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Atelier d’écriture #19

Léa le regarde entrer dans l’eau. Il dit qu’il sait, où se trouve la source, qu’il l’a rêvée à demi dans l’obscurité de ses songes. Elle le laisse faire, le laisse s’approprier l’espace, un souffle d’air chaud à portée de regard. L’eau, là où il se trouve, se charge d’éléments indistincts qui forment comme un nuage de poussière. Il ne semble pas le remarquer, alors qu’elle ne voit que ça, cette vague opaque qui s’accumule et gâche le paysage. Elle appelle son nom mais rien ne sort, tout est froissé autour d’elle, d’eux. Elle sent déjà qu’il lui échappe…

Retrouvez ici les textes de cet atelier: Chez Josée, Chez Isabelle-Marie

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Je vais mettre l’atelier en pause le temps de l’été, car je suis peu présente ici, occupée voir très occupée ailleurs. Je vous souhaite de belles et douces vacances! Et vous dis à très bientôt!

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Atelier d’écriture #18

“Oui puisque ce soir on en parle, puisque ce soir tu me le demandes sans détour, je serais même prêt à aller jusque là, à faire ça pour toi, tu as l’air de tellement y tenir, ça à l’air si important pour toi, alors si ça peut te faire plaisir pas d’état d’âme, je te suivrai, je ferai ce que tu me diras.

Je me demande quand même comment nous en sommes arrivés là, à cette idée farfelue. Je fouille ma mémoire à la recherche de cette discussion que nous avons eu et qui revient sur la table ce soir. Un truc d’envies et de fantasmes. Est-ce que je m’attendais à ça? Pas le moins du monde. Je pensais que tu me sortirai un bon vieux cliché: l’ascenseur, la voiture, la forêt la nuit ou encore un lieu bondé en plein jour. Oui c’est ça, du classique, voir un truc un peu barré de soumission ou de te faire l’amour sans te toucher. Tu vois, j’avais déjà plein de scénarios en tête.

Et d’ailleurs où as-tu pu pêcher cette idée? J’aurai dû aller jeter un coup d’œil dans les magazines que tu ramènes toutes les semaines et qui me font l’effet d’être de la guimauve de bazar. Ils t’en vendent du rêve inaccessible devant lequel tu baves comme une adolescente transie.

Enfin, maintenant que j’y suis, plus le temps de maudire les journalistes ni de faire marche arrière. Chose promise, chose due, je ne suis pas du genre à renoncer. Alors comme je suis un amoureux aux petits soins, je vais te lécher un à un les doigts de pieds comme tu me l’as demandé avec un sourire espiègle. Mais sache que ce n’est vraiment pas ma tasse de thé!

Retrouver les textes ici: Chez Ghyslaine, Chez Josée, Chez Isabelle-Marie

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Merci de votre patience pour cet atelier. J’ai été prise par des affaires personnelles ces dernières semaines et je n’ai guère eu de temps pour cet espace. Je reprends mes bonnes habitudes tout doucement. Pour la semaine prochaine, je vous invite à écrire un texte à partir de cette photo – Crédit Olivier Reynes

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Atelier d’écriture #17

Les souvenirs, un mot qui fait froid dans le dos pour tous ceux qui s’y perdent aisément. Alice est de ceux là. Elle compte les petits papiers de toutes les couleurs qui jonchent la table du salon, tous ces instants de vies vécus à deux dans un temps qu’elle ne connait plus. Lui, il va, il vient, il n’est plus d’ici. Il s’arrête parfois pour la regarder dormir et il s’en va serrer le corps d’une autre dans ses bras.

Sur un des papiers, un voyage en Grèce. Sa jupe longue contre sa peau nue, le soleil très chaud, la mer comme une nappe de soie autour de leurs corps jeunes et ce sourire qui chahutait ses plus intimes pensées.

Sur un papier vert, le premier plus, premier enfant. Le premier matin d’une vie à trois. Premiers pas d’une vie qui espère le meilleur. Deux regards fixés sur le merveilleux.

Un papier rose l’embarque dans un gîte du Sud, l’odeur de la Socca et le chant des cigales, les conversations interminables entre amies à refaire le monde, réinventer les sentiments.

Puis un jaune comme les tournesols du champ d’à côté, un rouge pour le vin des grandes occasions, un bleu comme le ciel au dessus des promesses, un blanc pour sa robe de tulle, un gris pour les jours de pluie passés sous la couette.

Des souvenirs, elle se dit, qu’elle devrait réécrire pour peut-être rattraper l’amour qui sauve les apparences mais qui fuit. Cette fuite là elle ne sait pas si elle y résistera.

Retrouvez les participations ici: Chez Isabelle-Marie, Chez Marinade d’Histoires, Chez Josée

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Pour la semaine prochaine, je vous invite à commencer votre texte par la phrase suivante (tirée du livre: de Serge Joncour combien de fois je t’aime): “Oui puisque ce soir on en parle, puisque ce soir tu me le demandes sans détour, je serais même prêt à aller jusque là, à faire ça pour toi, tu as l’air de tellement y tenir, ça à l’air si important pour toi, alors si ça peut te faire plaisir pas d’état d’âme, je te suivrai, je ferai ce que tu me diras.”

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Atelier d’écriture #16

Texte à venir sous peu

Retrouvez ici les participations: Le texte de Rizzi ci-dessous, Chez Sweet Things, Chez Mijo, Chez Isabelle-Marie, Chez Josée

L’inaccessible étoile

Marion Blédine, perchée sur l’extrême bord d’une chaise transparente qu’elle imagine design, se demande ce qu’elle fait face à cette journaliste péremptoire aux talons et à la voix hauts perchés qui vient de la lancer, comme on dit dans le métier :

  • Chère Marion Blédine, nos auditeurs sont impatients de connaître les tenants et les aboutissants de votre singulière reconversion professionnelle. Racontez-nous votre parcours de vie !

Ça lui fait drôle à Marion de parler d’elle. Elle ne se rappelle pas que quelqu’un se soit jamais intéressé aux méandres de sa vie. Peut-être même pas elle-même. A la maison ça criait fort, crescendo. Parfois, la vaisselle des services des grands-mères volait haut, se heurtait fort et retombait mal. Dans l’acmé de la crise, les portes claquaient. Elle se rappelle que le pire c’était le silence d’après, dans lequel il fallait tenter de recommencer à vivre, en apnée d’abord, jusqu’au prochain tsunami. A l’école, à cause de son patronyme au goût de farine lactée et des rondeurs poupines qui ne la quittaient pas, on la surnommait la bouillie ou simplement la bou-bou.

Quand il avait fallu s’orienter professionnellement, Marion avait choisi gardienne de la paix parce qu’elle avait toujours cru dans la force des mots. Si on lui confiait la paix, elle s’engagerait à la garder farouchement. Ça c’était dans l’idée. Dans les faits, la paix n’était malheureusement pas au commissariat. Elle y a tout juste attrapé la stature hommasse que donnent l’uniforme et ses accessoires et l’esprit de corps. Les collègues sont devenus des copains, les copains des potes et le vidage des pintes de bière un sport collectif après le service. On l’appelait Bou-boule.

Après des heures et des heures de service, la retraite est arrivée avec l’envie de faire quelque chose de ses dix doigts. Elle a ouvert un atelier de réparation et d’entretien de radiocassettes. Ses clients sont paisibles, de vieilles personnes du quartier qui lui apportent des appareils de l’autre siècle frappés de mutisme. Marion opère à moteur ouvert, elle répare les engrenages défectueux. Ces machines, elle les bichonne, les pomponne, les dorlote et les rend en état de marche à leurs propriétaires ébahis. Avant de les laisser partir, Marion glisse une cassette dans la gorge de l’appareil, enfonce la touche noire du clavier et écoute la voix de Jacques Brel chanter sa quête de l’inaccessible étoile. Alors, c’est comme si elle devenait Don Quichotte de la Mancha. Ses clients l’appellent Marion.

Rizzie

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Mon texte arrivera plus tard dans la journée ou la semaine. En attendant vous avez un peu de lecture et je vous laisse avec les consignes pour le prochain atelier: écrire un texte à partir de la citation suivante “pour bien écrire, il faut savoir vivre et revivre ses souvenirs” Alain Mabanckou. Au plaisir!

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Atelier d’écritude #15

Je fais souvent la rencontre fortuite
D’une femme inconnue, que j’aime, qui n’est que fuite
Et qui n’est, chaque fois, que pur accident
Jamais au grand jamais, elle ne me comprend.

Mon esprit s’emballe et mon cœur transparent
Ne cesse d’être un problème
Pour elle seule, qui pour un idiot me prend
Elle seule ou tout son écosystème ?

Est-elle brune, blonde ou rousse ? J’essaie d’oublier
Son nom ? Je ne veux pas y penser
Comme ceux des autres qui m’ont laissé tomber

Sa dureté fait penser au regard des statues,
Et, pour sa voix, n’en parlons pas, elle à
L’inflexion scandaleuse de ceux que l’on nomme « parvenus »

L’exercice n’était pas simple mais il a été relevé avec brio! Retrouvez les participations ici – avec un nouveau participant à l’atelier: Chez Sweet Things, Chez Isabelle-Marie, Chez Josée, Chez Mijo, Chez Marinade d’histoires, Chez tiniak

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Pour la semaine prochaine, je vous invite à écrire un texte ou un poème à partir des données suivantes: “Anciennement gardien de la paix, Marion Blédine a lancé un atelier de réparation et d’entretien de radiocassettes au rez-de-chaussée de son ancien bureau. Elle nous raconte sa reconversion.

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Atelier d’écriture #14

Vivian réfléchissait et plus il réfléchissait, plus le tintamarre dans sa tête prenait de l’ampleur. Un vrai orchestre avec trompette et cymbales. Il se demandait bien comment une idée aussi saugrenue avait fait son chemin dans sa calebasse. Le revoir, après tout ce temps, dix ans, invraisemblable ! A quoi ça pouvait ressembler des retrouvailles dans la même ville, au même endroit, avec les mêmes individus et entre temps, des souvenirs, des blessures, des départs, des remords ?
Retrouver son numéro, le composer, hésiter, résister, puis parler derrière le combiné. Il s’était esbaudi au timbre de sa voix, juste un peu. Quelques minutes et un rendez-vous pris : le café du boulevard, celui des grandes nouvelles, avec les lampes de toutes les couleurs, à 19h tapantes.

Vivian sentait ses jambes se dérober à mesure qu’il approchait de l’endroit. Le grand café avait perdu de sa superbe, les couleurs de leur splendeur d’antan. Il s’installa à une table, dans un coin, à l’abri des regards. Après tout, ce rendez-vous, loin d’être une sinécure, méritait un brin de discrétion. Au téléphone, esquivés les sujets nidoreux, mais ils demeuraient comme un fouillis disproportionné entre eux deux.

Il vit arriver Paul de loin. Aucun changement dans sa démarche, il parlait toujours avec les mains, invectivait les passants qui marchaient lentement sur le trottoir. Vivian se demanda, un court instant, si il ne fallait pas mieux payer le café et partir. Il avait pensé que Paul aurait pu changer, qu’il aurait pu développer des qualités empathiques ou enrichir son vocabulaire émotionnel. Mais de là où il regardait il voyait le même numéro se jouer à des années d’intervalles. Il le retrouvait tel qu’il l’avait quitté, devant le jardin et les roses trémières, le dernier des cuistres singeant ses mimiques et se moquant de ses manières, comme il disait.

Paul s’installa tout sourire en face de lui, mais avant qu’il ait eu le temps de prononcer une parole, Vivian sortit d’une traite : « maman va mourir et c’est toi qu’elle réclame », laissa le café sur la table avec un numéro, ivre de fureur mais satisfait du devoir accompli.

Un grand merci aux participant(e)s – retrouvez ici les textes: Chez Isabelle-Marie, Chez Sweet Things, Josée, Mijo

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Pour la semaine prochaine, je vous invite cette fois à la poésie en partant du poème “mon rêve familier” de Paul Verlaine et en changeant à votre guise les morceaux de phrases en gras (d’après une proposition de Josée):

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime,
Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon coeur transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d’être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse ? Je l’ignore.
Son nom ? Je me souviens qu’il est doux et sonore,
Comme ceux des aimés que la vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L’inflexion des voix chères qui se sont tues.

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Atelier d’écriture #13

Une étoile sur un trottoir
Perdue sur l’asphalte brulant
D’une ville excentrique
Avec ses maisons extravagantes
Ses arbres difformes
Sa nature de gris marinés
Ses formes diverses et variées
Comme dans un rêve apocalyptique
Qui ne ferait que nous emmener
Vers une fin démesurée

Une étoile que j’ai cueillie
Sur l’asphalte humide
Pour la sauver d’un destin
Que je ne saurai vouloir pour mon prochain

Et elle et moi nous avons marché
Dans les herbes hautes
Jusqu’à ce sentier perdu
Jusqu’à ce territoire en friche
Cette terre battue par les vents
Et cet air dépourvu de vices

Là, elle s’est envolée pour rejoindre les siens
Et j’ai construit de mes deux mains
Le monde de demain

Retrouvez ici les participations: Chez Sweet Things, Chez Isabelle-Marie, Chez Josée

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Pour la semaine prochaine, normalement plus personne ne sera en vacances (!), je vous invite à faire se rencontrer deux personnages qui ne se sont pas vus depuis 10 ans, en intégrant les mots suivants: sinécure, cuistre, s’esbaudir, nidoreux et tintamarre. Merci et au plaisir de vous lire!

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Atelier d’écriture #12

“Je n’attendais que vous, rendez-vous demain même heure, même endroit”, écrit à l’encre rouge sur la première page du dernier roman de Jean-Christophe Grangé, Lucie sursaute et se tourne de tous les côtés pour voir si quelqu’un l’observe. Autour d’elle, il y a du monde, tant mieux et le ciel est d’un bleu éclatant. Elle respire, certaine que rien ne peut lui arriver. Elle efface vite la terreur et relit la phrase, qui ne la laisse pas indifférente. Lucie ne rate aucune émission sur les psychopathes d’hier et d’aujourd’hui, quand elle part en vacances, elle s’assure toujours de rendre une petite visite aux Hôpitaux Psychiatriques ou asiles abandonnés. Elle est friande de tout ce qui a trait de près ou de loin aux tourments et tortures du psychisme humain.

De là, à partir elle même en quête d’indices plus précis, il n’y a qu’un pas. Mais se sent elle réellement prête à tenter le tout pour le tout, quitte à avoir son portrait en première page d’un énième fait divers dont elle serait la principale victime? Lucie prend le livre et va s’installer sur un blanc du parc, pas trop loin de l’effervescence, mais assez reculé quand même pour pouvoir réfléchir à tête reposée.

Sa fibre aventurière l’enjoint d’éclaircir le mystère, dès demain, même heure, même endroit. Sa raison, elle, lui coupe l’herbe sous les pieds – une idée dangereuse et qui ne la mènera qu’à sa perte. Qu’à cela ne tienne, Lucie se sent d’humeur à passer à l’action, après tout elle a une bonne connaissance de ce genre de terrain et il est grand temps que ses heures à dévorer des histoires sordides lui servent enfin à quelque chose.

Lucie passe une nuit difficile, dans ses rêves les mots dansent et son cœur s’impatiente. Elle voit sa vie défiler, ses premiers pas sur des petites intrigues des cours de récréation et son intuition maintes fois célébrée par petits et grands. Le doute n’a pas sa place et c’est pleine de frissons qu’elle se rend au parc le lendemain, son livre sous le bras, bien décidée à lever le voile sur le messager.

En s’approchant de la boite aux livres où se trouvait hier le roman, elle aperçoit une silhouette, qui furette avec énervement. Elle attend un peu en retrait que l’individu passe son chemin. Mais il reste, il se prend la tête dans les mains, sort des “putain” à tort larigot, invective les passants, cherche du regard les environs avant que ses yeux ne foudroient Lucie. Un regard noir, perçant, angoissant. Il fonce droit sur elle et lui arrache le livre des mains “espèce de sale voleuse, c’est le mien.” Lucie ne bouge pas, interloquée, contente de constater que la foule autour s’est arrêtée, non pour assister au spectacle mais pour intervenir si l’homme se met à la frapper.

Au loin, on entend des sirènes. Puis plus rien. Plus d’homme, plus de cris, juste les oiseaux qui pépient et une phrase qui arrive aux oreilles de Lucie “depuis le temps que je vous le disais que le vieux JC finirait en HP!”.

Retrouvez ici les jolies participations de: Sweet Things, Josée, Mijo, Isabelle Marie

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Pour la semaine prochaine, je vous invite à écrire un texte à partir de la photo suivante. Hâte de vous lire! Belle semaine.

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Atelier d’écriture #11

“Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne”
Je le sens je le sais
Je retrouverai tes pas dans les pas de nos pères
La garnison de thym et les charpentes de lierre
J’entendrai le bruit cristallin de l’eau
Le chant sacré du petit ruisseau
En contrebas duquel nous nous régalions hier
Des mûres sauvages près des champs de bruyère
Je décèlerai un rire, un de ceux qui chavirent
Un regard au loin, le tempo d’un soupir

Et la terre se souviendra
Et la terre me soulèvera

J’irai haut dans le ciel rejoindre les oiseaux
Dévêtu de tous mes vieux oripeaux
Je serai nuage, voyage, vagabondage
Un autre moi, sans âge, plus sage

Retrouvez les participations ici – Un grand MERCI à tous: Chez Sweet Things, Chez Isabelle-Marie, Chez Mijo, Chez Josée, Chez Marinade d’histoires

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Pour la semaine prochaine, on va partir de la situation suivante: votre personnage se promène, croise une boite à livres, en choisit un et en l’ouvrant lit la phrase suivante “Je n’attendais que vous, rendez-vous demain même heure, même endroit”. A vous d’imaginer la suite…

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Atelier d’écriture #10

Texte à venir…

Toutes les autres participations à découvrir ici: Chez Isabelle-Marie, Chez Sweet Things, Chez Josée, Chez Sandra

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Pour la semaine prochaine, je vous propose d’écrire un poème ou un récit à partir de la célèbre strophe suivante “Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne” en partant sur un style complètement différent de celui du poème initial. Au plaisir de vous lire!

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Atelier d’écriture #9

Lisa caresse du regard le jardin de son cœur

Les lilas blanc qui caracolent sur les allées
Les aubépines en fleurs tachetées
Les arbres aux branches qui s’entremêlent
Servant de parasols les jours de grand soleil
Les pâquerettes aux airs de fête
Les rosiers au parfum fruité
Sur l’herbe fraiche de rosée
Elle se pose nu-pieds
Humant les odeurs qui se dégagent
De la nature au petit jour
Un plaisir qu’elle s’offre sans détour
Sa plus belle invitation au voyage

Retrouvez les participations ici: Chez Isabelle-Marie, Chez Sweet Things, Chez Sandra, Chez Mijo, Chez Josée

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Pour la semaine prochaine, je vous invite à écrire un texte qui inclura toutes les phrases suivantes: “en dépoussiérant son grenier” – “la table en bois nappée aux couleurs de l’Italie” – “la boite de nuit puait le whisky rance” – “il s’en est fallu de peu pour qu’il perde l’équilibre” et “la porte s’est ouverte sur sa tête cramoisie”. A Vos Plumes!

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Atelier d’écriture #8

Quel ennui! Et ce vent qui n’en finit plus! Et ce temps qui s’allonge sans aucune perspective d’occupation. Et dire qu’hier encore on se plaignait de l’entendre chanter, de sa voix mal assurée, en baladant son panier plein à craquer de bodies de toutes les couleurs. Et dire que nous la trouvions trop délicate quand elle nous prenait par la taille pour faire tenir sa ribambelle de coton. Nourrice nous avait prévenues: attention les filles, l’heure va bientôt sonner où vous ne servirez plus que pour les jeans usés et les t-shirt aux tâches de gras impossibles à faire partir! Beaucoup moins agréable. D’ailleurs, depuis, on a remarqué qu’elle chantait moins, que son panier semblait peser un peu lourd certains jours. Elle finissait par nous attraper vivement, même pas un regard. Mais c’était encore mieux que ce vide.

On s’interroge entre nous, on ne sait pas vraiment ce qui nous attend. C’est pas dans ses habitudes de nous laisser là sur le fil, de ne même pas nous rentrer pour la nuit. Il se passe quelque chose. On a voulu envoyer une des nôtres en reconnaissance, de l’autre côté du jardin. Elle s’est défait la hanche à mi-chemin. Pas de bol! Depuis on attend…

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Elles se la coulent douce les ménagères! Hier elles faisaient la tronche devant les bodies, et les voilà qui regrettent. Tant mieux pour elles. C’est pour ça que je les malmène un peu, que je souffle pour ne plus entendre le tintamarre de leurs voix.

Elles n’ont rien compris à l’histoire. Ca me ferait presque pitié, mais je ne me laisse pas aller à ce genre d’émotions inconséquentes. Elles l’ont bien mérité cette inactivité. Et la perspective d’un changement de programme s’éloigne à vue d’œil. Si elles ne savent pas, moi je suis au parfum de ce qui se trame de l’autre côté du jardin. Je vais, je viens, personne ne s’occupe de moi, sauf pour pester quand je me défoule et que ça gâche les photos de mariage!

Elles peuvent toujours courir pour que je les mette au courant. Fallait pas qu’elles cancanent et qu’elles disent du mal…

En attendant, retrouvez les participations ici: Chez Sandra, Chez Isabelle-Marie, Chez Marinade d’Histoires, Chez Josée, Chez Mijo

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Pour la semaine prochaine, une nouvelle idée, une nouvelle invitation à laisser s’exprimer votre inspiration / imagination – rendez-vous au pays des odeurs du jardin. Invitez tous vos sens et faites nous découvrir cette ou ces odeurs qui vous subjuguent, vous entêtent ou celles que vous fuyez!

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Atelier d’écriture #7

J’étais pigiste dans un journal raté qui nourrissait la cervelle de tout un tas d’artistes sur le retour, qui se prenaient pour des demi-dieux. Ils pensaient, à tort, détenir la palme de la créativité alors même que la seule chose qu’ils faisaient était de tracer des lignes sur une page blanche. Des lignes de couleur, certes, mais tout de même.
Tous les matins je me coltinais la revue de presse, les interviews des quinquas bohème, les joutes verbales sans fin de ces énergumènes sans le sou, pour qui l’art ne rentrait dans aucune case, faisant d’eux des êtres supérieurs.

J’avais décroché ce boulot, pour arrondir mes fins de mois, à la suite du vernissage du copain d’un copain d’un copain. Quand on rame, on part à la pêche !
La fête battait son plein et je notais sur un carnet ce que m’inspiraient les œuvres impudiques et quelque peu torturées, quand une grande frite s’était pointée devant moi, sourire aux lèvres en me demandant si j’étais la journaliste dédiée à cette « exposition fa-sci-nante ! »
J’avais été tentée de dire que je trouvais le tout absurde et sans intérêt, pire encore complètement grotesque mais je ne savais pas qui était cette nana, j’avais donc joué la carte de la fille hyper sensible à la singularité de ces œuvres, usant et abusant de superlatifs, ne trouvant pas de mots assez forts pour décrire ses émotions face à cette imagination éblouissante.

Un vendredi soir sur la terre et un lundi matin en enfer. J’avais signé les yeux fermés après quelques shots de tequila, histoire de tenir le coup face à l’hystérie de celle qui avait fait de moi sa nouvelle égérie.
Depuis et en attendant de trouver mieux, je compte les jours en traçant des lignes sur le calendrier art déco – cadeau de la direction – accroché au mur de mon bureau, coincé entre des caisses de peinture et des kilos de pinceaux, prêts à me faire la peau !

Retrouvez les participations ici: Chez Isabelle Marie, Chez Marinade d’histoires, Chez Sweet Things, Chez Mijo, Chez Sandra

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Pour la semaine prochaine, je vous invite à écrire un texte sous deux angles différents – c‘est un exercice que j’aime beaucoup – à partir de la photo suivante: une partie sous l’angle de la nature et l’autre sous l’angle des pinces à linge! Amusez-vous bien!

Photo by Karolina Grabowska on Pexels.com
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Atelier d’écriture #6

“Le début de l’absence est comme la fin de la vie”. Madame Violette l’avait écrit en gros sur le tableau noir, en claironnant “Vous avez 3 heures!” Le choc.

Je ne voyais que le mot absence, la sienne. Depuis, depuis quand déjà?

Elle était riche de convictions, je n’avais aucun avis sur les choses. Elle était mère de cinq enfants, le seul que j’aurai pu avoir s’était éclipsé avant les 9 mois réglementaires. Elle connaissait l’amour avec un grand A, je n’avais fait que l’effleurer. Ses projets menés à terme narguaient les prémices des miens. Elle allait à la messe le samedi soir et le dimanche, nous nous retrouvions, bombes de peinture à la main, trois heures rien que pour nous, loin de nos univers respectifs, loin de tout ce qui faisait un monde à mille vitesses.

Je ne voyais que le mot fin, comme un mauvais clin d’œil. J’avais taggué le French en rose. Elle avait ajouté le Kiss. Ca avait de la gueule notre association. La dernière. Le dimanche suivant j’ai attendu en vain. Et puis j’ai essayé les mails, les appels. Rien. J’ai continué à y croire quand tout me poussait à abandonner. Puis un matin, j’ai vu son nom. Accident de la route. Voilà ça s’était fait comme ça, tout simplement. Je n’en avais rien su car je n’avais aucune place dans sa vie, ou alors de loin.

La cloche a retenti me sortant de mes souvenirs. Trois heures déjà que j’étais partie. J’ai rendu copie blanche, presque rassurée. Cette page vierge de mots parlait d’elle même.

Retrouvez toutes les participations ici: Chez Isabelle Marie, Chez Sandra, Chez Marinade d’histoires, Chez Josée, Chez Mijo, Chez Sweet Things

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Pour la semaine prochaine, je vous propose d’écrire un texte qui commencera par la phrase suivante: “J’étais pigiste dans un journal raté qui nourrissait la cervelle de…”

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Atelier d’Ecriture #5 (Petit Changement)

A chaque nouveau dossier, l’euphorie pointe. Manon sait pourquoi elle a choisi ce métier. A l’heure des lait-menthe et des cassettes audio, elle avait déjà ce sens de l’autre, cette envie de casser les codes, elle prônait la Justice comme valeur absolue. Elle avait prêté serment avec fierté. La photo de ce jour mythique trône dans son bureau parqueté, aux murs blanc immaculé. Un endroit paisible pour accueillir les confidences de celles et ceux qui remettent leur vie en question et se lancent dans une aventure dont les tenants et aboutissants sont incertains.

Les jours où elle n’est pas en audience, elle s’installe devant sa table en verre et regarde par la fenêtre, Paris, sa ville, ses boulevards, son trafic, ses gens qui passent, qui s’aiment un peu, beaucoup, ses idées qui volent et s’écrasent parfois avec fracas sur le bitume, avant de reprendre leur ascension et leur liberté. Le plan est simple : respiration, hydratation avant d’accueillir le prochain client.
Chacun arrive avec ses maux et ses besoins, autant d’appels au secours qu’elle tente d’écouter avec professionnalisme. Elle note les grandes lignes au milieu des bribes de vie chargées d’émotions. On le sait bien une version des faits est toujours empreinte d’une certaine couleur en fonction de la personne qui la partage et de son état d’esprit.

Elle récupère ensuite les pièces, les justificatifs, sort quelques instants, la salle de reprographie au bout du couloir est devenu son sas privilégié de filtration des informations récupérées, qu’il va falloir trier. Afin d’apporter une aide constructive et préparer un dossier en béton pour la suite des festivités.
De retour dans son bureau, elle fait un bilan au client, lui donne les points clés de la procédure qui va suivre. Elle sent son regard qui retient une fontaine de larmes, qui explosera une fois les mains serrées sur le pas de la porte.

A la fin de chaque rendez-vous, elle prend quelques minutes pour elle, histoire de faire le vide. Ses pensées l’entrainent sans cesse entre les bras d’Yves, loin du tumulte, sa présence est rassurante. Elle se laisse aller au dernier souvenir de leurs corps emmêlés dans un lit anonyme, qui tel un nuage moelleux lui offre un répit salutaire.

Retrouvez les participations ici: Chez Sweet Things, Chez Isabelle-Marie, Chez Sandra, Chez Mijo, Chez Josée, Chez Marinade d’Histoires

Bravo à toutes! L’exercice n’était pas simple et vous avez fait des merveilles! Comme quoi un peu de piment pour révéler le meilleur de soi.

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Pour la semaine prochaine, place à la photo, il semble que certains préfèrent! Mais avec une contrainte (sinon ça ne serait pas drôle), votre texte devra inclure la citation suivante: Le début de l’absence est comme la fin de la vie.” ( Félix Lope De Vega ).