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Un chemin de guérison #3

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J’écris pour exorciser les maux, pour moi, pour les autres, pour toutes ces femmes et tous ces hommes qui supportent, qui renoncent et qui un jour osent à nouveau un pas dans la vie / dans le vide aussi. J’écris par impulsion, pour ne plus jamais entendre “il t’aimait à sa façon”.

Cette histoire est tout sauf une histoire d’amour. C’est une histoire, comme beaucoup d’autres malheureusement, une histoire de violence et d’emprise. Je conçois que pour certaines personnes ce soit extrêmement difficile à comprendre. Je vous laisse aller lire cet article intéressant sur le sujet: de la peur à la soumission.

J’écris aussi pour montrer que la vie ne s’arrête pas là, qu’il y a une vie après l’enfer, que l’amour n’a rien à voir avec ce qui a été vécu, qu’on peut, chacun, chacune retrouver le goût des choses et vivre des relations harmonieuses basées sur la confiance et l’échange.

***

Je me suis endormie
Comme d’habitude
Avant toi

Et voilà que tu viens
Lumière vive
Bruits de pas

La lune disparait
Rideaux tirés
Comme si elle pouvait
Violer l’intimité

Dans les draps, tu viens
La sensation de ton corps
Contre le mien
M’indispose

Ne pas bouger
Ne pas t’inviter

Depuis quand ça t’importe ?
Depuis quand ?

Depuis quand je supporte ?
Depuis trop longtemps

J’ai mal avant
J’ai mal après

Mon ventre
Le néant
Rien qui ne vienne de toi
N’est vivant

A coup de tabou
Tu détruis tout

Sur la pointe des pieds
Je disparais
Soumise à chaque instant
A tes besoins primaires

Si seulement je pouvais
Faire taire le malaise qui grandit
Pure folie
Tu l’as déjà dit

Je me réveillerai demain
Comme d’habitude
Loin de toi
Encore plus loin
Chaque matin

***

On ne s’est pas dit “bonjour”. Pas de vive voix. Pas comme on le fait naturellement au quotidien, sans y mettre plus d’intention que ça.

On s’est dit “bonjour” avec le corps et le coeur, en mouvement. On s’est dit bonjour en s’enlaçant, en laissant chaque parcelle de peau s’enflammer au contact de l’autre.

On s’est dit “bonjour” dans un élan de vie, offerts entiers à l’instant. Un embrasement instantané et quelque chose comme de l’empressement, une envie fulgurante que rien ne peut contenir et qui doit se partager pour ne pas exploser.

On s’est dit “bonjour” dans le silence du soir et j’ai laissé mes craintes au placard. L’étreinte contenait tout, tout ce qui aurait pu être dit, écrit, tous les mots qui se voudraient rassurants. En quelques secondes seulement, le “sans” s’est évanouit. Le temps s’est interrompu pour que nous puissions gouter, toi et moi, à la texture, la saveur, le goût, l’essence même de ce rendez-vous.

On ne s’est pas dit “bonjour” comme toujours. On y a mis un peu plus de sens. On s’est laissé emporter par les pulsions, les pulsations, le tempo de la mélodie distillée au fur et à mesure de cette partition improvisée.

Il n’y a pas de meilleure façon de se dire “bonjour” quelque soit l’heure du jour!

Lien vers le chapitre 1

Lien vers le chapitre 2

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Un chemin de guérison #2

Photo by veeterzy on Pexels.com

La façon dont les mots caracolent sur mon corps laisse imaginer ce qui fut – passé – présent – résilience, mise en marche de l’acte de libération – guérison.

***

J’ai fait l’amour à la nuit
Pour égorger les démons dans leur sommeil
Effacer les traces
La honte collée aux flancs de l’espérance

De mon enveloppe de femme s’envole un cri
Celui de la bête qu’on punit
Le sang versé se répand
Sur l’orgueil du mâle dominant

***

Entendre ta voix
Quelques notes
Timbre apaisant
Qui jamais ne se moque

Ta voix
Comme si tu étais là
Un morceau de toi

Vibrent les cordes
De cette partition
Dans laquelle tu t’investis
Dans laquelle je pensais
Que personne n’oserait

Il est si facile d’aimer
Plus délicat de se laisser aimer
De se laisser approcher
Plus que d’ordinaire

De se voir presque
Comme dans l’eau d’un lac
Vision un peu déformée par les secousses
Et si pure pourtant

N’est-ce pas ton regard
Qui me donne un peu plus d’audace
N’est-ce pas l’étincelle que j’y capte
Qui m’appelle à quitter ma peau élimée

Pour une nouvelle
Celle cachée par des années
A être si mal aimée

Lien vers le chapitre 1

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Challenge Ecriture Semaine 8

Danse des pulsations
Mon corps sous tension
J’imagine la pression
De tes doigts sur mes aspirations

Sur l’horizon saturé de rose
Le soleil étend son manteau
Un souffle, un pas, puis ose
Le ciel absorbé par l’eau

Dans son sillage, l’élan
Mon cœur s’éprend
Des possibles du néant
A portée d’océan

Je veux ton corps enveloppé
De ce parfum diffus
Semblable à la marée
Sur le sable ému

Parcourir les hémisphères
Explorer l’atmosphère
Envoyer valser les chimères
Pour ne garder que l’éphémère

Et dans ton corps m’abandonner
Désir à consommer
Urgence entremêlée d’ivresse
Ton sel comme une caresse

Entendre les battements
De mes propres tourments
S’éclipser dans le vent
Comme un défi au temps

Et croiser ton regard
Par-delà nos histoires
Juste le fruit du hasard
Il n’est jamais trop tard

Refermer nos bras
Sur les ombres des platanes
Que voguent nos âmes
Jusqu’au delta

J’irai même au-delà
Croiser le fer
Violer le sanctuaire
Juste pour un baiser de toi

J’ai fait un mix des différentes rimes. Retrouvez ici les participations: Chez Sweet Things, Chez Josée, Chez Mébul, Chez Marie, Chez St Jerem

Merci à toutes et à tous d’être sortis de votre zone de confort pour ce mois poétique. C’est toujours un plaisir de découvrir vos textes! Nouveau mois, nouveau thème à explorer et il sera musical. Il m’arrive énormément d’écrire en écoutant de la musique. Il m’arrive aussi d’écrire à partir d’une chanson ou d’une musique. Et c’est ce que j’ai envie d’approfondir avec vous.

Pour la semaine prochaine (#9), je vous invite à composer un texte à partir de la musique suivante. Comme pour toute première, je n’ajoute pas de contrainte supplémentaire. Amusez-vous bien!

Posted in Emprise et Renaissance, Tout un poème

Un chemin de guérison #1

Photo by Pixabay on Pexels.com

Dans ce poème, j’évoquais les fantômes de 2010, ceux-là même qui ont marqué mon chemin de vie. Mais comment parler d’eux sans parler d’aujourd’hui aussi. Tout est imbriqué. Tout est lié. Il n’y a pas de temps à proprement parlé, juste un fil qui se détend à mesure que je pose les mots sur le papier.

La poésie est bien ce qui m’aide à lâcher, pas à pas, à aller en profondeur. On peut soigner vite, avec un peu de baume apaisant, une couche de crème, un peu d’alcool, quelques gouttes d’huiles essentielles. Mais n’est-ce pas juste la surface. Le traumatisme interne reste identique et alors on ne comprend pas pourquoi un mot, un geste, une émotion a le pouvoir de ramener la blessure en pleine lumière.

Je crois qu’il faut aller à son rythme, ne pas avoir peur ni du noir, ni des fantômes, mais se sentir prêt pour le grand plongeon dans les profondeurs de la terre. Pour revenir, plus vivant encore, plus libre.

Je commence donc cette série d’articles, qui pourraient former un livre, c’était l’idée de départ, mais là encore j’ai changé plusieurs fois d’avis! Tous ces poèmes je les écris au fil du temps, au gré des émotions, des instants qui viennent me cueillir et me demandent de m’abandonner au flot des pensées qui me traversent.

Le fil conducteur, c’est l’emprise, le corps, le coeur, la liberté. Ca sonnera peut-être complètement flou, fou pour vous, mais pour moi tous ces mots mis bout à bout ont un sens et surtout, avant tout, m’offrent de cheminer vers la guérison et la paix.

Il y aura beaucoup de noir, parce que fut un temps c’était la couleur de mes jours et de mes nuits, ce brouillard épais dans lequel je ne faisais que m’enfoncer et qui a bien faillit me couter la vie. Mais il y aura aussi beaucoup de vie, d’amour, d’étincelles, parce que c’est ce qui depuis toujours et pour toujours fait de l’existence une aventure éblouissante!

***

Tu es venu, sans cheval blanc
Donner au corps la liberté d’exulter
De ses chaines se libérer
Nœud coulant se détendant au contact de ton corps

Moi, je me suis laissée aller
Laisser faire le temps dit-on
Qu’il est souverain en la matière
Laisser la magie de ta peau irriguer la mienne

Sans ton regard sur mes courbes
Mon corps se cache encore
Son plaisir se dissimule derrière une plainte
Qui de mes hanches part
Pour se perdre dans l’inconfort du passé

Il se loge là le prix de ce que j’ai cédé
Pour une poignée de promesses dérisoires
Le prix du corps qui se consume
Et du désir qui se plante de chemin

Avec toi, je suis femme
Sans toi, je redeviens cet autre
Ce semblant qui se faufile
Pour ne pas attirer les regards
Ce quelque chose qui manque d’audace
Cette plaie que je suis seule à pouvoir nettoyer
Si je mets le doigt dessus elle me faut mal
Elle brûle, elle suinte, elle ne sait plus de quelle vie elle est
Ni à quel espace elle appartient

Je la sais là et je la laisse
Un miracle suffirait à la faire disparaitre
Pour combien de temps ?
Combien de larmes ?
Combien d’émotions serrées là
Entre le cou et le cœur
Entre ce que je tente de dire
Avant de repartir sans m’en être occupée

Ca attendra
Tant d’autres choses attendent
Tant d’autres priorités
Je n’en suis pas une pour moi-même
Je serai même la dernière option

Alors la blessure demeure
Profonde plaie qui s’agace de mon manque
Qui ne sait plus comment se faire entendre
Mais se plie à mes exigences

Son heure viendra
On ne peut pas reculer indéfiniment
Sans commettre de dégâts

Posted in Carnets de route, Variations Littéraires

Le temps de ce qui fut

Photo by Fernando Cabral on Pexels.com

Nous ne sommes jamais très loin des nouvelles qui dérangent, qui viennent comme un grain de sable perturber la marche de notre monde. Ce que l’on croyait acquis et ce qui d’un coup n’est plus. Deuils, séparations, nouveaux départs.

C’est un peu comme les cycles, comme les marées qui déposent sur le sable le fruit de leur récolte et puis les vagues qui repartent en quête de nouveaux horizons. Tout parait fort, tout est fragile. Tout nous apparait d’un coup tel que ça a toujours été, tel que nous ne voulions pas le voir, nous y étions tellement habitués.

Les habitudes, justement, quand sont elles fiables, quand deviennent-elles dangereuses? A partir de quand devrions-nous savoir que quelque chose ne tourne pas rond, qu’il y a comme une faille dans les rouages? Avec le recul, on se souvient, on pourrait presque dire le jour et l’heure exacte, ce qu’on a ressenti, cette intuition profonde, cette sensation intense, déstabilisante qui est venue titiller nos certitudes. Et puis la vie a continué, comme si de rien n’était, fidèle à elle-même.

Les sentiments sont-ils faits pour durer éternellement? Est-ce qu’il y a quelque chose qui fait que pour certains, c’est une histoire à vie et que pour d’autres, c’est juste quelques pas sur le chemin? Pourquoi est-ce que parfois ça tient et parfois ça lâche, en laissant un vide comme une balle d’obus dans la roche?

Sommes nous tous à risque ou bien, existe t-il un de ces secrets bien gardés qui fait fi du temps et des années, des aléas de la vie, des chemins pris et qui offre un équilibre à tout jamais indestructible?

Hier encore, nous faisions tous partie de la même entité, de la même amitié et puis le décor change et il faudra s’habituer, à ne plus rire ensemble, à ne plus vivre à côté. Il faudra le temps pour pouvoir parler, de ce qui fut, sans sentir le cœur au bord des lèvres et les yeux mouillés, le temps d’apprendre à vivre sans, mais sans les souvenirs c’est un pari impossible. Alors le temps pour que les souvenirs se teintent d’une douce nostalgie, sans regret et sans heurt.

Posted in Carnets de route, Variations Littéraires

Au plus près de l’instant

Photo by Rachel Claire on Pexels.com

Cela fait quatre ans ou presque, bientôt. Quatre ans que j’essaie d’écrire tout, de décrire tant les émotions que les vibrations que je ressens à ton contact. Ce n’est pas si aisé comme exercice et pourtant je m’emploie à saisir l’éphémère et à le traduire dans la matière.

Des jours et des mois à tenter le pari fou, comme le photographe devant un coucher de soleil qu’il voudrait rendre tel quel sur le papier, de partir en quête de l’expression juste qui traduira mon ressenti, ma vision, dans les moindres détails.

Des heures qui filent et me laissent, comme la couturière sur son ouvrage, absorbée par sa tâche. Je fais et défais jusqu’à trouver ce que je cherche. Je veux être au plus près de ce qui là, dans l’instant, accapare tous mes sens.

Les mots dansent parfois une symphonie magique, mystique et je me demande si c’est bien moi qui ai écrit ces lignes. Les mots m’échappent aussi ou je les trouve trop fades, pas assez denses, pas assez riches. Des mots qui ne disent que la surface et laissent la profondeur à l’état d’ébauche.

Je veux plus. Toujours. Parce qu’il y a tant à dire…

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Challenge Ecriture semaine #1

J’aurais donné le vert des prairies de Provence, décliné un “do” en mille et une symphonies. J’aurai peins les jours en couleurs pour chassé le gris, la tempête, pour t’éviter un naufrage.

J’aurais fait danser le bleu et le jaune, inventé des vers pour qu’au creux de la nuit tu ne te sentes jamais seule. J’aurais créé, à partir de rien, un nouveau monde, pour que tu viennes t’y ressourcer, loin des cris et du chaos des jours d’ailleurs.

J’aurais construis des ponts créatifs juste pour un sourire dans le lit des jours sans vie. J’aurais donné le blanc immaculé de la robe de baptême de l’enfant sacré. Un bain de jouvence dans un quotidien saccadé.

J’aurais décliné le rouge entre la terre et l’infini, la femme et l’impossible, entre désir et folie douce, entre le sang et le souffre.

J’aurais pu mais tu vois, je ne peux pas. Je peux juste être là, je peux juste une main, une prière. Je peux juste un regard, une pensée. Je peux juste l’amour mais l’amour aussi danse une valse dont je ne connais pas les accords. Je peux juste être là. Et espérer que demain toi aussi, tu le seras.

Retrouvez les participations ici: Chez Sweet Things, Colorer le temps chez l’encre nomade, Vole, Louise, Vole chez Nina, Couleur quand tu nous tiens chez Mébul, Voyage chez Plume d’étoiles

***

Pour la semaine prochaine (#2), je vous propose toujours d’écrire à partir d’une photo mais en partant d’un point de vue spécifique, celui du photographe. Pourquoi avez-vous pris cette photo? Dans quel état d’esprit étiez-vous? Qu’est-ce que vous avez voulu montrer? Ce sont juste de pistes…

@mariekleber37
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Ce que je retiens de 2020

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2020 fut quelque peu tumultueuse. Pas tant au niveau des rebondissements que de ses espoirs et ses déconvenues, à l’échelle du pays. Pour ma part, me tenir loin des informations et des débats, a été mon salut. J’ai évité les folles rumeurs et la violence.

Je ne saurais comment qualifier cette année. Elle a été riche de vide et de plein, de peurs et de joies, de solitude dans l’effervescence et de rires dans le maison, de pas en avant et de pas en arrière, nécessaires pour aller de l’avant.

Année de formation. Année de prise de poste. Année de remises en question, toujours. Et ce sont ces questions qui aussi me permettent de continuer sur le chemin, avec peut-être des bagages un peu moins lourds de mois en mois. Comprendre un peu mieux la psyché humaine. Ecouter l’autre dans sa différence et sa résonnance. Prendre plaisir au partage du Soi. Et s’éloigner du jugement, si présent, même quand on a l’impression d’être dans l’ouverture. Accepter pas à pas que chacun est là où il en est, que c’est bien comme ça. Accepter qu’aujourd’hui je pense “sécurité” tout en sachant que tout peut changer.

Année de travail sur la confiance mais surtout l’affirmation de soi. Poser des limites, oser dire non, oser dire tout court. Une année pour mettre des mots sur cette difficulté à exprimer mes émotions, à accueillir celles de mon fils. Comprendre à travers ce que je mets en place comment je fonctionne et pourquoi. Evoluer toujours même si parfois c’est compliqué et que ça vient nous chahuter. Revenir au corps aussi, à son langage, à ses ressentis. Une fois encore tenter de lâcher le jugement.

Mettre de la conscience sur ce qui ne fonctionne pas, se laisser davantage porter par le flow de la vie – pas si évident en soi!

Une année moins littéraire que les précédentes. Mais avec des projets tenus de A à Z ou presque. Découvrir d’autres façons de créer et de s’exprimer. Prendre plus souvent les crayons, la peinture, les pigments. Avoir envie de faire différemment et trouver des pépites à des endroits inattendus!

Une année avec moi, à l’intérieur surtout, une année d’intériorité à tenter de trouver un équilibre. Sans cesse à réinventer. Une année avec lui, ce petit homme qui s’essaie à la vie. Cet enfant plein d’énergie qui n’aime guère le cadre, les règles, qui a besoin de fantaisie et de câlins, qui ne comprend pas qu’on s’attarde tant à garder tout en ordre, qui aime le désordre, collectionner tout et rien, faire des expériences, créer tout et rien aussi. Me rapprocher de qui il est, en me demandant à chaque instant, si je suis là vraiment, entièrement avec lui dans ce que je fais, dans ce que je suis. Gérer les journées de “non” à répétition en tentant de garder la tête froide et le sourire si possible.

Peu de temps de solitude au fond et beaucoup de fatigue aussi. Plus physique que psychologique vers la fin. Beaucoup de colère encore qui s’apaise doucement. Beaucoup d’autres voix que je fais miennes. Beaucoup trop.

Si peu de lui. Et pourtant sa présence à chaque instant. Dans chaque souffle. Et son écoute aussi dans tout ce que je ne saisis pas à force de penser si peu de moi. Ses encouragements dans les moments fragiles et sa sensibilité dans les moments doux. Si peu de nous. Et pourtant partout les sentiments qui nous effleurent du bout de nos regards croisés.

Alors qu’une nouvelle année se profile à l’horizon, je me sens d’humeur à explorer, aller à la rencontre de qui je suis quand je lâche prise, quand il n’y a plus ni codes, ni règles. Me relier à la magie. Revenir à ma voix. Célébrer la vie de mille et une manières. Tout en me remémorant que tout n’est pas blanc ou noir, que tout est cycle, oui. Et qu’il faut dé-créer pour transformer et recréer.

Et vous de 2020, vous retiendrez quoi?

Posted in Tout un poème, Variations Littéraires

L’enfant des étoiles

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Sur les heures des jours
Et les nuits des années
Un souffle se pose

Contenu dans une bulle argentée
Un rêve comme une étoile
S’envole vers toi

Le temps s’étire et je le laisse faire
Le temps se moque

Il s’enfuit comme le rêve
Et il me semble que dans son sommeil
Il fait un vœu

Sur ton étoile là-bas
Que sais-tu ?
Entends-tu les cris du Monde ?
Saisis-tu l’inquiétude ? L’incertitude ?

Le temps s’en va et revient
Le temps virevolte
Il n’a pas d’âge

Tout comme toi sur ton nuage
Enfant éternel
Ton sourire pour bouclier
Ton cœur enfin apaisé

L’étoile a filé vers d’autres rives
Je la regarde s’éloigner
Prête à te laisser partir
Là où désormais tu existes

Posted in Carnets de route

Une nouvelle dizaine!

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Une dizaine qui s’achève, une nouvelle qui débute.

Celle qui s’achève a été riche en rebondissements, moments forts et années douloureuses. En 2010, j’étais en Irlande, en couple et déjà bien malheureuse, luttant avec férocité pour défendre mes idées et consciente tout de même que la situation dans laquelle je me trouvais alors était sans issue.

Il aura fallu un mariage, une grossesse pour que je prenne la décision de mettre fin à trois années de combat, trois années comme une chute lente et certaine, trois années au bout desquelles je ne savais plus qui j’étais, ce que je voulais, ce qui comptait.

Un pantin désarticulé, au sourire triste, le cœur meurtri, la tête comme prise dans un étau, le corps affaiblit et déshumanisé. Voilà ce que j’étais fin novembre 2012 à mon retour en France. Avec pour seule obsession l’envie que mon cauchemar s’arrête, l’envie de faire une chute qui pourrait me soustraire à ce monde dans lequel j’avais l’impression de sombrer chaque jour un peu plus.

La séparation n’a pas mis fin ni aux menaces, ni au harcèlement, elle était nécessaire mais pour se détacher de l’emprise, il m’a fallu encore 4 bonnes années, une longue procédure de divorce. La séparation m’a offert la chance de revenir à moi, de reprendre mon pouvoir personnel.

Je peux le dire, ça s’est fait dans la violence, des gestes, des actes, des mots. Ces années là je ne les souhaite à personne. Elles ont le mérite d’avoir existé, de m’avoir montré que ma vie avait de la valeur et qu’il ne tenait qu’à moi de le voir, de l’intégrer, de changer la donne.

Énormément de choses se sont passées en 10 ans, c’en est même incroyable. Une descente infernale et une remontée spectaculaire. C’est quand j’ai commencé à nouveau à croire en la vie que la vie m’a souri en retour. Les opportunités se sont présentées et, non sans me faire des nœuds à la tête bien souvent, je les ai embrassées.

C’est depuis un ou deux ans que je me rends compte du chemin parcouru, de tout ce qu’il a fallu laisser et ce qui m’a fait grandir, de tout ce que j’ai voulu changer en moi par crainte du regard d’autrui, de ce que j’ai pardonné, de ce que j’ai appris à transformer.

Petit à petit construire ma relation avec mon fils, lâcher l’idée du « tout parfait », me laisser envelopper par sa joie de vivre, apprendre à me pardonner aussi (j’y arrive de mieux en mieux)

Petit à petit croire davantage en moi, assez pour relever certains défis professionnels.

Petit à petit laisser l’amour prendre sa place, sa juste place et savourer notre chance.

Petit à petit laisser la magie opérer.

Petit à petit renouer avec mon corps de femme, dépasser la honte et le dégoût.

Petit à petit, prendre ma place dans ma cellule familiale, pardonner les errances, accepter mes proches tels qu’ils sont avec leur bagage personnel, émotionnel. Tout en refusant d’adhérer à des idées qui ne sont pas les miennes.

Petit à petit, panser mes plaies, m’épanouir, regarder mes blessures avec indulgence et mes failles avec plus de douceur, miser sur mes forces, accueillir mes émotions, parler, ne plus taire qui je suis et même, sans y penser, tranquillement commencer à m’aimer.

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Un vœu hors du temps

@Marie Kléber

S’adapter. Une qualité remarquable. Une force sans pareil.
S’adapter, oui. Ce qui ne nous empêche pas d’avoir des envies. Même si là à l’instant T, elles ne sont pas réalisables. Même si aujourd’hui, on ne peut ni changer le cours des choses, ni tout envoyer valser sous prétexte qu’une envie se glisse dans l’ordinaire du quotidien.

Si on me donne un vœu. Juste pour aujourd’hui. Si je peux choisir j’opte pour plus de temps.

Ensemble. Juste toi et moi. Sans le boulot et ses problématiques parfois invraisemblables, sans tous ces maux qui nous fragilisent et contre lesquels on ne peut rien.

Plus de temps, pas pour rattraper toutes ces semaines loin, juste pour vivre, là, maintenant, retrouver la grâce d’un temps plus long que quelques minutes volées au cours des jours qui passent, des cycles réguliers.

Un temps pour revenir à des sujets plus légers. Un temps pour lâcher tout le reste, ne pas se dire que chaque seconde est comptée ou presque. Un temps sans “il faut” surtout.

Un temps de déconnexion, de reconnexion. Sans autre moyen de communication que nos corps, que nos voix. Temps de draps froissés et de plaisir consommé jusqu’à tituber de bonheur, les yeux rivés sur autre chose que les aiguilles qui disent “vite, le temps s’agite et file, bientôt il faudra partir.”

Il y aura toujours un au revoir. Il faudra toujours revenir à la réalité. Mais la bulle dans laquelle nous aurons danser nous aura assez nourris pour nous permettre de reprendre le cours de nos vies respectives sans points de suspension.

Je n’aspire qu’à l’union de nos polarités. Dans un espace vide d’effervescence et riche de silences à conquérir. Il faudra juste que je pense à te demander si toi aussi tu y aspires!

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Challenge Ecriture #32- 29.09.2020

Il fallait agir aujourd’hui. Luc le savait. Pas de retour en arrière possible, pas maintenant. Il avait eu tout le loisir d’étudier les habitudes de la maison et savait à la seconde près quel était le meilleur moment pour agir.

Il avait mis son mental sur off, après des semaines de réflexion et de planification. Le temps de penser était derrière lui et il savait que la moindre épine dans son raisonnement pouvait mettre à mal toute l’opération.

Le matin même il avait été acheter une brouette, une pioche et une pelle. “Tout le matériel nécessaire pour un beau cadavre!”, c’est ce que sa voisine lui avait dit à son retour. Ils s’entendaient assez bien pour qu’elle se permette ce genre d’humour.

Il ne restait plus qu’à attendre la nuit, assez noire sans être obscure. Et les dernières lumières en espérant qu’il ne prendrait l’envie à personne de prolonger la lecture d’un bon bouquin.

Il n’en était plus à quelques heures près. Il alla chercher le sac et se glissa dans le jardin, par la porte du fond. Célia lui avait donné la clé, sans hésiter. Son air angélique avait le pouvoir d’endormir même les plus sceptiques.

L’opération en elle-même était rapide, la terre, il maîtrisait.  C’était de nettoyer ensuite qui demandait application et précision. Il devait laisser place nette pour que personne ne se doute de rien.

Quand Célia ouvrirait les yeux au petit matin, elle croirait d’abord à un rêve. Et puis son sourire viendrait illuminer son beau visage. Elle n’aurait plus qu’à dire “oui”!

Retrouvez les participations ici: Chez Josée

***

Pour la semaine prochaine, je vous propose d’écrire un texte optimiste à partir de cette photo de street art (Copyright Seth).

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Je sais…

Credit Kaboompics

Je ne dis pas la vie comme un fouillis, je l’écris juste pour ce quel est, ce grand manège des émotions, des instants, des ressentis, des sentiments. Je sais savourer tout ce qu’elle a de magique. Si et seulement si je prends le temps d’être connectée à ce qui fait sens pour moi. Ce “pour moi” n’appartient à personne d’autre. Il est ma marque de fabrique.

Je sais ma chance d’être merveilleusement entourée, aimée, accompagnée. Je ressens à plein volume cette allégresse des jours heureux quand je suis en paix avec moi-même, quand je lâche les masques dont je parlais hier.

J’ai compris récemment que c’est dans la spontanéité que je suis la plus authentique. A trop me poser de questions, j’en oublie ce qui compte pour moi. Et pourtant je suis seule aux commandes du navire.

Je sais le beau dans l’ordinaire, la chaleur d’une présence dans les jours d’absence, l’amour que l’on ne contient pas et qui vient faire céder les digues, le merveilleux d’un sourire, la légèreté d’une caresse, la force d’un “merci” . Je sais où je suis bien et où je dois encore œuvrer pour que cesse ce sentiment de valoir moins, de ne pas être assez.

Ma vie d’aujourd’hui a des couleurs extraordinaires et les jours gris ne les rendent pas moins éclatantes. J’apprends à vivre avec qui je suis et à m’aimer dans mes forces comme dans mes failles, à accepter ma vulnérabilité comme une chance d’entrer en contact avec le monde.

Je sais surtout qu’au fond de moi, comme au fond de vous, se cache une richesse qui lentement se dévoile. Pour peu qu’on se laisse le temps de tracer son chemin.

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Challenge Ecriture #31 – 22.09.2020

C’est une envie indocile qui m’envahit soudain, alors que le dernier train m’emmène loin de toi. L’automne est arrivé, entre deux solstices, sans que nous y prenions garde. Je regarde la pluie tomber sur les vitres, les gouttes couler le long de la paroi de verre et des images apparaissent, arabesques éphémères de ce temps de nous.

Nulle certitude et pourtant tant de paix. A nous savoir vivants, ensemble, sur un chemin inconnu. La pluie continue d’inonder les pavés, je ferme les yeux, je pars en voyage. Des cornes de gazelle m’attendent à la maison. Avec un thé chaud, je les dégusterais, en écrivant quelques lignes qui parleront de tout ce que je ne peux te dire.

Le manque de toi se fait toujours très dense sur le chemin du retour. J’aimerais être magicienne pour suspendre les heures, alors nous aurions un semblant d’éternité à apprivoiser. Le train vient de s’arrêter, la pluie aussi et c’est sous un ciel de carte postale que je rejoins la maison. Un joli clin d’œil pour qui sait saisir la magie du quotidien!

Retrouvez ici les autres participations: Chez Marie, Chez Josée

***

Pour la semaine prochaine, l’idée m’a été murmurée par un participant! Voilà les éléments de votre prochain texte: une pioche, une pelle, une brouette! Hâte de vous lire.

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Nos vies…

Crédit Kaboompics

Si on savait l’issue on ne tenterait rien. On resterait dans le sas clos des certitudes, dans le confort du connu. On ne ferait pas le tour du monde. On ne prendrait pas de risque. On serait dans la vie qui passe sans être dans dans la création. On passerait à côté du meilleur. Such a shame!

Et du pire. Parfois ce serait mieux. Parfois on aimerait l’anticiper et ne pas faire le pas qui nous condamne. A souffrir.

Pire à se perdre, à renier son identité, sa vérité. A devenir quelqu’un d’autre, quelqu’un qui ne se respecte pas.

Quand on est tombé on aimerait avoir ce super-pouvoir d’éviter aux autres la chute. On aimerait y croire pour eux sans que des images sordides nous viennent à l’esprit. On aimerait pouvoir ne pas tout mélanger, pouvoir dire sans faire de mal, prévenir sans juger.

Nos vies, si semblables et si différentes. Nos vies, si fragiles et si denses. Nos vies entre éclats de joie et crises de larmes. Nos espoirs et nos masques. Nos épreuves et nos victoires.

Chacun son histoire, ses expériences. Se le répéter, le laisser infuser, se le tatouer à l’encre bleue, se l’imprimer dans le cœur. Et chasser les images, la naissance du gouffre.

Se souvenir qu’on en revient, même du pire. Un peu égratigné, oui. Les ailes, un peu abîmées. Le cœur en plein de morceaux qui se recollent avec beaucoup d’amour.

Alors lâcher prise et laisser faire, laisser être. Faire confiance. A la vie!