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Challenge écriture 14

Texte à venir…

Retrouvez les participations ici: Chez Mébul, Chez Josée, Chez Sweet Things

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Pour la semaine 15, on va aller faire un tour du côté de l’enfance! Je vous invite à écrire un texte qui relate un secret d’enfant, que votre personnage raconte à un camarade d’école. Le personnage principal étant un enfant, le style devra s’accorder bien entendu!

A vos plumes ou vos claviers!

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Challenge Ecriture 13

« Louise m’avait permis de reconstituer l’idylle de mes parents coupables. J’avais quinze ans, je savais ce que l’on m’avait caché et à mon tour je me taisais, par amour.

Qu’aurais-je pu faire?

Tout dire et alors, laisser les autres, leurs regards et leurs jugements venir mettre à mal, pas seulement l’image, mais aussi tout ce qui composait notre vie. Je n’étais pas friand de secrets, je les voyais grignoter chaque jour tous ceux qui tentaient de jouer avec leur vérité, ceux qui conjuguaient des vies au pluriel, en pensant protéger ceux qu’ils aimaient. Je savais le poids et pour autant, je gardais pour moi ce qui relevait d’une autre histoire.

Est-ce que je devenais moi aussi, en gardant ce secret, coupable? Et de quoi? Beaucoup de points d’interrogation, comme ceux de l’histoire dont Louise ne m’avait conté que quelques bribes, qui, mises bout à bout, m’avaient permis de comprendre ce que les silences gênés de mon pères, les absences de ma mère signifiaient.

J’avais posé des mots sur tant d’autres jalousement gardés, sur une réalité fantasmée. J’aimais mes parents autant que je les détestais. Pour ce qu’ils m’avaient volé et la confiance, à tout jamais, abusée. Je ne pouvais plus les regarder comme avant. Quelque chose, sans cesse, me ramenait à un passé dans lequel je n’existais pas et qui pourtant avait posé les bases d’aujourd’hui.

Je me demandais déjà combien de temps je pourrais vivre avec ce poids, si il finirait par ne plus rien peser ou si, au contraire, il ne cesserait de gagner en intensité, jusqu’à ce que je n’ai plus d’autre issue que celle de le livrer. Mais alors à quoi bon? A quoi bon s’empêcher pour finir par tout balancer? A quelqu’un qui n’aura rien demandé et qui se trouvera dépositaire d’une véritable bombe à retardement…

Retrouvez les participations ici: Chez Mébul, Chez Josée

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Pour la semaine 14, l’idée s’est imposée d’elle même en dénichant ce matin même “le temps des secrets” de Marcel Pagnol dans une boite à livres.

La scène de votre prochain texte se déroulera devant une boite à livres. En choisissant un livre, votre personnage découvrira à l’intérieur une lettre faisant état d’un secret. Vous décrirez brièvement l‘environnement proche et l’état d’esprit de votre personnage, avant de nous livrer le contenu de cette lettre et des émotions qu’elle fait naitre chez votre personnage. Amusez-vous bien!

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Challenge Ecriture 12

Je ne peux pas écrire ce que m’inspire cette symphonie sans penser à toi. Toi dans ton fauteuil. Toi et Beethoven et tous les autres.

Je ne peux pas écrire ce que m’inspire cette symphonie sans que les souvenirs n’affluent, sans que les notes se détachent pour t’accompagner dans l’infini de ton repos.

Je revois maman, si fragile et nos bras qui l’entourent pour qu’elle ne s’effondre pas. Je sais reconnaitre l’endroit précis où ton corps disparait derrière le rideau et où ses sanglots se cognent contre l’invisible.

J’écoutais avec toi cette grande symphonie et tu m’as dit c’est le troisième opus que je veux pour partir, peu de gens le connaissent et pourtant il a plus de saveur que n’importe quel autre morceau de l’artiste fou.

J’écoute et je sais l’instant, quelque part tu es là, avec moi, comme si de rien n’était, comme si tu n’étais pas ailleurs. Je ferme les yeux alors, j’hume le goût particulier de cette grande musique, comme tu te plaisais à l’appeler. La musique classique n’a rien de classique!

Face à la violence de la fin, parce que tout n’avait pas été dit, ou dit trop tard, c’est votre histoire, je saisis la tendresse de ces quelques notes légères, si pleines de vie, celle d’un nouveau jour, d’un ultime “je t’aime”.

Retrouvez les participations ici: Chez Stephen Sevenair, Chez Marie Encre Nomade, Chez Sweet Things, Chez Mébul, Chez Josée

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Merci à tous et toutes pour ce beau mois et vos sorties de zone de confort que vous pouvez célébrer, sans hésiter!

Pour ce nouveau mois, j’ai envie d’explorer un thème: le secret! C’est un thème très prisé en littérature. Secret, mensonge, mystère. Qui croit et qui croire? Comment un secret nait, comment un secret vit, comment il disparait? Est-il toujours si secret? Combien de vies a t-il le pouvoir de changer, de détruire? Est-ce si simple d’être détenteur d’un secret? Doit-on le révéler ou pas?

Je ne vous cache pas que c’est un thème que j’apprécie énormément et je me rends compte qu’il y a toujours matière à l’explorer davantage.

Pour cette première semaine (#13), nous allons partir d’un livre que vous connaissez peut-être – Un secret de Philippe Grimbert que je vous recommande en passant – et d’une phrase, qui sera la première phrase de votre texte: Louise m’avait permis de reconstituer l’idylle de mes parents coupables. J’avais quinze ans, je savais ce que l’on m’avait caché et à mon tour je me taisais, par amour.

Bonne écriture et à la semaine prochaine!

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Challenge Ecriture 11

Je me trouve là, dans cet endroit désert, le silence tout autour, tout juste troublé par le bruit de la nature, sourd. Je l’attends.

Mai 2007

Elise et moi adorons cet endroit, reculé, loin du monde, ses interdits, ses murs hauts et son histoire à inventer. Une vieille maison bourgeoise que certains disent hantée. Ses fantômes doivent nous aimer pour toujours nous accueillir avec le sourire. Nous sommes riches d’une histoire aussi douce qu’un fleuve tranquille. Cinq ans, cinq ans d’un bonheur sans nuage qui fait dire à certains que ça ne durera pas, qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas comme il faudrait. Elise et moi nous nous aimons comme au premier jour.

Mai 2014

Elise et moi, nous pensions que tout irait toujours. Pourtant c’est à cet endroit précis qu’elle m’a posé une question, à laquelle je ne m’attendais pas du tout, “Toi et moi, on va où?” En tournant les yeux pour échapper à la réponse, je me suis retrouvé devant un mur, un grand mur couvert de tâches rouges. Était-ce l’œuvre d’un peinture fou, plein de rage? Ou bien le sang de quelque squatteur passé à tabac? Je ne me suis pas approché. Le mur et sa réponse étaient terrifiants. Elise est repartie sans un mot et cet endroit chéri est devenu maudit.

Mai 2007

Elise et moi nous aimons mal. Comme beaucoup. Nous ne le savons pas, comme beaucoup. Nous ignorons les signes, les petits grains de sable, nous avons pris des habitudes de vieux couple même sans vivre sous le même toit. Nous faisons moins attention. Elise entretient une relation ambiguë avec son ex. Et moi avec mon boulot. Mais tout est beau sinon. Tout est lisse. Tout est envie et plaisir. Pas de belles promesses ni de projets d’avenir. D’ailleurs pourquoi il faudrait des projets? Pourquoi il faudrait s’engager? Elise et moi sommes sur la même longueur d’onde, nous marchons côte à côte sans but. Ca nous convient.

Mai 2014

Elise voulait autre chose et je ne l’avais pas vu. J’avais compris trop tard. Je lui en avais voulu, bien sûr, et puis je lui avais reconnu le courage d’avoir mis fin à cette histoire, non dénuée de sentiments, mais vouée à un “à peu près” qui n’était juste pour personne. Si bien que quand j’ai rencontré Sarah, je savais que ce serait différent, que ce serait plus fluide. Sarah et moi, c’était les montagnes russes, au moins là, personne n’y trouvait à redire. Sarah tenait à son indépendance et cela m’allait bien, un peu désabusée par ses précédentes expériences, elle ne souhaitait pas tirer de plans sur une potentielle comète. Sarah adorait les balades improvisées dans des lieux reculés. Ca nous faisait un point commun!

C’est elle qui m’avait donné rendez-vous là, dans cet endroit. J’avais ressenti comme des frissons à l’idée de revenir sur la scène d’un drame. Le mur était désormais blanc. Des couches pas très uniformes, qui donnait au lieu un cachet médical. C’était peut-être ici que les autopsies de mes amours étaient vouées à se tenir. J’avais peur, peur que Sarah me pose la même question, peur de me prendre le mur une fois de plus. Non, c’était impossible, Sarah et moi, c’était du solide, une histoire qui tenait la route. Je n’avais pas fait les mêmes erreurs qu’avec Elise. Je commençais à faire un petit tour d’horizon des derniers mois, histoire de me rassurer. A Sarah, j’avais même proposé de vivre ensemble, faisant fi de mes angoisses. A Sarah, je disais les choses, même celles qui me paraissaient ridicules. A Sarah, j’offrais des voyages. Nous étions plein d’idées nouvelles tous les deux!

Dans cet espace comme mort, tout juste maintenu en vie par la faune, la flore. La nature pousse et repousse les frontières du mystère. Je l’attends.

Retrouvez les participations ici: Chez Mébul, Chez Sweet Things, Chez Josée, Chez Justine

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Pour la dernière semaine sur le thème de la musique, je vous propose de la musique classique, la 9e symphonie de Beethoven – 3e mouvement. Les règles sont les suivantes: écrire un texte (pas de poésie) à la première personne du singulier. Le texte ne devra pas parler de la musique en elle-même mais de ce qu’elle évoque pour vous, ce qu’elle fait naître comme image(s) et émotion(s).

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Challenge écriture 10

Comment écrire sur cette musique, que je connais, non par coeur car les paroles m’échappent, mais par le coeur, ce qui est différent, comme un héritage.

Il était une fois l’histoire de cette terre, au loin les falaises de Moher, battues par les vents. Une petite ile verdoyante et la certitude d’avoir trouvé une des clés pour comprendre le sens de l’existence.

Respirer, se laisser porter par ce chant riche de symboles et se laisser aller à une danse éphémère, bras ouverts vers le ciel. Quelque part, la paix, l’indépendance scandée comme une seconde liberté. Inis Mor me regarde, avec ses vagues gigantesques et son espérance intacte. Ici le trèfle pousse sans qu’on s’y attache, certains que la chance est à portée de silence.

Sur cette terre, loin du continent, péninsule hybride au goût de sel et de sacré, règnent la conscience et la connaissance du monde. Ile de mystère et de magie. La nature est pourvoyeuse du savoir éternel, transmission intemporelle.

Encore faut-il pouvoir se risquer au-delà des croix, au-delà du connu, traverser le calcaire et s’approcher des coutumes avec courtoisie. Encore faut-il pouvoir sentir la souffrance du peuple, et écouter couler le sang des morts dans la voix des vivants. Encore faut-il être prêt à faire face humblement aux dolmens sacrés, géants de pierre aux pouvoirs infinis.

Une fois les porte passées, la terre devient ce qu’elle a toujours été, terre d’accueil, il suffit de s’asseoir dans l’herbe mouillée par la dernière pluie de la journée et contempler le soleil couchant sur les toits des skelligs.

Retrouvez les participations ici – une vraie évasion: Chez Mébul, Chez Josée, Chez Sweet Things

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Pour la semaine prochaine, je vous invite à écrire un texte sur cette musique – pas de paroles cette fois-ci. La scène doit se situer dans un paysage/ site URBEX. Je vous mets un lien sur un site qui parle de ce sujet, si vous ne connaissez pas: https://urbexsession.com/france

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Challenge Ecriture semaine 9

Je serais là, posée sur le rebord de la fenêtre. Je ne ferais pas de bruit, je ne réveillerais pas la maison. Tout sera silencieux autour, seule la végétation pourra m’apercevoir. Elle restera muette, la nature comprend les secrets.

Je resterais là, pendant la nuit, à te regarder dormir, le corps au repos. Je contemplerais tes rêves à l’extrémité de ta peau. Je dessinerais sur ton sommeil des sillages comme autant de routes à parcourir au lever du jour.

Je serais, comme une étoile au firmament du ciel, un infime brin d’atmosphère. Je passerais juste, juste comme ça, pour m’assurer que tout va. La lune me procurera la lumière nécessaire pour saisir plus qu’un battement de cœur. Je découvrirais ton décor, ton confort, tout ce qui ne m’est pas accessible.

Je resterais là, le temps qu’il faudra. Puis aux première lueurs de l’aube, je m’éclipserais. Un peu comme une voleuse de soupirs. Je t’emporterais avec moi pour les jours sans toi.

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Retrouvez les participations ici: Chez Sweet Things, Chez Mébul, Chez St Jerem, Chez Justine, Chez Josée

Pour la semaine prochaine (10), on va voyager du côté d’un pays cher à mon cœur. Les consignes sont les suivantes: écrire un texte court à partir de la chanson ci-dessous en intégrant les mots suivants: ile, falaise, transmission, trèfle, indépendance, héritage, dolmen, coutume, symbole, péninsule.

Au plaisir de découvrir vos créations lundi prochain!

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Challenge Ecriture Semaine 8

Danse des pulsations
Mon corps sous tension
J’imagine la pression
De tes doigts sur mes aspirations

Sur l’horizon saturé de rose
Le soleil étend son manteau
Un souffle, un pas, puis ose
Le ciel absorbé par l’eau

Dans son sillage, l’élan
Mon cœur s’éprend
Des possibles du néant
A portée d’océan

Je veux ton corps enveloppé
De ce parfum diffus
Semblable à la marée
Sur le sable ému

Parcourir les hémisphères
Explorer l’atmosphère
Envoyer valser les chimères
Pour ne garder que l’éphémère

Et dans ton corps m’abandonner
Désir à consommer
Urgence entremêlée d’ivresse
Ton sel comme une caresse

Entendre les battements
De mes propres tourments
S’éclipser dans le vent
Comme un défi au temps

Et croiser ton regard
Par-delà nos histoires
Juste le fruit du hasard
Il n’est jamais trop tard

Refermer nos bras
Sur les ombres des platanes
Que voguent nos âmes
Jusqu’au delta

J’irai même au-delà
Croiser le fer
Violer le sanctuaire
Juste pour un baiser de toi

J’ai fait un mix des différentes rimes. Retrouvez ici les participations: Chez Sweet Things, Chez Josée, Chez Mébul, Chez Marie, Chez St Jerem

Merci à toutes et à tous d’être sortis de votre zone de confort pour ce mois poétique. C’est toujours un plaisir de découvrir vos textes! Nouveau mois, nouveau thème à explorer et il sera musical. Il m’arrive énormément d’écrire en écoutant de la musique. Il m’arrive aussi d’écrire à partir d’une chanson ou d’une musique. Et c’est ce que j’ai envie d’approfondir avec vous.

Pour la semaine prochaine (#9), je vous invite à composer un texte à partir de la musique suivante. Comme pour toute première, je n’ajoute pas de contrainte supplémentaire. Amusez-vous bien!

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Challenge Ecriture Semaine 7

A l’abri des regards
Se laisser choir
Présent, passé, espoir
Habiller de grâce, l’espace
Aube nouvelle, nouvelle audace
Liberté des contrastes
Tempo naturel
Etreinte intemporelle

***

Hurle
Un, deux, trois
Respiration
Lutte
Un, deux, trois
Baiser papillon
Esquive
Réagis
Ligne d’horizon à portée de déraison
Union privilégiée des entités dépareillées

***

Illusion d’optique
Marques sur le sol
Mirage
Abime
Restent les
Courbes, merveilleusement
Elaborées
Sens, essence
Cou, divinement
Immortalisé
Beauté
Librement
Esquissée

***

Colle ton front au rideau du ciel
On marchera sur les nuages
Libérés de nos chaînes
Ivres de lumière
Mirages tournoyants
Arabesques fantastiques
Courants, contre-courants
Ondulations initiatiques
Noyés dans la douce valse du temps

Retrouvez les autres participations ici: Chez Sweet Things, Acrobatie de lettres chez Mébul, Asphaltus, Asphaltos et En forme de colimaçon chez Josée. Merci à vous deux, l’exercice n’est pas évident mais vous avez fait des merveilles et rajouter quelques “contraintes” supplémentaires, tout en vous amusant!

Pour la semaine prochaine (#8), dernière sur le thème de la poésie, on va aller explorer quelques rimes. Rimes continues, comme son nom l’indique, les vers ont tous le même son à la finale (AAAA) , Rimes plates ou suivies (AABB), Rimes croisées (ABAB) ou Rimes embrassées (ABBA). Je vous laisse le choix, vous pouvez aussi écrire un poème en les mélangeant ou écrire plusieurs poèmes. Le thème: Changement (cycles – saisons – marées – mouvement…)

Au plaisir de vous lire. Belle journée!

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Challenge Ecriture Semaine 6

Brun
Or
Orient
Mystérieux
Elixir de Rose
Rendez-vous au pays des songes

Nuit
Noire
Ivoire
Pluie d’étoiles
Filament d’espoir
Ciel de trêve baigné de lumière

Retrouvez toutes les participations ici – Bravo à tous et à toutes: Chez Justine Plumes d’étoiles, Chez Sweet Things, Chez Marie Encre nomade, Chez Mébul, Chez Josée ! Un excellent cru!

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Pour la semaine prochaine (#7) je vous invite à créer des acrostiches, comme les exemples ci-dessous, à partir des mots suivants: ASPHALTE – HURLUBERLU – IMMARCESCIBLE et COLIMACON!

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Challenge Ecriture Semaine 5

Boutons de rose
Feuillage éphémère
Energie nouvelle

***

Joli sourire
Draps parsemés d’étoiles
Repos assuré

***

Lumière nocturne
Avalanche d’étoiles
Sacre de la nuit

J’avoue que cet exercice n’a pas été simple pour moi, alors qu’il semble couler de source pour vous! Retrouvez les superbes participations ici: Chez Sweet Things, 5à 7 chez Mébul, Haikus nocturnes chez Marie et Haikus du printemps chez Josée

Pour la semaine prochaine (#6), continuons notre découverte de la poésie, en y associant quelques données mathématiques! Si, si, les deux peuvent aller de paire! Je vous invite donc à écrire un poème de Fibonacci, ou un Fib, qui est un poème comptant 6 vers et 20 syllabes, décomposées comme suit: 1-1-2-3-5-8. Le thème: couleurs et saveurs.

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La vie après la vie

Photo by Maria Orlova on Pexels.com

Mine de rien, les jours passaient et Lise prenait plaisir à jardiner, entre les roses qui dansaient dans les bosquets et l’arbre centenaire qui toujours veillait.
Elle remarquait chaque matin les nouveautés, petites graines devenues arbustes, mousse délicatement parfumée de quelques gouttes de rosée. Les oiseaux picoraient les restes de pain sur l’herbe, aux reflets émeraude, sur lesquels ses pieds glissaient comme ceux d’une ballerine sur une scène désertée.

Son jardin était ce lieu, riche d’espérance, gagnant en beauté à mesure qu’elle allait et venait dans les allées, avec son chapeau de paille sur la tête pour se protéger des rayons du soleil de mai, déjà taquin.

La peur de ne pas y arriver restait quelque part ancrée, mais lui semblait perdre en intensité à mesure que les souvenirs se faisaient plus légers. Elle ne pouvait oublier ce qui avait été, leurs mains posées sur le muret, les yeux dans le vide, à se susurrer des mots tendres, à écrire les lignes de demain. Cinquante ans ce n’est pas rien!

Il y avait eu le vide à apprivoiser, le silence un peu lourd des jours “sans”, apprendre à lâcher ses produits ménagers, qui lui donnaient l’illusion de laver son chagrin, envoyaient valser ses besoins. Loin, très loin.

Et puis par la fenêtre un matin, le printemps, quelques boutons rosés, le chant cristallin des moineaux perchés, un vent léger, le renouveau en mouvement, la vie, comme un appel, à honorer.

Ce texte est ma participation aux Plumes chez Emilie. La récolte de la semaine est la suivante: TENDRE JARDINER EMERAUDE RAYON ARBRE RENOUVEAU ESPERANCE GRAINE PEUR CHAPEAU DANSER SOLEIL MOUSSE MENAGER* MINE

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Challenge Ecriture Semaine #4

  • On a dit quoi nous ?
  • Rien
  • On a laissé faire. Juste un brin d’air, un peu plus d’herbe et de fleurs dans les cheveux. Un rideau qui se soulève, on a juste regardé par la fenêtre puis on a fermé nos yeux sur les courbes lascives des corps mélangés.
  • On aurait dû, dis ? Dire quelque chose.
  • On aurait pu. Lisa n’a rien dit non plus.
  • Papa nous a raconté tous ces trucs loufoques pour nous embrouiller la cervelle, tu te souviens, pour qu’on ne puisse plus savoir entre réalité et imagination – quelle vérité ?
  • Il a rendu les choses plus douces, plus acceptables pour des enfants.
  • Tu le défends toujours. Pourquoi ?
  • J’essaie juste de comprendre…
  • Il n’avait pas le droit.
  • C’est facile de juger !
  • Toi, tu ne juges jamais. La fille parfaite. C’est beau ta dévotion. Je n’en veux pas.
  • Et tu te fais du mal ! Ca te sert à quoi ?
  • Le mal, tu me parles de mal. C’est papa le fautif. C’est ce qui a tout foutu en l’air. Notre enfance, notre vie. Alors…
  • Tu as demandé des explications ?
  • Sur quoi exactement ? Entre deux allées et venues à l’hôpital pour voir maman qui perdrait le nord?
  • Est-ce que tu as cherché plus loin que ce que tu avais vu ?
  • Est-ce que je suis allée creuser, foutre les mains dans la boue pour déterrer ces foutus secrets, c’est ça que tu veux dire ! Non mais tu te moques de moi j’espère ! Chacun sa croix !
  • Alors tu as préféré le détester, plus pratique, plus commun.
  • Il a tué Lisa, merde !
  • C’est Lisa qui a choisi, c’est elle qui a voulu en finir, personne d’autre.
  • Tu aurais fait quoi toi ?
  • Moi j’ai choisi la vie.
  • Tu m’embrouilles avec tes histoires. Papa, on aurait dû l’enfermer, point barre. Maman elle est devenue cinglée à cause de lui, c’est à cause de lui tout ça, à cause de ses penchants malsains.
  • Tu te trompes de combat.
  • Tu n’as jamais rendu visite à maman de toute façon, sa présence t’était insupportable, pauvre petite fille riche !
  • Alors que toi tu t’en ai donné à cœur joie ! Tu cherchais quoi ?
  • A apaiser ses démons.
  • Tu as eu raison. Elle, on ne lui en a jamais voulu. Pourtant derrière les rideaux ce jour-là, c’était bien maman et Lisa. Moi aussi j’y ai eu droit et pas qu’à ça.
  • Tu dirais n’importe quoi pour salir sa mémoire.
  • Papa, il a fermé les yeux c’est vrai, il a laissé maman faire son petit business avec nous, il l’aimait trop m’a-t-il dit pour la dénoncer. Et pendant ce temps-là, c’est notre innocence qui se faisait la malle, entre les bras d’une mère qui usait de son pouvoir et nous utilisait pour son plaisir.
  • Et moi alors, pourquoi j’y aurai échappé ? T’as une idée !
  • Parce que papa a compris, après la mort de Lisa que si ce n’était pas lui qui osait enfin parler de ces violences, ce serait moi…

Retrouvez les autres participations ici: C’est le bouquet chez Mébul, En catimini chez l’encre nomade, Le cadeau chez Josée, Chez Sweet Things

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Pour ce deuxième mois, nous allons partir à la découverte de la poésie. Je sais que ce n’est pas forcément quelque chose d’évident pour beaucoup mais une fois encore, ce rendez-vous se résume ainsi: exploration et plaisir! L’année dernière, si mes souvenirs sont bons, nous avions essayé le triolet.

Pour cette première semaine (challenge #5) nous allons partir faire un tour du coté des Haikus. Vous connaissez sûrement, au moins de nom. Le Haiku est une forme de poésie japonaise qui célèbre la nature et l’éphémère, l’évanescence des choses, traduit des émotions. Il évoque souvent une saison. Les occidentaux ont repris l’idée et aujourd’hui on compose des haikus plus libres que les originaux, en respectant toutefois la règle des syllabes (5-7-5). Ci-dessous quelques exemples pour vous aider:

Dans la vieille mare,
une grenouille saute,
le bruit de l’eau.

Matsuo Bashō

Le vent se lève,
Un vent de la montagne !
Tu es contre moi.

Inconnu

Vous pouvez écrire un ou plusieurs haikus, sur le thème au choix (comme suggéré par Marie) du printemps ou de la nuit (ou les deux!) . Hâte de vous lire!

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Challenge Ecriture Semaine #3

Ils ne se doutaient pas. Derrière le mur, tant de silences. Des matins brumeux au goût de fausse espérance. Ils ne savaient pas. Derrière le flou, tant de non-dits, secrets gardés bien au chaud. Ils ne pouvaient pas savoir. Ils ne voulaient surtout pas voir. La trame des jours “sans” à se demander de quoi serait fait demain. Ils passaient le matin et le soir. Ils ne s’arrêtaient pas. Ils faisaient semblant de s’intéresser. Puis passaient leur chemin. Ils se croyaient dispensés des règles de savoir être en société.

La maison était belle et les enfants bien soignés, alors ils faisaient comme “si”, comme si tout allait bien. Ils jouaient aux “bien élevés”, un sourire par ci, un merci par là. Ils se vantaient d’être des gens comme il faut. Ils baladaient leurs egos dans les rues pavées du quartier.

Ils s’abstenaient de commentaires, d’ailleurs ils ne disaient rien, rien qui puisse faire des vagues. Ils se goinfraient d’ordinaire et de normalité. Ils se jugeaient au-dessus des autres, bien au-dessus. Ils savaient mais ils laissaient passer. Ils gardaient tout dans des boites, sur de belles étagères blanches. Ils partaient du principe – dangereux – que ce qui se passait derrière les murs ne les regardait pas.

Ils vaquaient à leurs occupations quotidiennes et s’enorgueillissaient de rendre service. Aux plus faibles, aux démunis, à ceux dans le besoin. Un beau faire-valoir, une preuve irréfutable qu’ils faisaient partie de la catégorie des gens bien. Et bons. Peu importe ce qui se paissait sous leurs fenêtres. Peu importe le silence. Peu importe le souffle froid des jours de peine.

A la barre aujourd’hui, ils témoignent, maladroitement. Ils ne savent que dire, ni comment, par quoi commencer surtout. Derrière le mur, ils n’imaginent plus. Plus rien ne cache l’horreur. Si seulement ils avaient eu le courage…

Retrouvez les textes des participants: Chez Justine Plume d’étoiles, Bien plus visible chez Mébul, Rose et le mur de briques chez Josée, Chez Sweet Things, Au jardin chez l’encre nomade

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Pour la semaine #4, dernière semaine sur le thème de la photographie, je vous invite à écrire un dialogue entre les deux personnes de cette photo en utilisant les mots suivants: croix, présence, imagination, loufoque, allées et fleurs.

Crédit Marie Kléber

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Challenge Ecriture Semaine #2

Une photo qui dise quelque chose, porte un message, une photo avec une mission en quelque sorte. Voilà ce que je cherchais, non pas par choix, mais par loyauté. Loyauté familiale, désir d’appartenance, quête de reconnaissance. Une photo, qui dirait tout, une photo avec une âme, comme une inspiration qui viendrait d’en haut et qui me ferait prendre du galon dans la généalogie familiale.

Mon grand-père parlait fort, il aimait l’engagement, il ne jurait que par l’intelligence, il militait pour des causes qu’il croyait justes. Et répétait à qui voulait bien l’entendre que son petit-fils marcherait un jour dans les pas des plus grands photographes, reporters. Il me voyait remportant des trophées, des prix jusqu’alors décernés aux meilleurs.

Cette photo je la traquais, nuit et jour, je cherchais celle qui allait me hisser sur le podium de tête, qui me donnerait accès aux louanges de celui que je considérais comme un héros et qui n’avait jamais eu ma chance.

Je me demandais bien parfois, souvent même, si on pouvait qualifier cet état d’être de chance. Je me posais la question de cette vie que je menais et qui ne me menait nulle part. J’interrogeais mes motivations et je questionnais mes prédispositions. Puis je culpabilisais de ces pensées de “riches”, moi qui disposait de tout ce dont j’avais besoin.

Un jour en passant dans une rue, j’avais croisé le regard de gamins, comme moi, qui jouaient, riaient. Je les avais longtemps regardés, comme hypnotisé par un spectacle somme toute ordinaire mais qui pour moi avait des allures d’ovni. Etaient-ils eux aussi liés par un quelconque pacte? Se sentaient ils eux aussi prisonniers d’un idéal impossible à atteindre? Ou bien vivaient-ils ce qu’il y avait à vivre, sans courir après cette insatiable envie d’exister pour quelque chose, de plus grand, de plus vrai?

J’avais immortalisé la scène. Une photo toute simple, qui ne se donnait pas des allures de grande dame. Un instant de vie volé à la grande course contre la montre à laquelle on m’avait inscrit sans mon accord tacite, bien avant même que je vois le jour. Un instant comme pour me rappeler que j’avais l’âge de ces gamins et que je vivais le rêve d’un homme sur le point de mourir.

Retrouvez les participations de cette semaine ici: Chez Plume d’étoiles, Photo sensible chez l’encre nomade, 1971 chez Josée, le bitume au vestiaire chez Mébul, chez Sweet Things

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Pour la semaine #3, je vous invite, à partir de cette photo, à écrire un texte sur l’arrière plan, le moins visible, le flou, le mur…Votre texte devra être écrit à la troisième personne (singulier ou pluriel). A vos plumes et claviers!

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Challenge Ecriture semaine #1

J’aurais donné le vert des prairies de Provence, décliné un “do” en mille et une symphonies. J’aurai peins les jours en couleurs pour chassé le gris, la tempête, pour t’éviter un naufrage.

J’aurais fait danser le bleu et le jaune, inventé des vers pour qu’au creux de la nuit tu ne te sentes jamais seule. J’aurais créé, à partir de rien, un nouveau monde, pour que tu viennes t’y ressourcer, loin des cris et du chaos des jours d’ailleurs.

J’aurais construis des ponts créatifs juste pour un sourire dans le lit des jours sans vie. J’aurais donné le blanc immaculé de la robe de baptême de l’enfant sacré. Un bain de jouvence dans un quotidien saccadé.

J’aurais décliné le rouge entre la terre et l’infini, la femme et l’impossible, entre désir et folie douce, entre le sang et le souffre.

J’aurais pu mais tu vois, je ne peux pas. Je peux juste être là, je peux juste une main, une prière. Je peux juste un regard, une pensée. Je peux juste l’amour mais l’amour aussi danse une valse dont je ne connais pas les accords. Je peux juste être là. Et espérer que demain toi aussi, tu le seras.

Retrouvez les participations ici: Chez Sweet Things, Colorer le temps chez l’encre nomade, Vole, Louise, Vole chez Nina, Couleur quand tu nous tiens chez Mébul, Voyage chez Plume d’étoiles

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Pour la semaine prochaine (#2), je vous propose toujours d’écrire à partir d’une photo mais en partant d’un point de vue spécifique, celui du photographe. Pourquoi avez-vous pris cette photo? Dans quel état d’esprit étiez-vous? Qu’est-ce que vous avez voulu montrer? Ce sont juste de pistes…

@mariekleber37