Posted in Atelier écriture

Chacun son ailleurs

La photo faisait la Une de tous les journaux. Les kiosques ne désemplissaient pas. Tout le monde se ruait sur l’horreur, pour avoir la primeur des images les plus folles. Pascal, bien à l’abri derrière ses volets roulants, regardait la scène avec émotion. Il ne comprenait pas l’engouement matinal des gens pour ce genre de fait divers, gens qui à cette heure, la plupart du temps, ronflaient comme des bienheureux dans leur lit, tressant dans leur sommeil des rêves artificiels.

Il sentit une révolte sourde le gagner, celle qui arrivait sans y être invitée. L’humain lui semblait parfois insensé. Il savait déjà qu’il n’allumerait pas sa télévision aujourd’hui, qu’il resterait peut-être même bien au chaud chez lui, pour ne pas avoir à entendre au coin des rues les conversations sur la tragédie de la nuit.

Il quitta sa fenêtre et se dirigea vers sa chaine stéréo, prit un CD au hasard, choisit le mode “aléatoire“, s’offrant ainsi le luxe de la surprise. Les premières notes de la 9e symphonie de Beethoven résonnèrent dans le petit appartement. Et il s’envola…

Ce texte a été écrit dans le cadre de l’atelier d’écriture d’Olivia. Les mots imposés étaient: kiosque – matinal – révolte – tresser – émotion – aléatoire

Posted in Carnets de route, Variations Littéraires

Sur un fil

Elle pose son linge sur le balcon. Elle ajuste son foulard sur sa tête. Les enfants jouent déjà dans la rue en contrebas. Leurs cris la rassurent, même si parfois son cœur se serre à l’idée que la route leur arrache leur joie de vivre.

Elle suspend son linge sur un fil. Des robes de couleurs et des pyjamas. Elle regarde au loin le fleuve qui navigue et embarque avec lui quelques pêcheurs solitaires. La chaleur arrive. Elle attend un peu, juste quelques secondes encore.

Elle profite du jour. Dans quelques heures il fera trop chaud pour sortir.

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Bombe à retardement

Elle se tient là, dans un recoin, invisible à l’œil nu. Elle se tient là, à deux pieds de toi, fougueuse, douteuse, impétueuse.

Son tic-tac est lent. Il est presque inaudible. Le cœur de la machine s’emballe parfois. Le tempo se fait plus lourd. On pourrait croire que le compte à rebours est lancé. Puis à nouveau le silence. Intense. Pesant.

La machine a été conçue de toutes pièces par l’inconscient des hommes. Elle a été façonnée par leurs doutes, leurs souhaits, par l’envie de plus d’argent, par l’appât du pouvoir, par l’inconnu du lendemain qui empêche de reprendre son souffle, par cette envie omniprésence de tout changer sans jamais arriver à le faire.

Elle éclatera ou pas. Dans quelques heures, quelques jours ou quelques mois. Cela fait déjà plusieurs années qu’elle est à nos côtés, qu’elle attend le moment propice pour faire son travail, pour accomplir son œuvre.

Saccagera-t-elle tout sur son passage ? Ou bien laissera-t-elle derrière elle des vies gâchées, des corps amputés, des âmes vidées de leur substance, des cadavres de nous, de vous ?

Se déclenchera t’elle en pleine nuit, en mode silencieux, pour n’effrayer personne ? Sans bruit, seul le chaos qui suivra pourra nous renseigner sur l’impact de sa folie. Ou alors en plein jour, au milieu de notre quotidien bien tranquille, par esprit de vengeance ?

Ou peut-être qu’une personne bien intentionnée la désamorcera avant qu’il ne soit trop tard, avant que nos vies ne volent une nouvelle fois en éclats ? Il faudra qu’elle sache y faire, qu’elle mesure ses pas, qu’elle fasse preuve de tact et de délicatesse. Il faudra qu’elle s’approche d’elle sans faire de bruit, sans faire trembler le sol, sûre d’elle.

Une valise sur le pas de la porte. Un mot de trop. Un geste habituel. Une dispute qui tourne mal. Des fleurs piétinées. Un rien peut l’activer. Et c’est la fin.

Elle se tient là, dans un recoin, invisible à l’œil nu. Elle attend son heure. Et le monde continue à tourner comme si de rien n’était.

Posted in Tout un poème

Là-bas Londres

Là-bas
De l’autre côté de la mer
Le vide
L’horreur
La vie
Qui pleure
L’espoir d’un monde
Meilleur
S’étiole
La douleur
Éprouve les coeurs
La peur s’immisce
La ou les cicatrices
Sont à vif
Là-bas
Mes prières sincères
Montent vers toi

Posted in Tout un poème

Au coeur des femmes du Monde #6

De ta chambre donnant sur la cour, tu vois défiler des ombres, des femmes enveloppées de noir, presque des fantômes.  Tu pourras crier de toutes tes forces, rien ne changera. Ce soir tu te maries, l’homme tu ne le connais pas. Ni couteau, ni corde pour mettre fin au calvaire que te promets cette nouvelle vie. Le drap  taché de sang te protège. Les vieilles sont venues dans la chambre à coucher avec leurs gris-gris – Tu auras un garçon, tu vivras vielle.

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Au coeur des femmes du Monde #5

Geste machinal. Elle ne vomit plus comme avant. Elle est habituée. Combien de vies a-t-elle arrachées aux corps trop jeunes d’adolescentes pétrifiées ? Elle leur parle, essaye d’apaiser leur chagrin, de leur dire qu’un jour elles pourront à nouveau donner la vie. Quelques fois elle ne comprend pas pourquoi – A leur âge, elle jouait encore à la poupée!

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Au coeur des femmes du Monde #4

Il n’y pas eu de cri. Elle a poussé, fort et tout s’est agité autour d’elle. Les lumières de la salle d’opération sont devenues plus blanches. Allongée sur son lit, elle se demande pourquoi. Un ange passe et dépose un baiser sur son front. Un frisson. La terre tourne mal. Une raison à sa peine, une réponse à sa  douleur – qui peut savoir ?

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Au coeur des femmes du Monde #3

Sous la douche. Tu ne comptes pas les heures. Tu frottes encore et encore. Sale jusqu’au bout des ongles, celui qui a fait ça devait savoir que tu ne valais rien. Tu frottes encore et encore. Ta peau est rouge. Un peu de sang qui coule sur le carreau blanc. Et toutes ces larmes qui ne servent à rien, toutes ces nuits qui ne changent rien.

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Au coeur des femmes du Monde #2

Un autre matin, une autre raison. Tout ce que tu fais n’est jamais assez bien, la table n’est jamais assez belle, le pain jamais assez cuit, ta jupe jamais assez longue, tes mains jamais assez douces, tes amis toujours trop présents. Et pourtant tu t’excuses sans relâche, tu essayes de changer, les coups pleuvent sur toi et tu attends. Demain il te dira qu’il t’aime, il te demandera pardon. Demain tout peut changer. Ou pas

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Au coeur des femmes du Monde #1

Des cris, des rêves. Les volutes de fumée noire brisent ses chances d’un avenir meilleur. Derrière le mur de pierre, une femme s’éloigne. Elle sait désormais que d’elle tout dépend. Elle ira vendre ses charmes à un joueur de cartes, elle ira mendier quelques pièces pour nourrir les siens. Rien ne sera comme avant. Jamais.

Posted in Variations Littéraires

Et le monde danse autour de moi…

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Faire fi du temps. Regarder le ciel et y apercevoir des promesses inconnues.

S’enivrer de l’odeur des pavés après la pluie. Attacher son cœur au cœur du soleil et savourer l’instant. Un jour a la fois. Chaque jour me surprend.

Le monde s’affaire autour de moi.

 

La folie du monde me fait craindre le pire. On entasse des corps dans des fosses ensanglantées. On tue des enfants. On assassine des idées. Aux quatre coins du monde, il faut se battre pour être libre. Et les faucons ratissent le ciel a la recherche de proies faciles.

 

Le tumulte du monde ne m’effraye pas, il me rend vivante, il me donne des ailes pour avancer. Au loin les nuages rebroussent chemin. Ils sont comme autant de rêves qui font peur, autant d’amoureux transits qui attendent une déclaration en forme de symphonie.

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La passion du monde me donne envie de casser des mots sur les remparts d’infamie. Elle me donne l’énergie du dépassement, la volonté de changer les choses, de bâtir une île au milieu de l’océan, d’y dresser un autel en faveur d’une paix qui se fait trop timide.

La folie du monde cessera le jour ou la passion du monde l’emportera sur les terreurs du passé. Chaque être se nourrit d’espoir. Chaque vie possède le potentiel de renaître de ses cendres, comme le Phoenix qui se dresse, triomphant, entre la terre et le ciel.

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