Mes lectures de Janvier

Je n’excelle guère en critique littéraire, mais j’aime découvrir de nouveaux auteurs, de belles histoires. J’aime lire aussi, voyager, m’évader, imaginer, me perdre dans d’autres vies que la mienne, comprendre un peu plus le monde et appréhender d’autres styles, toucher du doigt des destins hors du commun ou tout à fait ordinaires. J’apprécie l’art du récit, l’art de l’intrigue, des énigmes. J’admire la capacité qu’on certains auteurs pour nous embarquer dans de fascinantes aventures tout en nous tenant en haleine.

C’est pourquoi cette année, j’ai choisi de partager avec vous mes découvertes littéraires à la fin de chaque mois. Je n’écrirais que quelques lignes sur chaque livre, ce qu’il m’a offert (ou pas d’ailleurs), ce que j’ai ressenti en le lisant. Et en commentaires je vous demanderais juste de citer un livre qui vous a touché (pour que je puisse moi aussi en profiter!)

C’est parti pour Janvier…

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  • Dans le jardin de l’ogre de Leïla Slimani

Un livre qui prend aux tripes – sur la sexualité compulsive féminine. Adèle est malade, son corps est un tyran qui recherche sans cesse le plaisir physique. Elle multiplie les amants, les infidélités. Elle souffre, se perd, se détruit à petit feu. On sent à travers les lignes de l’auteur toutes les émotions contradictoires qui traversent son quotidien. Le sujet m’a paru dans un premier temps trop délicat pour moi, mais la plume est tellement belle et juste qu’on ne peut qu’être touché(e) par cette lente descente au enfers.

  • Le confident de Hélène Grémillon

On change de style. Entre récit historique et drame / suspens psychologique, l’auteur nous entraine à la suite de Camille qui vient de perdre sa mère et qui au milieu des lettres de condoléances, reçoit des courriers manuscrits qui parlent d’une histoire d’amour impossible et laissent présager un secret que Camille devra percer pour découvrir la vérité sur ses origines. Une plume légère, une intrigue passionnante, une fin inattendue. Touchant et cruel.

  • Chanson douce de Leïla Slimani

Celui ci est son second roman, qui a reçu le Prix Goncourt 2016. Le roman s’ouvre sur la scène finale – tragique. Au fil des pages l’auteur dissèque les sentiments, émotions des protagonistes. D’un côté Myriam et son mari, jeunes parents de deux enfants. De l’autre, Louise, nounou. Leurs destins ne vont pas seulement se croiser, ils vont fusionner les uns dans les autres, jusqu’à ce que la limite entre leurs deux univers ne soient plus qu’une simple illusion. Un roman féroce sur les différences et relations sociales, sur une réalité sordide, porté par une écriture authentique, glaçante, nerveuse et parfois terriblement poétique, comme pour adoucir la dureté de la chute.

  • Eureka Street de Robert Mc Liam Wilson

Je ne pouvais pas passer à côté d’un voyage en Irlande. Ce livre se situe en Irlande du Nord, à Belfast, ville marquée par de terribles affrontements, un conflit religieux interminable. A travers les destins de plusieurs amis, l’auteur nous emmène dans un Belfast méconnu, dévasté, sensible, violent, plein d’espérance. Ce qui m’a séduite, c’est la façon dont l’auteur nous tient en haleine, sur plus de 400 pages, mêlant grande histoire et récit de destins ordinaires.

  • D’après une histoire vraie de Delphine de Vigan

Si il y a des livres qui ont un impact sur nos vies et les changent, celui-ci en fait partie. Ce n’est pas tant le style de D de Vigan qui m’a séduite, mais l’histoire, un traitement juste de l’emprise – plongée abyssale dans de ténèbres connus. Même incapacité à dire-avouer-s’avouer-se dire. Ce roman est il autobiographique ou s’agit t-il d’une fiction? Le mystère reste entier. Qu’importe. J’ai également énormément apprécié la prestation sur l’essence de l’écriture (les dialogues sont percutants), sur le travail de l’écrivain, son devoir de vérité. Ce livre m’a permis de mieux appréhender mes doutes et questions sur mon devoir de transmission personnel, et de la nécessité pour moi d’aller au bout de mon manuscrit.

  • Billie de Anna Gavalda

Il s’agit de ma seule déception du mois. Je suis pourtant une inconditionnelle d’Anna Gavalda. J’ai dévoré tous ses livres. Mais là, je n’ai pas tellement accroché. L’histoire, celle de deux écorchés vifs, Billie et Frank, qui vont se rencontrés, alors que tout ou  presque les sépare. Le style m’a paru fade par rapport au reste. Mais ça se lit facilement et rapidement.

Vous en avez lu parmi ces six là? Vos réactions?

A vous de me confier vos coups de coeur de Janvier…

Partants pour une Echappée Belle !

978-2-84263-756-9

Un bon cru d’Anna Gavalda, comme je les aime. Du rire, des souvenirs, une envolée lyrique comme elle seule sait le faire. On s’attache vite à Garance, à ses frères et sœurs. On s’attache vite à la vie qui passe, à l’enfance qu’on essaye à tous prix de garder intacte. On s’attache aux paysages, aux gens, à la voiture qui nous balade entre hier et aujourd’hui, entre un passé trop présent et un avenir qu’on anticipe un peu trop amer pour devoir y penser maintenant.

Une échappée belle dont on rêve tous. Prendre la route, laissant derrière nous, le temps de quelques heures, les contraintes, les horaires, les obligations, la famille, les soucis. Partir prendre l’air et écouter les larmes aux yeux les refrains chéris de nos tendres années.

J’aime son style, sa façon de nous accueillir, de nous faire nous sentir chez nous dès la deuxième page. J’aime ses personnages toujours un peu fous, toujours au bord d’un quelconque précipice mais toujours prêts à foncer, à tout tenter, à renaître.

Une échappée belle un peu courte. Mais peut-on s’extraire plus longtemps à la vie? Peut-on vivre plus de quelques heures hors du temps qui finit par nous manquer ?

Une échappée belle comme une parenthèse enchantée, idéale en ce début de printemps !