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Nos vies…

Crédit Kaboompics

Si on savait l’issue on ne tenterait rien. On resterait dans le sas clos des certitudes, dans le confort du connu. On ne ferait pas le tour du monde. On ne prendrait pas de risque. On serait dans la vie qui passe sans être dans dans la création. On passerait à côté du meilleur. Such a shame!

Et du pire. Parfois ce serait mieux. Parfois on aimerait l’anticiper et ne pas faire le pas qui nous condamne. A souffrir.

Pire à se perdre, à renier son identité, sa vérité. A devenir quelqu’un d’autre, quelqu’un qui ne se respecte pas.

Quand on est tombé on aimerait avoir ce super-pouvoir d’éviter aux autres la chute. On aimerait y croire pour eux sans que des images sordides nous viennent à l’esprit. On aimerait pouvoir ne pas tout mélanger, pouvoir dire sans faire de mal, prévenir sans juger.

Nos vies, si semblables et si différentes. Nos vies, si fragiles et si denses. Nos vies entre éclats de joie et crises de larmes. Nos espoirs et nos masques. Nos épreuves et nos victoires.

Chacun son histoire, ses expériences. Se le répéter, le laisser infuser, se le tatouer à l’encre bleue, se l’imprimer dans le cœur. Et chasser les images, la naissance du gouffre.

Se souvenir qu’on en revient, même du pire. Un peu égratigné, oui. Les ailes, un peu abîmées. Le cœur en plein de morceaux qui se recollent avec beaucoup d’amour.

Alors lâcher prise et laisser faire, laisser être. Faire confiance. A la vie!

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Trois ans!

Crédit Kaboompics

Trois ans de nous deux. Déjà.

C’est étrange cette histoire de temps qui file. De nos pas qui nous mènent tantôt ici, tantôt là. Trois ans c’est un peu comme un passage, ce cap vu au loin jamais dépassé. L’avantage du temps et des expériences c’est que ça nous apprend ce qu’on vaut, ce qu’on vraiment. Créer.

Quand je repense à nous il y a trois ans, c’est un peu étrange. Un mélange de nostalgie et de contentement. Toujours les mêmes contradictions, c’est presque rassurant!

Mais surtout tant de chemin parcouru pour nous deux, avec des périodes de doute et des périodes de joie intenses, des peurs qui doucement s’apaisent et d’autres qui peut-être finiront par disparaitre. Un flot continue d’émotions, de sensations. Un plein de vie, celle que nous avons choisi d’écrire à quatre mains. Avec nos repères et nos compromis.

Je n’ai pas besoin d’en faire des tonnes ici, ce soir. Tout s’écrit entre nous. Mais j’aime aussi partager ce que je pensais presque impossible il y a trois ans. La confiance, l’attention, le partage, pouvoir tout se dire, tout écrire, trouver même les mots pour ce qui relève parfois du mystique.

Et surtout appréhender l’amour sous un angle différent, pas comme une compensation ou une hypothèse, que sans l’autre nous ne sommes pas. Vivre l’amour qui unit, donne des ailes, est porteur d’une énergie libératrice.

Je nous dit “merci” pour ces trois années, pour tout ce que nous avons découvert, inauguré, essayé, dépassé main dans la main. Dans le respect de nos différences et de nos différents aussi. Je nous souhaite encore plus, plus de bonheur, plus de sourires, plus de regards complices, plus d’échanges enrichissants, plus de passion, plus de folie douce, plus d’instants de vie à savourer, à l’infini!

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Dans la malle aux souvenirs

Ouvrir la malle aux souvenirs…

Ils sont si nombreux à peupler nos mémoires. Un rien peut les activer. Un rien pour leur redonner vie. Une musique, un mot, un parfum, un bruit, le roulis de l’eau, le générique du top 50, un tube à la radio, un verre de diabolo menthe. Et la valse commence. Le temps s’arrête sur une image.

Les bouchons sur la route des vacances. Les voitures remplies à ras bord. Le départ aux aurores. Les cassettes enregistrées qu’on passe en boucle et les kilomètres qu’on avale en répétant inlassablement « on est bientôt arrivé ? » tout en sachant qu’on vient juste de partir. L’aller presque triomphant. Et le retour passablement moins enthousiasmant.

Le temps de l’école. Et le temps des congés. Le temps de cahiers ouverts et des bouts de stylos mâchouillés, de l’odeur de la colle en pot. Le temps des déguisements dénichés au grenier, des casseroles que l’on brinquebale d’un bout à l’autre du jardin, des tambouilles d’herbe et de cailloux. Le temps des colonies, des cartes reçues, de celles que l’on envoie pleines de fautes d’orthographe. Le temps des pieds dans l’eau, des bains de boue et des bals du 14 juillet.

Les soupes du dimanche soir et les épinards à la crème de la cantine, passablement écœurantes. Le 7 sur 7 d’Anne Sinclair et nos mercredis “télé, bonbons et bavardages”. Les weekend à la mer et l’été à la montagne. Les sorties en refuge et la pause-pipi dans les orties.

Les premiers émois et les sauts dans le vide, les premières confidences et les prières silencieuses. Les interdits qu’on oublie et les heures de colle qui s’en suivent. Les cours de sport qui s’éternisent.

Le temps des adieux. Les premières notes d’un futur qui nous comprime le cœur. Le temps du chagrin, de la fin de l’enfance. Un visage qui revient au milieu de nos rêves puis disparaît, comme emporté par le vent. Le temps des au revoir imprévus, des séparations. Les souvenirs se voilent d’amertume. L’innocence se bat contre des murs de certitudes.

Le temps des promesses qui ne durent pas. Le temps de l’allégresse, l’éphémère entre nos doigts. Temps de poser les bases de demain sans avoir les armes pour affronter les vagues.

Les dernières années d’école et les copines « tout terrain ». Les examens. Les premières vacances main dans la main. Les spaghettis carbonisés sur le réchaud improvisé. Les danses endiablées. Les slows langoureux. La mer qui vient bénir cette entrée dans le monde tant convoité de l’adulte.

Le premier regard et le premier baiser. La première excuse mal fagotée. Les premières notes d’une histoire à créer. Premiers vertiges et envies de tout oser. Puis le fracas de la fin. Le silence de la séparation. Le vide après le plein. On en sortira vivant un jour sûrement. Pour le moment, les claques se suivent et nos larmes sont fragiles.

Une fête un peu arrosée, notre timidité envolée. On rentre tard ou tôt, le cœur gros. On s’essaye à la vie avec ses bas, ses hauts, ses promesses, ses attentes. On juge vite et mal. On juge trop souvent. Le regard des autres comme un couperet nous tend un piège dans lequel on chavire. Il faut parfois le pire.

Les amitiés qui fichent le camp, celles qui restent un peu plus longtemps, les bars de nuit et les soirées à refaire un monde qu’on voit s’écrouler. Assister passivement à la fuite inexorable du temps et ne plus savoir qui croire, ni comment.

Devenir adulte et regretter de n’être plus des enfants. Moins d’innocence. Moins de rêves. Plus de conscience jusqu’à ce qu’on crève, la gueule ouverte, par peur d’oser, par peur de manquer. Tout resurgit à la faveur d’une naissance. Une deuxième chance.

Les premiers mariages et les yeux qui pétillent. Un « oui » dans l’atmosphère. Une farandole de bonheurs à cueillir chaque jour. Pour nous ce sera différent. On ne se loupera pas. On se regardera encore longtemps comme si on se voyait pour la première fois. Avec ses frissons et ce « je ne sais quoi » qui fait trembler même les plus vaillants. On ne parlera pas du couple comme d’une relation usée,  de ce “juste assez de tendresse” pour rester. On ne disséquera pas les méandres de l’adultère, de l’infidélité. On restera loin des jugements pour mieux se protéger.

Dans la malle aux souvenirs, il y a tout un tas de secrets aussi, gardés sous scellés pendant des années, des mystères à élucider, qui dans cette vie resteront bien protégés. On veut y croire encore un peu. Avant que tout n’explose, que s’exposent nos vulnérabilités, pleines d’ecchymoses. On l’aura bien cherché. Des secrets et de regrets, de ceux qu’on jure de ne jamais avoir, de ceux qu’on trouvait dérisoires chez les autres. On n’a pas fait mieux.

Quand on farfouille au hasard, on tombe sur des pépites. Une histoire de choux à la crème sur les genoux de grand-père. Le jardin de Versailles en long, en large et en travers. Les premiers jours de soleil et les collants qu’on laisse dans les armoires. Les récoltes d’automne et nos vieux grimoires. Le jour qui se lève sur un avenir plein d’espoir. Des photos d’école et des prénoms qui nous échappent. On aurait dû les noter. On pourrait les rechercher, les copains de long date, premiers témoins de cette grande aventure dont nous ne savons que dire.

On ouvre la malle les soirs de cafard, meilleur remède qu’un café noir. Ou à la demande générale quand on veut savoir qui on était, comment on a vécu, aimé aussi. Oui on l’aurait presque oublié sans ces âmes bien intentionnées. Aimer à en avoir le cœur broyé, à ne plus sentir ses muscles, à ne plus savoir les heures, à ne plus attendre que le bruit des pas dans l’escalier, à ne plus espérer que la chaleur de ses bras. Aimer à se dissoudre dans le tout des deux, à contempler le monde d’un nuage lointain, à se faire des promesses dans les creux incertains, à se confier nos détresses jusqu’au petit matin. Aimer à vouloir se fondre en l’autre. Aimer l’amour et aimer l’aimé. Aimer dans les draps nets vite froissés, dans les courbes des hanches qui se rejoignent et ne forment plus qu’une entité sacrée. Aimer à se mouvoir dans la fréquence de l’autre, à occulter les barrières sur le chemin, à se foutre des autres. Aimer à la folie, sans céder aux injonctions, fidèles à nos choix, sans cesser de se battre pour ce en quoi on croit. Aimer jusqu’à ne plus pouvoir tenir l’amour dans une définition, dans un cadre balisé. Aimer sans relâche, sans frontière, sans attache. Ça rassure ou pas.

Et puis on la referme. Non pas à double tour. On reviendra y puiser l’énergie débordante de tout ce qu’on a créé. On visitera à nouveau ces temps reculés, où tout nous semblait accessible, tout nous paraissait simple et limpide. La malle nous promet encore de beaux voyages. Il faudrait toute une vie pour les réaliser.

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Le va et vient des sentiments (réflexions sur l’amour)

J’ai retrouvé le grand lit et les draps enroulés autour des fragilités. On ne se refait pas. On reste ce qu’on est et on enlève les couches de ce que nous ne sommes pas. Les masques tombent en chemin et reste le vulnérable.

Elle a dit “on ne se remet jamais totalement d’un divorce” et quelque part elle a raison. Il y a toujours une petite cicatrice quelque part comme toutes les blessures de la vie. Même si c’était nécessaire, essentiel, vital, c’est toujours un deuil qu’on ne finit jamais vraiment de faire. Ou bien avec le temps, quand on a intégré que nos rêves ne sont que des chimères de papier. On en construit d’autres ou on les laisse passer.

Oui une cicatrice, une petite faille. On fait du mal sans le vouloir. Ce n’est pas entre deux, c’est entre tant. Les parents, les enfants. Mêmes les amis. Tout le monde reçoit sa dose de chagrin. C’est presque équitable.

C’est comme les séparations, les ruptures, les “je t’aime” qui ne portent plus très loin. Parfois il y a des garde-fous, des bases plus stables pour nous maintenir droit dans le chagrin. Parfois, on reprend tout à zéro, on repart de rien. On tient. On est comme ces aventuriers de l’extrême qui côtoient les hauteurs et s’aventurent sur ces ponts suspendus. Mieux vaut ne pas avoir peur du vide! On évolue comme on peut et on nous dit qu’il faut aller de l’avant. On ne fait que ça. On reconstruit tout pas à pas. Ils sont fort ceux pétris de bons conseils. Ils zappent les émotions ou bien reviennent aux fondations. Mais quand il n’y en a plus, quand tout s’est envolé, quand on reste seul avec le poids de ce qui ne sera pas, aller de l’avant c’est épuisant tant le sommet de la montagne semble inatteignable. Et si on y arrive, on se demande si on n’aura pas brûlé toutes nos cartes. On ne sait pas encore qu’au milieu de tout ça, la lumière lentement se faufile pour nous apparaître dans toute sa beauté quand on sera enfin prêt à ouvrir les yeux pour l’embrasser.

On se quitte en s’aimant, parce qu’on n’a pas su faire, dire, se dire, parler. Pour tout un tas de raisons qu’on ne saurait expliquer. Trop de certitudes ou de doutes. Trop de choix ou de non-choix. Au final, les creux pèsent davantage, c’est dommage. On a juste mal évaluer les choses, notre aptitude aux compromis. On n’a pas compris. Ou on reste en ne s’aimant plus parce que c’est plus facile. Peut-être. C’est mal fichu parfois la vie!

On s’isole ou on replonge, un peu vite, sans avoir guéri, sans avoir pris le temps des émotions, sans plage de solitude pour se retrouver. L’autre devient le pansement qu’on n’a pas pris le temps de trouver, en soi. Ou bien on choisit plus de facilité. L’amour liberté. Pas d’attache. Pas de projet. Pas de communauté. Pas d’attente. Juste ce qu’il faut de sentiments pour vivre le meilleur. Pas de quotidien. Beaucoup de mystère autour d’une histoire sans titre. Un abonnement entre parenthèses, juste l’essentiel. Parfois c’est doux. Parfois douloureux. On fait ce qu’on peut.

Tout le monde se demande un jour ou l’autre si ils/elle est doué pour aimer, s’aimer. La nuit surtout. Le jour, les fantômes se taisent, l’heure est à vivre. C’est quand les lumières s’éteignent que les maux reviennent nous bousculer. On ne pourra jamais tout comprendre ni tout expliquer. Alors pourquoi je m’escrime tant à essayer?

Et vous, vous en pensez quoi de tout ça?

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Toi (et moi)

Crédit Pixabay

Chaque minute de chaque jour, mon coeur s’emballe et mon corps réclame ton corps. Chaque fois une redécouverte de toi, de nous. Le temps file vite, très, trop par moments. Mais nous savons profiter de ce que la vie nous offre.

Je l’écris depuis le début et j’aimerai l’écrire toujours. Je suis en état d’émerveillement permanent. A l’heure où tant de couples éclatent autour de moi, l’heure où l’amour s’éteint, comme la bougie se consume, je prends la mesure de ce que nous partageons, de cette énergie qui nous lie, de ce qui bouscule mes certitudes, nos habitudes, de ce qui nous nourrit jour après jour.

Quand j’écoute le coeur des autres pleurer, je saisis l’ampleur d’une vie sans cette flamme si vive et pourtant si fragile. Je sais qu’on en revient et pourtant, égoïstement, je me demande si j’en reviendrais.

Les jours sans toi sont plein de toi. Nos pensées se télescopent en plein vol. Les saisons s’habillent de nos mains qui se serrent et de nos pas qui s’accordent. Il n’y a pas de maux que tu ne puisses entendre, pas d’émotions que tu ne puisses accueillir, pas de peurs que tu ne puisses apaiser. Je peux être tout avec toi, oser tout. C’est comme si tu avais balisé le chemin pour que je puisse enfin exprimer tout ce que je garde en moi, sans me mettre en danger.

Tout en toi me fait vibrer à une fréquence inédite. Certains parieront sur la chance. Peut-être. D’autres voudront nos mettre dans des cases. Toutes faites. Ce qui compte c’est cette liberté qui nous va si bien, qui nous donne des ailes. C’est pouvoir tout se dire même quand ça fait un peu mal. C’est ne rien prévoir et vivre chaque instant comme en équilibre dans l’espace temps.

Je ne crois pas en ces promesses que l’on se fait, en ces projets qui portent un peu trop loin pour moi. Je crois à ce qu’on se donne, là, aujourd’hui, à ce que l’on construit au quotidien, à la force des sentiments qui nous lient, à cette impression furtive de saisir l’essence du sublime de la vie.

Pour hier, aujourd’hui et demain: Merci! Le reste nous appartient…

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La fille exquise: les dessous de l’histoire

 

 

Si vous n’êtes pas abonnés à ma newsletter et si vous ne me suivez pas sur Instagram, vous êtes passés à côté de la grande nouvelle de la semaine: la sortie de mon nouveau livre “La Fille Exquise!

 

Ce court roman est disponible sur Amazon en pré-commande au format Kindle et le sera très prochainement en format papier. Je ne manquerai pas de vous en informer.

 

 

Qui est-elle quand elle n’est pas avec moi ? Qui est-elle dans toutes ces vies qu’elle vit, qui me touchent de près, de loin ? Est-elle-la même ? Vibre-t-elle avec la même intensité au contact des autres ? Fait-elle semblant ? Un peu ? Souvent ? Avec qui ? Porte-t-elle un masque, comme nous tous ? Ou bien évolue-t-elle toujours de manière si authentique, voir inattendue ?

En débutant ce texte, je n’avais aucune idée de son potentiel avenir. Quelques pages tout au plus. Un texte court, un brin d’audace, un challenge dans lequel je me suis sentie à l’aise au fil des mots posés, de l’histoire qui prend forme. C’est le plaisir qui m’a donné envie de le poursuivre. Il s’est transformé en cadeau de Saint Valentin. Et puis en récit un peu plus fourni. Jusqu’à devenir un manuscrit, envoyé à une dizaine de maisons d’éditions.

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J’ai reçu quelques propositions d’éditeurs qui pour moi n’en portent que le nom. Payer des sommes colossales pour voir mon roman édité par l’un d’eux, non merci. J’ai décliné et je me suis tournée vers ce que je connaissais le mieux: l’auto-édition.

Ecrire, c’est bien. Partager, c’est mieux. Je pense que tous les gens qui écrivent des histoires seront d’accord avec moi. Je sais ce que certains pensent de l’auto-édition. Chacun a le droit d’avoir un avis et que celui-ci ne soit pas partagé!

Ce texte a été relu, maintes fois corrigé. Il n’attendait plus que l’été pour voir enfin le jour. Après des mois chaotiques, je vous apporte un peu de légèreté. Les premières personnes qui l’ont lu le qualifie de: sensuel, sucré, envoûtant, magnétique, poétique.

En longeant ses cuisses, j’arrive à l’endroit où le monde devient vice et vertu.Tous les secrets prennent racine dans ce périmètre protégé auquel elle me donne accès. Je me sens riche

C’est une histoire assez simple au fond, une histoire de rencontre mais n’est-ce pas dans la simplicité que se cache souvent l’extraordinaire! Je vous invite avec ce court roman à un voyage plein de promesses. Laissez-vous tenter, sans hésiter!

Vous pouvez le commander ICI. Bonne lecture! Et n’hésitez pas à partager vos avis. Ce sont tous vos mots qui bout à bout forment la belle toile de l’avenir de ces textes livrés au Monde

PS: ce récit, comportant certaines scènes érotiques, n’est pas adapté aux moins de 18 ans.

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L’épreuve de force #5

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L’oniromancie nous prédisait pourtant un avenir lumineux. Le rêve était magique, ton prénom d’or, nos destinées sacrées. Des foutaises mais qui m’ont maintenue en vie, tant que toi tu respirais encore. Ce n’était qu’un passage à vide, un de plus sur la longue liste des jours creux.

Rien ne sert de se s’épuiser en palabres. Rien ne sert à rien de toute manière. Puisque tu es parti. Un matin de juin, sans moi. Un matin ensoleillé, j’avais opté pour un peu de marche, histoire de profiter du calme de la ville. Un matin ordinaire dans une vie qui ne l’était plus depuis longtemps. J’avais croisé la misère, en descendant les marches qui menaient à l’hôpital et j’avais hâte de retrouver ton sourire, dans tes yeux. Tu ne parlais plus beaucoup. Fini les grandes conversations sur la vie, la mort, sur ce qu’il reste quand tout a été écrit, dit, chanté. Fini le temps où tu pouvais encore te lever pour esquisser avec moi quelques pas de danse sur le lino blanc, avant une séance de chimiothérapie qui allait t’esquinter. Tout ça n’aura servi qu’à t’abîmer un peu plus chaque jour. Si j’avais su, j’aurai fait tomber le mur froid et professionnel de tous ces soit-disant savants, qui ont pu mené à bien leurs tests et essais, sans se soucier de nous.

Je suis triste alors je dis n’importe quoi. Sans eux, nous n’aurions jamais espéré, j’aurai coulé depuis longtemps, je n’aurais pas pu te tenir la main, jusqu’au bout. J’ai choisi, en mon âme et conscience, ce rêve chimérique, pour ne pas voir la réalité en face. Elle était trop cruelle. Elle ne cessera jamais de l’être…

Ce texte est ma participations à l’atelier d’Olivia. Les mots étaient: liste, palabres, misère, mur, oniromancie, danse, chimérique

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Notre chance

@MarieKléber

Au début on écrit tout
Puis on écrit moins

On ne suit plus le rythme des palpitations
Du coeur serré sur le chemin
Aller ou retour, c’est la même sensation
De ne plus très bien savoir
Qui l’on est, où l’on va
Un déséquilibre qui pourrait durer
Jusqu’à ce que le monde s’embrase

Sans que l’on sache pourquoi ni comment
La vie n’est plus cette course folle
A l’heure où le jour s’effondre
Je sortirais pieds nus et poserais mes mains
Sur les promesses du vent
Qui sur ta peau dessine mille et un voyages
Dans lesquels le monde n’existe plus

Je veux garder le tout, ces instants mélangés
Même ceux dans lesquels mes sentiments
Ne savent plus très bien où ils en sont
Surtout ceux qui font comme un tapis
Sur lequel j’évolue tel un oiseau
Prêt pour le grand saut, un oiseau aux ailes d’or
Qui lentement s’élève dans le noir de la nuit

Je ferais l’amour à l’aurore
Et ses perles de pluie comme des caresses
Avec en fond sonore le murmure d’un baiser
Un soupir échangé, quelques bribes de souvenirs
Que la mer aura ramené sur le rivage
Des jours si loin de toi

Je ne veux rien oublier
Alors je grave, je noircis des pages
J’imprime à l’encre indélébile
Ce temps partagé, tourments et joies mêlés
Le parfum que tu laisses en partant
Et sur ma peau le tatouage invisible
D’un temps qui ne finira jamais de nous échapper
Si nous oublions de saisir notre chance
D’aimer…

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C’est quoi le manque (de l’autre)?

C’est la question philosophique du jour! Comme quoi le confinement ne détruit pas nos neurones. Même si il teste grandement notre patience.

En fait c’est une question que je me pose depuis très longtemps. Il y a le manque vital, celui que l’on ressent quand nos besoins primaires ne sont pas remplis. Il y a le manque lié à notre autres besoins, mais pour ceux-là nous avons souvent les solutions en nous. Et puis il y a le manque de l’autre, des autres.

En général, les gens ne me manquent pas. On associe souvent le manque à l’amour. Mais pour moi, ça n’a rien à voir. On peut aimer les autres et réussir à  vivre sans eux. C’est profondément libérateur, pour soi, pour l’autre. C’est même plutôt sain je trouve. Parce que personne ne nous appartient, jamais.

Le manque pour moi c’est comme si, sans l’autre, nous n’existions pas ou nous existions moins. Alors que ce n’est pas le cas. Dans la vie, nous ne sommes pas toujours proches, physiquement, de ceux qui comptent, nos amis, nos enfants, nos parents, nos conjoints. Est-ce pour autant que nous arrêtons de respirer? Est-ce pour autant que notre cœur arrête de battre?

Bien sûr, j’aimerais voir plus souvent mes amies, pouvoir m’arrêter chez l’une, chez l’autre sans avoir à prévoir un voyage, j’aimerais voir leurs enfants grandir, pouvoir échanger autrement que par téléphone, j’aimerais ne pas avoir à compter le nombre de jours qui séparent, ni devoir jongler avec les obligations familiales des uns et des autres, j’aimerais parfois que les choses soient plus simples, que nos rendez-vous soient plus spontanés, que nos agendas soient plus souples, que les parenthèses ne s’achèvent pas un peu abruptement au lever du soleil.

J’aimerais, je rêverais mais la réalité est ce qu’elle est et je dois composer avec. Le manque ne crée rien, il prend tout. Je vois le manque un peu comme un vide. Et j’ai horreur du vide! Le manque me renvoie aussi beaucoup à la dépendance affective, un mal que je connais bien.

Nous sommes créateurs de notre vie à chaque instant. Nous faisons nos choix en conscience. Ils impliquent certains schémas avec lesquels nous devons composer. Et si ceux là ne nous conviennent pas, nous pouvons toujours les modifier. Ou choisir de ne pas le faire, cela nous appartient.

Quand à ceux qui ont quitté ce monde, ils vivent en moi. Ils me rappellent l’essence de la vie, ils me disent de tout donner ici et maintenant. Ils sont dans mes souvenirs, dans mon cœur, éternellement.

Et vous le manque ça vous dit quoi? C’est quelque chose que vous ressentez? Ou pas? Comment? 

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Ce temps loin de toi

Credit Pixabay

J’en ai imaginé des choses, j’en ai crée des histoires à dormir debout, dans les moments de doutes, dans les heures creuses des jours gris, dans la brume des matins d’hiver et même dans la chaleur écrasante des soirées d’été. J’en ai dessiné des chemins qui s’arrêtent, des routes qui se séparent, des accidents de parcours sans retour en arrière possible, des accidents tout court qui viendraient emballer notre histoire, qui me laisseraient seule sur le bas côté, sans même un au revoir, sans même être alertée.

Pourtant je n’ai jamais imaginé tant de jours sans toi. Tant de jours loin, tant d’heures sans le son de ta voix, sans la caresse de ton souffle sur ma peau, sans tes lèvres sur les miennes, sans ta main délicatement posée sur mes incertitudes, sans la chaleur de ton sourire, comme un baume qui chasse les tourments.

Je n’ai pas imaginé et je n’ai pas prévu ce changement brutal, cette séparation arbitraire, cet éloignement soudain. Au début, c’était comme des vacances. Trois semaines tout au plus, nous avions connu, nous savions faire. Six désormais. Je pourrais décompter les jours. Je ne le fais pas. Je pense à toi et puis j’oublie, pour que les jours ne soient pas une longue attente, cruelle et douloureuse, pour ne garder que le meilleur, les sentiments qui, c’est certain, se nourrissent de ce temps en suspens, gagnent en vérité.

Je ne sais pas demain, ni après. Je ne sais pas quand on se reverra, ni comment. Est-ce qu’il faudra se regarder de loin, ne pas se toucher? Est-ce qu’il faudra se dévorer des yeux et se dire l’envie de manière détournée? Je ne sais rien de nos retrouvailles. J’ai le coeur qui tremble en y pensant, furtivement. Puis je reviens au connu, à ce que je porte en moi. Le reste est une histoire qui attend, patiemment, d’être écrite…

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Mes questionnements de maman

Crédit MK

J’en ai souvent parlé ici, la maternité est loin d’être un chemin inné pour moi. J’apprends mon fils, son identité, sa personnalité et je m’apprends moi, en tant que mère et en temps que personne aussi. C’est un processus tantôt joyeux, tantôt douloureux.

Depuis près d’un mois, nous sommes tous les deux, rien que tous les deux. J’ai abordé le confinement avec anxiété. Me retrouver seule avec lui m’a remplie d’incertitudes. Je me suis demandée comment j’allais pouvoir gérer d’un côté mon travail, le sien, d’un autre le temps à deux, le temps pour soi, comment tout allait pouvoir s’organiser sans que je m’épuise rapidement.

Mes questionnements sont toujours plus ou moins les mêmes. Je trouve qu’on parle beaucoup de parentalité mais que personne ne dit vraiment le quotidien. Et c’est ce quotidien qui, moi, me fait m’interroger. Comment concilier les différentes facettes de mon identité? Comment être pleinement mère sans n’être que cela? Comment être pleinement présente sans être complètement dévouée?

Je ne sais pas. Poser des limites, surtout quand il s’agit de moi. Je ne sais pas. Alors je laisse mes besoins en suspens et ça tient, avant que ça ne tienne plus, alors la colère revient et j’explose. Contre moi-même. Mais c’est lui qui est le spectateur de ce cri du cœur, de ce ras le bol, de cet éclat de rage qui d’un coup me consume.

Du réveil au coucher de mon fils, je suis là. J’ai eu un peu de temps avant, un peu de temps pour respirer, écrire, coller, dessiner, méditer. Dès qu’il est debout, je suis disponible et disposée. Nous faisons beaucoup de choses ensemble. C’est génial. C’est plein de découvertes et de rires, de légèreté. Et parfois c’est trop. Parfois je ne peux plus. Parfois j’aimerai le voir prendre un livre, jouer seul, le voir moins dépendant de moi. Parfois je me dis: “comment c’est chez les autres? Comment vivent-ils cela? “

J’ai fait le deuil de la famille que je rêvais d’avoir. Pas de papa. Pas de fratrie. Il n’y a que moi. Et lui. Alors je compense certainement. Sans m’en rendre compte. Je ne veux pas passer à côté de lui, de nous. Du coup je donne tout. Et je m’oublie aussi.

Cet équilibre n’est pas évident pour moi à trouver, ce temps partagé, temps pour mes projets, temps pour prendre soin de moi. Je ne sais pas faire. Je ne me pose pas quand il est là. Il m’arrive parfois de me dire que je suis esclave de mon fils. Et que peut-être mon comportement ne l’aide pas vraiment à grandir. Pourtant il s’épanouit sans moi, d’habitude, à l’école, avec ses amis, ses grands-parents, dans ses loisirs.

Cette période de confinement aura été quelque peu délicate, pour trouver ma place surtout, savoir ce que je peux me permettre ou pas, savoir où je me situe dans cette famille que nous construisons ensemble jour après jour. Nous aurons changé, grandi. Ça se voit déjà chez lui! Nous aurons appris à être, être ensemble, complices et parfois pires ennemis quand les “non” fusent et que les cris ne s’éteignent qu’à l’approche de la nuit.

Mes questions demeurent. Peut-être que les réponses sont mouvantes, en fonction de l’âge, du caractère de l’enfant, de ses besoins, de son histoire, de ses peurs, de ce qui le rend heureux, en fonction de mes souhaits, de mon niveau d’énergie, de mon degré d’épanouissement personnel.

Je me sens parfois prise entre deux histoires, deux injonctions, celle de la société (qui voudrait qu’une femme qui a des enfants s’épanouisse aussi dans son activité professionnelle, ses loisirs, son couple, qu’elle ne prenne pas son/ ses enfants comme une excuse pour ne pas être, ne pas faire) et celle de ma famille (qui veut qu’une mère fasse passer ses enfants avant tout le reste, et si il lui reste quelques miettes c’est un luxe – dont beaucoup se passent!).

Et vous comment vivez-vous ce confinement en famille, avec vos enfants? Ce fameux “temps pour soi” ça vous parle? 

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Un mois d’émotions…

Depuis plus d’un mois il y a eu des jours avec et des jours sans, des jours heureux, plein de fous rires, d’inattendu, des jours de doutes et de peines. Il y a eu des larmes et des cris, des sourires et des promesses, des matins calmes et des soirées folles. Il y a eu des chansons et des temps calmes, des crayons, de la peinture, des lignes d’écriture, des livres, des films, du temps à deux, des cabanes et des nuits, comme en camping. Il y a eu des repas de fête et des pique-nique improvisés.

Il y a eu des ras le bol qui ont pris toute la place, des angoisses qui ont refait surface, des vérités bien cachées qui sont revenues peupler les nuit, gâcher les jours. Il y a eu nos humeurs de saltimbanques du bonheur, nos états d’âme d’apothicaires, des expériences farfelus. Il y a eu du réussi, du raté, l’impression de ne pas savoir faire, de ne pas savoir être, de ne plus savoir où, quand, comment, pourquoi.

Il y a eu du silence et des maux. Et du silence sans maux. Du silence des profondeurs qui vient rappeler que tout est en ordre, que tout va bien, qu’il n’y a rien à faire de plus. Il y a eu du chahut, des chutes, des montagnes de questions, du temps, un temps infini, tantôt délicat, tantôt euphorique, un temps de nous deux, plus complices.

Il y a eu des “je n’aurais pas dû” et des réflexions en duo, un nouvel équilibre à sans cesse redéfinir. Il y a eu quelques projets, peu de temps pour soi, des prises de conscience, des envies d’autre chose. Il y a eu du partage, des moments auxquels les mots ne peuvent rendre justice. Il y a eu des émotions, des découvertes, des impressions d’être seule au monde, seule avec ses joies, seule avec ses détresses.

Il y a eu du chaos, des heures sombres, des minutes en équilibre. Il y a eu la brulure et la renaissance, le feu qui s’éteint et celui qui redonne vie

Il y a eu les jours et les nuits. Sans toi. Pas vraiment loin. Mais pas là. Il y a eu la routine, le déni, la peur et le manque, toujours, la douleur presque parfois de ces jours sans toi. Sans la chaleur de ton regard, sans le grain de ta peau, sans tout ce qui en toi apaise le moindre de mes sanglots. Il y a eu les jours où ton image même me fuyait, les nuits qui disaient “c’est fini”. Il y a eu les craintes qu’au final ce soit vrai, que tu ai choisi un autre chemin, une autre vérité, que ce temps près des tiens t’ai précipité dans une autre réalité.

Il y a eu cette angoisse de nos pas qui s’éloignent quand nos mains ne se touchent plus, que nos yeux se perdent de vue quand nos obligations nous lient à d’autres vies. Cette impression que peut-être tout pourrait s’arrêter là, dans cet espace sans filet de sécurité, dans cet entre-deux dépourvu de certitude. Il y a eu la peur de ne valoir que 4 minutes au compteur d’une journée qui n’en finit pas, de n’être qu’une parenthèse dans un quotidien bien rempli, une porte de sortie face à des responsabilités écrasantes, un passe-temps agréable sur le calendrier du temps qui passe.

Il y a eu les souvenirs et l’espérance, toujours, la certitude de l’amour et quelque chose de plus fort, de plus grand, le manque comme un trou noir et un tremplin pour retrouver l’essence même de ce qui nous tient, même loin, encore debout, toujours vivants.

 

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L’épreuve de force #4

Nous devenions, au gré de nos folles inspirations, tantôt musiciens, maniant le ukulélé à la perfection, tantôt auteurs fantasques. Les gens qui passaient devant la porte de ta chambre devaient nous prendre pour des hurluberlus. On s’en moquait. C’était si bon de te voir rire. Un rayon de soleil grandiose qui disait “merde” au bourbier dans lequel on s’enlisait à mesure des jours et de la logorrhée incompréhensible des médecins qui veillaient sur toi.

Tous les semaines, je t’amenais un panier rempli de douceurs, que du fait-maison, avec plein d’amour dedans, celui qui sauve de tout parait-il. J’oubliais de m’épiler, je ressemblais à un vieux singe sous mes vêtements, personne ne le voyait. L’important c’était toi. Je m’oubliais, on me le disait. Qui ne se serait pas oublié dans cette course contre la montre?

J’allais te perdre, je le savais et mon amour n’y changerait rien. Je te regardais dévorer ta purée, avec un plaisir non dissimulé . Puis tu t’arrêtais et tu me lançais un “dis maman, ça veut dire quoi “pastiche“? J’étais toujours surprise par tes questions et je marquais une pause avant de te répondre. Tu me tirais de ma rêverie. Je serais bien restée là encore un peu à t’étudier sous tous les angles, à faire le plein de toi, à contempler l’étendue de mon bonheur prêt à se faire la malle.

Ce texte est ma participation à l’atelier d’Olivia. Les mots imposés étaient: Hurluberlu -pastiche- s’enliser- épiler-logorrhée- fantasque-purée-soleil-ukulélé- panier

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L’épreuve de force #3

Il y avait toujours l’autre casse-couille, le régulateur des entrées et sorties, qui venait nous rappeler à l’ordre. Il avait une case en moins je pense. Je l’ai vu un soir ranger tout un tas de candélabres dans son coffre, à la fin de son service.

On regardait le printemps se donner des airs de grand! Tu adorais ça, la lumière du début du jour qui perçait à travers les vitres opaques, la légèreté avec laquelle la vie reprenait des couleurs. Je te ramenais des biscuits chocolatés qu’on mangeait en douce, en rigolant. Parfois, quand l’infirmière l’autorisait, on marchait jusqu’au banc, on s’asseyait le temps d’un bain de soleil, le temps de se dire que tout ça n’était qu’un mauvais rêve. Il m’arrivait de me perdre dans la contemplation de toi. Je n’en ai pas assez profité.

J’aurais dévalisé le monde entier, je me serais fait des antisèches pour passer tous les contrôles, comme les mauvais élèves, si j’avais su que ça pouvait te sauver. L’instinct maternel me disait que de ta prison tu ne sortirais pas. J’ai alors tenté par tous moyens de rendre tes derniers mois les plus heureux possibles. En me plantant sûrement. En en faisant trop c’est certain. En te faisant croire que nous étions invincibles.

Ce texte est ma participation à l’atelier d’Olivia. Les mots imposés étaient: printemps – légèreté – maternel – manger – candélabre – lumière – casse-couilles – banc – antisèche – dévaliser – contemplation 

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L’épreuve de force #2

Nul repos possible. Les années passent et ton absence pèse toujours aussi lourd. Ils sont nombreux à me dire de tourner la page. Je les laisse parler, je laisse leurs beaux discours, qui se veulent amicaux, couler. La rivière de mes larmes les engloutit. Ce n’était pas qu’un sale virus cette putain de maladie, pas un truc qu’on dégage avec des berlingots de Javel. Oui je suis grossière, tu n’aimais pas, je ne disais plus ces mots là. Aucun effort n’était de trop pour toi.

On se prépare à perdre ses parents, jamais son enfant. Même si les brillants chercheurs des instituts, les pontes de la chirurgie, les meilleurs professeurs ne se montraient pas confiants, je gardais l’espoir, d’un miracle sûrement, que quelqu’un m’entendrait, que quelqu’un viendrait nous sortir de là. Les urgences divines devaient être bien engorgées. Personne n’est venu.

Nous n’étions que tous les deux, toi et ton corps à la pâleur marmoréenne, ta peau, ses aspérités, moi et mes frusques bohèmes, histoire de redonner des couleurs aux murs blancs cassés de l’hôpital. Je chantais des chansons ridicules pour te voir sourire, je faisais le clown, je donnais tout pour que la mort se tienne à distance.

Je quittais toujours ta chambre, la peur au ventre, terrifiée à l’idée de te voir pour la dernière fois. Je traversais le jardin, me laissais charmer par la douceur vernale. Il y aurait d’autres matins. Je n’ai jamais cessé d’y croire.

Ce texte a été écrit dans le cadre de l’atelier d’écriture d’Olivia. Les mots imposés étaient: berlingot-repos-engorger-rivière-virus-bohème-marmoréen-aspérité-vernal. Vous retrouverez le premier texte ici