Viol ou violence conjugale?

Entre viol et violence la frontière est mince. Il ne m’a jamais forcée mais il a plus d’une fois forcé les choses…

Quand je disais non et qu’il insistait, se faisait plus pressant.
Quand il  refusait de mettre un préservatif à propos d’une histoire de confiance à la gomme.
Quand il débarquait chez moi en plein milieu de la nuit et attendait que je sois fraîche et disposée pour lui.
Quand il collait son corps contre le mien alors qu’il ne m’adressait pas la parole depuis plusieurs jours, m’ignorait quand j’étais dans la même pièce que lui, me menaçait de me quitter.
Quand il me disait que je n’y mettais pas du mien, que je n’étais pas assez sexy pour lui, alors qu’avec les autres je m’habillais de manière provocante (une simple jupe ou un t-shirt à manches courtes, c’était provocant).
Quand je lui disais ne pas aimer telle ou telle position, qu’il n’essayait pas de comprendre et disait “mais si tu verras ça va être bien” ou pire “si tu m’aimais…”
Quand il avait des envies pressantes et qu’il se taillait la zone juste après pour aller refaire le monde avec ses copains.
Quand il répondait au téléphone en abandonnant lâchement mon corps entre les draps.
Quand il ne prenait pas le temps – que tout était fait dans l’urgence.
Quand il me répétait, au début de notre relation que j’étais une fille facile, un corps sale et à disposition (dont il usait sans états d’âme)

Même mariée c’est ce que j’étais…

Je me suis offerte à chaque heure du jour et de la nuit avec l’espoir qu’il me regarde vraiment. Avec l’espoir, au réveil, d’être autre chose qu’un lit d’appoint, une colocataire, plus tard une épouse modèle. Avec l’espoir d’une réconciliation sur l’oreiller et celui encore plus fou d’un partage, d’une communion.

Il a, par ses actes et ses mots, fait de la sexualité,  de ma sexualité un sujet tabou, de mon corps un simple instrument de plaisir pour son plaisir uniquement. Moi je devais contrôler mes désirs, ne pas avoir trop envie ou alors le montrer en lieu sûr, ne pas exprimer trop fort mon plaisir, ne pas être trop tactile, fermer ma gueule et aimer ça. J’ai fini par faire comme tout le monde – simuler. Avoir la paix – enfin.

Mais à chaque passage de son corps sur le mien, c’est mon corps que je détruisais….

Alors non, il ne m’a jamais forcée, j’étais consentante. Ce n’est pas du viol. C’est une violence qui s’inscrit dans la durée et qui fait de terribles dégâts à l’intérieur de soi, sans qu’on s’en rende compte. C’est aussi grave qu’un viol.

Article à lire sur le sujet chez Rozie

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Clap de fin: Sur le chemin…

Une histoire s’écrit chaque jour entre le monde et nous, entre nos histoires communes. Histoires de cœur, de corps. Histoires de peaux, de rêves. Histoires d’amour ou d’amitié.

Chaque jour donne un sens à notre existence et chaque jour nous demande de dépasser blessures et regrets. Chaque jour, nous avançons sur le chemin, parfois pavé, parfois de traverse. Nous posons un pied après l’autre, le pas tantôt sûr, tantôt incertain. Nous regardons parfois en arrière, histoire de nous rassurer. Le chemin est tortueux, couvert de ronces et de racines. Il faut mieux continuer, aller de l’avant, poser les yeux sur la pointe de la montagne plutôt que de redescendre en chute libre. Chaque jour nous espérons en des lendemains plus cléments, nous regardons la lumière prendre de l’intensité, nos yeux se déshabituent doucement de la pénombre, prennent leurs aises avec la clarté. Chaque jour nous construisons à notre rythme sur des bases de plus en plus solides. Le tout n’est pas de savoir si nous faisons bien. Nous tomberons peut-être encore en chemin. Le tout est d’avancer en direction de notre destin. Et d’y croire avec tout notre cœur et toute notre âme.

Notre histoire c’est d’être vivants. Tout simplement.

Une autre histoire

Raconter la même histoire. Différemment. Avec le juste recul du temps.

Raconter l’histoire qui m’a ramenée à moi-même.

Raconter la chute mais surtout la renaissance.

Raconter, lâcher la barre, réussir à en rire aussi.

Dédramatiser l’opportunité qui m’a permis de donner le meilleur de moi-même, de m’accomplir, de choisir ma destinée.

Au milieu, il y a toi

Je pense à toi mon fils aujourd’hui, à nos problèmes de grands, à ton insouciance d’enfant. J’ai entre les mains une bombe, un manuscrit de près de 200 pages qui parle de nous, ton papa et moi, beaucoup et de toi, un peu. Ai-je le droit de déballer tout au reste du monde comme ça, en un claquement de doigts? Ai-je le droit d’étaler mon intimité au grand jour?

En me relisant j’ai l’impression d’assister à un règlement de comptes, grandeur nature.  Je brosse un portrait de lui très noir, un portrait de moi pas sensationnel. Si je l’ai aimé c’était pour les mauvaises raisons. Est-ce qu’il m’a aimée? Je n’en sais rien. J’ai opté pour “oui” puisque j’ai le choix. Un peu au moins.

Je me rends compte avec le recul que j’ai trouvé ce que je cherchais en écrivant ces lignes, ces pages. N’était-ce pas le but?

Que reste t-il à dire? N’aurais-je pas mieux fait de parler d’après, de cette renaissance, de ce retour à la vie? Mais comment le dire sans parler du pire?

Je pense à toi mon fils, à ces non-dits que je refuse, ces maux que je ne tairais pas – les secrets familiaux, je n’en suis pas friande. Pour autant, il y a des souvenirs qui n’appartiennent qu’à moi.

Pendant trente ans j’ai porté ma mère,  le poids de son enfance traumatisante. Je ne veux pas que tu te retrouves à ma place, à porter l’histoire qui t’a créé à bout de bras. Toi et moi nous méritons mieux que ça.

Filles de la nuit

Fille du soir

Sur le trottoir

Ses déboires

En bandoulière

Et l’espoir

Dans ses veines

Devient traces

Sur sa peau blême

Cicatrices que l’on se traine

Dans la nuit

Verre brisé

Regard perdu

Le folie glisse

Ses doigts

Sous sa jupe noire

Elle dérape

Le silence la rattrape

Elle oublie

Les mains moites

Ferme les yeux

Face à la nuit

L’âme se nourrit

De rêves inventés

Douceurs sucrées

Couvrir son corps

Et s’endormir

Au fond du cœur

Le sang transit oublie

L’atroce réalité

Du destin des filles de la nuit.

Dans la norme

Tout devient une “tare” quand on établit une “norme “

C’est bien dommage tous ces clichés, ces “normes” érigées en valeurs “sûres” qui nous empêchent souvent d’être nous-mêmes

Noor – mon fils

“On éduque nos enfants et nos enfants nous élèvent” Sandra James

Je confirme. Je grandis à tes côtés. Même quand je n’en peux plus, même quand je crie, même quand tout semble perdu, que je n’ai plus d’énergie. Même quand j’ai l’impression de couler.

Tu m’aides. Un “c’est pas grave” peut devenir le plus apaisant des remèdes.

Et plus je te regarde vivre, plus j’ai envie de te suivre, de redécouvrir le monde à ton rythme.

Tu me mets en face de mes limites, de mes blessures, tu m’invites à dépasser tout ce qui m’attache encore au passé, un passé qui n’est plus moi.

Tu me pousses à bout parfois mais n’est-ce pas la meilleure occasion pour moi de faire face, sereinement, d’apprendre aussi à gérer mes émotions autrement.

Tu m’invites à m’affranchir du regard des autres et à m’affirmer, à devenir une maman et une femme épanouie et heureuse.

On dit qu’un enfant choisit ses parents. Je ne sais pas. Ce que je sais c’est que tu portes merveilleusement le surnom que je t’ai donné depuis le début de notre aventure: Noor!

A fleur de peau

Parfois les mots. Et parfois rien. Juste le vide. Et cette colère en moi qui monte de je ne sais où et qui me fait hurler je ne sais quoi.

S’affranchir du regard d’autrui. Voilà la clé. Celle qui me permettrait de laisser trainer un peu plus longtemps les plats sur la table du salon, qui me dirait de prendre un peu de temps pour moi avant de m’attaquer au ménage, qui m’aiderait à dire “merde” avec les formes à tous ceux qui me répètent sans se lasser “mets lui son pull il va avoir froid” “il a le nez tout sale” “il est peut être temps que tu refasses ta vie” “t’as l’air épuisée” “tu te négliges en ce moment” “avec le rhume qu’il a la piscine ce n’est pas conseillé” “tu aurais dû lui prendre son écharpe” “je t’ai fait tout le ménage”.

J’ai sans cesse cette impression d’avoir un œil vissé sur moi en permanence et ces voix dans ma tête qui me répètent “fais ci, fais ça, fais pas ci, fais pas ça” “rentre dans le moule et tout ira bien” “on savait bien que tu n’y arriverais pas toute seule”.

Parfois les émotions à fleur de peau. Et encore du travail à faire sur moi pour être heureuse et épanouie…

Les hommes de ma vie

Je les ai aimés. Mal aimés. Je les ai aimés passionnément avec la peur omniprésente de les perdre. Je les ai perdus. Et tant mieux. Je les ai aimés avec toute la fougue de mes vingt ans puis toute la folie de mes trente. Je les ai aimés en me reniant complètement. Je les ai aimés en les faisant passer avant moi, en changeant mes idées, en ignorant leurs faux-pas, subjuguée à l’idée que de tels hommes aient pu poser les yeux sur moi. Je les ai aimés avec fougue, le cœur émietté. Je les ai laissés jouer avec mon cœur, avec mes sentiments tous neufs, avec mes idéaux fragiles.

Nous n’avions souvent rien en commun. Nous avons créé des souvenirs, certains doux, de ceux dont on parle parfois entre amies quand on se souvient du passé avec nostalgie, d’autres trop tristes pour être évoqués, même sur le ton de la plaisanterie.

J’éprouve une certaine tendresse pour certains de ces hommes, ceux qui sont partis, en déposant un bouquet près de mon lit, ceux dont les photos parlent encore de ce qui n’est plus mais fut, charmant, gracieux, joyeux, plein d’honnêtes sentiments.

Je remercie chacun d’eux pour m’avoir faire comprendre une chose essentielle, une chose à côté de laquelle je serai passée s’ils n’avaient pas été là, la relation la plus importante de toute ma vie.

Loin d’eux commence alors la rencontre que j’ai trop longtemps retardée, par crainte de devoir me regarder en face, par peur de faire face à mes démons. La seule véritable rencontre qui a de l’importance ne les inclut pas, juste le temps que je me sente enfin en paix avec moi.