaque jour est un nouveau départ, que vos “mauvais” choix ne vous définissent pas, que les échecs sont porteurs de lumière, aussi.
De vous occuper de vous, de poser votre regard sur l’autre à côté, pas un regard d’habitude, un regard qui va au-delà, qui va toucher au plus profond – c’est là que nous sommes tous liés.
De partager vos talents, votre lumière, votre sensibilité avec le plus grand nombre.
De vous révolter si vous le jugez nécessaire mais d’agir surtout, d’agir dans le sens qui correspond à vos aspirations les plus profondes, à vos rêves les plus fous.
De dessiner demain, de rêver grand et fort, d’avoir confiance, en vous, en l’autre, en la vie.
De rire aux éclats, beaucoup, de vous autoriser à pleurer, à avoir de la peine, à ne plus savoir qu’en faire.
De rebondir, de renouer le dialogue avec l’intérieur de vous.
De revenir des profondeurs les plus sombres.
De faire face à vos peurs les plus tenaces.
De briser les chaines qui vous lient à une histoire qui ne vous appartient pas.
D’envoyer valser les limites qui vous pèsent.
De ne vous limiter dans rien, de tout vivre et entreprendre avec une passion débordante.
De faire fi de toutes ces lois du silence qui nous tiennent éloignés de ce qui est le cœur de notre existence.
De vous connaître mieux de jour en jour, d’apprendre à vous aimer sans condition, d’apprendre à aimer l’autre de la même manière.
D’être. Essentiellement. D’être qui vous êtes. Et d’en être fier.

Que cette année, que cette décennie même, soit à la hauteur de vos plus belles espérances!

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Ça se passe de commentaires!

Ça se passe de commentaires
Cette liste de travers
Ces mots parachutés
Sur le pavé mouillé

Des ombres humaines déambulent
Quand les influenceurs véhiculent
Des idées toutes faites
Dans nos jolies petites têtes

Ça se passe de commentaires
Ces certitudes à l’envers
Que les exploiteurs sont les sages
Les exploités, ça dégage

L’insipide café du lundi matin
Nous prend gentiment par la main
Un modèle de plus à honorer
Une énième obligation à respecter

Dans la bousculade des jours d’affluence
On oublie la douce harmonie des dimanches
Ces jours de folie singulière
Dans lesquels, joyeusement, on se perd

Ça se passe de commentaires
Le bonheur que l’on serre
Comme des saltimbanques épris de liberté
On ne les laissera pas nous modeler!

Ce texte est ma participation à l’atelier d’écriture d’Olivia. Les mots imposés étaient: influenceur – modeler – insipide – saltimbanque – ombre – harmonie – bousculade – mouiller – se perdre – exploiteur – certitude – folie

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Novembre s’en va…

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Les derniers jours de Novembre glissent sans bruit, dans la danse merveilleuse de feuilles d’or dans le vent, comme une neige lumineuse qui descendrait sur la ville et sèmerait dans le cœur des fragments d’étoiles filantes. Faites un vœu…

Novembre, du noir au gris au bleu du ciel, rayons de soleil sur nos peaux, comme un reste d’été qui nous rappellerait le doux temps de la saison passée. Les jours maussades s’en sont allés, les cris, les larmes comme des miettes d’un temps révolu ne sont que souvenirs.

On entend le peu, le trop peu dans les bouches fatiguées, le froid trop tôt peut-être et la nuit qui s’installe un peu trop vite. De ce trop je n’en ai que faire, mon cœur balance dans une atmosphère de dates comme des renaissances. Gravées à jamais, elles rappellent la vie qui défit le chaos.

Novembre s’écrit comme une nouvelle histoire, accueillie, digérée, un nouveau souffle, un chemin que l’on prend, prêt à revendiquer le meilleur. Il n’est pas le visage douloureux de ceux qui regardent la pluie comme une énième méchanceté du ciel, comme la manifestation d’un châtiment divin. Il n’est pas ce que l’on en dit mais pour cela il faut abandonner l’idée que rien n’est ni bon ni mauvais, que tout est juste à l’instant T, une porte ouverte sur un temps qui nous appelle à nous émerveiller.

Novembre, le mois béni, aux couleurs majestueuses, au repli sur l’intérieur de soi, pour se préparer à l’hiver, mois pour se dépouiller de ce qui ne nous appartient pas, pour lâcher prise, mois de transition évident. Le regard que l’on pose sur les choses et les évènements leur donnent des couleurs, tantôt matin chagrin, tantôt matin bonheur. A nous de voir.  Le choix nous appartient.

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Se détacher des pensées des autres – tout un programme!

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J’essaie, pas à pas, de me détacher des pensées et peurs exprimées des autres. Ce n’est pas toujours évident. Mais pour mener une vie sereine, ça devient nécessaire.

Les autres ne projettent sur nous que leurs angoisses et craintes. Parfois leur envie, leur jalousie. Ils n’en ont pas toujours conscience. Si je ne peux pas changer ces données, je peux modifier la façon dont je les accueille. Ou bien elles glissent sur moi et terminent leur course dans la grande poubelle des choses à oublier. Ou bien elles intègrent mon univers à mes risques et périls.

J’ai longtemps opté pour la deuxième option, sans m’en rendre compte. Aujourd’hui, j’évolue, je prends conscience de certains mécanismes, j’ai envie d’autre chose et de ne plus laisser les autres diriger ma vie, mes envies, mes choix.

Tout le monde se fera toujours une idée sur la vie des uns et des autres. J’essaie – je n’y arrive pas toujours – de ne pas tomber dans ce travers, d’être davantage dans l’écoute que dans le jugement ou l’idéalisation.

Tout le monde a une idée, claire et précise de la manière dont ma vie devrait être pour être acceptable / belle selon leurs critères. J’ai passé beaucoup de temps et dépenser beaucoup d’énergie ces dernières années à justifier mes choix, mes amours, mes erreurs. A me justifier d’être celle que je suis. A tenter d’expliquer que je n’étais pas mon passé et que ce n’est pas parce que j’avais pris un moment chemin que je devais le payer pour le restant de mes jours.
Je dois bien l’avouer j’ai trop souvent laissé les mots des autres me blesser, me faire tomber, me déstabiliser. Ils ont dirigé ma vie sans que je puisse arrêter la vague et j’ai souvent coulé, bataillant certes pour refaire surface, mais sans succès. Les mots me plaquaient au sol et je ne pouvais plus riposter. Les autres étaient devenus maîtres à bord. J’avais perdu ma capacité à gérer.

J’arrive à un moment de mon existence où j’ai envie d’être heureuse, pas selon la vision du monde qui m’entoure, mais selon ce que cela signifie pour moi. Et de vivre ce bonheur avec les difficultés de tout quotidien et les coups de blues passagers. Je suis la seule à pouvoir m’offrir cela. Les autres peuvent y contribuer certes. Certains le font. Mais je ne veux plus que mon bonheur dépende des autres. J’en prends la responsabilité, je choisis de lâcher-prise sur les avis qui circulent, sur les questions que je trouve à côté de la plaque. Je vais sûrement ramer un peu mais les bases sont posées.
Êtes vous très influencés par les pensées, avis, questions des autres? Ou bien ça vous passe complètement au-dessus de la tête? Comment gérer vous cela quotidiennement?

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Mon héritage

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Je viens d’une lignée de femmes avec comme empreinte génétique le gout du malheur.

Du moche on parle beaucoup.
Du beau on se garde. Chez nous le beau est tabou, la joie est montrée du doigt. Elle cessera. C’est peut-être la seule certitude que l’on a. La vie n’est vécue que dans la contrainte et la souffrance.

Chez nous les hommes sont des lâches, ils sont faibles et sans tact. Ils répondent à notre besoin de “trop peu” mais ça on l’ignore ou on le cache.
Il faut être sage ou un peu marabout pour se faire une place chez nous. Il faut être un peu fou pour croire que notre bonheur redonnera quelques couleurs à la grisaille dans laquelle on se complait.

Chez nous, on dissèque tout avec une frénésie malsaine. On mène des expériences. On déterre des secrets, des silences. On brandit des absences comme une énième preuve de notre statut de “victime” dans la marche implacable du temps.

On ne jure que par le triste, par les mariages qui ne fonctionnent pas, par les maladies, les pires maux de l’espèce humaine. Le chagrin est notre moteur, notre bouée de secours quand tout va un peu trop bien, quand il n’y a guère d’ombre à portée de regard – où se cache t’elle donc alors? – notre raison de vivre, notre insolente satisfaction.

Un coup de blues est presque synonyme de célébration. On va pouvoir aller creuser là où ça fait mal. On va pouvoir se vautrer dans le luxe de ce qu’on ferait à la place de. On va pouvoir s’empiffrer de nauséabond, de tristesse, de plaies à vif. Comme des camés en manque. Ça nous tue de l’intérieur, ça nous étouffe, ça bouffe toute notre énergie. Mais on est vivant. On survit. On a des raisons de se lever chaque matin. On a un but, une vision à long terme. On se sent utile, enfin.

Le bonheur c’est un peu trop plat pour nous. Pas assez d’épices. Pas assez de saveur. Ça ne blesse pas le bonheur. C’est un peu vide aussi. On le dit, et après?
C’est une illusion, qui ne dure qu’un temps. Un mensonge qui nous fait croire que, et puis la chute, fatale. Forcément.
Il nous faut un fil sur lequel tirer, un morceau de peau à triturer. Il nous faut des blessures à panser. La vie c’est sale et compliqué. Alors quand c’est léger et doux, c’est forcément voué à l’échec.

Mon héritage est un bateau qui prend l’eau, un navire pillé de ses plus belles parures. Soit on coule avec lui. Nos repères en la matière sont faussés. Alors on préfère parfois aller vers ce qu’on connait le mieux, même si ça nous brise. Soit on s’en détache. Difficilement. Parce que la lignée tient à nous. On est la pérennité de son système de pensée. Sans nous, elle vacille. Notre adhésion lui donne encore du pouvoir. Alors on arrache doucement le pansement. Ça tire, ça tiraille. Mais à mesure qu’on arrache, à mesure que les verrous sautent, à mesure que les voiles se lèvent, on se sent mieux, plus serein, plus en phase avec sa vie.

J’ai longtemps souhaité me soustraire à cette pression, à l’amertume, à la violence de cette vision de la vie. J’ai lutté et j’ai plongé aussi. J’ai pris la tasse. J’ai pensé que j’étais voué à souffrir pour exister. Fut un temps plus je souffrais, plus j’existais. J’étais devenue le pure modèle de ce que je fuyais. Mais je voulais être digne de ma lignée, ne pas décevoir. J’avais besoin de leur aval pour avancer.

J’ai encore en moi quelques mémoires incrustées qui refusent de céder la place. Je ne rejette pas ce modèle, loin de là. Je ne me rebelle plus contre cet ordre établi. J’ai intégré que je n’ai pas vocation à le changer. Les femmes de ma lignée se sont construites sur ces identités. Elles ont fait du mieux qu’elles ont pu. Elles sont ma source, pas ma destination. Elles sont mon lieu, pas l’unique. Elles sont l’origine mais ne déterminent pas mon avenir.

Je tremble encore quand je le perds dans la foule opaque d’un grand magasin, quand je crie son prénom et que seul le vide me retient.
Je tremble encore quand on se sépare, pour quelques heures, quelques jours, les vacances. Quand je lui dis au revoir et que j’aimerai être magicienne pour retenir les secondes, quand j’aimerai qu’il n’ai pas à partir tout en étant en phase avec mes choix.
Je tremble à l’annonce d’une naissance. J’ai fait le deuil de cet autre enfant que je n’aurai pas. Comme une grande, un jour après l’autre. De cette famille qui se résume à nous deux. Et l’infini…
Je tremble à l’annonce de la mort qui emporte ceux que j’aime. Et pourtant je sais que la nuit, dans chaque étoile, me les ramène.

Je tremble mais je ne cède plus à la tentation des pires scénarios.
A toutes ces pensées tourmentées.
A tout ce chaos qui, entretenu, s’incruste dans le quotidien et vient jouer avec nos failles.
C’est un combat encore délicat. Je sais aujourd’hui que toutes ces blessures que je porte ne m’appartiennent pas. Je les rends à qui de droit.

Je suis née pour le beau.

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Ma nouvelle année commence le 28 octobre…

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Pendant longtemps, comme tout le monde, mes intentions (pas mes résolutions), souhaits, envies étaient posés au début de chaque nouvelle année. Le premier janvier marquait le début d’un ordre nouveau. J’ai pris l’habitude au fil des ans de me poser, histoire de faire le tri entre ce que je pouvais lâcher et ce que je désirais garder, de faire le point avant d’entamer un nouveau cycle en quelque sorte, de choisir un mot qui allait guider mes pas vers l’inconnu.

Récemment, c’est à dire pas plus tard que lundi, en prenant conscience que je me trouvais à une semaine de mon anniversaire, je me suis fait la réflexion que mon année commençait véritablement à cette date, celle de ma naissance. De l’année 1980, je n’ai vécu que les 65 derniers jours. Du moins dans le monde tel que je le connais. Bien sûr j’existais avant et j’ai même sûrement existé dans un autre corps, à d’autres époques, dans d’autres univers (mais ça devient compliqué alors on va en rester là pour aujourd’hui).

Ma vie sur terre dans mon corps, dans ma famille, a donc débuté le 28 octobre il y a bientôt 39 ans. Ce qui veut dire que je ne vais pas attendre le sacro-saint 1er janvier, du moins cette année, pour poser mes intentions. Mon année à moi commencera lundi prochain. Je ne suis pas une nostalgique du temps qui passe, j’enchaine les années avec le sourire. Je gagne en assurance, en maturité, en sagesse, en légèreté. Je ne regrette pas mes jeunes années, j’en ai profité – pleinement. J’ai des souvenirs à la pelle, des souvenirs heureux. J’évolue dans un sens qui me convient et j’ajuste quand ça ne me convient pas. J’ose un peu plus, je sors de ma zone de confort, je me confronte à mes peurs (aussi insignifiantes soient elles aux yeux des autres), j’apprends à  lâcher prise et peut-être que ce sont justement ces pas en avant, ces remises en question (un peu trop fréquentes à mon goût parfois) qui font que du haut de leur toute puissance, les regrets me foutent une paix royale.

J’ai déjà un mot qui sort du lot. Un mot qui sera le phare de mon année. Un mot qui me correspond bien, un guide pour me rappeler à chaque instant que si les autres sont importants (dans ma vie), je le suis tout autant.

Et vous, vous le vivez comment le jour de votre anniversaire? Vous faites quelque chose de particulier? Ça a un caractère spécial ou pas du tout?