Poser les mots d’Octobre

Je ne pouvais laisser Octobre se terminer sans poser les mots. Ce mois si significatif pour moi, à de nombreux égards, s’avère chaque année le passage chaotique d’une réalité à une autre. Il est riche de bouleversements, de remises en question. Il est riche d’évènements qui changent le cours des destins. Il commence avec la sensation qu’il y a des choses à lâcher. Cela se fait souvent dans un malaise, qui me laisse inquiète quant à les suites des festivités. Dans la crainte de ne pas faire les choix judicieux pour moi, cette année a marqué un tournant significatif dans mon approche de la vie et de ma place dans celle-ci.

Dehors les températures sont de saison, le vent envoie les feuilles valser, les arbres prennent de nouvelles couleurs. Et alors je respire l’automne, enfin installée. La nuit qui tombe tôt m’apaise. Je retrouve vite mes marques dans cette ambiance familière.

Ce mois d’octobre s’achève dans une béatitude qui me séduit. Il pourrait se résumer en deux mots “donner” et “recevoir”. Les jours glissent vers novembre que je me sens prête à accueillir, et ce malgré certaines dates “souvenir”. Octobre fut corporel, sensuel, envoutant, passionné. Octobre m’a rappelé l’importance de prendre du temps pour moi, de demander de l’aide. Octobre m’a donné de me reconnecter à mon corps, que je finis par négliger, à force de trop en faire. Octobre m’a ouvert les yeux sur mon travail, les limites que je traine depuis de nombreuses année, l’envie de les dépasser.

J’ai changé la décoration de mon appartement. Je me suis acheté un canapé, mon premier canapé, à moi, mon premier vrai matelas aussi depuis des années. J’ai reçu un bel arbre, qui a déjà eu tant de vies. J’ai réalisé que dans mes 40m2, il y avait un peu de tous ceux que j’aime et qui m’inspirent au quotidien – une connexion précieuse.

En octobre, j’ai souri (béatement souvent), ri, pleuré aussi, de joie et de trop plein, j’ai médité un peu, un peu plus, j’ai passé du temps de qualité avec mon fils, je me suis découverte dans des situations qui hier m’auraient semblé complètement insensées, j’ai intégré que la pudeur et moi nous n’étions pas amies, que je ne voulais plus faire semblant, me soumettre à un système de règles et de valeurs qui n’étaient plus les miennes, que la vie n’attendait que moi. Je me suis livrée, non sans appréhension, et j’ai retrouvé derrière des visages amis, la bienveillance. Je me suis reconnectée à l’amitié qui me lie à tant de belles personnes. J’ai aimé sans filtre et lâché certaines de mes peurs. J’ai fait l’amour avec intensité, connectée à la puissance de l’énergie qui me lie à celui que j’aime. J’ai reçu des mots qui ont fait tremblé chaque vertèbre de mon être. J’ai intégré que tout ce que je vivais j’y avais droit. Et plus encore…

Et chez vous Octobre ça parle de quoi?

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Tu n’es pas parfait, tu es toi!

Tu n’es pas parfait. D’ailleurs, si tu l’étais ce serait fade. Tu n’aurais pas ce grain de folie qui me fait chavirer.

Tu as tes forces et tes faiblesses, tes failles, tes peurs. Comme moi.

Tu connais des heures de bonheur intense et des chagrins dont il faut faire le deuil.

Tu n’es pas extraordinaire, comme ces super-héros qui fleurissent sur nos écrans. Tu es toi et c’est l’essentiel, sûrement le cadeau le plus précieux que tu puisses te faire. Me faire.

Tu as ton passé et chaque expérience qui a façonné la personne que tu es.

Tu as tes limites sans porter de jugement sur autrui.

Tu as des envies. Qui s’accordent aux miennes et la patience de me laisser les apprivoiser. Et quand elles ne s’accordent pas, tu le respectes.

Tu as des idées, le mérite d’essayer, d’oser tout en étant capable de te raviser si le résultat n’est pas celui escompté.

Tu es plein d’émotions et tu les laisses s’exprimer. C’est toujours touchant de te voir ému. Dans ton sourire, dans un regard, dans ces étreintes qui nous enveloppent. Je le prends comme une chance.

Tu ne t’arrêtes jamais ou rarement. Et pourtant dans ces instants que nous partageons tu apprends à prendre le temps.

Tu donnes sans compter. Mon plaisir est ta priorité, mon corps, un instrument avec lequel tu joues avec brio. Tu me regardes. Vraiment.

Tu fais parfois deux choses en même temps. Ce n’est pas aisé de te suivre!

Tu me lis des heures, mes mots, mes maux, mes doutes, mes peurs. Tu me rassures. Tu me comprends. Tu m’écoutes. Tu m’invites à me confier même quand c’est dur, même quand j’ai mal, même quand ça remue des choses à l’intérieur de moi, que je suis au bord des larmes.

Nous ne sommes pas d’accord sur tout, nous sommes d’accord sur le principal. Le reste nous aide à grandir, évoluer, nous construire.

Tu as ma confiance. Et mon amour.

Et tout ce qu’il y a autour.

Confidences (et sondage)

Crédit Pixabay

Tu es la première personne…

A qui je peux tout dire. Tout confier.

Avec qui je peux tout partager.

Avec laquelle je peux être tout ce que je suis.

Avec laquelle je peux être qui je suis.

Alors je te dis tout. Je te confie tout.

Je partage, j’écris, je me livre sans détour.

Tu accueilles tout avec une légèreté qui me séduit.

Rien ne semble alors à tout jamais écrit.

Tout peut changer.

Nous pouvons tout réaliser

Nous laisser transformer par la vie…

Et vous, qu’en est-il dans votre couple?

Cette évidence

Crédit Pixabay

Dans ces soirées partagées, non soumises à de quelconques obligations, je rêve d’heures suspendues qui dureraient une éternité. Nous n’aurions pas à nous dire au revoir.

Quand je passe la porte, que je me glisse dans mes draps, tu es quelque part entre chez moi et chez toi. J’imagine ton corps et je m’endors dans le souvenir de tes bras.

Tu es dans chaque instant de mon existence et je suis dans chaque instant de la mienne. Je suis au jour, aux émotions, aux sentiments, aux heures passées à aimer la vie dans son intégralité, à la trouver légère, généreuse, magique.

Tu es tout ce que j’ai toujours espéré. En confiance. Sans jamais douter qu’un jour je croiserai ton sourire, qu’un jour nos vies s’épouseraient si délicatement, si intensément. C’est cette évidence qui chaque jour défie la peur et emporte la partie!

Du bout des doigts

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Je connais ton corps. Et pourtant je le découvre chaque fois. Dans le froissement des étoffes, l’intimité d’une sphère que nous définissons au gré de nos envies, un temps qui se suspend pour nous laisser jouir pleinement de l’instant.

Ces jours sans toi sont remplis de toi, et je te retrouve, impatiente d’une étreinte riche de manque. Je retiens mes mains. Te toucher ne serait pas opportun dans la fraicheur du jour ou au milieu du monde. Sentir sous mes doigts le grain de ta peau, sa douceur par endroits, des endroits que je suis seule à pouvoir approcher. Me frayer un passage pour cet impact épidermique, comme un besoin.

J’ai l’impression que le toucher m’offre cette porte, celle qui me permet de me livrer sans mot. Ils sont parfois trop nombreux au pallier de mon cœur, il me faut y mettre de l’ordre.

J’effleure ta peau, je cale mes mains dans les tiennes. Je sais ce qu’elles offrent quand elles trouvent le chemin de mes désirs, qui une fois de plus se disent à demi-mots. Moi qui sais si bien les manier à l’écrit, ils m’échappent encore parfois quand nue devant toi je devrai dire ce qui agite mes sens, ce qui fait frissonner mes pensées. Le trouble s’empare de moi et tu devines. Je n’ai plus qu’à te suivre vers cet inconnu qui comme un aimant m’attire…

Un souffle

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Il s’est posé là, dans le creux de mon cou, il s’est glissé frôlant le grain de ma peau. Un souffle si doux que j’aurai pu le perdre, ne pas savoir, j’aurai pu le manquer. Et le souffle se serait tu.

Il s’est posé, je l’attendais presque. Et puis le souffle a pris vie. Et la vie a pris des couleurs. Le souffle s’est accordé au mien.

Il a fait basculer mon cœur. Il a fait ressurgir mes peurs. Et mon souffle a pris froid. Il a tenté de retenir le flot des sentiments naissants et les barrages ont cédé. Un à un. L’armure s’est fissurée, brisée. Il n’y avait plus rien à cacher.

Le souffle s’est imposé, patient, aimant. Il s’est donné en vérité, sans promesse.

Posé là dans le creux de mon cou, ce souffle avait une âme, il parlait ma langue, il entendait ma voix, il savait ce que je ne savais pas.

Depuis, il embellit mes jours, jour après jour. Et mon souffle à trouver sa paix.

“On pourra partager ça aussi !”

Partager ?

Quel est ce mot barbare ?

Moi, on ne m’a jamais proposé de partager. Alors du coup, je suis émue. Et quand je suis émue je dis plein de choses sans intérêt, histoire de meubler l’espace pour que mon cœur puisse retrouver son rythme normal.

J’ai 38 ans dans quelques semaines et j’ai l’impression de découvrir la vie, les relations humaines. Avant « partager » c’était puéril (qu’est-ce que j’ai pu l’entendre ce mot !) et puis partager quoi ?

Nos gouts. Ah oui, mais tu sais moi lire, écrire, ce n’est pas trop mon truc. Et puis t’écris quoi ? Enfin je te pose la question comme ça. Je ne te lirai pas. T’écris sur ça, si on veut, c’est loin d’être passionnant quand même…

Nos idées. Pour quoi faire ? A mon avis on n’a pas les mêmes. Enrichissant ? Je ne crois pas. Moi je sais que mes idées elles tiennent la route et que ce sont les meilleures.

Nos envies. Tu sais de quoi j’ai envie là, de mâter un bon film à la télé. Ça te tente ?

Et puis on pourrait aller se balader, faire des voyages,  visiter des expos, se faire un weekend au bord de la mer, aller à un concert. On pourrait partager autre chose qu’un repas, un ciné, un énième navet à la télé. Qu’est-ce que t’en dit ?

Je trouve qu’on partage déjà plein de choses ?

Ah oui !

C’est toi, t’es jamais contente de rien.

C’est juste que j’aimerai faire autre chose que regarder Albator le weekend ou visionner pour la cinquième fois Rocky. En plus il fait super beau dehors !

Trop chaud !

Sinon tu pourrais venir me voir à une répétition de danse. Ou on pourrait essayer un truc un peu loufoque, genre une nuit dans une roulotte.

C’est ça tes idées ! Déjà la danse j’aime pas. La roulotte, t’as piqué ça où? C’est grotesque!

On pourrait aller courir ensemble alors. Courir ça te plait ?

On n’ira plus courir ensemble…T’aura fait trois tours, je terminerai le premier complètement essoufflée. On se sera vus sur 300m et encore je suis gentille. En plus tu m’auras dit un truc genre je ne fais pas d’effort, je ne suis pas très rapide. Enfin on aura essayé…

On se rendra à l’évidence que partager, comme on l’entend, c’est pour les autres. Nous on se limitera à partager une literie, une douche, une cuisine et de temps en temps une table au restaurant ou deux fauteuils dans une salle obscure. Pour le reste, il faudra faire preuve de compréhension. Et intégrer qu’un petit plaisir doit se faire rare pour être délicieux.

Donc partager je ne sais pas vraiment ce que c’est. Je me suis même longtemps demandé qui pourrait s’intéresser à moi, puisque mes idées, mes goûts, mes envies semblaient sans intérêt.

Alors ça me touche. Et du coup je me dis que je suis un tant soit peu intéressante au final. Ça me touche vraiment et je vais mettre encore un peu de temps à oser…

Dans ses bras

Des bras qui étreignent mal, oppressants, qui retiennent des caresses jugées inadaptées à un comportement jugé incorrect.

De ces bras, j’en suis revenue.

Au creux des siens, la vie se décline en des teintes pour le moins différentes. Son étreinte est rassurante, elle soutient mon corps, apaise mon cœur. Elle s’imprègne des signaux que j’envoie pour juger de ce qu’il convient de faire, de ne pas faire, ce qui pourrait être tenté, ce qui prendra du temps.

Ses bras sont le rivage auprès duquel je me sens bien, libre, où je peux être moi-même, avec autant de failles que de forces, autant de peurs que d’envies de dépasser la peur, autant de pas que je n’ose pas, autant de paradoxes qu’il accueille avec cette sensibilité qui lui est propre.

Entre ses bras, je ne me pose pas de questions, je sais que je suis respectée, aimée, et les fantômes du passé s’évanouissent doucement dans la nuit.

Par moments j’ai besoin d’être tenue, maintenue dans cette étreinte puissante, j’ai besoin de ses bras autour de moi, comme un baume qui délierait tous mes secrets et me relierait à l’essence de ce que nous partageons, les sentiments et qui dans le tumulte de la vie de tous les jours ne se dit pas toujours. Même si on le sait. Même si on le sent. Même si un sourire dit tout.

Entre ses bras, je m’abandonne…

Tout ce temps perdu

Crédit Pixabay

 

On ne se sera rien promis. Ou alors juste comme les autres, rien de plus, rien de moins. On se sera connu en s’appréhendant du bout des doigts. On se connaîtra dans un souffle, on se reconnaîtra dans une voix. Et après. On ne sera plus que deux étrangers. On reprendra la route là où on l’a laissée. On se questionnera. On regrettera tout. On voudra réécrire l’histoire.

Peut- être que si. Peut-être que ça peut fonctionner. Peut-être qu’on peut essayer. Peut-être que ce n’était qu’une erreur de parcours, qu’on n’a pas su, qu’on n’a pas pu. On se pardonnera nos errances.

On resservira les plats, plein d’espoir, inconscients des ruines de l’histoire. On s’acharnera sur ce qui reste, sur ce qu’il nous reste. Un lien soit disant indéfectible que le temps aura endommagé. Bien sûr que non. Nous, ce sera différent. Cette fois ci on ne gardera que le bon, on se gardera de voir le verre à moitié-vide. On se satisfera d’un peu, de petits gestes, de bonheurs fugaces. On s’enverra des fleurs en se disant qu’on ne s’en sort pas si mal.

On ne parlera pas d’amour au risque de le voir se faire la malle. On se contentera du quotidien. Puisqu’on est ensemble tout va bien. On oubliera qu’on se ment dans la valse cruelle des sentiments, qui ne sont plus. On ne s’avouera jamais qu’on s’est perdu.

On ne se dira plus, on ne partagera plus. Peut-être qu’on aura l’envie de mettre un terme à la mascarade. Ou bien on restera, pour tout un tas de raisons partagées. On fera semblant de s’aimer. Ou on se s’aimera plus. On regrettera tout ce qu’on n’a pas vécu.

Et si…

J’ose tant de choses

Et si…

Est-ce toi ?

Est-ce moi qui le veux ?

Parfois je ne sais plus

J’ai dit « oui » tant de fois

« Non » si peu

Si c’est enfin moi…

Qui ai-je été pendant toutes ces années ?

A quel ordre ai-je prêté allégeance ?

A quel désordre me suis-je abandonnée ?

J’ose un peu, un peu plus

Pas toujours autant que je le souhaiterai

Pas jusqu’à pouvoir dire les yeux dans les yeux

Ce que je veux, ce que je voudrai

Il faut être un peu devin, un peu fou

Pour savoir où, quand ouvrir la porte

Sans que la peur ne vienne titiller mes sens

Sans que la brûlure ne vienne défier l’excitation naissante

Pour que je me faufile, sensuelle, fébrile

Me donnant le droit d’être.

Et si je me trompe…

Au moins j’aurai vécu!

Et je t’aurai aimé!

Et j’aurai fait des folies!

J’aurai apprécié cette sensation d’intense liberté que me procurent ces instants où tes idées rencontrent mes dernières réticences!

J’aurai atteint des cieux sans nuage, marché sur des sentiers moins fréquentés!

J’aurai tenté, essayé, fais des expériences, vécu des sensations incroyables!

Je me serrai sentie pleinement vivante!